Hommes et montagnes
Un roman palpitant où se mêlent amour, sexe et trahison et dont l'action se déroule dans le milieu de l'ultra-trail et des sports extrêmes de montagne.Emma, étudiante américaine en sociologie, débarque pour un an à Chamonix, lieu d'observation idéal pour sa thèse dont le sujet est la prise de risques en montagne. Au-delà des alpinistes et grimpeurs de haut niveau, c'est pour elle l'occasion de se frotter aux stars des sports extrêmes que sont l'ultra-trail, le freeride, le base jump, la wingsuit... Sa rencontre avec Matthieu, le champion chamoniard de freeride et de trail running, va entraîner Emma dans une aventure amoureuse et sexuelle inédite. Mais au fil des semaines, les rivalités, jalousies et trahisons vont émerger et s'amplifier jusqu'à plonger Emma dans l'angoisse et la peur. Une intrigue haletante durant laquelle les protagonistes et le lecteur auront du mal à reprendre leur souffle.
La première biographie sur l'un des plus grands noms de l'alpinisme, héros de l'Annapurna.Lionel Terray. Le destin hors du commun d'un fils de bonne famille qui avait choisi d'être paysan. Tout à la fois indépendant et faisant preuve d'un fort esprit d'équipe, intimement lié aux parcours de Louis Lachenal et Guido Magnone avec lesquels il a formé des cordées légendaires, cet être complexe et formidable, alliant la simplicité et le génie, va écrire quelques-unes des plus belles pages de l'alpinisme et des expéditions lointaines (Annapurna, Jannu, Makalu, Pérou, Patagonie, etc.). Face à l'attentisme de la compagnie des guides de Chamonix et de l'armée, il participera activement à l'un des épisodes les plus dramatiques de l'alpinisme en organisant une cordée de secours terrestre pour aller sauver les alpinistes Vincendon et Henry en perdition sous le mont Blanc. Au-delà de ces exploits, il a marqué à jamais la littérature de montagne avec la parution en 1961 de son remarquable livre Les Conquérants de l'inutile, très en avance sur son temps. C'est sans doute pour cela que personne n'a osé jusque-là écrire sa biographie. C'est aujourd'hui chose faite grâce à Marcel Pérès, qui par ses recherches approfondies et les nombreux témoignages recueillis récemment, nous apporte les éclairages indispensables pour découvrir les multiples facettes de ce conquérant oublié.
La Mort suspendue (1990), Encordé avec des ombres (1994) et Eiger, la dernière course à l'Eiger (2003) : les trois récits majeurs de Joe Simpson, introduits par un texte inédit, sont réunis dans une compilation qui présente le meilleur de l'aventure en montagne.La Mort suspendue, paru en 1989, est le livre de montagne le plus marquant des deux dernières générations. Paru en vingt-trois langues, salué par plusieurs prix littéraires, il a été consacré par un film en 2003 et n'a jamais quitté les rayons des librairies.Cet incroyable récit de survie a donné naissance à un écrivain. Joe Simpson n'est pas resté l'auteur de ce seul témoignage : au fil des livres, il est devenu un chroniqueur original de l'aventure en paroi et sur les sommets du monde.Sa vie trépidante dès l'adolescence, ses expéditions, l'esprit punk des grimpeurs anglais des années 1980, son humour volontiers corrosif, la disparition de nombre de ses amis alpinistes et un vrai talent d'écriture ont nourri des récits passionnants, et deux romans (dont Le Bruit de la chute, Glénat, 2012).Encordé avec des ombres, récit des frasques aussi drolatiques que parfois dramatiques du jeune Joe avant l'accident de la Siula Grande, a donné le ton.Il a été suivi par des réflexions parfois plus sombres sur les motivations de l'alpinisme. C'est ce questionnement que l'on retrouve mis en perspective avec l'histoire de la conquête de l'Eiger dans La dernière course, en même temps qu'un hommage à l'engagement des pionniers des grandes voies. Dans ce recueil d'un millier de pages, on explore avec Joe Simpson toutes les faces de la passion de l'alpinisme.
L'incroyable histoire de Tommy Caldwell qui, avant de devenir l'un des meilleurs grimpeurs du monde, a dû faire un jour ce choix : mourir ou tuer.C'est l'histoire d'un enfant de trois ans qui découvre l'escalade avec son père et décide de ne plus jamais s'arrêter.C'est l'histoire de quatre jeunes grimpeurs partis découvrir les falaises du Kirghizistan. Pris en otage par des rebelles armés, le groupe doit son salut au courage de Tommy Caldwell qui pousse un de leurs ravisseurs du haut d'une falaise... Mourir ou tuer, il a fallu choisir.C'est l'histoire d'un homme qui se bat pour sauver une histoire d'amour à bout de souffle.C'est l'histoire d'un grimpeur exceptionnel qui, alors qu'il a perdu accidentellement un doigt, réussit l'ascension de la grande voie la plus extrême du monde après sept années de tentatives infructueuses : le Dawn Wall, dans le Yosemite, près de 1 000 mètres d'un granit raide et lisse. Tommy Caldwell et son comparse Kevin Jogerson livrent un combat titanesque de 19 jours sous les jumelles et téléobjectifs des médias du monde entier. Leur exploit, raconté sous la forme d'un feuilleton en une du New York Times, passionne les Américains au point de détrôner le Super Bowl.Presque un roman, plus qu'un livre d'aventure, Push ! La vie au bout des mains est une ode à la persévérance.Extrait :Je me tourne vers Beth et murmure : « Je vais devoir le faire. Ça ne peut être que moi. » Elle se met à trembler. Une ombre traverse son visage. Sa bouche s'entrouvre sans qu'aucun son en sorte. Pendant quelques instants, nous nous regardons droit dans les yeux. Elle baisse la tête. Je sais. Mon énergie grandissante a donné vie à un monstre que je ne reconnais pas, une bête surgissant de nulle part et de partout à la fois. Dans l'obscurité, je passe furtivement d'une prise de pied à une autre avec la vitesse d'un chamois. Cinq, trois, deux mètres, Su ne me voit toujours pas venir. Le canon de sa mitraillette brille sous les étoiles. Je vois son grain de beauté grotesque se dessiner sur sa lèvre. Mon pied fait tomber un bloc de pierre. Il se tourne vivement vers moi. Nous nous dévisageons. Soudain, je me jette sur la bandoulière de son fusil. Je tire de toutes mes forces tout en poussant son épaule. Sa silhouette cambrée se découpe sur la lune puis s'enfonce dans l'obscurité. Il lâche un cri de surprise et de peur mêlées. Son corps atterrit sur une vire en un claquement terrible avant de rouler et de sombrer dans l'oubli.
Un roman initiatique, sur fond de la redoutable « guerre blanche » qui opposa les troupes de montagne italiennes et austro-hongroises entre 1915 et 1918 dans les massifs du Stelvio, de l'Ortler et de l'Adamello.Juillet 1913, dans les montagnes entre Autriche et Italie. Jean, encordé à son cousin Dante et à Walter, leur guide et ami tyrolien, assiste impuissant à la chute mortelle de son père, un industriel milanais. La vie du jeune homme, jusqu'alors harmonieuse, rythmée par la passion paternelle pour l'alpinisme et la musique enseignée par sa mère, pianiste française, se disloque. L'attentat de Sarajevo va précipiter les trois jeunes gens dans le chaos du monde et la tragédie. Alors que Walter intègre un régiment de Kaiserjäger, Jean reçoit un ordre de mobilisation de l'armée française. Il choisit plutôt l'armée italienne, restée neutre, et part pour l'Académie militaire. Las, le 23 mai 1915, l'Italie déclare la guerre à l'Autriche-Hongrie.Promu sous-lieutenant dans les alpini, Jean rejoint le front dans le massif de l'Adamello où il retrouve son cousin, engagé de la première heure.Dans ce cadre grandiose d'arêtes et de glaciers, les offensives à outrance fauchent la fine fleur de l'alpinisme italien. L'hiver est pire encore avec les assauts du froid, de vent et des avalanches.À la faveur d'une permission à Milan, Jean présente Dante à Antida, dont il est amoureux. Comment ne pas remarquer le contraste entre le chaste et fragile « lieutenant français » et le sergent aux épaules larges, auréolé de cicatrices et de médailles ! C'est en rivaux que les deux cousins retournent au front...Un jour, une colonne autrichienne dont les alpini observaient la progression est engloutie par une avalanche. Contre l'avis de Dante, Jean se porte au secours de l'ennemi. Parmi les survivants se trouve Walter, leur ami guide. Les retrouvailles des anciens compagnons de cordée tournent bientôt au drame...
Il fascine les uns, rebute les autres et ne laisse personne indifférent. Pratique ultime de l'escalade ou de l'alpinisme, le solo a le parfum du soufre.Rares sont les grimpeurs ou les alpinistes à ne pas avoir connu la tentation du solo. Quête d'esthétisme, plaisir du geste pur, sens du défi, folie de jeunesse, désespoir, pulsions suicidaires... les ressorts ne manquent pas.« Pourquoi je n'en fais pas ? Peut-être parce que je n'ai pas suffisamment de colère en moi ou que je n'ai pas assez de couilles. » Serait-ce le début d'une explication ? C'est le jeune alpiniste Christophe Dumarest, pour qui l'engagement est une seconde nature, qui dit cela à propos de l'alpinisme et de l'escalade solitaires. Oui, pourquoi les solistes partent-ils seuls s'attaquer à un sommet ou une nouvelle voie ? Pourquoi choisissent-ils de corser souvent leur face-à-face avec la montagne en partant en hiver sur un 8000 mètres, ou en solo intégral, sans aucune assurance ?On a tout dit d'eux : qu'ils étaient des inconscients, des risque-tout, des déséquilibrés, des trompe-la-mort. Et si c'était tout le contraire ?Pour se faire une idée plus juste et mieux comprendre les motivations de ces artistes funambules de la verticale et de la vie, Gilles Chappaz est parti à leur rencontre, au travers de textes pour certains, d'interviews pour d'autres ou en leur demandant de prendre la plume. Pas un ne met en avant les mêmes motivations, mais tous disent la même chose : le solo est la discipline ultime, celle qui permet le mieux de se trouver. C'est le « connais-toi toi-même » des alpinistes ! Walter Bonatti voulait aller « à la frontière infranchissable de son âme » ; René Desmaison désirait « juste se retrouver seul avec soi-même » ; Pierre Beghin parlait « d'un morceau d'existence en dehors de sa propre vie » ; Jean-Marc Boivin avait cette formule lapidaire : « Je veux vivre, vivre à en crever ! » ; Patrick Edlinger disait ceci : « Le solo intégral, c'est la vérité, le style le plus pur qui soit. Un jeu suicidaire ? Mais je tiens trop à la vie. Je n'ai pas du tout envie de mourir ».De Jacques Balmat à Ueli Steck, en passant par Tita Piaz, Paul Preuss, Hermann Buhl, Claudio Barbier, Reinhold Messner, Ivano Ghirardini, Renato Casarotto, Christophe Profit, ou encore Catherine Destivelle, les histoires de solistes nous offrent le portrait d'une pratique au paroxysme de la grimpe. Il est question d'engagement total, de choix de vie, d'exaltation, de recherche spirituelle, de courage, de bravoure, de peur aussi.
Une plongée historique et philosophique passionnante dans le monde de l'alpinisme.Selon les époques, on pratique l'alpinisme pour des motifs scientifiques, nationalistes, contemplatifs, sportifs... Quel que soit le moteur de chacun, le risque, qu'on le souhaite ou non, est omniprésent. Alpiniste de renom et philosophe, Alain Ghersen nous entraîne dans une fascinante réflexion sur les liens qu'entretiennent risque et alpinisme ; il convoque tour à tour alpinistes et philosophes pour essayer de tracer les contours d'un Homo alpinus. Où il est question d'état de nature, de romantisme, d'engagement, de sacré, de hasard, de peur, d'émulation, de rapport à la mort et de bien d'autres choses...
« Le plus beau livre de montagne de cette dernière année... »Paolo Cognetti, prix Médicis étranger 2017 pour Les huit montagnes« La montagne m'a vu naître, elle m'a nourri, m'a appris, m'a protégé. Alors je suis devenu le seigneur des corniches rocheuses, la sentinelle des cols reculés, le maître des moraines isolées. Je règne sur ce royaume de pierres non parce qu'il est à moi, mais parce que je lui appartiens. La montagne m'a accepté auprès d'elle et je suis devenu son gardien respectueux, le berger de ses bouquetins, en toutes saisons et par tous les temps. » Louis Oreiller est né en 1934 dans le Val d'Aoste, à Rhêmes-Notre-Dame, aux confins sauvages du parc du Grand-Paradis, à 1 700 mètres d'altitude. La montagne ne lui a jamais inspiré ni défi ni performance. Elle est sa terre et son ciel, un horizon avec lequel il fait corps. Pour conjurer la pauvreté, il a été braconnier, contrebandier... Puis il a pu changer de camp, devenant garde-chasse et finalement garde du parc national. Une vie éloignée des sentiers balisés par la société, le plus souvent à l'écart des hommes, dans une vallée que les avalanches coupaient autrefois du monde six mois par an. Une vie à caresser la roche et la glace, à parler aux arbres et aux marmottes, à suivre le vol des aigles et à veiller sur les mouflons. Une vie en communion avec la montagne. Le monde de Louis Oreiller va disparaître, enseveli sous le déferlement de la modernité. Alors sa parole, rare, résonne de toute la puissance des éléments. À qui, comme Irene Borgna, sait l'écouter, elle semble poésie et sagesse. Il n'est pas tout d'avoir de la mémoire, encore faut-il la langue de Louis et son esprit libre pour nous conduire là-haut, où l'air est plus pur et les pensées plus claires.
Un roman dans lequel on progresse à corde tendue, tenu en haleine par les rebondissements d'une saison en montagne, dramatique à bien des égards.Ou comment un guide se retrouve confronté aux principes universels de sécurité, de responsabilité et de liberté...« Le 2 juin 1995, vers 10 heures du matin, Michel Charmoz ne regrettait rien.Somme toute, il était plutôt content d'avoir accepté cette course, même si elle retardait son chantier. En juin la neige est bonne, les jours sont longs et le massif est désert, alors... Michel éprouvait comme un sentiment d'évidence à se trouver là, surveillant devant lui chaque pas de son client, gardant la corde tendue dans la descente, supputant l'état du glacier au-dessus du refuge et se demandant s'il aurait le temps de finir aujourd'hui les 2,80 m de lambris dans la chambre du gamin... »Repérer les dangers, les éviter, gérer le risque fait partie de la vie de Michel Charmoz. C'est l'obligation d'assumer ses responsabilités, la capacité d'exercer son libre arbitre, la notion d'engagement, le sens du devoir et le goût du partage qui lui ont fait embrasser le métier de guide. Là-haut, il est à son aise. Il connaît les lois de la montagne et les respecte. Il a plus de mal avec le fonctionnement et les codes du monde d'en bas, surtout quand ils vont à l'encontre de ses convictions et de ce qu'on exige de lui en haut. Le drame se joue souvent là où on ne l'attendait pas.
Depuis les temps les plus anciens, les « chasseurs de cristaux » font partie des figures fascinantes de l'univers alpin. Cathy Feray, femme de cristallier, nous emmène à la rencontre de l'un d'entre eux. Mais qui sont réellement ces hommes férus de montagne, courageux, solidaires, qui n'hésitent pas à prendre des risques pour atteindre le fameux « four » où se cache leur trésor minéral ? D'où leur vient cette passion pour les cristaux, et comment la vivent-ils ? Reste-t-il de la place pour les autres ?À travers son parcours personnel - ses rencontres, son travail au sein de l'hôpital de Chamonix, sa propre expérience de la montagne, son implication dans les bourses aux minéraux... -, Cathy Feray nous fait pénétrer dans l'univers quelque peu confidentiel des cristalliers et de cette activité ancestrale régie par un code d'honneur. Elle nous raconte, avec sincérité et humour, les aventures qui ont jalonné sa vie de femme aux côtés d'un homme amoureux des minéraux, la peur quand l'attente se fait trop longue, l'émerveillement devant la beauté des cristaux... et toutes les émotions partagées en vivant la passion de l'autre.« On n'enlève pas à quelqu'un sa passion, ce serait le tuer ! Alors on compose, et l'amour aidant, on finit par accepter de vivre la passion de l'autre. »
Le plus grand alpiniste de notre temps a 70 ans ! Dans le monde de l'aventure, les légendes vivantes sont rares. Pour avoir échappé au destin tragique de nombre de ses compagnons et parce qu'il continue de mener plusieurs existences en une, Reinhold Messner est un « plus que vivant ». Il signe ici son livre le plus personnel.Reinhold Messner revient sur sept décennies d'une vie aux confins de l'extrême. Au coeur de son propos, la vie dans ce qu'elle a de plus essentiel, la passion, le courage et la responsabilité. Très tôt confronté à la mort lors de ses expéditions, Messner a appris à survivre. Aujourd'hui, il s'exprime sans fard au sujet de l'ambition, la culpabilité, les cauchemars qui l'ont hanté, le vieillissement, les nouveaux départs et le renoncement. On retrouvera dans ces pages les étapes d'une vie d'exception qui ont conduit un petit montagnard du Tyrol du Sud à devenir l'aventurier le plus célèbre au monde, mais aussi un homme politique combatif, un agriculteur engagé, un conseiller recherché par les chefs d'entreprise, le fondateur d'un musée des montagnes du monde unique en son genre, et le père de quatre enfants. Reinhold Messner témoigne de cette vie au superlatif en évoquant l'odeur du pays natal, l'espace de liberté dont a besoin un enfant, l'importance de la peur, de l'égoïsme et de l'instinct pour qui doit survivre.C'est un livre d'aventure passionnant qu'il nous offre pour ses 70 ans.
Les aventures d'un alpiniste peu ordinaire en haut de montagnes extraordinairesAprès le succès de ses Chroniques himalayennes, Jean-Michel Asselin s'est replongé dans l'épaisseur de ses carnets de voyage pour nous montrer les coulisses de ses aventures d'alpiniste où il n'y a ni vainqueur ni record à pulvériser, mais où l'on risque néanmoins sa peau. Ces histoires vraies sont nées en Himalaya, en Argentine, en Équateur, en Iran, au Liban, en Turquie, au Monténégro, ou encore dans les Alpes. Elles ont pour point commun de débuter là où l'oxygène vient à manquer. Là où la neige, la glace et le rocher remplacent le macadam. Dans ces histoires « à bout de souffle », il n'y a pas de héros, mais des protagonistes qui, malgré le froid et la peur, continuent de grandir au bout des sommets. L'amour et la mort, la douleur et la joie, l'imbécillité et le courage, l'inconscience et la lucidité, la rencontre de l'autre, les dieux et quelques démons : les thèmes de ces trente chroniques en font des histoires profondément humaines.
L'alpinisme, plus qu'une activité sportive, un mode d'expression sans cesse renouvelé. Et ce n'est pas fini !« Art de gravir les montagnes », selon la définition ancienne du Larousse, l'alpinisme aurait pu trouver son point final en 1953, quand le sommet de l'Everest a été atteint. Lucien Devies, alors « patron » de l'alpinisme français, ne s'est-il pas interrogé : « Pour les alpinistes, le temps du monde fini commence ». Belle formule, qui sera reprise plusieurs fois, sous d'autres formes, par d'autres observateurs un peu trop pressés d'annoncer la mort de l'activité.Les alpinistes, à chaque fois, ont, par leurs réalisations et leur inventivité, opposé un démenti formel à ces prophètes. Ils n'ont jamais cessé d'aller plus vite, de faire plus dur, plus beau, à la recherche de nouveaux défis et de nouveaux plaisirs. Aujourd'hui, on ouvre des voies extrêmes sur les géants de la Terre, à deux, avec pour seul viatique ce qu'un sac à dos peut contenir. On escalade les plus grandes parois en escalade libre, transposant à haute altitude ou dans les climats polaires les difficultés jusque-là réservées aux spécialistes des courtes falaises ensoleillées d'Espagne ou du sud de la France... Mais les auteurs de ces ascensions, s'ils se préparent avec soin, ne se prennent guère au sérieux. Ils savent que leur alpinisme n'est qu'un jeu, qu'ils mènent entre humour et poésie.Quels sont les hauts faits de ces 40 dernières années, quelles sont les évolutions techniques, éthiques et mentales qui ont mené les nouveaux alpinistes à ce haut niveau de conscience et de réalisation ? Ce livre, qui met en scène les plus emblématiques et les plus attachants des acteurs de cette révolution silencieuse, tente d'explorer les différents domaines d'un alpinisme sans cesse renouvelé.
Le journal aux pages manquantes du voyage d'un homme qui lutte pour la vie, traverse la montagne corse en hiver, erre, se perd... et s'oublie.Cet ouvrage est la retranscription intégrale de deux carnets Moleskine retrouvés fin mai 2016 en Corse par l'un des gardiens du refuge de Ciuttulu di i Mori. Abîmées par l'humidité, de nombreuses pages étaient illisibles, complètement ou partiellement. Ces carnets contenaient également une vingtaine de photos Polaroïd. À ce jour, l'auteur a été identifié : un alpiniste, de métier écrivain-voyageur, scénariste et photographe. Par respect pour ce qui semble être sa volonté puisqu'il ne mentionne jamais lui-même son nom ni ceux des divers protagonistes qui apparaissent au fil des pages, ainsi qu'à la demande expresse de sa famille, nous ne révélerons pas son identité.Malgré les recherches, aucun corps n'a été retrouvé depuis la découverte des carnets, aucune trace du passage de l'auteur en Corse ou ailleurs.Il est officiellement porté disparu. Cet « Alpiniste Errant » jette en vrac sur le papier ses réflexions, ses pensées, ses idées, dans une sorte de bloc-notes mémoire foutraque, souvent avec humour et poésie, spiritualité, mysticisme même, et beaucoup d'autodérision. Avec un goût certain pour la narration, il raconte sa vie, la Vie, ses amours, ses blessures, ses histoires, ses anecdotes, ses passions, et surtout celle de la montagne et de l'alpinisme. Dans cet acte de matérialisation de sa mémoire transparaît une volonté farouche de ne pas oublier, de ne pas être oublié, une lutte pour faire comme si... pour continuer.
C'est sa vie, bien sûr, qu'Odette Bernezat raconte à travers ses nouvelles. Une vie inspirée par la passion de la montagne et du désert. Une vie animée par le plaisir de l'ascension et du voyage, par la curiosité de la rencontre, par le goût de l'écriture. Toute une vie avec Bernouze, guide, époux et héros.« Je dois emmener Zou à la montagne. En douceur. Elle a 17 ans et sa référence est le Mont-Saint-Michel... » Les premières lignes de la première nouvelle, déclinée en cinq variations, donnent le ton : il va être question de partager l'amour de la montagne, et l'humour sera de la partie. Ainsi paré, on ira en Oisans, au mont Blanc, dans le Hoggar, en Suisse à 4000 mètres, dans le Haut Atlas, le Vercors, la Chartreuse ou le Dévoluy. On rencontrera toutes sortes de compagnons de marche, de cordée ou de méharée. Car elle en a vécu, des aventures, Odette Bernezat, en cinquante ans de vadrouille là-haut en montagne et là-bas dans le désert ! Son oeil qui frise et sa plume alerte donnent leur saveur aux nouvelles que sa belle vie lui a inspirées.Avec elle, la montagne d'en haut et de là-bas est toujours humaine, belle et aimable, jamais tragique.
Alpinisme, escalade, ski, monoski, snowboard, delta, parapente... À Chamonix dans les années 80, tous les moyens étaient bons pour inventer de nouvelles sensations. De nouveaux conquérants ont révolutionné la pratique et l'image de la montagne. Leurs aventures extrêmes ont passionné le public. Mais à quel prix !Toni Bernos a fait partie de cette tribu, ces touche-à-tout de la montagne qu'il désigne aujourd'hui comme « les prisonniers de l'inutile ». Dominique Radigue, Bruno Cormier, Martial Moïoli, Bruno Gouvy, Jean-Marc Boivin, Stephane Deweze, Karen Ruby, Benoît Chamoux, Ellika Sindeman, Romain Vogler, Patrick Vallençant, Éric Escoffier,et bien d'autres de ses camarades ont trouvé la mort à force de chercher à repousser les limites. Ils s'étaient lancés corps et âme dans une quête dont ils n'avaient appréhendé ni l'ampleur ni l'issue. Les conséquences furent-elles proportionnelles aux risques engagés ? « Je ne sais pas, écrit Toni Bernos, mais il ne reste plus grand monde pour témoigner ou me contredire. Chanceux, j'ai survécu à des accidents que, maintenant, je peux qualifier de "surréalistes". »Les Prisonniers de l'inutile est un récit d'aventures, une histoire de montagne, d'amitié et d'expériences uniques vécues dans la capitale mondiale de l'alpinisme. Il égrène quinze ans de souvenirs mêlant des joies et des désespoirs extrêmes qui ont conduit Toni Bernos à haïr ce massif du Mont-Blanc autant qu'il l'a adoré.L'intensité des aventures dont il est question n'a d'égale que la singularité de leurs héros. Elles se confondent avec les pages du magazine Vertical que quelques-uns d'entre eux avaient créé.Skieur, alpiniste et parapentiste, Toni Bernos a vécu sa passion de la neige et du rocher jusqu'à manquer se tuer lui aussi. Loin de Chamonix, il s'est construit une nouvelle vie avant d'accomplir son devoir de mémoire. C'est un livre plein d'énergie, de défis, de délires, d'humour et d'émotion qu'il dédie à ses compagnons disparus et à cette époque insensée.
Vingt ans après La Mort suspendue, classique de la littérature de montagne, Joe Simpson revient avec un roman tout aussi haletant que le récit de sa fameuse épopée.Une chute dans la tempête, la souffrance psychologique et physique, le dépassement de soi, la culpabilité du survivant... Et un souffle romantique inédit chez Simpson ! Tous les éléments sont réunis pour procurer aux amateurs d'aventure et de suspense les frissons de l'angoisse et du plaisir.Alors qu'ils bivouaquaient sur une vire, il a vu sa compagne disparaître dans le vide. Un instant il a retenu sa main, elle s'est accrochée à son regard, mais il a été impuissant à enrayer sa chute. Lui s'en est tiré, au terme d'un effroyable calvaire. De quoi bouleverser le cours d'une vie...Vingt-cinq ans plus tard, il est gardien de refuge au pied de cette même paroi, où il s'est consacré à la sécurité des grimpeurs. Un hiver, un couple échappe de justesse au mauvais temps qui vient de tuer un alpiniste. La tempête menace de détruire le refuge où il est resté veiller la jeune femme blessée. Alors que les éléments se déchaînent, il est submergé par les souvenirs, la douleur de la perte et la culpabilité. Comment survivre ? Le succès de La Mort suspendue tient autant au caractère exceptionnel de l'aventure relatée qu'au talent de narration de son auteur. Plusieurs livres ont confirmé que Joe Simpson était à la fois un alpiniste audacieux - voire trompe-la-mort - en même temps qu'un conteur passionnant. Voici un roman pour affirmer qu'il est un écrivain formidable, nourri par cette montagne qui exacerbe les sensations, les sentiments, les comportements. Vous aurez peur, vous aurez froid, vous aurez mal en le lisant, et vous en redemanderez !
Scènes de la vie dans un refuge de haute montagne, où le gardien est un héros du quotidien.À quelques kilomètres à vol d'oiseau de la station de Cauterets, le refuge des Oulettes de Gaube est, en été, accessible en trois heures de marche par un sentier qui s'élève en douceur dans un paysage verdoyant. Ce refuge de cent places est fréquenté par des "randonneurs du dimanche", qui font souvent là leur première incursion en haute montagne. Pour eux, l'arrivée aux Oulettes constitue un but en soi et, parfois, un véritable exploit. Mais le refuge est également planté au pied du Vignemale, point culminant des Pyrénées françaises (3 298 m), dont l'impressionnante face nord est convoitée par des alpinistes de tous pays, pour qui les Oulettes est une base de départ vers les voies d'ascensions et les sommets. Comment cohabitent dans les mêmes dortoirs, aux mêmes tables de réfectoire, ces deux populations qui n'ont pas grand-chose en commun, voire qui n'ont que dédain l'une pour l'autre ? Hôte de ces lieux, le gardien tente de faire le lien entre les deux communautés. Éclairer les profanes sur les règles de la vie en refuge, renseigner les alpinistes sur l'état de la montagne et ses dangers, communiquer les prévisions météo, porter secours aux blessés, des victimes d'entorses aux survivants d'avalanches : le gardien doit se mettre au niveau de tous les publics. À cette mission s'ajoutent ses tâches quotidiennes : il est cuisinier, hôtelier, plombier, couvreur, alpiniste, homme de ménage, menuisier, électricien, etc., et sur ses épaules repose le bon fonctionnement du refuge, compliqué par l'altitude et l'isolement. Sans parler de la fatigue occasionnée par des journées qui commencent souvent à 4 heures du matin, au départ des premières cordées, pour se terminer à 23 heures, après la vaisselle et la comptabilité !
Un livre qui fait du bien ! Le chemin de vie de Christine Janin, médecin, première Française sur le toit du monde puis sur le point culminant de chaque continent, première femme au pôle Nord à pied, créatrice de l'association « À chacun son Everest ! ». Depuis plus de vingt ans, Christine accueille à Chamonix des enfants et des femmes atteints de cancer pour les aider à mieux guérir par cette expérience du sommet à atteindre.Comment trouver son chemin de vie ? Comment transformer les épreuves en victoires ? Pourquoi aller risquer sa vie là-haut ? Ces interrogations incitent Christine Janin, jour après jour, à cheminer avec conviction à la rencontre du sens de sa propre existence. Elle a appris à aborder la vie comme elle a affronté les plus hauts sommets, avec obstination, enthousiasme, intuition et courage. Mais il est escarpé le chemin de la redescente, celui de la renaissance, de la transformation. Revenir sur terre, comprendre la motivation de son « voyage initiatique » est souvent plus complexe que de lutter pour atteindre le toit du monde. Au fil des années, des réponses se sont imposées à Christine avec de plus en plus de clarté. Elle pensait être une guerrière de l'inutile... elle se trompait ! La montagne lui a montré sa voie, celle de son engagement avec l'association À chacun son Everest ! À travers ce témoignage, le docteur Christine Janin souhaite partager avec tous ceux qui ont envie de vivre pleinement ce que lui ont appris ses expériences singulières. Son parcours est une aventure pleine de péripéties, de rencontres, d'explorations extraordinaires, mais aussi de failles et de fêlures. Nul besoin de pratiquer la montagne ni d'être souffrant pour faire le plein d'énergie, d'oxygène et d'espoir juste en le lisant !
1976, Montagnes de la Lune. Pierrine et Simon, alpinistes intrépides, affrontent les glaciers du Ruwenzori et les violences de l’Afrique centrale.
Deux crashs. Deux avions d'Air India. 48 victimes en 1950. 117 victimes en 1966. Presque au même endroit, dans des circonstances aussi floues. Aucun rescapé. Débris et corps dérivent encore à ce jour dans les glaces du Mont-Blanc qui en « libèrent » des éléments chaque été. Vingt-quatre ans après la sortie de son premier livre « Crash au Mont-Blanc, les Fantômes du Malabar Princess » (Ed.Glénat) et suite à la mystérieuse découverte de pierres précieuses qui défraya la chronique en 2013, Françoise Rey poursuit l'enquête ! Les catastrophes aériennes sont des machines à fantasmes. Surtout quand elles surviennent dans des lieux inaccessibles. Reste que les faits eux-mêmes sont parfois « un peu forts ». Le crash de 1950 est inscrit dans l'histoire locale et même nationale. Une rumeur circulait : le Malabar Princess transportait de l'or... Bien que plus meurtrier, le deuxième accident a été oublié presque aussitôt. Il y avait pourtant à bord le père du programme nucléaire de l'Inde...C'est au cours de son enquête pour raconter l'histoire du Malabar Princess en 1990, que Françoise Rey eut connaissance de ce deuxième accident. Avait-on caché quelque chose au public ? L'hypothèse de la collision avec un avion militaire de l'Otan était relancée.On se passionna d'autant plus pour les mystères du Mont-Blanc qu'une « valise diplomatique » était trouvée sur un glacier en 2012 et que l'année suivante, encore plus incroyable, apparaissait une cassette pleine de pierres précieuses. L'info a fait le tour du monde, passionné le public. Les autorités déclaraient se mettre en quête des propriétaires originels de ce trésor... Interrogée par la presse, Françoise Rey a donné une piste pour retrouver les ayants droit, une lettre figurant dans le dossier d'instruction, qui a disparu... Nous faisant souffrir sur les pentes du mont Blanc et voyager dans le temps sur trois continents, Françoise Rey tente inlassablement de révéler les secrets de ces crashs qui continuent d'alimenter la chronique et les convoitises à Chamonix. L'enquête qu'elle poursuit depuis vingt-cinq ans est aussi un hommage aux victimes dont les corps hantent encore les glaciers du Mont-Blanc au pied desquels elle vit.
Enfer et rédemption à l'Everest... Ou comment Beck Weathers a reconquis son existence et l'amour des siens en manquant perdre la vie sur le toit du monde. Une aventure exemplaire à retrouver au cinéma dans le film Everest.En 1996, huit alpinistes périssent à l'Everest dans une tempête tragiquement célèbre, tandis que le neuvième homme de l'expédition, déjà considéré comme mort, en réchappe miraculeusement, au prix d'un calvaire inhumain. Beck Weathers a survécu, mais l'épreuve la plus difficile reste devant lui : le retour à une existence « normale ».Car lorsque le docteur Beck Weathers est arrivé en Himalaya, obsédé par l'ascension du plus haut sommet de chaque continent, sa vie était en miettes. Son mariage ne tenait plus qu'à un fil et la relation avec ses deux enfants ne valait guère mieux. La dépression le minait depuis des années et la montagne était une échappatoire.Un second miracle a voulu que Beck Weathers, le corps, le coeur et l'esprit meurtris, se relève de cette tragédie personnelle. Sa femme, qui n'avait pas cru à sa mort, ne s'est pas résolue davantage à condamner leur couple, pour peu que Beck vienne à bout de ses démons.Le témoignage de Peach Weathers se mêle au récit de l'alpiniste pour raconter avec sincérité, humour et lucidité la renaissance d'un homme et d'une famille. En 3D et sur les écrans dans plus de 50 pays le 23 septembre 2015, Everest, un film de fiction de Baltasar Kormákur, met en scène le dépassement de soi des alpinistes et la « tragédie à l'Everest » relatée par Jon Krakauer dans son bestseller international Into Thin Air. Josh Brolin et Robin Wright incarnent Beck et Peach Weathers, aux côtés de Jason Clarke, Jake Gyllenhaal, John Hawkes et Keira Knightley.
Quand de jeunes citadins en rebellion décident d'aller vivre dans les montagnes ariègeoises, ils ne soupçonnent pas les épreuves auxquelles ils vont être confrontés... Nous sommes à Massat, au coeur de l'Ariège, dans les années soixante-dix. De nombreux jeunes hippies ont choisi de s'installer dans ces hameaux du bout du monde désertés par les autochtones. La rigueur du climat, la rudesse du relief rendent le quotidien particulièrement difficile. Ne s'installe pas qui veut sur cette « terre courage ». Mais Terre courage, c'est surtout l'histoire d'une confrontation entre le monde paysan ariégeois et la jeunesse hippie, souvent urbaine. Les uns doivent s'ouvrir à un monde qu'ils ne comprennent pas ; les autres apprendre à faire la part des choses entre refus du superflu et exigence du nécessaire.Après Mon enfance sauvage, son premier ouvrage paru aux éditions Glénat en 2011 - lauréat du prix Littérature Pyrénées 2012 -, Djalla-Maria Longa nous livre ici une vraie fresque de la vie populaire ariégeoise contemporaine. Une histoire vécue de l'intérieur, en tant que fille de néoruraux. Extrait :C'est avec un effarement total que les Ariégeois virent débarquer, au début des années soixante-dix, de jeunes contestataires, en rupture avec la ville, refusant les contraintes comme les règles. Enfants d'une révolution lointaine - Paris en mai 68 -, voire plus lointaine pour certains - mouvement hippie californien -, ils refusaient les artifices citadins mais ignoraient tout des lois de la nature les plus élémentaires. Inconnus du pays, inconnus au pays, il leur fallait tout découvrir, fonder de nouveaux liens, conquérir une vraie liberté, au sein d'une nature puissante que tant d'autres avaient fuie : c'était beaucoup, beaucoup d'efforts à fournir. Les résultats ne se firent pas attendre.Incapables de se nourrir, ils volèrent les poules et les lapins des paysans, comme les gitans autrefois. Une nuit, ils osèrent même s'attaquer à la livraison de l'épicerie... Scandalisés, les villageois commencèrent à les regarder de travers et à les mépriser tous, sans distinction.« Rien que des feignasses ! » « Même pas capables de faire du bois ! Ils en sont rendus à brûler les meubles de leurs taudis ! » Un fossé se creusa, de plus en plus large, de plus en plus profond.
La conquête des plus hauts sommets de la terre a été l'oeuvre d'hommes hors du commun et de leurs efforts incommensurables. Mais cette épopée du courage et de la peur est aussi le fruit de l'ironie du sort. L'exploration de l'Himalaya s'est déroulée en trois dimensions. Il s'agissait d'arpenter d'immenses territoires, mais aussi d'en conquérir les sommets tout en repoussant les frontières de l'altitude. Dans cette quête admirable et déraisonnable se sont illustrés des alpinistes de tout poil, mus par les inspirations les plus variées. Gilles Modica dresse le portrait d'une vingtaine d'entre eux, célèbres ou moins connus, qui, de la fin du XIXe siècle à la fin du XXe, ont tenté d'apprivoiser les effets sournois de l'altitude. La plupart de ses textes ont ravi depuis des années les lecteurs de Montagnes Magazine et Trek Magazine.
Un faux pas lui a coûté ses jambes, mais la rage de vivre et la passion de la montagne l'ont propulsé au sommet du Mont-Blanc, debout sur un pied artificiel et arc-bouté sur ses béquilles. Ingénieur reconnu et sportif accompli, Jean-Yves Le Meur raconte avec recul, sensibilité, intelligence et humour sa renaissance et son ascension impossible. Un témoignage, dont la portée est universelle, sur le dépassement de soi et la reconstruction. Bouleversant. S'il a échappé à la mort qui l'a tenu de tout prêt, Jean-Yves Le Meur a perdu la jambe droite et le pied gauche dans un accident de train, horrible et stupide, à l'âge 19 ans. Le retour au monde est une torture physique et morale, mais le jeune homme à un horizon: les montagnes qui se dessinent dans le cadre de la fenêtre. Pour lui, "s'en sortir" ne signifie rien : son "projet de vie" est d'atteindre, debout, le sommet du mont Blanc. Béquilles aux poings, en apesanteur sur deux jambes artificielles, il y parviendra quelques années plus tard, en expliquant que cette "première" n'est ni un défi, ni un combat, mais la satisfaction de la pulsion irrépressible d'un caprice : faut pas ! L'itinéraire horizontal d'un jeune homme alité qui affronte des épreuves insensées avec une sensibilité à fleur de peau, est devenu le chemin d'un homme dressé au plus haut des montagnes. À travers des rencontres, des portraits, et en transcrivant les émotions les plus extrêmes, le récit de ce Faux pas témoigne d'une promesse tenue, avec rage, celle de vivre.
Élevé au rang de meilleur alpiniste du monde puis à celui de légende, Walter Bonatti (1930-2011) fait enfin l'objet d'une biographie écrite par un tiers.Malgré une carrière brève stoppée à seulement 35 ans, Walter Bonatti a changé le cours de l'alpinisme moderne, ses ascensions des années 1950 et 1960 comptant parmi les plus difficiles et les plus inspiratrices. Mythe, il le devient ensuite progressivement, quand il tourne le dos aux faces retorses pour partir en quête de cette « grande aventure » qui lui est si chère. Certes, l'Italien s'est déjà raconté dans des autobiographies devenues des classiques (À mes montagnes, Montagnes d'une vie), mais en gardant toujours secret un large pan d'une personnalité riche et complexe. Ces faces cachées de Bonatti (le voyage, l'écologie, l'éthique, l'héroïsme...), Roberto Serafin les aborde dans un ouvrage rythmé et respectueux qui retrace une vie dont la montagne ne fut qu'une composante.
Alpiniste chevronné, Serge Koenig est aujourd'hui vice-consul de France à Chengdu, la capitale de la province chinoise du Sichuan. C'est le parcours hors norme de ce guide de haute montagne devenu diplomate que relate ce livre. Serge Koenig nous fait explorer la face ouest de la Chine, ce pays-continent qu'il sillonne depuis qu'il y est entré par le Toit du monde il y a trente ans. À partir des projets d'aménagement du territoire montagnard (stations de sports d'hiver, via ferrata, école de guides) qu'il encadre sur place, il témoigne à la fois des atouts et des travers de la Chine d'aujourd'hui. En s'appuyant sur son expérience du terrain, il livre également son sentiment sur la question tibétaine, tout en sachant que son témoignage à contre-courant suscitera le débat tant le sujet est complexe et épineux.Ce récit est celui d'un diplomate français en Chine ; c'est aussi celui d'un alpiniste ayant participé à quatre expéditions sur l'Everest, dont la fameuse opération Sagarmatha en 1988, première ascension retransmise en direct à la télévision française.Montagne, aventure, environnement, économie, droits de l'homme, religion, politique internationale : le large spectre des sujets abordés dans cet essai autobiographique en fait tout l'intérêt.