Histoire de l'Océanie
Histoire de l'Océanie
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Fin XVIe-début XVIIe siècle : Anglais et Hollandais voguent à l'assaut de l'empire établi depuis un siècle dans l'océan Indien par les Portugais, afin de récupérer tout ou partie du commerce des épices. En 1601, des marchands de Saint-Malo envoient deux navires, le Croissant et le Corbin, à Sumatra. Sur le Croissant, se trouve François Martin de Vitré, apothicaire fin observateur de la nature et des gens, qui publiera le récit de son voyage, à la demande d'Henri IV qui voulait inciter les Français à découvrir les Indes orientales et leurs trésors. Il s'agissait également de s'attaquer au monopole commercial des Hollandais, qui désormais supplantaient les Portugais sur mer et sur terre et s'appropriaient l'archipel indonésien et ses richesses. S'inspirant de l'ouvrage original de François Martin de Vitré, les auteurs complètent leurs travaux précédents sur les grandes expéditions maritimes, pacifiques ou guerrières.
Originaire de la région de la Foa en Nouvelle-Calédonie, le chef Ataï, personnage emblématique de l'insurrection kanak de 1878, fut tué lors des opérations de « pacification » de l'île. Sa tête et une main furent livrées par des auxiliaires kanak à l'armée française puis envoyées dans les collections d'une société savante, la Société d'Anthropologie de Paris. Débute alors, au sein du musée, la seconde vie d'Ataï marquée par une « transmutation » du trophée martial en spécimen scientifique. Sa dépouille sera rendue à ses descendants en 2014. Tantôt figure du « sauvage » beau et anthropophage, ou du chef tacticien et insoumis, tantôt figure du révolutionnaire libérateur d'un peuple assujetti ou du pacificateur d'une colonie de peuplements, les interprétations passées et actuelles du Kanak Ataï offrent de multiples visages à explorer. Elles sont aussi indissociables de l'histoire plus générale des collections anthropologiques constituées de restes humains, héritage complexe aujourd'hui sensible. Les chapitres de ce livre offrent des clés de lecture permettant d'appréhender les différents modes d'appropriation des éléments de corps humain du chef Ataï lors de leur parcours patrimonial, les logiques et les enjeux sous-jacents. À partir de l'analyse de nombreuses archives inexplorées, d'entretiens avec les scientifiques-conservateurs, l'auteur s'attache à reconstituer chacune des étapes de la patrimonialisation du chef kanak par la communauté des anthropologues - prélèvement du corps ou parties en 1878, transport, catégorisation, transformation, étude scientifique, exposition puis restitution en 2014 - afin d'en cerner l'évolution des mécanismes, intérêts personnels, enjeux collectifs et spécificités. L'analyse se veut aussi comparative, confrontant tour à tour les pratiques de la Société d'Anthropologie de Paris à celles du Muséum national d'Histoire naturelle ainsi que les destinées de spécimens collectés en Nouvelle-Calédonie en cette fin de XIXe siècle.
En 1914, l'Australie n'est encore officiellement qu'un dominion sous tutelle britannique. Pourtant, dès le déclenchement de la Grande Guerre, l'île-continent s'affirme comme une puissance régionale autonome. De fait, la conquête des possessions allemandes dans le Pacifique constitue le premier engagement militaire majeur et souverain de cette jeune nation. Cette campagne méconnue ne se limite pas à un simple soutien à l'effort de guerre britannique. Elle révèle l'émergence d'une identité géopolitique propre et d'une stratégie de défense proactive. En s'emparant des colonies allemandes du Pacifique, l'Australie instaure autour d'elle un véritable pré carré pour sanctuariser son territoire face aux menaces étrangères. Ce livre explore les racines de la domination régionale australienne en Océanie et les prémices des futurs rapports de force dans cette région. Il offre ainsi une perspective historique indispensable pour comprendre les enjeux stratégiques actuels dans la zone Indopacifique.
Les Océaniens nous montrent jusqu'à quel point on peut comprendre la mer. Probablement inégalable, leur intelligence du milieu marin a atteint très tôt dans l'histoire sa plénitude. Dans les foisonnants récits de voyage du XVIIIe siècle, un Polynésien fait l'objet d'une attention particulière: Tupaia. Ce haut personnage a en effet embarqué pendant seize mois avec James Cook lors de son premier voyage autour du monde, à bord de l'Endeavour. Ce passionnant document éclaire d'une façon inédite la rencontre, voire la confrontation de deux visions très différentes du monde : celle cartésienne des Européens et celle des peuples d'Océanie, placée sous le signe de l'imaginaire, qu'illustre la figure de Tupaïa, l'initié des anciennes traditions et mythes maoris. Il en naîtra une légende tenace, celle du « sauvage » chez les Européens, et l'image plus sombre du monde occidental chez les Océaniens.
Près de cent ans après une indépendance tranquille, l'Australie, héritière de l'une des plus anciennes civilisations du monde, révèle un visage neuf, une société multiculturelle prête à s'accorder à son environnement asiatique et à jouer un rôle dans le concert des Etats riverains du grand Pacifique. « Copyright Electre »
Une synthèse globale à la croisée de la géographie et de l'histoire.Le Pacifique est un bout du monde, un paradis et une terre de conquête dès sa découverte par les Européens, au début du XVIe siècle. L'immensité des distances à parcourir, les périls réels ou imaginaires, la résistance des occupants à l'invasion-colonisation, rien ne parvient à obscurcir l'image d'un Éden où vivrait l'homme des origines, dans une nature qui ressemble à un Eldorado. Voilà pourquoi hommes, marchandises, capitaux, soldats et missionnaires de la foi ou de l'esprit sillonnent le Pacifique depuis cinq siècles. On y croise Espagnols, Anglais, Hollandais, Français, puis Chinois, Japonais et Américains, avant que les peuples riverains ne tentent de s'approprier leurs destins et contribuent ainsi à déplacer le centre de gravité du monde.
L'Océanie se limite souvent dans l'imaginaire occidental à un bout du monde réduit à quelques clichés plus ou moins paradisiaques. Cet espace océanique, composé de milliers d'îles dispersées au cur de l'océan Pacifique, présente pourtant de nombreuses diversités et complexités. Des premières approches des îles par les navigateurs européens aux enjeux contemporains dont elles sont investies, cet ouvrage se veut une porte d'entrée à l'histoire riche de l'Océanie. Bousculant l'idée d'une région en marge du monde, l'histoire des archipels, bien que souvent méconnue, souligne leurs connections aux dynamiques mondiales et appelle à décentrer le regard pour envisager le monde depuis les îles.