COMMUNICATION A L'ACADEMIE DES TECHNOLOG
Après la COP 21, nous sommes tous conscients de la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de protéger l'environnement. Nous pouvons agir au quotidien en choisissant de nous nourrir sans mettre en danger les grands équilibres de la planète tout en satisfaisant les besoins de notre corps. Mais les choix sont difficiles car manger est un acte complexe et nos motivations nombreuses et parfois contradictoires : nutritionnelles, sanitaires, culturelles, économiques et, plus récemment, citoyennes et solidaires. Comment composer ses repas ? Peut-on se fier à l'affichage environnemental ? Doit-on privilégier les circuits courts ? Faut-il consommer moins de viandes ? Que penser des poissons d'élevage ? Se nourrir avec des aliments biologiques est-il bénéfique pour la planète ? Comment gaspiller moins de nourriture ? Quels modes de cuisson privilégier ? Autant de questions, parmi d'autres, auxquelles Pierre Feillet, spécialiste de l'impact de l'évolution des sciences et des techniques sur l'alimentation, nous aide à formuler nos réponses afin que manger de manière citoyenne ne soit pas une punition, mais tout juste une question de connaissances et d'attention. Ingénieur agronome, Pierre Feillet est membre de l'Académie des technologies et de l'Académie d'agriculture de France. Ses travaux portent sur la thématique « Alimentation, technologie et société ». En 2014, il a publié aux Éditions Quae « Quels futurs pour notre alimentation ? » et en 2012 « Nos aliments sont-ils dangereux ? 60 clés pour comprendre notre alimentation ».
Les robots militaires existent et sont de plus en plus utilisés sur différents théâtres d'opérations et dans les différents milieux : air (drones), mer, terre... Leur marché est en forte croissance. Ils sont employés pour l'observation, la reconnaissance, le déminage, voire le tir. Ces robots posent cependant des problèmes d'éthique importants et originaux par rapport aux autres armements, surtout lorsqu'ils sont dotés d'une grande autonomie (d'action), y compris pour l'ouverture du feu. Leur complexité peut conduire à une certaine imprévisibilité (« bavures »). Leur facilité d'emploi, associée à une certaine « invulnérabilité » du servant liée à l'éloignement, peut entraîner des excès de violence. Aussi est-il essentiel de bien maîtriser la mise en oeuvre de ces robots, à tous les niveaux, depuis la décision politique de développement de l'arme jusqu'à l'utilisation opérationnelle. Il y va de la responsabilité des différents acteurs et les aspects juridiques sont importants. Pour l'instant, la « responsabilité » du robot lui-même est considérée comme inexistante, mais l'idée que l'on s'en fait pourrait être amenée à évoluer. En effet, ce robot militaire n'est-il pas déjà doté, en apparence, d'une certaine « conscience » ? Des fonctionnalités de la conscience humaine sont déjà présentes chez lui. Certaines méritent d'être développées, d'autres pourraient être introduites ou au contraire évitées. Des méthodes commencent à voir le jour pour améliorer la « conscience » (y compris « morale » ?) du robot.
L'industrie, indispensable au développement de notre économie et à la cohésion de notre société, est en déclin dans notre pays. L'Académie des technologies s'est penchée sur les moyens de favoriser sa renaissance sous des formes adaptées aux nouveaux enjeux écologiques et sociétaux, dans un marché mondialisé. Comment faciliter le développement en France d'une industrie créatrice de richesse pour toutes ses parties prenantes, respectueuse de ses salariés, sobre en ressources, attentive à ses impacts, soucieuse de la qualité et de la sécurité de ses procédés et de ses produits, moteur du développement durable des territoires sur lesquels elle est implantée ? Le rapport de synthèse « La renaissance de l'industrie » s'appuie sur les travaux de cinq groupes thématiques portant respectivement sur les écosystèmes d'innovation et de compétitivité, la formation des compétences, la recherche technologique, le financement des entreprises et de la technologie, l'identification des nouveaux usages permettant de reprendre une position de leader, ainsi que sur les contributions sectorielles de plusieurs académiciens. Ce document présente une sélection de ces analyses spécifiques.
Alors que les produits chimiques font l'objet de débats passionnés, l'ambition de cette communication de l'Académie des technologies, est d'aider le lecteur à se forger une opinion raisonnée sur ce thème. Il décrit ce que nous devons aux produits chimiques, sans occulter les problèmes générés par certains d'entre eux en raison de leurs effets secondaires ou de leur persistance dans l'environnement. Nous côtoyons et utilisons quotidiennement des dizaines de produits chimiques dans les lessives, shampooings, peintures, médicaments, mais aussi, de façon moins perceptible, dans les habitations, les ordinateurs, les téléphones portables, les voitures et même les avions... Nous ne pourrions certainement pas vivre aujourd'hui, avec bientôt 9 milliards d'habitants sur notre planète, sans le recours à des produits chimiques, mais nous vivrions peut-être mieux en en consommant moins et en les utilisant différemment. Cette communication tente donc de répondre aux questions que chacun d'entre nous se pose. Que sont réellement ces produits ? Sont-ils indispensables ? Comment sont-ils évalués ? Existe-t-il des différences entre les produits dits naturels et les autres ? Dans le cadre du règlement REACH, les produits chimiques utilisés aujourd'hui en Europe ont subi des contrôles rigoureux concernant leurs effets sur l'homme et sur les milieux naturels ; le règlement REACH aborde aussi les questions de la nocivité de leurs déchets. Les autorisations de vente et d'emploi sont régulièrement révisées. Les produits anciens qui se révèlent peu sûrs sont progressivement remplacés par des produits mieux adaptés. Qu'apporte effectivement ce règlement ? Le présent ouvrage fait le point sur ces questions et bien d'autres...
« Conscience », un mot particulièrement ambigu qui recouvre des concepts différents, et donc des fonctionnalités distinctes, généralement attribuées à l'espèce humaine. Des robots pourront-ils accéder, dans un avenir proche ou lointain, à de telles fonctionnalités ? Plutôt que de définir - tâche impossible - « LA » conscience, plutôt que de comprendre et modéliser la conscience humaine, c'est à la question ci-dessus que le présent rapport tente d'apporter des réponses. Cette question doit être abordée de front dès qu'on parle de robotique avancée : le sujet n'appartient plus à la science-fiction, car les capacités calculatoires et « réflexives » qui sont insérées dans les logiciels de contrôle des robots les plus évolués « miment » dès maintenant certains comportements humains. Les progrès continus de l'Intelligence Artificielle l'amènent à aborder et résoudre des problèmes de plus en plus complexes comme la commande et le contrôle de robots intelligents, présentant des fonctionnalités de la conscience et éventuellement autonomes. L'objectif du rapport est d'analyser les modèles implémentables sur ordinateur allant dans ce sens et de proposer une synthèse de trois d'entre eux, existant dans la littérature scientifique et partiellement implémentés. Si la mise en oeuvre de ce modèle pouvait être réalisée, on devrait assister à l'émergence d'une conscience numérique de machines imitant convenablement certaines fonctionnalités de la conscience humaine. Cela permettrait, d'une part de progresser dans la connaissance de la conscience humaine, et d'autre part, de réaliser des robots aux comportements proches de ceux des humains ou des animaux supérieurs.
Quelle sera à l'horizon 2050 la voiture du futur : certes avec quatre roues et un moteur, mais thermique, électrique ou hydrogène ? Et quel en sera l'usage ? Sera-t-il encore produit en France ? Au sein de l'Académie des technologies, la commission mobilité et transport a abordé ces thèmes du point de vue du système de mobilité comme de celui des technologies existantes ou émergentes dans les trente années à venir. Son objectif n'est pas de redire ce que d'excellents autres rapports ont déjà exposé, mais de proposer une approche qui prenne en compte au-delà du véhicule lui-même, les faits et les tendances qui vont en déterminer l'évolution et, dans un contexte industriel difficile, de formuler des recommandations pour conserver française une industrie essentielle à l'économie comme à l'innovation. L'industrie automobile nationale doit se transformer et s'insérer dans des écosystèmes de service éloignés de son mode d'organisation actuel. Pour y parvenir, le rôle des politiques publiques sera déterminant, leur stabilité aussi, pour construire une vision partagée du futur. Les technologies critiques indispensables à la conception de ces futures automobiles devraient bénéficier d'un programme de soutien ambitieux. Enfin, il serait judicieux d'introduire une éducation à l'électro-mobilité et à la conduite éco-responsable à tous les niveaux du système éducatif. Plus de cent ans d'automobile en France ont illustré le dynamisme de nos inventeurs, de nos ingénieurs, de nos chercheurs et de nos industriels ; nous sommes certains qu'ils sauront relever les défis de demain et créer des véhicules qui nous fassent encore rêver.