Lus dans la presse
Retrouvez les romans, essais, bandes dessinées et récits lus, chroniqués ou recommandés dans la presse écrite et en ligne au cours des 30 derniers jours.
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211 milliards C'est le montant des aides publiques versées aux entreprises en France, en 2023, sans transparence ni contrepartie ni évaluation. Cela correspond à deux fois et demie le budget de l'Éducation nationale, et onze fois celui de la Santé - 211 milliards attribués sans obligation d'aucune sorte, ni sociale ni environnementale. Ce chiffre a été établi par une commission d'enquête sénatoriale sur la base de six mois de recherche, d'analyse et d'audition de près de la moitié des patrons du CAC 40, peu habitués à rendre des comptes aux citoyens ou à leurs représentants élus. C'est inédit. Le rapporteur de la commission, Fabien Gay, raconte les coulisses de ce travail de fourmi qui a permis d'établir un état des lieux précis, jusqu'alors inexistant, des aides publiques aux entreprises. Le jeune sénateur livre ici son expérience de l'exercice du débat démocratique et de la lutte politique au service de celles et ceux qui sont les créateurs de richesses : c'est maintenant que le combat commence.
De la découverte de l’or des Amériques aux crises financières modernes, L’Argent de John Kenneth Galbraith démythifie avec brio l’histoire monétaire.
Si la recherche avance parfois au rythme patient des années, le quotidien des chercheurs peut soudainement être bousculé par des situations exceptionnelles. Que se passe-t-il lorsqu'un mail ou un coup de téléphone les mobilise dans l'urgence ? Pour le découvrir, partez en première ligne et parcourez des terrains d'investigations ou de réflexion uniques. Du pont d'un navire océanographique dans l'océan Indien aux salles de crises interministérielles, de fouilles archéologiques au coeur de la Moselle aux laboratoires de la station scientifique sur l'archipel Crozet, des chercheurs mobilisent leurs connaissances, déploient des équipements de pointe, développement des approchent innovantes, et vous livrent leurs récits en situation de crise. Séismes inattendus, maladies d'origine inconnue, pollutions oubliées... à travers 10 récits d'enquête accessibles à un large public, cet ouvrage vous plonge dans des aventures humaines qui mêlent technicité scientifique, engagement et émotion. Un recueil qui s'adresse aussi bien aux futurs chercheurs qu'aux passionnés de science ou aux adeptes d'enquêtes en tous genres. Découvrez l'ouvrage avec un 11(sup)e(/sup) récit inédit ! Dans (em)Baignade à haut risque(/em), parcourez les rivières corses avec Jérôme Boissier pour comprendre l'émergence inattendue en France de la bilharziose, une maladie tropicale... Cette enquête est disponible en accès ouvert sur https://doi.org/10.5281/zenodo.21509775
Le cadavre de Jake Crow Dog est repêché dans le Mississippi. La police de Minneapolis, qui ne fait pas grand cas de la mort d'un Indien, classe le dossier. Mais pour ses enfants, Winona et Duane, il ne fait aucun doute qu'il n'est pas tombé à l'eau tout seul. En remontant la piste de leur père jusque dans les réserves lakota, où ils n'ont jamais mis les pieds, c'est leur histoire et celle des Indiens des plaines qu'ils vont découvrir. Et leur enquête va prendre des proportions insoupçonnées. S'ils savent que l'Histoire se répète, cette fois-ci Winona et Duane vont tout faire pour la changer. Quitte à demander de l'aide à un allié de choix : Wakan Tanka... La voix d'Ariane Brousse nous fait ressentir la passion et la rage qui animent l'écriture de Caryl Férey. "Du pur Férey grand cru." LH Le Magazine "Un polar nourri de mémoire et de résistance." Infrarouge "Une immersion et une intrigue haletantes au coeur d'une Histoire qui ne semble jamais close." 1 Le un des libraires Couverture : d'après photos © Photo12/Heritage Images/Heritage Art, Cavan Images et Robyn Osborne/Getty Images
24 juillet 1938. Une nuit sans lune. Les compagnies républicaines traversent en silence le fleuve et prennent position sur la rive sud, autour du village viticole de Castellets del Segre. La dernière grande bataille de la guerre civile espagnole - la bataille de l'Èbre - va commencer. Près de deux cent mille soldats vont se disputer chaque colline, chaque route et chaque ferme dans des combats féroces et sanglants, où l'on joue sa vie à tout moment. D'un côté, les brigades internationales, le bataillon Ostrovski et les jeunes appelés de l'année vingt, les Biberons ; de l'autre, les légionnaires, les traditionalistes catholiques du Tercio de Montserrat et les soldats musulmans du quatorzième tabor. Ligne de feu met en scène dix jours de cette bataille décisive qui fera basculer l'histoire et scellera à jamais le destin de personnages inoubliables : Patricia Monzón, la militante communiste ; Julián Panizo, le dynamiteur murcien ; le sous-lieutenant Santiago Pardeiro ; le monarchiste catalan Oriol Les Forques ; Selimán al-Barudi, le caporal du tabor ; sans oublier les journalistes étrangers Phil Tabb et Vivian Szerman, ni le photographe Chim Langer. Arturo Pérez-Reverte raconte leurs combats et leur sort, à la fois en grand maître du roman historique et en grand correspondant de guerre, au plus près des événements. Avec Ligne de feu, il nous offre l'expérience d'une immersion saisissante dans un conflit dont les ondes de choc n'ont pas fini de traverser notre présent. "Le grand roman sur la guerre civile espagnole." La Vanguardia "Un grand roman sur la guerre et ce qu'elle fait aux hommes." Benzine "La guerre civile espagnole comme on ne nous l'avait jamais racontée." Publishers Weekly "Le récit épique du meilleur romancier espagnol." El Mundo
« Chaque nouveau roman de Louise Erdrich est un événement littéraire, et son dernier en date poursuit l'une des séries de succès les plus remarquables de la littérature américaine. » The Guardian
« Il y a le corps physique de la maladie, celui dont tu parviens à définir les contours. Il se situe à l'intérieur du tien, se meut au gré des symptômes, des douleurs. C'est tantôt une surface plane, une lame qui te traverse de part en part au niveau de l'estomac, tantôt un vide circulaire ou un orbe pulsant. Il y a la fatigue physique, cet insupportable brouillard mental qui te met à distance de tout. Et puis il y a l'aura de la maladie, la façon dont elle s'étend au-delà de toi, modifie le monde tel que tu le perçois. » En 2023, Jean-Baptiste Del Amo se rend au musée du Prado, à Madrid, pour revoir les Peintures noires de Francisco de Goya. Il passe ensuite une nuit à l'ermitage San Antonio de la Florida dont la coupole a été décorée par le peintre et où se trouve sa sépulture. À travers le récit d'une journée et d'une nuit, en miroir de l'oeuvre de Goya, il revisite l'expérience de la maladie et explore la manière dont elle a bouleversé son rapport au corps, au temps, à l'écriture et à la réalité.
Le 30 janvier 1933, l'Allemagne bascule dans l'inconnu. Nul ne sait comment les nazis - installés au pouvoir alors qu'ils ne l'espéraient plus - vont gouverner et nul n'a anticipé le carnage institutionnel qu'ils provoqueront. La droite, obnubilée par la montée en puissance des communistes, veut protéger les intérêts économiques, fiscaux et sociaux des élites patrimoniales et mettre fin à la démocratie. Elle mise sur la violence nazie pour frapper aussi bien les opposants politiques, les syndicalistes, que les immigrés, les Juifs et tous les ' indésirables ' qu'elle abhorre. Mais les Allemands sont réticents, comme le montrent l'échec spectaculaire du syndicat nazi aux élections professionnelles et celui du boycott antisémite du 1er avril 1933. La "prise de pouvoir" a duré six mois, jusqu'au 14 juillet 1933, date du dernier conseil des ministres avant les vacances estivales. Elle a été rendue possible par la bascule de plusieurs groupes élitaires qui ont oeuvré en faveur des nazis : l'armée, l'Église catholique, les médias libéraux qui tentent d'amadouer le monstre, la magistrature et la haute fonction publique, tandis que le patronat, le clergé protestant et les grands propriétaires agricoles avaient déjà fait leur choix - celui du pire pour le peuple allemand.
On fait partie d'une grande famille. On sait qu'on est privilégiés. On vit ensemble, dans notre immeuble au centre de Paris, on se retrouve l'été dans notre maison à la montagne. On trouve que c'est normal. C'est chez nous, c'est à nous, c'est pour nous. On se ressemble, on se compare, on se confronte, on ne se quitte pas, on se confond, on s'appartient. On ne sait pas comment dire je, on n'en a pas besoin, puisqu'on est nous. Nous les enfants, les frères et soeurs, les cousins, les cousines, on partage tout, nos écoles, nos chambres, nos habits, nos repas, nos jeux, nos bains, nos lits. On est les membres indissociables du grand corps familial. On n'a jamais vécu dehors. On ne sait pas ce que c'est. On n'en est pas capables. On n'en a même pas envie. Et tout aurait dû continuer ainsi, dans un même immuable recommencement. Le jour où la façade s'est fissurée, on n'a pas compris. Ça n'aurait pas dû se produire, pas dans notre famille. Ce n'était pas possible que ça nous arrive, à nous aussi.
En trente ans, Amos et Emerson se sont bâti une existence que beaucoup leur envient. Leurs épouses sont proches, leurs filles adolescentes ont grandi ensemble, et leurs journées s'écoulent dans la langueur de vies new-yorkaises opulentes. Leur amitié semble immuable. Ce week-end, pourtant, quelque chose a changé. Alors qu'ils sont réunis pour célébrer les cinquante-deux ans d'Emerson dans sa maison de campagne, la fête laisse place à de vieilles rancoeurs. Lorsque les tensions éclatent, leur monde si soigneusement construit se brise en un acte de violence impensable, aux conséquences abyssales. Dans un style d'une exactitude infinie, Hal Ebbott pose un regard acéré sur la fragilité des liens, le mariage et les rapports de classe. Acclamé outre-Atlantique, Entre amis signe l'entrée en littérature d'un écrivain-né.
Après le succès littéraire et commercial de son récit , Sonia Devillers part à la recherche d'un admirable piano à queue, volé par les nazis en 1943. Ce qu'elle nous raconte est bouleversant, instructif, et magistralement mené.
Milwaukee, début des années 1930, à quelques encablures de Chicago. Hicks McTaggart, ancien briseur de grève devenu détective privé, se voit confier une mission d'apparence routinière : retrouver l'héritière d'une grande fortune de l'industrie fromagère qui a fugué avec un clarinettiste de swing. Lassé des affaires conjugales, Hicks préférerait enquêter sur la retentissante explosion d'un camion d'alcool de contrebande au bord du lac Michigan, car la fin de la Prohibition approche et des heures sombres s'annoncent. Mais Hicks n'échappera pas à sa mission initiale, et le voilà embarqué sur un paquebot transatlantique, pour finalement atterrir en Hongrie, bien loin de son cher Milwaukee et des pistes de danse et de bowling qu'il affectionne tant. Bientôt le FBI s'en mêle, suivi par la mafia, les nazis, des agents soviétiques, le contre-espionnage britannique, des praticiens du paranormal ou encore des motards hors la loi... alors que Hicks ne cesse d'éprouver cette persistante impression qu'on le mène partout en bateau. Sur un tempo grisant, ponctué d'argot d'époque et de parodies musicales, Thomas Pynchon prend pour la première fois pour décor les États-Unis de l'ère du jazz et l'Europe de l'entre-deux-guerres, dans un monde qui s'apprête à basculer. Mission de l'ombre dynamite les codes du roman noir pour mieux nous confronter à la montée du fascisme dans nos sociétés et esquisser des lignes de fuite tous azimuts.
« J'aurais beaucoup aimé rencontrer aujourd'hui chacun des témoins qui savaient "de source sûre" où était l'imam. Dans le monde des adultes, c'est cela avoir du pouvoir : savoir avant les autres. Mais à quoi jouent ces femmes et ces hommes ? Au Cluedo ? » Le 31 août 1978, l'imam que certains surnomment le Che Guevara libanais ou le Martin Luther King chiite disparaît après avoir rencontré le colonel Mouammar Kadhafi en Libye. On aurait retrouvé son passeport, sa valise et ses vêtements dans une chambre d'hôtel à Rome. Pour l'auteur, il a succombé aux charmes d'une Italienne et décidé de ne plus être l'imam. Mais rien ne se passe jamais comme prévu en littérature. Quatre ans après Beyrouth-sur-Seine, Sabyl Ghoussoub revient avec un roman qui transcende les genres, une déambulation au fil de laquelle il transforme la douleur en beauté.
Hanoï, 2026. Entre les ruelles étouffantes et les souvenirs d’enfance, Line Papin revisite la capitale vietnamienne avec une intensité rare. Hanoï stories explore l’exil, la quête d’identité et la nostalgie d’une ville qui ne s’oublie pas.
Dans une petite ville d’Irlande, la famille Barnes voit son quotidien basculer sous le poids des secrets, des dettes et des non-dits. La Piqûre d’abeille de Paul Murray mêle humour noir et tragédie familiale pour un roman aussi drôle que déchirant.
"Je ne pouvais pas continuer à trahir Christine Schwartz plus longtemps, ça suffisait, et à vivre soi-disant protégée par ce nom de Angot. À quel prix ? Quel prix j'allais encore payer pour passer pour une autre, et me croire avec la majorité, à l'abri, sous la protection paternelle d'une famille classique, bourgeoise et dominante."
Nourrie de témoignages, d’archives et d’écrits divers et variés, cette exploration vibrante du parcours de James Baldwin, géant subversif des lettres et des idées, se lit comme un roman et nous plonge dans la vie fascinante du grand écrivain noir américain. Dès les années 1940, Baldwin s’affranchit des contraintes raciales, familiales et religieuses de son enfance à Harlem et, au gré de rencontres amicales décisives, parvient à embrasser sa vocation littéraire et accepter son homosexualité dans une Amérique marquée par l’intolérance et le racisme. Installé à Greenwich Village, puis à Paris et Istanbul, où il devient à chaque fois un personnage emblématique de la bohème artistique (parmi ses fréquentations : Richard Wright, Maya Angelou, Marlon Brando, Elia Kazan, Truman Capote…), Baldwin approfondit sa pensée dans des romans (souvent nourris de ses amours compliqués, tel La Chambre de Giovanni), des pièces de théâtre et de nombreux essais politiques : une œuvre riche et complexe grâce à laquelle il conquiert une liberté révolutionnaire pour son temps et rencontre un large succès public. Son engagement le conduit également dans le Sud ségrégationniste (où il côtoie notamment Martin Luther King Jr.). Baldwin devient par la suite une voix centrale de la lutte pour les droits civiques, dénonçant avec force le racisme systémique et la violence sociale, comme en témoignent son essai La Prochaine fois le feu ou sa pièce Blues pour l’homme blanc. Jusqu’à sa mort en 1987, à Saint-Paul-de-Vence, Baldwin incarne une figure avant-gardiste, humaniste et visionnaire dont l’œuvre transcende les frontières de la littérature, de la politique et de l’identité. Docteur de l’université de Columbia, spécialisé dans la littérature afro-américaine et les études queer, Nicholas Boggs est écrivain-chercheur. Il a consacré une grande partie de ses recherches à la fréquentation de la vie et l’œuvre de Baldwin.
Rentrée littéraire 2026Janvier 1910. C'est la crue du siècle. Alors que les eaux envahissent cet asile d'aliénées du département de la Seine, deux femmes se dirigent vers les grilles laissées ouvertes dans la confusion. L'une tient encore dans la main une liasse de pages arrachées. Dehors, la rue inondée appelle et effraie.Explorant les manières de couver les feux, Des idées d'incendie retrace d'une langue fiévreuse la destinée d'une paysanne que sa condition n'a pas réussi à brider. Sa bonté, son silence qui répare, ses abeilles tant aimées, sa faim de liberté font de Paulie une héroïne qu'il est impossible d'oublier.
En quelques années, le monde a connu une mutation profonde, qu'incarne aujourd'hui la politique de Donald Trump. La brutalisation diplomatique, l'insécurité géopolitique et les attaques contre le libre-échange ont rebattu les cartes d'un ordre anciennement fondé sur la coopération entre les pays. L'économie est désormais mobilisée comme un instrument de puissance, dans un contexte où domine la loi du plus fort. Face à ces bouleversements, la France et l'Europe, qui accusent des retards stratégiques importants, courent le risque d'un déclassement technologique, économique et d'une dépendance accrue. Comment l'éviter ? Comment empêcher qu'elles deviennent de simples variables d'ajustement dans la rivalité entre les États-Unis et la Chine ? Dans cet essai, le prix Nobel d'économie Jean Tirole et Karine Van der Straeten livrent leur analyse de la situation et les solutions pour en sortir. Selon eux, la France et l'Europe ne sont pas condamnées au déclin, mais elles sont condamnées à faire des choix forts. C'est à ce prix qu'elles pourront préserver leur modèle économique, social et démocratique. Co-édition Albin Michel-PUF
Anicet et Calixte ont grandi ensemble dans une petite vallée de la Guadeloupe. L'un écoute, observe, recueille les secrets du quartier ; l'autre n'a cure des histoires, chante, provoque et attire les regards. Anicet est un ' mako ', celui qui aime s'occuper des affaires d'autrui ; autour de lui, les ' taties ' commentent, protègent et transmettent la mémoire du pays. Sur leur rocher, sous l'ombre du kapokier - un arbre également appelé fromager aux Antilles, auquel on prête des pouvoirs maléfiques -, les deux garçons se jurent sans le dire une fidélité absolue. Mais les fils héritent aussi de ce que les pères ont caché. À mesure qu'Anicet découvre son passé familial, son amitié avec Calixte prend une dimension nouvelle, comme si leurs vies rejouaient une histoire commencée avant eux. Porté par une langue ample, drôle et musicale traversée de mots créoles qui lui donnent sa chair et son rythme, Les fils du kapokier fait vibrer une Guadeloupe intime, moderne et puissamment romanesque.
À 23 ans, Boris Bergmann ose la rencontre avec un père inconnu, psychiatre, qu’il n’a jamais vu. Minotaure est le récit bouleversant d’une quête identitaire, entre désir de vérité et peur de l’abandon.
Rentrée littéraire 2026 - Après La Face nord (prix des Deux-Magots 2024), le nouveau roman de Jean-Pierre Montal. Un road-trip dans la France des petites routes et des villages, où il sera question de l'amour pour la lecture, de rencontres inattendues... et de la possibilité de recommencer sa vie." Aucune histoire ne devrait débuter de cette façon ", se dit Cécile Blain, cinquante-six ans, en jetant un ultime regard sur son appartement vide. Après un divorce, elle s'apprête à déménager le dernier vestige de sa vie passée : sa bibliothèque.Pourtant, sur le trajet, elle change subitement de plan et décide de disperser peu à peu le contenu de ses cartons dans toutes les boîtes à livres qu'elle croisera en chemin. Une façon d'essayer de tourner la page mais aussi de se remémorer la place primordiale que la littérature a occupée dans sa vie et dans son couple... C'est le début d'un road-trip sur les petites routes de France qui sera propice à des rencontres inattendues, drôles ou, parfois, troublantes.D'une plume à la fois précise et attentive, Jean-Pierre Montal décrit les jeux de miroir - et de hasard - qui nous unissent secrètement aux livres que nous aimons. Et si c'était entre les lignes de ces correspondances fugitives que se cachait, finalement, la clé de nos désirs et de nos hésitations ?
Par une soirée festive dans le petit monde barcelonais de l'art, Vidal retrouve Violet, la fiancée éternelle de son maître d'écriture et ami Altobelli, qui lui a légué son imposante bibliothèque. Au cours d'une joute verbale aussi ardente que décalée, il lui expose les conseils de son mentor pour constituer un Canon intempestif dans une pièce sombre, parce que "sans les ombres, les livres qui nous plaisent tant ne seraient rien". Ce canon sera composé de fragments inspirés non par des oeuvres consacrées mais par des désirs refoulés, des silences, des renoncements. Et elle, grisée par l'alcool et un ressentiment ancien, s'obstine à ne voir en lui qu'un des androïdes aux souvenirs implantés qui se sont reproduits à travers la ville. À mesure que la nuit s'étire, l'identité de Vidal vacille. Un roman des plus facétieux, dans la lignée du célèbre Bartleby, où l'auteur fait rimer plus que jamais le mystère d'écrire avec celui de vivre.
Cécile Alduy, professeure à Stanford et chercheuse en analyse du discours, étudie depuis des années comment l'extrême droite mène sa guerre culturelle. Depuis l'élection présidentielle américaine de 2024, ses recherches l'ont rattrapée brutalement : soudain, des centaines de mots ont été censurés, des bases de données effacées, des enseignements interdits, les universités et la démocratie attaquées. Et bientôt ce sont des étudiants, des voisins, qui disparaissent.Comment analyser un pouvoir quand il commence par détruire les mots et les savoirs qui permettent de le comprendre ? Quand il détruit la langue elle-même ?Dans cette enquête saisissante, Cécile Alduy raconte la bascule autoritaire américaine de l'intérieur, depuis la disparition des mots jusqu'à celle des personnes. Mais le cas américain dit plus que lui-même : il révèle la matrice commune des extrêmes droites occidentales, leur guerre contre les savoirs, les minorités, la mémoire et la réalité elle-même. Un signal d'alarme pour la France, à quelques mois de la présidentielle.
« Papa a été clair, "Je t'aime, je veux faire ma vie avec toi. Alors soit on se marie, soit on ne se voit plus." L'ultimatum est sans appel pour toi maman. Tout a rejailli : la rencontre à la gare, la naissance des chats, le bain de mer, le rôti brûlé, l'année passée sans nouvelles de l'autre puis les retrouvailles inattendues, au même endroit en Bretagne, l'été d'après, l'envie folle de vous embrasser, l'émotion de la première fois que les corps se touchent. Les nuits à refaire le monde. Et soudain la demande de papa. Ton oui sort comme une évidence. » Je suis né d'un coup de foudre. Quelques années plus tard, à quarante ans, ma mère est diagnostiquée souffrante d'une sclérose en plaques. Mon père devient, bien malgré lui, son aidant. Moi, j'assiste impuissant à leur chute. C'est avant tout la plus belle histoire d'amour qu'il m'ait été donné de voir que j'ai voulu raconter.
Nouvelle traduction de l'anglais par Jacques Mailhos Quand un vieux marin meurt dans des circonstances troubles, laissant derrière lui une carte des plus mystérieuses, la vie du jeune Jim Hawkins bascule. C'est le début d'un périple qui le conduira jusqu'à une dangereuse île déserte, en quête d'un fabuleux trésor. Mais il n'est pas seul : une meute de pirates avides, menée par le charismatique Long John Silver, se lance à ses trousses. S'engage alors une course contre la montre où la loyauté et le courage de chacun seront mis à rude épreuve.
Ils ont grandi sous le même ciel, urbain et sombre, dans la même famille, heurtés par les mêmes secousses. Pourtant, Sura, Zellik et Gaston n'auront pas tiré les mêmes enseignements de leur éducation. À la première, l'enfance aura donné l'ardeur de la révolte ; au deuxième, le goût du pouvoir par l'argent ; au troisième, une attention douloureuse à ce qui menace de disparaître. Arrivé à l'âge adulte, le trio se fissure, entre amour fraternel et contradictions brutales. Employé par le puissant consortium pétrolier IXIA Power, Zellik se laisse emporter par l'ivresse de la réussite financière, tandis que Sura, devenue avocate, engage sa vie pour préserver la nature des saccages écologiques. Un événement imprévu survient, qui va conduire Zellik et sa soeur à s'opposer dans un combat d'une rare intensité. Cette lutte mettra-t-elle en péril leur fratrie, et en particulier le fragile Gaston ? Porté par une écriture puissante, Midgar est un grand roman contemporain sur ce que notre civilisation détruit et sur ce qui, en nous, continue de résister.
Dans une rue étroite de Palerme, deux voitures se font face sans pouvoir se croiser. Au volant de la première, Rosa, une jeune Sicilienne, est en pleine crise de couple avec sa compagne. La seconde, où s'entasse la grande famille Calafiore, est conduite par Samira, une Albanaise sans papiers au service d'un patriarche tyrannique. Or cette fois, ni Rosa ni Samira ne sont prêtes à faire marche arrière. Leurs vies sont dans une impasse et c'est leur avenir que les deux femmes jouent ici, rue Castellana Bandiera, tandis que les hommes du quartier prennent les paris pour savoir laquelle cédera en premier... En ce dimanche d'été où le sirocco souffle sans pitié sur Palerme, ce sont deux mondes irréconciliables qui s'affrontent dans un roman formidablement explosif, entre farce absurde et tragédie contemporaine.
Le bac en poche, Sylvain est monté vivre à Paris, comme les copains. Sauf que les copains font des études, eux, tous frais payés par leurs parents. Et puis il y a Raph, son coloc. Un garçon solaire, mais bêtement hétéro. Alors Sylvain brave les jours et les nuits en rêvant d'être un autre. Un super-héros sexy à qui tout réussit, par exemple. Nycthémère est une immersion dans la ville bourdonnante, ses lumières et ses mirages. Toute ressemblance avec un juron est purement fortuite.
Suicides en entreprise, burn-out, harcèlement sexuel et moral, dégradation des conditions de travail et de la santé mentale des employés, surcharge, crise de la vocation... Tous ces symptômes témoignent d'un profond malaise et font du 21ème siècle une ère de souffrance psychique sans précédent dans le monde du travail. De quoi cette souffrance est-elle le nom ? C'est tout l'enjeu de cet essai, co-écrit par Christophe Dejours, psychiatre et psychanalyste, fondateur de la psychodynamique du travail, et Gabriel Perez, enseignant en philosophie, psychologue et syndicaliste. Ensemble, ils analysent les mutations de l'organisation du travail et leurs conséquences sur la vie psychique des travailleurs : introduction de nouveaux dispositifs de gestion et de domination dans les secteurs privé comme public, plateformisation des services, développement d'une « domination logiciel », mesures des performances quantitatives, concurrence généralisée. Une bascule s'est opérée : si le travail a longtemps constitué un vecteur privilégié pour bâtir un « monde commun » entre les individus, il est à présent l'épicentre à partir duquel le « monde commun » est en train de se déliter. Car voilà que les organisations du travail contraignent désormais les travailleurs à accomplir des actions que leur sens moral réprouve. A ce conflit entre les prescriptions du travail et le sens moral des travailleurs, Christophe Dejours donne le nom de souffrance éthique. Souffrance singulière de l'individu, elle témoigne par sa nature même de l'effondrement des collectifs de travail et des capacités de résistance des travailleurs. La clinique du travail devient alors la grille d'intelligibilité pour saisir la portée politique du néolibéralisme. Pourquoi les travailleurs peinent-ils autant à résister à la banalité du mal et de l'injustice sociale ? Comment redonner au travail un horizon au service de l'avenir et des rapports entre les générations ? C'est précisément la tâche que s'assigne cet essai qui assume d'entendre la souffrance éthique comme un symptôme politique.
Béa vient d'accoucher de son deuxième enfant. Elle trouve du réconfort dans les centres commerciaux, se rase le crâne, s'inquiète à propos de tout, punit trop vite son aîné de quatre ans. Le ménage l'obnubile jusqu'à nettoyer en cachette. Sa pensée se disperse. Les consignes qu'elle se donne à elle-même n'en finissent pas, répondre à cette invitation, repriser les coudes du pull en laine, payer les factures. Ça ne s'arrête jamais, même quand, enfin seule, elle accumule ses longueurs de bassin à la piscine municipale. Les brèches sont rares. Mais il suffit que la montagne de linge se mette à respirer comme une baleine, qu'un nuage noir la captive ou qu'elle trouve la bonne phrase pour le roman qu'elle traduit, alors, la voici ramenée à elle-même. En alternant les points de vue, Anne-Sophie Subilia subjugue. Du couple fragilisé par la maternité à l'émerveillement devant l'enfance, cette mise sous tension poétique de la vie ordinaire est haletante.
À l'automne 1978, Michel Foucault se rend en Iran pour réaliser un "reportage d'idées" sur le soulèvement contre le régime du shah. Dix articles sont publiés par le Corriere della Sera, dans lesquels il tente de comprendre la révolte, sa forme singulière et ses aspirations. Un exercice à la croisée de la philosophie et du journalisme, "où l'analyse de ce que l'on pense [est] liée à celle de ce qui advient". À l'époque, un seul de ces articles est aussi publié en français, dans Le Nouvel Observateur. Il est à l'origine d'une polémique qui a traversé les années : Michel Foucault, en Iran, aurait été séduit par l'élan révolutionnaire au point d'être aveugle à son potentiel autoritaire, bientôt manifesté par la République islamique de l'ayatollah Khomeyni. Pourtant, le reportage ne relève ni d'un soutien à un régime qui n'existe pas encore, ni d'une fascination pour l'islam politique, dont Foucault perçoit les ambiguïtés et les dangers. Il est le témoignage d'un des rares intellectuels français à s'être rendus sur place pour comprendre au nom de quoi les Iraniens et les Iraniennes ont pu risquer leur vie dans une révolte fédérant des classes sociales et des mouvements politiques et religieux si différents. Le présent ouvrage réunit pour la première fois l'ensemble des articles du reportage, les critiques parues dans la presse de l'époque, ainsi que les réponses et réflexions de Foucault à ce propos. On y trouve aussi une sélection d'archives inédites - notes prises sur le vif et premières ébauches d'une pensée, toujours actuelle, de "l'événement Iran".