Anthropologie
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Découvrez comment l'anthropologie peut repenser la société grâce à l'anarchisme avec Pour une anthropologie anarchiste de David Graeber. Un essai percutant qui défie les hiérarchies et propose des alternatives égalitaires pour notre monde.
Embarquez pour un voyage philosophique et écologique le long de la côte atlantique, où Pierre Cassou-Noguès explore à vélo les mutations du littoral face à la crise environnementale.
Découvrez Éloge de l´entre-deux : une exploration poétique et rigoureuse des interstices de la vie, entre raison et émotion, passé et présent.
Et si une IA pouvait philosopher ? Dans L' IA, le philosophe et l'anthropologue, Pascal Picq dialogue avec ChatGPT pour explorer les limites et les promesses de l'intelligence artificielle.
On aurait pu penser que l'euthanasie était une marche de plus vers la désacralisation de la mort, si souvent dénoncée aujourd'hui. Pour François Damas, qui dirige la consultation « fin de vie » à l'hôpital de La Citadelle à Liège, en Belgique, il n'en est rien. Médecin et ancien chef de service des soins intensifs, il raconte ici combien ceux qui décident de lui demander son aide pour mourir sont nombreux à préparer leur départ sur le plan à la fois rituel et spirituel. De cette expérience singulière s'est forgée sa conviction que l'être humain a intensément besoin de mettre en récit son histoire, d'en marquer et d'en célébrer les chapitres. Dans une démarche incarnée et vivante, il fait se croiser spiritualité et philosophie, patients, psychiatres et témoins - dont lui-même - et les rapproche d'autres tendances montantes dans la société : festival de la mort, coopératives funéraires, cafés mortels - toutes manières d'une réappropriation partagée de la fin de vie.
Découvrez En finir avec les idées fausses sur l’agriculture : un essai percutant qui déconstruit les préjugés sur le monde agricole, ses enjeux écologiques et ses défis sociaux.
Découvrez Pour une anthropologie arabe d’Abdellah Hammoudi, un plaidoyer audacieux pour une science sociale décolonisée et ancrée dans les réalités du monde arabe.
David Graeber (1961-2020) compte parmi les penseurs qui ont profondément renouvelé l'anthropologie contemporaine. Anarchiste sans bannière, théoricien de la valeur, figure des mouvements altermondialistes, il a oeuvré à réconcilier recherche et action, rigueur et imagination, mêlant l'érudition à la désobéissance joyeuse. Ce livre offre l'une des premières synthèses d'ensemble de cette oeuvre foisonnante, en suivant ce qui en structure discrètement la cohérence - le jeu comme moteur conceptuel. Tous les chantiers graeberiens - dette, bureaucratie, don, souveraineté, entraide - procèdent en effet d'une même intuition : les sociétés humaines ne sont pas fixées par des lois immuables, elles inventent, expérimentent et jouent avec des règles, qui peuvent aussi bien devenir pérennes qu'être remises en cause. Les auteurs donnent ainsi accès à l'architecture d'une oeuvre majeure, qui fait du savoir un laboratoire d'expérimentation sociale, capable de rouvrir nos imaginaires politiques.
Découvrez En finir avec les idées fausses sur le monde vivant : un manuel clair et passionnant pour déconstruire 75 idées reçues sur la nature et le vivant.
À dix ans, Abéna travaille avec son grand-père dans les plantations de cacao, au Cameroun. Ce vaillant petit général des forêts équatoriales va vite prendre la mesure des dégâts humains et environnementaux causés par la monoculture de la précieuse fève à la base du chocolat. Alors que les pays d'Afrique fournissent environ les deux-tiers de la production mondiale de cacao, que se cache-t-il derrière le commerce de cette matière première parmi les plus prisées au monde? Au Nord, petits et grands raffolent de desserts et friandises, mais sont-ils conscients de la misère que la «cacaomania» inflige à l'Afrique? À travers le parcours d'Abéna, Chocolaté nous révèle le côté obscur de la culture du cacao, emblématique des rapports économiques néocoloniaux qu'entretiennent les multinationales de l'or vert avec les pays du Sud. Pauvreté des producteurs, travail forcé des enfants, empoisonnement aux pesticides, contamination des eaux et des sols, déforestation massive, perte de biodiversité... Pour les pays producteurs africains qui ne touchent qu'une infime fraction des dizaines de milliards de dollars engrangés chaque année par l'industrie, la culture du cacao a un goût bien amer. Dans ce récit vivant où s'entrecroisent habilement l'élan poétique, la transmission de la mémoire ancestrale et l'indignation politique, Samy Manga nous emmène au pays de son enfance, sous le grand manguier où se tient la vente annuelle du cacao. Au coeur de la nuit retentit son cri de rage devant la violence de l'exploitation des ressources et des humains du Continent Premier.
Au début des années 1960, Murray Bookchin, ouvrier syndiqué, activiste libertaire et intellectuel autodidacte, élabore une réponse politique et éthique à la crise écologique émergente : l'écologie sociale. À la différence des autres, celle-ci n'oublie pas de rappeler que la société et la nature ne peuvent pas être séparées. Pour lui, la destruction de la nature par l'humain découle de la domination sociale de certains groupes sur d'autres. L'habitabilité future de la Terre requiert ainsi le démantèlement et le remplacement des institutions oppressives par des institutions libertaires. Cette biographie intellectuelle et critique offre une interprétation de la pensée radicale de Bookchin en suggérant des axes de réflexion pour nos sociétés : décentralisation, démocratie directe, écologisation de l'économie. Avec pour objectif de nous conduire vers une pensée de l'émancipation éco-sociale et vers l'horizon d'un « communocène ». Alors que de nouveaux mouvements anticapitalistes et écologiques centrés sur l'être humain se construisent, nous nous tournons vers le théoricien Murray Bookchin.
« Je veux parler dans cet ouvrage d'une urgence nouvelle : celle de redonner toute sa dimension spirituelle à notre relation au vivant. Car, au fond, qu'est-ce qu'être un habitant de la Terre ? » Méditer comme une montagne, c'est prendre la mesure d'une démesure. C'est considérer la nature non plus sur le mode de ce qui se prend mais par le sentiment d'appartenance qui nousrattache à elle. Les montagnes, eaux, vallées et l'au-delà de l'humain ne sont pas pour nous que des décors, des toiles de fond. Avec eux, notre histoire s'inscrit dans une histoire plus vaste que nous. Jean-Philippe Pierron invite dans cet ouvrage à faire un pas de plus et laisser retentir, dans nos biographies, nos itinéraires, ce qui nous lie au vivant. Il ouvre un chemin riche qui mène à une nouvelle forme de disponibilité nourrie par l'expérience artistique aussi bien que par des actions modestes et pleines de sens. Et si l'écologie ne pouvait se passer d'une révolution intérieure pour chacun de nous ? Et s'il fallait nous engager dans un véritable changement spirituel pourrepenser notre relation au vivant ?
La ville en plaques rassemble des contributions de disciplines diverses sur un phénomène unique et singulier, les plaques commémoratives parisiennes. Historiens, littéraires, urbanistes, administrateurs, cartographes explorent ce corpus exceptionnel qu'ils ont par ailleurs, avec la Ville de Paris, inventorié et intégré aux Systèmes d'information géographique puis rendu accessible en ligne.Cet ensemble culturel et artistique s'actualise en permanence et se complète sous nos yeux. Les plaques commémoratives présentes à Paris témoignent de l'histoire longue ou très proche des inscriptions et des lieux mais aussi de politiques mémorielles en évolution. Elles constituent un marquage original de l'espace public parisien. Cet ouvrage, lié au corpus numérique sur lequel il s'appuie, invite à en déchiffrer les différentes dimensions de manière globale ou à travers des études de cas, études thématiques ou monographiques.
Le livre que vous vous apprêtez à lire raconte la très grande marche d'un tout petit peuple, il refait à la fois le chemin de sa joie et son chemin de croix. Présente aux premières lignes du journal de voyage de Champlain, aujourd'hui aussi familière que mystérieuse, la nation innue vit et survit depuis au moins deux mille ans dans cette partie de l'Amérique du Nord qu'elle a nommée dans sa langue Nitassinan : notre terre. Au fil des chapitres, vous allez accompagner le jeune anthropologue que j'étais au début des années 1970, arrivé à Ekuanitshit (Mingan). Vous le devinez, ces petites histoires sont prétextes à en raconter de plus grandes. Celles d'un peuple résilient, une société traditionnelle de chasseurs nomades qui s'est maintenue pendant des siècles, une société dont les fondements ont été ébranlés et brisés entre 1850 et 1950, alors que le gouvernement orchestrait la sédentarisation des adultes et l'éducation forcée des enfants. Ce récit commence dans la nuit des temps et se poursuit à travers les siècles, jusqu'aux luttes politiques et culturelles d'aujourd'hui. - Serge Bouchard
Plongez dans Le Visage de la main de Pierre Legendre, une exploration captivante des fondements invisibles qui structurent nos sociétés.
Edmund Wilson, éminent membre du cénacle intellectuel new-yorkais des années 1950, apprend un jour, en lisant le journal, qu'un groupe d'Iroquois revendique une terre où se trouve sa maison de campagne. La nouvelle le pousse à partir à la rencontre de ses voisins pour découvrir non pas les Indiens, mais sa propre ignorance à laquelle il entreprend de remédier. Il fait alors la connaissance des Mohawks, des Sénécas, des Onondagas et des Tuscaroras. Il obtient leur accord pour assister à leurs cérémonies, et il décide de témoigner de leur condition d'existence, de leur histoire et de leurs luttes politiques. Pardon aux Iroquois est le récit d'une prise de conscience, mais surtout la description passionnée et admirative d'un peuple combatif, à la fois attaché aux traditions et ouvert à la modernité. Ce texte est precede d'un reportage de Joseph Mitchell sur les Mohawks qui ont construit les gratte-ciel de New York, le pont de Québec et tant d'autres structures d'acier de l'Amérique du Nord.
L’automobile a transformé radicalement nos villes, au point de s’imposer comme l’étalon de mesure de la planification urbaine. Architectes et urbanistes ont embrassé cette vision de la ville qui mène à des espaces pollués, peu sécuritaires, et dont les infrastructures pèsent lourd sur le trésor public. Devant l’urgence climatique, Olivier Ducharme veut renverser ce modèle pour redonner au piéton la place qui lui revient. Il livre une charge pour sortir de nos villes ces « requins d’acier », qu’ils soient électriques ou à essence, et remettre la vie de quartier et le transport collectif au centre de l’aménagement urbain. Pour se libérer des embouteillages et amorcer la transition écologique, nous devons avoir le courage politique de bannir l’auto solo de nos villes. L’automobile est un piège, il est temps de s’en libérer.
Être en mouvement. Tout le temps. La bougeotte serait-elle le nouveau mal du siècle? Autrefois réservée à une élite, cette hypermobilité s'est progressivement répandue tel un virus en conquérant l'ensemble des territoires et classes sociales. Si la prolifération des transports motorisés promet confort, bonheur et liberté pour tous et partout, cette envie parfois pathologique de bouger n'est pas sans conséquences: accidents, pollution, étalement urbain, changements climatiques et risque épidémique... Filant la métaphore clinique, Laurent Castaignède décrit les symptômes de la bougeotte avant d'en retracer les origines, analyse ses principaux vecteurs et explore quels pourraient en être les remèdes. Car un traitement de choc s'impose contre la «croisiérine», « l'avionite » ou «l'autophilie». Aussi bénigne soit-elle parfois, la bougeotte engendre des effets délétères. Il est grand temps de comprendre comment notre propension naturelle à la mobilité a dérapé, pour guérir d'urgence cette dépendance.
Il y a une dizaine de milliers d'années, la sédentarisation des groupes humains, l'émergence de l'agriculture et l'établissement des premiers États ont jeté les bases de notre civilisation. Et si cette «révolution néolithique» n'était qu'une parenthèse malheureuse dans le cours de l'histoire humaine, comme le prétendent les primitivistes ? Et si ces événements, loin d'être «civilisateurs», avaient précipité l'humanité dans un processus écocide et autodestructeur dont nous mesurons seulement aujourd'hui toute la gravité? Stimulé par ces questions qui imprègnent les débats écologistes depuis les années 1960, Pierre Madelin examine d'un regard critique les fondements historiques et anthropologiques de cette théorie selon laquelle les multiples formes de domination ne sont pas inhérentes à la vie sociale, mais résultent de cette «catastrophe fondatrice» du Néolithique. Or le primitivisme se révèle une impasse politique, affirme l'auteur: plutôt que de mythifier la vie préhistorique en anticipant l'effondrement de la civilisation industrielle, ne vaudrait-il pas mieux se mobiliser pour une transition vers une société agroécologique?
Découvrez Manifeste pour une Terre Vivante : une approche révolutionnaire de l’écologie, où Charles Eisenstein révèle la cause profonde de la crise climatique et propose une vision holistique pour restaurer notre lien avec la nature.
Victoire féministe, l'allongement du délai légal de l'interruption volontaire de grossesse confère aux femmes une autonomie corporelle qui semble a priori peu compatible avec l'attention portée aujourd'hui à l'embryon et au foetus. Ceux-ci, grâce aux progrès de l'imagerie médicale et des biotechnologies, s'imposent comme des êtres sociaux, inclus dans des dynamiques parentales, médicales et juridiques. Dans ce contexte apparemment paradoxal, comment la société française met-elle en place des procédures de régulation, d'organisation et d'institution qui tentent de concilier autonomie féminine et vie anténatale ? Pourquoi le foetus avorté à la quatorzième semaine de grossesse est-il qualifié de « déchet anatomique », tandis que, décédé lors d'une fausse couche une semaine plus tard, on délivre à leur demande aux parents un acte d'enfant sans vie ? Comment interpréter les statuts variés de l'être avant la naissance, entre « protopersonne » et résidu d'un processus biotechnique, entre « quasi-enfant » et « pièce anatomique » ? À quel moment peut-on considérer les porteurs d'un projet parental comme « parents » ? Comment sont vécues les fécondations in vitro ou les morts périnatales ? Anne-Sophie Giraud, anthropologue de la procréation au CNRS, répond à ces questions délicates et parfois polémiques à partir d'une vaste enquête portant sur les processus d'engendrement. Avec une grande rigueur scientifique et à l'aide de nombreux entretiens, L'Être anténatal démontre que l'engendrement doit être compris comme un processus de transformation physique et statutaire inscrit dans une temporalité propre et organisé autour de situations de choix.
Tout nous parle de nuit, car nous sommes au Japon. Que l'on consulte les astrologues ; que l'on s'endorme dans le métro ; que s'entrouvre la terre qui laisse passer démons, esprits en colère, ou fantômes délicieux ; que s'allument les lanternes ou que brillent les lucioles, les frontières entre la nuit et le jour s'estompent et le monde des morts n'est séparé de celui des vivants que par un seul pont. Les illusions effacent un réel resurgissant dans des rituels qui, grâce à des pratiques du corps, des psalmodies, des théâtres, solidifient le monde pour un moment. Une explication surgit, aussitôt bousculée par une autre. Les ruses pour tromper les êtres dangereux ou s'approcher des dieux s'épanouissent, juridiques, rituelles ou ludiques. Jaillit, toujours recommencé, un mélange saisissant de religions et de concepts, de la Pénitence aux trois mille prosternations jusqu'aux humbles offrandes, bateaux de papier ou de paille. Cet auteur au savoir étourdissant conte en un style inventif et charnel le chant des crapauds, l'oeil de Baku, le palais des rêves ou les calendriers subtils. Depuis des millénaires, empereurs, poètes, et tout un peuple, inventent ensemble les ombres et la lumière dans la nuit.
Les attaques perpétrées le 7 octobre 2023 par le Hamas et d'autres organisations palestiniennes contre des civils et des soldats israéliens ainsi que la guerre génocidaire menée par l'État d'Israël à Gaza ont remis la question de la solution du conflit au coeur de l'actualité. Un aspect demeure néanmoins peu abordé dans le débat public et académique : les mobilisations religieuses en faveur de la paix en Israël-Palestine. À contre-courant des mouvements qui pratiquent la violence politique ou la lutte armée, les militants, théologiens et intellectuels étudiés dans cet ouvrage s'appuient sur des interprétations alternatives des textes de la tradition pour défendre leurs visions de justice et de paix.Ces mobilisations relèvent des marges des deux sociétés : des Palestiniens chrétiens engagés dans l'élaboration d'une théologie de la libération ; des Juifs non orthodoxes qui défendent les droits des Palestiniens bafoués par l'occupation israélienne ; des colons juifs qui organisent en Cisjordanie occupée des rencontres de dialogue avec des Palestiniens. Par-delà leurs divisions politiques et idéologiques, l'ambivalence du langage religieux relie ces individus et organisations au sein d'un même espace de discours et de pratiques.Dès lors, s'intéresser à cet espace dans sa totalité requiert de plonger de part et d'autre du mur à la fois physique et mental qui sépare l'État d'Israël des territoires palestiniens occupés. Cet ouvrage constitue ainsi l'une des rares enquêtes menées « des deux côtés ». Il dresse un tableau extraordinairement complexe des espaces israélo-palestiniens, où des réflexions aussi originales qu'ambiguës voient le jour sur la colonialité et la décolonisation, le nationalisme et la religion, la sortie de conflit et le rapport à l'État.
Saviez-vous que certaines villes possèdent plus de cases de stationnement que de résidentes et de résidents? Que par l'entremise de votre loyer, votre hypothèque ou vos taxes, vous payez des dizaines de milliers de dollar pour la rue devant chez vous? Que vous avez deux fois plus de chance de mourir d'un problème cardio-vasculaire en habitant près d'une artère routière importante? Qu'éliminer les voitures d'un quartier peut réduire de 40% la pollution sonore? Un quartier sans voitures, c'est plus qu'une question environnementale. C'est d'abord et avant tout une question socioéconomique. Dans cet essai, le maire de Laval Stéphane Boyer imagine la ville de demain comme un réseau de quartiers denses et interconnectés à l'intérieur desquels la majorité des déplacements se font à pied ou à vélo, et où les relations humaines redonnent un sens de communauté aux centres urbains. L'auteur met à profit son expérience d'élu municipal et propose des pistes de solution pour freiner l'expansion des grandes villes à l'ère où le sentiment de communauté s'érode, où les villes doivent subvenir à un nombre croissant de besoins et où les changements climatiques nous forcent à repenser nos façons de faire
Ainsi parla l'Oncle, premier manifeste de la condition noire, a inspiré les auteurs du mouvement de la négritude. Jean Price-Mars y explore les traditions, les légendes du vaudou et l'héritage africain qui fondent les cultures noires. Rééditée dans un nouveau format, cette oeuvre monumentale a servi de bréviaire aux intellectuels des peuples noirs. Pour penser le monde, pour comprendre les mécanismes de l'aliénation, soit du « bovarysme culturel », Jean Price-Mars a mis en avant les traditions, les légendes populaires, le vaudou et tout l'héritage africain qui fondent les cultures noires.
Mayotte, petite île de l'océan Indien, est devenue le 101e département français en 2011. Politiquement séparé des Comores depuis 1975, ce territoire expérimente les conséquences du décentrement d'une frontière européenne au sein d'un archipel aux traditions de circulations insulaires anciennes. Depuis trois décennies, l'île connait d'importants bouleversements, marqués par une croissance démographique et des flux migratoires soutenus.Cet ouvrage s'intéresse aux différentes figures des jeunesses précaires de Mayotte, prises dans des logiques d'exclusion et des rapports d'altérité complexes suite à l'instauration des frontières politique et administrative dans l'archipel comorien. Pour comprendre ces transformations, l'auteure analyse la manière dont les générations « post-frontières », nées après 1995, et leurs familles s'approprient le nouveau cadre normatif européen. Elle propose une approche comparative entre les Comores et Mayotte afin de saisir les différentes places accordées aux jeunes et les difficultés auxquelles sont confrontées les familles comoriennes face à une politique de lutte contre l'immigration qui, souvent, nie les droits des enfants. La complexité des rapports sociaux trouve ainsi ses origines dans une altérisation conflictuelle historique avec les Comores et, plus largement, le continent africain.
En tant que cinéaste et anthropologue, Laurent Van Lancker s'emploie à transmettre une expérience vécue. C'est tout l'objet de l'ethnographie cinématographique, que l'auteur renomme ici cinéthnographie, afi n de souligner que l'expérience sensorielle vient, dans la rencontre avec d'autres cultures, avant la mise en mots, en sons et en images. On peut ainsi considérer ce livre comme un carnet de notes, articulant théories et pratiques contemporaines, qui accompagne des courts ou longs métrages (co)réalisés par Laurent Van Lancker, oeuvres accessibles via des liens placés tout au long de l'ouvrage. C'est donc un voyage à la fois audiovisuel et textuel au coeur de la cinéthnographie qui est ici proposé, à travers ses composantes, à travers les approches sensorielles qu'elle souhaite mettre en avant, à travers une démarche collaborative sans laquelle elle perd tout son sens. C'est enfi n une invitation à penser différemment lancée à toutes celles et ceux qui s'intéressent à l'anthropologie audiovisuelle, au cinéma documentaire et, plus globalement, à la question de la représentation dans l'art et dans les sciences humaines et sociales.
Comment peut-on être socio-anthropologue? Le présent ouvrage retourne à Jean-Michel Bessette cette question qu'il a lui-même posée à de nombreux grands témoins de la discipline, à l'occasion des colloques régulièrement organisés au cours des années 1990 et 2000 à l'Université de Franche-Comté. Bien en amont du parcours académique qui l'a institué en professeur-chercheur, s'intéresser aux rencontres, curiosités et expériences de vie qui ont affirmé son goût pour «l'autre», conduit à procéder à une véritable archéologie du savoir: de l'enfance à la maturité, se tendent les ressorts d'une compétence essentielle permettant de saisir l'altérité et les différences culturelles comme autant de révélateurs de nos organisations et fonctionnements sociaux. Ainsi s'accordent dans ce parcours intellectuel le sérieux du travail universitaire et les «facéties de l'existence»
Qu'est-ce que l`anarchie ? Ce livre répond à cette question à travers l'étude anthropologique de collectifs et de situations diverses. En partant de la logique qui commande l'ordre anarchique, en opposition à l'ordre social et politique des sociétés contemporaines, il éclaire d'une lumière pénétrante des phénomènes comme l'humour ou l'amitié, mais aussi des structures sociales comme l'État et la démocratie. L'anthropologie critique rejoint ici les thèses libertaires.
L'île de Mayotte est au centre d'un différend qui empoisonne les relations franco-comoriennes. En 1975, lors de son accession à l'Indépendance, l'archipel constitué de 4 îles a été démantelé. Mayotte, la quatrième, est restée sous la tutelle de la France. L'instauration en 1995 du visa Balladur a provoqué le phénomène Kwassa-Kwassa : arrivées clandestines massives des populations des trois autres îles de l'archipel à bord de ces embarcations de fortune. La découverte d'importantes réserves d'hydrocarbures dans la ZEE des Comores suscite la convoitise des grandes puissances. Ce qui dicte à la France, plus que jamais, de garder cette île pour jouer le rôle de gendarme tout en maintenant de relations étroites avec les Comores. Quel avenir pour Mayotte ?
Depuis 1989, Jeanne Favret-Saada s'est donné comme objet de recherche les affaires contemporaines de blasphème, comprises dans le cadre plus général des polémiques publiques à enjeux religieux. Elle a programmé l'examen de cas survenus depuis les années 1960 dans des États qui ont inscrit parmi leurs principes fondamentaux la séparation du politique et du religieux. Ils concernent deux ensembles religieux : d'une part, les christianismes, sur lesquels elle prépare actuellement un ouvrage ; et d'autre part, les islams, sur lesquels elle a publié un premier livre qui traite de l'affaire danoise des dessins de Mahomet en 2005-2006. Ce travail sur des cas vise leur mise en série comparative et historique. Or ce phénomène des accusations publiques de blasphème, qui occupe si souvent la une de nos journaux depuis vingt-cinq ans, est demeuré un non-sujet absolu pour l'ethnologie et la sociologie, sans que la moindre justification soit donnée à cette abstention. Jeanne Favret-Saada s'interroge sur cette situation, et développe quelques orientations de son travail en cours.
Encore un petit Choco-croque de grillons ou un Crumble aux vers de farine ? Délicieuses gourmandises ! Comment ne pas se lancer dans cette découverte gastronomique quand les insectes sont envisagés comme source majeure de protéines animales pour les décennies à venir ? Le sujet est à la mode mais exige d'être abordé sans tomber dans la raillerie, le sensationnalisme ou les raccourcis approximatifs et discutables. C'est pourquoi ce livre dresse une large fresque de la façon dont des insectes ont été consommés par l'homme, depuis nos plus lointains ancêtres jusqu'à l'époque contemporaine, et envisage leur contribution à la sécurité alimentaire de la population mondiale pour le xxie siècle. De nombreux spécialistes apportent, à travers des exemples pris sur tous les continents, des réponses simples et claires mais aussi précises et rigoureuses aux interrogations que soulève la consommation d'insectes. Tous les insectes peuvent-ils être consommés ? Qui en mange dans le monde ? Quel goût ont-ils ? Lesquels sont comestibles ? Comment faut-il les préparer, les conserver, les accommoder ? Faut-il les manger tout entiers ? Existe-t-il des produits alimentaires industriels qui en contiennent ? En manger n'est-il pas dangereux pour la santé ? Leur récolte ne met-elle pas en péril l'équilibre des écosystèmes ? Que penser de leur élevage ?