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Cet ouvrage explore les racines de la haine du féminin, ses manifestations contemporaines et ses conséquences sur les individus et les sociétés Des exemples historiques, des analyses psychanalytiques, un regard sur la littérature, l'art contemporain et une réflexion sur les dérives actuelles, Dans un langage accessible, une interrogation actuelle sur un phénomène insidieux, parfois décomplexé, prenant même de l'ampleur chez les jeunes générations. Rappels de quelques chiffres : en 2023 en France, 373 000 femmes se sont déclarées victimes de violences physiques et ou sexuelles au sein du couple, 94 000 ont été victimes de viols ou tentatives de viol, 1185 femmes victimes de féminicide au sein du couple de manière directe ou indirecte (93 victimes de féminicide, 319 victimes de tentative de féminicide et 773 femmes victimes de tentative de suicide suite au harcèlement du conjoint).
Dans cette édition augmentée et remise à jour de son célèbre ouvrage 3-6-9-12, Serge Tisseron poursuit son combat pour construire ensemble une société connectée, responsable et créative. Il prend en compte l'usage de plus en plus précoce des nouveaux réseaux sociaux chez les jeunes et expose les recherches les plus récentes concernant nos usages des outils numériques. Tous les domaines en sont bouleversés : le rapport aux savoirs et aux apprentissages, la construction de l'identité et les formes du lien social. Nos enfants doivent apprendre à utiliser ces outils pour démultiplier leurs possibilités d'agir sur le monde et éviter leurs usages problématiques. Pour cela, il est indispensable de les introduire dans leur vie au bon moment et de la bonne façon. Ces nouvelles balises 3-6-9-12+ aident les parents et les éducateurs à y parvenir.
L'avis des professionnels et celui des parents sur l'exposition des jeunes enfants et des adolescents aux écrans mérite d'être éclairé par une synthèse des études internationales les plus récentes. Les autrices proposent dans cet ouvrage de clarifier le débat et de fournir des données solides et comparées chez le petit 0-4 ans et les adolescents.
Des situations concrètes que l'autrice a rencontré avec ses « petits patients » : bien qu'il puisse ne s'agir que d'anecdotes, de nombreux mécanismes importants pour la construction de la personnalité de l'enfant s'y jouent : son identité, sa confiance en lui et en les autres... Des ressources afin de discuter de la journée passée ensemble et d'être en mesure d'apporter un soutien à l'enfant. Des pistes pour faire face aux situations quotidiennes en classe, à la cantine, dans la cour de récréation, avec les camarades de classe et les adultes de l'école. Des jeux et des activités pour l'aider à prendre confiance en lui, à exercer son esprit critique, à consolider son « assise » sociale. L'agressivité exprimée dans les relations sociales aujourd'hui nécessite pleinement la vigilance et l'accompagnement parental sans tomber dans le piège de la surprotection, inhibitrice et insécurisante pour l'enfant.
Un ouvrage richement illustré Lire l'entretien avec Michèle Forestier (propos recueillis par Audrey Minart) De la naissance aux premiers pas : laissons les bébés bouger ! Stimulés ou pas, tous les bébés en bonne santé parviennent à marcher, sans que l'on ait besoin de leur apprendre. Toutefois, l'attitude des personnes qui les entourent peut favoriser ou freiner l'installation d'une bonne motricité. Forte de son expérience de kinésithérapeute, l'auteur répond aux nombreuses questions que se posent les parents et les professionnels de la petite enfance : Le passage par le quatre pattes est-il important ? Faut-il aider le bébé à se mettre debout ou à marcher ? Doit-on s'inquiéter d'un petit retard d'installation de la marche ? Comment faire face à un bébé en difficulté ? Cet ouvrage vivant et pédagogique, largement illustré de photos et de dessins, incite à mieux observer les tout-petits, à s'émerveiller devant leurs exploits moteurs, mais aussi à agir au bon moment en cas d'inquiétude. Il propose des conseils pour la vie quotidienne, pour le choix du matériel et des objets à mettre à disposition, mais aussi des jeux moteurs simples, faciles à partager, afin de donner au bébé toutes les chances d'être à l'aise dans son corps avant de savoir marcher. Une affiche (format A3) est disponible sur demande à : [email protected]
La question qui est au coeur du livre est la suivante : comment nous formons-nous nos opinions ? Pourquoi partageons-nous telle ou telle valeur ou croyance ? Le recours à la psychanalyse, au croisement avec l'anthropologie de la parole et du débat, permet d'y répondre concrètement. Philippe Breton propose une approche transversale en liant la psychanalyse et l'anthropologie de la parole pour éclairer la genèse de nos convictions. Un éclairage original qui dépasse le simple cadre de la sociologie politique pour explorer l'intime. L'ouvrage analyse comment la capacité à débattre et à forger des avis "souples" agit comme un régulateur de nos pulsions archaïques. Une réflexion essentielle sur la fonction civilisatrice du dialogue dans une société sous tension.
En psychanalyse comme ailleurs, il n'y a technique qu'au regard d'une finalité. Quelle est la finalité de la cure et des traitements d'inspiration analytique ? Cet ouvrage retrace les grands enjeux de la méthode analytique et donne un aperçu de sa diversité. La technique n'est pas une, mais multiple. Si elle garde une fonction essentielle, celle de protéger l'analyse et l'analyste contre les fantasmes de toute puissance, elle n'est pas soluble dans la seule question du cadre (horaire, régularité, paiement). Le développement, à partir de la psychanalyse, de nouvelles pratiques - psychothérapies, analyse d'enfant et de famille, psychodrame, traitements de groupes - suscite des réflexions et des approfondissements. Les auteurs qui ont expérimenté divers dispositifs, en libéral ou en institutions, montrent comment ces évolutions enrichissent et questionnent les fondements théoriques de la discipline. Ils témoignent de la vitalité d'une pensée toujours en mouvement.
Si la notion d'alliance thérapeutique est aujourd'hui mise en avant par beaucoup de paradigmes psychothérapeutiques, le concept de transfert reste en revanche fortement associé à la psychanalyse, malgré, du reste, son utilisation croissante dans d'autres approches. Initialement conçu par Freud de manière négative comme fausse liaison entravante, déplacement indu sur la personne du thérapeute, il s'est rapidement trouvé - en particulier du fait de son association avec le contre-transfert - reconnu comme l'opérateur principal de l'efficacité du processus analytique. C'est ce concept-clé dont l'ouvrage cherche ici à cerner la grande actualité clinique, en montrant la variété des contextes dans lesquels il est utilisé aujourd'hui, et la manière dont il y constitue une boussole plus valable que jamais, à condition d'être approché à partir du contre-transfert.
Crises sanitaires, urgence écologique, tensions sociales, épuisement psychique : jamais la question du sens du travail n'a été aussi présente dans les discours publics, professionnels et politiques. Mais que recouvrent exactement ces inquiétudes ? À quelles conditions le travail peut-il encore faire sens aujourd'hui ? Pour dresser un état des lieux des recherches pluridisciplinaires sur le sujet, une quarantaine de chercheur·es ont mis en commun leurs enquêtes de terrain menées auprès d'une grande diversité de femmes et d'hommes issus de domaines professionnels variés (agriculture, artisanat, enseignement, industrie, économie sociale et solidaire, spectacle vivant, service public...). Si les travaux présentés sont centrés principalement sur le travail salarié ou en emploi, ils explorent également ses liens avec d'autres pratiques, qu'elles soient bénévoles, domestiques, sportives ou culturelles. Destiné à devenir une référence, cet ouvrage analyse finement les transformations contemporaines du travail, c'est-à-dire des rapports orageux entre emploi, métier, activité concrète et production. En croisant les différentes dimensions de la construction du sens du travail, il met en lumière la complémentarité des regards, identifie les controverses en cours ou à poursuivre, et dessine des pistes d'action ouvertes par ce vaste chantier d'une vive (et parfois douloureuse) actualité. en sociologie, psychanalyste et enseignant à Sciences Po. Fondateur d'une association de psychanalyse en Seine-Saint-Denis.
Les conférences de Freud de 1915, Introduction à la psychanalyse, les seules jamais prononcées dans le cadre d'un enseignement suivi, lui permirent de revenir sur l'ensemble du corpus théorique qu'il avait établi. Ainsi, il tentait de le mesurer à un auditoire. Charles Melman reprend à son compte cette même démarche en mettant à l'épreuve de la clinique quotidienne le retour à Freud opéré par Lacan. La méthode choisie est simple : elle vérifie la doctrine par des travaux pratiques (rêve, lapsus, névroses...). De chapitre en chapitre, il commente librement le texte freudien en se penchant sur des faits, des épisodes, des anecdotes dont il éclaire la logique grâce aux catégories lacaniennes. La thèse majeure est que la lettre est dans notre culture cette « molécule de libido », signe du désir refoulé d'un sujet de l'inconscient. Certains rêves de Freud, l'oubli du nom propre Signorelli, mais aussi bien l'égoïsme du rêveur, la prétendue « méchanceté de l'enfant », le nom propre, la figure du père chez Freud, l'expression « un jour de neige », sont examinés avec précision dans cette perspective. Autant de détails qui font le quotidien de la cure.
Publié en 1943, pendant la Seconde Guerre mondiale, Le Petit Prince reste, aujourd'hui, le plus grand succès planétaire après la Bible, lu par toutes les générations sur tous les continents. En mobilisant la psychanalyse et la sociologie, David Muhlmann tente de comprendre les raisons de son audience universelle. Derrière son apparente simplicité, ce texte continue d'interroger profondément notre rapport à l'existence, aux autres et au pouvoir. Puisqu'il interpelle l'âme humaine, que peut-on en faire et en dire aujourd'hui ? Assumant l'anachronisme de son analyse, l'auteur propose de le lire comme une ressource pour penser notre monde commun, un véritable exercice de conscience collective. Dans un contexte marqué par le retour de la guerre et des tentations autoritaires, cette oeuvre sensible pourrait bien continuer de nous orienter.
L'autrice invite à dépasser les stéréotypes liés à l'âge et à reconnaître la richesse sociale, humaine et citoyenne des retraités, sans idéaliser ou nier les défis de l'avancée en âge et à parler de ce qui relie les générations notamment à travers la thématique de la transmission. L'idée est d'offrir des pistes de réflexions et d'actions pour vivre pleinement chaque étape de vie en se basant notamment sur les études sociologiques menées par l'autrice auprès des retraités et de se questionner sur les enjeux de la société de la longévité. Elle apporte une approche incarnée et accessible de la sociologie. Préface de Marie de Hennezel (psychologue clinicienne et écrivaine, engagée sur les questions du bien vieillir et de la fin de vie).
La psychothérapie institutionnelle a fondé la psychiatrie humaniste du XXe siècle en liens étroits avec la psychiatrie de secteur. Dès son origine, elle s'est appuyée sur le concept de complexité. Les deux jambes, psychanalytique et politique, proposées par Tosquelles pour métaphoriser l'articulation nécessaire des réflexions portant sur l'aliénation psychopathologique et sur l'aliénation sociale n'en sont qu'un premier maillon. Pierre Delion met en lumière les autres trouvailles théoriques et cliniques de ce mouvement au service de la qualité des soins psychiques. La psychiatrie est aujourd'hui en péril et, comme toujours dans cette branche très singulière de la médecine, l'état de la société - notamment de la démocratie - a des conséquences sur les pratiques et les modalités des soins psychiques. Une tendance forte domine les réflexions actuelles, celle du primat des neurosciences sur toutes les autres sciences humaines, et particulièrement de la psychopathologie transférentielle. Afin de battre en brèche cette position idéologique, l'ouvrage présente nombre d'expériences et de réflexions issues de multiples champs connexes, qui permettent de penser la maladie mentale dans sa complexité, en sortant de la résolution univoque apportée par la génétique et les neurosciences. A ce titre, l'auteur retrouve dans les travaux d'Edgar Morin une possibilité d'en généraliser les hypothèses et les positions éthiques.
Jusqu'ici, la différence des sexes était fondatrice. Il s'agissait sur cette base de conquérir une identité sexuée. Aujourd'hui, les nouvelles théories du genre viennent mettre en question ce processus. Elles interrogent nos représentations et bousculent nos standards. Cela déstabilise les parents autant que les professionnels. Certains parents ne souhaitent plus nommer le sexe du bébé, d'autres lui donnent un prénom qui n'oriente pas une destinée de genre. Mais quelles sont les réponses du bébé ? Comment le tout-petit se débrouille-t-il avec son corps, son image et l'assignation d'une nomination ? La naissance du psychisme, avec ses rendez-vous fondateurs à ne pas manquer, offre peut-être une clé susceptible d'orienter ce questionnement. Car si le bébé ne se construit pas tout seul, il n'est pas non plus le produit exclusif du discours de l'autre et des normes sociétales. L'autrice invite à replacer le bébé au coeur d'une controverse qui le concerne directement pour interroger le développement du tout-petit et les processus d'identification de genre.
"Dans un monde imprévisible où les orages sont souvent promis, comment ne pas céder à l'angoisse, à la dépression, au découragement, à l'addiction qui se généralise ? Comment répondre aux multiples interrogations et problèmes auxquels l'homme moderne et notre culture sont confrontés aujourd'hui ? Jean-Luc Cacciali a demandé au psychanalyste Charles Melman de nous aider à le faire. À partir d'exemples cliniques individuels et collectifs précis, il apporte des réponses précieuses aux multiples interrogations et problèmes auxquels l'homme moderne est confronté aujourd'hui : le patriarcat et le père, la sexualité désubjectivée et désacralisée, l'identité, l'autorité et la crise de la représentation, le lien social et la violence, la ségrégation, les nouveaux moyens de communication, l'addiction, la pulsion de mort..."
« On ne possède jamais qu'une seule mère » écrit Freud : la mère des commencements, unique, idéale, divine apparaît en majesté pour être brutalement rabaissée par la sexualité, et ce passage de l'idéal à la déception trouve paradoxalement une voie de compatibilité grâce au clivage entre « la maman et la putain ». On ne peut donc pas abandonner l'idée des mères au pluriel, même lorsqu'elles se révèlent contradictoires, à l'instar de la bigarrure de la psyché si chère à Freud ! Bonnes et mauvaises, incestueuses et meurtrières... Aimantes, haineuses ou indifférentes, trop près ou trop loin, toujours là, jamais là, déprimées ou paranoïaques, mélancoliques ou maniaques, possessives ou négligentes... Mieux ou pire encore, la même mère peut être plurielle, selon les lieux et les moments. Où sont les mères aujourd'hui ? À qui appartient le maternel ? Sur quelles scènes les identifications et les choix d'objet qui en dépendent peuvent-ils se déployer ? Quels écarts et quelles convergences se révèlent entre la réalité matérielle - sociale, culturelle, historique - et la réalité psychique, celle des rêves et des fantasmes, celle du transfert et de ses surprises : mères de transfert ou transferts de mères ?
Si n'importe qui peut « faire éduc » tout le monde ne peut pas « être éduc » ! Philippe Gaberan dans cet ouvrage, encourage les acteurs de l'éducation spécialisée à reconquérir la reconnaissance légitime de leur métier en le rendant visible et lisible. L'éducation spécialisée est un « art » de l'accompagnement aux tout petits riens du quotidien, soutenu par une science de l'éducation.
Savoir si leur enfant parlera ou non est une question essentielle et lancinante pour les parents d'enfants autistes. Trois problématiques sont explorées par les auteurs : quels sont les chemins qui mènent au langage, quels sont les différents types de langage (verbal ou préverbal), quel est l'au-delà du langage ?
Les liens fraternels sont fascinants : ils ont à la fois une nature irréversible, aux plans biologique et légal (on ne divorce pas de ses frères et soeurs) et un caractère optionnel (à l'âge adulte, chacun peut choisir de rompre avec sa fratrie). A l'aide de nombreuses références littéraires, cinématographiques et des récits cliniques, l'auteure explore ce lien singulier, entre enfants d'une même fratrie ou issus de familles recomposées, qui se développe dans le temps. Elle montre l'importance d'en prendre soin parce qu'il est le lien le plus long de notre existence, qu'il peut se révéler une incroyable ressource ou représenter un haut lieu de souffrance. Dans tous les cas, il a un impact sur les relations que nous allons créer au cours de notre vie : couple, amitiés, relations professionnelles, parentalité. Semer des graines de confiance dans l'enfance, favoriser un lien direct et non médiatisé par l'adulte, laisser une chance au potentiel de ce lien, font partie des attitudes parentales constructives. Par la suite, identifier ses propres blessures et attentes, et prendre le risque de les dire au bon endroit, à la bonne personne, permet aux frères et soeurs de s'individuer, d'assumer la responsabilité du lien qui les unit et d'initier un dialogue au service des générations futures.
« J'ai fait mon analyse avec Lacan dans les années 1970. Quarante ans après sa mort, j'ai eu envie de revenir sur ce qui s'était passé au 5 rue de Lille. Si mon travail avec Lacan ne m'a pas définitivement délivrée de l'angoisse, il a changé ma vie. Lacan a éclairé ma route en permettant à une descendante d'immigrants libanais, victime de la xénophobie des autres et de la sienne propre, de s'accepter enfin. Il n'était pas guidé par le temps de Kronos, celui de la durée qui s'écoule, mais par celui de Kairos, moment fugace où se présente une opportunité qu'il faut savoir saisir. En empruntant cette voie, aujourd'hui encore controversée, Lacan a bouleversé la psychanalyse et lui a rendu la virulence de ses débuts. Je ne me souviens pas de tout ce qui s'est passé pendant l'analyse. Mais ce qui a été décisif, je ne l'ai pas oublié. J'ai même conservé de certains faits une mémoire photographique. »
La philosophie et la psychanalyse sont souvent envisagées comme plus ou moins incompatibles. Néanmoins, on peut et doit montrer, à partir de lectures argumentées confrontant les oeuvres de Freud et celles de philosophes comme Spinoza et Hegel, que celles-ci s'éclairent et se complètent, assurant à l'investigation psychanalytique sur les plans théoriques et cliniques des avancées non négligeables.
Après De l'art d'élever des enfants (im)parfaits (érès, 1001BB, 2018), Comment survivre à ces enfants ? Ce que la parentalité positive ne vous a pas dit (érès, 1001BB, 2019), Patrick Ben Soussan rappelle que la plupart des conseils en parentalité ne résistent pas à l'épreuve du quotidien et qu'à force de développer des « techniques parentales », on va en arriver à faire de ce « métier », un job impraticable. En persuadant les parents qu'ils doivent continument se former - être des parents « outillés », plus équipés, plus informés -, se perfectionner, travailler sur eux, seuls dans leur coin bien entendu ou devant leur écran, on en rajoute à leur anxiété, leur peur de mal faire, leur culpabilité. Et on se dédouane de tout ce qui est de nature à questionner la place de l'enfant dans la collectivité, question politique s'il en est : quid des heures de trajet, du travail éreintant, de l'inflation, de la malbouffe, de la société de consommation, des places en crèche... On prolétarise les parents, on en fait des usagers comme les autres d'un système, en leur promettant une vie parentale sereine et tempérée, des enfants bienheureux et épanouis... s'ils font comme on dit. Vous l'avez compris, ce discours sur la parentalité est un discours d'ordre public qui prend aujourd'hui place au sein de débats sécuritaires ou moralisateurs. Il est temps de vous penser, les parents, comme une ressource et non comme un risque, accepter l'enfant comme un trouble, un désordre réjouissant dans nos vies lustrées, l'établir non comme un problème à résoudre mais une ouverture à être !
Trop souvent supposée comme allant de soi, la dimension sociale des problématiques cliniques est ici explorée et approfondie. Dans un contexte de transformations profondes des institutions de soin, de la pression constante de faire plus avec moins de moyens (de financement, d'effectif) et de fragmentation du lien social, cet ouvrage s'inscrit dans une démarche à la fois clinique et politique.
Le quatrième trimestre de la grossesse désigne les premiers temps du post-partum : bébé vient de naître et ses parents commencent avec lui la plus surprenante et la plus généreuse des aventures humaines. Beaucoup d'informations sont désormais disponibles, mais quand le langage courant et les routines de soins sont en décalage avec les connaissances récentes, ces premiers moments peuvent devenir un véritable casse-tête. Quel que soit le sujet -proximités, alimentation, pleurs, sommeil, hygiène-, les explications et les conseils parfois contradictoires, incomplets ou péremptoires, génèrent un niveau d'incohérence phénoménal et fragilisent les boussoles parentales, alors qu'ils font déjà face à tant de défis.
Alors que notre monde semble irrémédiablement attiré à nouveau par les sirènes des régimes autoritaires, sinon totalitaires, il est primordial de montrer que les métiers de la relation en général et de la pédopsychiatrie en particulier, ne peuvent s'exercer que dans un cadre démocratique préservant leurs approches humaines singulières. À partir d'exemples de dérives de la pédopsychiatrie (autisme, hyperactivité, protection de l'enfance...), Pierre Delion alerte sur la façon dont cette discipline est en passe de se résumer à l'application de protocoles vidés de leur humanité. Pour habiter pleinement la relation humaine et répondre aux grandes questions existentielles que posent les enfants d'aujourd'hui, il est nécessaire de disposer d'une entière liberté de la pensée, de la parole et des pratiques, qui seule permet de s'adapter à chaque cas et de construire des solutions innovantes. Or, le pouvoir médical a été rapté par les sciences dures sous le prétexte de leur evidence based medicine et les sciences humaines sont jugées obsolètes. Ces rapports de forces repris et amplifiés par nos gouvernants, eux-mêmes influencés par des lobbies puissants, aboutissent à un appauvrissement inquiétant des pratiques en pédopsychiatrie au détriment des sujets les plus vulnérables.
L'introduction en 1914 du concept de « narcissisme » a profondément modifié le paysage théorique de la métapsychologie freudienne. René Roussillon retrace la manière dont Freud l'a élaboré, au fil du temps. Il montre que sous la pression de la clinique, la problématique du narcissisme est aujourd'hui l'une des principales sources d'évolution et de complexification de la théorisation psychanalytique. Il en tire un certain nombre de réflexions sur la conduite thérapeutique avec les patients dits « états-limites ».
Un décryptage de la culture adolescente, bienveillant et éclairé par un chercheur en socio-anthropologie qui depuis longtemps s'intéresse à ce sujet. Un ouvrage écrit comme un guide de voyage, très accessible. L'auteur, spécialiste de l'image et des réseaux sociaux, utilise son expertise pour conseiller les parents et professionnels accueillant les ados, toujours avec l'idée de dépasser les préjugés pour comprendre le sens profond de leurs pratiques numériques et sociales. Ces pratiques répondent à des besoins d'appartenance, de reconnaissance, d'exploration identitaire et émotionnelle, qu'il propose d'appréhender. Une lecture essentielle pour envisager l'adolescence non pas comme un problème à résoudre, mais un monde à explorer en évitant les pièges et les jugements.
Initialement centrée sur la période postnatale, la consultation thérapeutique parents/enfant, née de la pratique créative du pédiatre et psychanalyste anglais Donald W. Winnicott, a progressivement intégré le temps de la grossesse. À partir de son expérience à l'hôpital et en libéral, Sylvain Missonnier témoigne de cet élargissement et en partage avec rigueur les aménagements théorico-cliniques. Il nous invite à considérer le foetus comme un partenaire dont la présence appelle une écoute et une adresse spécifique et non comme un figurant muet ou un simple écran des projections parentales. En offrant une hospitalité privilégiée à la rencontre en temps réel avec le foetus et aux réminiscences actives d'ex-foetus et d'ex-bébés de ceux qui s'apprêtent à devenir parents, la clinique anténatale contribue à la prévention en santé mentale dans ce temps si particulier de la vie.