En lettres d'ancre
Plongez dans Septembre noir, le nouveau roman poignant de Sandro Veronesi, où un été 1972 en Toscane bascule dans le drame.
« Il y a longtemps, un marin m'a dit que si je me retrouvais dans une impasse, je n'avais qu'à revenir au point de départ. C'est ce que faisaient les marins autrefois lorsqu'ils ne trouvaient plus la force de poursuivre leur voyage sans se jeter par-dessus-bord. Tout ce qu'il leur restait à faire, c'était de revenir dans leur port d'origine. » Le coeur brisé, Nina Stjärne est assise sur un banc du parc Berzelii, à Stockholm. En l'absence de sa demi-soeur, elle se remémore la plage éternelle de leurs étés. Un lieu rempli de squelettes d'animaux et de joies sépia, d'angoisses juvéniles et de jeux solitaires, une plage nommée Panic Beach où les deux filles passaient leurs vacances dans l'ombre de leur père. Le parc Berzelii est également le lieu où commence l'histoire de la famille Stjärne, cent ans plus tôt. De génération en génération, une marée sombre faite de trahisons, d'alcool et de violence a tout emporté sur son passage, depuis la capitale suédoise jusqu'à La Nouvelle-Orléans. Les rêves s'éteignent en même temps que les parents meurent, mais un sentiment douloureux se transmet malgré tout. Est-ce de la mélancolie ? Ou bien la peur d'en savoir trop ? Nina et sa petite soeur n'ont pas la même mère, mais elles portent le même secret. L'une n'y survivra pas, l'autre devra essayer de pardonner. Adieu, Panic Beach est une grande saga familiale sur la culpabilité, la vérité et l'espoir. Un roman bouleversant sur l'art de faire ses adieux aux morts, ainsi qu'aux vivants. Traduit du suédois par Marianne Ségol
Avec Bêtes d'Angleterre, Adam Biles nous immerge dans l'univers de La Ferme des animaux en prolongeant l'histoire de la célèbre fable orwelienne. La ferme du Manoir, ancien bastion révolutionnaire, est désormais devenu une attraction touristique pour humains. La vie politique y est régie par la caste dominante des cochons, ambitieux et démagogues, qui se divisent entre « animalistes » progressistes et « jonesistes » nostalgiques. Si en apparence les idéaux de la Grande Rébellion sont toujours respectés, la corruption et le mensonge gagnent toutefois du terrain. Alors que la ferme ne parvient plus à produire l'électricité dont elle tire ses revenus, une mystérieuse épidémie se propage parmi les plus vulnérables et des oiseaux manipulateurs se mettent à murmurer à l'oreille des bêtes les plus influençables. La mule Cassie et l'oie Martha tentent d'enquêter sur ces événements, mais leur duo tragi-comique se heurte rapidement à l'indifférence complice de leurs voisins... Adam Biles rend ici hommage à l'oeuvre orwellienne et à son ironie grinçante tout en y incorporant des préoccupations contemporaines - de la montée des populismes à la propagation des fakes news en passant par la multiplication des crises, sanitaire comme climatique. Un prolongement inédit et plein d'humour de ce classique de la littérature. Traduit de l'anglais (Royaume-Uni) par Charles Recoursé
Récompensée par le Prix Nobel de Littérature 2024, Han Kang dévoile toute la beauté de sa plume dans ce premier recueil de poèmes traduit en français. Elle y évoque la couleur des fins de journée, le froid, l'absence. Le corps aussi, tantôt affaibli, tantôt vigilant face au miroir. La lune est étrange, la mémoire des morts s'empare des maisons. Jusqu'à ce que la lumière revienne, que les femmes et les hommes quittent l'obscurité. Après l'immense enthousiasme suscité par ses romans, l'oeuvre poétique de Han Kang nous invite à découvrir un nouvel aspect de l'imaginaire de la grande écrivaine coréenne - en écho avec son travail narratif. Par ses thématiques et l'infinie délicatesse de ses vers, Ces soirs rangés dans mon tiroir est une lecture indispensable pour s'imprégner de l'univers si singulier de l'autrice d'Impossibles adieux. Traduit du coréen par Choi Mikyung et Jean-Noël Juttet
Après la mort de Joan Didion en 2021, ses héritiers découvrent, sur le bureau de son appartement new-yorkais, un classeur contenant une série de notes soigneusement ordonnées. Rédigées à la manière d'un journal et adressées à son mari - John Gregory Dunne -, ces pages racontent les séances de l'écrivaine chez son psychiatre, de 1999 à 2003. Dans ce volume inédit, Joan Didion aborde avec une intimité bouleversante les obsessions que l'on retrouve dans son oeuvre littéraire : ses liens complexes avec sa fille adoptive Quintana, la relation fusionnelle avec son mari, ses questionnements sur la maternité, le rôle central de l'écriture dans son quotidien comme dans sa vie sociale, sa crainte de la dépendance, de la maladie et de la mort. Au moment où Joan écrit ce journal, Quintana est en proie à un alcoolisme sévère tandis que sa dépression est au coeur des angoisses maternelles. Ravagée par la culpabilité, une question hante Joan : comment protéger sa fille sans l'empêcher d'être libre ? Dans la continuité de L'Année de la pensée magique et du Bleu de la nuit, Notes à John constitue l'ultime pièce d'un triptyque tragique de la littérature contemporaine. Ce texte posthume jette une lumière nouvelle sur les drames que Joan Didion s'apprête à traverser - la perte imminente de son mari puis de sa fille - et offre aux lecteurs un accès intime à une parole vulnérable, dénuée d'artifice. On y retrouve la langue précise, tendue et lumineuse de l'autrice, mais aussi la sincérité poignante de l'une des plus grandes écrivaines américaines de notre temps. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Josée Kamoun
Dans La congrégation des magnifiques, Bergthóra Snæbjrnsdóttir suit les traces de poudre qui jalonnent la vie de son héroïne, Verónika des substances amincissantes de l'adolescence aux cendres du passé. Gourous du fitness et stars des tabloïds, ses parents l'ont élevée dans le fantasme d'une éternelle jeunesse. Imaginative et rebelle, drôle et désarmante, la jeune Verónika ne supporte ni sa famille ni leur mode de vie, elle ne comprend rien à leur régime hyperprotéiné ni à leur culte du corps. Quelques décennies plus tard, désormais quarantenaire, Verónika est l'héritière d'une immense fortune et décide d'abandonner sécurité, notoriété et richesse en s'installant à Tenerife. La poudre réapparaît sous une autre forme lorsqu'elle tombe amoureuse de Prince, un vendeur de pilules censées guérir tous les maux du corps et de l'esprit L'obsession de l'apparence, la violence familiale ou le dangereux vernis du bien-être sont autant de thèmes que Bergthóra Snæbjrnsdóttir explore avec une maîtrise saisissante. Vécu comme un électrochoc lors de sa parution, La congrégation des magnifiques a été élu meilleur livre de l'année par les libraires islandais.
Emily attend un bébé, elle a 19 ans. Le père de l'enfant a disparu, tout comme, avant lui, avait disparu son propre père. Autour d'Emily, sa mère, le manager du supermarché où elle travaille et un voisin tentent de s'occuper d'elle. Mais qui est vraiment Emily ? Et qui se soucie de le savoir ? Au coeur des banlieues défavorisées du nord-est d'Oslo, Maria Navarro Skaranger explore la manière dont Emily est perçue par les autres - ceux qui pensent savoir qui elle est et ce que sera sa vie - afin de donner à voir les pensées et les désirs d'une jeune femme d'aujourd'hui. Roman social et intime sur la difficulté de trouver les ressources nécessaires pour faire face à l'adversité, Celle qu'on appelle Emily signe la naissance d'une écrivaine. Avec humour et empathie, Navarro Skaranger invite le lecteur dans un univers habité par une joie singulière et de minuscules actes de résistance, à travers lesquels une jeune fille refuse d'être une victime. « Navarro Skaranger a inventé une façon entièrement nouvelle et irrésistible de dépeindre les personnages. » Aftonbladet « Une plume unique et pionnière. » Borås Tidning Traduit du norvégien par Terje Sinding
Plongez dans Missitalia, une saga féministe audacieuse où Claudia Durastanti mêle histoire, science-fiction et poésie pour raconter le Sud de l’Italie à travers les yeux de trois femmes inoubliables.
Plongez dans Le bon mal de Samanta Schweblin, un recueil de nouvelles hypnotiques où l'étrange côtoie le quotidien.
Plongez dans Les nuits blanches d'Urszula Honek, un chef-d’œuvre poignant qui explore la ruralité polonaise, entre solitude, pauvreté et quête de dignité.
John von Neumann a posé les bases mathématiques de la mécanique quantique, inventé la théorie des jeux, créé le premier ordinateur moderne et joué un rôle clé dans le projet Manhattan, la construction de la bombe atomique américaine. Mais lorsque, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, il conçoit le MANIAC, une calculatrice qui selon ses mots « saisirait la science à la gorge en libérant une puissance de calcul illimitée », personne ne se doute que le monde est sur le point de changer pour toujours. Car le MANIAC, produit d'un esprit logique, cynique et visionnaire, ouvre les perspectives infinies de l'intelligence artificielle - à même de menacer la primauté de l'espèce humaine. Benjamín Labatut place von Neumann au centre d'un roman qui débute avec Paul Ehrenfest, physicien autrichien et ami d'Einstein devenu fou après avoir compris que la science et la technologie allaient devenir des forces tyranniques. MANIAC se conclut une centaine d'années plus tard, au coeur d'une partie de Go entre le Maître sud-coréen Lee Sedol et AlphaGo, un programme d'intelligence artificielle. Le monde assiste alors à la naissance d'une forme d'intelligence encore hybride et capricieuse, qui se trompe, mais agit aussi par inspiration pure. Et d'autres suivront, toujours plus puissantes, toujours plus terrifiantes... Triptyque inquiétant sur les rêves du XXe siècle et les cauchemars du XXIe, MANIAC entraîne le lecteur dans les labyrinthes de la science moderne et lui laisse entrevoir l'obscurité qui la nourrit. Un roman vertigineux sur les limites de la pensée et les délires de la raison. Traduit de l'anglais (Chili) par David Fauquemberg
Plongez dans Petite pluie, le roman poignant de Garth Greenwell, où un accident cardiaque et l’hospitalisation d’un professeur de littérature deviennent une quête de lumière, d’amour et de résilience.
Dans une ferme isolée du Yorkshire, un homme est brutalement assommé à l'aide d'un lingot. Que faisait le principal suspect de cette attaque au milieu d'un groupe de squatteurs ? Qui est le propriétaire de cette demeure et de cette arme en or massif ? Hannah, une jeune journaliste, a mené l'enquête et interrogé tous les protagonistes pour nous livrer le récit précis des événements : un banquier cynique, une polémiste iconoclaste et un groupuscule anarchiste dont les chemins n'auraient jamais dû se croiser. Mais lorsque se termine l'article d'Hannah, publié par un célèbre magazine, la caméra change soudain d'épaule et nous rencontrons les acteurs de ce drame devenu viral. Au centre de cette galaxie de personnages se trouve Lenny, chroniqueuse et autrice de deux livres viscéralement « anti-woke ». Grande gueule, maligne, drôle - et délicieusement détestable -, elle aussi connaît le pouvoir d'un récit efficace. Hannah avait besoin de l'histoire du lingot pour lancer sa carrière de journaliste, Lenny avait besoin de visibilité pour accroître sa surface médiatique. Mais à jouer avec les lecteurs, c'est toute la société qu'on risque de mettre à feu... Les Universalistes explore le pouvoir du langage et questionne notre vigilance face à l'information. La plume de Natasha Brown est d'une férocité jouissive et nous rappelle que derrière une plaisanterie ou une métaphore bien sentie, se cachent parfois des discours dangereusement populistes. Un roman aussi addictif que brillant qui a déjà conquis le Royaume-Uni. Traduit de l'anglais par Marguerite Capelle
Fin des années 1940, au coeur des terres arides de la Moldavie. Un train pour la fin du monde nous plonge dans un quotidien où la famine, la sécheresse et l'occupation soviétique ont transformé la vie de Stefan, Saveta et leurs cinq enfants en un combat désespéré pour leur survie. Les rivières sont à sec, les puits taris, les villageois n'ont plus de quoi s'alimenter. Les cadavres jonchent les rues et les rumeurs de cannibalisme hantent tous les foyers. Dans ce décor apocalyptique, Stefan et sa fille aînée partent travailler sur un chantier dans une ville voisine afin de pouvoir acheter des billets de train, leur unique espoir d'échapper à cette terre condamnée. Pendant ce temps, Saveta reste au village avec les plus petits. Chaque jour ils subissent le rationnement, la peur des soldats russes et la menace d'un clan de charognards. Mais lorsque le moment de fuir approche et que la famille parvient enfin à monter à bord d'un « train de la faim », la peur ne s'évanouit pas aussi rapidement que leur maison et les biens qu'ils ont laissés derrière eux. Ce train, à la fois tunnel vers l'inconnu et microcosme du désespoir, transporte des âmes déracinées, des corps affamés, des soldats assoiffés de violence, et des espoirs plus que jamais fragiles. Dans ce monde où la mort rôde en permanence, chaque geste de tendresse, chaque miette de pain, devient alors un acte de résistance. Inspiré de l'histoire familiale de l'autrice - Daniela Ratiu est la petite-fille de Stefan et Saveta -, Un train pour la fin du monde est une fresque déchirante sur la survie et la résilience humaine, autant qu'un témoignage bouleversant sur la capacité à espérer. Un livre qui résonne avec la guerre actuelle en Ukraine, dont est originaire le grand-père de l'autrice. Traduit du roumain par Florica Courriol
Nous nous verrons en août est le roman inédit de Gabriel García Márquez, prix Nobel de littérature en 1982. Cette sortie mondiale est un événement éditorial majeur qui advient une dizaine d'années après la disparition de l'écrivain colombien, en 2014. Chaque seize août, Ana Magdalena Bach prend un ferry pour se rendre sur une île des Caraïbes où est enterrée sa mère. Malgré la splendeur d'une lagune peuplée de hérons bleus, elle se contente de déposer un bouquet de glaïeuls sur sa tombe, ne passe qu'une nuit dans le vieil Hotel del Senador et retourne chez elle avec le bac du lendemain. Mais l'été de ses quarante-six ans, ses habitudes sont bouleversées. Le soir du seize août, Ana Magdalena remarque un homme qui finit par lui offrir un verre sur un fond de boléro. Lorsqu'elle se retrouve avec lui dans sa chambre, elle réalise que c'est la première fois qu'elle trompe son mari Domenico. Prise pour une prostituée par cet homme dont elle ne connaît même pas le nom, Ana Magdalena repense sans cesse à lui. Enfin de retour sur l'île, le seize août suivant, Ana Magdalena ne retrouve pas son amant. Débute néanmoins une nouvelle phase de sa vie où chaque été, elle connaîtra une nouvelle aventure. De l'évêque en vacances au tueur en série en passant par l'ami d'enfance, Ana Magdalena multiplie les rencontres estivales tout en laissant son mariage partir à vau-l'eau. Lorsqu'elle comprendra la raison pour laquelle sa mère a choisi ce coin des Caraïbes comme ultime demeure, cette spirale érotique pourra-t-elle enfin se terminer ? Nous nous verrons en août est un roman d'une intense sensualité. Avec la découverte de la passion à l'âge mur, Gabriel García Márquez déploie tout son humour pour brosser le portrait d'une femme libre. Des retrouvailles avec un immense écrivain autant qu'une publication historique. Traduit de l'espagnol (Colombie) par Gabriel Iaculli
Prix Nobel de Littérature 2024Prix Médicis Étranger 2023 Comme un long songe d'hiver, ce nouveau roman de Han Kang nous fait voyager entre la Corée du Sud contemporaine et sa douloureuse histoire. Un matin de décembre, Gyeongha reçoit un message de son amie Inseon. Celle-ci lui annonce qu'elle est hospitalisée à Séoul et lui demande de la rejoindre sans attendre. Les deux femmes ne se sont pas vues depuis plus d'un an, lorsqu'elles avaient passé quelques jours ensemble sur l'île de Jeju. C'est là que réside Inseon et que, l'avant-veille de ces retrouvailles, elle s'est sectionné deux doigts en coupant du bois. Une voisine et son fils l'ont trouvée évanouie chez elle, ils ont organisé son rapatriement sur le continent pour qu'elle puisse être opérée de toute urgence. L'intervention s'est bien passée, son index et son majeur ont pu être recousus, mais le perroquet blanc d'Inseon n'a pas fait le voyage avec elle et risque de mourir si personne ne le nourrit d'ici la fin de journée. Alitée, elle demande donc à Gyeongha de lui rendre un immense service en prenant le premier avion à destination de Jeju afin de sauver l'animal. Malheureusement, une tempête de neige s'abat sur l'île à l'arrivée de Gyeongha. Elle doit à tout prix rejoindre la maison de son amie mais le vent glacé et les bourrasques de neige la ralentissent au moment où la nuit se met à tomber. Elle se demande si elle arrivera à temps pour sauver l'oiseau d'Inseon, si elle parviendra même à survivre au froid terrible qui l'enveloppe un peu plus à chacun de ses pas. Elle ne se doute pas encore qu'un cauchemar bien pire l'attend chez son amie. Compilée de manière minutieuse, l'histoire de la famille d'Inseon a envahi la bâtisse qu'elle tente de rejoindre, des archives réunies par centaines pour documenter l'un des pires massacres que la Corée ait connu - 30 000 civils assassinés entre novembre 1948 et début 1949, parce que communistes. Impossibles adieux est un hymne à l'amitié, un éloge à l'imaginaire, et surtout un puissant réquisitoire contre l'oubli. Ces pages de toute beauté forment bien plus qu'un roman, elles font éclater au grand jour une mémoire traumatique enfouie depuis des décennies. Traduit du coréen (Corée du Sud) par Kyungran Choi et Pierre Bisiou
Prix spécial du jury Femina pour l'ensemble de son oeuvre. Une inoubliable passion amoureuse, après le chef-d'oeuvre du Magicien, par un des maîtres de la fiction contemporaine. Tout bascule lorsqu'un inconnu à l'accent irlandais frappe à la porte d'Eilis Lacey. Après vingt ans de mariage, Tony et elle profitent du confort offert par les années 1970 aux familles américaines. Installés à Long Island, ils ont deux enfants, bientôt adultes, et mènent une vie tranquille où les seuls tracas proviennent de l'oppressante belle-famille italienne d'Eilis. Mais en apprenant au seuil de sa maison que Tony l'a trompée et qu'une autre femme attend un enfant de lui, ce bonheur patiemment construit vole en éclats. Sans promesse de retour, elle part en Irlande, à Enniscorthy. Rien n'a changé dans sa ville natale, ce monde clos où, de générations en générations, tout se sait sur tout le monde. Alors qu'il a repris le pub familial, même Jim Farrell est resté tel qu'il était vingt ans plus tôt, pendant l'été qu'Eilis et lui avaient passé ensemble, bien qu'elle fût déjà secrètement fiancée à Tony. La blessure du départ d'Eilis est toujours vive mais son retour ravive cet amour de jeunesse - et l'Amérique s'éloigne plus que jamais... Situé à l'interstice entre deux mondes, Long Island offre des retrouvailles bouleversantes avec Eilis Lacey dont les lecteurs de Brooklyn se souviennent encore. Quinze après la publication de ce best-seller, Colm Tóibín fait la démonstration magistrale de ses talents de romancier avec un inoubliable portrait de femme. Traduit de l'anglais (Irlande) par Anna Gibson
Solvej Balle a passé une vingtaine d'années à travailler sur le chef-d'oeuvre de sa vie, Le volume du temps. Ce grand projet de littérature fantastique est rapidement devenu un phénomène au Danemark, puis dans le monde entier. Récompensé par le plus grand prix littéraire des pays nordiques en 2022, le Nordic Council Literature Prize, et traduit dans plus de vingt langues, cette extraordinaire série en sept volumes raconte l'histoire de Tara Selter - pour qui le temps s'est arrêté un 18 novembre. La sonnerie du portail de la maison de Brême résonne, et bientôt, Tara, Henry, Olga et Ralf se retrouvent face à cinq individus, de l'autre côté de la grille. D'autres viendront. Ils le savent, il s'agit maintenant de s'organiser. Une vraie communauté du 18 novembre se créée avec ses codes, ses habitudes, ses règles. Ses interrogations aussi - alors que les mots qu'ils connaissent ne sont plus suffisamment précis, ne parviennent plus à nommer le monde dans lequel ils vivent, que l'effet du temps commence à se faire sentir sur les corps, les visages. Qu'adviendra-t-il lorsque les ressources viendront à manquer ? Cela fait six ans qu'ils sont bloqués, et la question se fait plus pressante. Face au nombre croissant de nouveaux venus, une vie spartiate se met en place entre les habitants et les invités, autour de la table du jardin d'hiver ou devant la cheminée du salon, pour prendre part aux discussions qui se veulent aussi pratiques que philosophiques. Tara Selter pense avoir trouvé sa place au sein de cette nouvelle société, jusqu'à ce qu'un coup de fil inattendu la ramène à Clairon... Avec ce quatrième tome, Solvej Balle révèle plus que jamais la dimension écologique et humanitaire de son extraordinaire projet romanesque qu'est Le volume du temps. Traduit du danois par Terje Sinding
Ada est une danseuse. Elle a passé sa vie à rechercher la grâce, la précision du geste. Lorsqu'elle met au monde Daria, rien ne l'avait préparée à devenir la mère de cette enfant sévèrement handicapée qui jamais ne pourra voir ni marcher. Elle commence alors à écrire et penser cet amour hors du commun qui la lie à sa fille. À raconter Daria. Celle-ci devient progressivement « D'aria », « d'air », si légère qu'on pourrait la croire étrangère à la force de gravité. Une dizaine d'années plus tard, Ada découvre qu'elle-même est malade. Qu'elle ne survivra peut-être pas à sa fille. Et tandis qu'elle doit se soigner, que les maux de l'une deviennent les maux de l'autre, le corps se fait là encore, dans un ultime mouvement, lieu de transmission et de reconnaissance entre mère et fille... Bouleversante adresse à son enfant, Daria est un texte d'une beauté, d'une précision et d'une puissance inouïes. Publié par une petite maison indépendante en Italie, le livre a d'abord conquis les lecteurs avant d'être acclamé par la critique et récompensé par une dizaine de prix dont le prestigieux Premio Strega. Un joyau de délicatesse dans lequel l'amour ne demande jamais de comptes à la douleur. « En lisant ce livre, j'ai appris que le pouvoir de la littérature était de rendre la souffrance supportable. » Francesco Piccolo, La Repubblica Traduit de l'italien par Nathalie Bauer
Un homme se retrouve dans une église, quelque part dans les fjords de l'ouest, sans savoir comment il est arrivé là, ni pourquoi. C'est comme s'il avait perdu tous ses repères. Quand il découvre l'inscription « Ton absence n'est que ténèbres » sur une tombe du cimetière du village, une femme se présentant comme la fille de la défunte lui propose de l'amener chez sa soeur qui tient le seul hôtel des environs. L'homme se rend alors compte qu'il n'est pas simplement perdu, mais amnésique : tout le monde semble le connaître, mais lui n'a aucune souvenir ni de Soley, la propriétaire de l'hôtel, ni de sa soeur Runa, ou encore d'Aldis, leur mère tant regrettée. Petit à petit, se déploient alors différents récits, comme pour lui rendre la mémoire perdue, en le plongeant dans la grande histoire de cette famille, du milieu du 19ème siècle jusqu'en 2020. Aldis, une fille de la ville revenue dans les fjords pour y avoir croisé le regard bleu d'Haraldur ; Pétur, un pasteur marié, écrivant des lettres au poète Hlderlin et amoureux d'une inconnue ; Asi, dont la vie est régie par un appétit sexuel indomptable ; Svana, qui doit abandonner son fils si elle veut sauver son mariage ; Jon, un père de famille aimant mais incapable de résister à l'alcool ; Pall et Elias qui n'ont pas le courage de vivre leur histoire d'amour au grand jour ; Eirikur, un musicien que même sa réussite ne sauve pas de la tristesse voici quelques-uns des personnages qui traversent cette saga familiale hors normes. Les actes manqués, les fragilités et les renoncements dominent la vie de ces femmes et hommes autant que la quête du bonheur. Tous se retrouvent confrontés à la question de savoir comment aimer, et tous doivent faire des choix difficiles. Ton absence n'est que ténèbres frappe par son ampleur, sa construction et son audace : le nombre de personnages, les époques enjambées, la puissance des sentiments, la violence des destins tout semble superlatif dans ce nouveau roman de Jón Kalman Stefánsson. Les récits s'enchâssent les uns dans les autres, se perdent, se croisent ou se répondent, puis finissent par former une mosaïque romanesque extraordinaire, comme si l'auteur islandais avait voulu reconstituer la mémoire perdue non pas d'un personnage mais de l'humanité tout entière. Le résultat est d'une intensité incandescente. Traduit de l'islandais par Éric Boury
Solvej Balle a passé une vingtaine d'années à travailler sur le chef-d'oeuvre de sa vie, Le volume du temps. Ce grand projet de littérature fantastique est rapidement devenu un phénomène au Danemark, puis dans le monde entier. Récompensé par le plus grand prix littéraire des pays nordiques en 2022, le Nordic Council Literature Prize, et traduit dans plus de vingt langues, cette extraordinaire série en sept volumes raconte l'histoire de Tara Selter - pour qui le temps s'est arrêté un 18 novembre. Dans ce deuxième tome, Tara Selter décide de quitter sa maison. Plus que jamais seule, elle se met en tête de passer une soirée de Noël en famille. Elle se rend chez ses parents, elle leur explique la situation et tout le monde joue le jeu de cette fête improvisée des semaines avant la date prévue. Tara réalise combien l'écoulement des mois et des saisons lui avait manqué. La météo du 18 novembre n'a plus de secret pour elle, elle prend donc la décision de voyager à travers l'Europe afin de ressentir le temps s'écouler à nouveau : en Suède pour voir la neige, en Angleterre pour ses pluies printanières, puis à Montpellier où le soleil brille et les soirées sont douces comme des nuits d'été. Enfin, pour ressentir la fraîcheur de l'automne, Tara se rend à Cologne et Düsseldorf. Elle compile ses impressions dans un carnet de voyage et reprend goût à la vie. Elle s'installe en Allemagne, se passionne pour des cours de civilisation romaine à l'université. Mais un jour, elle fait une étrange rencontre. Un homme, sans doute déjà croisé quelque part. Un homme avec qui elle découvre qu'elle partage bien plus qu'elle ne pouvait l'imaginer... Solvej Balle continue son exploration du temps en s'intéressant aux sensations liées au calendrier. Différentes lumières, différentes saisons, différents moments dont on réalise la nécessité lorsqu'ils disparaissent. Un nouvel aspect de la vie de Tara Selter, et la suite d'une enquête qui va de surprise en surprise. Traduit du danois par Terje Sinding
Solvej Balle a passé une vingtaine d'années à travailler sur le chef-d'oeuvre de sa vie, Le volume du temps. Ce grand projet de littérature fantastique est rapidement devenu un phénomène au Danemark, puis dans le monde entier. Récompensé par le plus grand prix littéraire des pays nordiques en 2022, le Nordic Council Literature Prize, et traduit dans plus de vingt langues, cet extraordinaire série en sept volumes raconte l'histoire de Tara Selter - pour qui le temps s'est arrêté un 18 novembre. Dans ce troisième tome, Tara Selter découvre qu'elle n'est plus seule. Henry, un sociologue norvégien, participait à une conférence à Düsseldorf lorsque le temps s'est arrêté pour lui aussi. Partageant le même destin que Tara, ils deviennent amis et découvrent bientôt que d'autres personnes sont également bloquées ce 18 novembre. Ensemble, ils emménagent dans une maison vide à Brême, où ils tentent de réparer les fissures du monde... Dans ce nouveau volume, Solvej Balle offre un contrepoids parfait à la peur qu'avait Tara de s'effacer dans la routine : la solitude cède à présent la place au collectif, des hommes et des femmes déterminés à échapper à cette boucle temporelle - mais en attendant, autant en profiter ! Une réflexion originale sur la consommation des ressources ainsi que la responsabilité de l'individu envers l'humanité, et un pas de plus pour comprendre les raisons de ce grand dérèglement qui a bouleversé la vie de Tara Selter. Traduit du danois par Terje Sinding
Solvej Balle a passé une vingtaine d'années à travailler sur le chef-d'oeuvre de sa vie, Le volume du temps. Ce grand projet de littérature fantastique est rapidement devenu un phénomène au Danemark, puis dans le monde entier. Récompensé par le plus grand prix littéraire des pays nordiques en 2022, le Nordic Council Literature Prize, et traduit dans plus de vingt langues, cette extraordinaire série en sept volumes raconte l'histoire de Tara Selter - pour qui le temps s'est arrêté un 18 novembre. Dans ce premier tome, Tara Selter se réveille à Paris. Antiquaire spécialiste de livres anciens, elle était venue dans la capitale pour examiner un ouvrage rare. Mais en sortant de sa chambre d'hôtel le lendemain matin, elle n'en croit pas ses yeux : les mêmes gens que la veille se ruent dans la salle du petit déjeuner, elle découvre la même édition du journal lorsqu'elle l'ouvre en buvant son café. Et cela recommence le jour suivant, et le jour d'après. Elle réalise qu'elle est bloquée le 18 novembre. Quand elle décide de rentrer chez elle dans le nord de la France, Tara découvre alors que son mari Thomas vit lui aussi ce « jour sans fin », mais sans avoir conscience de cette infinie répétition. Les jours passent et Tara cherche à comprendre pourquoi elle est la seule à avoir conscience d'être ainsi piégée. Lassée d'avoir à expliquer chaque jour à son mari cette boucle temporelle, Tara décide de s'installer dans la chambre d'amis alors qu'il la croit à Paris. Elle découvre alors une étonnante liberté qui lui permet de questionner en profondeur son couple, son foyer, et le sens de l'histoire. Mais après plusieurs mois de vie répétée et à l'aube de la 366ème journée maudite, le vrai 18 novembre de l'année suivante, tout pourrait-il enfin rentrer dans l'ordre ? Le volume du temps est une incroyable aventure aux frontières de la raison. En mettant au défi le temps, Solvej Balle nous pousse à réfléchir aux dangers et à la beauté d'une vie ritualisée, à la nature humaine lorsque celle-ci n'a pas pour horizon que la monotonie du quotidien. Une grande enquête existentielle et le premier tome d'une saga palpitante. Traduit du danois par Terje Sinding
Veracruz, sur la côte caribéenne du Mexique, est l'une des villes les plus dangereuses du monde. C'est aussi le lieu de naissance de Fernanda Melchor, figure incontournable des lettres latino-américaines. Avec ce recueil de chroniques littéraires, la romancière fait le portrait d'une cité portuaire ravagée par le narcotrafic depuis les années 1970. Dans chaque récit, Fernanda Melchor raconte comment ses habitants vivent sous le joug d'une violence généralisée où les fusillades, les règlements de compte et la corruption n'épargnent personne. Une ancienne reine du carnaval, accusée d'infanticide, est traitée comme une paria ; un avocat, convoqué par un membre du cartel Los Zetas, s'arrange avec la vérité ; des clandestins dominicains, épuisés par leur traversée, croient être à Miami quand ils accostent à Veracruz ; une adolescente, possédée par un démon, doit subir un exorcisme. La réalité de Veracruz est cruelle, mais les bourreaux ont aussi des élans d'humanité, et les victimes leur part d'ombre. Dans la grande tradition du journalisme littéraire qui va de Truman Capote à Leila Guerriero, Fernanda Melchor interroge l'origine du mal, en affirmant le pouvoir des mots pour le combattre. L'intelligence de cette observatrice de son temps et de la condition humaine fait d'Ici, c'est pas Miami une lecture dont nul ne peut sortir indemne. Traduit de l'espagnol (Mexique) par Laura Alcoba
La normalité est un malentendu. C'est le constat que fait la grande autrice argentine Samanta Schweblin dans Sept maisons vides, son recueil couronné en 2022 par le prestigieux National Book Award du meilleur livre étranger. Une femme s'introduit dans des pavillons de banlieue pour sauver des objets du mauvais goût de leurs propriétaires, des enfants confiés à leurs grands-parents naturistes disparaissent, des vêtements sont jetés chaque matin par-dessus une clôture, et une vieille dame est incapable de se souvenir du prénom de son fils - autant de formes de démence qui hantent chacune de ces sept maisons argentines formant le livre. Erreurs impardonnables, silences trop lourds et méprises dramatiques en sont les vrais habitants. Les hommes et les femmes, eux, n'ont pas d'autres choix que de succomber à la folie pour tenter de conjurer leurs peurs et s'en libérer. Avec sa prose acérée, Samanta Schweblin explore dans Sept maisons vides le désarroi du quotidien et la tragédie du domestique. Un chef-d'oeuvre d'humour noir qui nous révèle que les frontières de l'étrange commencent au pas de notre porte. Traduit de l'espagnol (Argentine) par Isabelle Gugnon
« Un tableau riche et sensible sur l'amour, la solitude et l'émancipation personnelle qui laissera une marque indélébile sur la vie queer contemporaine. » Ocean Vuong Récompensé en 2015 par de nombreux prix pour son recueil de poésie Le corps des hommes (Grasset, 2018), Andrew McMillan publie un premier roman très attendu. Pitié raconte l'histoire d'une famille ouvrière sur plusieurs générations. En 1984, avant la fermeture des usines, les grèves et l'intransigeance de Margaret Thatcher, la petite ville de Barnsley, dans le nord de l'Angleterre, était encore une cité industrielle où les hommes se levaient chaque matin pour aller s'enterrer, creuser et se tuer à la mine. Un travail harassant mais porté par une identité collective qui lui donnait du sens, et parfois de l'espoir. Quarante ans plus tard, la vie d'Alex, fils et petit-fils de mineurs, est dans le même état de délabrement que Barnsley. Désormais seul et sans emploi, il est confronté à ses désirs les plus profonds qu'il a longtemps refoulés. Contrairement à lui, son fils Simon vit pleinement son homosexualité, partageant sa vie entre un call-center où une nouvelle forme de prolétariat émerge, et les cabarets où son personnage de drag-queen lui rend sa fierté. Dans une ville post-industrielle marquée par la pauvreté et l'absence d'avenir, c'est lui, avec son irrévérence, sa perruque et son maquillage, qui trace le chemin de la convergence des luttes. Parviendra-t-il à entraîner son propre père dans ce désir de liberté ? Entre chronique sociale et réflexion sur le genre, ce premier roman d'Andrew McMillan offre un plaidoyer plein de tendresse pour les hommes brisés et étrangers à eux-mêmes. Avec Pitié, acclamé par la presse britannique, on retrouve les fulgurances poétiques d'une plume parmi les plus bouleversantes de sa génération. Traduit de l'anglais par Laurent Trèves
Anders est un jeune homme sans histoires, il travaille dans une salle de gym. Un matin au réveil, il constate que sa couleur de peau a changé. Il ne comprend pas ce qui lui arrive, et décide de ne pas se rendre au travail, de ne plus sortir. Mais la faim aura raison de sa résolution, et il reprend également contact avec sa petite amie Oona. Au même moment, des émeutes racistes éclatent dans la ville, on cherche à tuer les gens de couleur. Dont Anders, désormais. Ce dernier comprend qu'il n'est pas seul à subir cette mutation : de plus en plus de Blancs deviennent du jour au lendemain des personnes de couleur. Anders se cache alors chez son père, gravement malade, tout en revoyant Oona. Quelque temps après, le père d'Anders meurt. Lors de son enterrement, dans son cercueil à moitié ouvert, tout le monde dans l'assistance a déjà perdu sa peau blanche : il est le dernier homme blanc. Écrit à la manière d'une parabole, ce court roman nous interpelle sur la question raciale et la violence dans nos sociétés occidentales. Traduit de l'anglais (Pakistan) par Colin Reingewirtz.
Six ans après la publication de son chef-d'oeuvre D'os et de lumière, nous retrouvons le grand écrivain irlandais avec un roman inoubliable, entre thriller psychologique et évasion poétique. Lorsque Nealon rentre chez lui, sa maison est vide et son téléphone se met à sonner. L'homme au bout du fil prétend le connaître, il aimerait le rencontrer pour discuter face à face. Mais alors que Nealon s'apprête à mettre fin à cette discussion absurde, le mystérieux interlocuteur lui fait comprendre qu'il est actuellement en train de l'observer. Qu'il devrait éviter de rester ainsi, assis dans le noir. À partir de ce moment, l'homme ne va plus arrêter d'appeler Nealon pendant que celui-ci erre de pièce en pièce dans cette maison devenue étrangère. Un lieu presque vide mais qui cache pourtant les souvenirs d'une vie déjà lointaine : sa femme Olwyn, leur fils Cuan, la routine d'une famille avant que Nealon ne soit arrêté et mis en prison. Le téléphone sonne à nouveau, l'homme semble connaître tous les détails de ce quotidien brisé. Les disputes du couple, les motifs de l'incarcération, puis la libération après l'acquittement. Nealon nie en bloc même s'il est intrigué, et il accepte finalement de le rencontrer pour en savoir plus. Cependant, alors qu'il est en voiture pour le retrouver, un flash à la radio annonce une attaque terroriste imminente sur le sol irlandais. Est-ce vraiment une coïncidence ? La vérité peut éclater à tout moment, surgir du hasard ou du plus profond de nos âmes, ou encore de la longue discussion que Nealon se prépare à avoir avec l'étrange inconnu... À la croisée des genres littéraires, La nuée des âmes est à la fois un roman à suspense et une introspection mystique à la quête de sens. Mike McCormack met en oeuvre tout son talent de styliste et de conteur pour jouer avec ses lecteurs le temps d'une expérience romanesque unique. Traduit de l'anglais (Irlande) par Nicolas Richard
Nous sommes en février 1959. La chalutier Mafur vient de terminer sa campagne de pêche au large de Terre-Neuve-et-Labrador. Les cales sont chargées de sébaste et les trente-deux marins présents à bord pensent déjà à rentrer au port, à Reykjavik, lorsque la météo change drastiquement. La température chute, les vents se déchaînent. Toutefois, le plus grand danger ne vient pas de la houle et des vagues qui déferlent impitoyablement sur le bateau, mais de la glace qui s'accumule sur le pont. Bientôt tout est pris sous une épaisse couche de glace, le bastingage, les flancs, la passerelle, et cette gangue devenant de plus en plus lourde, le chalutier risque d'être entraîné vers le fond. Les membres de l'équipage se relaient alors sans arrêt pour essayer de dégager le pont. Plus personne ne dort, on s'accorde tout juste quelques pauses pour reprendre des forces et se réchauffer. Tous le savent : une course contre la montre est engagée, une bataille de vie ou de mort. Le roman haletant d'Einar Karason nous plonge littéralement dans les eaux gelées de la mer du Labrador. L'hyper-réalisme du récit nous fait ressentir la lutte contre les vagues au-delà de l'épuisement, et l'on partage la fureur de vivre de ces hommes menacés par les forces déchaînées de la nature comme si l'on se trouvait à bord... Un tour de force, un livre d'aventure et un grand roman maritime à la fois. Traduit de l'islandais par Éric Boury
Dans une Angleterre confinée et encore marquée par le Brexit, Sandy Gray est au chevet de son père. Un jour, elle reçoit l'appel d'une certaine Martina, une ancienne camarade de classe dont elle se souvient à peine. À cause de la serrure médiévale qu'elle transportait dans le cadre de son travail pour un musée, Martina a été retenue plusieurs heures aux douanes de l'aéroport et demande à Sandy de l'aider à comprendre ce qu'une voix a essayé de lui dire. À partir de cette improbable conversation téléphonique, Martina va prendre une place de plus en plus envahissante dans la famille de Sandy. Et en parallèle, des liens étranges s'établissent avec une jeune hors-la-loi qui avait réalisé, en plein Moyen-Age, la somptueuse pièce d'orfèvrerie que Martina avait avec elle à l'aéroport. Bien plus qu'un trésor, cette serrure est un compagnon de voyage à travers les siècles, la clef de lecture d'un monde où la nature et la société, la liberté et l'autorité semblent irréconciliables. Entremêlant deux fils narratifs - l'un contemporain, l'autre historique -, Ali Smith interroge notre besoin de compagnie après la solitude du confinement. Jouer avec les mots, en extraire une signification qui nous échappe habituellement, interpréter ce qui nous arrive pour y donner du sens et être moins seuls, telle est la profession de foi d'Ali Smith. Un bout de chemin est un roman où l'on retrouve le lyrisme, l'inventivité et le travail musical de la langue qui sont si emblématiques de son oeuvre. Traduit de l'anglais par Laetitia Devaux
Le premier roman de Margaret Meyer se déroule au XVIIème siècle, dans le petit village côtier de Cleftwater, à l'est de l'Angleterre. Martha, la quarantaine, muette depuis l'enfance, y travaille comme domestique. Parmi ses nombreux talents, elle aide les femmes de la région à accoucher et soigne les habitants grâce à sa connaissance des plantes. Mais lorsque Silas Makepeace, un sadique chasseur de sorcières, arrive dans le village, la tension monte au sein de la population. La moindre étincelle risque d'enflammer les bûchers. Toutes les femmes vont être suspectées d'actes de sorcellerie. On installe un tribunal spécial pour les interroger, les torturer, et les geôles se remplissent à mesure que le chasseur étend son emprise. De son côté, Martha est tiraillée entre un sentiment de sororité et sa lutte pour sa propre survie : on lui demande d'aider le tribunal à déceler des signes du diable sur le corps des femmes soupçonnées, mais elle ne sait pas jusqu'où aller pour protéger ces captives sans dévoiler ses secrets. Jusqu'au jour où Martha est arrêtée... Inspiré par les tragiques événements ayant secoué l'Angleterre lors d'une chasse aux sorcières entre 1645 à 1647, La marée des sorcières est un magnifique roman historique et une épopée d'une extrême modernité. Le lecteur est submergé par la brutalité des hommes et la rudesse de la nature, une plongée dans le puritanisme du XVIIème siècle qui fait écho à l'oeuvre de Margaret Atwood. Traduit de l'anglais par Marguerite Capelle et Hélène Cohen
Dans un petit village des fjords de l'ouest, les étés sont courts. Les habitants se croisent au bureau de poste, à la coopérative agricole, lors des bals. Chacun essaie de bien vivre, certains essaient même de bien mourir. Même s'il n'y a ni église ni cimetière dans la commune, la vie avance, le temps réclame son dû. Pourtant, ce quotidien si ordonné se dérègle parfois : le retour d'un ancien amant qu'on croyait parti pour toujours, l'attraction des astres ou des oiseaux, une petite robe en velours sombre, ou un chignon de cheveux roux. Pour certains, c'est une rencontre fortuite sur la lande, pour d'autres le sentiment que les ombres ont vaincu - il suffit de peu pour faire basculer un destin. Et parfois même, ce sont les fantômes qui s'en mêlent... En huit chapitres, Jón Kalman Stefánsson se fait le chroniqueur de cette communauté dont les héros se nomment Davíð, Sólrún, Jónas, Ágústa, Elísabet ou Kristín, et plonge dans le secret de leurs âmes. Une ronde de désirs et de rêves, une comédie humaine à l'islandaise, et si universelle en même temps. Lumière d'été, puis vient la nuit charme, émeut, bouleverse. Traduit de l'islandais par Éric Boury