Sebastien Fevry
Sebastien Fevry
Les films apocalyptiques soulèvent les questions des fins dernières. Cet imaginaire apocalyptique est ici étudié par des chercheurs de diverses provenances (spécialistes de l'expression artistique et théologiens), offrant une approche plurielle et critique, à la mesure de la richesse et des enjeux de ce type de cinéma. L'oeuvre de réalisateurs marquants (Tarkovski, Herzog, Kieslowski) est entre autres abordée.
Le présent numéro de la revue Frontières se penche sur le concept et les expériences de la solastalgie en les liant aux changements climatiques et aux inégalités sociales et géographiques subséquentes devant le deuil. Par conséquent, la solastalgie se conjugue ici au pluriel pour témoigner des manières différenciées de la vivre et de la penser. Le numéro accueille des articles provenant de plusieurs pays, en sciences sociales, en humanités environnementales, en histoire de l'art ainsi qu'en études des médias et de la communication afin de nourrir un regard transdisciplinaire et international sur le sujet. Partant de corpus ou de cas d'études empiriques ou artistiques, la variété des contributions publiées souligne l'étendue actuelle des recherches sur la solastalgie et sur le deuil écologique.
La nostalgie est devenue une ressource fondamentale de la culture médiatique contemporaine. Les séries télévisées au look rétro, l'amour du vintage et des meubles patinés, le déferlement du rétro-gaming ou encore les commémorations (muséales) d'un passé souvent idéalisé peuplent désormais notre quotidien. La nostalgie est pourtant bien plus qu'une simple rétrogradation temporelle, et c'est ce que les auteur·e·s de cet ouvrage entendent démontrer à travers des réflexions critiques et des cas d'études originaux et inédits. Comment comprendre la passion pour les photographies de maisons en ruines ? Qu'est ce qui nous pousse à regarder en boucle nos séries préférées ou celles de notre enfance ? Pourquoi écrire aujourd'hui une carte postale qui sera reçue en 2042 ? Voici quelques-unes des nombreuses questions auxquelles cet ouvrage collectif transdisciplinaire - le premier en langue française - propose d'offrir des pistes de réponse.
Depuis plus de 20 ans maintenant, l'intermédialité transforme la façon de penser les textes, tous médias confondus. Elle a provoqué de nouvelles synergies entre les disciplines, induit de nouveaux partages et emprunts méthodologiques, et permis d'établir de nouvelles lignes de démarcation entre les cultures universitaires. Pour souligner ses 15 ans, la revue Intermédialités propose « Cartographier (l'intermédialité) », un numéro qui fait le point sur les différentes conceptions que l'on se fait de l'intermédialité à l'international. Comment l'intermédialité permet-elle de distinguer les cultures universitaires ? Est-il possible d'unifier les conceptions que l'on se fait de l'intermédialité à partir des disciplines où elle apparaît plus ou moins incidemment (comme dans les études littéraires, les études théâtrales, les cultural studies, etc.) ? Ou sont-ce plutôt la langue et la tradition de recherche nationale qui sont déterminantes pour l'unité des conceptions que l'on se fait de l'intermédialité ? Quels sont les concepts communs que les domaines d'études émergents - en particulier celui de l'écologie des médias - doivent à l'intermédialité ?
Le terme reenactment désigne les phénomènes de recréation, de reconstitution, de reprise et d'autres formes de réactivation vivante d'oeuvres performatives du passé, d'événements historiques ou de pratiques culturelles. Son usage s'est récemment étendu aux objets technologiques et médiatiques. Il englobe désormais des phénomènes issus du théâtre, de la danse, des arts visuels, de l'histoire vivante, des expositions muséales, du cinéma, de la télévision, des jeux vidéo, des mondes virtuels, etc. Cette diversité indique l'émergence de nouvelles sensibilités historiques, de relations autres avec le passé. Elle oblige à adopter des approches interdisciplinaires et intermédiales. Comment comprendre les relations entre le reenactment, les médias, les technologies, les archives et les institutions ? De quelle manière aborder le corps qui refait, traversé d'affects et de mémoires kinesthésiques, aux prises avec ces appareils ? Selon quelles modalités les jeux de l'immersion et de la distanciation, de l'assujettissement et de l'agentivité opèrent-ils dans le reenactment en régime intermédial ? Ce sont ces questions que les auteurs explorent pour relever le défi de dire et faire ce qu'est refaire.