Autres questions de société
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En lisant ce journal d'un vidangeur, vous ferez la découverte d'un monde dont vous ne soupçonniez pas l'existence. Un rassemblement d'excentriques et de personnages plus ou moins intégrés à la vie normale qui travaillent sur la ligne de crête entre ce que notre société considère propre et ce qu'elle juge sale. Qui sont ces athlètes qui courent nos rues chaque semaine derrière des camions, qu'il neige, qu'il pleuve ou qu'il fasse trop chaud? Quelle est leur vision du compostage, du recyclage, de la récupération? Qu'ont-ils à raconter sur une époque qui génère en abondance des ordures? Voilà autant de questions auxquelles répond ce récit captivant.
1948, plus de 400 villages palestiniens rasés, un million de personnes expulsées : Le nettoyage ethnique de la Palestine révèle, archives à l’appui, la face cachée de la fondation d’Israël.
211 milliards C'est le montant des aides publiques versées aux entreprises en France, en 2023, sans transparence ni contrepartie ni évaluation. Cela correspond à deux fois et demie le budget de l'Éducation nationale, et onze fois celui de la Santé - 211 milliards attribués sans obligation d'aucune sorte, ni sociale ni environnementale. Ce chiffre a été établi par une commission d'enquête sénatoriale sur la base de six mois de recherche, d'analyse et d'audition de près de la moitié des patrons du CAC 40, peu habitués à rendre des comptes aux citoyens ou à leurs représentants élus. C'est inédit. Le rapporteur de la commission, Fabien Gay, raconte les coulisses de ce travail de fourmi qui a permis d'établir un état des lieux précis, jusqu'alors inexistant, des aides publiques aux entreprises. Le jeune sénateur livre ici son expérience de l'exercice du débat démocratique et de la lutte politique au service de celles et ceux qui sont les créateurs de richesses : c'est maintenant que le combat commence.
Et si la vraie liberté passait par le refus de s’assimiler ? Rester barbare de Louisa Yousfi transforme le stigmate en arme.
Non, « riches ou pauvres, on n'est pas tous égaux face à la pollution » : les quartiers populaires, proches des axes routiers ou des usines, sont bien plus exposés, et leurs habitants moins armés pour se protéger. Non, « les pauvres n'abîment pas la planète » : leurs pratiques quotidiennes de réparation, de seconde main et de sobriété contrainte génèrent une empreinte carbone bien plus faible que celle des plus riches. Non, « avec les aides, tout le monde ne peut pas rénover son logement » : les démarches complexes et le reste à charge excluent ceux qui en auraient le plus besoin. À travers des exemples concrets - canicules meurtrières dans les cités, passoires thermiques, inégalités d'accès aux espaces verts ou aux soins - ce livre révèle l'absurdité d'une transition écologique pensée sans les premiers concernés. Porté par ATD Quart Monde et présenté par Isabelle Motrot, il offre un plaidoyer limpide : il n'y aura pas de transition réussie sans justice sociale et environnementale.
En réponse aux détracteurs de toute politique d'accueil, mais aussi à celles et ceux qui hésitent ou s'inquiètent, ce livre propose un tour d'horizon des migrations en mettant à disposition un très grand nombre d'informations, de chiffres, de données et de faits. Organisé par thématiques, cet ouvrage très accessible prend le contrepied de 60 idées fausses pour convaincre que l'accueil est non seulement possible, mais surtout souhaitable. Cette nouvelle édition actualisée et augmentée tient compte des nombreux événements survenus depuis sa première édition (guerre en Ukraine, arrivée au pouvoir de Giorgia Meloni, élection de Donald Trump, Pacte européen sur la migration et l'asile, loi immigration en France...). Un livre indispensable dans ce contexte alarmant de montée de l'extrême droite.
Angela Davis, icône des luttes antiracistes et féministes, livre ici un manifeste puissant pour une solidarité internationale sans frontières.
Pourquoi le capitalisme résiste-t-il malgré les inégalités croissantes ? La matrice des classes sociales de Vivek Chibber propose une analyse inédite, mêlant matérialisme et culture.
Longtemps au coeur de l'existence, la mort était accompagnée de rites collectifs, marquant un dialogue entre vivants et morts à travers le monde. En Occident, avec les progrès médicaux et une société tournée vers la performance, la mort a été rendue invisible, perçue comme brutale et indésirable. Pourtant, la finitude reste une source d'angoisse, qu'il s'agisse de notre propre mort ou de celle de nos proches. Depuis une vingtaine d'années, on observe un retour de la mort. Les vivants, par le numérique, le spiritisme ou d'autres moyens, continuent de communiquer avec les défunts, mais différemment. Parfois, ce sont même les morts qui semblent inspirer les vivants. Face à la crise climatique, qui rappelle notre fragilité, les promesses technologiques d'éternité contrastent avec cette réalité. Cécile Peltier, qui a dirigé cet ouvrage, est rédactrice en chef adjointe du magazine Sciences Humaines.
"Les pauvres font tout pour toucher des aides." "Les pauvres ne savent pas gérer leur argent, ils sont responsables de leur pauvreté." "Les pauvres sont incapables d'élever leurs enfants, il vaut mieux les placer." "La France distribue trop d'aides aux étrangers." (...) Les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté ont la peau dure, comme celle des crocodiles. Gangrenant trop souvent le débat public, elles nourrissent la pauvrophobie et aggravent la fracture sociale. Ce petit livre, illustré par des dessins de presse (Gros, Pancho, Gelück...), propose de faire le point sur ces idées reçues pour mieux les combattre et montre que la lutte contre la maltraitance institutionnelle et l'éradication de la misère sont un même combat. Un focus sur 20 idées reçues particulièrement tenaces !
Nous prenons des photos tous les jours. On les commente, on les partage, on les archive. Mais sait-on vraiment ce qu'elles contiennent ? C'est comme si nous vivions dans un monde de textes sans jamais avoir appris à lire. Aujourd'hui, des outils d'IA générative permettent de créer des images et de les modifier avec une facilité et une rapidité inédites. Pouvoir les analyser devient donc une compétence essentielle. Ce livre vous invite à entrer dans les coulisses des images. Vous découvrirez leur fabrication, leurs transformations, comment ces opérations laissent des traces, et jusqu'où les algorithmes savent les décoder. La question n'est dès lors plus « Est-ce que ça a l'air vrai ? », mais « D'où vient cette image, et qu'a-t-elle traversé ? ». Grâce à des analogies claires, des exemples concrets et des histoires vraies, vous apprendrez à lire entre les pixels et vous délaisserez le réflexe du « Je ne crois plus rien » au profit d'une vigilance active face à ce qui vous entoure. Car comprendre comment une image est construite, c'est déjà mieux se défendre contre ce qui la détourne.
« LES SUPERMARCHÉS ONT DÉMOCRATISÉ LE BIO » « SI LES PAUVRES CUISINAIENT PLUS, ILS MANGERAIENT MIEUX » « ON DOIT PRODUIRE BEAUCOUP POUR NOURRIR TOUT LE MONDE »... DE NOMBREUSES idées fausses sont entretenues au sujet de notre alimentation. Au risque de masquer la réalité d'un système qui dysfonctionne : 8 millions de personnes sont en situation d'insécurité alimentaire en France, 49 % des adultes sont en surpoids, nous consommons deux fois plus de viande que la moyenne mondiale, 4 millions de tonnes de denrées comestibles sont gaspillées chaque année... Face à ce constat, il est tentant de faire porter la responsabilité à celles et ceux qui consomment ou produisent. Mais c'est oublier l'influence des industriels, de la grande distribution et des politiques. « Manger mieux » ne peut rester une injonction faite aux individus, c'est un projet de société. Percevoir les anomalies du modèle en vigueur et identifier les leviers d'une alternative, c'est ce à quoi contribue cet ouvrage.
« L'apprentissage, c'est une voie de garage » « Les artisans ne sont pas innovants » « Nos savoir-faire seront pillés par la Chine » « Être artisan, c'est être seul dans son atelier » « La transition écologique, c'est pas du bricolage » La place que nous donnons au travail manuel et à l'artisanat dans nos vies, et dans notre société, est loin d'être anodine. Cloisonner les métiers manuels à un unique enjeu de patrimoine et de préservation de nos savoir-faire, comme ce fut le cas lors des réparations de Notre-Dame de Paris par exemple, est une aberration. Entre les images d'Épinal et le discours chauviniste, la réalité des métiers manuels se retrouve gommée. Pourtant, ils représentent des leviers essentiels pour construire le monde de demain. Valoriser les savoir-faire manuels, c'est offrir à la jeunesse une nouvelle manière de s'épanouir à l'école et dans la vie professionnelle, c'est stimuler la vie sociale et économiques des territoires, mais c'est aussi un moyen de favoriser la transition écologique en changeant nos modes de consommation et notre rapport au monde.
Pourquoi l’avortement reste-t-il un parcours semé d’embûches malgré les avancées légales ? Le Choix d’avorter révèle comment le corps médical, malgré lui, perpétue des inégalités sociales et raciales dans l’accès à l’IVG.
Et si la paix était la seule réponse au déclin annoncé de l’Occident ? Dans Les Blancs, les Juifs et nous, Houria Bouteldja propose une politique de l’amour révolutionnaire pour repenser nos rapports politiques.
Les inégalités de santé représentent un enjeu majeur de justice sociale. Si nombre de déterminants sociaux de la santé ont été identifiés, l'analyse des processus qui produisent ces inégalités reste à approfondir. L'approche sociologique considère qu'elles représentent l'une des manifestations les plus saillantes de l'inscription des structures sociales dans les corps. Il importe ainsi, dans une perspective intersectionnelle, d'appréhender les rapports sociaux de pouvoir - renvoyant aux positions de genre, de classe et de race - qui façonnent les pratiques. Cette approche invite aussi à ne pas appréhender le biologique indépendamment du social mais à penser l'interaction complexe entre ces deux dimensions. Elle engage enfin à analyser les pratiques de santé au sein de trajectoires de vie, de la naissance jusqu'à la mort, des atteintes à la santé jusqu'à la prise en charge par le système de soins.
C'est en observateur extérieur que Vincent Genin retrace l'histoire d'un mot utilisé aujourd'hui aussi bien comme un pare-feu que comme un lance-flammes, mot-valise et mot-valeur censé se porter garant de la République. Or la laïcité n'est pas une valeur, mais un principe. Et cela change tout ! Escamotant, de son point de vue belge, une des grandes mystifications de l'histoire française, l'auteur redonne du lest à une laïcité mise en danger par toutes les superstitions qui la déforme. On va de surprise en surprise en troquant des idées reçues contre une nouvelle idée à se faire. Une très belle méditation sur les éclairages précieux de l'histoire et sur les angles morts de nos inconscients collectifs. Une mise au point indispensable pour ne pas abandonner la pensée au profit d'un récit national souvent assorti d'un esprit de supériorité et de fantasmes d'uniformité.
D'où vient l'idée étrange que les Blancs seraient aujourd'hui, au même titre que les minorités, victimes de discriminations, voire d'un "racisme anti-Blancs" ? Fruit d'une conscience raciale blessée, cette croyance trouve ses racines dans les Etats-Unis du XVIIIe siècle. Depuis quelques années, Donald Trump l'a plus que jamais politisée avec sa promesse de restauration d'une préséance blanche perdue, confisquée par d'autres. Une telle rhétorique victimaire résonne de notre côté de l'Atlantique, où l'on parle désormais de "déclin" ou de "stigmatisation" de l'homme blanc. En dévoilant les origines de ce discours, Sylvie Laurent démontre que le "pauvre petit Blanc" est un mythe, un tour de passe-passe des élites blanches qui s'approprient la posture de l'opprimé pour préserver leur statut et leur privilège racial, vivement contestés depuis les années 1960 jusqu'à Black Lives Matter.
En 1956, Howard Zinn s'installe à Atlanta afin d'enseigner au departement d'histoire du Spelman College, un etablissement d'enseignement superieur uniquement fréquenté par des femmes noires. Arrivant de Boston, il découvre un Sud profond secoué par le mouvement des droits civiques, dans lequel le militantisme étudiant joue un rôle important. Intellectuel capable de penser l'histoire sans renoncer à la faire, Howard Zinn s'engage sans hésiter dans les luttes que mènent les Afro-Américains. Et le paie cher: en 1963, on le licencie de Spelman en raison de ses positions contre la ségrégation. Combattre le racisme raconte ces années de résistance tout en les replaçant dans la longue histoire des luttes contre l'esclavage et le racisme aux États-Unis. Dans une prose claire, sensible et vivante, Zinn nous livre ses reflexions sur les abolitionnistes, la marche de Selma a Montgomery, John F. Kennedy, les piquets de greve et, pour finir, son message aux etudiants de l'universite de New York au sujet de la question de la race, dans un discours qu'il a prononce a la veille de sa mort. Il exprime la conviction inebranlable que les gens ont le pouvoir de changer les choses s'ils suivent ensemble la tradition americaine de la desobeissance civile.
« Les machines ressemblent à d'étranges créatures qui aspirent les matières premières, les digèrent et les recrachent sous forme de produit fini. Le processus de production automatisé simplifie les tâches des ouvriers qui n'assurent plus aucune fonction importante dans la production. Ils sont plutôt au service des machines. Nous avons perdu la valeur que nous devrions avoir en tant qu'êtres humains, et nous sommes devenus une prolongation des machines, leur appendice, leur serviteur. J'ai souvent pensé que la machine était mon seigneur et maître et que je devais lui peigner les cheveux, tel un esclave. Il fallait que je passe le peigne ni trop vite ni trop lentement. Je devais peigner soigneusement, afin de ne casser aucun cheveu, et le peigne ne devait pas tomber. Si je ne faisais pas bien, j'étais élagué. » Foxconn est le plus grand fabricant du monde dans le domaine de l'électronique. Ses villes-usines font travailler plus d'un million de Chinois, produisent iPhone, Kindle et autres PlayStation. Elles ont été le théâtre de suicides d'ouvriers qui ont rendu publiques des conditions d'exploitation fondées sur une organisation militarisée de la production et une surveillance despotique jusque dans les dortoirs. Ce livre propose une analyse du système Foxconn à partir des enquêtes de la sociologue Jenny Chan, complété par le témoignage de Yang, un étudiant et ouvrier de fabrication à Chongqing, et le parcours de Xu Lizhi, jeune travailleur migrant chinois à Shenzen, qui s'est suicidé en 2014 après avoir laissé des poèmes sur le travail à la chaîne, dans « L'atelier, là où ma jeunesse est restée en plan ». Sous le titre « Les ombres chinoises de la Silicon Valley », la réactualisation de la postface que donne Celia Izoard analyse l'écueil des fantasmagories de l'« économie immatérielle » auxquelles succède le quadrillage électronique de nos vies, tandis que la pandémie de Covid-19 « accomplit l'organisation légiférée de la séparation physique des individus pour leur vendre les moyens de communication leur permettant de "rester en contact" ». Ce projet paradoxal, qu'ambitionnaient depuis longtemps les entreprises technologiques - remplacer les relations humaines incarnées par des transactions électroniques -, étant en prime auréolé d'une vision d'un nouvel humanisme fait de sécurité, de solidarité et d'hygiène. Journaliste à Reporterre et essayiste critique de la technologie moderne (dont Merci de changer de métier. Lettres aux humains qui robotisent le monde, 2020) Celia Izoard est aussi traductrice, notamment de 1984, de George Orwell, de Black Lives Matter, de Guerre nucléaire et catastrophe écologique, de Freedom Summer. Luttes pour les droits civiques, Mississippi 1964 et de Le Progrès sans le peuple.
À Détroit, Akio, 13 ans, est devenu Serpent, un tueur à gages sans passé. Quand il croise Lynne, une jeune aveugle, sa quête d’argent pour lui rendre la vue bascule dans une spirale de violence et de rédemption.
Les émotions dévorent l'espace social et politique au détriment des autres modes de connaissance du monde, notamment la raison. Certes, comme le disait Hegel, «rien de grand ne se fait sans passion», mais l'empire des affects met la démocratie en péril. Il fait régresser la société sous nos yeux en transformant des humains broyés par les inégalités en bourreaux d'eux-mêmes, les incitant à pleurer plutôt qu'à agir. À la «stratégie du choc» qui, comme l'a montré Naomi Klein, permet au capitalisme d'utiliser les catastrophes pour croître, Anne-Cécile Robert ajoute le contrôle social par l'émotion, dont elle analyse les manifestations les plus délétères: narcissisme compassionnel des réseaux sociaux, discours politiques réduits à des prêches, omniprésence médiatique des faits divers, mise en scène des marches blanches, etc. Une réflexion salutaire sur l'abrutissante extension du domaine de la larme et un plaidoyer civique pour un retour à la raison. Publié initialement en 2018, ce livre paraît aujourd'hui avec une nouvelle préface d'Anne-Cécile Robert.
«Le vélo, c'est pour s'amuser et ça grille les feux rouges. C'est culturel. Ça ne marchera jamais en France.» «Le vélo, c'est dangereux!» Qui de mieux pour démonter ces idées reçues qu'un Néerlandais installé en France? Peu savent que les Pays-Bas, reconnus comme le paradis du vélo, étaient eux-mêmes un «pays de la bagnole» dans les années 1970, avant que la population ne déclenche une révolution du vélo spectaculaire. Comme quoi la révolution de la pédale relève avant tout d'une volonté citoyenne et politique. Avec un humour redoutable, Stein van Oosteren nous explique pourquoi il faut rendre le pays du Tour de France cyclable: parce que c'est bon pour la santé, le moral, l'autonomie des enfants, la vie de quartier, la planète... Il démonte les multiples freins à la pratique du vélo, qu'ils soient politiques ou bien souvent situés «entre nos deux oreilles». Car pour cet auteur rompu aux débats avec les élu.e.s municipaux,il est temps de se poser les bonnes questions à propos du transport. Par exemple, non pas combien de voitures peuvent circuler sur une rue, mais plutôt combien de personnes? Une piste cyclable faisant passer sept fois plus de personnes qu'une voie pour les voitures, le calcul est vite fait! Pour croire au changement, il faut le vivre. À défaut de pouvoir vous emmener aux Pays-Bas, Stein van Oosteren vous propose de revisiter l'espace public avec son regard de Néerlandais. De ce voyage, vous reviendrez heureux et étonné, comme vous revenez d'un séjour au royaume du vélo: pourquoi pas le vélo, en effet?
Les migrations internationales, au-delà des épisodes spectaculaires qui polarisent l'attention et soulèvent les passions, sont une composante ordinaire de la dynamique des sociétés, mais continuent de faire l'objet de visions très contradictoires. Si l'analyse démographique permet de cerner l'ampleur des migrations, il faut mobiliser d'autres disciplines pour saisir toutes leurs dimensions - géopolitique, historique, anthropologique, économique, mais aussi juridique et éthique. Car les migrations, liées à l'origine aux besoins des économies nationales, sont de plus en plus alimentées par la logique des droits universels. Une mutation à la fois décisive et fragile.
Le 12 janvier 1934, le cadavre du journaliste André Aliker est retrouvé sur une plage de Case-Pilote (Martinique). Malgré l'émotion générale, l'instruction et le procès à venir laissent un goût amer - celui d'une justice à deux vitesses sur une île marquée par les inégalités coloniales et la domination des grandes familles békés. Car personne n'ignore que le destin d'Aliker est lié à celui d'Eugène Aubéry, puissant industriel béké dont le journaliste, au mépris d'intimidations et de menaces à peine voilées, a dénoncé les agissements en matière de fraude fiscale. Pourtant, Aubéry - inexplicablement blanchi des accusations de corruption et fraude - sera le grand absent du procès Aliker. Quelques mois plus tard, voulant venger son frère de ce déni de justice, Marcel Aliker sera inculpé pour tentative de meurtre sur la personne d'Aubéry. Aubéry blanchi, l'assassinat d'André impuni, Marcel acquitté : en articulant ces trois affaires, Marc Hédrich met en lumière les mécanismes d'un système colonial au sein duquel la justice, sous la coupe du gouverneur, ferme les yeux sur la corruption des magistrats, laisse impunis les nantis et n'hésite pas à dépayser en métropole les affaires les plus encombrantes. Au-delà du fiasco judiciaire, la mort d'André Aliker, le « Jaurès » martiniquais, est l'épisode le plus tragique d'un drame en trois actes, irrigué des fortes tensions liées au colonialisme dans les années 1930 - peut-être l'une des pages les moins reluisantes de la justice française.
L'endométriose, maladie invisible qui touche des millions de femmes, enfin révélée par ceux qui la combattent. Ignorées brise le silence et ouvre la voie à une médecine plus attentive, grâce à l'IA et à un test salivaire révolutionnaire.
Entre pouding chômeur et samosas, Maïka Sondarjee raconte son histoire de « personne mixte », entre Québec et Madagascar. Un essai vibrant sur l’identité, le métissage et les frontières qui nous définissent — ou pas.
La question des jeunes trans gagnerait à être mieux connue du grand public. Longtemps, les identités trans et non binaires chez les enfants et les jeunes ont été comprises comme des pathologies du développement à mettre en veilleuse, voire à corriger. Or, la littérature scientifique actuelle et l'expérience du terrain nous montrent que les identités de genre non conformes sont une expression parmi d'autres de la diversité humaine. Défendant une approche dite «transaffirmative», qui repose sur une vision non binaire du genre, non pathologisante, respectant l'autodétermination et l'expertise des personnes sur leur vie, cet ouvrage pluridisciplinaire entend fournir des fondements théoriques et pratiques sur le sujet, dans le but d'accompagner et d'améliorer la qualité de vie de ces jeunes. Avec des textes de Éli Abdellahi, Florence Ashley, Alexandre Baril, Greta Bauer, Gabrielle Bouchard, Lucile Crémier, Aaron Devor, Karine Espineira, Maxime Faddoul, Annie Fontaine, Andrée-Ann Frappier, Gabriel Galantino, Shuvo Ghosh, Gabriel Girard, Andreea Gorgos, matthew heinz, Valeria Kirichenko, Zack Marshall, Denise Medico, Annie Pullen Sansfaçon, Jake Pyne, Marjorie Rabiau, Muriel Reboh Serero, Marie-Joëlle Robichaud, Jean-Sébastien Sauvé, Françoise Susset, Charles-Antoine Thibeault, Jacques Thonney, Raphaël Wahlen et Adèle Zufferey.
Palme d'Or au Festival de Cannes en 2018 et figure majeure du cinéma japonais, Koreeda Hirokazu est un cinéaste indépendant dont les films rencontrent un large succès commercial. À travers ses films, il explore avec délicatesse les défis rencontrés par ses contemporains, au Japon et plus largement dans nos sociétés de capitalisme avancé.Connu et reconnu au Japon et à l'international comme le cinéaste de la famille, ses chroniques les plus célèbres - Nobody Knows, Tel père, tel fils, Une affaire de famille, Les Bonnes Étoiles... - comme ses films de genre - Air Doll, The Third Murder, L'Innocence... - vont au-delà de la simple illustration de ce thème. En adoptant le point de vue de populations habituellement invisibilisées - les femmes, les enfants, les personnes âgées -, ses films engagent une réflexion sur la manière dont nous percevons les réalités sociales de notre époque.Ce livre interroge les potentialités du cinéma en histoire sociale et explore le pouvoir des films en tant que réponse aux angoisses sociales contemporaines, voire comme outil que chaque spectateur et spectatrice est susceptible de se réapproprier. La mise en place de ces points de vue alternatifs, notamment, permet à Koreeda de créer par son oeuvre un espace propice à un questionnement et à un réagencement de notre rapport au réel et à autrui, comme le ferait la famille idéale. Mais famille idéale ne signifie pas famille parfaite.
Dans cette enquête au long cours, menée des deux côtés de la Méditerranée, Émilien Bernard montre la réalité des frontières européennes dressées contre ces «indésirables» qui tentent de les franchir. De Laâyoune à Melilla en passant par Lampedusa, Belgrade ou Calais, la succession d'obstacles, aussi divers qu'inutiles, sert à repousser et invisibiliser celles et ceux qui veulent simplement se construire une vie ailleurs.
LA PLACE DE LA PAROLE NOIRE questionne qui a droit à la parole dans une société où la masculinité, la blanchité et l'hétérosexualité sont la norme. S'appuyant sur les réflexions de féministes historiques comme Simone de Beauvoir et de féministes noires modernes, Djamila Ribeiro révèle la position critique de la femme noire : elle est l'autre de l'autre, à la marge du débat sur le racisme centré sur l'homme noir, et à la marge du débat sur le genre centré sur la femme blanche. Le féminisme noir ne crée pas de scissions, bien au contraire : il rompt avec la scission créée par une société inégale et réfléchit à la façon dont les oppressions de race, de genre, et de classe s'entrecroisent. Djamila Ribeiro, chercheuse en philosophie politique, est la référence du mouvement féministe noir, antiraciste, pro-LGBT et antimachiste au Brésil. Chroniqueuse pour la presse papier et TV, elle donne aussi des conférences dans le monde entier. Avec un million de suiveurs sur les réseaux sociaux, c'est une activiste de poids. « Un excellent objet de débat entre les différentes interprétations du féminisme » (Folha de São Paulo) « Faut-il lire Djamila Ribeiro ? Évidemment ! » (Folha de São Paulo) « Avec l'émancipation des femmes noires, c'est toute la société qui évoluera et se rapprochera de fait vers l'éradication de ses problèmes les plus aigus. » (librairie Vivement Dimanche, Lyon)
Et si la frontière entre humains et animaux n’était qu’une illusion ? Braves Bêtes de Sunaura Taylor, lauréat de l’American Book Award 2018, bouscule nos certitudes en révélant les liens profonds entre validisme et spécisme.