Sophie Toupin
Sophie Toupin
La Renaissance flamboie ! C'est l'époque des grands triomphes transposés sur les tentures : les châteaux, les grandes chasses, les invitations à la Cour, les voyages, toutes les scènes qui représentent la grandeur du roi de France. Les tableaux des peintres n'offrent plus les mêmes visages. Attitudes, gestuelles et postures ne sont plus celles du lointain Moyen-Âge. Les portraits des vierges, des sibylles, des muses, courtisanes et dames de Cour évoluent avec charme, sensualité et grâce. Alix s'en inspire. Tout y contribue, les toiles des grands maîtres, la conception des sculptures, la structure des tissages. Les arts, la mode, la musique, les plaisirs, les lectures s'ouvrent sur un autre monde. Alix et ses filles sont invitées à suivre la Cour du roi François 1er qui se propulse à travers la France. Sur les routes, c'est un interminable déploiement de splendeurs : mobilier, vaisselle d'or, habits d'apparats, tableaux de maître, bibliothèques et, bien sûr, les inséparables tapisseries royales. Les ateliers de dame Alix sont prospères. Rien ne la décourage. L'enthousiasme la guide et la porte au plus haut de ce qu'elle sait faire.
Ce numéro d'Intermédialités propose d'examiner la relation dynamique entre formes de dissimulation et formes de détection. Sa prémisse est que le domaine du caché, et la façon de (se) cacher, se construisent en synergie avec les manières de percevoir, d'interpréter, de juger et de capter propres à un contexte et à une époque donnée. La dissimulation est une stratégie répondant à de multiples besoins : protéger ce qui est sensible, conserver un avantage stratégique, duper, éviter la réprobation sociale ou les sanctions. Ainsi, les arts de la dissimulation évoluent en fonction de l'avancée des techniques, mais aussi en fonction de l'évolution des normes sociales et des rapports de pouvoir. Les contributions de ce numéro abordent les diverses logiques de la dissimulation du point de vue des médias numériques, des études culturelles, du cinéma, de la photographie et de la littérature. Certaines adoptent une perspective historique pour éclairer le développement de ces formes, tandis que d'autres s'attachent à élucider les logiques, les tensions et les paradoxes du monde contemporain.