Arts & Civilisations
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« Le Ghana fut vidé de la totalité de son patrimoine au profit des boutiques, salles de vente et musées de l'Europe et des États-Unis. En 1998, le musée Barbier-Mueller de Genève exposait quelques statuettes koma, présentées avec la remarque : "Un peuple dont on ne connaît rien." Le mystère dopant les prix, les "terres cuites koma" se vendirent d'autant mieux qu'elles représentaient les dernières traces d'une civilisation engloutie. Que les archéologues, doublés par les pilleurs, n'aient pu achever leur étude, c'était une perte pour la science, mais une multiplication des gains pour les marchands. » Le marché de l'art peut bien remplacer l'expression « art nègre » par « art primitif », son seul souci demeure de satisfaire les demandes de ses consommateurs. Pour durer, il s'adapte, sans renoncer aux expropriations qui lui procurent son oxygène : peintures rupestres découpées à la tronçonneuse, manuscrits volés, squelettes d'animaux préhistoriques, vestiges revendus sur les marchés touristiques, tombes profanées. C'est le plus pernicieux des marchés et la plus symbolique des destructions que subissent les pays du Sud, où matières premières, sources d'énergies, productions agricoles et culturelles continuent d'être drainées vers une poignée de pays riches. Philippe Baqué est journaliste, auteur et réalisateur de documentaires. Il a notamment dirigé La Bio. Entre business et projet de société (Agone, 2012) et écrit Homme augmenté, humanité diminuée. D'Alzheimer au transhumanisme, la science au service d'une idéologie hégémonique mercantile (Agone, 2017).
Devant les productions artistiques du monde indien, le spectateur occidental hésite bien souvent entre fascination et incompréhension. Dérouté par une iconographie qui lui échappe et un sentiment d'exubérance, il estime qu'il ne dispose pas des codes nécessaires pour l'apprécier. L'objectif de cet ouvrage est de donner des clés de lecture afin de faciliter l'appréhension globale de cette production iconographique et architecturale. Grâce à ses 150 illustrations en couleurs et aux nombreuses sources textuelles citées, l'ouvrage de Vincent Lefèvre permet d'entrer au coeur du génie de l'art indien, de comprendre comment celui-ci est conçu, produit et appréhendé, d'analyser ses relations avec les productions artistiques d'autres régions du monde et de décrire ses réalisations. Au fil des pages se dessine un art non de l'explicite mais de la suggestion, qui convoque à chaque instant l'imagination du spectateur.
L'Alhambra, ensemble palatial fondé aux XIIIe et XIVe siècles par les souverains arabes de Grenade, est resté dans l'ombre pendant plusieurs siècles après la fin de la Reconquista. Les Espagnols furent les premiers à « redécouvrir » l'Alhambra au XVIIIe siècle, alors que ses visiteurs étrangers en firent l'une des premières destinations touristiques du XIXe siècle. Beaucoup ont laissé de précieuses traces de leur passage : des écrits, des photographies et, surtout, des commentaires dans le livre des visiteurs de l'Alhambra, tenu depuis 1829. L'historien Edhem Eldem a analysé ce document fascinant pour proposer une vision tout à fait nouvelle de l'Alhambra et de ce qu'il représentait. De Chateaubriand à Owen Jones et de Washington Irving à Jean-Léon Gérôme, les Occidentaux ont bâti une image de l'Andalousie toute empreinte de romantisme et d'orientalisme. Mais l'engouement occidental ne doit pas faire oublier les visiteurs « orientaux » du monument : des Maghrébins, nombreux mais peu loquaces ; des diplomates et voyageurs ottomans, parfois plus orientalistes que les Européens ; des Arabes du Machrek, de plus en plus influencés par le nationalisme arabe prôné par la Naha, la « renaissance arabe ». Autant de regards croisés que le registre des visiteurs, la presse de l'époque, les mémoires et les récits de voyage ont permis à l'auteur de reconstituer pour en tirer une histoire culturelle des rapports entre Orient et Occident, Nord et Sud, islam et chrétienté, centre et périphérie.
Les Japonais ne cessent de donner forme et vie à des croyances et à des récits qui leur sont propres. Les poupées, les automates puis les robots se sont tour à tour inscrits dans cette longue filiation d'histoires proprement japonaises, mais ces derniers semblent aujourd'hui également destinés à participer à la construction d'un nouveau grand récit. La paradoxale cohabitation de la nature et des « traditions » avec une automatisation présente partout tient sans doute aussi dans la réelle filiation qui, dans l'archipel, existe entre le vivant et l'artificiel ou dans l'absence de contradiction que l'on y rencontre entre « conservation » et « progrès ». Dans cet ouvrage, l'auteur décrit et questionne la manière dont, au cours des premières années du XXIe siècle, un surprenant mouvement de curiosité étayé par des progrès techniques et technologiques importants a permis d'accélérer le développement et la fabrication de robots souvent surprenants, parfois inquiétants, mais, pour la plupart, surtout vecteurs d'enchantement. Cette décennie, véritable âge d'or de la robotique au Japon, a vu l'autonomie des robots être réellement envisagée sur le plan technique et les recherches et les expérimentations sortir des laboratoires de robotique pour gagner tous les champs disciplinaires, des diverses branches de l'ingénierie à la fabrication des objets du quotidien, en même temps que les robots devenaient partout visibles, dans les médias comme dans la réflexion philosophique ou encore dans les arts, comme par exemple au théâtre. Zaven Paré est un artiste roboticien. Il est à l'origine des premières marionnettes électroniques utilisées au théâtre. Il fut lauréat de la bourse de la Japan Society for Promotion of Science (JSPS/CNRS), en tant que collaborateur du Robot Actors Project, dès sa création, au sein des laboratoires du professeur Ishiguro Hiroshi à l'université d'Ôsaka et à l'Institut international de recherches avancées en télécommunications (ATR) de Kyôto. Ses robots figurent notamment dans les collections du Ballard Institute dans le Connecticut, du Museo internazionale delle marionette de Palerme et dans les collections du Musée des marionnettes du monde de Lyon.
Songez, quand vous découvrirez ou retrouverez le Cambodge des temples, Angkor Vat, le Bayon, le Bapuon, Banteay Srei, Prah Khan... que l'immense cité des rois khmer fut reconstruite pierre à pierre par les hommes de l'École française d'Extrême-Orient à partir des années 1900. En 1901, Pierre Loti s'assoupit à l'ombre des géants du Râmâyana, pendant que Charles Carpeaux, le fils du sculpteur, se débat avec les tentacules des banians qui emprisonnent les tours à visage du Bayon. Paul Claudel, lui, croit rencontrer à Angkor Vat Satan personnifié. Quant à André Malraux, il vient à Angkor en 1923 pour dérober, à Banteay Srei, plusieurs déesses sculptées en bas-relief. De nouveaux documents, retracent l'équipée de l'écrivain au Cambodge. Outre celle de Malraux, c'est l'aventure des Conservateurs d'Angkor qui est contée dans ce livre : fallait-il être assez fou, au début du siècle, pour accepter de vivre dans la jungle et l'humidité afin d'exhumer des vestiges dont personne ou presque ne se souciait ? Certains, tel Henri Marchal, ont la grâce d'être élus khmer parmi les Khmers, d'autres disparaissent tragiquement. Quant au dernier Conservateur, Bernard-Philippe Groslier, il poursuit la reconstruction de ses monuments sous les tirs de roquettes et les bombes au napalm durant la guerre civile qui embrase le Cambodge de 1970 à 1975. Tous, en dépit des guerres et des avatars de la décolonisation, restèrent fascinés par la majesté des monuments qu'ils arrachaient à l'emprise de la forêt : chaque jour, ils côtoyaient les dieux.
Un voyage du Néolithique jusqu'à la fin des temps carolingiens, guidé par Michel Fleury, président de la commission du Vieux Paris, responsable depuis de nombreuses années des fouilles archéologiques de la capitale. « Copyright Electre »
Les expositions se multipliant dans les musées et les institutions culturelles, leur rôle dans le cadre de la diffusion de la culture prenant une importance de plus en plus grande, les professionnels des musées sont amenés à produire des expositions de plus en plus nombreuses et d'une qualité toujours meilleure. Face à cela, les étudiants et les jeunes professionnels des musées manifestent un besoin d'information dans le domaine de l'exposition. Cet ouvrage a pour but de répondre à l'attente d'information et d'aide des étudiants et des professionnels, et d'améliorer la qualité des productions grâce à la méthode de travail proposée.
Copiés sur parchemin ou sur papier, évangéliaires et recueils liturgiques s'ouvrent sur de magnifiques frontispices et se parent de miniatures aux couleurs vives illustrant les scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament ou la vie des saints. Le fonds arménien de la Bibliothèque nationale de France est aujourd'hui riche de quelque 350 manuscrits et, pour les XVIe et XVIIe siècles, de près de 70 % de la production de livres imprimés. Pays à la géographie tourmentée ravagé par les invasions successives, l'Arménie, premier État converti au christianisme, s'est construite tout entière autour d'une religion et d'une langue. L'alphabet arménien, inventé au Ve siècle pour lire et traduire la Bible, déploie ici ses différents styles, tandis que dans les marges lettrines et lettres ornementées prennent la forme de végétaux ou d'animaux fantastiques. À partir du XVIe siècle, alors que se perpétue encore la tradition manuscrite, les premières imprimeries, installées alors en Europe, éditent, pour les marchands arméniens qui sillonnent le monde, des livres de dévotion et de divertissement agrémentés de gravures. L'impression de la Bible en arménien en 1666 à Amsterdam constitue un événement éditorial, que renforce la parution de nombreux ouvrages religieux mais aussi d'érudition et de littérature permettant, tant en Orient qu'en Occident, une plus large diffusion du patrimoine culturel arménien. La cinquantaine de pièces présentées, acquises dès le règne de François Ier puis principalement sous celui de Louis XV, témoignent de la constance de l'intérêt et de la curiosité que suscitent depuis toujours l'Arménie et sa culture en France. Illustration de couverture : Tétraévangile (détail), BNF, Manuscrits orientaux, arménien 333, f. 186 v° [cat. 35]
Ce numéro est publié en hommage à Mohammed Lahya, enseignant chercheur à l'université d'Agadir puis à l'université Sidi Mohammed ben Abdellah à Fès. Une partie de ses recherches a porté sur l'urbanisme et le patrimoine dans trois capitales marocaines, Fès, Marrakech et Meknès. Les contributions rassemblées ici portent notamment sur l'artisanat et les métiers d'art au Maroc, la poterie féminine, la mosquée Bab al-Brad'iyin, la mosquée Farrane Kouicha, le patrimoine culturel de Fès, l'orientalisme architectural espagnol à Tétouan.
Le patrimoine historique arménien, notamment architectural, présent en Turquie est important. Plus de 300 illustrations, dont la moitié de l'auteur font la richesse de ce livre. Elles représentent des édifices construits entre le IVe (début du christianisme) et le XXe siècle. Nombre de ceux-ci ont été démolis après le Génocide de 1915, à travers toute la Turquie, notamment dans les anciens territoires de l'Arménie historique. On peut retrouver et situer nombre de ces monuments dans les cartes figurées en fin du livre.
On ignore souvent que l'art byzantin, l'art roman, les traits distinctifs du gothique, l'art des miniatures et des enluminures trouvent leur source chez les Arméniens. Ils ont apporté tout cela aux européens, mais ils ont même construit les premières mosquées de l'islam arabe et turc. En choisissant quelques exemples, les auteurs démontrent par l'antériorité des réalisations et leur originalité comment l'art chrétien arménien a enrichi le monde.
Du Moyen Âge à l'Époque contemporaine, l'art décoratif peut être défini par les matériaux, le design et les objets artistiques utilisés à la fois en architecture urbaine et en architecture d'intérieur. Comme beaucoup d'autres formes d'art, l'art décoratif continue à se développer, ajoutant à l'utilité de simples pièces comme des chaises une dimension esthétique pour s'orienter vers des objets purement ornementaux. Les Art décoratifs, en valorisant tous les supports d'expression de l'art décoratif à travers les siècles, aspire à faire l'éloge de ces édifices et objets souvent sous-estimés. À l'origine non considérés comme des arts appliqués, leur potentiel artistique ne fut reconnu qu'au XXe siècle lorsque la production industrielle remplaça la création artisanale. L'ancienneté, l'authenticité et surtout la singularité de ces précieux travaux sont aujourd'hui les nouveaux standards de qualité et de beauté de l'art décoratif. Rejoignez-nous pour la découverte de l'évolution de l'art décoratif à travers cet aperçu des principaux chefs d'oeuvre à travers le temps.
Ce livre est un manuel indispensable à ceux qui cherchent à atteindre le passé de l'Afrique subsaharienne par le canal de sources non écrites. Il paraît au terme de 50 années de collecte et d'exploitations de sources orales en Afrique et se distingue par l'entrée en force de la religion dite traditionnelle dans le territoire de l'historien. Quelles perspectives l'exploitation des sources orales offre-t-elle aujourd'hui aux historiens ?
Plongez au cœur de la civilisation maritime océanienne et découvrez les secrets de la navigation sans instruments.
Découvrez l'une des plus grandes civilisations de notre histoire à travers les miniatures. Dans Miniatures persanes, l'histoire de l'empire perse nous est racontée aux travers de sa tradition artistique.
L'art a été profondément marqué par la figure de la Vierge Marie, le symbole de la maternité, rayonnante de jeunesse, de tendresse et de compassion depuis deux mille ans. Trouvant en elle une source d'inspiration inépuisable, les artistes ont utilisé cette figure pour exprimer nos souffrances et nos joies. L'auteur Kyra Belán nous emmène dans une analyse du sens à trouver dans les images de la Vierge - à partir d'interprétations personnelles et de réflexions plus spirituelles. Les oeuvres d'art constituent des commentaires visuels, à la fois sur l'évolution de l'art occidental et sur celle de l'image de la femme dans la société. Avec plus de 200 illustrations, deux mille ans d'histoire sont exprimés à travers une seulle image, celle de la Vierge Marie, mère du Christ.
Without a doubt, Katsushika Hokusai is the most famous Japanese artist since the middle of the nineteenth century whose art is known to the Western world. Reflecting the artistic expression of an isolated civilisation, the works of Hokusai - one of the first Japanese artists to emerge in Europe - greatly influenced the Impressionist and Post-Impressionist painters, such as Vincent van Gogh. Considered during his life as a living Ukiyo-e master, Hokusai fascinates us with the variety and the significance of his work, which spanned almost ninety years and is presented here in all its breadth and diversity.
Katsushika Hokusai ist ohne Zweifel der seit der Mitte des 19. Jahrhunderts im Westen berühmteste Künstler Japans. Die Werke Hokusais spiegeln die künstlerischen Ausdrucksformen einer isolierten Kultur wider. Gleichzeitig war er einer der ersten japanischen Künstler, der in Europa Bekanntheit erlangte und großen Einfluss auf impressionistische und postimpressionistische Maler wie etwa Vincent van Gogh ausübte. Hokusai galt schon zu seinen Lebzeiten als ein Meister der Kunst des Ukiyo-e. Er fasziniert uns noch heute mit der Vielfalt und Bedeutung seines in diesem Buch in seiner gesamten abwechslungsreichen Breite präsentierten, fast neunzig Jahre umfassenden Werkes.
Les pouvoirs, qu'ils soient politiques ou religieux, sont traditionnellement méfiants à l'égard du théâtre. Comment, pendant le presque demi-siècle (1926-1974) qu'a duré la dictature portugaise, cet art, qui puise son énergie dans le corps de l'acteur et le regard du spectateur, a-t-il alors survécu ? À la lumière de mémoires d'artistes, d'archives de metteurs en scène, d'articles de presse, Graça Dos Santos étudie la vie théâtrale et plus largement artistique sous le régime de Salazar. Sur fond des autres variantes européennes de dictature, elle analyse les particularités et l'évolution de la politique théâtrale du régime, qui préfère l'esquive à l'affrontement, la discrétion au bruit, la prévention à la répression. Partisan d'un art « façade de la Nation » qui maquille la réalité - concrétisé dans le Teatro do Povo, pâle copie du Théâtre du Peuple (Bussang) -, Salazar met en scène l'État nouveau, avec la complicité d'António Ferro, chargé de la Propagande. Malgré une oppressante surveillance, le théâtre évoluera de la soumission à la résistance, grâce au théâtre d'amateur et au théâtre universitaire, qui seront à l'origine du Théâtre indépendant annonciateur de la révolution des OEillets. Au fil des chapitres, l'auteur reconstruit le difficile parcours des divers protagonistes qui permirent que la rencontre entre la scène et la salle puisse se perpétuer. L'accent porté sur la législation théâtrale et la censure, les services de propagande, les conditions de vie des « gens du spectacle » souligne les mérites de ceux qui surent braver les interdictions. L'évolution multiforme de la pratique théâtrale sera un signe avant-coureur de la nécessaire démocratisation d'un pays qu'on avait voulu figer. Porteur de la double culture et de la double expérience de son auteur, ce livre ajoute un nouvel épisode à l'histoire du théâtre européen du XXe siècle.
Avec cet ouvrage, l'auteur cherche à établir la place des arts africains dans les ventes de Drouot, de la fin de la guerre aux indépendances des colonies d'Afrique (1945-1960). Pour la saisir, les ventes, les lots, les prix, les dénominations des pièces, leurs catégories et leurs origines ont été recensés et leur évolution suivie sur seize années. Le marché de l'art africain à Drouot se révèle être à part, indépendant des autres types de ventes (meubles, bijoux, tableaux), et possède son propre public restreint mais connaisseur, en constante augmentation.
Présente toutes les inscriptions latines, exceptées celles chrétiennes, trouvées à Apt, accompagnées de photos ou de dessins et d'un commentaire historique. «Copyright Electre»
Ainsi la peinture religieuse du XIXe siècle - ces tableaux si libéralement envoyés dans les églises des départements par l'administration parisienne des Beaux-Arts, ces décors muraux si volontiers commandés et mis en place par le clergé local - est-elle encore capable, après plus de cent ans de purgatoire ou plutôt d'enfer, d'intéresser même... la jeunesse du XXIe siècle. Ce sont en effet les étudiants du D.E.S.S. Patrimoine de l'université de Toulouse-Le Mirail qui ont eux-mêmes décidé d'explorer, à sa recherche, les paroisses du Lot. Grâces leur soient rendues. Ils avaient pour guide Louis Peyrusse, soit l'un des ces modernes archéologues qui nous ont appris à revoir, à travers l'exemple toulousain, le XIXe siècle : ils pouvaient se servir d'une carte aux trésors bien lacunaire, cette thèse de 1980 publiée en 1987 où l'on trouvait quelques grilles d'analyse. Le résultat ne déçoit pas ; les trois cent vingt-trois oeuvres recensées, dont est présenté ici un choix significatif, comprennent au moins un chef-d'oeuvre absolu et ce qu'il faut de toiles savantes ou plus souvent naïves d'artistes parisiens ou régionaux, pour offrir un échantillon qui a valeur générale.
Est-ce le propre de la personne humaine de se masque ? « Le masque cache autant qu'il révèle, nie autant qu'il affirme » écrivait Lévi-Strauss. Ce livre a deux objectifs esthétiques articulés : réfléchir à la problématique esthétique Masques et identités et faire une étude esthétique de cette problématique dans l'oeuvre de l'artiste-contemporain Bernard Koest.
Cet ouvrage posthume - unique en son genre - est le fruit d'une vaste enquête menée sur les représentations des moines et ermites, principalement dans la peinture monumentale, dans les régions de l'Empire byzantin et de sa périphérie, de l'époque paléochrétienne à celle des Paléologues. Svetlana Tomekovi´c a non seulement visité la plupart des monuments, afin d'analyser les images in situ et de réunir la documentation photographique, mais elle a aussi exploité systematiquement les sources hagiographiques. L'iconographie des saints ermites et moines (portrait, vêtements, attitudes, textes peints sur leur phylactère, etc.) est étudiée de façon diachronique ; leurs groupements, leurs emplacements dans les églises et, le cas échéant, la représentation des épisodes de leur vie sont attentivement examinés. Ces approches croisées dessinent les temps forts de l'iconographie monastique, notamment aux xie et xiie siècles, et éclairent de façon originale un aspect essentiel de la piété et de la spiritualité byzantines. Des fiches hagiographiques et topographiques complètent le texte, outils de repérage qui seront précieux pour les recherches à venir. De nombreuses photographies en couleurs de belle qualité, la plupart inédites et réalisées par l'auteur, et des dessins étayent et enrichissent le texte.
Des textes inédits de l'un des plus grands auteurs africains de langue française décédé du sida en 1995 à Brazzaville : romancier, dramaturge et poète. « Copyright Electre »
De la Renaissance à la fin du XXe siècle, l'obsession de la conservation et de l'archive est restée la même, mais les modalités de la représentation ont changé. Ce recueil entend reformuler, préciser et discuter les principaux enjeux de la relation qu'entretient la création actuelle avec le passé métaphorisé par l'imaginaire archéologique. « Copyright Electre »
Entendez les mouvements de notre symphonie, le roulement sourd des Origines derrière l'allegro de la Renaissance, la fugue des visiteurs et l'andante des résidents. Petites musiques de nuit et tempêtes équinoxiales, flûtes, cymbales, et toujours le violon. Au pied des falaises, l'océan dicte la partition, et pendant que sonne le tocsin des alarmes à la tour de veille, dans l'abbatiale ruinée répond le choeur des moines. Une navigation musicale et sentimentale, simplement. Ainsi s'écrivent les histoires d'amour : un peu d'écume déposée par les vents venus du nord sur des yeux émerveillés pour faire éprouver, au-delà des mots et des images, cette passion trouble et douce qui invente une île à nulle autre semblable. Un songe. Une terre-mer. L'Irlande.
L'Ukiyo-e (« images du monde flottant ») est un courant artistique japonais qui naquit pendant la période prospère de l'Edo (1615-1868). Caractéristiques de cette période, les estampes sont l'oeuvre collective d'un artiste, d'un graveur et d'un imprimeur. Développées en raison de leur faible coût grâce à l'évolution de la technique, elles représentent la vie quotidienne, les femmes, les acteurs du théâtre kabuki ou encore les lutteurs de sumo. Le paysage s'imposera ensuite comme l'un des sujets favoris. Moronobu, le fondateur, Shunsho, Utamaro, Hokusai ou encore Hiroshige sont les artistes les plus réputés de ce mouvement. En 1868, le Japon s'ouvre à l'Occident. La maîtrise de la technique, la finesse des oeuvres et la précision graphique séduisent immédiatement l'Occident et influencent les plus grands tels les impressionnistes, Van Gogh ou Klimt. C'est la période dite du « Japonisme ». A travers une analyse thématique, Woldemar von Seidlitz et Dora Amsden soulignent en filigrane l'influence immense qu'eut ce mouvement sur toute la scène artistique occidentale. Ces magnifiques estampes représentant l'évolution de l'idéal féminin, la place des dieux, ou l'importance accordée au paysage, sont aussi le précieux témoignage d'une société aujourd'hui révolue.
Dans la boucle du Zambèze, en Afrique australe, d'étranges théâtres de la mort, les Makishi, se déroulent après chaque cérémonie de circoncision. Les initiés fabriquent et revêtent des masques d'ancêtres pour devenir les acteurs d'une société idéale, celle qui guidera les vivants vers la connaissance.
Pour les peuples de la taïga, Toungouses et Iakoutes, la chasse est un mode de vie où les humains sont en relation d'échange avec les animaux et leurs esprits. Un photographe et un anthropologue rendent sensibles les liens entre ces deux horizons, celui de l'espace naturel, celui de l'expérience humaine et des rites qui en perpétuent le cycle. « Copyright Electre »
"Cultures au Faubourg" a rassemblé à Paris, dans les grands établissements publics de la capitale, cent vingt opérateurs de haut niveau oeuvrant dans leurs pays respectifs à la mise en oeuvre des politiques culturelles. Des tables rondes et des débats, des ateliers par disciplines ont permis la déclinaison des savoir-faire provenant des quatre coins du monde. Voici à l'état brut histoires de vie et expériences professionnelle de cette Babel des cultures.
Loin d'être une barrière entre des peuples très distants, le Pacifique fut un trait d'union dès la protohistoire ! Si les migrations de peuples eurasiatiques de l'Oural vers l'Atlantique et la Méditerranée sont établies, de même que leur expansion vers l'Inde et l'Asie centrale, on commence à pressentir des mouvements beaucoup plus vastes : de l'Insulinde jusqu'au Sud du Chili, en passant par le Japon, l'Alaska et le Mexique, et traversant Behring avant les cultures mongoles...