Société & Sciences Humaines (audio)
Société & Sciences Humaines (audio)
Filtre
On appelle traditionnellement « peste noire » le moment paroxystique de la deuxième pandémie de peste, qui se diffuse en Europe à partir de 1347. Elle constitue à ce jour la plus grande catastrophe démographique de l'histoire de l'humanité. L'ouvrage prend appui sur les progrès conjoints de l'archéologie funéraire et de l'anthropologie, mais aussi de la microbiologie et des sciences de l'environnement, qui en ont révolutionné l'approche. Peste noire propose une histoire globale et sociale d'un événement de longue durée, qui déborde les frontières chronologique, géographique et disciplinaire. Car la peste met à l'épreuve ce que peut l'histoire dès lors qu'elle se montre accueillante à l'apport de toutes les sciences du passé, y compris lorsqu'elles fouillent les archives du vivant et celles de la Terre. Elle fut, historiquement, une mise à l'épreuve de la capacité des pouvoirs et des sociétés humaines à faire face à la mort de masse. Proposant aussi une histoire d'après la peste, Patrick Boucheron répond à des questions plus récentes, relatives notamment aux paysages et à l'habitat, à l'environnement d'une manière générale, à l'histoire non seulement démographique mais sanitaire des populations survivantes. Il propose de saisir toute cette histoire non seulement après ou d'après la peste, mais « depuis » elle, comme événement et comme durée dans le temps.
Les bouleversements de la première moitié du vingtième siècle - révolutions et guerres meurtrières, génocides, cracks économiques sans précédents - ont profondément transformé les bases même de la pensée européenne. Jusque là conquérante, positive, défrichant sans relâche ni lassitude les territoires de la pensée ou les derniers mystères du monde, elle se met à douter d'elle même et plus encore du sens même de l'existence. Les philosophes interrogent et décrivent le sentiment de vide et d'absurde qui habite leurs contemporains , les existentialistes construisent leur pensée autour de ce "vide existentiel", les romanciers et les dramaturges construisent leur art autour de la ruine du personnage, de l'intrigue, du sens... Dans ce nouvel espace de la pensée, Albert Camus possède une place particulière, le sentiment de l'absurde le mène à un renoncement exigeant et fier. Refusant les illusions de la logique et de la loi, abolissant tout faux espoir, il décrit un homme nouveau, qui prend pleinement conscience de son être et des ses limites , qui aime d'autant plus profondément la vie qu'il doit la quitter. En amoureux du micro, (débats, reportages, lectures...) et doué pour la remise en cause, Jacques Pradel nous conduit avec sensibilité à travers les cheminements de la pensée exigeante d'Albert Camus. La chaleur de sa voix, la densité de sa lecture font de cet enregistrement le meilleur moyen de découvrir le monument de la philosophie contemporaine qu'est le "Mythe de Sisyphe". Claude Colombini & Patrick Frémeaux "Il n'y a qu'un problème philosophique vraiment sérieux : c'est le suicide. Juger que la vie vaut ou ne vaut pas la peine d'être vécue, c'est répondre à la question fondamentale de la philosophie." Albert Camus
En quatre-vingts fragments, Roland Barthes donne vie et consistance au discours amoureux, pour le sortir de son « extrême solitude ». À travers chaque figure ou « bris de discours » retenu, il déploie et met en scène le je du langage amoureux dans ce qu’il a d’universel ou de structural, sans jamais le théoriser, le décrire ou l’analyser. Il s’agit bien plutôt de l’exprimer, de le simuler, en recourant à la seule action d’un langage premier, pour donner à lire une place de la parole. Disposé dans l’ordre alphabétique, chaque fragment est précédé d’un argument qui réfère à ce que l’amoureux dit et est constitué de références, signalées en marge, à des lectures ou des conversations amicales.
Contrairement à une idée reçue, le blanc est une couleur à part entière, au même titre que le rouge, le bleu, le vert ou le jaune. Le livre de Michel Pastoureau retrace sa longue histoire en Europe, de l'Antiquité la plus reculée jusqu'aux sociétés contemporaines. Il s'intéresse à tous ses aspects, du lexique aux symboles, en passant par la culture matérielle, les pratiques sociales, les savoirs scientifiques, les morales religieuses, la création artistique. Avant le XVIIe siècle, jamais le blanc ne s'est vu contester son statut de véritable couleur. Bien au contraire, de l'Antiquité jusqu'au coeur du Moyen Âge, il a constitué avec le rouge et le noir une triade chromatique jouant un rôle de premier plan dans la vie quotidienne et dans le monde des représentations. De même, pendant des siècles, il n'y a jamais eu, dans quelque langue que ce soit, synonymie entre « blanc » et « incolore » : jamais blanc n'a signifié « sans couleur ». Et même, les langues européennes ont longtemps usé de plusieurs mots pour exprimer les différentes nuances du blanc. Celui-ci n'a du reste pas toujours été pensé comme un contraire du noir : dans l'Antiquité classique et tout au long du Moyen Âge, le vrai contraire du blanc était le rouge. D'où la très grande richesse symbolique du blanc, bien plus positive que négative : pureté, virginité, innocence, sagesse, paix, beauté, propreté. Accompagné d'une abondante iconographie, cet ouvrage est le sixième d'une série consacrée à l'histoire sociale et culturelle des couleurs en Europe.
Le rouge est en Occident la première couleur que l'homme a maîtrisée, aussi bien en peinture qu'en teinture. C'est probablement pourquoi elle est longtemps restée la couleur «par excellence», la plus riche du point de vue matériel, social, artistique, onirique et symbolique. Admiré des Grecs et des Romains, le rouge est dans l'Antiquité symbole de puissance, de richesse et de majesté. Au Moyen Âge, il prend une forte dimension religieuse, évoquant aussi bien le sang du Christ que les flammes de l'enfer. Mais il est aussi, dans le monde profane, la couleur de l'amour, de la gloire et de la beauté, comme celle de l'orgueil, de la violence et de la luxure. Au XVIe siècle, les morales protestantes partent en guerre contre le rouge dans lequel elles voient une couleur indécente et immorale, liée aux vanités du monde et à la «théâtralité papiste». Dès lors, partout en Europe, dans la culture matérielle comme dans la vie quotidienne, le rouge est en recul. Ce déclin traverse toute l'époque moderne et contemporaine et va en s'accentuant au fil du temps. Toutefois, à partir de la Révolution française, le rouge prend une dimension idéologique et politique. C'est la couleur des forces progressistes ou subversives, puis des partis de gauche, rôle qu'il a conservé jusqu'à aujourd'hui.
Aimez-vous le vert ? A cette question les réponses sont partagées. En Europe, une personne sur six environ a le vert pour couleur préférée ; mais il s'en trouve presque autant pour le détester. Couleur ambivalente, sinon ambiguë, il est symbole de vie, de sève, de chance et d'espérance d'un côté, associé au poison, au malheur, au Diable et à ses créatures de l'autre. Chimiquement instable, le vert a été apparenté à tout ce qui était changeant : l'enfance, l'amour, la chance, le jeu, le hasard, l'argent. Ce n'est qu'à l'époque romantique qu'il est définitivement devenu la couleur de la nature, puis celle de la santé, de l'hygiène et enfin de l'écologie. Aujourd'hui, l'Occident lui confie l'impossible mission de sauver la planète. Dans ce livre, Michel Pastoureau retrace la longue histoire sociale, artistique et symbolique du vert dans les sociétés européennes, de la Grèce antique jusqu'à nos jours.
L’histoire de la couleur bleue dans les sociétés européennes est celle d’un complet renversement : pour les Grecs et les Romains, cette couleur compte peu ; elle est même désagréable à l’œil. Or aujourd’hui, partout en Europe, le bleu est de très loin la couleur préférée (devant le vert et le rouge). L’ouvrage de Michel Pastoureau raconte l’histoire de ce renversement, en insistant sur les pratiques sociales de la couleur (étoffes et vêtements, vie quotidienne, symboles) et sur sa place dans la création littéraire et artistique, depuis les sociétés antiques et médiévales jusqu’à l’époque moderne. Il analyse également le triomphe du bleu à l’époque contemporaine, dresse un bilan de ses emplois et significations et s’interroge sur son avenir.
Reinhard Hhn (1904-2000) est l'archétype de l'intellectuel technocrate au service du IIIe Reich. Juriste, il se distingue par la radicalité de ses réflexions sur la progressive disparition de l'État au profit de la "communauté" définie par la race et son "espace vital". Brillant fonctionnaire de la SS il termine la guerre comme Oberführer (général) , il nourrit la réflexion nazie sur l'adaptation des institutions au Grand Reich à venir quelles structures et quelles réformes ? Revenu à la vie civile, il crée bientôt à Bad Harzburg un institut de formation au management qui accueille au fil des décennies l'élite économique et patronale de la République fédérale : quelque 600 000 cadres issus des principales sociétés allemandes, sans compter 100 000 inscrits en formation à distance, y ont appris, grâce à ses séminaires et à ses nombreux manuels à succès, la gestion des hommes. Ou plus exactement l'organisation hiérarchique du travail par définition d'objectifs, le producteur, pour y parvenir, demeurant libre de choisir les moyens à appliquer. Ce qui fut très exactement la politique du Reich pour se réarmer, affamer les populations slaves des territoires de l'Est, exterminer les Juifs. Passé les années 1980, d'autres modèles prendront la relève (le japonais, par exemple, moins hiérarchisé). Mais le nazisme aura été un grand moment managérial et une des matrices du management moderne. Gabor Pinter nous emporte dans ce formidable essai sur les origines de l'organisation du travail dans les entreprises. Couverture : illustration de Philippe Girard extraite de l'album de bandes dessinées "Libres d'obéir" de Philippe Girard et Johann Chapoutot © Casterman
Aujourd’hui, en Europe, le jaune est une couleur discrète, peu présente dans la vie quotidienne et guère sollicitée dans le monde des symboles. Il n’en a pas toujours été ainsi. Les peuples de l’Antiquité voyaient en lui une couleur presque sacrée, celle de la lumière, de la chaleur, de la richesse et de la prospérité. Les Grecs et les Romains lui accordaient une place importante dans les rituels religieux, tandis que les Celtes et les Germains l’associaient à l’or et à l’immortalité. Le déclin du jaune date du Moyen Âge qui en a fait une couleur ambivalente. D’un côté le mauvais jaune, celui de la bile amère et du soufre démoniaque (signe de mensonge, d’avarice, de félonie, parfois de maladie ou de folie). C’est la couleur des hypocrites, des chevaliers félons, de Judas et de la Synagogue. L’étoile jaune de sinistre mémoire trouve ici ses lointaines racines. Mais de l’autre côté il y a le bon jaune, celui de l’or, du miel et des blés mûrs (signe de pouvoir, de joie, d’abondance). À partir du XVIe siècle, la place du jaune dans la culture matérielle ne cesse de reculer. La Réforme protestante puis la Contre-Réforme catholique et enfin les « valeurs bourgeoises » du XIXe siècle le tiennent en peu d’estime. Même si la science le range au nombre des couleurs primaires, il ne se revalorise guère et sa symbolique reste équivoque. De nos jours encore, le jaune verdâtre est ressenti comme désagréable ou dangereux ; il porte en lui quelque chose de maladif ou de toxique. Inversement, le jaune qui se rapproche de l’orangé est joyeux, sain, tonique, bienfaisant, à l’image des fruits de cette couleur et des vitamines qu’ils sont censés contenir.
Dans cette compilation, Michel Pastoureau retrace la longue histoire sociale, artistique et symbolique du noir, du vert et du rouge dans les sociétés européennes, de la Grèce antique jusqu’à nos jours. Noir : Couleur des ténèbres, de la mort et de l’enfer, le noir n’a pas toujours été une couleur négative. Au fil de sa longue histoire, il a aussi été associé à la fertilité, à la tempérance, à la dignité, à l’autorité. Et depuis quelques décennies, il incarne surtout l’élégance et la modernité. Vert: Aimez-vous le vert ? À cette question les réponses sont partagées. En Europe, une personne sur six environ a le vert pour couleur préférée ; mais il s’en trouve presque autant pour le détester. Couleur ambivalente, sinon ambiguë, il est symbole de vie, de sève, de chance et d’espérance d’un côté, associé au poison, au malheur, au Diable et à ses créatures de l’autre. Rouge : Le rouge est en Occident la première couleur que l’homme a maîtrisée, aussi bien en peinture qu’en teinture. C’est probablement pourquoi elle est longtemps restée la couleur « par excellence », la plus riche du point de vue matériel, social, artistique, onirique et symbolique.
Dans cette compilation, Michel Pastoureau retrace la longue histoire sociale, artistique et symbolique du noir, du vert et du rouge dans les sociétés européennes, de la Grèce antique jusqu’à nos jours. Noir : Couleur des ténèbres, de la mort et de l’enfer, le noir n’a pas toujours été une couleur négative. Au fil de sa longue histoire, il a aussi été associé à la fertilité, à la tempérance, à la dignité, à l’autorité. Et depuis quelques décennies, il incarne surtout l’élégance et la modernité. Vert: Aimez-vous le vert ? À cette question les réponses sont partagées. En Europe, une personne sur six environ a le vert pour couleur préférée ; mais il s’en trouve presque autant pour le détester. Couleur ambivalente, sinon ambiguë, il est symbole de vie, de sève, de chance et d’espérance d’un côté, associé au poison, au malheur, au Diable et à ses créatures de l’autre. Rouge : Le rouge est en Occident la première couleur que l’homme a maîtrisée, aussi bien en peinture qu’en teinture. C’est probablement pourquoi elle est longtemps restée la couleur « par excellence », la plus riche du point de vue matériel, social, artistique, onirique et symbolique.
Dans cette compilation, Michel Pastoureau retrace la longue histoire sociale, artistique et symbolique du noir, du vert et du rouge dans les sociétés européennes, de la Grèce antique jusqu’à nos jours. Noir : Couleur des ténèbres, de la mort et de l’enfer, le noir n’a pas toujours été une couleur négative. Au fil de sa longue histoire, il a aussi été associé à la fertilité, à la tempérance, à la dignité, à l’autorité. Et depuis quelques décennies, il incarne surtout l’élégance et la modernité. Vert: Aimez-vous le vert ? À cette question les réponses sont partagées. En Europe, une personne sur six environ a le vert pour couleur préférée ; mais il s’en trouve presque autant pour le détester. Couleur ambivalente, sinon ambiguë, il est symbole de vie, de sève, de chance et d’espérance d’un côté, associé au poison, au malheur, au Diable et à ses créatures de l’autre. Rouge : Le rouge est en Occident la première couleur que l’homme a maîtrisée, aussi bien en peinture qu’en teinture. C’est probablement pourquoi elle est longtemps restée la couleur « par excellence », la plus riche du point de vue matériel, social, artistique, onirique et symbolique.
L'Histoire n'a cessé d'être pour Edgar Morin un sujet de réflexion - y compris l'Histoire à laquelle il a participé. Témoin des atrocités de la guerre, des bouleversements économiques et écologiques, penseur des civilisations, Edgar Morin en a tiré des leçons fondamentales qui éclairent le passé et nous aident à construire l'avenir. Depuis son poste de vigie, il nous apprend que l'improbable peut advenir, que les destructeurs peuvent être aussi de grands civilisateurs, que les mythes influent puissamment sur le réel, qu'un seul individu peut parfois changer le cours de l'Histoire... Dans un esprit de synthèse particulièrement vif, Edgar Morin nous entraîne dans le grand voyage de l'humanité, de l'Antiquité à nos jours. UNE RÉFLEXION PROFONDE ET PERSONNELLE SUR LE TEMPS LONG, NOURRIE D'UNE EXPÉRIENCE HUMAINE ET INTELLECTUELLE INCOMPARABLE.
"Je suis philosophe, je m'intéresse aux rapports entre les femmes et les hommes : après un premier livre sur la soumission des femmes aux hommes, j'ai écrit un ouvrage sur le consentement et les injustices de genre dans la sexualité hétérosexuelle. Je suis aussi une femme de bientôt quarante ans, qui voudrait pouvoir exister dans le monde sans s'inquiéter sans cesse des violences sexistes et sexuelles dont mes amies, mes filles ou moi pourrions être victimes. J'ai vu les changements apportés par le mouvement #MeToo, je vois le backlash masculiniste qui s'efforce de renvoyer les femmes à leur position de deuxième sexe. Lorsque je découvre les crimes commis sur Gisèle Pelicot, je sais que se condensent dans cette histoire toutes les questions philosophiques qui sont les miennes. J'hésite à aller au procès de Mazan. Puis je me rends à l'évidence : il me faut écrire ce procès et l'expérience que j'en fais, comme philosophe et comme femme. Et tenter de répondre à cette question qui me hante : peut-on vivre avec les hommes ?" Avec douceur et déterminisme, Gretel Delattre porte la voix de Manon Garcia dans cet essai éclairant et nécessaire sur le procès Pelicot. Illustration de couverture : © Maisei Raman / Shutterstock
L'histoire de la Palestine, berceau des trois monothéismes, remonte à celle de la Terre sainte mais c'est la création de l'État d'Israël en 1948 qui l'a mise pour longtemps sous les feux de l'actualité. Le 7 octobre 2023 et la guerre qui a ravagé Gaza depuis les ont rendus plus brûlants encore. Paru pour la première fois dix ans plus tôt, en 2013, ce livre n'a rien perdu de sa nécessité. Elias Sanbar, dans cette version mise à jour, y remet les événements récents dans la continuité d'une histoire - depuis le mandat britannique à partir de 1917 jusqu'aux suites des Accords d'Oslo en 1993, dont l'auteur fut l'un des négociateurs - que tant de commentaires ont souvent faussée ou étouffée. La Palestine, c'est l'histoire d'un pays que les Palestiniens ont emporté dans leur exil. Et d'un long combat inachevé pour retrouver une existence, même si la perspective d'une solution à deux États est plus lointaine que jamais.Avec la participation exceptionnelle de l'auteur, Elias Sanbar.
Les féminicides s'affichent partout. De la Bible à Netflix, tous les arts - mythologie, peinture, théâtre, cinéma, chanson - ont mis en scène le massacre des femmes. Leur mise à mort se décline sous une forme réaliste, mais aussi et surtout symbolique : érotisation du meurtre, esthétique du démembrement, dissection de la belle défunte, escamotage de dames par un magicien, désintégration du robot femelle. Ces représentations narratives et visuelles composent une culture du féminicide. Tuer des femmes : une longue histoire. Comment le meurtre sexualisé est-il devenu une pièce centrale de nos imaginaires - une évidence, un horizon d'attente, la grammaire de nos livres et de nos films ? En retraçant l'histoire de cette structure de pensée, on comprend comment les sociétés légitiment l'élimination des femmes. Écrivain et éditeur, Ivan Jablonka est professeur d'histoire à l'université Sorbonne Paris Nord. Il a notamment publié, aux Éditions du Seuil, Histoire des grands-parents que je n'ai pas eus (2012), Laëtitia (2016) et Des hommes justes (2019). Ses livres sont traduits en dix-sept langues.
Plongez dans le carnet de bord audio de Mon premier Vendée Globe : 90 jours d’aventure en solitaire autour du monde, racontés avec authenticité par Violette Dorange, la plus jeune navigatrice de l’histoire de la course.
"Ce que moi, Georges Perec, je suis venu questionner ici, c'est l'errance, la dispersion, la diaspora. Ellis Island est pour moi le lieu même de l'exil, c'est-à-dire le lieu de l'absence de lieu, le non-lieu, le nulle part. C'est en ce sens que ces images me concernent, me fascinent, m'impliquent, comme si la recherche de mon identité passait par l'appropriation de ce lieu dépotoir où des fonctionnaires harassés baptisaient des Américains à la pelle. Ce qui pour moi se trouve ici ce ne sont en rien des repères, des racines ou des traces, mais le contraire : quelque chose d'informe, à la limite du dicible, quelque chose que je peux nommer clôture, ou scission, ou coupure, et qui est pour moi très intimement et très confusément lié au fait même d'être juif." L'immense Sami Frey s'empare du récit percutant et poétique de Georges Perec, et donne à entendre avec force les mémoires de l'exil.
Parcours Écrire et combattre pour l'égalité. "La femme naît libre et demeure égale à l'homme en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune." TOUT POUR COMPRENDRE Notes lexicales Biographie et contexte Genèse et genre de l'oeuvre Pour mieux interpréter ÉCRIRE ET COMBATTRE POUR L'ÉGALITÉ Analyse du parcours Groupement de textes Histoire des idées VERS LE BAC Explications linéaires guidées Sujets de dissertation et de commentaire guidés Méthodologie ANNEXE La Déclaration de 1789 annotée CAHIER ICONOGRAPHIQUE
En seulement six semaines au printemps 1940, la France connaît l'un des effondrements militaires les plus stupéfiants de l'histoire moderne. Comment une grande puissance européenne, dotée d'une armée réputée invincible et de chars technologiquement supérieurs, a-t-elle pu s'effondrer aussi rapidement face à l'offensive allemande ? Julian Jackson déconstruit magistralement les mythes entourant cette défaite. Loin des explications simplistes, il révèle une tragédie aux multiples facettes : doctrine militaire obsolète, leadership politique paralysé, divisions sociales profondes et choc psychologique face à une nouvelle forme de guerre. De la percée surprise à Sedan aux débats déchirants sur l'armistice, en passant par l'évacuation dramatique de Dunkerque, cet ouvrage explore comment un désastre militaire a balayé la démocratie française et redessiné l'équilibre géopolitique mondial. Cette lecture essentielle offre bien plus qu'un récit militaire : c'est une leçon sur la fragilité des démocraties face aux crises. L'analyse de Julian Jackson éclaire notre présent autant que notre passé. Un ouvrage incontournable pour comprendre comment une nation peut basculer - et se reconstruire.
Est-ce bien certain que l'on peut tout sentir ? Certes non. Pourtant c'est bien ce sentiment qui domine à l'audition des ces lettres. Plus qu'un simple point de vue, elle nous livrent le parcours d'une vie. Nous accompagnons une étape. C'est un dialogue entre la vie de Vincent et les événements majeurs qui la forment, et Vincent lui même. Un dialogue insaisissable au naturel et pourtant perceptible par la magie de Michaël Londsdale et Claude Mettra. Claude Mettra est - si l'on peut dire - le cours de la vie de Van Gogh, avec ses douleurs et ses tourments, ses accidents extérieurs qui façonnent et marquent à jamais son esprit, et Michaël Londsdale est la voix grave de Vincent, son âme presque, ou son double du moins. Écouter l'insaisissable, c'est tenter de comprendre l'histoire, l'intériorité même d'un des plus grands génies de la peinture, d'un des artistes les plus solitaires aussi. C'est avoir envie, à rebours, de le rencontrer, et à défaut de le comprendre toujours, à la manière de son frère Théo, de le soutenir de manière indéfectible.
Un manifeste audacieux qui nous met au défi de cultiver l'« ambition morale » : exploiter nos talents et transformer notre idéalisme en action, le tout afin de rendre le monde meilleur. La plus grande perte de notre temps, écrit Rutger Bregman, est la perte de talent. Des millions de personnes pourraient contribuer à améliorer les choses, mais ne le font pas. Des personnes qui avaient autrefois un avenir prometteur se retrouvent coincées dans des emplois abrutissants, inutiles ou tout simplement nuisibles. Il existe pourtant un antidote à ce sentiment de vide : l'« ambition morale », c'est-à-dire consacrer sa carrière aux plus grands défis de notre époque, qu'il s'agisse du changement climatique, de la mortalité infantile, de l'évasion fiscale ou de la prochaine pandémie. Le désir d'être du bon côté de l'histoire et de faire la différence. Il nous faut désormais déplacer l'attention, du profit personnel vers le bénéfice collectif, en nous détachant des définitions conventionnelles de la réussite qui nous nuisent, à nous et à la planète. Ce faisant, explique Bregman, nous rejoindrons un mouvement croissant de pionniers qui vivent déjà selon cette philosophie. La véritable mesure du succès ne réside pas dans ce que nous accumulons, mais dans ce à quoi nous contribuons.
Californie : 13 meurtres, 50 agressions, 42 ans de traque : un true crime glaçant, en partenariat avec SocietyEn 2018, la police américaine annonçait l'arrestation du " Golden State Killer ", auteur de plus de 140 cambriolages, 50 viols et au moins 13 meurtres dans les années 1970 et 1980. C'est la fin de plus de 40 années de traque que le journaliste William Thorp va remonter, au fil d'une enquête totalement inédite et tentaculaire. Dans ce décor idyllique de Californie, c'est toute une époque qui se dessine, celle des hippies, des banlieues et d'abord de petits délits sans lien apparent, plutôt inoffensifs. Des cambriolages, nombreux, et toujours dans la même zone géographique du comté de Sacramento. Et bientôt, des viols, à répétition, avec toujours un scénario identique. Il faudra des années aux enquêteurs pour parvenir à lier les affaires entre elles. Et des années encore pour les relier à une série de meurtres sanguinaires. C'est grâce à l'acharnement de policiers et notamment d'un duo hors norme, Carol Daly et Richard Shelby, conjugué aux progrès scientifiques (l'ADN par parentèle) que le Golden State Killer sera arrêté. Dans cette enquête où tout est vrai, c'est le portrait d'un homme, d'une époque et le récit d'une enquête qui permettent de comprendre la sauvagerie de ce criminel a pu se déchaîner en toute impunité
En novembre 2019, Paul Preciado s'exprime devant 3500 psychanalystes lors des journées internationales de l'Ecole de la Cause Freudienne à Paris. Devant la profession qui l'a diagnostiqué « malade mental » et « dysphorique du genre », il s'appuie sur Kafka et son Rapport pour une académie, dans lequel un singe parlant discourt devant une assemblée de scientifiques. Loin de toute émancipation, le singe parlant de Kafka explique que son apprentissage du langage ne fut qu'un passage d'une cage à une autre : des barreaux de fer à la subjectivité humaine. Depuis sa cage de « mutant », il ne s'agit pas pour Preciado de parler de l'homophobie ou la transphobie des pères fondateurs de la psychanalyse, mais de montrer la complicité de celle-ci avec une idéologie de la différence sexuelle datant de l'ère coloniale, aujourd'hui rendue obsolète par les moyens dont nous disposons pour influer sur nos corps et notre façon de procréer. Surtout, le philosophe lance un appel à la transformation des discours et des pratiques psychologiques et psychanalytiques : dans les années à venir, nous devrons élaborer collectivement une épistémologie capable de rendre compte de la multiplicité des vivants, sans réduire le corps à sa force reproductive hétérosexuelle, et qui ne légitime pas la violence hétéro-patriarcale et coloniale. La conférence provoque un séisme dans l'auditoire et depuis les associations psychanalytiques se déchirent. Filmé par des smartphones, le discours est mis en ligne et des fragments sont retranscrits, traduits et publiés sur internet sans souci d'exactitude. Afin d'élargir le débat, il importait de publier ce texte dans son intégralité.
Le parcours d'un professeur au Collège de France engagé dans la cité. Penser la ville médiévale à l'échelle du monde. Une réflexion sur la pratique émancipatrice de l'historien. Partant de l'adage médiéval " l'air d de la ville rend libre ", qui rend compte du fait que les hommes s'émancipent des dépendances anciennes par le seul fait qu'ils entrent en ville, Patrick Boucheron retrace le parcours qui l'a mené de l'histoire de la brique, des bâtiments et des places publiques, à celle des pouvoirs, de la mémoire et de l'archipel urbain à l'échelle du monde. Il revient sur ce qui est au coeur de ses travaux, les communes médiévales italiennes, qui, si elles ont constitué des laboratoires de modernité politique, n'en ont pas moins été des solutions bricolées par des acteurs toujours susceptibles de se laisser tenter par le pouvoir autoritaire. Il pointe la fragilité des libertés urbaines et s'intéresse aux formes de désobéissance à l'ordre urbain. Penser depuis le Moyen Âge, c'est aussi penser le contemporain, et retrouver l'essence de la liberté, qui est peut-être surtout le pouvoir de faire.
Tout commence par un mail d'alerte, en février 2022, quelques mois avant le drame qui a coûté la vie à une fillette dans une crèche à Lyon. Deux ans et demi d'investigations, 200 témoins, des lanceurs d'alerte qui risquent leur vie professionnelle, des documents explosifs démontant l'enfer du décor. Ce récit saisissant révèle les secrets de People&Baby, le « premier gestionnaire indépendant français de crèches ». Un groupe qui pèserait un milliard d'euros. Mais un ogre peut en cacher bien d'autres. Un secteur qui fait bloc, des mairies complices, le sommet de l'État impliqué... Nos enfants sont en danger, nous sommes tous concernés. Thomas Dormoy offre une lecture passionnante de cette enquête nécessaire. Le prologue et les remerciements sont lus par l'auteur. Couverture : Adrien Selbert / Agence VU
Le Parrain, Serpico, Scarface, L’Epouvantail, Un après-midi de chien, Heat, Donnie Brasco, Once upon a time in Hollywood, The Irishman, Looking for Richard racontés par Al Pacino himself… Autant de films qui font partie du panthéon du 7e art, que l’on soit cinéphile ou non. Au cours de ses 50 ans de carrière, Al Pacino a vu défiler l’Actor Studio, le Nouvel Hollywood et les plus grands réalisateurs. Pour la première fois, il décide de raconter sa vie fascinante, qui commence dans le Bronx en 1940. Un texte sincère, émouvant, drôle et très incarné. Si Al Pacino est une légende vivante du cinéma, il n’a pourtant jamais signé d’autobiographie. Ce livre est un événement.
"Nous ne savons pas ce qui nous arrive et c'est précisément ce qui nous arrive", écrit José Ortega y Gasset. Que nous arrive-t-il ? Qu'arrive-t-il à la France ? Au monde ? Notre impéritie vient-elle d'une myopie à l'égard de tout ce qui dépasse l'immédiat ? d'une perception inexacte ? d'une crise de la pensée ? d'un somnambulisme généralisé ? Tant de certitudes ont été balayées ! Comment naviguer dans un océan d'incertitude ? Comment comprendre l'histoire que nous vivons ? Comment admettre enfin que, en dégradant l'écologie de notre planète, nous dégradons nos vies et nos sociétés ? Comment appréhender le monde qui se transforme de crise en crise ? Comment concevoir l'aventure inouïe de notre humanité ? Est-ce une course à la mort ou à la métamorphose ? Serait-ce à la fois l'un et l'autre ? Réveillons-nous ! E. M.
Chaque jour, tu croises des grille-pain, des essuie-glaces, des chips au fromage. Ils sont là, en serviteurs muets de ton plaisir et tu t'en fiches. Pourtant tous ces objets ont une histoire et ce livre est là pour la raconter. Alors écoute-le s'il te plaît. Journaliste, humoriste et fan de choses, David Castello-Lopes s'est intéressé à leurs origines, sur Canal+ puis Europe 1, et en a tiré ces chroniques. Un livre audio savoureux porté avec beaucoup d'humour par l'auteur lui-même ! Couverture : © Thomas O'Brien
"Lorsque Germaine Tillion écrit « Il était une fois l'ethnographie », elle est alors au crépuscule de sa vie ; il s'agissait pour elle de revenir sur ses notes et travaux réalisés auprès de la population berbère de l'Aurès en Algérie, entre 1934 et 1940. Ces derniers devaient faire l'objet d'une thèse, qui n'a jamais pu voir le jour à cause de la Deuxième Guerre mondiale. Elle restitue ici son expérience de jeune ethnologue avec humour et un sens du récit unique. La comédienne Roselyne Sarazin parvient à retranscrire toute la force et l'espièglerie de ce texte. Grande figure qui a traversé le XXe siècle, Germaine Tillion (1907-2008) est une ethnologue et historienne au parcours hors du commun. Elle fut l'élève de Marcel Mauss, résistante dans le Réseau du Musée de l'Homme, déportée à Ravensbrück et engagée tout au long de sa vie en faveur du droit des femmes, des prisonniers et de la décolonisation. En entrant au Panthéon en 2015 pour son engagement pendant la Deuxième Guerre mondiale mais aussi pour l'importance de ses écrits, fonctions et prises de positions humanistes, Germaine Tillion est la première ethnologue à recevoir l'hommage de la Nation et, à ce jour, la deuxième femme scientifique après Marie Curie." Patrick FRÉMEAUX & Christian BROMBERGER
Le best-seller sur l'après-vie 15 ans d'enquête sur l'après-vie pour gagner en sérénité face à la mort Que se passe-t-il lorsque nous mourrons ? Que devient notre conscience ? Survit-elle à la mort cérébrale ? Ces questions vertigineuses se sont imposées à Stéphane Allix au moment du décès de son frère. Il a dès lors mobilisé toutes ses compétences et son instinct de journaliste pour tenter d'élucider le mystère de la conscience. Les recherches en médecine ou en neurosciences, ainsi que les innombrables phénomènes inexpliqués autour de la mort (expériences de mort imminente, perceptions extrasensorielles, etc.), suggèrent que notre conscience possède une dimension spirituelle. Est-ce ce que les mystiques appellent âme ? Pour percer le mystère, Stéphane décide de faire lui-même l'expérience de cette dimension à travers des voies alternatives, des pratiques spirituelles millénaires, comme le chamanisme. Grâce à cet implacable travail d'enquête scientifique, doublé d'une bouleversante exploration spirituelle, Stéphane Allix se forge une intime conviction. Le bilan d'un journaliste, mais aussi celui d'un homme, d'un père soucieux de transmettre à sa fille l'apaisement procuré par ce voyage aux frontières de la vie. A propos de l'auteur Journaliste, ancien reporter de guerre, fondateur de l'INREES (Institut de Recherches sur les Expériences Extraordinaires) et du magazine Inexploré, concepteur et présentateur des Enquêtes extraordinaires sur M6, Stéphane Allix a publié plusieurs livres devenus des best-sellers, tels que Le Test, Après..., Lorsque j'étais quelqu'un d'autre, Nos Âmes oubliées. « La synthèse de quinze ans de recherches » Le Figaro « Stéphane Allix, le journaliste qui a enquêté aux frontières de la mort. » La Croix « Ce livre est une manière d'espoir » Léa Salamé, France 2 « Tous ces témoignages de personnes qui ont frôlé le trépas, décrivent des visions similaires. » Ouest France « La mort n'est qu'un passage vers un autre état. » Happinez
Aliénor d'Aquitaine (1124-1204) est certainement la plus célèbre des reines médiévales, dont la légende noire nourrit encore de nos jours bien des romans. Épouse successive de Louis VII de France et d'Henri II d'Angleterre, elle met au monde au moins dix enfants, dont les célèbres Richard Coeur de Lion et Jean sans Terre. Voyageuse infatigable jusqu'en Terre Sainte, en Italie du Sud ou en Castille, elle fomente une vaste révolte contre son second mari. Devenue veuve, elle joue un rôle politique toujours plus important. C'est au travers de sa féminité (fille, femme, épouse, mère) que Martin Aurell choisit de présenter l'itinéraire audacieux de ce personnage aux multiples facettes, de la nuptialité au veuvage.