Tribune libre
Le professeur Israël remet en question la médecine telle qu'elle est enseignée et pratiquée aujourd'hui. Alors que le devoir du médecin est de servir le malade, les modalités de sa sélection et de sa formation, les réglementations bureaucratiques à la recherche d'économies nécessaires, l'entraînent vers de graves dérives et compromettent à la fois l'homme et la profession. "J'appartiens à la cohorte des hommes de terrain que jamais aucun décideur n'a consultés, ni sur l'organisation des études, ni sur l'allocation des sommes consacrées à la santé, à la recherche, à l'enseignement, ni sur la distribution des soins, ni sur la moralisation de la profession, et je profite de l'occasion qui m'est offerte pour rappeler quelques valeurs. En particulier, celle de la vie humaine et sa dangereuse mise en cause par la revendication d'une euthanasie médicale."
La question du juge, de sa place et de sa fonction dans notre société, est une question récente. Nous assistons en effet, depuis les années 80, au développement d'une société de droit et à l'avènement du juge qui en est la figure emblématique. Il n'y a plus d'immunités. Voilà que les juges prétendent appliquer toutes les lois et exercer la plénitude de leurs fonctions ! Que leur rôle annoncé soit leur rôle réel ! Il s'agit là d'une révolution culturelle. Et nous sommes encore au milieu du gué. Cette judiciarisation de la société, associée au journalisme dit d'investigation, comporte un risque : voir tout à fait disparaître la présomption d'innocence et la vie privée au profit d'une justiciabilité commune et aboutir à un mythique « gouvernement des juges ». Mais ces excès, présents ou possibles, sont moins importants que les effets profonds. C'est par le juge que parlent à nouveau les textes fondateurs, que l'égale dignité est assurée, que les « affaires » deviennent transparentes et que la législation pléthorique se transforme en justice. Le discours politique lui emprunte sa vertu : l'impartialité, et son mode de recherche de la vérité probable : le contradictoire. C'est cette dimension nouvelle du droit et de la place du juge, tiers longtemps absent devenu tiers actif, que nous expose cet essai d'un praticien qui est aussi un philosophe du droit.
Depuis bientôt trente ans, l'école n'est envisagée que du point de vue de sa réforme et voit défiler des projets perpétuels de refondation. Les jeunes d'aujourd'hui, ballottés par les lubies du moment, sont plongés dans un savoir émietté, lacunaire et instable. De nombreux théoriciens - qui n'ont parfois jamais enseigné - tâchent, contre l'évidence, de démontrer l'élévation du niveau des connaissances scolaires. Tandis que l'écriture, la lecture, l'histoire sombrent dans les décombres, de nombreuses idoles apparaissent : les médias, l'électronique, internet. Cet essai s'efforce de faire un bilan et de proposer, en revenant à des idées simples, ce qu'il faut enseigner, afin d'interrompre le processus actuel d'apprentissage de l'ignorance.
1956 : le socialisme français face à ses contradictions. Dans Le socialisme trahi, André Philip, ancien ministre et figure majeure de la SFIO, dresse un bilan sans concession des erreurs.
1948, Prague. Un coup d’État communiste réveille l’Occident et scelle la naissance de l’OTAN. Dans ce texte clair et engagé, Paul-Henri Spaak, secrétaire général de l’Alliance.
Revivez les coulisses politiques de la naissance de la Ve République à travers le regard de Guy Mollet, acteur clé de cette période charnière. Ce témoignage unique éclaire les crises, les choix et les enjeux qui ont façonné la France moderne.
1960, une élection historique propulse John F. Kennedy à la Maison-Blanche. Découvrez comment ce jeune président a marqué l’Amérique et le monde, entre modernité politique, défis internationaux et héritage controversé.
Et si la démocratie avait besoin d’un nouveau souffle ? Pour une modernisation de la politique de Raymond Boisdé interroge les fondements mêmes de notre système politique.
1948, une date qui a tout changé : Le non-dit du conflit israélo-arabe dénoue les fils d’un siècle de tensions, de la création d’Israël aux guerres du Golfe.
Et si la terre n’était plus une fatalité, mais un support à maîtriser ? France, quelle agriculture veux-tu ? de Raymond Cartier explore la révolution technique et psychologique qui a bouleversé le monde paysan après-guerre.
Dans « La nature des choses », il se penche en philosophe sur les rapports profonds qui existent entre l'homme et l'univers, au seuil et déjà peut-être au sein d'une des plus grandes crises de civilisation que notre monde ait connues. Historien des idées, analyste de celles-ci, André Beaufre va aussi loin qu'il veut lorsqu'il exprime les siennes, même s'il le fait avec une prudence d'examen et une pudeur telles qu'en écrivant il semble songer à son lecteur autant qu'à lui-même, veillant à ne jamais le heurter, à ne jamais exercer sur lui la moindre « force de dissuasion », afin de le conduire au terme de son livre comme à la conclusion d'un dialogue élevé avec un ami proche. Cette conclusion, pourtant, est d'ordre spirituel sans aucune équivoque, mais André Beaufre nous y amène avec une prudence exemplaire qui pourrait être citée à bien des philosophes de profession : « Quand nous découvrons l'une des lois éternelles de la nature traduite par une formule mathématique, écrit-il, ce n'est pas l'agencement de la matière que nous découvrons, mais une parcelle de la pensée de Dieu ».
Loin d'être favorisés par rapport aux étrangers, comme on le prétend trop souvent par ignorance, les Français, bien au contraire, sont parmi les contribuables les plus imposés du monde moderne. Ce qui n'empêche pas notre pays de compter encore 6 millions "d'exclus de la croissance" ce qui constitue une honte nationale. Jacques Bloch-Morhange nous assène une série d'arguments et accumule des preuves chiffrées à couper le souffle. Né à Paris le 31 janvier 1921, l'auteur après la guerre et la Résistance a fait une carrière d'économiste et d'écrivain. Ses analyses et ses idées bénéficient d'une large audience en France et à l'étranger.
1981, c'est la date de la prochaine élection présidentielle et Pierre Lefranc répond aux questions que se posent les Français angoissés par le déclin de leur pays. L'auteur, dont on connaît l'attachement aux principes affirmés par de Gaulle, formule des propositions précises, capables de transformer profondément notre société frappée d'immobilisme. A la lecture de ce texte, clair et dense, des perspectives nouvelles s'ouvrent dont il sera impossible de ne pas tenir compte.
Ce livre aurait pu s'appeler l'économie sans peine. C'est dans un langage simple et clair, dans un style vivant et direct, parfois avec humour, que Guy Marty démonte, sous nos yeux, les grands mécanismes de l'actualité. De la visite au cimetière à la symphonie de l'inflation, ce livre dévoile ce que les gens ignorent sur l'épargne. Car la réalité brutale, évidente, n'est pas celle qui nous est généralement présentée : qu'il s'agisse de taux d'intérêts, de l'avenir des retraites ou de l'organisation des impôts, les débats actuels cachent une évolution profonde, puissante, qui transforme peu à peu les épargnants en contribuables, et qui menace, à terme, la liberté individuelle. Quand vous aurez lu ce livre, vous saurez que certaines solutions sont possibles.
La Seconde Guerre mondiale comme vous ne l'avez jamais vue, parcourue au gré des flots et d'aventures humaines hors du commun. Stalingrad, El Alamein... toutes ces batailles et opérations terrestres sont connues, ont été analysées et disséquées. La Seconde Guerre mondiale fit rage aussi sur les mers. Ce sont les combats et histoires navales les plus épiques, et les moins chroniqués, que l'auteur présente ici d'une plume affûtée. L'évasion du Jean Bart, l'évacuation de l'or de la Banque de France, la bataille de Koh Chang, le sabordage à Scapa Flow, etc. Autant d'opérations téméraires et méconnues aux quatre coins des océans, menées par des héros de l'ombre qui ont parfois changé le cours de l'histoire.
Le cri d'alarme d'un professeur contraint à l'anonymatLe cri d'alarme d'un professeur contraint à l'anonymat Laurent Valogne a décidé de briser la loi du silence imposée par l'Éducation nationale face à la montée de l'islamisme à l'école. Soumis aux pressions de l'institution, aux menaces des élèves, des parents d'élèves, et parfois de ses confrères, Laurent n'a pas d'autre choix que de témoigner anonymement. Il a confié sa voix à Carine Azzopardi, journaliste, dont le compagnon a été tué au Bataclan. Elle décrit pour lui la présence d'une idéologie mortifère qui gagne insidieusement du terrain dans les salles de classes et qui, si l'on n'agit pas rapidement, sapera les bases de nos sociétés ouvertes et tolérantes. Ce livre raconte le quotidien d'un professeur passionné par sa mission, qui lance un appel de la dernière chance : l'école est aujourd'hui un lieu central pour la formation des générations de demain. Le dernier endroit où il est encore possible d'agir, en espérant qu'il ne soit pas trop tard.
Des voix qui commandent une jeune fille, un naufrage qui conduit un explorateur à de grands défis maritimes, un peintre italien qui traverse les Alpes avec pour tout bagage un tableau qui deviendra le plus beau trésor du musée du Louvre. D'humeur complice, Christine Kelly et Marc Menant nous plongent avec délectation au coeur d'un temps où les destins faisaient l'Histoire. Et quels destins ! Saint-Exupéry, la reine Margot, Marie Curie, Beethoven, Bonaparte, Léonard de Vinci, Jeanne d'Arc, Christophe Colomb, Jean de La Fontaine, Victor Hugo ont scellé notre patrimoine culturel. En conteurs avisés et passionnés, en grands pédagogues aussi, ils nous font entrer dans l'intimité des grands destins de l'Histoire pour que nous en saisissions toute la portée extraordinaire. Des narrations captivantes pimentées d'anecdotes croustillantes. De par la magie des récits, le temps est aboli : nous voici en immersion dans l'Histoire.
Dans un petit village de Haute-Savoie, a eu lieu un sanglant quadruple meurtre. Qui a décimé sur un parking de montagne une famille et a laissé une fillette pour morte ? L'affaire Chevaline devient dès lors le plus médiatique et fascinant cold case de France. Imen Ghouali et Brendan Kemmet ont repris toute l'enquête. À partir de documents inédits, ils explorent toutes les différentes pistes espionnage, affaire de moeurs, vengeance familiale, crime de hasard, tueur en série... Sur les traces d'une affaire internationale hors norme, de la Savoie à l'Angleterre, en passant par l'Irak, la Suisse ou les États-Unis, ils ont rencontré des témoins capitaux, enquêteurs, magistrats, proches des victimes. Cette enquête dévoile les ultimes informations et révèle enfin une nouvelle piste possible... Un document haletant et magistral.
Edition bilingue français et anglais.Mahsa Amini, jeune Iranienne de 22 ans, décède le 16 septembre 2022 après avoir été arrêtée par la police des moeurs, accusée d'enfreindre le code vestimentaire strict qui impose aux femmes le port du hijab dans l'espace public. Sa mort déclenche une véritable révolution et de nombreuses manifestations en Iran. La réponse du pouvoir est implacable : la répression se durcit. En six semaines, des centaines de personnes sont arrêtées, condamnées, exécutées, à l'issue de procès expéditifs. Iran In/Out est le souffle de la liberté face à la dictature. Sarah Doraghi y dénonce tous les interdits qui étouffent la société, mais que le peuple iranien apprend à contourner pour survivre. S'embrasser, danser, rire, se montrer, penser ou s'exprimer librement... autant d'actes ordinaires devenus gestes de résistance pour une population réduite au silence. Au travers de photographies exclusives, elle illustre avec tendresse, humour et poésie, le courage, la détermination, la force des Iraniennes et des Iraniens. La vie ne s'interdit pas. L'avènement d'une démocratie laïque n'est plus un rêve pour les Iraniens, mais une nécessité vitale. Livre en français et en anglais.
Tous les Français, enfants de travailleurs immigrés maghrébins comme moi, nés en France, sont coutumiers de cette aversion profonde dans les regards fustigeant les " bougnoules ", " les bicots ". Voilà cinquante ans qu'à la stigmatisation et à la provocation, répondent la frustration et la réaction. L'escalade du racisme doit être enrayée. Car notre histoire est celle de la République. Elle met à l'épreuve du réel le projet d'égalité des chances, la valorisation des atouts de chacun d'entre nous. Malgré les difficultés que nous traversons, l'insoutenable insécurité notamment, l'espoir de fraternité demeure vivant. En témoigne l'incroyable solidarité des Français depuis deux ans. Des crises sanitaires aux crises politiques et sociales, dont les extrêmes et les déclinologues alimentent tous les feux, les Français ont encore leur mot à dire. Ils savent se mobiliser avec force et gagner quand il le faut. L'histoire de France en témoigne. Celle qui fait le prestige de notre pays dans le monde entier. Notre victoire est notre Histoire.
À l'heure de grands choix pour la France, le regard politique de Michel Debré nous ouvre les yeux sur les travers de notre époque. Ce réquisitoire unique du père fondateur de la Ve République, Premier ministre du général de Gaulle, conserve une brûlante actualité. Michel Debré dresse une critique brillantissime, sans concessions à l'égard du personnel politique, administratif, des dirigeants économiques, syndicaux... responsables de la décadence française. Il y dénonce leur immobilisme et leur incapacité à dépasser les querelles partisanes, à sortir des faux-semblants, à réformer, modifier, moderniser la France. Crise des valeurs, paresse des responsables partisans, dérive des institutions, abstention... tout y est ! À l'heure de grands choix pour la France, ce regard politique nous ouvre les yeux sur les travers de notre époque. Jean-Louis Debré, ancien président de l'Assemblée nationale et du Conseil constitutionnel, présente le livre de son père, Michel Debré, redécouvert dans les archives historiques des éditions Plon.
CORONAVIRUS, GUERRES DE PILLAGE, FAIM, MALADIES, ESCLAVAGE MODERNE, POLLUTION... LA MONDIALISATION TUE. L'épidémie de coronavirus fut un traumatisme mondial profond : près d'un milliard d'êtres humains durent être confinés dans quelque trente-cinq pays et des dizaines de milliers sont morts. Son impact économique gigantesque fut aussi un révélateur brutal de la dangerosité de la mondialisation. Car si l'épidémie fut le déclencheur de la Grande Récession dans laquelle nous nous débattons encore, la mondialisation, elle, en fut la poudrière. Concentration extrême de l'appareil industriel mondial en Chine, chaînes mondiales d'approvisionnement fondées sur le zéro stock, marchés financiers débridés, pression générale à la baisse sur les dépenses publiques dont les dépenses de santé : la mondialisation, système économique planétaire, a permis que dans un sinistre effet-papillon, une infection à Wuhan provoque rapidement des morts, des pénuries de toutes sortes et une récession à travers toute la planète. Les morts du coronavirus, bien que traumatisantes, ne sont cependant que l'arbre qui cache la forêt des victimes de la mondialisation. Nous démontrerons en effet dans ce livre que de 1992 à 2018, la mondialisation a causé plus de 400 millions de morts. 600 000 sont morts de l'invasion américaine de l'Iraq pour prendre le contrôle de ses ressources pétrolières. 6,5 millions sont morts dans des guerres de pillage, en particulier au Congo-Kinshasa pour ses richesses minières. 11 millions sont morts de faim alors qu'assez de nourriture est produite pour alimenter toute l'humanité. 60 millions sont morts sur le poste de travail, c'est-à-dire de la pression mondiale à la baisse sur les conditions de santé et de sécurité de la main d'oeuvre. 69 millions sont morts de pollution atmosphérique, c'est-à-dire des rejets toxiques de ce système économique mondial consumériste et productiviste. 256 millions sont morts de maladies pourtant soignables, c'est-à-dire morts de la répartition des ressources plutôt que des maladies elles-mêmes. Ces plus de 400 millions de morts sont le thème de ce livre noir de la mondialisation.
Voici plus de trente ans que la mort du modèle social français est annoncée par diverses Cassandres. C'est une erreur. Réveillez-vous ! Cette fois-ci, c'est différent. Non, l'Antisocial ne va pas s'arrêter !Voici plus de trente ans que la mort du modèle social français est annoncée par diverses Cassandres. Il est donc tentant de réagir en haussant les épaules. Il est tentant de se rassurer en voyant dans ces réformes un mal nécessaire, qui n'ira quand même pas jusqu'à ratiboiser notre système de protection sociale tout entier. Spécifiquement chez les plus favorisés parmi les classes moyennes, il est tentant de se dire avec soulagement que soi-même l'on sera épargné ; et donc que tout compte fait, le fléau antisocial n'est pas si grave. C'est une erreur. Réveillez-vous. Cette fois-ci, c'est différent. Non, l'Antisocial ne va pas s'arrêter ; non, si vous ne faites pas partie des 10% les plus riches, vous ne lui échapperez pas. Anti-chômeurs, anti-grèves, anti-syndicats, anti-Code du travail, anti-fonctionnaires, anti-services publics, anti-protection sociale... Dans ce livre, Thomas Guénolé expose la propagande antisociale qui a envahi nos médias. Il démonte point par point ses mensonges. Il expose la démolition sociale terrible que subissent ses cibles. Il décrit la politique de destruction accélérée du modèle social français que cette propagande sert à justifier. Bataille des idées, front politique, front social, il explique comment une grande mobilisation générale peut vaincre l'Antisocial. Avant qu'il ne soit trop tard.
Un nouveau Président. La nouvelle politique européenne arrêtera-t-elle le déclin inexorable de l'Europe ? Depuis 2011, l'Europe est engagée dans une crise sans précédent. La divergence croissante des économies " vertueuses " du Nord et les politiques " laxistes " du Sud ont fini par faire voler en éclats la solidité de l'euro et entraîné une décrédibilisation du principe même d'union monétaire. En Allemagne et aux Pays-Bas des voix s'élèvent pour souhaiter la création d'un " euroNord " qui ne serait autre qu'un mark restauré et élargi, laissant à son triste sort un " euroSud " sans doute condamné à court terme à disparaitre au profit catastrophique aux monnaies nationales d'antan. Les risques cataclysmiques d'une telle dérive nous conduisent aujourd'hui à choisir l'unique alternative possible : l'approfondissement politique de la construction européenne. Mais si un consensus existe en ce sens, il repose néanmoins sur l'acceptation d'un règlement, pays par pays, des dettes publiques, sans que l'Allemagne et ses plus proches partenaires soient contraints de faire les frais de la nouvelle solidarité. Et, pour la suite, des mécanismes de discipline collective doivent être mis en place. La victoire de François Hollande n'aura fait qu'exacerber l'acuité du problème. C'est à un remaniement sans précédent du paysage politique des grands pays de l'Union européenne, la France en priorité, que nous devons nous atteler. Alexandre Adler est historien, éditorialiste de politique étrangère au Figaro et sur Europe 1. Il est l'auteur de nombreux essais à succès, parmi lesquels J'ai vu finir le monde ancien et Le jour où l'Histoire à commencé.
Les ennemis d'aujourd'hui ne sont plus ceux d'autrefois. Et le monde occidental n'arrive plus à identifier les dangers auxquels il est confronté. Pour lutter contre ses ennemis, encore faut-il les connaître. Voilà Oussama ben Laden éliminé. Depuis deux ans d'ailleurs, son courant islamiste jihadi, naguère encore capable des pires attentats, était discrédité dans tout le monde musulman. En matière de sécurité globale, quelles menaces, quels conflits désormais ? Le problème est grave, car l'Europe identifie mal ses ennemis. Or les combattre suppose de les connaître : comment préparer la défense de demain si l'on ignore tout de ceux qu'il faudra affronter ? Alors que, aujourd'hui, l'ennemi ne va plus de soi et que bandits et terroristes mutent et s'hybrident toujours plus, à l'heure où s'accroît la mondialisation criminelle, ce livre répond précisément à ces questions, grâce à l'apport croisé de la géopolitique et de l'expertise criminologique.Xavier Raufer est directeur des études au Département de recherche sur les menaces criminelles contemporaines à l'université Paris II et professeur associé à l'Institut d'étude du terrorisme et du crime organisé à l'université de science politique et de droit de Pékin.
On se souvient des discussions passionnées provoquées par la parution du livre de Raymond Aron, "La tragédie algérienne". Une année a passé. L'auteur considère aujourd'hui qu'un changement décisif est intervenu : si la chute de la IVe République a rendu la raison aux fous et la possibilité d'agir aux gouvernants, alors il vaut la peine de reprendre la parole. On trouvera, analysé dans cette nouvelle étude, le problème crucial de l'intégration de l'Algérie. Raymond Aron juge qu'une telle politique exigerait de la France des efforts démesurés, sans que les résultats en soient assurés à l'avance. Il n'est pas raisonnable de se donner pour objectif de transformer en citoyens français neuf millions de Musulmans, dont une fraction au moins veut un autre destin. La promesse de l'intégration est un chèque en blanc, que la France ne pourrait honorer. L'auteur s'interroge ensuite sur les conditions d'une présence française à long terme en Afrique. Il examine les perspectives de paix en Algérie et de régime militaire en France à la lumière des événements du mois de mai. Si Alger ne devient pas la capitale de la France, la rénovation politique est possible. Mais la révolution du 13 mai doit se hâter de dévorer ses enfants. Plus que jamais, l'avenir des libertés, l'avenir de la France dépendent de la paix en Algérie.
À la veille des élections législatives de mars 1973, le club Nouvelle Frontière, présidé par Jean Charbonnel, ministre du Développement industriel et scientifique, présente à tous ceux qui refusent de décider sans savoir - et de voter sans comprendre - une radioscopie des oppositions. L'opposition, en 1973, c'est d'abord le Programme commun signé par les Communistes, les Socialistes et les Radicaux de gauche. Ce que révèle de nostalgies, d'inconséquences - et de duplicité - cette prétendue charte de l'unité, c'est ce que Nouvelle Frontière a voulu savoir ; sous les litanies rassurantes d'une vie peinte en rose, quels sont les grands choix nationaux qui sous-tendent le Programme commun ? Passant au fil d'une critique - souvent acerbe mais toujours rigoureuse - les institutions, la politique militaire, l'action internationale et le modèle économique rêvés par la Gauche, Nouvelle Frontière met en lumière les contradictions d'un projet qui ne doit qu'à son ambiguïté de n'être pas perçu immédiatement - et par tous - comme l'acte inaugural d'un désastre national. Mais l'opposition, en 1973, ce n'est pas seulement un texte, il y a aussi les forces politiques : où en sont centrisme réformateur, Parti communiste et Parti socialiste, près de quinze ans après l'établissement de la Ve République : c'est à quoi la seconde partie de cet ouvrage s'efforce de répondre, en décrivant « les trois visages de l'opposition ». Cette étude du club Nouvelle Frontière est suivie d'un véritable dossier d'information, composé d'une série d'analyses réalisées par des membres du club.
La IVe République est morte de n'avoir su résoudre deux graves problèmes : l'affaire algérienne et la réforme de la démocratie. Son instabilité ne découlait pas du mode électoral, mais de l'extrême diversité de l'opinion publique, qui entraînait une incohérence funeste et amorale dans les moeurs politiques : ayant confondu souveraineté nationale et souveraineté parlementaire, les gouvernements n'avaient plus qu'à se réfugier dans l'immobilisme. Or, si l'armée a été l'occasion des changements politiques survenus depuis le 13 Mai, elle n'a pas agi pour prendre le pouvoir. Elle n'a fait que constater l'inexistence des institutions de la IVe République. Maintenant, la Ve République a pris le départ. Pourquoi était-elle inéluctable ? Où va-t-elle ? Sur quelles forces peut-elle s'appuyer et quelles factions doit-elle redouter ? Qu'est-ce qui a changé dans la morale politique du pays ? L'Algérie sera-t-elle l'écueil où se brisera la France ou, au contraire, la condition de son relèvement ? C'est à toutes ces questions que tente de répondre Michel Massenet dans ce livre brillant et perspicace, où il aide le lecteur à interroger l'avenir. S'il est vrai que, dans une démocratie comme la nôtre, l'autorité de l'État doit reposer d'abord sur la liberté des citoyens, sans qu'aucune de ces deux fonctions ne paralyse l'autre, alors oui, de Gaulle et la Ve République peuvent dissiper l'angoisse qui plane sur nous.
Si, malgré les crises et les atermoiements de la métropole, il reste encore temps de donner corps à la communauté franco-africaine, on n'a pas le droit d'ignorer que cette revendication spontanée des peuples d'outre-mer risque de perdre, très vite, auprès d'eux, son pouvoir d'attraction, pour laisser place à d'autres tentations. Cela, dans la mesure même où la France n'aura pas voulu tenir compte de l'appel que lui lancent, aujourd'hui encore, unanimes, les formations politiques et les représentants authentiques de l'Afrique noire. En septembre 1957, ceux-ci, comme celles-là, trouvaient à Bamako, sous les auspices du Rassemblement démocratique africain, une tribune du haut de laquelle s'exprimèrent toutes les opinions, tant de nos adversaires, que de nos partenaires. Pour avoir été le témoin de ces débats et avoir, depuis lors, suivi attentivement les évolutions qui en découlèrent, André Blanchet, grand reporter spécialisé dans les affaires du continent noir, est assurément fondé à s'alarmer de l'immobilisme qui, depuis Bamako, a empêché la France d'adapter aux exigences de la décolonisation ses rapports avec les territoires africains. Puisqu'il faut compter désormais avec l'opinion publique africaine, on saura gré à André Blanchet de faire revivre ici les journées ardentes de Bamako et, les connaissant tous personnellement, de nous présenter les interlocuteurs avec qui devraient s'élaborer, sans retard, les contrats d'un « Commonwealth français ».
C'est le résultat de longues années d'études sur l'économie française contemporaine que nous livre Paul Combe dans cet ouvrage. Il porte un diagnostic sévère sur la décadence économique de la France depuis un demi-siècle, mais s'applique à rechercher avec beaucoup de logique et d'autorité les remèdes possibles à cette terrible crise d'inadaptation. Notre pays subit une menace insidieuse, d'autant plus grave que le danger n'est pas immédiat. Le monde qui nous entoure s'est voué à l'évangile du rendement et de l'efficacité, non seulement dans le domaine de la production matérielle mais aussi dans celui de la puissance politique. A cette métamorphose, il semble que la France soit restée insensible. Pourtant sa démographie est en plein essor, le redressement de son industrie fait l'admiration même des techniciens américains et le renouvellement de ses institutions politiques permet d'augurer une renaissance de la nation. Comment expliquer alors ce tragique décalage entre nos possibilités accrues et la longue imprévoyance de notre politique ? Quel bilan pouvons-nous dresser à l'heure de vérité, dans un univers en proie à la machine ? Que faire pour adapter notre pays aux nécessités de notre temps ? Ces vastes problèmes ont trop souvent été traités en fonction d'un préjugé politique. C'est au contraire en toute objectivité que Paul Combe les aborde ici. Il examine les grandes questions économiques contemporaines dont on a pris l'habitude de parler avec abondance mais superficiellement. Il est probable qu'aucune enquête aussi poussée sur le retard français n'a été faite au cours de notre génération.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Pour la première fois, depuis la Libération au moins, un grand intellectuel catholique, connu pour sa familiarité tant avec l'hégélianisme qu'avec le marxisme, et aussi indépendant de la droite traditionnelle que de la gauche progressiste, s'attache au commentaire d'un document pontifical important : le message de Noël 1956 de S.S. Pie XII. Dans les deux premières parties, le R.P. Fessard développe la pensée du Pape sur la « contradiction » du monde où nous vivons, la tension entre la nature et l'histoire, la liberté et la tradition. Dans la troisième partie, l'éminent Jésuite s'attaque aux problèmes précis et actuels auxquels le Pape faisait allusion : la répression de Hongrie, la campagne franco-anglaise de Suez, la valeur de l'O.N.U., et le désarmement. Le chrétien intelligent et moderne évitait, en général, des références trop précises aux textes pontificaux. Le R.P. Fessard rompt, de manière spectaculaire, avec cette discrétion. À ce titre, sa "Libre méditation sur un message de Pie XII" constitue un véritable événement.