Éditions de l'Atelier
ON A TOUJOURS À REDIRE SUR LE CORPS DES FEMMES. Il est au coeur des regards sexualisants et patriarcaux, des discours racistes et coloniaux, des stratégies marketing et politiques, qui nourrissent un nombre effarant d'idées fausses et d'exigences : ce corps devrait être désirable, mince, valide, blanc, musclé mais pas trop, toujours jeune, épilé, parfait. C'est oublier qu'il connaît aussi la fatigue, les fluctuations, les blessures. La société a appris aux femmes à détester leur corps, à vouloir toujours plus le contrôler - pour le rendre sexy aux yeux des hommes, mais discret, pour l'empêcher de vieillir et de grossir, pour le faire répondre à des normes patriarcales, coloniales et capitalistes -, au risque de se détruire la santé. Ce contrôle du corps des femmes, qui s'exerce à tous les âges de leur vie, a des coûts matériels, physiques, psychiques. Dans ce livre, Mounia El Kotni nous propose de remettre une question cruciale au coeur de notre vie : la liberté, celle de faire ce que l'on veut de notre corps, de l'écouter et d'en prendre soin, de nous réconcilier avec lui.
211 milliards C'est le montant des aides publiques versées aux entreprises en France, en 2023, sans transparence ni contrepartie ni évaluation. Cela correspond à deux fois et demie le budget de l'Éducation nationale, et onze fois celui de la Santé - 211 milliards attribués sans obligation d'aucune sorte, ni sociale ni environnementale. Ce chiffre a été établi par une commission d'enquête sénatoriale sur la base de six mois de recherche, d'analyse et d'audition de près de la moitié des patrons du CAC 40, peu habitués à rendre des comptes aux citoyens ou à leurs représentants élus. C'est inédit. Le rapporteur de la commission, Fabien Gay, raconte les coulisses de ce travail de fourmi qui a permis d'établir un état des lieux précis, jusqu'alors inexistant, des aides publiques aux entreprises. Le jeune sénateur livre ici son expérience de l'exercice du débat démocratique et de la lutte politique au service de celles et ceux qui sont les créateurs de richesses : c'est maintenant que le combat commence.
Le bio, trop cher, inefficace, réservé aux bobos ? Laure Verdeau, ex-directrice de l’Agence Bio, démonte 19 idées reçues avec des chiffres et des faits.
18 % des Français sont touchés par un trouble psychique, pourtant la santé mentale reste méconnue et taboue.
« Le Moyen Âge est une époque sombre », « Les racines de la France sont chrétiennes », « La colonisation a eu beaucoup d'aspects positifs », « La France n'a pas de responsabilité dans le génocide du Rwanda »... L'histoire est sans doute la discipline la plus instrumentalisée. Malmenée, détournée, arrangée... l'ingérence dans le travail des historiens à des fins politiques est monnaie courante. Julien Théry décortique une soixantaine d'idées fausses, l'occasion de revenir sur des moments clés de l'histoire de notre pays, mais aussi de faire un état des lieux de la recherche historiographique sur des questions cruciales, au centre de débats qui méritent des mises au point salutaires.
En France, près de 61 200 femmes découvrent chaque année qu'elles ont un cancer du sein - un chiffre qui a plus que doublé depuis les années 1990. Notre pays détient le triste record du taux d'incidence le plus élevé au monde. Face à cette épidémie, le discours dominant pointe l'âge, les antécédents familiaux ou les comportements individuels. Ce livre déplace le regard : et si le travail - le travail de nuit, l'exposition aux rayonnements ionisants, aux pesticides, aux solvants, aux produits chimiques - était l'un des grands responsables oubliés ? Cet ouvrage collectif donne la parole à des travailleuses - soignantes, ouvrières, apprenties - qui ont dû se battre pour faire reconnaître l'origine professionnelle de leur maladie. Une enquête essentielle pour comprendre ce que l'épidémie de cancer du sein révèle de notre rapport au travail, à la santé des femmes.
Et si le christianisme était bien plus ouvert et divers que ce qu’on croit ? Sylvaine Landrivon, théologienne engagée, déconstruit ici 94 idées reçues sur la religion chrétienne.
Non, « riches ou pauvres, on n'est pas tous égaux face à la pollution » : les quartiers populaires, proches des axes routiers ou des usines, sont bien plus exposés, et leurs habitants moins armés pour se protéger. Non, « les pauvres n'abîment pas la planète » : leurs pratiques quotidiennes de réparation, de seconde main et de sobriété contrainte génèrent une empreinte carbone bien plus faible que celle des plus riches. Non, « avec les aides, tout le monde ne peut pas rénover son logement » : les démarches complexes et le reste à charge excluent ceux qui en auraient le plus besoin. À travers des exemples concrets - canicules meurtrières dans les cités, passoires thermiques, inégalités d'accès aux espaces verts ou aux soins - ce livre révèle l'absurdité d'une transition écologique pensée sans les premiers concernés. Porté par ATD Quart Monde et présenté par Isabelle Motrot, il offre un plaidoyer limpide : il n'y aura pas de transition réussie sans justice sociale et environnementale.
14 février 1922, Paris : un jeune ouvrier mutilé, Marcel Muller, abat son contremaître en pleine rue. Son geste désespéré divise la France et pose une question toujours actuelle : qui est le vrai coupable ?
Face à la montée des discours xénophobes et identitaires, En finir avec les idées fausses propagées par l'extrême droite déconstruit méthodiquement 80 idées reçues.
« LES JUIFS ONT TUÉ JÉSUS » « LES JUIVES ET JUIFS SONT TOUSTES DES INTELLECTUEL·LES » « LE CHRISTIANISME ET L'ISLAM SONT DES VERSIONS 2.0 DU JUDAÏSME » « ON PARLE TROP DE LA SHOAH » DES CLICHÉS SUR L'ARGENT ET L'ALIMENTATION à l'image du Juif éternellement étranger ou insaisissable, en passant par une obsession exagérée pour la Shoah, les stéréotypes sur les Juives et Juifs ont traversé les siècles. Ils se renouvellent aujourd'hui, alimentés par les événements tragiques survenus depuis le 7-Octobre. Ces idées fausses, souvent banalisées, nourrissent l'ignorance et entretiennent un antisémitisme toujours présent. Dans cet ouvrage, Floriane Chinsky démonte plus de soixante-dix idées fausses avec rigueur et pédagogie. À travers des analyses historiques, théologiques et sociologiques, elle éclaire les grandes questions que l'on se pose sur le judaïsme, son histoire, ses croyances et ses pratiques. Ce livre est un outil essentiel pour favoriser un dialogue apaisé et une meilleure compréhension mutuelle, au service de la paix.
En réponse aux détracteurs de toute politique d'accueil, mais aussi à celles et ceux qui hésitent ou s'inquiètent, ce livre propose un tour d'horizon des migrations en mettant à disposition un très grand nombre d'informations, de chiffres, de données et de faits. Organisé par thématiques, cet ouvrage très accessible prend le contrepied de 60 idées fausses pour convaincre que l'accueil est non seulement possible, mais surtout souhaitable. Cette nouvelle édition actualisée et augmentée tient compte des nombreux événements survenus depuis sa première édition (guerre en Ukraine, arrivée au pouvoir de Giorgia Meloni, élection de Donald Trump, Pacte européen sur la migration et l'asile, loi immigration en France...). Un livre indispensable dans ce contexte alarmant de montée de l'extrême droite.
"Aimer les animaux, c'est détester les humains" "Ils sont moins intelligents, donc ils comptent moins" "Ils ne souffrent pas comme nous" Le spécisme, c'est discriminer un être vivant selon son espèce, comme si cela suffisait à juger de sa valeur ou de son droit à vivre. Cette idéologie trace une frontière artificielle entre humains et autres animaux. Elle justifie violences et exploitation, tout en nourrissant peurs irrationnelles et discours intéressés - notamment ceux de l'industrie de la viande. L'antispécisme, lui, interroge nos certitudes et s'inscrit dans une dynamique de justice globale, aux côtés des luttes antiracistes, féministes et sociales. Victor Duran-Le Peuch nous invite à repenser notre rapport aux animaux et à envisager une égalité véritable, éthique et inclusive.
Découvrez pourquoi l'opéra n'est ni élitiste ni désuet ! En finir avec les idées fausses sur l'opéra de Jean-Philippe Thiellay démontre, avec humour et expertise, comment cet art se réinvente sans cesse.
Ceux qui veulent diviser la société usent de raccourcis témoignant d'une grande ignorance pour associer islam et barbarie. En s'attaquant à plus d'une centaine d'idées fausses, rumeurs, approximations concernant l'islam et les musulmans, Omero Marongiu-Perria propose aux lecteurs et lectrices qui ont déjà profité de sa parole apaisée, ainsi qu'à tous les citoyens qui refusent que cette religion soit stigmatisée, cette troisième édition revue et augmentée. Statut du Coran, relations avec les pays occidentaux, rapports hommes/femmes, rapports aux autres religions... Autant de thématiques abordées qui montrent qu'il n'y a pas d'uniformité d'opinion et de modes de vie chez les musulmans et que les musulmans français sont majoritairement attachés aux valeurs culturelles de leur pays.
« Certaines religions sont incompatibles avec la République », « Les signes religieux sont interdits dans l'espace public », « À l'école, on n'a pas le droit de parler religion »... Objet de fantasmes, la laïcité est régulièrement au coeur de débats médiatiques et politiques. Au risque de briser le fragile équilibre posé par la loi de 1905, de nombreux discours visent à la « durcir », aux dépens des libertés qu'elle garantit. Ces dernières années, les polémiques à son sujet se sont multipliées, se focalisant largement sur l'islam. Pour sortir des préjugés, et résister à son instrumentalisation, il est indispensable de se réapproprier la laïcité telle que définie par le droit et par notre histoire en dissipant les confusions, et en déconstruisant les idées reçues et représentations fausses.
Et si la Terre nous parlait autrement ? Géographie des mondes à venir propose un dialogue inédit entre Augustin Berque et Damien Deville, où la justice spatiale et l’écologie se repensent à travers nos milieux de vie.
L'économiste Gaël Giraud et le sociologue Carlo Petrini, fondateur du mouvement Slow Food, nous offrent un dialogue exigeant sur les défis de notre temps. Avançant l'idée que les premiers responsables de la ruine environnementale sont le système alimentaire d'une part, et les marchés financiers d'autre part, ils postulent que nous sommes au seuil d'une nouvelle période historique, voire d'une révolution anthropologique qui, espèrent-ils, débouchera sur un nouveau modèle social et économique et un changement radical des raisons de notre existence. Un échange passionnant entre deux personnalités importantes du monde contemporain qui estiment que la crise majeure que nous traversons est une occasion de modifier notre modèle social et économique, et d'inventer une transition heureuse.
Démêlez le vrai du faux sur l’aménagement du territoire avec En finir avec les idées fausses de Martin Vanier.
Instaurer une communauté de travail qui rend libre, c'est l'ambition des hommes et des femmes qui ont participé à Boimondau de 1944 à 1971. Fondée autour d'une usine de BOItiers de MONtres dans le DAUphiné (à Valence), cette communauté fait partie des utopies concrètes d'après-guerre qui continuent de nous interpeller. À l'heure où le travail s'est imposé comme un sujet majeur du débat public, à travers une remise en question de sa finalité, de son coût et de ses conditions, Boimondau et son histoire dessinent des voies pour l'entrerpise du futur. De ce récit accessible, qui mêle les connaissances historiques, sociolgiques et des sciences de gestion, resurgissent nos propres questions et aspirations. Les traces laissées par ces compagnons, telles que l'édiction de leur « Règle » ou leur redéfinition du salariat dans la communauté, révèlent un projet qui se confond étrangement avec les revendications d'émancipation, d'égalité, de démocratisation et de liberté que les travailleurs et travailleuses formulent aujourd'hui. Grâce à une importante documentation, l'ouvrage retrace fidèlement les débats de ces compagnons qui ont permis d'aboutir à cette alternative à l'exploitation capitaliste. Mais il ne s'en contente pas et restitue, photos à l'appui, un quotidien à part entière, un mode de vie où le travail, le temps de la communauté, les loisirs et le projet familial s'articulent de manière inédite. L'expérience s'est distingué au point de voir ces pratiques s'insérer dans le combat politique de l'époque et influencer les projets de lois. C'est pour quoi les auteurs et l'autrice nous invitent à nous saisir de Boimondau pour nourrir des réflexions plus actuelles. Boimondau a fini par un échec, et il ne s'agit pas de chercher à la faire renaître à travers cet ouvrage, mais de reconnaître la tentative et d'en tirer les leçons pour le travail de demain.
L'ouvrage d'Ismail Nachef explore l'évolution de la pensée de la perte dans la culture palestinienne contemporaine, façonnée par la Nakba de 1948. Il analyse comment cette perte fondatrice est sans cesse rejouée, notamment après les accords d'Oslo de 1993, qui marquent une transition : la perte initiale est absorbée par de nouvelles défaites politiques. Nachef examine diverses productions culturelles - littérature, arts visuels, architecture, récits du quotidien - pour comprendre comment elles traduisent cette mémoire. Ces oeuvres manifestent une appropriation de plus en plus indirecte de la Nakba, révélant une dynamique marquée par la « perte de la perte ».
Fruit de longues recherches, cet ouvrage du sociologue Abaher el Sakka comble une lacune : l'absence d'une histoire de Gaza entre 1893 et 1948. À partir d'archives locales inédites et de sources internationales, il retrace la trajectoire sociale, politique et économique de cette ville souvent marginalisée, tout en éclairant le rôle central de ses grandes familles. En s'inscrivant dans une démarche postcoloniale, l'auteur analyse les effets du mandat britannique sur la société gazaouie. Entre notabilités, urbanisme, vie quotidienne et luttes politiques, ce livre propose une fresque riche et vivante d'une ville longtemps oubliée, essentielle à l'histoire palestinienne.
"Les pauvres font tout pour toucher des aides." "Les pauvres ne savent pas gérer leur argent, ils sont responsables de leur pauvreté." "Les pauvres sont incapables d'élever leurs enfants, il vaut mieux les placer." "La France distribue trop d'aides aux étrangers." (...) Les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté ont la peau dure, comme celle des crocodiles. Gangrenant trop souvent le débat public, elles nourrissent la pauvrophobie et aggravent la fracture sociale. Ce petit livre, illustré par des dessins de presse (Gros, Pancho, Gelück...), propose de faire le point sur ces idées reçues pour mieux les combattre et montre que la lutte contre la maltraitance institutionnelle et l'éradication de la misère sont un même combat. Un focus sur 20 idées reçues particulièrement tenaces !
« LES SUPERMARCHÉS ONT DÉMOCRATISÉ LE BIO » « SI LES PAUVRES CUISINAIENT PLUS, ILS MANGERAIENT MIEUX » « ON DOIT PRODUIRE BEAUCOUP POUR NOURRIR TOUT LE MONDE »... DE NOMBREUSES idées fausses sont entretenues au sujet de notre alimentation. Au risque de masquer la réalité d'un système qui dysfonctionne : 8 millions de personnes sont en situation d'insécurité alimentaire en France, 49 % des adultes sont en surpoids, nous consommons deux fois plus de viande que la moyenne mondiale, 4 millions de tonnes de denrées comestibles sont gaspillées chaque année... Face à ce constat, il est tentant de faire porter la responsabilité à celles et ceux qui consomment ou produisent. Mais c'est oublier l'influence des industriels, de la grande distribution et des politiques. « Manger mieux » ne peut rester une injonction faite aux individus, c'est un projet de société. Percevoir les anomalies du modèle en vigueur et identifier les leviers d'une alternative, c'est ce à quoi contribue cet ouvrage.
« S'IL ÉTAIT HANDICAPÉ, ÇA SE VERRAIT » « LES MALADIES PSYCHIQUES NE SONT PAS DES HANDICAPS » « LES PERSONNES HANDICAPÉES N'ONT PAS DE SEXUALITÉ » *** EN FRANCE, PLUS D'UNE PERSONNE SUR SEPT EST EN SITUATION DE HANDICAP. Il est urgent de nommer les oppressions systémiques vécues par ces personnes du fait de leur handicap. Depuis les années 1960, des lois ont permis des améliorations, mais les inégalités persistent. En cause : lenteurs administratives, décisions prises par des personnes majoritairement valides, obstacles d'environnement. Cet ouvrage veut rappeler l'importance de politiser le handicap. Lorsque les personnes en situation de handicap participeront aux décisions, lorsqu'elles ne seront plus contraintes à l'anticipation constante, lorsqu'on cessera de survaloriser leur courage ou de les stigmatiser, on pourra considérer que le validisme ordinaire a reculé et qu'on aura pris le chemin d'une s société inclusive. Clara Mautalent est psychologue sociale, consultante handicap, enseignante et formatrice. Son travail porte sur l'inclusion, le handicap, la santé mentale, les risques psychosociaux, les stéréotypes et la lutte contre les discriminations.
« L'apprentissage, c'est une voie de garage » « Les artisans ne sont pas innovants » « Nos savoir-faire seront pillés par la Chine » « Être artisan, c'est être seul dans son atelier » « La transition écologique, c'est pas du bricolage » La place que nous donnons au travail manuel et à l'artisanat dans nos vies, et dans notre société, est loin d'être anodine. Cloisonner les métiers manuels à un unique enjeu de patrimoine et de préservation de nos savoir-faire, comme ce fut le cas lors des réparations de Notre-Dame de Paris par exemple, est une aberration. Entre les images d'Épinal et le discours chauviniste, la réalité des métiers manuels se retrouve gommée. Pourtant, ils représentent des leviers essentiels pour construire le monde de demain. Valoriser les savoir-faire manuels, c'est offrir à la jeunesse une nouvelle manière de s'épanouir à l'école et dans la vie professionnelle, c'est stimuler la vie sociale et économiques des territoires, mais c'est aussi un moyen de favoriser la transition écologique en changeant nos modes de consommation et notre rapport au monde.
Découvrez En finir avec les idées fausses sur l’agriculture : un essai percutant qui déconstruit les préjugés sur le monde agricole, ses enjeux écologiques et ses défis sociaux.
Mars 1976, Montredon-des-Corbières : la révolte des vignerons du Languedoc bascule dans le drame. La guerre du vin retrace cette lutte acharnée pour la survie d’un territoire, entre mémoire enfouie et combat toujours actuel.
Des années 1960 à aujourd’hui, découvrez le combat méconnu des paysannes françaises pour leur émancipation, leur statut et leur place dans la société.
Le festival de Cannes, le tapis rouge, son défilé de stars et le crépitement des flashs... Qui pourrait se douter que derrière la clinquante vitrine de la manifestation la plus prestigieuse du septième art se cache une tout autre histoire ? Pour la comprendre, il faut remonter le temps jusqu'à l'origine même du festival. Initialement prévue en étroite collaboration avec les États-Unis en 1939 pour concurrencer la Mostra de Venise de l'Italie fasciste, mais annulée à cause du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, sa première édition eut véritablement lieu en 1946 au lendemain du conflit. Le souffle et les espoirs de la Libération se ressentent jusque dans le palmarès où figure en haute place La Bataille du rail de René Clément, hymne à la Résistance cheminote produit par une coopérative ouvrière fondée par la CGT. Malgré le succès de cette première édition, la deuxième en 1947 fut longtemps menacée par le refus de l'État de financer l'organisation du festival dans un pays souffrant encore des pénuries et du rationnement. Les producteurs américains se montraient cette fois-ci très réservés. Il aura fallu toute l'énergie du maire de Cannes, le docteur Picaud, de ses habitants et des syndicats pour que la manifestation puisse voir le jour. C'est alors toute une ville qui se mobilise pour remettre bénévolement en état les plages, les boulevards et les jardins. Plus impressionnante encore fut la construction du Palais de la Croisette, nécessaire pour accueillir les projections. Pendant quatre mois seulement, des ouvrières et ouvriers, dont une large partie est syndiquée à la CGT, sont présents jour et nuit sur le chantier pour tenir les délais dans des conditions souvent précaires. À Paris, cet effort est relayé et prolongé par l'infatigable député communiste de Nice, Virgile Barel. Sans ce volontarisme et cette énergie, Cannes aurait pu perdre définitivement ce qui deviendra l'événement cinématographique le plus attendu de l'année... Dans cette histoire populaire et syndicale du festival de Cannes, l'historien Tangui Perron montre que la bataille pour l'existence d'un cinéma français et la pérennisation de la diversité culturelle commence par la construction d'un palais, suivie d'une importante manifestation de rue à Paris, en janvier 1948. Les lois d'aides, qui expliquent pour partie la vivacité du cinéma hexagonal et de belles et nombreuses coproductions, y trouvent leurs sources. Ce livre met ainsi en lumière le lien étroit et méconnu qui unit le cinéma et le mouvement ouvrier.
Le néolibéralisme a transformé l'école et la famille en start-up : l'éducation devient une marchandise et les parents des gestionnaires du risque éducatif. De la privatisation rampante des crèches aux filières toujours plus sélectives, en passant par Parcoursup et ses lettres de motivation dignes d'un marché du travail, la mise en concurrence s'impose partout. Résultat ? Des élèves stressés, des parents sous pression, et une école publique qui perd son rôle émancipateur. Dans ce livre vif et documenté, Louise Tourret démonte ces mécanismes et propose des clés pour y résister. Un appel urgent à repenser l'éducation comme un bien commun, et non comme un produit à vendre !
Découvrez Pour une anthropologie arabe d’Abdellah Hammoudi, un plaidoyer audacieux pour une science sociale décolonisée et ancrée dans les réalités du monde arabe.