Revue intermédialités - Intermédialités
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À la croisée du papier et du numérique, Intermédialités. No 20, Automne 2012 explore les nouvelles frontières de la création et de la recherche.
Comment le tiers transforme-t-il notre rapport aux œuvres et à la mémoire ? Ce numéro d’Intermédialités explore, à travers le cinéma et les médias, la place du tiers comme acteur, témoin ou médiateur.
Ce numéro spécial d'Intermédialités/Intermediality se penche sur les rapports qu'entretiennent les médias, le temps, et les différentes formes d'expression artistiques et culturelles. Notre réflexion part d'un point élémentaire : toute forme de communication médiée peut être entendue en termes d'espace et de temps. Qu'il s'agisse d'un contenu culturel donné, de la capacité qu'ont nos appareils d'arrêter le temps ou de le remonter, ou de la variété de développements liés à la culture digitale que nous avons pu concevoir, tout est intimement lié aux notions de temps. Avec les chaînes d'information en continu ou l'obsolescence programmée en tête, nous avons l'idée que le temps est restitué à la fois par et à travers les technologies médiatiques. Les contributions à ce numéro s'intéressent donc à un thème de recherche aussi vieux qu'excitant, mêlant la philosophie et les études médiatiques et cinématographiques à des travaux portant sur l'histoire, la géographie, les études sur les femmes et le genre, ainsi que le vaste domaine des études environnementales et écologiques. En réponse à deux articles proposés, un dossier spécial portant sur le travail du William Basinski, comportant une entrevue avec l'artiste, vient poser la relation entre les médias et la restitution du temps au coeur d'une pratique musicale.
Ce numéro d'Intermédialités propose d'examiner la relation dynamique entre formes de dissimulation et formes de détection. Sa prémisse est que le domaine du caché, et la façon de (se) cacher, se construisent en synergie avec les manières de percevoir, d'interpréter, de juger et de capter propres à un contexte et à une époque donnée. La dissimulation est une stratégie répondant à de multiples besoins : protéger ce qui est sensible, conserver un avantage stratégique, duper, éviter la réprobation sociale ou les sanctions. Ainsi, les arts de la dissimulation évoluent en fonction de l'avancée des techniques, mais aussi en fonction de l'évolution des normes sociales et des rapports de pouvoir. Les contributions de ce numéro abordent les diverses logiques de la dissimulation du point de vue des médias numériques, des études culturelles, du cinéma, de la photographie et de la littérature. Certaines adoptent une perspective historique pour éclairer le développement de ces formes, tandis que d'autres s'attachent à élucider les logiques, les tensions et les paradoxes du monde contemporain.
Depuis plus de 20 ans maintenant, l'intermédialité transforme la façon de penser les textes, tous médias confondus. Elle a provoqué de nouvelles synergies entre les disciplines, induit de nouveaux partages et emprunts méthodologiques, et permis d'établir de nouvelles lignes de démarcation entre les cultures universitaires. Pour souligner ses 15 ans, la revue Intermédialités propose « Cartographier (l'intermédialité) », un numéro qui fait le point sur les différentes conceptions que l'on se fait de l'intermédialité à l'international. Comment l'intermédialité permet-elle de distinguer les cultures universitaires ? Est-il possible d'unifier les conceptions que l'on se fait de l'intermédialité à partir des disciplines où elle apparaît plus ou moins incidemment (comme dans les études littéraires, les études théâtrales, les cultural studies, etc.) ? Ou sont-ce plutôt la langue et la tradition de recherche nationale qui sont déterminantes pour l'unité des conceptions que l'on se fait de l'intermédialité ? Quels sont les concepts communs que les domaines d'études émergents - en particulier celui de l'écologie des médias - doivent à l'intermédialité ?
Le terme reenactment désigne les phénomènes de recréation, de reconstitution, de reprise et d'autres formes de réactivation vivante d'oeuvres performatives du passé, d'événements historiques ou de pratiques culturelles. Son usage s'est récemment étendu aux objets technologiques et médiatiques. Il englobe désormais des phénomènes issus du théâtre, de la danse, des arts visuels, de l'histoire vivante, des expositions muséales, du cinéma, de la télévision, des jeux vidéo, des mondes virtuels, etc. Cette diversité indique l'émergence de nouvelles sensibilités historiques, de relations autres avec le passé. Elle oblige à adopter des approches interdisciplinaires et intermédiales. Comment comprendre les relations entre le reenactment, les médias, les technologies, les archives et les institutions ? De quelle manière aborder le corps qui refait, traversé d'affects et de mémoires kinesthésiques, aux prises avec ces appareils ? Selon quelles modalités les jeux de l'immersion et de la distanciation, de l'assujettissement et de l'agentivité opèrent-ils dans le reenactment en régime intermédial ? Ce sont ces questions que les auteurs explorent pour relever le défi de dire et faire ce qu'est refaire.