Haute voix
Une oeuvre ample, diverse comme la vie d'un homme d'action, témoigne déjà de l'importance de Jean Paul Mestas parmi les poètes qui avaient vingt ans à l'aube d'un monde nouveau. La maturité venue et confirmée incite non pas à un retour en arrière mais à une réflexion sur l'accomplissement, invite non pas à un bilan (toujours prématuré chez les poètes), mais à une prise de distance. Mestas appelle cette étape « Mémoire d'exil », Titre complexe, dont il faut sans doute entendre l'ambivalence en termes égaux. Mémoire, au masculin et au féminin. Exil, pour retraite volontaire, séparation subie d'avec un autre plan de « l'imperturbable genèse », position d'une planète opposée à son domicile et situation passagère, car : « En un tel moment, je le dis, chaque mot devient la créance impondérable du futur. »
C'est ainsi que, chez Elie Charles Flamand, l'alchimie verbale, éblouissante de coruscations, se développe en rythme musical, au long des sinueux sentiers, retenant par la main la poésie, sa soeur jumelle, et qu'elles s'en vont ensemble, tantôt dans l'ombre, tantôt dans la lumière. Eugène Canseliet (Atlantis) Ses abraxas, ses gamahés, ses dendrites, loin d'écraser les poèmes où ils tombent, y font plutôt des trouées que pénètrent les quatre vents de l'esprit. Les notions d'alchimie et de symbolique mises ici en oeuvre ne laissent pas d'y jouer un rôle comparable à celui que l'érudition a dans Alcools. Pascal Pia (Carrefour) Les poemes de Flamand ont une puissance de charme et de suggestion que je ne saurais comparer qu'à celle des gravures qui illustrent les merveilleux traités des anciens alchimistes. André Pieyre de Mandiargues (Troisième Belvédère) Fabuleux cheminement que celui d'Elie Charles Flamand. Sa patiente quête des signes se formule en termes de passage et de métamorphose. Oraculaire ou prophétique, sa poésie s'apparente au cérémonial et au jeu, sans pour autant s'encombrer de fastes inutiles. La conquête poétique allie le dépouillement progressif à l'enrichissement intérieur. Sa fascination est permanente dans cette noce où l'homme purifié et l'élément naturel ne font qu'un. Alain Mercier (Le Magazine Littéraire)
Quatrième recueil de poésies de l'auteur. « Copyright Electre »
Découvrez Je ne mourrai pas, j’ai trop d’imagination, un recueil de poésie où Guy Valensi mêle féerie et trivialité, jeu des apparences et tension des corps.
Entre ombre et lumière, Un travail noir de racines de Frank Holden explore la dualité de l’âme et la quête de sens à travers une poésie dense et picturale.
Après les cycles de Massonne, d'Ardriel et d'Ilur, ce recueil ouvre le quatrième cycle de poésie de Charles Vachot. Certes, vif est le feu. Sans faille est l'amitié des pics... Ces poèmes n'en sont pas moins poèmes du soir. Poèmes et notes, souvent célébration ou méditation, sont souvent aussi récapitulation. Le regard qui ne cesse point d'explorer les régions spirituelles enfin gagnées, est aussi regard en arrière, regard nostalgique sur les chemins parcourus, qui furent terrestres et mystiques ; sur les amis perdus ; sur les lieux et les rencontres mémorables. Nullement ignorant, ni dédaigneux, des recherches verbales contemporaines, Charles Vachot, qui fut toujours étranger à toute école, demeure fidèle à son langage non point systématiquement traditionnel, ni systématiquement anarchique, mais dont la liberté et la nécessité de la seule dictée intérieure font à la fois la rigueur et la souplesse.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Une offrande... Je ne connais pas beaucoup d'hommes, dont le regard et le coeur soient tournés vers l'offrande, et je connais peu d'hommes dont l'oeuvre soit une offrande qui n'a pas besoin des comparatifs de l'observateur. Sans hésitation, sans pudeur, sans subtilité, je dis que c'est le cas pour Claude Kottelanne, le cas pour la poésie de Claude Kottelanne. Esclave de la seule valeur du signe, selon Reverdy : voilà celui qui rend grâce au verbe, en évitant la coquille des mots et la mauvaise haleine des phrases. Voilà celui qui renoue l'alliance entre les racines et la hauteur, entre l'image et ses rapports, entre la pression et le flux. Celui qui échappe aux raisons données, puis récite : comme nous fûmes pauvres en ton absence. La paix dessinait un arbre dans ton ventre. Quelle musique s'est alors éteinte. Jean-Paul Mestas
« Massonne, Ardriel, Ilur, un quatrième cycle de poésie vous devait donc succéder. Achevés ces trois recueils d'Après Ilur, enfin le silence plus beau que le chant... » Mais le silence est difficile. Après "Après Ilur", au poète (qui, dès à présent, l'avoue), deux recueils de "Précisions" se seront encore imposés. Après quoi seulement, mais décidément, s'il plaît à Dieu, le calligraphe à l'imagier remet la mine et les pouvoirs.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Claire Laffay, universitaire de formation littéraire, mais initiée quelque peu aux sciences, à la biologie surtout, présente ici un choix de poèmes, où l'imaginaire se marie au réel : un réel « parfaitement attesté » : elle a su, dit Roger Caillois, « exprimer la force de la vie prise à sa source, en son intimité et dans sa sève même ». Mais, souvent aussi, « le songe porteur de visions, de musiques, de couleurs, semble dicter au poète ses incantations » (Marc Alyn). Traités dans une forme tantôt ample tantôt abrupte, allant des sensations ou des émotions à la pensée réfléchie qu'éclairent ou égarent les symboles du rêve, les thèmes sont variés : moments et lieux amis, contrées où dort l'Histoire ; l'amour, l'angoisse, le mal ; Dieu présent et absent ; approche irrationnelle de l'espoir, questions sur le monde, sur l'homme inséparable de la vie universelle ; bonheur de vivre la nature sous le signe de l'alliance. Bien que cette poésie ne se présente pas comme une philosophie, on a pu parler à son propos de spiritualisme et de panthéisme moderne.