Gaston Fessard
Gaston Fessard
Comment la dialectique hégélienne éclaire-t-elle la spiritualité ignatienne ? La dialectique des Exercices Spirituels de Saint Ignace de Loyola (2) de Gaston Fessard propose une lecture audacieuse des Exercices, où liberté.
1937. Un jésuite philosophe ose une question audacieuse : et si le dialogue entre catholiques et communistes était possible ? *La main tendue ?
Pour la première fois, depuis la Libération au moins, un grand intellectuel catholique, connu pour sa familiarité tant avec l'hégélianisme qu'avec le marxisme, et aussi indépendant de la droite traditionnelle que de la gauche progressiste, s'attache au commentaire d'un document pontifical important : le message de Noël 1956 de S.S. Pie XII. Dans les deux premières parties, le R.P. Fessard développe la pensée du Pape sur la « contradiction » du monde où nous vivons, la tension entre la nature et l'histoire, la liberté et la tradition. Dans la troisième partie, l'éminent Jésuite s'attaque aux problèmes précis et actuels auxquels le Pape faisait allusion : la répression de Hongrie, la campagne franco-anglaise de Suez, la valeur de l'O.N.U., et le désarmement. Le chrétien intelligent et moderne évitait, en général, des références trop précises aux textes pontificaux. Le R.P. Fessard rompt, de manière spectaculaire, avec cette discrétion. À ce titre, sa "Libre méditation sur un message de Pie XII" constitue un véritable événement.
Le 18 juin 1978, le père Gaston Fessard s'est éteint, laissant entre autres écrits inédits ou inachevés le brouillon dactylographié d'un ouvrage consacré à la philosophie historique de Raymond Aron. Le père Fessard, Normand, saisi par la vocation religieuse à l'âge de seize ans, théologien et jésuite ; Raymond Aron, philosophe, sociologue, économiste, juif assimilé par la France et se déclarant incroyant : deux amis. Deux amis liés par la réflexion philosophique, un mutuel respect, une profonde confiance, la plus parfaite discrétion. Le livre du père Fessard joue sur plusieurs niveaux. Le plus apparent est celui où il étudie, au fil des écrits successifs, l'évolution de Raymond Aron aux prises avec son propre « être juif » en face de l'État d'Israël et des menaces croissantes qui pèsent sur lui. Plus profondément, cette évolution apparaît à l'auteur comme une illustration particulièrement saisissante de « la condition historique », telle que Raymond Aron l'avait analysée dans sa thèse de doctorat, intitulée « Introduction à la philosophie de l'Histoire ». Cette évolution permet en même temps au père Fessard d'aller plus loin que la thèse, dans une direction où Aron refusait de s'engager. Enfin, au niveau le plus profond, le père Fessard trouve, dans le fait qu'Aron refuse théoriquement d'appartenir au « peuple élu » alors qu'il ne peut s'empêcher de vivre pratiquement sa « solidarité paradoxale » avec lui, la confirmation de sa propre conception théologique de l'histoire - naturelle, humaine, surnaturelle -, dominée par la dialectique du « Païen », du « Juif » et du « Chrétien ».
Condense cinquante ans d'une confrontation constante de G. Fessard avec Hegel et sa postérité chez Marx et Kierkegaard. « Copyright Electre »