L'ANTILOPE
L'Italie de l'été 1947, sortie meurtrie de la Seconde Guerre mondiale et de la chute du fascisme, sert de toile de fond. Margherita Sarfatti - ancienne maîtresse de Mussolini - revient au domaine familial du Soldo après neuf ans d'exil. Elle y affronte les ombres du passé : la guerre a tout changé, des secrets de famille ressurgissent, et le souvenir de sa soeur déportée la hante. Le récit introspectif mêle poésie et douleur historique, interroge mémoire, culpabilité et le rôle de l'art face à la terrible barbarie, à travers une écriture riche en images (des vers de Paul Celan ou Umberto Saba y résonnent). Airoldi adopte un ton solennel et méditatif, entre réalisme historique et onirisme, pour dépeindre la renaissance d'une femme et d'une Italie meurtrie. Serge Airoldi est écrivain. Aux Éditions de l'Antilope, il a publié Si maintenant j'oublie mon île, portrait saisissant de Mike Brant. Son oeuvre explore les figures confrontées aux secousses de l'Histoire et aux vertiges de la mémoire. Entre exigence documentaire et souffle lyrique, il développe une écriture attentive aux failles intimes, aux zones d'ombre et à la responsabilité individuelle face au passé.
Les contes hassidiques de mon père sont ceux que Joshua Halberstam entendait racontés en yiddish à la radio new-yorkaise par son père Tovia Halberstam, un descendant de grands maîtres hassidiques. Ces récits, brefs et vivants, alternent plaisanterie et gravité. Ils réussissent à instruire, à émouvoir et à faire réfléchir en mêlant anecdotes facétieuses et paraboles éthiques. Nombre de ces récits existaient et circulaient avant la Shoah ; après la guerre, aux États-Unis, la radio yiddish et les réseaux communautaires ont joué un rôle central dans leur sauvegarde et leur transmission. Les contes réunis ici par Joshua Halberstam documentent cette mémoire vivante. Ils se présentent dans une forme littéraire organisée, accessible à tous. Joshua Halberstam est romancier et essayiste, né au sein d'une famille hassidique new-yorkaise dont il porte la mémoire et les voix. Sa formation conjugue études universitaires en philosophie et éducation talmudique : cette double culture lui confère une intime familiarité avec les cadres de la tradition hassidique. Auteur de Une place à table (Antilope, 2018), Joshua Halberstam choisit ici de transmettre les récits que son père racontait en yiddish sur les ondes de New York.
Plongez dans Dernier ciel, un récit poignant où Michel Marx, scénariste hypermnésique, recompose l’album intime de sa famille disparue dans la Shoah.
Une génération passe, une génération vient est l'un des romans majeurs de Peretz Markish. L'auteur y campe le passage de la vie juive traditionnelle à la modernité dans l'univers des Juifs d'Ukraine au tournant du XXe siècle. Du côté des anciens de cette bourgade juive, il y a Mendl le meunier, Motl le cocher, Zalmen le gérant de la tannerie du riche Yoynè Berman, Reb Sender... Mais aussi leurs enfants, les liens qui se tissent entre eux, leurs engagements politiques loin de la tradition juive. Ainsi Ezra, le fils de Mendl, aux idées révolutionnaires, cherche à échapper à la conscription. Par sa maîtrise des mots et la richesse de sa langue, Peretz Markish fait renaître le quotidien et les préoccupations d'une population engloutie. Peretz Markish (Ukraine 1895-Moscou 1952), est l'un des plus grands écrivains yiddish du XXe siècle, auteur de poésie, de romans et de nouvelles. Il débute en Ukraine en 1917, et se fait connaître à Varsovie au début des années 1920 dans l'avant-garde. Son installation en Union soviétique en 1926 est mue par sa soif de révolution artistique. Arrêté en janvier 1949, il est, comme la plupart des cadres de la culture juive, condamné à mort et est exécuté à Moscou le 12 août 1952.
Mona, la patiente du jeudi, vient consulter un psychothérapeute car ses relations amoureuses sont des échecs successifs. Elle ne trouve pas la stabilité affective, elle est sujette à des crises d'angoisse inexplicables que ses divers amants ou amante sont bien incapables de gérer. Au point même qu'elle va devoir être hospitalisée. Là, des enregistrements révèlent qu'elle parle une langue étrangère dans son sommeil. Même la jeune femme ne reconnaît pas cette langue. L'hôpital fait appel à un spécialiste qui révèle que Mona emploie des mots yiddish dans son sommeil. Comment est-ce possible, elle qui a été élevée dans une famille sans aucun lien ni avec la langue yiddish ni avec le judaïsme ? Maître de conférence en psychologie à l'université Paris-VIII, Nathalie Zajde est spécialiste des traumatismes psychiques, d'origine individuelle ou de masse. En France, elle a créé les premiers groupes de parole de survivants et enfants de survivants de la Shoah. Au Rwanda, au Burundi ou à Conakry, elle a contribué à créer des lieux de prise en charge des souffrances psychiques des survivants des massacres. La patiente du jeudi est son premier roman.
Tel-Aviv années 1950, Tzipi est une petite fille unique, naïve et curieuse. Elle grandit entre un père décontracté, passionné de musique classique qui l'adore et une mère inquiète pour laquelle les préoccupations concernant la santé surpassent l'amour maternel. Les parents nés en Pologne, utilisent le yiddish comme langue de l'intimité, dont Tzipi est exclue. Comme toute famille, celle-ci a son propre vocabulaire, un mélange de vrai yiddish ; des mots qui sonnent yiddish mais inventés ou des expressions en hébreu qui leur sont propres. On découvre une famille de la classe moyenne : vie simple, loyauté à l'égard du pays, traumatisme d'avoir perdu tant de proches exterminés en Europe. Un 3e roman extrêmement frais, tendre, souvent drôle, très sensible, vu à la hauteur d'une enfant. Rachel Shalita est née en 1949, un an après la création de l'État d'Israël, dans un kibboutz. Elle vit à Tel-Aviv. Son premier roman, Comme deux soeurs (l'Antilope, 2016 - paru en poche chez Points, 2017 puis à l'Antilopoche, 2024), a reçu le prix Wizo 2016. Son second roman, L'ours qui cache la forêt, est paru à l'Antilope en 2019.
Le petit Motl et sa famille arrivent en Amérique. Ou plutôt leur paquebot, le Prince Albert. Car avant de débarquer à New York, il faut passer par les services d'immigration d'Ellis Island.L'Amérique ! Motl, avec son regard d'enfant, voit tous les bienfaits de ce nouveau pays. Et si l'exil, c'est changer de pays, c'est aussi changer de langue. Dans ce domaine, Sholem-Aleikhem en connaît un rayon. Alors quand il laisse parler Motl, on découvre vraiment l'Amérique ! De son vrai nom Sholem Rabinovitch, Sholem-Aleikhem (« la paix soit avec vous ») naît en Ukraine le 2 mars 1859 et meurt à New York le 13 mai 1916. Écrivain extrêmement populaire de son vivant, il l'est resté longtemps après.Ses oeuvres, écrites des années 1890 jusqu'à sa mort, ont constamment été rééditées en yiddish avant et après la Seconde Guerre mondiale, ce jusqu'au déclin du lectorat yiddish. Certaines ont été adaptées au théâtre ou au cinéma (« Un violon sur le toit », notamment).
Dans Séjour à rebours, Jacob Glatstein partage, à travers la rencontre de divers personnages, une vision du pays qu'il a quitté vingt ans plus tôt. Comme dans Voyage à rebours, ce sont les rencontres qui vont nourrir le récit. La situation politique de son pays, ainsi que de l'Europe, a tellement changé depuis son départ que les différents points de vue lui permettent de faire passer ses propres interrogations. Pendant son séjour dans une pension de famille près de Lublin, il côtoie toutes sortes de personnages dont il se régale à dresser le portrait. L'endroit favorise les rencontres les plus étonnantes. Jacob Glatstein n'a de cesse de faire parler ses interlocuteurs et de les écouter. Jacob Glatstein (1896-1971) est un écrivain majeur de la littérature yiddish, très grand poète et un très grand critique littéraire. Il est considéré comme l'une des principales personnalités littéraires du monde yiddish new-yorkais des années 1920 à la fin des années 1960.
Le roi des relations publiques d'Israël engage les services d'Oded Hefer, détective gay qui assume son identité avec humour et esprit, pour enquêter sur la dépression qui afflige sa jeune cliente Karin Carmeli, une star de la chanson, âgée de quinze ans. Oded Hefer le croit, l'enquête est simple et son avenir financier est enfin assuré. Mais c'est sans compter une disparition suspecte qui a eu lieu chez le même roi des relations publiques. Oded Hefer va alors découvrir d'étranges liens entre les puissants du show-biz et les travailleurs immigrés philippins. Et quand il comprend que même son père cache un secret, là, il devra choisir entre trahir ses principes ou se suicider professionnellement. Yonatan Sagiv est né en 1979 en Israël. Titulaire d'un doctorat d'études juives de New York University, il est spécialiste de l'oeuvre du prix Nobel de littérature israélien Shmuel Yosef Agnon. Après avoir vécu une quinzaine d'années à New York et à Londres, il s'est réinstallé à Tel-Aviv en 2021.
On suit l'histoire d'un homme à Paris qui, après le décès de son père né en Tunisie, cherche le talit (châle de prière) de celui-ci car la tradition juive veut que l'on soit enterré dedans. Il le retrouve mais celui-ci est emmêlé avec le talit de son grand-père, qui n'a pas pu être enterré dedans car il a disparu. Le récit prend place sur deux temporalités : le présent, où le narrateur effectue des recherches sur son grand-père et raconte au fantôme son père ce qu'il a découvert; le passé, qui est la reconstitution de la vie du grand-père. Le roman se termine par la reconstitution de la vie du grand-père, la séparation du narrateur d'avec sa femme, et le déliement des deux talits. Cela permet au narrateur d'enterrer son père et poursuivre sa vie en individu libre. Né en 1971, David Naïm vit à Paris. Son travail d'écriture se consacre à une question : pourquoi cherchons-nous à toute force, à se tisser à un autre que soi, que ce soit un ami, un amour, ou un dieu ? L'Ombre Pâle est son premier roman.
Pour la première fois, un poème épique écrit en yiddish ancien est traduit en français. Cet événement, l'Antilope le doit à Arnaud Bikard, maître de conférences à l'Inalco (Paris) et spécialiste de littérature yiddish ancienne. Arnaud Bikard propose Le Chevalier Paris et la Princesse Vienne, véritable prouesse, qui respecte la forme du poème épique yiddish d'origine, avec plus de six mille vers en alexandrins rimés. Pariz un Vienè est l'adaptation d'une grande histoire d'amour entre le chevalier Paris et la princesse Vienne, écrite en provençal et intitulée Paris et Vienne, en référence aux deux villes françaises. La version provençale a été adaptée dans la plupart des langues européennes. Pour la version yiddish, Elia Levita, vivant en Italie, s'inspire de la version italienne. Né à Nuremberg en 1469, Elia Bahur Levita doit quitter l'Allemagne en 1496 et part s'installer à Venise. Il séjourne ensuite à Padoue et à Rome, retourne en Allemagne et finit ses jours à Venise en 1549. Poète, grammairien typique de la Renaissance italienne, il prend une part importante dans la diffusion des idéaux de la Renaissance parmi les Juifs de la péninsule et plus largement d'Europe. Le Chevalier Paris et la Princesse Vienne (Pariz un Vienè, 1594) est l'une de ses oeuvres majeures.
Dans Quitter Psagot, Yonatan Berg revient sur son enfance au sein d'une colonie juive de Cisjordanie peuplée de Juifs pratiquants, à quelques centaines de mètres de Ramallah, capitale de l'autorité palestinienne.Yonatan Berg raconte l'organisation du village, l'endoctrinement de la jeunesse dans une ligne religieuse marquée à droite, comment il s'est senti mal à son aise dans ce milieu, surtout après son passage dans un lycée de Jérusalem puis en trois années de service militaire.Quitter Psagot est un texte personnel, touchant aux questions de l'éducation et des choix de vie. Et une fois le choix fait d'une vie non conforme à la route tracée par les parents, hors de la colonie et de l'engagement religieux extrême, une douleur persiste. Yonatan Berg est un écrivain et poète, né en 1981 à Jérusalem dans une famille pratiquante. Il a grandi à Psagot, une colonie juive de Cisjordanie proche de Ramallah. Mal à l'aise dans ce milieu religieux et nationaliste, il s'en nourrit pour écrire. Après son service militaire et trois années à l'étranger, il suit des études littéraires. Il vit à présent à Jérusalem.Son premier roman Donne-moi encore cinq minutes est paru en traduction française à l'Antilope en 2018.
L'écrivain, qui exerce sa plus plume depuis près de cinquante ans, prend conscience du temps passé. Il nous entraîne dans une balade à travers le monde littéraire, avec une plume alerte où chaque anecdote fait revivre un peu de la littérature oubliée. On y croise aussi bien Richard Wright que Rachel Ertel, Francis Ponge qu'Hélène Cixous. À travers ce récit très personnel, Henri Raczymow réveille, dans une langue élégante et précise, toujours avec un brin d'autodérision, un monde littéraire qu'il voudrait tellement ne pas voir oublié. Cet effleurement est un peu, pour ce spécialiste de Proust, sa recherche d'un temps perdu. Henri Raczymow est né à Paris en 1948. Il est l'auteur d'une quarantaine de livres dans de nombreux genres : romans, récits personnels, essais littéraires, dont Le Cygne de Proust (Gallimard, 1989) et Elle chantait Ramona (Gallimard, 2017). Son oeuvre s'inscrit dans un souci constant : mettre au jour les traces mémorielles, personnelles ou familiales, même les plus fragiles, avant que le temps, l'oubli ou l'indifférence ne les engloutissent.
"Smotshè n'était pas la rue la plus importante, ni bien sûr la plus belle de Varsovie. Et pourtant, entre les deux guerres, elle constituait un véritable microcosme, en particulier de vie juive." Dans les années 1920, les Juifs représentent environ un tiers de la population de Varsovie. Benny Mer choisit de les faire revivre à travers la visite guidée d'une des rues les plus pauvres du quartier juif de la ville, la rue Smocza - Smotshè, en yiddish. Pour cela, il s'est plongé dans la presse yiddish, ses annonces, les faits divers, et dans la littérature. Il parvient parfois à retrouver qui a été enfermé dans le ghetto, qui y est mort, qui y a combattu durant l'insurrection, etc. Longtemps journaliste littéraire au quotidien israélien Ha'aretz, Benny Mer (pseudonyme de Benjamin Majersdorf) est né à Tel-Aviv en 1971. Titulaire d'un master d'études yiddish de l'Université hébraïque de Jérusalem, il est l'un des meilleurs connaisseurs de la culture yiddish en Israël et traducteur de textes importants de Sholem-Aleikhem et Avrom Sutzkever. Depuis 2016, il est directeur éditorial des éditions Magnes Press.
Le petit Motl vient de voir mourir son père, qui était chantre à la synagogue. Devenu orphelin, il doit exécuter les tâches quotidiennes que lui imposent sa maman et sa vie de misère. Motl décide de les raconter avec son regard d'enfant juif d'Ukraine de la fin du XIXe siècle. Et comme il n'a plus rien à perdre, Motl rêve de quitter l'Europe pour l'Amérique... On retrouve avec le Motl de Sholem-Aleikhem ce qui a probablement inspiré René Goscinny et son petit Nicolas, la légèreté pour raconter des événements pas forcément légers. Ce roman est l'un des grands classiques de la littérature yiddish. Des générations de Juifs d'Europe orientale et de nombreux Juifs immigrés en Europe occidentale ou en Amérique se sont identifiés à Motl. Il s'agit d'un petit bijou d'humour et de sensibilité. Sholem-Aleikhem, né en Ukraine le 2 mars 1859, mort à New York le 13 mai 1916, a connu une popularité considérable de son vivant. Parmi son oeuvre prolifique, Tèvyé le laitier a rencontré un grand succès puisqu'il a inspiré la comédie musicale Le Violon sur le toit.
Histoires des temps passés et à venir est un recueil de six histoires écrites par l'un des grands auteurs de la littérature yiddish, Y. L. Peretz.Grâce à une langue très littéraire, Y. L. Peretz a su faire ressortir la puissance de la tradition juive et la diffuser dans la culture populaire. Il a transmis cette force enchanteresse en s'inspirant autant des superstitions que de sa connaissance approfondie des contes hassidiques.Traductrice du yiddish depuis plus de trente ans, Batia Baum rend magnifiquement l'univers de I. L. Peretz. Yitskhok Leybush Peretz (Pologne, 1851-1915) est l'un des fondateurs de la littérature yiddish moderne du tournant du XXe siècle. Il est à présent considéré comme un classique.Il a inspiré plusieurs générations d'écrivains avant la Première Guerre mondiale et entre les deux guerres, en puisant dans les richesses de la culture juive traditionnelle pour créer une littérature moderne.Ses oeuvres ont été publiées, en yiddish, sur les cinq continents. Il est traduit dans une dizaine de langues.
Une vieille carte postale exposée par un bouquiniste à Paris attire le regard de Claire : c'est elle sur la photo ! À Fès, quand elle avait quinze ans. Et voilà que réapparaît, près de soixante ans plus tard, son premier amour, David Cohen. Cet amour qui lui a été arraché, parce qu'il était interdit. Elle, la non-Juive, n'aurait jamais pu épouser un cohen, un représentant des prêtres. Même si elle s'était convertie au judaïsme. Claire n'a jamais oublié David et cette photo est peut-être un signe. Alors Claire, qui était revenue de New York pour enterrer sa mère, n'a plus qu'une idée en tête : retrouver David Cohen. Peu importent les distances, de Paris à La Paz ou à New York, rien ne l'arrêtera. Paule Darmon est née à Casablanca. Elle est écrivaine, scénariste et journaliste, tout en étant peintre à ses heures. Elle vit à Buenos Aires où elle écrit, peint et danse le tango. Elle est l'auteure de trois romans : Baisse les yeux, Sarah (Grasset, 1980) L'Homme adultère (Presses de la Renaissance, 1985) Robert De Niro, le Mossad et moi (L'Antilope, 2022).
Le père, un héros pour sa fille, est très malade. Il va bientôt mourir. Sa fille n'a de cesse de l'entourer, d'être présente et d'essayer de lever le mystère de sa vie. Car le père, enfant juif avant la guerre, a été sauvé d'une mort certaine grâce à sa mère. Sans attendre que la Hongrie rejoigne l'Allemagne, sa mère l'a emmené loin de la capitale et l'a caché dans un orphelinat. L'identité juive du héros s'éloigne, laissant la place à une autre identité : le communisme. Au point que l'enfant devenu adulte va croire au système et par là même accepter ses dérives. À travers l'histoire de son père, Yudit Kiss met en évidence une identité juive bien différente de celle d'Europe occidentale : celle des populations juives des pays de l'ex-bloc communiste, plus précisément ici de la Hongrie. Yudit Kiss est née à Budapest en 1956. Après avoir fait de la recherche en économie en Hongrie, au Mexique et au Royaume-Uni, elle s'est installée en Suisse au début des années 1990, où elle vit actuellement. Auteure de nombreuses publications scientifiques, elle s'est lancée pour la première fois dans une histoire plus personnelle avec L'été où mon père est mort.
Le désormais célèbre détective privé Oded Héfer, dit la Fouine, accepte une mission minable confiée par sa grand-mère, pensionnaire dans une maison de retraite. Elle a perdu son chat et souhaite que son petit-fils le retrouve au plus vite. En cherchant l'horrible bête, Oded Héfer tombe sur le cadavre d'un pensionnaire de la maison de retraite. L'enquête doit être menée par le commissaire Yaron Malka. Mais la Fouine ne veut pas être tenue à distance d'une telle enquête. Il a de bonnes raisons de vouloir la mener malgré l'interdiction du commissaire : le meurtre a été commis dans la maison de retraite où sa grand-mère réside. Gay assumé, fragile et plein d'esprit, Oded Héfer s'immisce alors dans une délicate enquête auprès de personnes du troisième âge aux histoires personnelles chargées. Yonatan Sagiv est né en 1979 en Israël. Il est titulaire d'un doctorat d'études juives de New York University. Il est spécialiste de l'oeuvre de l'écrivain hébraïque Sh. Y. Agnon, prix Nobel de littérature. Après avoir vécu une quinzaine d'années à New York et à Londres, Yonatan Sagiv vient de se réinstaller à Tel-Aviv. Le succès de son premier roman, Secret de Polichinelle (l'Antilope, 2019), l'a convaincu de poursuivre dans cette veine. Le silence est d'or est son deuxième roman.
Un jour, Mike Brant est revenu à Serge Airoldi grâce à une chanson : "Un grand bonheur" (dont est tiré le titre du livre Si maintenant j'oublie mon île). Toute une enfance s'est alors levée, et la nécessité soudaine d'enquêter sur un parcours meurtri, une géopolitique du malheur, de Moshe Brand l'enfant du rêve israélien à Mike Brant, la star de la variété des années 1970, jusqu'à son suicide en 1975. Moshe Brand est né dans un camp de réfugié à Chypre en 1947. Ses parents, tous deux juifs polonais, ont survécu à l'anéantissement des Juifs d'Europe, ils étaient parmi les seuls survivants de leur famille. N'y a-t-il pas, sous le suicide de ce chanteur usé jusqu'à la corde par ses producteurs, le spectre d'une famille décimée ? Serge Airoldi vient d'une famille italienne, a fait des études de lettres, d'histoire et de droit. Il a été journaliste. Il a publié plusieurs textes littéraires depuis 2004 et il collabore régulièrement à des revues, notamment Fario. Il vit et travaille à Dax.
Dans ce reportage très personnel, Agata Tuszy´nska interroge des Juifs nés en Pologne après la Seconde Guerre mondiale, éduqués dans la culture polonaise, et contraints, en 1968, de quitter leur pays lors d'une campagne antisémite orchestrée par le régime communiste.Pour la plupart enfants de Juifs communistes ayant survécu aux ghettos et aux camps, cachés chez des Polonais non-juifs, ou réfugiés en Union soviétique, ces témoins racontent leur enfance différente des autres petits Polonais, le traumatisme de devoir quitter leur pays natal, les difficultés de l'intégration dans les pays d'accueil.Par le montage croisé de témoignages intimes, Agata Tuszy´nska réussit à révéler de façon émouvante un pan de l'histoire, caché jusque-là, de la Pologne. Agata Tuszy´nska, née en 1957 à Varsovie, est l'une des écrivaines polonaises les plus reconnues, notamment pour ses biographies et ses reportages très personnels. Elle est également journaliste.De livre en livre, Agata Tuszy´nska dévoile une image de la présence juive dans la Pologne de l'après-guerre et de ses fantômes.Cinq de ses livres ont été traduits en français dont Une histoire familiale de la peur (Grasset, 2006) et La fiancée de Bruno Schulz (Grasset, 2015).
Plongez dans Secret de Polichinelle, un polar israélien détonant où Oded Héfer, détective gay et décalé, enquête sur la mort suspecte d’une magnate à Tel-Aviv.
Alors qu'il vogue vers l'Amérique en compagnie de Sholem-Aleikhem, le narrateur raconte les malheurs qui sont arrivés à son fils pendant la Première Guerre mondiale à Krushnik, une bourgade de l'est de la Pologne. Alors que l'armée allemande occupe la bourgade jusqu'alors sous domination russe, les autorités allemandes cherchent un autochtone pour faire office de maire. Se doutant que rien de bon ne sortirait de cette distinction, tous les notables, tant polonais que juifs, trouvent un moyen de se défiler ; le sort tombe sur le fils du narrateur. Comme souvent chez Sholem-Aleikhem, cette situation tragique provoque des éclats de rire. Au-delà du rire, l'auteur parvient à décrire, dans une verve extraordinaire, les relations entre Juifs et Polonais, Juifs et Russes, Juifs et Allemands. Sholem-Aleikhem, né en Ukraine le 2 mars 1859, mort à New York le 13 mai 1916, est l'un des écrivains yiddish les plus populaires. Il fut l'auteur d'une oeuvre prolifique dont Tèvyé le laitier qui a inspiré la comédie musicale Le Violon sur le toit.
La scénariste Dora Bessis est prête à tout, en cette année 1987, pour monter un film sur Eli Cohen, l'espion du Mossad qui, dans les années 1960, a infiltré les plus hautes sphères du pouvoir syrien, avant d'être démasqué et pendu à Damas en 1965. Dora le sait déjà, son film s'appellera Le loup de Damas et sera interprété par Robert De Niro dans le rôle de l'espion. S'entrecroisent alors deux histoires : celle, haletante, d'Eli Cohen dont on souhaite jusqu'au bout que le destin sera différent, et celle, drôle et rafraîchissante, de Dora Bessis qui part à la conquête de la seule vedette qu'elle imagine pouvoir interpréter le rôle principal de son film, Robert De Niro. Paule Darmon est née à Casablanca. Elle est écrivain, scénariste et journaliste, tout en étant peintre à ses heures. Elle vit à Buenos Aires où elle écrit, peint et danse le tango. Elle est l'auteure de deux romans : Baisse les yeux, Sarah (Grasset, 1980) L'Homme adultère (Presses dela Renaissance, 1985).
' Cher Gilles,Je viens d'apprendre qu'en 1975 vous avez dû quitter votre collège pour une affaire d'antisémitisme concernant un « vieux Juif ». Quelle surprise !Jacques''Quarante ans après les faits, le narrateur revient sur un épisode de son enfance : l'exclusion de son collège pour avoir adressé, avec deux camarades, une lettre antisémite à leur professeur d'anglais. Quelques années plus tard, il deviendra spécialiste de culture juive. Que s'est-il passé entre ces deux moments de son histoire ?Dans Mikado d'enfance, Gilles Rozier convoque les souvenirs refoulés d'un garçon aux yeux bleus en quête d'identité, soucieux de plaire et d'être aimé. Pour réparer l'enfant abîmé, il décortique malaises familiaux et conflits politiques des années 1970. Traducteur de l'hébreu et du yiddish, écrivain et éditeur, Gilles Rozier est né à Grenoble en 1963. Il est l'auteur de six romans dont Un amour sans résistance (Denoël, 2003) traduit en douze langues, La Promesse d'Oslo (Denoël, 2006) et D'un pays sans amour (Grasset, 2011).
1934. Yash (surnom de l'auteur) embarque à New York sur un bateau pour retourner vers sa ville natale, Lublin, en Pologne. Le voyage le mène au Havre, où il descend du bateau, prend le train, passe par Paris. Là, il retrouve des amis artistes ou écrivains yiddish au Dôme, à Montparnasse. Toujours en train, il traverse l'Allemagne - devenue nazie l'année précédente - avant d'arriver en Pologne. Si Jacob Glatstein ne sait pas encore la catastrophe qui va s'abattre sur l'Europe, son récit dresse déjà la photographie d'un monde en train de pousser celui de son enfance dans le précipice. La force particulière de ce récit du retour au pays natal tient à ses ambiances et aux rencontres. La traduction de Rachel Ertel la restitue magistralement. Jacob Glatstein (1896, Lublin - 1971, New York) a dix-huit ans en 1914, quand il quitte la Pologne pour émigrer à New York, chez un oncle. Vingt ans plus tard, devenu journaliste et écrivain yiddish, il décide de faire le trajet à rebours, de New York à Lublin. Ses poèmes le rendent très célèbre dans le monde yiddish.
H. Leivick décide à 71 ans de revenir sur les années de cachot qu'il a connues à 18 ans.Dans une première partie, H. Leivick se souvient des six années passées dans un cachot obscur, de ses camarades de détention, révolutionnaires, juifs et non juifs. Il se souvient également des prisonniers de droit commun, dont certains avaient assassiné des Juifs. Des flash-back sur son enfance, son éducation traditionnelle puis son engagement politique parsèment le récit, alimentés par des dialogues intérieurs émouvants avec son père.Dans la deuxième partie, H. Leivick raconte le voyage à pied, puis en bateau-prison vers la Sibérie, traversé par une galerie de portraits et de réflexions sur l'existence et la résistance à l'oppression. Né en Biélorussie, H. Leivik (1888-1962) reçut une éducation juive traditionnelle et s'engagea très jeune dans le mouvement révolutionnaire. À 17 ans, il prit part à la révolution avortée de 1905 contre le pouvoir tsariste. Il purgea six ans de cachot et fut envoyé en 1912 en Sibérie. Il parvint à s'échapper et gagna New York en 1913 où il vécut le reste de sa vie.Grande figure morale, il est connu en tant que poète, dramaturge et essayiste. Dans les bagnes du tsar est son seul récit.
« Et qu'est-ce que vous faites de tous ces prépuces ? je demande méfiant.- T'inquiète pas, on ne gâche rien, mange ta soupe.Vomir, ce n'est pas beau, donc je me retiens, et lui, il rigole. C'était peut-être une plaisanterie. « Où est-ce qu'on trouve des calamars dans les égouts ? », je me demande en extirpant avec la langue des restes de fibres coincés entre mes dents. J'essaie de sourire, mais mon visage se tord et je sens la salive s'accumuler. »Varsovie, années 2010. Sous une trappe au fond de sa cave, un couple découvre les zombies de Juifs assassinés pendant la Deuxième Guerre mondiale. Des centaines d'ombres en guenilles sortent de sous la terre et réinvestissent leur ville lancée dans la frénésie consumériste.La nuit des Juifs-vivants ose soulever une question refoulée : comment vivre au-dessus des cadavres des trois cent mille Juifs du ghetto de Varsovie exterminés ? Avec ce roman à l'humour féroce, l'auteur se livre au passage à une critique à la tronçonneuse de la société polonaise contemporaine.
"Ils avaient déjà pris place pour le Seder de la Pâque quand on sonna à la porte. Qui pouvait bien actionner la sonnette et violer les lois de ce jour de fête ? À cette heure-ci, certainement pas le facteur, et il était trop tard pour un vendeur d'encyclopédies. Cela n'étonna personne qu'Elisha se lève pour aller ouvrir la porte. Qui d'autre osait introduire dans son foyer sa vie extérieure, en cette soirée de Pessah ? « Katrina ! » Comme il le craignait, sa vie extérieure se tenait devant lui." Fils d'un prestigieux rabbi hassidique de New York, Elisha est attiré par le savoir universel. Il s'inscrit à l'université où il fait la connaissance de Katrina, une étudiante non juive. Bientôt amoureux de la jeune fille, il est en proie à un terrible dilemme : poursuivre le message porté par la mystique et la philosophie hassidique, ou bien suivre la voie de l'université et faire sa vie avec Katrina. À travers l'histoire d'Elisha, le roman fait découvrir une autre vision du milieu juif ultra-orthodoxe, contraignant dans sa pratique, magique dans son message.
Paris, 1960. Raoul Sévilla, élève d'un collège de la périphérie parisienne, est victime de harcèlement scolaire. Premier en rédaction, il est traité de «sale juif» par certains de ses «camarades». Pour y échapper, il décide de faire l'école buissonnière. Rien ne l'arrête, même pas son amour secret pour sa cousine Paula. Le jeune Raoul se retrouve plongé dans le Paris des années 1960, son métro, ses pissotières, Barbès, la gare du Nord, le boulevard Saint-Michel. Il multiplie les rencontres inquiétantes ou merveilleuses. À l'issue de cette journée, il rentre chez lui transformé. Dans ce roman initiatique, le talent de conteur de Jean-Pierre Gattégno nous fait partager les interrogations et les émotions d'un adolescent juif vivant dans l'ombre portée de la Seconde Guerre mondiale. Jean-Pierre Gattégno est né en 1944. Il vit à Paris (20e). Il est l'auteur de onze romans publiés chez Calmann-Lévy, Actes Sud et l'Antilope, dont Neutralité malveillante, adapté au cinéma par Francis Girod sous le titre Passage à l'acte, Mortel Transfert adapté au cinéma par Jean-Jacques Beineix, Une place parmi les vivants adapté pour la télévision par Raoul Ruiz, et Les aventures de l'infortuné marrane Juan de Figueras.
En 1962, l'auteur alors âgé de dix ans, découvre Kapo de Gillo Pontecorvo, l'un des tout premiers films de fiction traitant du génocide des Juifs par les nazis. Ce film marquera le début de ce qui deviendra l'obsession de l'auteur. De David Rousset à Primo Levi, en passant par Raoul Hilberg, Dominique Porté va lire tout ce qui paraît sur le sujet. Jusqu'à découvrir un personnage qui ne cessera de le fasciner : Chaïm Rumkowski. Ce Juif de Lodz a été désigné en octobre 1939 par les nazis pour diriger le ghetto de la ville. Il finira par se prendre totalement au jeu d'un pouvoir dérisoire et délirant, jusqu'à faire imprimer des timbres à son effigie. Les chapitres décrivant l'obsession de l'auteur alternent avec ceux racontant le comportement de ce "roi" ubuesque du ghetto. Dominique Porté est né en 1952. Diplômé d'histoire et de sociologie, il a été enseignant, journaliste, directeur de bureau d'études, éditeur de presse et de livres à Toulouse et à Montpellier. Aujourd'hui, il se consacre, entre autres, à sa passion pour l'Histoire.
Dans une démarche à la fois historique et sociologique, l'ouvrage retrace l'histoire de l'école Maïmonide, une école qui a ceci de particulier qu'elle allie éducation républicaine et éducation juive. Cette école a vu le jour dans la région parisienne en 1935. Elle a alors traversé les traumatismes et les bouleversements qui ont agité la vie et l'identité des Juifs en France tout au long du XXe siècle. Aujourd'hui encore, elle poursuit le projet de transmettre à la fois une éducation républicaine et une éducation juive. L'auteur, ancien élève de « Maïmo », a voulu en savoir plus sur sa propre école. Pour cela, il s'est plongé dans les archives et est parti à la recherche de témoignages écrits ou oraux afin de faire revivre ce qui semblait être au départ une pure utopie. Joseph Voignac est né à Paris en 1991. Il a été élève à l'école Maïmonide jusqu'en Terminale. Titulaire d'un master en histoire européenne de l'université de Cambridge, il est l'auteur de nombreux articles sur l'éducation juive et sur le sionisme en France. Juive et républicaine : l'école Maïmonide est son premier livre.