Histoire et théorie
Les femmes ont besoin de retrouver et d'écrire leur propre histoire, trop souvent oubliée par « l'histoire au masculin ». Trop souvent caricaturée aussi, comme si elle n'avait existé qu'à travers quelques épisodes héroïques de la lutte révolutionnaire et quelques personnages hauts en couleur. Dernier aspect cette méconnaissance : l'idée, courante aujourd'hui, que le féminisme, fort du XIXe siècle, ne serait sorti de ses cendres que vers 1970. C'est contre cette vision simpliste de l'histoire des femmes, et de leurs luttes, que s'élève Huguette Bouchardeau. Souvent piégées dans les rôles qu'on leur assigne, les femmes sauront aussi en tirer des moyens pour leur libération. Réflexions sur le passé et analyses sur le mouvement actuel des femmes se répondent et font de ce livre bien autre chose qu'un aperçu sur des années mortes : des voies pour comprendre les aspects dispersés et divers des luttes de femmes d'aujourd'hui.
Quelle place pour la contraception quand la migration redessine les destins ? Contraception et migration explore, à travers le vécu des femmes migrantes, comment le choix d’un enfant — ou son refus — s’inscrit dans un parcours entre deux cultures.
Entre anarchie et révolution prolétarienne, la pensée de Georges Sorel défie les étiquettes. Pierre Andreu en dresse un portrait vivant, indispensable pour comprendre les grands débats politiques du XXe siècle.
Les ouvriers polonais parlent d'eux-mêmes. Ce n'est pas une analyse, mois un récit, un constat. Témoins et acteurs, ils parlent de ce qu'ils ont vécu, de ce qu'ils vivent, des impressions ressenties, des combats menés pour vivre autrement. Les entretiens, les débats se déroulent dans les usines : avant l'explosion d'août 1980 ; pendant l'existence légale de Solidarité, après la proclamation de l'état de guerre. Dix années de vie quotidienne en Pologne : qu'il s'agisse du rendement et des cadences de travail, des petits et grands chefs, des salaires et des prix, du syndicat officiel et du parti, la lecture est pénétrante et le style particulièrement direct. Les auteurs collaborent au laboratoire de sociologie du travail et des relations professionnelles des Arts et Métiers. Nicole Fratellini a mené des enquêtes sociologiques sur les entreprises françaises avant de s'orienter vers l'Europe de l'Est. Comme elle, Thomas Lowit a effectué de nombreux voyages en Pologne. Maître de recherche au CNRS, il est l'un des meilleurs connaisseurs des relations de travail et de pouvoir dans les pays de l'Est.
Contrairement à d'autres pays, les rapports syndicats-partis ont toujours été, en France, l'objet de controverses. Sous le terme « d'autonomie syndicale », les diverses organisations ne mettent nullement le même contenu et leurs conceptions actuelles ne peuvent se comprendre sans référence à l'histoire. C'est l'objet de cet ouvrage, premier du genre, dont le tome I débute en 1879 avec la création, par un congrès de syndicats, du premier parti ouvrier. De la fin du XIXe siècle au lendemain de la Libération, les rapports syndicats-partis connaissent des évolutions diverses, marquées notamment par la Charte d'Amiens (1906), la « greffe léniniste » au lendemain de la révolution d'Octobre, la participation de la CGT au Rassemblement populaire en 1936, les conséquences sur la situation, en 1945-46, de l'action commune menée par partis et syndicats au sein de la Résistance...
Du temps de Marx, on comptait 30 % de salariés. Aujourd'hui, 85 % des Français actifs, 100 % de la population d'Union Soviétique, sont salariés. Et voilà que l'informatique menace de bouleverser les équilibres du salariat, suscitant de nouvelles tensions, de nouvelles contestations à l'Ouest comme à l'Est. Du temps de Marx, on parlait de socialisme plutôt que d'autogestion. Aujourd'hui, le socialisme est un mot qui couvre bien des marchandises ; et l'autogestion fait confusément recette, de l'U.D.F. au P.C.F., sans que personne ne sache trop ce qu'il faut en conclure. Multipliant les approches concrètes - le cas Yougoslave, le débat politique en France, la réalité du travail dans les entreprises nationalisées... - Pierre Naville propose ici des réponses à la question « l'Autogestion, comment ? ».
Et si, pour sortir de la crise, il fallait être capable d'innover au point de remettre en cause toutes nos habitudes économiques ? Si la survie de notre planète nous imposait une gestion commune mettant le profit au ban de la société ? S'il fallait aller jusqu'à changer la nature de nos monnaies en même temps que nos systèmes de financement ? S'il fallait même abandonner le salariat... C'est à cet effort d'imagination que l'auteur s'est attaqué, considérant que les illusions, les mirages sont aujourd'hui du côté de ceux qui n'osent pas voir la mutation qui s'impose. Le type de société ainsi proposé est loin d'être effrayant. A qui ferait peur la société autogestionnaire, conviviale, égalitaire dont les contours économiques et sociaux sont esquissés dans cet essai écrit à la façon d'un roman ?
Du Manifeste Communiste aux débats actuels sur la construction de l'Europe, en passant par l'Armée Nouvelle de Jaurès, le socialisme a entretenu avec les notions de pacifisme, défense nationale et patriotisme une relation mouvementée. L'évolution des socialistes français (S.F.I.O.) dans les années 30 (souvenirs de l'union sacrée de 1914, montée des fascismes, Front Populaire, guerre d'Espagne...) constitue une illustration historique saisissante de la difficulté de définir un rapport durable entre ces termes : Léon Blum, Paul Faure, Marceau Pivert, et la Gauche révolutionnaire, Jean Zyromski et la Bataille Socialiste, autant d'approches différentes qui résument les diverses sensibilités du socialisme français sur ces questions.
Il y aura trente ans de cela, à la Toussaint 1984, commençait la guerre d'Algérie. À l'exception de quelques rares responsables ou militants, La C.F.D.T. (alors C.F.T.C.), y compris ses adhérents européens d'Algérie, n'était pas - au départ - en mesure de comprendre l'enjeu du combat qui s'engageait. Cet ouvrage tente, à travers l'analyse des débats qui se sont développés au sein de ces structures, de montrer comment un syndicat a pris conscience du rôle qu'il devait jouer dans la recherche d'une paix négociée. Les contacts avec les travailleurs algériens, le rejet des méthodes utilisées par l'armée, les menaces qui ont pesé sur la démocratie : autant d'éléments qui ont concouru à l'évolution des positions de la centrale. Mais, au-delà de l'évolution, restait la question de l'efficacité : comment convaincre l'opinion française ? Quelles relations avec les nationalistes algériens ?...
1948 : rupture avec l'U.R.S.S. Pour assurer la cohésion de la Yougoslavie, État multionational, pour éviter toute invasion étrangère, Tito met l'autogestion à l'ordre du jour. 1980 : disparition de Tito. Le calme qui suit sa mort masque-t-il des craquements dans l'édifice patiemment bâti ? Les grandes puissances laisseront-elles à la Yougoslavie son rôle d'animateur du mouvement des non-alignés ? Pour Yves Durrieu, la Yougoslavie n'évitera d'autres Sarajevo qu'au prix d'un approfondissement du système autogestionnaire, dans tous les domaines : libertés publiques, démocratie dans l'entreprise, égalité entre les diverses régions, nouveaux modes de développement. L'autogestion, c'est la condition nécessaire au maintien de l'unité nationale et sociale. De plus, l'expérience yougoslave interpelle les Français. L'héritage de Tito est aussi un livre de réflexion et d'actualité.
Surexploitation des femmes, oppression spécifique : Margaret Maruani en rappelle les fondements, mais s'attache surtout à mesurer l'évolution des revendications syndicales depuis 1968, leur extension à des problèmes nouveaux. Elle donne la parole à des dizaines d'ouvrières grévistes et syndicalistes impliquées dans des conflits souvent très durs (C.I.P., Lip, Confection Industrielle de l'Atlantique, Rhône-Poulenc...). Interviews, débats, analyses : des femmes mettent en question la pratique syndicale. Syndicats de femmes, droit au travail ; partage des tâches ménagères, avortement, contraception, commissions-femmes, égalité dans la conduite des luttes : le champ syndical s'étend, des exigences nouvelles se font jour. Féminisme et syndicalisme, deux mondes étrangers l'un à l'autre ? De moins en moins. Par une analyse précise, vivante et simultanée des textes et des réalités, M. Maruani conclut à une dimension féministe des conflits de travail. Féminisme syndical ? Syndicalisme féministe ? Les syndicats à l'épreuve du féminisme ; la naissance d'une identité féminine dans les conflits sociaux, le début de l'ère des ruptures. Avec le classicisme syndical. Avec le ghetto des « problèmes de bonnes-femmes ». Avec le patriarcat. Avec l'infériorisation permanente.
« A poil les militants ! » titrait en 1975 une éphémère revue... Par ce rappel, l'auteur n'invite pas au strip-tease... mais à l'abandon de la camisole de force idéologique, de l'uniforme organisationnel, des oeillères de la ligne juste et droite... mais à la recherche de vêtements plus amples et d'allures plus aisées, à la marche dans les espaces vierges du quotidien. Dans ce livre, il s'agit plus particulièrement des idé