FeniXX réédition numérique (Seghers)
Découvrez l’univers flamboyant de Miguel Angel Asturias, prix Nobel de littérature, à travers le regard expert de Claude Couffon.
Jean Blot explore l’œuvre et la vie de Marguerite Yourcenar, première femme élue à l’Académie française, à travers ses traductions, ses voyages littéraires et ses chefs-d’œuvre comme Mémoires d’Hadrien.
Bonjour et adieu à la négritude marque un tournant dans la pensée de René Depestre : après des décennies de combat pour la dignité noire, l’auteur haïtien propose une réflexion audacieuse sur l’après-négritude.
Entre mémoire et poésie, Cendres et reflets de Katia Granoff invite à une méditation lyrique sur le temps, l’exil et la beauté.
Brazzaville, années 1960 : Raymond Poaty, juge intègre, voit son monde basculer face à une série de crimes rituels. Entre tradition et modernité, ce roman puissant interroge la justice, le pouvoir et l’identité d’une Afrique en pleine mutation.
1966, Marseille. Un oratorio biographique et poétique, joué devant 600 spectateurs, où Dominique et Élisabeth s’aiment dans un monde onirique.
Découvrez Hexagoneries, un recueil d’humour et de finesse où Roland Bacri passe au crible les travers et les charmes de la France.
Dans un café-tabac devenu univers et une grotte aux stratagèmes mystérieux, Histoires en forme de trèfle mêle humour, poésie et absurdité.
Kamikaze Galapagos plonge le lecteur dans l’univers tourmenté et poétique d’un jeune homme en révolte contre un monde qui l’étouffe.
Entre rêve et réalité, Les hautes erres de Roger Kowalski invite à une exploration poétique où la forêt devient le théâtre d’une quête intime et mystérieuse.
Décryptez la pensée d’un des plus grands philosophes du XXe siècle à travers l’analyse rigoureuse de Gilles-Gaston Granger.
Congo, années soixante, après la colonisation. Le juge Raymond Poaty mène à Brazzaville, avec sa femme et ses enfants, une existence paisible. Mais un jour, il se trouve aux prises avec une mystérieuse affaire de crimes en série, dont les cadavres - des jeunes filles - présentent les mêmes caractéristiques. En homme averti, il reconnaît là, sans hésitation, un sacrifice rituel magique destiné à conférer le pouvoir absolu à un homme peu scrupuleux. C'est la première faille dans sa conception de la justice : quel procès instruire dans cette affaire où, s'agissant de magie, tout le monde demeure muet ? Et, s'il le pouvait, ne serait-ce pas une manière de trahison à l'égard des traditions dont il relève, lui aussi ? Avec poésie, et une verve sans pareille, Tchicaya U Tam'si décrit cette société africaine des lendemains de l'indépendance, qui cherche douloureusement un équilibre, hésitant entre tradition et héritage colonial. Dans ce monde incarné par des personnages magiques, drôles et parfois dérisoires, c'est l'Afrique tout entière qui vibre et nous émeut.
L'histoire commence dans le Sahel. La sécheresse est impitoyable et les hommes partent avec le troupeau vers les pâturages du Sud. Ils ne reviendront plus. Les femmes peules, les femmes bellahs, les femmes touaregs, sortent de la tente à leur tour. Elles entament une longue marche vers Mangalor, la ville au bord de la mer. Tandis qu'elles cheminent, que se passe-t-il à Mangalor ? Dans cette cité africaine, une seule question domine l'actualité : « Mathias, le fossoyeur, va-t-il devenir directeur général des Pompes Funèbres ? » Une question de taille, car, dans ce pays qui se meurt au soleil, l'entreprise connaît un essor prodigieux. Le journaliste Philippe Prébot arrive alors de Paris. C'est l'ami de Mathias, il l'avait connu quand celui-ci était fossoyeur au cimetière du Père Lachaise. L'aventure commence : il va assister aux étapes de la conquête du pouvoir par l'employé des Pompes Funèbres. Maintenant il faut marcher avec les femmes du désert, flâner avec le peuple de Mangalor, suivre Mathias dans ses virées nocturnes. Le merveilleux côtoie le cynique, les traditions se heurtent à la soif du pouvoir. La séduction et les plaisirs se mêlent dans un ballet joyeux et sauvage.
« Mon père disait : tu verras le pays chaud comme une patate douce, avec des femmes chaudes, les seins nus, des femmes aux seins pointus, aux seins arrogants, elles te feront boire des éclairs de soleil et t'appelleront grand frère ». Les souvenirs et la nostalgie de ce père ont nourri au fil des ans l'enfant noir né à Villacoublay. Jeune homme, il se rend pour la première fois sur cette terre d'Afrique qui est aussi la sienne. Héritier de deux cultures, comment va-t-il trouver le pays de ses ancêtres ? L'Histoire a parfois des accélérations qui projettent les destinées dans un tourbillon de vertiges. Il va vivre ce tourbillon en compagnie de Germaine, au milieu des déchirements et des conflits politiques. C'est un roman de l'Afrique d'aujourd'hui. Face à son destin, jamais la femme noire n'a été ainsi magnifiée dans sa douleur et dans ses espoirs. Elle est là qui témoigne pour toutes les femmes. Finalement, se dessine une Afrique vue de l'intérieur, loin des images d'Épinal des dépliants touristiques. La sincérité du récit bannit toute complaisance. Ce sont les joies, les peines, les rites, les espérances et parfois le désespoir de tout un peuple. Au long du chemin, il y aura Germaine, la femme-symbole... Comme il est écrit : « Elle est la terre, elle est l'arbre, elle est le ventre où vient dormir les soirs de pleine lune l'esprit du pays ».
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
La petite Mélody vit à Casablanca une enfance heureuse aux yeux du monde, mais minée par une atmosphère familiale où l'enfant décèle des failles profondes et pour elle incompréhensibles. Elle connaît ses grands-pères, mais ignore tout de ses grands-mères. L'une débarque un jour d'Amérique, apparition brève, car elle va mourir, mais étrange, fascinante, obsédante. Pourquoi la famille occulte-t-elle cette grand-mère d'Amérique ? À l'affût du moindre signe, Mélody cherche, et trouve : sa grand-mère est juive. Et, peu à peu, se reconstitue la vie de cette femme exceptionnelle. Qui est la femme de Mazagan ? Née en Pologne à la fin du siècle dernier, elle fait des études à Saint-Pétersbourg, qu'elle doit fuir pour des raisons politiques. Elle étudie la médecine à Paris et à Montpellier, épouse un médecin de petite bourgeoisie réunionnaise, rêve au destin de Pierre et Marie Curie, installe finalement sa famille à Mazagan au Maroc pour y exercer, avec un dévouement extraordinaire, son activité de médecin colonial au service de la communauté arabe. Une révolutionnaire, une féministe, une juive libre penseuse, une petite-bourgeoise et une grande dame, elle est tout cela à la fois. Elle finit par être rejetée et rayée des mémoires, comme elle l'a été de l'ordre des médecins par le gouvernement de Vichy. Récit d'une enfance pied-noire au Maroc, le « pays fortuné », et de la vie mystérieuse d'une grand-mère au destin superbe et tragique.
Robin Le Bouc est mort. En attendant sa mise en bière, sur son lit de mort, cet homme étrange garde la conscience et la mémoire du temps où il n'était qu'un paysan... pas tout à fait comme les autres car on le disait sorcier ! D'ailleurs sa mort n'est peut-être pas aussi naturelle qu'il y paraît. Par son regard aigu, à travers ses rancunes et ses haines, se dessinent la vie d'un village et de ses habitants, la chronique des fermes alentour, confrontées aux maladies du bétail, aux calamités du ciel, aux remboursements du Crédit Agricole, tout un monde clos, que la modernité effleure sans modifier ses habitudes, qui croit aux jeteurs de sorts et aux vertus des désenvoûteurs. Du fond de son cercueil, soulagé du poids du regard des vivants, Robin Le Bouc lâche la bonde à ses souvenirs, ouvre des fenêtres sur une France rurale traditionnelle et truculente, le temps d'une séance de conseil municipal, d'une partie de chasse, d'une crise de sorcellerie qui secoue deux familles et que la mort du présumé sorcier ne conclut pas. Se pose alors la question de la passation des pouvoirs... Car le doute plane. Robin Le Bouc est-il véritablement sorcier ou seulement victime de sa clairvoyance ?
Ces neuf nouvelles de Georges Kolebka pourraient passer pour un petit guide de nos mélancolies hexagonales. C'est un voyage indiscret dans les pensées les plus intimes de toute une galerie de personnages apparemment « normaux », tels qu'on en rencontre tous les jours dans notre aimable civilisation urbaine : un médecin dépressif que dépriment les dépressions de ses patients, un industriel sadique et des cadres frustrés, un maniaque de la propreté dont la femme brouette des monceaux de détritus, un peintre atrabilaire, un amateur d'art ulcéreux, des dames flatulentes, des messieurs impuissants, un chercheur monomane, un couple obsédé par la charité, des amants programmés... Ce petit florilège des maux de notre temps, loin d'être déprimant, se révèle tonique, puisque l'humour, on le sait, même le plus grinçant, est le meilleur remède à la neurasthénie.
Des poèmes basés sur le rythme et la musique. « Copyright Electre »
Un héros réticent, un livre qui résiste : Jette ce livre avant qu’il soit trop tard défie le lecteur avec humour et ironie. Marcel Bénabou, membre éminent de l’Oulipo, transforme la lecture en un jeu littéraire aussi drôle que subversif.
Deux visages d'une égale beauté, la mère et la fille, et pourtant, des siècles les séparent. Kesso est née dans un autre monde. Un royaume de rêve, le Fouta-Djalon, au coeur de la Guinée. Un peuple de légende, les Peuhls. Une famille puissante, celle de l'Almamy, souverain du pays. Et une exquise petite princesse, aussi jolie que malicieuse, qui se promène pieds nus en robe de Christian Dior, accompagnée de sa gazelle apprivoisée. Elle fait mille sottises. On lui pardonne tout, même ses pires insolences. Une enfance qui est comme un conte. Mais un conte sans fée : très tôt, Kesso se heurte aux dures conventions de cette société musulmane quasi féodale. D'enfant insupportable, elle devient une adolescente révoltée ; elle exige, contre la coutume, d'aller à l'école. À douze ans, après une excision dramatique, elle part seule pour Dakar. À quinze ans, plutôt que de se laisser imposer un mari, elle le choisit. Mais la condition de la femme traditionnelle qu'elle a voulu fuir la menace plus que jamais. Pour affirmer son indépendance et son caractère de feu, elle divorce et devient sténodactylo. Et puis la chance lui sourit à nouveau : Kesso épouse l'homme qu'elle aime, un industriel français, et. s'installe à Paris. Elle en deviendra un des plus célèbres mannequins, fêtée et adulée partout. Cette vie étonnante et merveilleuse, Kesso la retrace dans cette confession impudique et vibrante. Du Fouta-Djalon au faubourg Saint-Honoré, quel chemin pour celle que l'on a appelée « la petite princesse révolutionnaire » !
Un immeuble à moitié désert sur la ligne de démarcation qui divise une ville en deux. La guerre civile ayant pris fin, les habitants de cet immeuble se sentent oubliés, abandonnés. Le secteur chrétien leur tourne le dos, le musulman se méfie d'eux, ils hébergent un franc-tireur sur leur toit. Ils ont la nostalgie des années de guerre. Ils se trouvaient alors aux premières loges, les combats les plus meurtriers se déroulaient sous leurs balcons. L'histoire mettait en scène des carnages pour les distraire. Le lendemain de son accouchement, Flora, la femme chrétienne, franchit la ligne de démarcation, abandonnant son mari, ses enfants, son bébé pour rejoindre, dans sa maison, le notable musulman. Tout est soudain déchiré. Le secteur chrétien, humilié, crie vengeance, le secteur musulman n'a que mépris pour la femme adultère. Dans les murs éventrés par les bombes se faufilent le désordre et l'amour.
Il n'est pas malséant d'évoquer la « guerre d'Algérie », ni malsain d'avoir pu biaiser avec elle et de le dire. Pourtant ce roman est sacrilège. Il fabrique de la littérature avec la guerre et met la démission en poésie. En fait, il recherche, préserve, utilise toutes les ressources de la distance. Car il n'y a pas de littérature d'écorché-vif ni de poésie sans mise en formes. Autant pousser au plus loin, comme on se lave les mains des crimes commis par d'autres. « Comme » Ce roman est écrit sur « comme », sur l'oubli recherché, sur le sable et le vent, peut-être déjà sur le pardon. Deux enseignants d'Alger se retrouvent, à dix ans d'intervalle, un poète à sonnets, un philologue à étymons. Il y a leur discussion en 1971, dans ce café cerné de vitres et de souvenirs. Il y a surtout la pensée de l'un d'eux qui vagabonde, par-delà la conversation, dans les années 58-61, parfois même avant, au gré des chemins imprévus de la mémoire. Dialogues et monologues intérieurs alternent dans ce texte, comme l'italique et le romain des caractères, pour construire un objet littéraire, volontairement marqué de motifs qui s'entrelacent. Quelle est cette morte qui en fait la « source » : l'amour de l'Autre, la rencontre des cultures, l'Algérie ? Le tutoiement du monologue devient accusateur... Antithèse ambiguë et perverse de la guerre, ce roman chante en sourdine la désobéissance. M.J.
Né à Paris, Paul Gilson a quarante-six ans. Dès 1928, il débute dans la presse, en dirigeant la page de l'écran d'un quotidien et fait partie de la première équipe de la Revue du Cinéma. Par la suite, il se consacra à des petites enquêtes, qui le mènent aussi bien dans un village de Lilliputiens qu'à l'Académie de Magie, et à des grands reportages qui l'entraînent tour à tour en Afrique, en Amérique, et dans tous les pays de l'Europe. Entre deux voyages, il publie "La traversée de miroir", une traduction de l'oeuvre de Lewis Carroll. Adjoint au rédacteur en chef de Radio-Luxembourg vers 1936, Paul Gilson figure parmi les producteurs du « Banc d'essai », dont les programmes sont voués aux recherches radiophoniques. On lui doit, entre autres, dans cette série : "Les voix en peine" et "Le congrès des automates". En 1942 et 1943, le C.A.T.J.C. de Nice lui permet de tourner des films, où le documentaire se mêle à la fiction, tels que "Mémoires des maisons mortes", dont il est à la fois le scénariste, le metteur en scène et le commentateur. Au lendemain de la Libération, Paul Gilson devient délégué de la Radiodiffusion française aux États-Unis et, depuis la fin de 1946, assure la direction des services artistiques de la R.D.F. (« par goût de l'insolite » affirme Fernand Pouey dans le « Dictionnaire des contemporains »). Quel que soit le mode d'expression qu'il adopte, l'auteur de "Merveilleux" ne vise que la poésie. En témoignent une histoire pour enfants comme "La boîte à surprises", une pièce de théâtre comme "L'homme qui a perdu son ombre", inspirée du récit de Chamisso, et son dernier ouvrage intitulé "Ciné magie", à propos duquel René Clair écrit que « Paul Gilson voit le réel et le transforme en illusion d'optique ». On trouvera, groupés dans le présent recueil : À la vie à l'amour, Au rendez-vous des solitaires et Ballade pour fantômes, les poèmes pour lesquels le prix Guillaume Apollinaire lui a été attribué, en 1951, à l'unanimité des voix du jury.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
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