FAMAGOUSTE
«Recits des temps anciens», les sagas legendaires (fornaldarsogur), composees en Islande aux XIIIe et XIVe siecles, brodent sur le passe mythique de l'ere viking. Elles donnent forme, dans un style plein de vigueur, a ces mondes magiques dont Richard Wagner ou J. R. R. Tolkien surent s'inspirer pour batir leurs propres univers litteraires et poetiques. Surgissant des ages heroiques comme les anneaux tentaculaires d'un dragon primitif, les vingt textes reunis dans ce volume constituent le fleuron d'une litterature de fantaisie sans equivalent.
Toute la mythologie de la chevalerie flamboyante rayonne dans ce chef-d'oeuvre de la littérature occidentale, où Arthur et la Table Ronde côtoient le fantôme d'oedipe et les légendes de l'antique Bretagne. On découvrira, dans le premier tome de cette Iliade des chevaliers, les origines lointaines de Tristan et la naissance de sa passion interdite pour Iseult, tandis qu'affleure l'ombre de la quête du Graal. Roman de l'enfance de l'art, généreux, enjoué, il entrelace des intrigues par centaines sans jamais ralentir son grand galop. Un plaisir de lecture inouï. Il n'y a pas d'auteur du Tristan, c'est une ouvre collective qui a pris forme au fil des générations entre le XIIe et le XVe siècle, où chaque reprise était une variante de toutes les autres. Notre traduction est basée sur un manuscrit unique du début du XVe siècle conservé à Vienne. Isabelle Degage est juriste de formation. Elle a passé deux années entières à traduire le premier tome du Tristan. Préface de Mika Biermann. Pour goûter pleinement l'oralité de ce texte, chaque tome est assorti d'une saison de podcasts, création audio originale diffusée en épisodes : http://blogs.editions-anacharsis.com/tristan/ Toute la mythologie de la chevalerie flamboyante rayonne dans ce chef-d'oeuvre de la littérature occidentale, où Arthur et la Table Ronde côtoient le fantôme d'oedipe et les légendes de l'antique Bretagne. On découvrira, dans le premier tome de cette Iliade des chevaliers, les origines lointaines de Tristan et la naissance de sa passion interdite pour Iseult, tandis qu'affleure l'ombre de la quête du Graal. Roman de l'enfance de l'art, généreux, enjoué, il entrelace des intrigues par centaines sans jamais ralentir son grand galop. Un plaisir de lecture inouï. Il n'y a pas d'auteur du Tristan, c'est une ouvre collective qui a pris forme au fil des générations entre le XIIe et le XVe siècle, où chaque reprise était une variante de toutes les autres. Notre traduction est basée sur un manuscrit unique du début du XVe siècle conservé à Vienne. Isabelle Degage est juriste de formation. Elle a passé deux années entières à traduire le premier tome du Tristan. Préface de Mika Biermann. Pour goûter pleinement l'oralité de ce texte, chaque tome est assorti d'une saison de podcasts, création audio originale diffusée en épisodes : http://blogs.editions-anacharsis.com/tristan/
Qui, de Tristan ou Lancelot, sera proclamé meilleur chevalier du monde ? Dans ce second tome de Tristan, le héros tragique est saisi d'une sauvage folie où l'a plongé le dépit amoureux. Errant, hirsute, par les forêts sombres, il affronte pourtant un géant avant de se voir exilé par le roi Marc. Il s'en ira par les routes en quête d'aventures, jsqu'à rejoindre la Table Ronde. On assiste ici à un pas de deux entre Tristan et Lancelot, qui se danse par réputation interposée et qui vient charpenter ce livre de bout en bout, dans le tourbillon insatiable du cycle arthurien où s'affrontent l'ignominie et la grandeur, dont rigoureusement personne n'est jamais exempt. Risquer son honneur, déchoir et se relever, c'est l'huile essentielle de l'aventure, qui trouve ici son expression première. L'auteur du Tristan est anonyme ; le manuscrit ici traduit date de la fin du XVe siècle. Préface de Sophie Divry. Pour goûter pleinement l'oralité de ce texte, chaque tome est assorti d'une saison de podcasts, création audio originale diffusée en épisodes : http://blogs.editions-anacharsis.com/tristan/
À l'aube du 29 mai 1453, après un siège spectaculaire de presque deux mois, les troupes du sultan ottoman Mehmed II entraient dans Constantinople, mettant fin à l'empire millénaire de Byzance. Un monde basculait, et Constantinople devint capitale ottomane. L'événement fit à l'époque grande impression et fut par la suite surchargé de significations dans l'histoire universelle : on y voyait notamment, avec la consécration de la puissance ottomane, la fin du Moyen Âge et les débuts de l'époque moderne. Ce livre remet en perspective ce moment catalyseur, et de la façon la plus vivante qui soit : par les textes. Pour la première fois en français, il rassemble les sources grecques, ottomanes et occidentales, mises en contexte et éclairées à la lumière des derniers états de la recherche. Elles témoignent ensemble de la bataille, de ses suites immédiates et de sa postérité à plus long terme, jusque dans ses dimensions légendaires. À partir des points de vue les plus divers, ces textes de ton, de nature et d'origine très différents dévoilent ainsi toute la complexité de l'événement : une invitation à en repenser le sens.
En 1878, les Kanak de Nouvelle-Calédonie, écrasés par la machine coloniale française, se révoltent sous le commandement du chef Ataï. La France fait donner la troupe, et c'est ainsi que Michel Millet débarque à Nouméa comme simple artilleur. Michel Millet consigne dans ses Carnets de campagne les marches et contremarches à pousser dans la forêt moite un canon qui s'enlise, parle des privations, du sommeil rare, des ennemis invisibles, des colons et des bagnards, de cette Grande Insurrection noyée dans le sang. Mais les carnets de Michel Millet ne sont pas un simple document. Tout juste alphabétisé, il entre en littérature par effraction. Ignorant toutes les conventions, orthographiques, syntaxiques ou grammaticales, il se fabrique une écriture sans équivalent, qui parvient, à force de volonté, à une puissance saisissante. Ses phrases, en touches impressionnistes, souvent pleines d'humour, peignent cette armée française en campagne, évoquant comme par inadvertance le Casse-pipe de Céline. Et sous sa plume surgissent les atmosphères de la Grande Terre plongée dans le chaos : villages de cases brûlés, colons massacrés, têtes de Kanak tranchées et portées en trophées... La Guerre d'Ataï, telle que la dénomment les Kanak, est encore aujourd'hui dans les mémoires ; la traduction d'un récit contemporain face au texte de Millet dévoile, entre la parole kanak et l'écriture au ras du sol du soldat français, l'abîme d'incompréhension qui sépare les deux mondes. Une déchirure que l'on cherche toujours à exprimer par de justes mots.
Hector France n'est pas un écrivain pour lecteurs délicats. Officier en Algérie durant les années 1860, il compose ici à partir de ses souvenirs de jeunesse seize fictions qui forment les mille et un jours du cauchemar colonial. Armé d'un style affûté et d'un humour grinçant, loin de se complaire dans des bizarreries exotiques nimbées des vapeurs du kif, il écorche vif l'orientalisme flamboyant : délires de soldats traumatisés, bassesses révulsantes de misérables poussés à la dernière extrémité, ignominies des puissants - le cynisme et l'oppression envahissent la scène jusqu'à basculer parfois dans l'horreur pure. La gifle remue aujourd'hui avec d'autant plus d'efficacité que Sous le burnous, paru en 1886, constitue comme une épouvantable préface à l'autre guerre d'Algérie - en réalité la même, sans doute - dont les plaies profondes n'ont pas fini de suppurer.
En l'an 904 les pirates Sarrasins de Crête surgissent devant Thessalonique, pillent la ville et réduisent ses habitants en esclavage ; en 1185, ce sont les Normands de Sicile qui sèment la ruine et la désolation ; en 1430 enfin, les Turcs mettent la ville à sac et en prennent définitivement possession.
Chants populaires conservés par les proscrits et les aventuriers des confins septentrionaux de l'Empire russe, ces bylines ont été recueillies puis retranscrites par les folkloristes du XIXe siècle. Il s'échappe un puissant souffle narratif de ces chants de liberté peuplés de cosaques errants, de paysans laborieux ou de sorciers-magiciens.
Dans les dernières années du XVIe siècle, à l'initiative de deux hardis aventuriers, Diego Belloso et Blas Ruis, les Espagnols des Philippines tentèrent de conquérir le Cambodge. Ce fut un fiasco lamentable. Ce récit édifiant relate les déroutes des derniers conquistadores, invariablement massacrés, noyés dans des naufrages ou dispersés par les vents aux quatre coins de la mer de Chine. À cinq siècles de distance, cet épisode oublié de l'histoire coloniale devient, à l'insu de son auteur, un savoureux et drolatique moment de littérature picaresque, qui expose sur le mode triomphal les aventures de grotesques fiers-à-bras.
L'Expédition à Botany Bay, publié dans son intégralité pour la première fois en France, est considéré comme un texte fondateur pour l'Australie. D'une plume alerte et du style sobre et direct de celui qui se veut « témoin transparent » - à l'image de ses illustres prédécesseurs Cook ou Bougainville - Watkin Tench, jeune capitaine de la Royal Navy britannique, consigne le voyage de la Première flotte vers l'autre bout du monde, en 1787.
En 1808, William Lockerby, jeune aventurier écossais venu dans les îles Fidji pour y collecter du bois de santal, se retrouva abandonné à terre par son navire. Demeuré auprès de Fidjiens engagés dans d'inexpiables guerres entre clans concurrents, il raconte dans ses mémoires comment il sut s'extirper de ces conflits - en les tournant à son propre avantage. Le récit haut en couleur de Lockerby témoigne du regard effaré que l'on portait alors sur les peuples aux confins des empires coloniaux, aussi bien que du souvenir ambivalent que l'Écossais garda de son expérience en ces terres alors inexplorées. Mais il offre également l'occasion d'une méditation sur les « premiers contacts » et les effets dévastateurs, sociaux comme environnementaux, de la quête effrénée du profit. William Lockerby (1782-1853) est écossais d'origine. Engagé de force dans la marine américaine, il est second sur un navire de commerce à Boston en 1807. En 1808-1809, il est aux Fidji, d'où il revient en Angleterre pour si'installer à Liverpool, où il devient finalement armateur dans le quartier de Fairfield. Une rue porte encore son nom (Lockerby road). Frantz Olivié est éditeur chez Anacharsis.
On a perdu le Groenland. Colonisé par les vikings d'Éric le Rouge puis rattaché au royaume du Danemark, il disparut pourtant corps et âme des annales du monde occidental. Mais il ne fut pas oublié. À la fin du XVIe siècle, on tenta l'aventure, on partit le chercher. Ce qu'il en coûta, on le découvrira ici. Car Isaac de Lapeyrère, homme de lettres et aventurier de passage à Copenhague au milieu du XVIIe siècle, rencontra dans un cabinet de curiosités les reliefs de ce monde perdu : anciens manuscrits, récits de voyages, ossements de créatures étranges, vêtements de peaux... Il se lança aussitôt dans la rédaction de sa Relation du Groenland. Cette vaste chronique ne se limite pourtant pas à l'histoire des explorations du « Pays vert » et des rencontres - souvent tragiques - avec ses autochtones. C'est aussi un exercice d'étonnement devant les splendeurs et les énigmes de ces contrées aujourd'hui en train de sombrer - peut-être à jamais.
Qui fut véritablement João Bermudes ? Personne ne le sait vraiment. Menacé d'imposture, il amène pourtant, entre les lignes, à la découverte des premiers contacts entre l'Éthiopie et le royaume d'Occident, mais aussi à la lecture des mémoires falsifiées d'un aventurier de la plus belle trempe.
The Buffalo Harvest (La Moisson des buffalos) fut publié en 1958. Frank Mayer y détaille avec minutie le quotidien d'années de tueries et ravive l'univers hallucinant d'une gigantesque boucherie en plein air. La mythologie sentimentale et naturaliste du bison comme symbole romantique d'un monde perdu tombe en lambeaux devant le trivial du réel.
Carmine Crocco, né dans une famille de petits paysans du Midi de l'Italie, devint, entre 1861 et 1864, le « général des brigands » du Mezzogiorno. S'opposant aux forces libérales engagées dans l'unité du pays sans jamais abandonner ses activités de brigandage, il sema le feu et la désolation avant de se constituer prisonnier. Condamné à la perpétuité, il écrivit son autobiographie depuis sa cellule de bagne. Ces pages, retraçant selon lui la voie du crime, dépeignent un homme issu d'une terre déshéritée, porté par une rage et une ambition gigantesques. Tour à tour matois, sincère, séduisant, cynique ou repoussant, Carmine Crocco se livre à l'édification d'un étrange autoportrait, méditatif ou arrogant, pour planter au bout du compte la figure protéiforme d'un homme de peu en quête de grandiose. Que le Risorgimento ait été une oeuvre d'unification ou la conquête du Sud par le Nord, l'Italie vacille encore aujourd'hui au souvenir de ces jours terribles, dont Crocco cristallise toutes les contradictions.
Jeremiah Johnson (ou John Garrisson, en fait peu importe) arriva dans les montagnes Rocheuses au milieu du XIXe siècle pour s'y faire trappeur. Mais l'assassinat de son épouse indienne le conduisit à mener une sanglante vendetta contre la tribu des Crows. Méchant, il mangeait cru le foie de ses ennemis. Ce livre rapporte sa légende. Bourré d'outrances, horrifiant, traversé par un humour sardonique et servi par un style alerte, Jeremiah Johnson le Mangeur de Foie, petit chef-d'oeuvre de la littérature folklorique américaine, adapté au cinéma par Sydney Pollack avec Robert Redford dans le rôle-titre, est aux antipodes du Nature Writing classique : c'est une ode à la sauvagerie brute.
L'enfermement systématique des lépreux sur l'îlot de Spinalonga, au large de la Crète, débuta en 1904. Il devait perdurer jusqu'en 1957. Epaminondas Remoundakis y fut interné pendant vingt ans. Soucieux de revendiquer l'existence pleine d'un homme normal, il témoigne ici de la totalité de sa vie et non de son seul destin de proscrit. Il raconte avec un talent virtuose sa jeunesse buissonnière, sa vie d'étudiant à Athènes, son arrestation, son quotidien sur l'île. À travers la mémoire des combats collectifs menés contre l'injustice et l'arbitraire, il nous convie à une traversée de l'histoire de la Grèce et nous renvoie aux grands récits des expériences concentrationnaires. Maurice Born enregistra puis traduisit la parole vive de Remoundakis en 1972. Dans l'essai vigoureux qui suit, il trace un parcours historique de la lèpre et du sort de ses victimes, exposant la façon dont les malades furent le jouet des préjugés religieux ou idéologiques, puis de l'aveuglement des scientifiques. De quoi penser nos réactions face aux épidémies, quelles qu'elles soient.
Après avoir fondé sa propre légende dans le Bjarmaland, pays peuplé de sauvages magiciens aux mystérieux rites chamaniques, Oddr bat la campagne de l'Angleterre à l'Irlande, de l'Aquitaine au Groenland, affrontant maintes tempêtes et batailles.
Plongez dans Curial et Guelfe, chef-d’œuvre anonyme du XVe siècle, où amour, joutes et aventures s’entremêlent avec la fougue d’un Botticelli littéraire.
Naples, juillet 1647. Le petit peuple est écrasé par les impôts que lui impose la Couronne d'Espagne et les prévarications des nobles et des spéculateurs. Lorsque le vice-roi décrète une nouvelle taxe sur les fruits et la farine, c'est l'explosion. Un jeune poissonnier miséreux, Tommaso Aniello, dit Masaniello, se propulse alors, en dix jours d'une révolution populaire violente et radicale, à la tête du peuple en armes, qui va réduire à sa merci le gouvernement de la deuxième ville d'Europe. Mais parvenu brutalement au faîte d'une puissance absolue, il bascule soudain dans une démence tyrannique ; il est massacré par les siens et la ville bientôt soumise à la canonnade...
La Saga de Hrólfr kraki est comme la lueur de l'aube se levant sur la littérature des sagas légendaires islandaises, dites aussi « sagas des temps anciens » ou « sagas mensongères ». Façonnée probablement au VIe siècle, elle puise à pleines mains dans les légendes archaïques du Nord pour donner matière à son propos.
En 1645, en Chine, les Mandchous renversaient par les armes la dynastie des Ming pour s'emparer de l'Empire du Milieu - qu'ils devaient gouverner jusqu'en 1911. La ville de Yangzhou, réputée pour son opulence, opposa une résistance à l'avancée des envahisseurs. Ceux-ci firent un exemple : ils se livrèrent à un massacre tel que l'histoire de l'humanité en a peu enregistré dans ses annales. En l'espace de dix jours de carnage, de viols, de pillages et d'incendies, 300 000 personnes auraient été exécutées. Wang Xiuchu, un négociant, survécut à ces heures terribles. Il écrivit à chaud, comme pour en exorciser l'effroi, le récit de ses errances dans la ville vouée à l'enfer. Son texte bref et cinglant nous livre un témoignage sans exemple des violences inouïes endurées par les populations, les sentiments effarés d'un survivant. C'est qu'il appartient avant tout à une littérature qui s'applique, de bien des façons et quoi qu'il en coûte, à restituer à la face des hommes leur propre capacité à la cruauté, sous toutes les latitudes et de tous les temps.
Rome, milieu du XIVe siècle. Le pape est à Avignon, la Ville éternelle en proie à la tyrannie des barons. Mais en 1347 Cola di Rienzo, fils d'une lavandière, l'esprit enflammé par l'idée de la grandeur de Rome et de l'Italie, se met à la tête du peuple en armes et s'empare du pouvoir. Enivré par sa puissance, il finira massacré par la foule. À quelque temps de là, un écrivain inconnu prend la plume pour composer en langue romaine une chronique rapportant les faits et gestes de Cola di Rienzo - mais pas seulement. Et ce sera un chef-d'oeuvre de la littérature italienne, tourbillon au parler truculent nous transportant sur les champs de bataille de Crécy, en Espagne ou en Turquie et dans le monde chatoyant de cette Italie du gonfalon à l'humanisme frémissant, théâtre des fureurs des hommes, de leurs prouesses et de leurs misères.
Ouvrage unique dans la littérature millénaire de l'Empire grec de Byzance, les Conseils et récits du général en retraite Kékauménos, rédigés à la fin du XIe siècle, nous font pénétrer l'intérieur d'un monde insoupçonné. Avec ce recueil de sagesse mêlant une tradition immémoriale et ses propres expériences dans l'armée, au palais ou sur ses terres, agrémenté d'anecdotes imagées puisées aux quatre coins de l'Empire, Kékauménos compose un traité de vie politique pratique. Le résultat est stupéfiant. On y découvre comment la dissimulation, le subterfuge, les alliances précaires, la concurrence généralisée, la méfiance universelle et une conduite finalement pragmatique font contrepoids à l'absolutisme théocratique de l'Empire byzantin. Un monde en tension perpétuelle à la confluence de l'Orient et de l'Occident qu'il faut se donner la peine de méditer.
Le mardi de Pâques 31 mars 1282, la Sicile tout entière se révolte contre les troupes de Charles d'Anjou, le frère de Saint Louis, qui occupent le royaume depuis près de vingt ans. Au signal donné à l'heure des vêpres, la population se précipite dans une chasse aux Français qui va faire près de 8000 victimes puis refouler Charles d'Anjou hors de l'île et y installer pour finir la Couronne d'Aragon. À la fois chant populaire et chronique historique, le bref récit de la fin du XIIIe siècle ici présenté met en scène Jean de Procida, l'âme de la rébellion. Héros bafoué mais rusé comme Ulysse, il tisse tambour battant un immense complot à travers toute la Méditerranée, de Byzance à Barcelone en passant par Rome et Palerme. Ce Complot de Jean de Procida, évocation épique de la Sicile insoumise, est aussi à sa façon l'un des tout premiers romans d'espionnage.
En 1678, Louis Hennepin, missionnaire récollet, quitte les rives du Saint-Laurent en Nouvelle-France pour un voyage d'exploration dans l'Ouest. Sous le commandement du sieur de La Salle, une poignée de Français et de Canadiens, aidées de quelques Indiens, s'enfonce résolument dans le monde méconnu d'au-delà des Grands Lacs, avec l'ambition d'établir, dans le bassin du Mississippi, un empire commercial au coeur de l'Amérique - et de trouver, qui sait, un passage vers l'Asie.Mais le rude traitement que La Salle impose à ses hommes et la menace d'une attaque iroquoise imminente finissent par miner la petite troupe. Les désertions se multiplient. Au milieu des Indiens amicaux ou hostiles, le long de cours d'eau gigantesques parfois à moitié gelés, Louis Hennepin poursuit malgré tout son voyage...Le récit de ses péripéties, Nouvelle découverte d'un très grand pays, livré au public en 1697, était tombé dans l'oubli. C'est pourtant l'un des plus beaux romans d'aventures de par-delà le Mississippi.
Plongez dans Fontan Crusoé, le récit poignant et sans concession de Jules Vallès, où un homme ordinaire affronte la misère et l’exclusion dans le Paris de Napoléon III.
Plongez dans le récit haletant du sieur de Montauban, capitaine flibustier, dont l'incroyable survie après l'explosion de son navire au large de l'Afrique se mêle à une peinture crue et sans fard de la vie des aventuriers des mers au XVIIe siècle.
Colportée de l'Égypte à l'Indonésie, l'extraordinaire épopée d'Alexandre de Macédoine, qui conquit au Ive siècle le gigantesque empire perse achéménide, a fait d'Alexandre une figure mythique protéiforme, acclimatée selon les lieux et les époques aux fantaisies des raconteurs d'histoires.
En l'an de grâce 1432, Bertrandon de la Broquère s'embarque pour ce que l'on nommait alors l'Outre-Mer, l'orient de la terre sainte. Ce qui ne devait être qu'un pèlerinage à Jérusalem va se transformer en l'un des plus étonnants voyages qu'un occidental ait entrepris dans ces régions et, surtout, en l'un des récits de voyages médiévaux les plus lumineux qui ait jamais été écrit.
Les trois textes réunis ici tissent, autour d'allégories du sexe féminin, des propos facétieux, ludiques et érudits, jouent sur toutes les gammes du langage pour revendiquer le droit à l'écriture et à la liberté de ton, comme de propos. Ciseler, au sein d'une littérature contrainte, jeux d'esprit, parodies, allégories, et métaphores comiques, c'est revenir à la matrice de la création, c'est explorer avec gaîté, pour ces trois libertins, l'origine du monde.
De son long voyage en Orient lointain au milieu du XIVe siècle, Marignolli n'a voulu en rapporter que l'essentiel, ce qui à ses yeux demeure une expérience à nulle autre pareille : son passage, à Ceylan, dans le voisinage immédiat du Paradis terrestre. Sa description de ce Jardin d'Éden est comme un reportage sensationnel, le récit des premiers pas de l'homme au Paradis. De retour d'une ambassade en Chine au milieu du XIVe siècle, le franciscain Jean de Marignolli s'arrête à Ceylan. Il y découvre le paradis terrestre. Bible en main, tel un entomologiste, il observe la faune, la flore et l'humanité de ce monde des origines. Revenu en Europe, il se lance, dans une Chronique universelle que lui commande l'empereur germanique, dans une relecture de la Genèse dont il a pu expérimenter la véracité. Le présent livre est extrait de cette chronique : la « vigne » de la Bible serait plutôt, selon lui, le bananier, les moeurs des hommes vivant encore aux abords de la première demeure d'Adam lui paraissent toujours aussi douces qu'il y a des millénaires, et l'histoire du peuplement de la terre par les tribus originelles fait l'objet de considérations archéologiques d'un nouveau style. Dans le Jardin d'Éden, Marignolli a posé le pied dans le monde des merveilles vivantes, goûté les fruits du paradis. Tel un Darwin aux Galapagos, sa conception du monde en fut transformée.