Sociologie
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ON A TOUJOURS À REDIRE SUR LE CORPS DES FEMMES. Il est au coeur des regards sexualisants et patriarcaux, des discours racistes et coloniaux, des stratégies marketing et politiques, qui nourrissent un nombre effarant d'idées fausses et d'exigences : ce corps devrait être désirable, mince, valide, blanc, musclé mais pas trop, toujours jeune, épilé, parfait. C'est oublier qu'il connaît aussi la fatigue, les fluctuations, les blessures. La société a appris aux femmes à détester leur corps, à vouloir toujours plus le contrôler - pour le rendre sexy aux yeux des hommes, mais discret, pour l'empêcher de vieillir et de grossir, pour le faire répondre à des normes patriarcales, coloniales et capitalistes -, au risque de se détruire la santé. Ce contrôle du corps des femmes, qui s'exerce à tous les âges de leur vie, a des coûts matériels, physiques, psychiques. Dans ce livre, Mounia El Kotni nous propose de remettre une question cruciale au coeur de notre vie : la liberté, celle de faire ce que l'on veut de notre corps, de l'écouter et d'en prendre soin, de nous réconcilier avec lui.
" Prendre de front - c'est-à-dire de travers " : Catabase, un nouveau label de littérature au sein des éditions La Découverte.
L'école est devenue un véritable champ de bataille. La guerre culturelle s'est propagée parmi les jeunes, entraînant son lot de tensions. D'un côté, des élèves s'opposent avec véhémence au féminisme, expriment leur mépris pour la diversité sexuelle et de genre; de l'autre, des élèves se mobilisent pour la liberté, l'égalité et l'inclusion. En arrière-plan: des politiques, des parents et des polémistes accusent les enseignantes d'encourager leurs élèves à changer de sexe, veulent interdire les drapeaux arc-en-ciel ou associent les toilettes neutres à l'effondrement de la civilisation. Pour documenter ces antagonismes, l'auteur a récolté plus d'une centaine de témoignages provenant du personnel enseignant et d'élèves du Québec. Le constat est clair: il y a une hausse marquée des propos et des gestes haineux dans nos milieux scolaires. En discutant aussi de la situation aux États-Unis et en France, où plusieurs forces conservatrices sont également à l'oeuvre, Francis Dupuis-Déri s'interroge : comment expliquer cette vague de comportements délétères dans les écoles? Comment le corps enseignant et les parents peuvent-ils développer de bonnes pratiques pour contrer ses effets?
Derrière l'appellation de « néo-polar » se cache toute la dimension sociale de ce mouvement : basé sur le quotidien, sur la question du « pourquoi on tue » plutôt que du « comment on tue », les livres de ce mouvement ont déplacé le curseur : l'engagement politique de leurs auteurs et autrices est indissociable de leurs écritures. Pourquoi néo ? Parce qu'il s'agit de rompre avec les codes du roman noir « classique » (structure d'enquête, personnage de détective, résolution finale, stéréotypes, etc.), et de porter sur la société un regard critique marqué par les idéologies d'extrême gauche. Nous sommes juste après Mai 68, et le néo-polar va s'inscrire dans une tradition de réalisme critique : il s'agit d'exposer, par la fiction criminelle, les parts d'ombre de la société, et sa violence. En outre, digne héritier de son temps, ce mouvement brouille la limite entre « populaire » et « légitime ». Mais alors, le néo-polar : un roman noir de gauche ? Pour dépasser cette définition simpliste Sybila Guéneau parle de « politique du désespoir ». En effet, ses auteurs mettent un point d'honneur à se distancier d'une gauche qui aurait trahi et dont ils ne manquent pas de faire une critique acerbe. À ce titre, le néo-polar est bien une politique du désespoir, et une poétique de l'échec. L'autrice de ne se cantonne pas à l'époque : en prenant en compte les implications actuelles de son étude, elle la conclue en comparant le néo-polar au polar français contemporain. Les auteurs du second rejettent l'influence du premier et son gauchisme. Et s'ils continuent d'exploiter les représentations de la violence et des corps, c'est surtout la mise à distance de tout engagement politique qui caractérise les auteurs contemporains.
« LES JUIFS ONT TUÉ JÉSUS » « LES JUIVES ET JUIFS SONT TOUSTES DES INTELLECTUEL·LES » « LE CHRISTIANISME ET L'ISLAM SONT DES VERSIONS 2.0 DU JUDAÏSME » « ON PARLE TROP DE LA SHOAH » DES CLICHÉS SUR L'ARGENT ET L'ALIMENTATION à l'image du Juif éternellement étranger ou insaisissable, en passant par une obsession exagérée pour la Shoah, les stéréotypes sur les Juives et Juifs ont traversé les siècles. Ils se renouvellent aujourd'hui, alimentés par les événements tragiques survenus depuis le 7-Octobre. Ces idées fausses, souvent banalisées, nourrissent l'ignorance et entretiennent un antisémitisme toujours présent. Dans cet ouvrage, Floriane Chinsky démonte plus de soixante-dix idées fausses avec rigueur et pédagogie. À travers des analyses historiques, théologiques et sociologiques, elle éclaire les grandes questions que l'on se pose sur le judaïsme, son histoire, ses croyances et ses pratiques. Ce livre est un outil essentiel pour favoriser un dialogue apaisé et une meilleure compréhension mutuelle, au service de la paix.
Et si le simple fait de regarder était déjà un acte d'émancipation ? Le spectateur émancipé de Jacques Rancière renverse les idées reçues sur l'art, la politique et notre capacité à penser par nous-mêmes.
Et si la véritable question n'était pas : « Faut-il (ou non) manger des animaux ? » mais : « Pourquoi les exploitons-nous ? » Depuis des siècles, la pensée occidentale a hissé l'humain au sommet : maître de la Nature et du vivant, des territoires et des destins animaux. Cette colonisation du vivant a façonné nos lois, nos fermes, nos laboratoires, nos récits, jusqu'à nos gestes les plus ordinaires. Pourtant, d'autres peuples voient le monde autrement. Ils savent que la Terre n'appartient à personne, que l'animal n'est pas seulement une ressource, mais d'abord une présence, une relation, une existence sensible et que nous devons composer avec lui parce que nous vivons avec lui. Dans cet essai, Cédric Sueur explore les racines de cette domination et propose une révolution du regard : décoloniser notre rapport au vivant. Décoloniser les animaux, c'est apprendre à les voir autrement : non plus comme des objets d'usage, mais comme des partenaires de monde. C'est reconnaître la conscience, la mémoire, la joie et la souffrance de celles et ceux avec qui nous partageons la Terre. Un essai engagé et lumineux qui invite à réparer nos imaginaires et à refonder nos pratiques, pour rappeler cette évidence simple : Nous faisons monde ensemble, avec les animaux et avec les autres êtres vivants. Cédric Sueur est professeur en éthologie et en primatologie à l'université de Strasbourg, membre de l'Institut universitaire de France, spécialiste de la socialité chez les animaux et les humains. Il a publié Les Péripéties d'un primatologue.
"Aimer les animaux, c'est détester les humains" "Ils sont moins intelligents, donc ils comptent moins" "Ils ne souffrent pas comme nous" Le spécisme, c'est discriminer un être vivant selon son espèce, comme si cela suffisait à juger de sa valeur ou de son droit à vivre. Cette idéologie trace une frontière artificielle entre humains et autres animaux. Elle justifie violences et exploitation, tout en nourrissant peurs irrationnelles et discours intéressés - notamment ceux de l'industrie de la viande. L'antispécisme, lui, interroge nos certitudes et s'inscrit dans une dynamique de justice globale, aux côtés des luttes antiracistes, féministes et sociales. Victor Duran-Le Peuch nous invite à repenser notre rapport aux animaux et à envisager une égalité véritable, éthique et inclusive.
Lyon, un soir d’hiver. Florina, 15 ans, seule à l’hôpital, appelle Mélikah Abdelmoumen à l’aide. De cette rencontre naît un récit bouleversant sur l’amitié, la précarité et ces gestes de petite bonté qui sauvent l’humanité.
Et si l'école pouvait encore former des esprits éclairés ? Denis Kambouchner interroge avec vigueur la capacité de notre système éducatif à transmettre une culture vivante et exigeante.
Et si le féminisme et l'islam n’étaient pas antinomiques ? Féminismes islamiques de Zahra Ali révèle comment, de l’Égypte à la Malaisie, des croyantes repensent leur religion pour y puiser les ressources d’une émancipation à la fois spirituelle.
Instaurer une communauté de travail qui rend libre, c'est l'ambition des hommes et des femmes qui ont participé à Boimondau de 1944 à 1971. Fondée autour d'une usine de BOItiers de MONtres dans le DAUphiné (à Valence), cette communauté fait partie des utopies concrètes d'après-guerre qui continuent de nous interpeller. À l'heure où le travail s'est imposé comme un sujet majeur du débat public, à travers une remise en question de sa finalité, de son coût et de ses conditions, Boimondau et son histoire dessinent des voies pour l'entrerpise du futur. De ce récit accessible, qui mêle les connaissances historiques, sociolgiques et des sciences de gestion, resurgissent nos propres questions et aspirations. Les traces laissées par ces compagnons, telles que l'édiction de leur « Règle » ou leur redéfinition du salariat dans la communauté, révèlent un projet qui se confond étrangement avec les revendications d'émancipation, d'égalité, de démocratisation et de liberté que les travailleurs et travailleuses formulent aujourd'hui. Grâce à une importante documentation, l'ouvrage retrace fidèlement les débats de ces compagnons qui ont permis d'aboutir à cette alternative à l'exploitation capitaliste. Mais il ne s'en contente pas et restitue, photos à l'appui, un quotidien à part entière, un mode de vie où le travail, le temps de la communauté, les loisirs et le projet familial s'articulent de manière inédite. L'expérience s'est distingué au point de voir ces pratiques s'insérer dans le combat politique de l'époque et influencer les projets de lois. C'est pour quoi les auteurs et l'autrice nous invitent à nous saisir de Boimondau pour nourrir des réflexions plus actuelles. Boimondau a fini par un échec, et il ne s'agit pas de chercher à la faire renaître à travers cet ouvrage, mais de reconnaître la tentative et d'en tirer les leçons pour le travail de demain.
Mensonge et manipulation: voilà l'essence des relations publiques pour la plupart des gens. Ils n'ont pas tort. Dans le monde de l'image, on peut difficilement éviter de faire certains arrangements avec l'éthique et la vérité. Simon Tremblay-Pepin a exercé le métier de conseiller en communications pendant une quinzaine d'années. Selon lui, si les relations publiques sont un outil puissant et indispensable pour provoquer les transformations sociales qui sont nécessaires aujourd'hui, leur usage a un prix: l'érosion des assises démocratiques qui permettent ces transformations. Dans un souci de vulgarisation et de synthèse, l'auteur décortique le discours que les relationnistes tiennent sur leur profession, présente les figures fondatrices de l'industrie et fait appel à un corpus varié allant du duc de Saint-Simon à Chantal Mouffe et Ernesto Laclau, en passant par Daniel J. Boorstin et Jean Baudrillard.
« C'est peu de dire que le pardon sent le soufre chez les juristes », constate Jean-Marc Sauvé dans sa préface à ce livre important. Et pourtant: le pardon pourrait-il se révéler un mode d'exercice de la justice dans certaines situations ? C'est à cette exploration audacieuse que se consacre Elie Tassel-Maurizi, ouvrant une voie inédite vers un pardon non pas religieux, mais judiciaire. Des collines du Rwanda aux villes meurtries d'ex-Yougoslavie, des rues d'Irlande du Nord aux dictatures déchues d'Amérique latine, l'auteur nous plonge au coeur de sociétés qui ont dû apprendre à vivre après l'impensable, et révèle comment le pardon comme outil juridique permet de maintenir le cadre d'une justice traditionnelle et de viser plus loin: le retour d'une paix sociale durable, point de mire de toute institution humaine. En repensant sous un nouveau jour les fondamentaux du droit et du jugement, l'auteur montre qu'une nouvelle conception de la justice pénale est possible. Une justice non plus seulement garante, mais aussi faiseuse de paix.
Et si nos émotions devenaient le nouveau terrain de jeu des algorithmes ? Notre cerveau sous influence révèle comment les IA génératives redéfinissent notre sensibilité, entre lissage des visages et uniformisation des voix.
Dans cet ouvrage, Erich Fromm analyse la condition de l'homme moderne dans une société dont le principal souci est la production économique, au lieu d'être le développement de la créativité humaine. L'homme moderne, déclare le docteur Fromm, est étranger au monde qu'il a créé, à son semblable, aux choses qu'il utilise et qu'il consomme, à son gouvernement, enfin à lui-même. Sa personnalité est «conditionnée». Permettre aux tendances actuelles de se développer sans frein aurait pour résultat d'engendrer une société malsaine d'individus totalement aliénés. Que pouvons-nous faire? Entre le dirigisme capitaliste et la dictature totalitaire, il existe une troisième voie créer une société saine dans laquelle personne n'est un moyen pour les fins d'autrui, dans laquelle l'homme est le «centre», et où toutes les activités économiques et politiques sont subordonnées au but de sa croissance. Non seulement Fromm présente ici une nouvelle psychanalyse humaniste, mais il nous montre les diverses possibilités de changement social qui peuvent nous écarter du chemin du robotisme et nous conduire à la santé mentale en tant qu'individus responsables et créatifs dans une société saine.
Tout le monde les aime, les célèbre et les croit éternels. Avec leurs étals bien garnis et leurs commerçants gouailleurs, les marchés alimentaires n'assurent pas seulement un acheminement régulier en produits frais, locaux et de saison, ils génèrent aussi une joyeuse animation de rue et suscitent de précieux échanges humains. Et malgré la concurrence des supermarchés, des zones commerciales et de la livraison express à domicile, ils semblent avoir résisté à tous les assauts. Pendant longtemps, en France comme ailleurs, il n'y a pas eu de marché sans ville, et pas de ville sans marché. Puisque bon nombre de gens préfèrent toujours s'approvisionner une ou deux matinées par semaine au grand air, ce lieu, héritier indirect des foires du Moyen Âge, paraît immuable. Pourtant, le marché est à la croisée des chemins. Son fonctionnement demeure méconnu, la grande distribution lorgne sur son succès et, lorsque vient le temps de penser des projets de revitalisation urbaine, il est rarement pris en compte. Dans une enquête à la fois fouillée et impressionniste, le journaliste Olivier Razemon nous convie à la (re)découverte des marchés et de leurs multiples facettes. Il défend ce lieu d'achat singulier, en plein coeur de la ville, qui incarne encore aujourd'hui des valeurs essentielles: l'alimentation saine, la convivialité, le vivre-ensemble et la diversité. Et si le marché pouvait jouer un rôle de premier plan dans l'indispensable revitalisation urbaine, bien au-delà de sa seule fonction commerçante?
Le néolibéralisme appliqué aux mondes du travail vise moins à liquider le syndicalisme qu'à lui assigner un nouveau rôle : celui de partenaire social préférant toujours le dialogue à l'opposition, accompagnant les politiques patronales et relayant les décisions managériales. Il en a résulté des réformes qui ont changé la donne : les négociations s'institutionnalisent à l'échelle de l'entreprise, les représentants syndicaux se professionnalisent tandis que les mobilisations au travail reculent. Mais ces dispositifs ont-ils pour autant abouti à faire des syndicalistes des relais dociles du patronat ? Dans quelle mesure se conforment- ils au rôle qui leur est prescrit ? Comment peuvent-ils au contraire y résister ? À partir d'enquêtes de terrain menées dans des contextes professionnels variés, Baptiste Giraud livre une analyse sociologique et politique à la fois précise et nuancée du dialogue social en entreprise. Loin de l'image caricaturale d'un militantisme aveuglément contestataire ou totalement domestiqué, cet ouvrage met en lumière la diversité des pratiques patronales de la négociation et des mécanismes d'ajustement des syndicalistes à leur rôle institutionnel.
Les animaux sont intelligents. Ils éprouvent des émotions complexes. Extrêmement habiles, ils bâtissent, aménagent des espaces, sculptent, décorent, cousent, peignent, répètent, se maquillent, dansent, chantent... Insectes, araignées, oiseaux, poissons, grenouilles, mammifères, tous artistes ! Alors, les humains ont-ils vraiment le monopole de l'art ? À l'heure où nous savons que l'art du trompe-l'oeil n'est pas une invention humaine et où des animaux vivants collaborent avec des artistes, il est temps de se laisser surprendre ! Un livre qui fait ouvrir les (bons) esprits, toujours et encore, sur les soi-disant spécificités humaines et la beauté qui nous entoure. Emmanuelle Pouydebat est directrice de recherche au CNRS et au Muséum national d'histoire naturelle, médaillée d'argent du CNRS et chevalière de la Légion d'honneur. Elle est spécialisée dans l'évolution des comportements et des performances animales. Elle a publié chez Odile Jacob L'Intelligence animale. Cervelle d'oiseaux et mémoire d'éléphants, Quand les animaux et les végétaux nous inspirent et Mes plus belles rencontres animales, qui sont de très grands succès. Caroline Pochart est diplômée de l'École du Louvre, guide-conférencière et médiatrice culturelle. Elle a notamment travaillé au musée du Louvre, au château de Versailles et pour de grandes expositions parisiennes. Sébastien « R. Lux » Orsini est un illustrateur autodidacte. Il partage son processus de création sur Internet, où il réalise des dessins et peintures en direct. Il pratique également des techniques traditionnelles comme la gouache et l'aquarelle, notamment en plein air.
« LES PROFS NE TRAVAILLENT PAS ASSEZ » « CERTAINS ENFANTS NE SONT PAS FAITS POUR L'ÉCOLE » « IL FAUT S'INSPIRER DES PÉDAGOGIES NORDIQUES » LES FAUSSES SOLUTIONS ET LES IDÉES REÇUES SUR L'ÉDUCATION NE MANQUENT PAS. Les politiques prescrivent volontiers des remèdes miracles et instantanés. De l'uniforme aux vacances, de l'apprentissage professionnel au numérique, de l'orientation des élèves à la réalité du métier d'enseignant·e, la plupart des questions qui se posent sont imbriquées et n'appellent pas de réponses univoques. Louise Tourret remet en perspective ces débats avec l'histoire de l'école et les apports récents de la recherche, pour éclairer les grandes interrogations que nous rencontrons au moment de la scolarité de nos enfants et futur·es citoyen·nes. Un livre à mettre entre toutes les mains tant l'éducation est un terrain de tensions politiques et le terreau indispensable à la vie en commun.
Apparue à Berlin-Ouest vers 1980 et popularisée lors de la «bataille de Seattle» en 1999, la tactique du black bloc connaît un renouveau. Des black blocs ont manifesté lors du Sommet du G20 à Toronto, du Printemps arabe, du mouvement Occupy et des Indignés, lors des récentes grèves étudiantes au Québec et contre la vie chère au Brésil, dans les «cortèges de tête» en France et contre les néonazis aux États-Unis. Cagoulés, vêtus de noir et s'attaquant aux symboles du capitalisme et de l'État, les black blocs sont souvent présentés comme des «casseurs» apolitiques et irrationnels, voire de dangereux «terroristes». Publié une première fois en 2003 et depuis mis à jour et traduit en anglais et en portugais, ce livre est reconnu comme la référence pour qui veut comprendre l'origine du phénomène, sa dynamique et ses objectifs. Alliant observations de terrain, entretiens et réflexion éthique et politique, l'auteur inscrit les black blocs dans la tradition anarchiste de l'action directe.
L'engagement politique de Noam Chomsky est inébranlable. Depuis plus de 70 ans, le célèbre linguiste du MIT est de tous les combats en faveur de l'égalité et de la justice sociale. Ce livre, composé en partie d'entretiens accordés à Charles Derber, Suren Moodliar et Paul Shannon, revient sur le parcours et l'héritage intellectuel de cet homme qui a pris le parti radical de la liberté et de la raison. Dans la première moitié, Chomsky parle des diverses causes qu'il a appuyées et de plusieurs événements marquants dont il a été témoin lors de ses nombreux voyages, des premières conférences qu'il a données dans les années 1940 jusqu'à sa visite au Brésil en 2018. Dans la seconde, il aborde la question - toujours d'actualité - de la confluence des intérêts de Trump et de ceux des grandes entreprises. Il ouvre également des pistes de réflexion sur la manière dont la pandémie de COVID-19 a mis au jour le caractère pathologique de la logique capitaliste. Fort de sa longue et riche expérience, Chomsky en appelle comme toujours à la convergence des luttes de la gauche progressiste. Devant l'ampleur des défis que nous avons collectivement à relever, c'est sans contredit l'aspiration la plus légitime de toute une vie consacrée au militantisme.
Un livre d'histoire ? oui et non. Oui, parce qu'on y parcourt quelque 220 ans d'émeutes, soulèvements, insurrections et révolutions, depuis la prise de la Bastille jusqu'à la chute de Ben Ali et Moubarak en passant par Juin 1848, la Commune de Paris, les révolutions russes de 1905 et 1917, celles d'Allemagne, de Chine, d'Espagne, de Cuba, la Commune de Shanghai, l'insurrection zapatiste... Non, parce qu'on n'y trouve pas les descriptions « objectives » habituelles, ni les considérations morales qui les accompagnent si souvent. C'est que le but est clairement politique : repérer dans l'histoire révolutionnaire ce qui peut servir à surmonter le pessimisme ambiant et à penser l'action à venir. On verra que les plus grandes insurrections partent de la colère du peuple et non du bouillonnement des idées politiques ; qu'après la victoire, le chaos, toujours brandi comme une menace, ne survient jamais ; qu'un rapport de force défavorable peut s'inverser en une journée ; que les épisodes les plus célèbres sont souvent des constructions légendaires. Ce livre engage à ne plus lire cette « histoire » avec des yeux d'éternels vaincus, à ne plus y voir un répertoire de catastrophes mais une source vive d'enseignements et d'exemples. La formation de forces révolutionnaires passe par la réappropriation de notre passé.
«Nous mettons en marche de prodigieuses machines pour n'arriver nulle part. » Voilà comment Jacques Ellul résumait le rapport des sociétés contemporaines avec la technique. La technique dans notre monde n'a jamais semblé être aussi dominante et les innovations autour du numérique (en particulier l'intelligence artificielle) font régulièrement la une des journaux. Tel un hamster dans sa roue, l'individu moderne a la sensation d'avancer toujours plus vite, jusqu'à la nausée et la perte de sens. Il serait peut-être temps de sortir de la roue. Avec des entrées aussi diverses que l'amitié, l'intelligence artificielle ou la non-puissance, cet ouvrage illustré propose une introduction à la vie et à la pensée de celui que l'on identifie volontiers comme le lanceur d'alerte de la domination de l'homme par l'emballement de la technique. Des anciens élèves aux héritiers de la nouvelle génération, tous nous montrent en quoi Jacques Ellul, par ses réflexions technocritiques, peut nous aider à penser les transformations de notre monde et à ne pas les subir sans esprit critique. Esprit critique dont les contributeurs et contributrices de ce recueil ne sont pas dépourvus, y compris à l'égard de la figure intellectuelle qui inspire ce recueil où se croisent des voix maleures et très diverses dans une unité de ton et un souci commun de sortir de nos impasses.
En 1768, des marins de Sunderland lancent l'un des tout premiers grands arrêts de travail en repliant les voiles de leurs navires (« striking the sails »). À l'époque, l'action est considérée comme une « mutinerie ». Le mot « strike » est alors adopté pour désigner un arrêt de travail ou une grève. Depuis lors, la lutte sociale a connu des hauts et des bas, mais elle vit toujours, ouverte et offensive, ou latente, à l'affût de moments critiques pour faire basculer l'histoire. Entre l'inflation galopante et des salaires revus à la baisse, la situation climatique critique, de mauvaises récoltes, les prix des denrées alimentaires qui s'envolent, nous sommes à un moment de bascule. Ce livre nous mène dans les coulisses du pouvoir, de la spéculation alimentaire en passant par les super-profits pétroliers, avec comme bousolle la volonté du peuple de s'émanciper. En donnant la parole à ceux qui luttent, Peter Mertens offre un nouveau point de vue sur les équilibres mondiaux, en plein basculement. Avec en ligne de mire l'espoir que les mutins du Nord tendent la main à ceux du Sud, et vice-versa, pour un réel virage démocratique, social et écologique. Sociologue et secrétaire général du PTB (Parti du travail de Belgique), Peter Mertens (1969) est notamment l'auteur de Priorité de gauche (2009), Comment osent-ils ? (2011, prix Jaap Kruithof en 2012), Au pays des profiteurs (2016) et Ils nous ont oubliés (2020), traduit en six langues.
« S'agissant de la science sociale, on doit considérer que la connaissance de la réalité qu'elle permet d'acquérir doit s'investir dans l'entreprise collective de rendre le monde social meilleur, et donc apporter sa contribution spécifique au combat que les forces d'émancipation ne cessent de mener contre les forces d'oppression sociale. Cette sociologie critique, refusant l'objectivisme économiste, nous permet de comprendre que les structures du monde social à combattre sont à la fois externes et internes. C'est pourquoi elle prône la réflexivité et l'auto-socioanalyse, nous conduisant à considérer que toutes les Bastilles existent toujours doublement, dans le monde où nous habitons et dans celui qui nous habite. C'est pourquoi il faut s'attaquer aux murailles qui sont en nous tout autant qu'à celles qui se dressent devant nous, parce qu'elles ne forment toutes ensemble qu'une seule et même forteresse, celle de l'ordre établi. » Véritable ouvrage de sociologie générale, ce livre propose une vision du monde social étroitement inspirée des analyses de Pierre Bourdieu, dont elle reprend en substance l'appareil conceptuel. Sociologue et professeur honoraire à l'université de Bordeaux 3, Alain Accardo tient une chronique dans La Décroissance. Soucieux de promouvoir une sociologie critique, dans la continuité des travaux de Pierre Bourdieu, notamment sur les systèmes de reproduction des inégalités, et de domination, Alain Accardo s'est fait une spécialité de l'étude du monde journalistique. Tous ses livres sont désormais publiés aux éditions Agone.
L'ouvrage présente les voies multiples ouvertes par les sculptrices, du XIX siècle à nos jours dans l'invention de la sculpture moderne et contemporaine. L'analyse de la vie, des oeuvres et des carrières de ces artistes du monde entier montre ce qu'il fallut de détermination et de talent pour s'émanciper et tracer sa voie. La réussite qui couronna certaines carrières s'est inscrite, tout au long de leur vie, dans des réseaux féminins, amicaux et professionnels, à redécouvrir eux aussi. Une histoire renouvelée et internationale de la sculpture s'inaugure ainsi.
Pourquoi les faits divers nous fascinent-ils autant ? Bérénice Mariau nous plonge au coeur de ces récits dramatiques qui peuplent nos journaux et nos écrans. En explorant les mécanismes des faits divers, l'autrice décortique ces événements qui semblent si anodins au premier abord. Qu'ils soient grossis, manipulés ou qu'ils révèlent réellement les dysfonctionnements de notre société, ils touchent toujours à des thèmes universels : peur, injustice, violence... Ce texte passionnant montre comment les faits divers, bien que souvent perçus comme des informations mineures, jouent un rôle crucial dans la manière de penser la société, les émotions humaines et les dynamiques politiques et sociales. Ils représentent des histoires extraordinaires dans l'ordinaire, offrant des perspectives sur les paradoxes de notre condition humaine.
L’intelligence artificielle avance plus vite que notre capacité à la comprendre. IA : comment ne pas perdre le nord ? offre une boussole claire et humaine pour naviguer dans cette révolution, sans panique ni fascination.
Et si la philosophie féministe redéfinissait notre rapport au monde ? Existantes propose une plongée audacieuse dans une pensée incarnée, où la raison, la justice et l’autonomie sont repensées à l’aune des expériences vécues.
« Nous, classes moyennes, petits-bourgeois de toutes catégories, anesthésiés par notre confort, chloroformés par nos habitudes, obnubilés par nos médiocres intérêts, devrions nous aviser que le modèle d'organisation sociale qui est révolu, c'est celui qui se présente comme le seul concevable et le seul souhaitable, le modèle que le capitalisme libéral a étendu à toute la planète, celui d'une société à deux vitesses et d'un monde à deux humanités. L'évolution plus qu'alarmante des rapports sociaux, le fossé infranchissable qui se creuse toujours plus entre nantis et démunis, entre possédants et dépossédés, engendrant exclusion, haine et violence, rendent inéluctable le choix décisif entre un monde où la défense des privilèges ne pourra plus être assurée que par la guerre déclarée contre les pauvres et un monde où la suppression des inégalités économiques constitue le préalable de la construction d'une démocratie mondiale. » Le capitalisme ne fonctionne pas seulement par oppression mais aussi par l'adhésion des individus au système qui les exploite, entretenue par de vaines espérances de succès individuel. Nos luttes doivent s'accompagner d'un autre combat, dont l'enjeu est l'appropriation par chacun de sa subjectivité : ce travail de « socioanalyse » a pour objet la maîtrise de ce qui conditionne notre participation spontanée à l'ordre établi.
Les violences sexistes et sexuelles ne sont pas une fatalité. Cet ouvrage collectif, dirigé par Bérénice Hamidi et Gaëlle Marti, rassemble chercheur·es.