Collection haute
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Tableaux de genre, traités au scalpel Valin, notules d'agenda, paysages soudain presque cléments, descriptions de lieux publics où vibrionne le rut champion, au-delà du spectacle naît l'angoisse. Elle pousse le poète (par souci aussi de conjuration ?) à tutoyer la mort sans cesse bavarde dans les choses. Ainsi, les mains de l'homme « débordées par le réel » aiment, sans espoir de durée ce monde où il souffre, et dont il n'a jamais eu les clés. Le poète poursuit, halluciné, sans raison, « la voie la plus haute ». Mais il lui reste un goût pour la tendresse et il fait éclater les rudes fanfares du caustique, qui résonnent comme pour une chasse à courre - la dernière.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Pendant quelques jours, emporté par une frénésie de plénitude langagière, dans l'illusion - volontairement naïve - que nul absens ne rongeât sa platitude - comme si le texte se prouvait en s'étalant, en occupant l'espace, mieux : en le fabriquant, le sécrétant (telle machine crache devant elle le pont sur lequel elle progresse...) - j'écrivis quelques dizaines de LIEU-DIRE pour saturer de pieds de nez, ou nez de pieds mirlitonesques, la rhétorique dont je fus gavé au berceau, bercé au gaveau familial. Quant aux lieux réels où je m'avance sur deux pieds seulement, ils me regardent et m'accueillent, après ce dire, de travers, preuve que je fus entendu d'eux, malgré leur apparente hébétude amnésique.
Jean-Michel Maulpoix est l'auteur d'essais sur Henri Michaux (Champ-Vallon), Jacques Réda (Seghers) et, en poésie, de nombreux recueils, dont récemment : La matinée à l'anglaise (Seghers), Limbes (L'apprentypographe), Un dimanche après-midi dans la tête (POL), Dans la paume du rêveur (Fata Morgana), Ne cherchez plus mon coeur (POL).
« Les objets s'animent sous la plume de Georges Bonnet. Ils ont peur, ils se fanent, ils se fatiguent, ils meurent. Georges Bonnet écrit une poésie frémissante d'âme et d'ailes. Ses images marchent sur le bout des doigts des mots de la légèreté pour dire la pesanteur d'être de la lumière, pour dire la mort. » Vénus Khoury-Ghata - « Fargue aurait aimé cette profondeur sans éclat. » Norge - « (...) ce recensement kaléïdoscopique de l'univers quotidien, ponctué souvent de très profondes « images-idées » qui sont d'un grand poète. » Jean Rousselot