Benjamin Sèze
Benjamin Sèze
« LES SUPERMARCHÉS ONT DÉMOCRATISÉ LE BIO » « SI LES PAUVRES CUISINAIENT PLUS, ILS MANGERAIENT MIEUX » « ON DOIT PRODUIRE BEAUCOUP POUR NOURRIR TOUT LE MONDE »... DE NOMBREUSES idées fausses sont entretenues au sujet de notre alimentation. Au risque de masquer la réalité d'un système qui dysfonctionne : 8 millions de personnes sont en situation d'insécurité alimentaire en France, 49 % des adultes sont en surpoids, nous consommons deux fois plus de viande que la moyenne mondiale, 4 millions de tonnes de denrées comestibles sont gaspillées chaque année... Face à ce constat, il est tentant de faire porter la responsabilité à celles et ceux qui consomment ou produisent. Mais c'est oublier l'influence des industriels, de la grande distribution et des politiques. « Manger mieux » ne peut rester une injonction faite aux individus, c'est un projet de société. Percevoir les anomalies du modèle en vigueur et identifier les leviers d'une alternative, c'est ce à quoi contribue cet ouvrage.
Huit millions de personnes en France ne peuvent pas se nourrir comme elles le souhaiteraient, obligées pour certaines de recourir aux dons, contraintes pour d'autres de se rabattre sur des produits low cost... À l'opposé de cette réalité, une offre alternative à celle de l'industrie agro-alimentaire, de meilleure qualité (bio, locale...), se développe depuis vingt ans, mais n'est accessible qu'aux ménages ayant un certain revenu. Bien manger est devenu un luxe. Cette enquête décrypte les rouages d'un système et explore de nouveaux modèles pour l'alimentation de demain. Lutter contre la précarité alimentaire, c'est agir tout au long de la chaîne, du champ à l'assiette. C'est repenser la place que nous faisons à l'alimentation, dans nos vies et dans notre société.