Linguistique
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Enseignante de lettres en classes préparatoires, Madeleine de Jessey voit chaque année paraître devant elle le « produit fini » de l'Éducation nationale : des jeunes tout juste sortis du Lycée au terme de quinze années de scolarité. Le constat est sans appel : des lacunes linguistiques, culturelles et intellectuelles considérables. Elle dresse dans cet essai le diagnostic de l'effondrement du niveau de langue des jeunes Français, tous milieux confondus : incapacité à lire avec aisance, syntaxe disloquée, vocabulaire indigent, mémoire atrophiée, et ce jusque dans les filières les plus sélectives du cursus littéraire. Remontant méthodiquement aux origines de la situation, elle propose des réformes ciblées, forte de cette certitude : la maîtrise de notre langue conditionne notre capacité à penser, à raisonner, à nous exprimer, à résister aux manipulations, et, en dernière instance, à nous émanciper. Plaidoyer engagé pour un enseignement accessible à tous, ce livre est également une déclaration d'amour à la langue française et à ceux qui la transmettent.
Et si l’art de bien parler était la clé de la démocratie et de la justice ? Plaidoyer pour la rhétorique de Maurice Garçon, avocat légendaire et membre de l’Académie française, réhabilite avec brio la puissance de la parole structurée.
C'est avec ce court essai que Chomsky fait irruption, en 1967, sur la scène politique américaine comme principal critique de l'impérialisme américain. Décrit comme « la pièce la plus influente de la littérature anti-guerre », ce texte pose les jalons de ce qui sera le combat de tout une vie et de toute une génération. Fondateur dans la pensée de l'auteur et cardinal pour toute analyse du statut d'intellectuel, cet essai reste d'une dérangeante actualité : celles et ceux qui se mettent au service du pouvoir (États et multinationales) choquent d'autant plus qu'ils jouissent de plusieurs privilèges notoires, ceux d'avoir eu « le loisir, les infrastructures et la formation nécessaires pour rechercher la vérité qui se cache derrière le voile de distorsion et d'altération, d'idéologie et d'intérêt de classe à travers lequel les événements de l'histoire en cours sont présentés » Parce que ces privilèges donne aux intellectuels des possibilités inaccessibles au commun, celles-ci leur imposent des responsabilités impérieuse et une mission : éclairer ses lecteurs, et d'abord ses contemporains. L'article fondateur (inédit en français) est complété dans notre édition par les commentaires et actualisations que l'auteur a donnés à l'occasion de son cinquantenaire. Un essai qui redonne tout leur sens aux mots « responsabilité » et « intellectuel », salutaire dans un pays où les intellectuels (de gauche) sont coutumiers de la trahison de leurs idéaux.
Complet et détaillé, pour un niveau universitaire Progressif, avec près de 2000 exercices de 3 niveaux de difficulté Notions de base : analyser des cas simples Approfondissement : analyser des cas complexes Application : analyser un extrait de texte Varié, à partir d'extraits de textes littéraires du Moyen Âge à l'époque contemporaine Pédagogique et pratique, avec des astuces mises en évidence et des encadrés méthodologiques pour aider à réviser. OFFERT EN LIGNE : le corrigé expliqué de tous les exercices (mis à jour régulièrement). La référence des étudiants en Lettres Lettres modernes, Lettres classiques, Grammaire, Sciences du langage, MEEF (métiers de l'enseignement, de l'éducation et de la formation). CAPES et Agrégation.
De quoi le genre est-il fait ? De langage, comme le montre l'approche de Judith Butler ? Ou de matière, si l'on suit le courant néo-matériel ? Luca Greco, sociolinguiste et spécialiste en études de genre, nous propose ici une nouvelle issue à ce débat qui a divisé les études queer ces dernières années. Remettant en cause les contours entre matière et langage, Luca Greco questionne les frontières entre humain et non-humain, et redéfinit ce que sont le genre et le langage. À travers de nombreux exemples - les mouvements éco-transféministes, les relations entre virilité, nationalisme et alimentation, le statut du foetus dans les échographies prénatales ou dans les gender reveal parties, les campagnes contre le droit à l'avortement ou les interactions entre travesties et partenaires dans les espaces de rencontre en ligne -, ce livre nous invite à penser le genre comme un assemblage multi-matériel, à queeriser l'humain, et à adopter une vision holistique pour rendre compte de l'accomplissement de toute pratique sociale, y compris le genre.
« Le plus que tu le goûtes, le plus que ça te goûte », « Kéne afêre a Lîdje ! », « C'èst todi lès ptits k'on spotche », « Une main de spek dans un gant de vlek »... Jean-Jacques De Gheyndt et Michel Francard nous racontent et nous expliquent 200 expressions de Bruxelles et de Wallonie, truculentes ou imagées, poétiques ou terre à terre, surprenantes ou familières. Un plongeon dans notre petite Belgique si riche d'histoires et de mots... Un livre pour réveiller nos souvenirs d'enfance... Des expressions à savourer sans modération et avec délectation, entre amis et en famille...
« C'est quoi déjà le mot en français ? » Qui ne s'est pas déjà posé cette question... De fait, les anglicismes envahissent notre quotidien, nos dictionnaires, notre langue. Je n'ai pourtant rien contre l'anglais. Rien du tout. Je suis simplement un amoureux de la diversité culturelle. Or, nous sommes en train de passer d'un échange jubilatoire avec les langues du monde à la domination d'une seule d'entre elles, avec un risque réel de standardisation et d'uniformisation. Le problème n'est pas seulement linguistique. Il est aussi social et politique. Car si l'anglais est souvent considéré comme la langue de la modernité, il peut être aussi perçu comme celle de l'impérialisme et d'un capitalisme sans foi ni loi.
La faculté d'acquérir une langue est le propre de l'homme : à travers le liquide amniotique, le foetus s'imprègne des sonorités verbales et du rythme de la langue maternelle, qu'il perçoit et distingue déjà des autres langues... Parce qu'elle intéresse les linguistes, les médecins ORL comme les orthophonistes et les enseignants des langues comme les chanteurs ou les psychoacousticiens, parce qu'elle s'appuie aujourd'hui sur de nouvelles technologies (imagerie cérébrale, outils informatiques...), la phonétique concerne désormais tous les scientifiques dont le domaine d'intérêt est la communication parlée, sa nature et son fonctionnement. Jacqueline Vaissière présente tous les champs de cette discipline et propose une synthèse des résultats des recherches menées ces dernières années.
Existe-t-il des traits universels dans la structure des langues, c'est-à-dire dans l'ensemble, plus ou moins cohérent, des principes qui en assurent le fonctionnement, sur le plan des sons, de la grammaire et du lexique ? C'est à cette question, qui fascine les philosophes et les linguistes depuis la nuit des temps, que cet ouvrage se propose de répondre. Pour ce faire, Claude Hagège s'appuie sur une analyse complète du matériau sonore, de l'organisation des énoncés mais aussi des rapports entre la langue, le sujet humain et la société à laquelle il appartient.
La linguistique est d'abord l'étude scientifique des langues, d'un point de vue descriptif (matériel grammatical et lexical) ou historique (évolution et diversification d'une langue dans le temps, objet de la grammaire comparée, avec la notion de famille de langues). Elle suppose la connaissance des bases de la production du langage (phonétique, psycho-linguistique), mais aussi des conditions sociologiques de son fonctionnement (sociolinguistique). Elle comporte un aspect cognitif : l'étude de la façon dont les moyens d'expression d'une langue organisent la saisie du monde (sémantique). Confrontée à une grande diversité dans les structures des langues, elle s'efforce de dégager des constantes dans le cadre d'une typologie.
Si, dans le cadre des enseignements scolaires fondamentaux, chacun apprend ce qu'est un groupe nominal, un groupe verbal ou un constituant invariable, l'analyse linguistique de ces unités fondamentales, parmi d'autres, ne saurait s'y réduire. S'appuyant sur quelques analyses sémantiques et syntaxiques à la fois éclairantes et accessibles à des non-spécialistes, Olivier Soutet propose un exposé cohérent du fonctionnement grammatical de la langue française , tout en retenant les classements traditionnels en parties de discours et en fonctions syntaxiques, il s'attache à en approfondir et à en problématiser les contours.
Dans ces entretiens enregistrés pour France Culture de 1991 à 1996 à l'Infirmerie Spéciale de la Préfecture de Police puis à l'hôpital Sainte-Anne, Marcel Czermak, psychiatre psychanalyste, et Jean Daive, écrivain, radiographient ensemble, chacun dans son registre de parole - analytique pour l'un, phonétique pour l'autre -, un nouveau « malaise dans la civilisation », tel que le donnent à interpréter les pathologies psychiques auxquelles Marcel Czermak est confronté aux urgences psychiatriques : disparition, délire de négation, égarement, phobie, traumatisme, deuil, mélancolie, psychose... Les patients sont parfois présents dans la pièce, et leurs voix donnent relief à ce que Fitzgerald nommait « la fêlure » (The Crack up), ces coups qui viennent du dedans et « qu'on ne sent que lorsqu'il est trop tard pour y faire quoi que ce soit ». Écouter, soigner en écoutant, entendre les bouches qui ne parlent pas ou qui parlent sans s'ouvrir est le travail de Marcel Czermak. La clinique et la pratique de la cure lui permettent de faire apparaître les structures individuelles et transindividuelles à partir desquelles se lève un diagnostic sombre sur notre temps.
Yves Bonnefoy (1923-2016) est l'auteur de nombreux poèmes, mais il a aussi été traducteur de Shakespeare, de Yeats et de Keats pour le domaine anglophone, de Pétrarque, de Leopardi et de Pascoli pour l'italien. Il a également livré des réflexions et travaux critiques, tant sur la poésie que sur la traduction. Par ailleurs, les oeuvres de Bonnefoy lui-même ont été traduites dans de nombreuses autres langues-cultures. Pour célébrer le centenaire de la naissance de ce poète-traducteur, des spécialistes de différents pays (France, Italie, Chine...) qui ont, pour certains, connu Yves Bonnefoy et collaboré avec lui, présentent ici un panorama de l'oeuvre d'Yves Bonnefoy qui permet de donner une idée de l'étendue de son travail de poète-traducteur et de critique de la traduction, ainsi que de sa postérité dans une langue éloignée comme le chinois.
Née à la fin des années 1950, la sociolinguistique est en rupture avec la linguis-tique structurale, qui ignorait les rapports entre langues et sociétés. Elle s'est dé-veloppée comme une branche autonome, s'appuyant sur le fait que si la langue est un fait social, alors la linguistique ne peut être qu'une science sociale. Au début des années 2000, cette discipline s'est à son tour scindée en plusieurs variantes déterminées par des choix politiques ou idéologiques plutôt que par des justifica-tions théoriques. Louis-Jean Calvet propose une réflexion sur la nature des liens entre le social et la langue, considérant successivement la langue comme un artefact - une « inven-tion des linguistes » -, un ensemble de pratiques langagières, un lieu de rapports de force, un objet d'intervention... afin de construire une linguistique assumant de façon scientifique la nature sociale de la langue.
En traduisant Eugène Onéguine de Pouchkine, Nabokov propose une version littérale en anglais très contestée. Ce travail de près de vingt ans le conduit à une rupture avec son ami et critique littéraire Edmund Wilson. Au-delà de leur querelle, c'est la possibilité même de la traduction qui est interrogée. Ce volume, qui réunit tous les essais de Nabokov sur la traduction, retrace l'évolution de la pensée traductive du grand auteur multilingue, jusqu'à sa défense radicale du littéralisme. Une plongée dans l'histoire de la traduction au travers d'une traduction, qui a fait date.
Au fil du temps, la langue française que nous parlons et écrivons aujourd'hui s'est enrichie de multiples influences. Sans oublier les racines indo-européennes de son origine qui seront fortifiées par la puissance du latin sous toutes ses formes évolutives, puis du gallo-roman et du roman qui précède l'ancien français. Aujourd'hui encore, en ce début de XXIe siècle, il suffit de parcourir notre pays en prenant le temps de se baguenauder et de bavarder avec quelques autochtones " du coin " pour vérifier qu'il existe ici et là des vocables imagés que l'on ne comprend pas forcément d'un bout à l'autre de l'Hexagone. Mais chacun de ces termes possède une force évocatrice, qu'elle soit affective, émouvante ou amusante. Ce livre a pour objectif de les faire vivre et de leur redonner force et vigueur.
Philosophia facta est quæ philologia fuit (ce qui était philologie est devenu philosophie) sont les derniers mots de la leçon inaugurale sur Homère et la philologie classique que Nietzsche prononça le 28 mai 1869, lors de son entrée comme très jeune professeur à l'Université de Bâle. Il s'agit de l'inversion d'une phrase de Sénèque qui déplorait que ce qui autrefois était philosophie était désormais devenu philologie. À travers l'examen de la question homérique, Nietzsche énonce donc l'exigence de donner un sens philosophique au travail philologique. La même expression revient dans l'avant-propos du cours Encyclopédie de la philologie classique que Nietzsche tint en 1871 et qui est publié ici pour la première fois en traduction française d'après les manuscrits originaux. Le terme « encyclopédie » indique, selon l'usage de l'époque, un compendium de la discipline et de ses méthodes, « une carte qui sert à s'orienter », comme l'écrit Nietzsche. Dans le cadre de notre édition, ce volume fait également office d'introduction à d'autres cours tenus par Nietzsche, car un certain nombre de sujets ici présentés réapparaîtront dans d'autres cours et écrits. Mais surtout, cette Encyclopédie nous permet de comprendre quelle est la fonction philosophique de la philologie qui, en faisant revivre la culture de l'Antiquité, est en mesure de produire un renouvellement profond de la culture du présent. On pourrait supposer que le renouvellement auquel Nietzsche fait allusion ici correspond à celui présenté dans son premier livre, La Naissance de la tragédie, qu'il était d'ailleurs en train d'écrire à la même période. Mais la renaissance à laquelle pense le jeune professeur de philologie est en réalité assez différente de celle énoncée par le philosophe et publiciste wagnérien. Ce cours nous restitue ainsi un Nietzsche inédit qui nous permet de mieux comprendre son détachement futur à l'égard du mythe germanique et de la métaphysique de l'artiste de La Naissance de la tragédie.
Pourquoi les personnes courageuses ont-elles des couilles, alors que les mauviettes doivent s'en faire pousser une paire ? Pourquoi dit-on d'une femme qu'elle tombe enceinte, mais d'un homme qu'il la met enceinte ? Pourquoi les femmes sont-elles bavardes comme des pies si ce sont les hommes qui mecspliquent ? D'où vient notre tendance à disséquer les femmes en un panier de fruits : des melons ou des prunes à la poitrine, une peau d'orange, la cerise pour l'hymen ? Pourquoi les blagues de blondes font-elles rire ? Depuis combien de siècles les femmes sont-elles hystériques ? Pourquoi l'homme est-il conquérant quand la femme est facile ? La réponse à ces questions et à bien d'autres se trouve dans ce Dictionnaire critique du sexisme linguistique, recensant des centaines d'expressions sexistes. Un projet qui invite les féministes à passer des actes à la parole ! Suzanne Zaccour et Michaël Lessard vous invitent à la rencontre d'une trentaine de voix féministes québécoises de différents milieux, qui relèvent le pari de faire rire, sourciller, décrier, sourire et grimacer avec des textes aussi riches que colorés. Avec la collaboration de : Dorothy Alexandre, Dalila Awada, Isabelle Boisclair, Marie-Anne Casselot, Catherine Chabot, Sarah R. Champagne, Élise Desaulniers, Audrey-Maude Falardeau, Catherine Dussault Frenette, Rosalie Genest, Marilyse Hamelin, Naïma Hamrouni, Céline Hequet, Caroline Jacquet, Sarah Labarre, Diane Lamoureux, Louise Langevin, Louise-Laurence Larivière, Widia Larivière, Annick Lefebvre, Judith Lussier, MamZell Tourmente, Catherine Mavrikakis, Emilie Nicolas, Florence Ashley Paré, Julie Podmore, Marie-Michèle Rheault, Sandrine Ricci, Camille Robert, Annelyne Roussel, Marie-Ève Surprenant, Cathy Wong, Suzanne Zaccour
Loin d'aborder uniquement les métiers et les formations en milieu scolaire, l'orientation doit de plus en plus composer avec le renouvellement de questions classiques (faut-il promouvoir le remplissage des filières, au risque de reproduire leur composition sociale ? Doit-on inciter les élèves à anticiper leur professionnalisation, et soumettre ainsi le système éducatif aux évolutions projetées des marchés du travail ?) comme avec l'émergence d'interrogations plus récentes en matière d'inégalités sexuées de parcours, d'autocensure des élèves de milieux populaires, d'inclusion scolaire et professionnelle des élèves en situation de handicap... En individualisant leur accompagnement et en reconnaissant l'importance du développement personnel dans la fabrique des choix scolaires et de ce qu'ils autorisent, les conseillers d'orientation de l'Éducation nationale - devenus les psychologues de l'Éducation nationale depuis la circulaire d'avril 2017 - consolident à leur manière une conception psychologisante du « projet » de l'élève. Prescripteurs d'orientations institutionnelles dans un secteur scolaire soumis au feu de la critique, ouvert à d'autres formes d'interventions, n'illustrent-ils pas une mission et un « métier impossible » dans une conjoncture où l'institution scolaire n'en finit pas de chercher à se recomposer ?
Après une duodécennie d'enseignement et de recherche au Collège de France, Jean-Noël Robert retrace avec enthousiasme son parcours consacré à la philologie japonaise. Grâce à ce domaine d'étude, il a pu mettre en lumière la dialectique sino-japonaise scellée par la doctrine bouddhique qui, du haut Moyen Âge à l'époque moderne, a insufflé sa dynamique à la civilisation du Soleil levant. Cette dialectique s'est traduite par un apport fondamental de la culture écrite chinoise dans les sphères à la fois littéraires et religieuses dont le Japon a su éviter l'emprise totale en instituant, dès les plus anciens textes, la langue japonaise comme langue des dieux autochtones, et donc irréductible à l'apport continental. Au-delà de l'exemple sino-japonais, l'auteur propose d'étendre son approche « hiéroglossique » à d'autres aires culturelles et linguistiques pour mieux comprendre notre monde actuel.
«?Parce que la forme est contraignante, l'idée jaillit plus intense?», écrit Baudelaire. De plus en plus, c'est le poète qui se donne ses contraintes, mais, encore de nos jours, la référence au modèle établi par le classicisme reste fondamentale : c'est elle qui donne sens aux innovations et permet de les analyser. Prosodie, métrique, rythme, rime, formes fixes... À l'aide de nombreux exemples, Michèle Aquien nous offre une vision complète de la versification, discipline rigoureuse qui s'est sans cesse modifiée au cours des âges.
Depuis plus de soixante ans, des chercheurs du monde entier collaborent à une vaste entreprise de description et d'analyse des langues humaines au sein de ce qu'on a appelé la « linguistique générative ». La question fondatrice de ce programme de recherche est liée au caractère illimité des capacités linguistiques. Elle conduit à la formulation d'hypothèses sur la combinatoire syntaxique, son noyau invariant, les mécanismes de variation à travers les langues ainsi qu'à la production d'une cartographie précise des structures étudiées. Bien que complexes, ces structures peuvent être ramenées à l'application récursive de mécanismes extrêmement simples, objet d'étude du Programme minimaliste. Ce domaine de recherche se nourrit aussi des études très éclairantes sur l'acquisition du langage menées dans un cadre interdisciplinaire de sciences cognitives.
La rhétorique des Anciens avait tout pour intéresser Nietzsche : elle fut décisive pour l'élaboration d'une prose ouvragée, donc de la littérature ; elle touchait aux relations de puissance entre les hommes et aux conditions historiques, sociales et politiques d'une culture ; elle s'incarnait dans une éloquence magnifiée par des personnalités singulières, rivalisant dans des joutes mordantes ; enfin, elle fut prise rapidement dans un conflit avec la philosophie, conflit dont Platon traça les lignes de front pour la suite des temps. Les cours sur la rhétorique que Nietzsche donna à l'Université de Bâle nourrissent sa réflexion sur la culture, la puissance, les types psychologiques, la littérature et le langage, tout autant qu'ils l'ont aidé à modeler son propre style d'écrivain. Le présent volume offre pour la première fois en France la traduction de la totalité de ces cours dans leur version intégrale, élaborée de manière critique à partir des manuscrits, et accompagnée de présentations et d'explications facilitant leur compréhension par le lectorat non spécialiste de l'Antiquité gréco-romaine.
Alors que la Théorie Interprétative de la Traduction fondée par Danica Seleskovitch et Marianne Lederer a d'abord été élaborée en vue de la formation des interprètes, dont le travail vise avant tout à l'efficacité pratique, l'apport de Fortunato Israël, angliciste de formation et auteur d'une thèse sur les traductions françaises de Shakespeare, a consisté à élaborer des concepts et des procédures prouvant que cette théorie reste pertinente en matière de traduction littéraire. En littérature, la forme revêt une importance primordiale : une oeuvre ne saurait se réduire à la transmission d'un message. Avoir à tenir compte de l'union étroite de la forme et du sens oblige donc le traducteur à prendre des risques et à faire preuve de créativité. Selon quelles démarches, quelles règles et dans quelles conditions ? C'est ce qu'expose ce livre dont l'auteur, opérant un choix dans ses nombreux travaux, avait arrêté le plan peu avant sa disparition. Les concepts qu'il élabore ici sont au coeur de la traductologie moderne et de l'enseignement de la traduction.
Langue vivante et ô combien vivace, le français évolue et se transforme en se nourrissant de néologismes, voire de barbarismes, de dialectes, de patois et de moult mots puisés aux meilleures sources d'autres cultures. Nombreux sont les mots qui ne figurent plus dans les dictionnaires usuels de ce début de XXIe siècle. Des vocables que l'on a bêtement laissés choir en favorisant un fringuant synonyme badigeonné d'une modernité éphémère. Les parlers familiers ou populaires reposent tous, à leur origine, sur la seule pratique orale du langage. Il en existe une multitude, liés à une région, ou, surtout, à une corporation : l'argot, le canut, le faria, le jargon, le largonji, le louchébem, le verlan, et bien d'autres... Amoureux du verbe, Daniel Lacotte, convoque dans cet ouvrage les mots que l'on croyait perdus. Grâce à eux, tout propos qui aurait pu être banal prend sensibilité, extravagance, charme, cocasserie, vivacité, élégance et finesse.
D'où viennent les mots que nous employons au quotidien ? Comment se sont-ils construits ? Saviez-vous que « canapé » vient d'un mot grec qui signifie « moustique » ? Françoise Nore analyse pour vous l'étymologie passionnante de nombreux mots de notre belle langue française. Bénin, ambigu, sommeil, farfouiller, chômage, galoper, chance, gracieux, kaléidoscope... découvrez l'origine parfois inattendue de tous ces mots, et bien d'autres ! Françoise Nore est docteur en Linguistique et traductrice.
Fort de sa triple culture - africaine, française et américaine -, Souleymane Bachir Diagne s'interroge sur la traduction dans ce texte engagé et humaniste, porteur d'une éthique. Si la traduction manifeste le plus souvent une relation de profonde inégalité entre langues dominantes et langues dominées, elle peut aussi être source de dialogue, d'échanges, de métissage, y compris dans des situations d'asymétrie, propres notamment à l'espace colonial, où l'interprète, de simple auxiliaire, devient un véritable médiateur culturel. Faire l'éloge de la traduction, « la langue des langues », c'est célébrer le pluriel de celles-ci et leur égalité ; car traduire, c'est donner dans une langue hospitalité à ce qui a été pensé dans une autre, c'est créer de la réciprocité, de la rencontre, c'est faire humanité ensemble, c'est en quelque sorte imaginer une Babel heureuse. La question de la traduction, de l'universel et du pluriel, est au coeur de l'oeuvre de Souleymane Bachir Diagne, l'une des voix africaines contemporaines les plus respectées. Il a notamment publié, chez Albin Michel, En quête d'Afrique(s) : universalisme et pensée décoloniale, coécrit avec Jean-Loup Amselle (2018).
Plato amicus sed - (« Platon est un ami, mais - ») : le frontispice calligraphié du grand cours que Nietzsche donna sur Platon à l'Université de Bâle, dès l'hiver 1871-1872 et jusqu'à la fin de son activité de professeur de philologie, dit déjà l'essentiel. Platon a toujours obsédé Nietzsche, lequel fit de lui son plus grand adversaire. Les oeuvres publiées ou destinées à la publication par Nietzsche portent régulièrement la trace de cette joute philosophique. Mais celle-ci s'est nourrie d'un cours de philologie, dont on donne ici pour la première fois une traduction française intégrale, élaborée de manière critique à partir des manuscrits. Platon, de la « génération de la peste », comme le souligne à maintes reprises le cours, y est sourdement mis en opposition à Thucydide, comme le fera explicitement par la suite le Crépuscule des idoles. Mais le philosophe athénien est surtout réintégré dans le complexe littéraire spécifique de l'Antiquité, qui ne produisait pas de « littérature » à proprement parler, ce qui permet de dégager la figure d'un Platon comme « révolutionnaire de la plus radicale espèce ». À côté de ce cours se trouve en outre une courte et dense introduction de Nietzsche pour l'étude de l'Apologie de Socrate, trop méconnue à ce jour. Appuyée sur ses connaissances en rhétorique (domaine auquel il consacra plusieurs cours), cette brève ouverture magnifie comme jamais sous la plume de Nietzsche le talent de Platon.
L'orthographe française fait l'objet de débats animés qui portent le plus souvent sur son enseignement ou sa réforme, sans évaluation scientifique de sa maîtrise par les adultes. Deux enquêtes récentes ont proposé une dictée à un échantillon représentatif de près de 4 500 adultes. Le présent ouvrage propose une analyse sociolinguistique des productions récoltées. Il fournit des résultats statistiques précis qui permettront aux lecteurs d'évaluer la véracité des affirmations les plus courantes concernant les différences de maîtrise entre hommes et femmes, entre les plus âgés et les plus jeunes, etc. Il aborde également la méthodologie de ces enquêtes et de nombreuses questions liées à l'orthographe.
Figure de proue de la nouvelle danse des années quatre-vingt, la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker n'a cessé depuis de maintenir le corps dansant au centre de ses préoccupations artistiques. Cette analyse met en exergue les éléments qui permettent de définir son style chorégraphique, marqué par une volonté d'assimilation intime et physique des éléments de la composition. Centrée sur le mouvement, ancrée dans un étroit rapport à la musique, la structure compositionnelle met également en valeur une vision exigeante mais éthique de l'interprétation. Ce livre est issu d'une recherche sur le statut de la description, ainsi que son rôle dans l'activité critique et le débat esthétique. L'auteur tente de donner ici au matériau même de la danse l'importance qui lui revient, en alliant étude des textes et analyse des oeuvres composant le répertoire de la compagnie Rosas, de Fa se (1982) à Raga for the rainy season (2005).
Le long effort des grammairiens pour masculiniser le français a suscité de vives résistances chez celles et ceux qui, longtemps, ont parlé et écrit cette langue sans appliquer des règles contraires à sa logique. Initiée au XVIIe siècle, la domination du masculin s'est imposée à la fin du XIXe siècle. Depuis, on apprend à l'école que "le masculin l'emporte sur le féminin"... Ce livre retrace l'histoire d'une entreprise à la misogynie affirmée ou honteuse, selon les époques. Il nous convie à un parcours plein de surprises où l'on en apprend de belles sur la "virilisation" des noms de métier, sur les usages en matière d'accords, sur l'utilisation des pronoms ou sur les mutations "trans" subies par certains mots en vertu de la "loi du genre".