Les Cahiers de la Revue neuve
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
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« Souliers sans maître... Ils sont le vide ; Et le soir gris les a remplis d'ombre perfide. Ils sont l'absence ; Et, côte à côte, le silence des malheureux restés sans cris... » Dans la collection "Les Cahiers de la Revue Neuve", les éditions Debresse nous proposent ici deux longs poèmes en prose d'Antoinette Nusbarme.
"Si l'on cherche un jour ma guenille, on la pourrait trouver aux bois de Fontanille où pour recontrer Dieu j'ai fui l'homme souvent, mais n'interrogez pas qu'un garde, un chasseur ; à tout prenez garde ; interrogez l'ombre et le vent." Paru en 1949, un nouveau recueil de 7 textes en prose du poète Charles Tricou.
"Quelque part, dans la nuit jaune sale, d'un jour, quelque part en mer, dans l'orbite noire de la brume défoncée, fog-horn, une voix, quelque part, quelque chose comme un oeil, sombre sur les mâts. Un capitaine, des hommes qui veillent au grain, un pont lisse de silence humain et cette voix rauque, dans le tunnel de la brume, quelque part où va quelque navire, pas de ciel, pas de mer, cette voix seule." L'écrivain et poète français Frédérique-Jacques Temple (1921-2020) nous livre ici trois long poèmes en prose.
"Sur les feuillages calcinés, il a posé ses doigts lassés ; abandonné à la rivière, contre l'eau des troncs, sa pensée. mainte corolle somptuaire et de blancs rubis constellée, ne lutte plus dans la lumière contre les flammes de l'été. Parmi les branches éployées dont l'ombre triste s'est noyée sur les cailloux de la rivière, le même fantôme est venu..." Joseph Rouffanche, poète, critique littéraire et professeur de lettres modernes (1922-2017) nous livre ici 7 poèmes en prose, parus en 1951 dans les cahiers de "la Revue neuve".
"L'auréole de tes cheveux est une sainteté étrange qui fleurit le ciel de mes yeux à demi diable, à demi ange. Corsage blanc et médaillon ! Les deux perles de tes pupilles sur ta face, autre médaillon, capricieusement scintillent !" Odette, Simone, Ginette la libraire, Josette, Micheline, la Métropolitaine.... Huit poèmes d'Alain Messiaen aux prénoms féminins...
"Certes, il avait vu de nombreux corps en rêve que son désir seul dévêtait. La nuit, lorsque les bras, timides, se soulèvent vers de grandes roses en lait. Pourtant quel fut son cri sombre en l'air mat qu'il corse, quand le spasme étoilé qui fit bondir son torse jusqu'au tuf, croc dur, le hersa !..." 8 poèmes en prose de Kees Mervial, parus en 1949 dans les cahiers de la "Revue neuve".
"Par les soirs mélancoliques vous vous tenez par les mains : quel trouble métaphysique s'empare de vous soudain ? La turbulence est tombée qui faisait - Jeunesse ! Eté ! - vos deux coeurs dans la journée battre à coups précipités. Ah ! quelle langueur subite - ne savez-vous plus courir ? - à cette heure vous invite à penser au lieu d'agir ? Qui vous fait sous la tonnelle, côte à côte sur ce banc, fixer la nuit éternelle et vous serrer tendrement ? Qui fait ainsi vos deux âmes être toutes dans vos yeux pour mieux voir trembler la flamme précaire des astres bleus ? Et qui vous ferme la bouche, qui jasait si joliment, à l'heure où le Destin louche rôde sous le firmament ?" Un des 9 poèmes en prose de ce recueil de Georges Broyer.
"Corolle de tes lèvres où s'ouvrirait mon coeur, si l'épine de tes bras n'arrêtait de ses veines le sang qui bat pour toi. Je sillonne ta chair des pulpes de mes rêves où je laisse traîner le parfum des soirs bleus. Jardin propice aux précieuses caresses j'admire ton reflet sous mes doigts voyageurs, tactilité durable d'essences essentielles." Un recueil en prose du poète et romancier français Gaston Criel (1913-1990).