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Plongez dans La Mort à Venise, chef-d'œuvre intemporel de Thomas Mann, où un écrivain en quête d'inspiration découvre à Venise une beauté envoûtante et une passion interdite.
REPÈRES ET CLÉS POUR DÉCRYPTER L'ACTUALITÉ Les mondes arabes sont traversés par de profondes inégalités économiques, sociales, politiques et culturelles. Depuis plusieurs décennies, ces déséquilibres structurels engendrent de multiples crises et des affrontements armés récurrents, au premier rang desquels le lancinant conflit israélo-palestinien. Comprendre les dynamiques en cours, c'est se donner les moyens de décrypter les rapports de force qui façonnent durablement cet espace géopolitique. En quarante fiches documentées, Didier Billion met en lumière la diversité des mondes arabes et montre combien les équilibres mondiaux dépendent des perspectives de stabilisation et de démocratisation qui peuvent s'y dessiner. L'ouvrage est enrichi de cartes, de graphiques, de données chiffrées et de tableaux.
Dix visionnaires racontent comment ils ont transformé les plus grands musées du monde. Musées vivants révèle les coulisses de ces institutions, entre héritage et révolution.
Quand l'État recule, la forme-Commune s'épanouit. Ce fut le cas à Paris en 1871 comme lors de ses apparitions ultérieures, en France et ailleurs, quand des travailleurs et travailleuses ordinaires prennent en main l'administration collective de leur vie quotidienne. Les batailles contemporaines contre l'accaparement et l'artificialisation des terres, de la zad de Notre-Dame-des-Landes au mouvement des Soulèvements de la terre, ont remis à l'ordre du jour des pratiques d'appropriation de l'espace qui transforment notre perception du passé récent. Les luttes paysannes des années 1960-1970, de la « Commune de Nantes », du Larzac ou de Sanrizuka au Japon apparaissent dès lors comme des combats déterminants de notre époque. Où s'inventent, dans la défense d'un territoire menacé par la construction d'une base militaire ou d'un énième aéroport, de nouvelles manières politiques d'habiter et de produire, hétérogènes à l'État et indifférentes à la logique destructrice du capital ; où se nouent des alliances singulières et des collaborations fructueuses qui laissent joyeusement entrevoir « la forme politique enfin trouvée de l'émancipation économique du travail ».
Gramsci en France : une série de contresens. Non, Gramsci n'est pas le "classique" qu'ont instrumentalisé les héritiers italiens et français du marxisme de caserne. Il n'est pas non plus, sur le bord opposé, une pure icône du postmodernisme, limité au rôle de père des subaltern et autres cultural studies. On ne peut pas le réduire aux concepts "gramsciens" toujours cités, toujours les mêmes - hégémonie, intellectuel organique, bloc historique, etc. Il faut dire que Gramsci, si prestigieux qu'il soit, reste difficile à classer, et pas si facile à comprendre : les Cahiers de prison ne sont pas un livre, ce sont des notes rédigées dans les pires conditions, et il est remarquable que cet ensemble qui s'étale sur plus de cinq ans ait tant de cohérence dans sa circularité. Dans le choix et la présentation des textes, ce livre a pour but de faire comprendre l'actualité de Gramsci, son importance dans la réflexion stratégique, dans la compréhension du marxisme à la crise du mouvement ouvrier et aux luttes anticoloniales, antiracistes, féministes et écologiques. On y trouvera les raisons qui font aujourd'hui de l'oeuvre de Gramsci un outil révolutionnaire essentiel, de l'Argentine à l'Allemagne en passant par l'Inde et l'Angleterre. Pour la France, il était grand temps. Textes choisis et présentés par Razmig Keucheyan. Razmig Keucheyan est maître de conférences en sociologie à l'université de Paris-Sorbonne (Paris IV). Il est l'auteur de Le constructivisme. Des origines à nos jours (2007) et de Hémisphère gauche. Une cartographie des nouvelles pensées critiques (2010).
Écrits entre 1967 et 1978, ces textes de Jean Améry quasi prémonitoires sont d'une actualité brûlante et se lisent comme s'ils avaient été rédigés aujourd'hui. L'auteur de Par-delà le crime et le châtiment y décrit son attachement existentiel à Israël alors même que sa solidarité n'est pas inconditionnelle. Si, pour lui, Israël est la terre qui a appris à tous les Juifs démunis à marcher droit, en tant qu'homme de gauche il se désole de constater que la Nouvelle Gauche considère Israël comme un État colonialiste et il s'alarme devant un antisionisme moralisateur qui pour lui n'est rien d'autre qu'un indéracinable antisémitisme. À l'instar de l'injonction d'Adorno dans Éduquer après Auschwitz, Améry, au-delà des griefs qu'il adresse à cette Nouvelle Gauche, nous invite ici à une ardente obligation : réfléchir sur la manière de le combattre et de l'identifier
Et si les classes populaires votaient contre leurs propres intérêts ? Pourquoi les pauvres votent à droite explore ce paradoxe politique, révélant comment la droite a su exploiter les peurs et les ressentiments pour séduire les plus modestes.
1907, Russie tsariste : un jeune révolutionnaire se retrouve seul face aux murs de sa cellule. Seul suivi de Le Pêcheur d’hommes révèle, dès sa première nouvelle, le génie d’Evgueni Zamiatine pour peindre l’angoisse et l’absurdité de l’isolement.
Rêvez-vous d'être riche comme Crésus ? De vous laisser aller aux délices de Capoue ? Ou avez-vous adopté au contraire un mode de vie spartiate afin de faire face au changement climatique, moderne épée de Damoclès ? Venues de l'histoire grecque ou romaine, ces expressions appartiennent à notre langue, mais nous ne connaissons pas toujours leur origine ni parfois leur sens exact. Brigitte Heller les dépiaute une à une, les classant par ordre chronologique, éclairant leur sens, narrant les faits historiques qui leur ont donné le jour, et ne se prive pas pour en ajouter de nouvelles. Ses textes, joliment et précisément traduits par un latiniste passionné, vous donneront envie de franchir le Rubicon !
Un conte fantastique pour partir à la découverte de la différence. Au XVIIe siècle, William Davisson, un botaniste écossais, devenu médecin particulier du roi polonais Jean II Casimir, suit le monarque dans un long voyage entre la Lituanie et l'Ukraine. Esprit scientifique et fin observateur, il étudie les rudesses climatiques des confins polonais et les coutumes locales. Un jour, lors d'une halte, les soldats du roi capturent deux enfants. Les deux petits ont un physique inhabituel : outre leur aspect chétif, leur peau et leurs cheveux sont légèrement verts... Olga Tokarczuk s'interroge sur l'Europe par la voix de son narrateur, un étranger pris dans la tourmente de l'Histoire. Perçu comme un danger potentiel, l'autre fait peur. Mais que savons-nous de nos voisins, ceux surtout qui vivent en marge du monde qui nous est proche ? La notion du centre et de la périphérie est-elle la même pour tous ? Qu'en est-il aujourd'hui ? Les observations de William Davisson, l'Européen échoué dans une lointaine Pologne déchirée par les guerres, semblent toujours d'actualité. Une réflexion subtile et non sans humour autour de la perception de l'autre et du rejet de l'inconnu ! EXTRAIT Pendant que Sa Majesté terminait son petit déjeuner et attendait de boire ses tisanes, espérant améliorer ainsi son humeur, je m'étais éclipsé pour aller voir lesdits enfants. J'ordonnai d'abord de leur laver le visage, ensuite seulement je pus les détailler de plus près, prenant toutefois garde de ne pas me faire mordre. À en juger d'après leur taille, ils devaient avoir entre quatre et six ans, mais leur dentition me fit penser qu'ils étaient plus âgés, malgré leur aspect si frêle. La fillette était plus grande et plus robuste que le garçonnet qui, menu et malingre, semblait pourtant bien vif. Mais ce qui me saisit le plus chez eux, c'était leur peau. Elle avait une teinte que je n'avais encore jamais vue - entre le vert céladon et le vert olive. Les touffes de cheveux emmêlés qui leur retombaient sur le visage étaient pourtant claires, mais comme recouvertes d'un dépôt verdâtre, semblable au lichen qui s'empare des pierres et des cailloux. Selon le jeune Opalinski, les Enfants verts - comme nous les avions appelés -, étaient sans doute des victimes de la guerre, nourris dans la forêt par la nature, comme cela se produit parfois, preuve en est l'histoire de Romulus et Remus, les fondateurs de Rome. Le champ d'action de la nature est immense, bien plus grand que celui, somme toute bien modeste, de l'homme. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE Une excellente nouvelle aux allures de conte fantastique, qui n'est pas sans rappeler l'univers de l'Estonien Andrus Kivirähk. - Librairie Le Bateau livre Un texte étonnant qui flrite avec le fantastique, et interroge l'altérité... Un texte qui propose une reflexion sur l'Europe, la manière dont elle se dessine et sa capicité à se perpétuer. - Nikola Delescluse, Emission Paludes, Radio Campus À PROPOS DES AUTEURS Romancière et essayiste née en 1962 et installée à Wroclaw, Olga Tokarczuk est l'auteure la plus récompensée et admirée de sa génération, lauréate de nombreux prix (dont le Prix Niké équivalent du Goncourt - pour Les Pérégrins), appréciée autant par la critique que par le public. Margot Carlier est spécialiste de littérature polonaise, enseignante de langue et de civilisation polonaise à l'université Jules-Verne à Amiens, conseillère littéraire aux éditions Actes Sud. Depuis sa rencontre, déterminante, avec Hanna Krall, elle a traduit pratiquement tous ses livres. En 2009, elle a reçu le Prix Amphi pour la traduction de Gottland de Mariusz Szczygiel (Actes Sud).
« L'expérience consciente est un phénomène répandu. Elle survient à de nombreux degrés dans la vie animale. Le fait même qu'un organisme possède une expérience consciente montre que cela fait un certain effet d'être cet organisme. Nous pouvons appeler cela "caractère subjectif de l'expérience". Il n'est saisi par aucune des analyses habituelles réductrices du mental. Il ne sert à rien de fonder la défense du matérialisme sur une analyse des phénomènes mentaux, qui ne réussit pas à prendre en compte leur caractère subjectif. La raison de cet échec est que le phénomène subjectif est relié essentiellement à un point de vue unique, et qu'il paraît inévitable qu'une théorie objective, physique, abandonne ce point de vue subjectif. Cette réflexion sur les chauve-souris s'inscrit dans le cadre de mes réflexions sur le problème du corps et de l'esprit et elle doit aider à trouver une nouvelle façon de le poser. » Paru en 1974, cet essai est devenu un classique aussi bien de la philosophie que de la psychologie et des neurosciences. Nagel y analyse l'impossibilité d'expliquer objectivement la conscience et l'expérience subjective. Pour le montrer, il s'appuie sur notre incapacité à nous représenter le vécu des chauves-souris qui se déplacent grâce à l'écholocation. Les sciences font donc face à une limite majeure : la subjectivité vécue humaine ou animale. Et l'éthique doit aussi tenir compte de cette sensibilité animale, qui oscille entre plaisir et douleur. En généralisant, Nagel s'interroge alors sur notre compréhension de l'univers, entre perspective scientifique et perspective subjective. Pour cela, il propose des pistes de recherche sur le lien entre la matière et l'esprit conscient. Philosophie américain, Thomas Nagel est l'auteur d'une oeuvre importante, entre philosophie de l'esprit et philosophie morale. Entre autres ouvrages traduits en français, Qu'est-ce que tout cela veut dire (L'Éclat, 1993), Le Point de vue de nulle part et Questions mortelles (rééditions à paraître chez Agone).
Que se passerait-il si Borges rencontrait l’intelligence artificielle ? Vincent Bontems mêle philosophie, science-fiction et expériences de pensée pour explorer un monde où technologie et métaphysique s’entremêlent.
Ce volume, paru pour la première fois aux éditions L'Alphée/villa Médicis en 1986, est composé d'un choix de douze « récits-souvenirs » tirés du volume Riccordi-Raconti publié par Mondadori en 1956. Ces textes en prose donnent corps à l'ambition même de Saba, qui souhaitait écrire une autobiographie à demi rêvée, ou ce qu'il appelait un « portrait d'inconnu ». Un premier groupe de récits est placé sous le signe de Trieste : la ville est le décor ou l'arrière-fond du monde merveilleux que l'auteur s'est obstiné à y voir ; un second est dominé par des figures d'écrivains (Leopardi, D'Annunzio, Svevo), par la passion de la littérature dans ce qu'elle a de quotidien et de fabuleux à la fois. « La lumière de tous les récits (sans parler du ton), écrit Gérard Macé, est la même : celle d'une rêverie où se détachent les silhouettes d'un jeune homme et d'un vieillard, qui ne cessent de s'affronter, de se faire souffrir, et d'implorer un mutuel pardon : ils se nourrissent de Saba lui-même, dont la grande inquiétude est peut-être d'avoir à devenir la figure paternelle ou tutélaire qui le hante. »
À travers les onze nouvelles de ce recueil, Luisa Carnés dresse le portrait de personnages en prise avec un régime totalitaire : des combattant.es, des femmes emprisonnées, prisonnières politiques, des personnes révoltées et engagées dans une lutte sans merci pour recouvrer leur liberté et leur dignité. Des nouvelles écrites par une autrice en exil, réfugiée au Mexique, et qui n'aura de cesse de militer et de lutter pour voir son pays libéré du franquisme. À PROPOS DE L'AUTRICELuisa Carnés [1905-1964] est née à Madrid, dans une famille ouvrière, et commence à travailler dès l'âge de 11 ans. Autodidacte, son apprentissage la conduit vers la littérature et le journalisme, jusqu'à ce qu'elle devienne, selon la critique de l'époque, l'une des meilleures écrivaines des années 1930. S'illustrant notamment dans le genre de la nouvelle, c'est ensuite de son emploi dans un salon de thé qu'elle tire, en 1934, le roman qui la consacre, Tea Rooms (La Contre Allée, prix Mémorable, 2021). Les circonstances historiques, ses engagements sociaux et politiques dans l'Espagne des années 1930, puis durant la guerre civile, son exil au Mexique, et la censure du régime de Franco, ont largement contribué à la «?rendre invisible?» pendant de longues années dans l'histoire de la littérature espagnole.
« Baissant les yeux, elle vit soudain le renard qui la regardait, le menton baissé, les yeux levés sur elle. Ils se rencontrèrent et il la posséda. Envoûtée, elle sut qu'il la possédait. Il la regardait au fond des yeux, et son âme défaillait. Il la connaissait, il n'avait pas peur. Elle lutta, revint confusément à elle, et le vit qui filait, bondissant lentement, avec insolence, au-dessus des buissons. Puis il jeta un coup d'oeil par-dessus son épaule et s'esquiva en silence. Elle aperçut sa queue touffue, lisse comme une plume, l'éclat de son arrière-train blanc, puis plus rien : il avait disparu, aussi rapide que le vent. » D.H. Lawrence
Découvrez Le Monstre et autres nouvelles de Stephen Crane, un recueil aussi percutant qu’intemporel, où chaque histoire explore les marges de l’humanité avec une empathie rare.
Découvrez les tribulations hilarantes de Lord Emsworth, comte excentrique obsédé par ses citrouilles et son cochon de compétition, dans ce recueil de nouvelles aussi fines qu’irrésistibles.
1815, France. Jean Valjean, ancien forçat, tente de se reconstruire après 19 ans de bagne. Entre rédemption et trahison, son destin croise celui de Fantine et de sa fille Cosette, dans une fresque sociale aussi puissante qu’intemporelle.
Un écrivain revient à Marseille, la ville où il est né, pour y retrouver les grandes émotions de l'enfance. Dans les nouvelles suivantes surgit une inconnue ivre de chair, de mots et de fantasmes sadomasochistes ; le paradis d'un petit village basculant dans une folie meurtrière ; les clameurs d'un Marseille illuminé par les mystères du ballon rond ; les rêves d'amour des taulards ; un homme enlevant pour quelques grammes de tendresse un nourrisson la nuit de Noël et quelques songeries sur les toits aux couleurs de Giono
Huit nouvelles tendres et queer où chaque pas, chaque rencontre, devient une invitation à aimer autrement.
L'Europe de l'Est est la création artificielle de Staline. Ni la géographie, ni la culture, encore moins la volonté politique ne prédisposaient toutes ces nations à vivre dans le même bloc. Entretenue par plus de cinquante ans de guerre froide, cette appellation s'est profondément enkystée dans notre imaginaire et nous empêche de penser les nouvelles réalités de cette région d'une grande diversité. Beaucoup ignorent ainsi que la Pologne est aujourd'hui la sixième économie d'Europe, que l'Estonie, tout comme l'Ukraine, sont à la pointe de la cybersécurité ou que la Roumanie possède un écosystème de start-up très dynamique. Enrichi d'entretiens avec d'éminents spécialistes, l'essai d'Arthur Kenigsberg fait l'analyse de ces incompréhensions et de leurs conséquences afin de briser les stéréotypes et de tracer une voie vers les opportunités françaises en Europe centrale et orientale. À l'heure où l'Europe risque d'être reléguée à une simple « périphérie » dans le chaos du monde, il est urgent de changer la vision que nous avons de ces pays pour renforcer l'unité européenne et faire face aux chocs géopolitiques, militaires et technologiques qui s'annoncent. Et si, comme le laisse présager la guerre d'Ukraine, notre avenir se jouait entre mer Baltique et mer Noire ?
Si l'on commence par «Dieu est...», que pourra-t-on dire de plus que Dieu «est dé-coïncidence»? Au risque, sinon, de rabattre Dieu dans de l'«être», dans du dogme et de l'idéologie. Or, en avançant que Dieu ne saurait «être» que dé-coïncidence, on ré-entendra du même coup, dans l'Évangile de Jean, l'inouï de la Nouvelle faisant dé-coïncider le vivant du vital et promouvant l'intime du sujet. S'il faut dé-coïncider du monde pour la vie du monde, c'est dans cette dé-coïncidence que se déploie l'«esprit». Façon aussi de laver «Dieu» des re-coïncidences qui l'ont fait verser aujourd'hui dans l'indifférence, pire que sa «mort» proclamée. La dé-coïncidence est un concept de terrain fissurant les blocages installés - aussi pour «Dieu». F. J. lturel, il n'a eu cesse de traverser les seuils entre
Située au centre de l'arc volcanique des Petites Antilles entre la Dominique et Sainte-Lucie, la Martinique a été l'un des creusets les plus féconds du renouvellement, du ressourcement même, de la langue française. Sous l'impulsion d'Aimé Césaire (1913-2008), un des chantres de la négritude, puis d'Édouard Glissant (1928-2011), visionnaire de la créolisation du monde, cette terre d'écrivains et de poètes, de révolutions littéraires et intellectuelles, a connu au siècle dernier un rayonnement mondial. Les nouvelles ici recueillies s'inscrivent dans ce sillage. L'histoire, avec tous ses soubresauts, y est fortement présente, qu'elle soit contemporaine ou plus lointaine. Toujours en filigrane avec parfois les sonorités de la langue créole, on y évoque les relations avec la métropole, l'exil, le métissage, l'esclavage... Si les douleurs du passé se font encore sentir, la vie, la force des liens familiaux, même mis à l'épreuve, reprennent toujours le dessus. Et la géographie, la profusion de la nature qu'il faut défendre face à toutes les agressions qu'elle subit et la richesse des traditions culinaires de cette île au charme fou font partie du quotidien ; elles sont le quotidien même. Édouard Glissant avait écrit : « Si tu n'aimes pas ton pays, personne ne l'aimera pour toi. » Ces six nouvelles, chacune à sa manière, sont autant de déclarations d'amour à la Martinique. Nouvelle édition
Le coeur de Sitka bat fort, fait pulser dans ses veines un sang infusé de tourbe et de conifères, du souvenir d'un océan, d'une reine fragile à protéger. Piégée, volée, la chienne-louve court, fuit, cherche sa meute aimée, formée d'un homme et d'une petite. Sinueux est le chemin qui la mènera de l'autre côté de la peur, de l'autre côté du continent. Une nouvelle semée d'illustrations, logeant entre les lignes des romans Encabanée, Sauvagines et Bivouac de Gabrielle Filteau-Chiba. En forme brève, l'écoromancière nous fait traverser le Canada du Pacifique à l'Atlantique, lové au coeur d'une animale qui croisera la route d'humains portés par leurs propres quêtes.
Cet ouvrage offre un regard nouveau sur la notion de « limites », souvent placée au coeur des problématiques écologiques et environnementalistes contemporaines. Ces limites auxquelles nous faisons déjà face - pandémies, catastrophes naturelles, conflits - témoignent de la détérioration de nos conditions d'existence et de l'appauvrissement de notre expérience de la nature. Les contributions rassemblées ici proposent une conception originale de l'écologie, interrogeant sur la base d'approches pratiques et sensibles la façon dont nous habitons le monde. Ensemble, ces textes - récits, restitutions poétiques, analyses philosophiques et littéraires - offrent une nouvelle lecture de nos rapports à l'écologie, et invitent à repousser les limites en débridant notre imaginaire. Au-delà, ils mettent en évidence une nécessité, celle de mettre en commun ces expériences pour repenser radicalement nos modes de vie et la manière de faire collectif.
Neuf nouvelles audacieuses où l’érotisme saphique s’invite dans des situations inattendues : un Ehpad, une piste de salsa ou un dîner mondain. Allumées célèbre des héroïnes aussi drôles que torrides, entre burlesque et désir assumé.
Annie Muktuk, les hommes la désirent et se l'arrachent. Elle règne avec sa beauté légendaire et sa gloire chimérique sur le petit monde d'Igloolik. Des visages hauts en couleur prennent aux tripes. Josephee, se fiant à la ruse des Esprits, amène sa femme Elipsee sur le territoire dans l'Arctique pour la guérir du cancer. Husky, agent de la Compagnie de la Baie d'Hudson, vit rondement avec ses trois épouses, Tetuk, Alaq et Keenaq jusqu'au jour où ils partent ensemble en vacances dans le sud. Ces récits droles et crus disent le racisme, l'aliénation, mais aussi la tendresse, le sexe et l'humour. Annie Muktuk touche au coeur de ce que signifie être inuit.
LA LETTONIE, pays de deux millions d'habitants sur la rive orientale de la mer Baltique, frontalier de la Lituanie, de l'Estonie, de la Russie, de la Biélorussie et de la Suède, fait assez peu parler d'elle dans le vaste monde. Gageons que dans le domaine de la littérature en tout cas, cela évoluera vite. Qu'on l'entende comme un paradoxe ou comme une évidence, l'hisoire des lettres lettones dans leur acception occidentale habituelle, où l'écrit prime, ne date que du xixe siècle. La perte d'indépendance politique du pays dès le xiiie siècle a entravé son épanouissement naturel à partir de son folklore poétique. Mais depuis le début du xxe siècle, une certaine effervescence ne cesse de croître, singulièrement depuis la chute de l'Union soviétique. Et la nouvelle y a conquis une place de choix. Dans les six textes de ce volume, l'histoire contemporaine est passé
Pourquoi aimons-nous le hasard, et quel rôle joue cette attirance dans notre compréhension du monde ? Depuis la Renaissance, l'Occident ne cesse de redécouvrir l'aléatoire ; chaque époque annonce une nouvelle ère de la contingence. À l'émerveillement ou l'inquiétude succèdent alors le doute (n'est-il que le produit de notre ignorance ?) puis la résignation : il n'y a, au fond, pas de hasard. L'intérêt qu'il suscite s'explique donc par le gain de connaissance que l'on peut en attendre. Un phénomène inexplicable montre l'insuffisance de nos descriptions du monde et nous donne ainsi une chance d'accéder à un nouveau paradigme scientifique, où le hasard n'a plus de place - jusqu'à l'apparition de l'irrégularité suivante. Mais dans cette transition entre deux certitudes, nous prenons le temps de reconnaître l'importance unique de ce qui n'a pas de cause, et la beauté de ce qui n'est apparemment produit par rien. Ce livre est consacré à l'exploration de ce moment suspendu entre l'ignorance et le savoir, que nous remplissons d'images, d'histoires, de jeux et de théories qui modélisent notre rapport essentiel à la contingence.
Los Angeles, années 1940-1950 : plongez dans les ombres d’une ville disparue, où jazz, blues et destins brisés s’entremêlent. Ry Cooder, légende du blues, signe ici un recueil de nouvelles aussi envoûtant que ses mélodies.
Aux États qui forment l'Inde du Sud - Karnataka, Kerala, Tamil Nadu, Andhra Pradesh et Telangana - correspondent respectivement les quatre langues majeures de la famille dravidienne que sont le kannada, le malayalam, le tamoul et le télougou. Elles font partie des vingt-deux langues reconnues par la Constitution indienne et distinguées depuis peu comme langues « classiques ». Les traductions françaises de ces langues sont encore rares et dispersées. Pour ce premier recueil les réunissant, traduites directement en français, les choix des quatre traducteurs font ressortir des traits marquants de la littérature indienne.Le quotidien sous toutes ses formes, la pauvreté et la corruption, l'exposition des inégalités, les préjugés et les injustices découlant du système des castes occupe une large place dans le corpus de ces nouvelles contemporaines. En relation avec la religion, les incompatibilités supposées entre castes se laissent déchiffrer sans fard. Il y a aussi du beau et du vivant dans tous ces textes qui donnent une idée forte des relations interpersonnelles dans cette partie de l'Inde ô combien séduisante.
L’île Maurice se révèle à travers les récits de Shenaz Patel : une mosaïque de cultures, d’histoires et de destins entrelacés. Ce recueil de nouvelles offre une plongée dans l’âme d’une île où chaque visage raconte un pan de l’Histoire.