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Presse, radio, télévision, podcasts et réseaux sociaux : retrouvez les romans, essais, bandes dessinées et récits qui font parler d’eux en ce moment.
Cette sélection régulièrement actualisée réunit les livres disponibles sur My Smart Book. Certains titres sont des smartbooks et offrent ainsi une lecture interactive grâce à notre IA conversationnelle.
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Paula, une jeune esthéticienne, quitte la banlieue parisienne pour s'installer en bord de mer avec Tom, son compagnon jardinier. Dans cet appartement, elle espère un nouveau départ loin des odeurs et des bruits de la tour HLM où elle a grandi. Mais son quotidien est hanté par le souvenir des femmes de sa famille. Enfermée chez elle avec sa chienne Scarlett, Paula sombre dans une angoissante obsession domestique. À travers son regard myope ou la fenêtre inexplicablement sale de son salon, elle contemple l'immeuble voisin brûler et un secret ressurgir. Par une langue obsessionnelle et hirsute, Décolorer sa fille scande une vie réglée comme une liste de course qui glisse vers une inquiétante étrangeté. Dans une tension diffuse et une ambiance irrespirable, ce roman explore la filiation féminine, la charge domestique intériorisée et dissèque ce que la précarité fait aux femmes. « L'écriture la plus intéressante que j'ai vue depuis longtemps. [...] Soixante-huit premiers romans et une révélation : retenez bien son nom, elle s'appelle Lucie Bérard. » Olivia de Lamberterie, Télématin, « Charnel, obsessionnel, incandescent. » Alice Develey, Le Figaro Littéraire « Une quête d'émancipation particulièrement réussie. » Fanny Imbert, France Inter « L'héroïne de Lucie Bérard s'émancipe dans un premier roman poignant. [...] Et nous là-dedans ? Touchés au coeur. » Arnaud Cathrine, La Tribune du Dimanche « Le premier roman de Lucie Bérard est de ceux que l'on a envie de lire d'une traite. » Thomas Messias, Slate « C'est drôle, brutal, parfaitement ajusté. Bérard ne disserte pas sur l'héritage féminin : elle le fait sentir dans les cheveux, les muqueuses, les culottes, les placards, les produits ménagers. » Nicolas Gary, Actualitté « Un bijou de premier roman. » Incipit, Léonard Desbrieres « Un style captivant et magnétique. » Philippe Touron, Librairies Gallimard « L'écriture est hypnotisante. » Agathe Cèbe, Librairie La Belle Image « Inventif, obsédant, profond, bouleversant. » Sarah Gastel, Librairie Adrienne
Sacha, ouvrière de 7 à 17 heures, écrit pour survivre à l’usine et au chaos du monde. Un roman brut et poétique.
" Prendre de front - c'est-à-dire de travers " : Catabase, un nouveau label de littérature au sein des éditions La Découverte.
211 milliards C'est le montant des aides publiques versées aux entreprises en France, en 2023, sans transparence ni contrepartie ni évaluation. Cela correspond à deux fois et demie le budget de l'Éducation nationale, et onze fois celui de la Santé - 211 milliards attribués sans obligation d'aucune sorte, ni sociale ni environnementale. Ce chiffre a été établi par une commission d'enquête sénatoriale sur la base de six mois de recherche, d'analyse et d'audition de près de la moitié des patrons du CAC 40, peu habitués à rendre des comptes aux citoyens ou à leurs représentants élus. C'est inédit. Le rapporteur de la commission, Fabien Gay, raconte les coulisses de ce travail de fourmi qui a permis d'établir un état des lieux précis, jusqu'alors inexistant, des aides publiques aux entreprises. Le jeune sénateur livre ici son expérience de l'exercice du débat démocratique et de la lutte politique au service de celles et ceux qui sont les créateurs de richesses : c'est maintenant que le combat commence.
De la découverte de l’or des Amériques aux crises financières modernes, L’Argent de John Kenneth Galbraith démythifie avec brio l’histoire monétaire.
Si la recherche avance parfois au rythme patient des années, le quotidien des chercheurs peut soudainement être bousculé par des situations exceptionnelles. Que se passe-t-il lorsqu'un mail ou un coup de téléphone les mobilise dans l'urgence ? Pour le découvrir, partez en première ligne et parcourez des terrains d'investigations ou de réflexion uniques. Du pont d'un navire océanographique dans l'océan Indien aux salles de crises interministérielles, de fouilles archéologiques au coeur de la Moselle aux laboratoires de la station scientifique sur l'archipel Crozet, des chercheurs mobilisent leurs connaissances, déploient des équipements de pointe, développement des approchent innovantes, et vous livrent leurs récits en situation de crise. Séismes inattendus, maladies d'origine inconnue, pollutions oubliées... à travers 10 récits d'enquête accessibles à un large public, cet ouvrage vous plonge dans des aventures humaines qui mêlent technicité scientifique, engagement et émotion. Un recueil qui s'adresse aussi bien aux futurs chercheurs qu'aux passionnés de science ou aux adeptes d'enquêtes en tous genres. Découvrez l'ouvrage avec un 11(sup)e(/sup) récit inédit ! Dans (em)Baignade à haut risque(/em), parcourez les rivières corses avec Jérôme Boissier pour comprendre l'émergence inattendue en France de la bilharziose, une maladie tropicale... Cette enquête est disponible en accès ouvert sur https://doi.org/10.5281/zenodo.21509775
Durant deux années de guerre, Delphine Horvilleur a cherché dans les textes sacrés les mots capables de résister au désastre. Qu'arrive-t-il au langage quand le monde s'effondre, s'interroge Delphine Horvilleur dans ce livre courageux, à la croisée du témoignage intime et de la réflexion spirituelle. De 2023, veille des massacres du 7 Octobre, jusqu'au retour des derniers otages retenus dans un Gaza dévasté en 2025, l'auteur n'a cessé de chercher les mots pour accompagner les drames et faire dialoguer une sagesse ancestrale avec la tragédie en cours. Elle livre ici les sermons, à la portée parfois prophétique, qu'elle a prononcés au coeur de la guerre, et tente de comprendre ce qui, dans le chaos, fut si difficile à dire ou impossible à entendre. Sa relecture des textes de la tradition et ses interprétations bibliques éclairent notre temps d'une lumière inédite, faisant résonner les leçons d'un passé immémorial dans un présent hanté par la violence et les fantômes de l'Histoire. À travers cet essai passionnant sur le judaïsme et Israël, l'antisémitisme et la responsabilité politique, l'usage de la force et la quête de survie, elle pose une question universelle : peut-on apprendre à se reparler pour tenter de se réparer ?
Le cadavre de Jake Crow Dog est repêché dans le Mississippi. La police de Minneapolis, qui ne fait pas grand cas de la mort d'un Indien, classe le dossier. Mais pour ses enfants, Winona et Duane, il ne fait aucun doute qu'il n'est pas tombé à l'eau tout seul. En remontant la piste de leur père jusque dans les réserves lakota, où ils n'ont jamais mis les pieds, c'est leur histoire et celle des Indiens des plaines qu'ils vont découvrir. Et leur enquête va prendre des proportions insoupçonnées. S'ils savent que l'Histoire se répète, cette fois-ci Winona et Duane vont tout faire pour la changer. Quitte à demander de l'aide à un allié de choix : Wakan Tanka... La voix d'Ariane Brousse nous fait ressentir la passion et la rage qui animent l'écriture de Caryl Férey. "Du pur Férey grand cru." LH Le Magazine "Un polar nourri de mémoire et de résistance." Infrarouge "Une immersion et une intrigue haletantes au coeur d'une Histoire qui ne semble jamais close." 1 Le un des libraires Couverture : d'après photos © Photo12/Heritage Images/Heritage Art, Cavan Images et Robyn Osborne/Getty Images
"Elle passe sa vie à écoper et goudronner les brèches dans la cale afin que la famille ne coule pas. Car si les Petites la chérissent, si elles aiment sa douceur, son indulgence, sa tendresse, elles préféreraient, et de loin, ressembler à leur père. Les enfants peuvent être des animaux cruels. Le Père, fielleux, la surnomme "miss martyre". Ses belles-soeurs continuent de lui dire gentiment et sottement "tu es une vraie sainte". Et qui peut bien souhaiter, en toute connaissance de cause, ressembler à une victime ?" Pour la première fois, Véronique Ovaldé s'aventure dans sa biographie pour faire le portrait de sa mère, mais elle le fait à sa façon, avec le recours revendiqué, exquis et inventif à la fiction, se plaisant à rêver pour sa mère à d'intempestives bifurcations et d'improbables autres vies. Ce faisant, elle découvre une femme à la bonté rare et dont l'admirable renoncement n'a pas, malgré tout, éteint la joie. « A coups de détours fantasmés, de traits d'esprit primesautiers et de pages à vous serrer le coeur, l'autrice fait de sa mère une magnifique héroïne » MARIE CLAIRE « Un texte de haute tenue, au tombé impeccable. » LA VIE « Un texte parfois drôle, souvent poignant, toujours intelligent et porté par une si belle écriture » LE PARISIEN « Un texte poignant et empreint d'espoir qui marquera la rentrée littéraire » TELE 2 SEMAINES « La romancière décrit une époque en mêlant avec subtilité et finesse, réalité et vies rêvées. » MADAME FIGARO « Un livre lucide, intelligent et poignant. » ARTS LIBRES « Ce parti pris original et réussi tient en haleine le lecteur qui tressaille, se laisse piéger, se révolte, espère. » OUEST FRANCE « En refusant à la fois d'acquitter, de condamner et d'embellir, Véronique Ovaldé signe un livre très juste » MARIANNE
« Après l'effondrement du 7 janvier, j'ai dû fouiller dans la somme de mes gravats mentaux. Pendant plusieurs années je me suis assis au bord de ce moi pulvérisé à contempler le moindre caillou. À envisager de refonder le tout. Je ne sais pas comment j'ai pu me reconstruire au fond, mais c'est dans l'exploration méticuleuse de ma personnalité à terre que j'ai finalement réussi. J'ai commencé à devenir le dessinateur que je suis désormais lorsque j'ai compris que je n'étais plus en ruine, mais en chantier. Alors forcément Beaubourg en reconstruction... Écrire évidemment. Mais dessiner aussi. Puisque le dessin a toujours été là pour me soutenir. »
Seule dans son appartement, une jeune femme emballe ses affaires dans du papier journal. Demain, des déménageurs emporteront ces traces fragiles de son existence. Tandis qu'elle remplit ses cartons, elle pense à l'homme dont elle vient de se séparer, et des histoires surgissent des objets qu'elle manipule. Témoins d'une vie ordinaire, une assiette au filet d'or, un ensemble H&M couleur poil de chameau ou un rouleau de Sopalin ont autant à raconter qu'un trépidant roman d'aventures... Que reste-t-il de ce que nous avons vécu ? De quelles légendes sommes-nous faits ? Les grandes amours comme les petits riens, les désillusions et les désirs sont au coeur de ce roman plein de surprises, à la fantaisie incomparable. "Clémentine Mélois semble nous dire que la fin d'une chose annonce aussi le début d'une autre." La Croix. "Un beau récit sensible comme une longue lettre ouverte à l'absent." Benzine
24 juillet 1938. Une nuit sans lune. Les compagnies républicaines traversent en silence le fleuve et prennent position sur la rive sud, autour du village viticole de Castellets del Segre. La dernière grande bataille de la guerre civile espagnole - la bataille de l'Èbre - va commencer. Près de deux cent mille soldats vont se disputer chaque colline, chaque route et chaque ferme dans des combats féroces et sanglants, où l'on joue sa vie à tout moment. D'un côté, les brigades internationales, le bataillon Ostrovski et les jeunes appelés de l'année vingt, les Biberons ; de l'autre, les légionnaires, les traditionalistes catholiques du Tercio de Montserrat et les soldats musulmans du quatorzième tabor. Ligne de feu met en scène dix jours de cette bataille décisive qui fera basculer l'histoire et scellera à jamais le destin de personnages inoubliables : Patricia Monzón, la militante communiste ; Julián Panizo, le dynamiteur murcien ; le sous-lieutenant Santiago Pardeiro ; le monarchiste catalan Oriol Les Forques ; Selimán al-Barudi, le caporal du tabor ; sans oublier les journalistes étrangers Phil Tabb et Vivian Szerman, ni le photographe Chim Langer. Arturo Pérez-Reverte raconte leurs combats et leur sort, à la fois en grand maître du roman historique et en grand correspondant de guerre, au plus près des événements. Avec Ligne de feu, il nous offre l'expérience d'une immersion saisissante dans un conflit dont les ondes de choc n'ont pas fini de traverser notre présent. "Le grand roman sur la guerre civile espagnole." La Vanguardia "Un grand roman sur la guerre et ce qu'elle fait aux hommes." Benzine "La guerre civile espagnole comme on ne nous l'avait jamais racontée." Publishers Weekly "Le récit épique du meilleur romancier espagnol." El Mundo
Elle a vingt ans et veut devenir actrice. Après avoir grandi en France, elle retourne en Russie chez son grand-père, pour entrer à l’École du Théâtre National de Moscou. Mais à l’École comme dans sa famille, quelque chose résiste. Pendant qu’on répète Les Trois Sœurs de Tchekhov, la réélection de Vladimir Poutine déclenche des manifestations. Le soir, le grand-père commente les informations. Sa petite-fille l’interroge sur le passé. En guise de réponse, il pose parfois sous ses yeux une photo, un vêtement, une pièce de monnaie qui a appartenu à l’arrière-arrière-grand-père. Voilà, c’est à toi. Des objets qui vont se transformer en éléments d’enquête. Quels secrets cachent les photos de l’album vert ? Pourquoi ne faut-il pas parler près de la porte d’entrée ? Pour découvrir ce qu’on ne lui dit pas, la narratrice devra apprendre à écouter les silences et à poser des questions, à voix haute. Dans ce roman extraordinaire, voyage au bout de la mémoire, Polina Panassenko plonge dans l’héritage d’un pays, mettant au jour des vies brisées par le Goulag et la peur qui se transmet d’une génération à l’autre. Un pays dans lequel subsiste, malgré tout, l’espoir de liberté et de justice. Polina Panassenko est autrice, traductrice et comédienne. Son premier roman, Tenir sa langue (Éditions de l’Olivier, 2022) a reçu le Prix Femina des lycéens.
« Chaque nouveau roman de Louise Erdrich est un événement littéraire, et son dernier en date poursuit l'une des séries de succès les plus remarquables de la littérature américaine. » The Guardian
Jusqu'où est-on prêt à aller pour défendre notre liberté ?Lyon, Boston, Paris, Singapour. Au fil d'une écriture intense, Les Évadées nous transporte autour du monde en nous liant aux destins de deux jeunes femmes, deux soeurs jumelles au caractère trempé, que la vie a tôt séparées mais que le destin va finalement réunir. Cécile est enquêtrice au sein d'Interpol. Un appel au secours, lancé depuis un village perdu aux confins de l'Asie du Sud-Est, la met sur la piste d'une entreprise criminelle dont elle ne soupçonne pas l'ampleur. À des milliers de kilomètres de là, Olivia, scientifique rattachée à l'Institut Pasteur, poursuit ses travaux dans un centre de recherches de la côte Est américaine. Alors que le pouvoir politique du pays se radicalise et décide de museler la science, Molly, sa patronne, lui propose de rejoindre un réseau de résistance. A priori, les existences de ces deux soeurs n'ont plus grand chose en commun, si ce n'est que chacune, à sa manière, recherche la vérité. Mais dans une époque livrée à l'avidité et aux mensonges, ces deux femmes obstinées vont braver les périls pour défendre ce en quoi elles croient... et ainsi redécouvrir qu'il existe entre elles des liens que ni la peur ni le temps ne peuvent rompre.
« Il y a le corps physique de la maladie, celui dont tu parviens à définir les contours. Il se situe à l'intérieur du tien, se meut au gré des symptômes, des douleurs. C'est tantôt une surface plane, une lame qui te traverse de part en part au niveau de l'estomac, tantôt un vide circulaire ou un orbe pulsant. Il y a la fatigue physique, cet insupportable brouillard mental qui te met à distance de tout. Et puis il y a l'aura de la maladie, la façon dont elle s'étend au-delà de toi, modifie le monde tel que tu le perçois. » En 2023, Jean-Baptiste Del Amo se rend au musée du Prado, à Madrid, pour revoir les Peintures noires de Francisco de Goya. Il passe ensuite une nuit à l'ermitage San Antonio de la Florida dont la coupole a été décorée par le peintre et où se trouve sa sépulture. À travers le récit d'une journée et d'une nuit, en miroir de l'oeuvre de Goya, il revisite l'expérience de la maladie et explore la manière dont elle a bouleversé son rapport au corps, au temps, à l'écriture et à la réalité.
Au dernier jour d'un festival de littérature à Beyrouth, Elisa Shua Dusapin descend au Sud Liban. Elle ne sait pas ce qui se passe de l'autre côté de la frontière en Israël, c'est tôt le matin, le 7 octobre 2023. Quelques mois plus tard, après son retour en Europe, un pressentiment la pousse à retourner d'urgence au Proche-Orient. Elle commence par poser ses valises à Amman en Jordanie. Elle ne connait ni la ville, ni sa culture. La jeune femme apprend l'arabe, s'initie à la plomberie avec des Jordaniennes, se rapproche de réfugiés syriens, partage de furtives confidences avec des Palestiniens et des Israéliens. Une sorte de secret se dévoile dans les silences et grâce aux gestes. Comme si c'était en compagnie des gens, et non à leur propos, qu'Elisa Shua Dusapin écrivait ce texte lumineux et grave, échappant à tout manichéisme et qui pose un regard inédit sur cette région et sur la violence.
' On ne s'occupe que de ce qui n'est pas, et non de ce qui est ', écrit le philosophe Pascal dans ses Pensées. Cette phrase insolente de simplicité résume notre condition humaine : incapables d'accepter le réel tel qu'il est, nous préférons nous duper pour tenir bon. Mais à quel prix ? Dans cette réflexion intime et philosophique, Adèle Van Reeth interroge l'ambivalence de notre rapport au vide. Et si nous organisions notre vie de manière à combler ce vide qui nous effraie tout en regrettant de ne pas réussir à lui faire de la place ? À distance de la vie saturée que la narratrice mène entre travail, famille et agitation quotidienne, le retrait dans un monastère ne lui offre pas de réponse et devient une épreuve : celle du face-à-face avec soi et avec le temps. Dialoguant avec Pascal, mais aussi avec Virginia Woolf et Henry David Thoreau, Adèle Van Reeth donne à cette expérience singulière une portée plus large. Elle interroge avec précision ce qui, dans nos vies contemporaines, relève moins du mouvement que de la fuite, moins du désir que du remplissage.
Le 30 janvier 1933, l'Allemagne bascule dans l'inconnu. Nul ne sait comment les nazis - installés au pouvoir alors qu'ils ne l'espéraient plus - vont gouverner et nul n'a anticipé le carnage institutionnel qu'ils provoqueront. La droite, obnubilée par la montée en puissance des communistes, veut protéger les intérêts économiques, fiscaux et sociaux des élites patrimoniales et mettre fin à la démocratie. Elle mise sur la violence nazie pour frapper aussi bien les opposants politiques, les syndicalistes, que les immigrés, les Juifs et tous les ' indésirables ' qu'elle abhorre. Mais les Allemands sont réticents, comme le montrent l'échec spectaculaire du syndicat nazi aux élections professionnelles et celui du boycott antisémite du 1er avril 1933. La "prise de pouvoir" a duré six mois, jusqu'au 14 juillet 1933, date du dernier conseil des ministres avant les vacances estivales. Elle a été rendue possible par la bascule de plusieurs groupes élitaires qui ont oeuvré en faveur des nazis : l'armée, l'Église catholique, les médias libéraux qui tentent d'amadouer le monstre, la magistrature et la haute fonction publique, tandis que le patronat, le clergé protestant et les grands propriétaires agricoles avaient déjà fait leur choix - celui du pire pour le peuple allemand.
Voyageur épris d'ailleurs, de stop et de liberté, Olivier est en route vers Lahore pour fêter la nouvelle année sur une plage indienne. En traversant l'Iran, il est arrêté à Chiraz alors qu'explose le mouvement Femme, Vie, Liberté. Accusé d'espionnage, il reste deux ans et demi en prison.Olivier est un poète, habitué à vivre de peu, sans confort ni téléphone portable. En cellule, il mobilise tout ce qui peut lui apporter de la lumière, la poésie persane comme les chansons de Britney Spears.Derrière ses paupières, installé dans un cinéma dont il est le seul spectateur, il se projette des films. La nuit, il convoque dans ses rêves les êtres aimés.Un récit lumineux et bouleversant qui nous dit que, même dans la nuit, quelque chose en nous refusera toujours de céder. La découverte d'un écrivain.
Faire la peau, le quatrième livre de Louise Chennevière, est peut-être le plus intime mais aussi le plus abouti. C'est le récit d'une enfance sous l'emprise maternelle, du désir sauvage de s'émanciper. La narratrice, âgée de 30 ans, décide de rompre avec la lignée de femmes qui l'a engendrée, condamnées depuis toujours à la reproduction de la violence. Commence le récit d'une relation mère-fille, déconstruisant les souvenirs de l'enfance et de l'adolescence. Elle parle et lutte : contre les fantasmes, les interdits, les lois, pour écrire le récit, sacrilège, tabou, du meurtre symbolique : tuer sa mère. Et contre elle-même aussi, la petite fille qu'elle est encore et qui voudrait préserver l'image idéale d'une mère qui ne l'a jamais été. Le livre lui permet d'aller au bout de ce geste, non seulement pour lui permettre d'advenir enfin comme subjectivité libre et puissante, mais aussi pour pouvoir aimer. C'est un récit de deuil et de désir, troué de multiples souvenirs et hanté par des questions qui ne trouveront jamais de réponses. C'est aussi, par la littérature, une déclaration de liberté - celle que l'on peut conquérir en osant enfin regarder les choses telles qu'elles sont, dépouillées des mythes et des histoires.
On fait partie d'une grande famille. On sait qu'on est privilégiés. On vit ensemble, dans notre immeuble au centre de Paris, on se retrouve l'été dans notre maison à la montagne. On trouve que c'est normal. C'est chez nous, c'est à nous, c'est pour nous. On se ressemble, on se compare, on se confronte, on ne se quitte pas, on se confond, on s'appartient. On ne sait pas comment dire je, on n'en a pas besoin, puisqu'on est nous. Nous les enfants, les frères et soeurs, les cousins, les cousines, on partage tout, nos écoles, nos chambres, nos habits, nos repas, nos jeux, nos bains, nos lits. On est les membres indissociables du grand corps familial. On n'a jamais vécu dehors. On ne sait pas ce que c'est. On n'en est pas capables. On n'en a même pas envie. Et tout aurait dû continuer ainsi, dans un même immuable recommencement. Le jour où la façade s'est fissurée, on n'a pas compris. Ça n'aurait pas dû se produire, pas dans notre famille. Ce n'était pas possible que ça nous arrive, à nous aussi.
En trente ans, Amos et Emerson se sont bâti une existence que beaucoup leur envient. Leurs épouses sont proches, leurs filles adolescentes ont grandi ensemble, et leurs journées s'écoulent dans la langueur de vies new-yorkaises opulentes. Leur amitié semble immuable. Ce week-end, pourtant, quelque chose a changé. Alors qu'ils sont réunis pour célébrer les cinquante-deux ans d'Emerson dans sa maison de campagne, la fête laisse place à de vieilles rancoeurs. Lorsque les tensions éclatent, leur monde si soigneusement construit se brise en un acte de violence impensable, aux conséquences abyssales. Dans un style d'une exactitude infinie, Hal Ebbott pose un regard acéré sur la fragilité des liens, le mariage et les rapports de classe. Acclamé outre-Atlantique, Entre amis signe l'entrée en littérature d'un écrivain-né.
Après le succès littéraire et commercial de son récit , Sonia Devillers part à la recherche d'un admirable piano à queue, volé par les nazis en 1943. Ce qu'elle nous raconte est bouleversant, instructif, et magistralement mené.
"Pour donner à ma longue rêverie la forme d'un livre, j'avais besoin de voir. De la terre, des pierres, des arbres, un rivage. J'ai toujours besoin de voir. Je suis allé en Troade à la fin d'un mois de juin, alors que les coquelicots jetaient de grandes flaques rouges au milieu des champs de blé et d'oliviers où jadis s'affrontaient les héros." Il y a quelque trente-trois siècles, des guerriers grecs ravagent une cité d'Asie Mineure qu'ils appellent Troïa ou Ilios. Les hommes sont massacrés, les femmes traînées en esclavage. C'était dans la nuit des temps, mais grâce à l'Iliade cela vit toujours dans notre mémoire. C'était, aussi bien, hier, aujourd'hui, demain : la tragédie de la destruction d'une ville n'a cessé d'être réécrite en lettres de feu et de sang, depuis Carthage un siècle et demi avant notre ère jusqu'à Dresde et Hiroshima, Marioupol et Gaza de nos jours. La guerre de Troie est éternelle, et Troie est la Mère de toutes les villes martyrisées. O. R. "La guerre de Troie a bien eu lieu. Elle se poursuit même. C'est ce que semble nous dire le beau et grave nouveau livre d'Olivier Rolin." Livres Hebdo "Ni vraie ni fausse, l'Iliade ressortit à la légende et à l'Histoire."Transfuge
Milwaukee, début des années 1930, à quelques encablures de Chicago. Hicks McTaggart, ancien briseur de grève devenu détective privé, se voit confier une mission d'apparence routinière : retrouver l'héritière d'une grande fortune de l'industrie fromagère qui a fugué avec un clarinettiste de swing. Lassé des affaires conjugales, Hicks préférerait enquêter sur la retentissante explosion d'un camion d'alcool de contrebande au bord du lac Michigan, car la fin de la Prohibition approche et des heures sombres s'annoncent. Mais Hicks n'échappera pas à sa mission initiale, et le voilà embarqué sur un paquebot transatlantique, pour finalement atterrir en Hongrie, bien loin de son cher Milwaukee et des pistes de danse et de bowling qu'il affectionne tant. Bientôt le FBI s'en mêle, suivi par la mafia, les nazis, des agents soviétiques, le contre-espionnage britannique, des praticiens du paranormal ou encore des motards hors la loi... alors que Hicks ne cesse d'éprouver cette persistante impression qu'on le mène partout en bateau. Sur un tempo grisant, ponctué d'argot d'époque et de parodies musicales, Thomas Pynchon prend pour la première fois pour décor les États-Unis de l'ère du jazz et l'Europe de l'entre-deux-guerres, dans un monde qui s'apprête à basculer. Mission de l'ombre dynamite les codes du roman noir pour mieux nous confronter à la montée du fascisme dans nos sociétés et esquisser des lignes de fuite tous azimuts.
« J'aurais beaucoup aimé rencontrer aujourd'hui chacun des témoins qui savaient "de source sûre" où était l'imam. Dans le monde des adultes, c'est cela avoir du pouvoir : savoir avant les autres. Mais à quoi jouent ces femmes et ces hommes ? Au Cluedo ? » Le 31 août 1978, l'imam que certains surnomment le Che Guevara libanais ou le Martin Luther King chiite disparaît après avoir rencontré le colonel Mouammar Kadhafi en Libye. On aurait retrouvé son passeport, sa valise et ses vêtements dans une chambre d'hôtel à Rome. Pour l'auteur, il a succombé aux charmes d'une Italienne et décidé de ne plus être l'imam. Mais rien ne se passe jamais comme prévu en littérature. Quatre ans après Beyrouth-sur-Seine, Sabyl Ghoussoub revient avec un roman qui transcende les genres, une déambulation au fil de laquelle il transforme la douleur en beauté.
Hanoï, 2026. Entre les ruelles étouffantes et les souvenirs d’enfance, Line Papin revisite la capitale vietnamienne avec une intensité rare. Hanoï stories explore l’exil, la quête d’identité et la nostalgie d’une ville qui ne s’oublie pas.
Roman d'apprentissage et roman d'architecture construit autour de personnages particulièrement attachants, est aussi une ode à la nature et un portrait poétique et passionnant du Japon moderne.
Dans une petite ville d’Irlande, la famille Barnes voit son quotidien basculer sous le poids des secrets, des dettes et des non-dits. La Piqûre d’abeille de Paul Murray mêle humour noir et tragédie familiale pour un roman aussi drôle que déchirant.
"Je ne pouvais pas continuer à trahir Christine Schwartz plus longtemps, ça suffisait, et à vivre soi-disant protégée par ce nom de Angot. À quel prix ? Quel prix j'allais encore payer pour passer pour une autre, et me croire avec la majorité, à l'abri, sous la protection paternelle d'une famille classique, bourgeoise et dominante."
Oubliez tout ce que vous croyez savoir sur Tokyo : tout est faux. La mégapole n'est ni la fourmillière qu'on vous montre, ni le musée à ciel ouvert qu'on vous vante. Certes, Tokyo est la capitale de la mémoire et de la modernité mais elle est aussi, en mode mineur, la cité du vice et de la perversion, le fief de tous les excès et de toutes les folies. Quand Stéphane Madryka, détective privé spécialisé dans l'adultère, décide d'enquêter sur la mort d'un homme d'affaires dans un bar à hôtesses, il est loin de se douter qu'il a signé un contrat avec le diable. Comme dans l'enfer de Dante, il va plonger dans les cercles maléfiques de la ville furieuse, traversant ces anneaux hallucinés comme autant d'épreuves à fleur de feu. S'il n'avait eu que le sang comme seul fil rouge, peut-être aurait-il abandonné... Mais justement, son guide n'est pas la mort, mais l'amour. Après tout, chaque nuit, ses rêves le lui murmurent : « Les plus belles, ce sont les Japonaises... »