Charles Melman
Charles Melman
Les conférences de Freud de 1915, Introduction à la psychanalyse, les seules jamais prononcées dans le cadre d'un enseignement suivi, lui permirent de revenir sur l'ensemble du corpus théorique qu'il avait établi. Ainsi, il tentait de le mesurer à un auditoire. Charles Melman reprend à son compte cette même démarche en mettant à l'épreuve de la clinique quotidienne le retour à Freud opéré par Lacan. La méthode choisie est simple : elle vérifie la doctrine par des travaux pratiques (rêve, lapsus, névroses...). De chapitre en chapitre, il commente librement le texte freudien en se penchant sur des faits, des épisodes, des anecdotes dont il éclaire la logique grâce aux catégories lacaniennes. La thèse majeure est que la lettre est dans notre culture cette « molécule de libido », signe du désir refoulé d'un sujet de l'inconscient. Certains rêves de Freud, l'oubli du nom propre Signorelli, mais aussi bien l'égoïsme du rêveur, la prétendue « méchanceté de l'enfant », le nom propre, la figure du père chez Freud, l'expression « un jour de neige », sont examinés avec précision dans cette perspective. Autant de détails qui font le quotidien de la cure.
"Dans un monde imprévisible où les orages sont souvent promis, comment ne pas céder à l'angoisse, à la dépression, au découragement, à l'addiction qui se généralise ? Comment répondre aux multiples interrogations et problèmes auxquels l'homme moderne et notre culture sont confrontés aujourd'hui ? Jean-Luc Cacciali a demandé au psychanalyste Charles Melman de nous aider à le faire. À partir d'exemples cliniques individuels et collectifs précis, il apporte des réponses précieuses aux multiples interrogations et problèmes auxquels l'homme moderne est confronté aujourd'hui : le patriarcat et le père, la sexualité désubjectivée et désacralisée, l'identité, l'autorité et la crise de la représentation, le lien social et la violence, la ségrégation, les nouveaux moyens de communication, l'addiction, la pulsion de mort..."
À la lumière de son expérience de psychanalyste comme de son usage des catégories lacaniennes, Charles Melman confronte les effets du refoulement tels que Freud les a inventés, autant dire les névroses, et la logique lacanienne par laquelle il pense et déploie ce déterminisme. Ainsi les catégories du réel, du symbolique et de l'imaginaire, par lesquelles il différencie des modalités du refoulement, ont leur incidence sur les personnages fondamentaux de cette genèse névrotique : le père, l'Autre maternel, OEdipe, par exemple. Par un retour sur l'OEdipe, Charles Melman rappelle combien le sujet est une faille et le mythe individuel qu'il déploie, sa petite histoire, à la fois une revendication et une défense. Loin d'en faire le lieu même de la subjectivité, il déplace son optique et pose la question de son Heim, de son endroit, de sa maison, et par extension de son patronyme. À partir d'un dialogue avec Regula Schindler sur la question de la féminité, il s'attache à distinguer lois de la parole, lois du langage et rapport entre loi et désir. Il identifie sur cette base un « syndrome de complétude subjective ». À l'inverse de cette clôture narcissique, il rappelle comment la cure vise à interroger le réel, c'est-à-dire à remonter le fil structural de ce déterminisme de la névrose.
Vingt ans après L'homme sans gravité, Charles Melman et Jean-Pierre Lebrun poursuivent leur dialogue sur les conséquences de la mutation de société à l'oeuvre depuis près d'un demi-siècle, véritable bouleversement anthropologique pour la vie collective et la subjectivité de chacun. À partir du film Petite fille, exemplaire sur la problématique de la dysphorie de genre en pleine expansion, ils se demandent si la possible autodétermination de l'enfant qui serait capable de se penser sexué à partir de lui-même est une avancée sociétale ; ou si elle témoigne d'un déni de la réalité, en l'occurrence anatomique, d'une récusation du sexuel et d'un refus de consentir à ce qui le détermine en tant qu'être parlant. À travers l'actualité brûlante où les présupposés implicites de la question du transgenre résonnent avec la vie politique elle-même, ils osent s'attaquer au point crucial : l'évolution de notre société nous entraîne-t-elle vers davantage de civilisation ou contribue-elle à nous déciviliser ?
Considéré comme le meilleur spécialiste de la névrose obsessionnelle, Charles Melman n'a cessé, depuis 1954, d'approfondir et de se remettre au travail, ce dont témoigne ce séminaire clinique et pédagogique. Dans ce nouveau volume, il amplifie et complète les thèmes abordés dans le tome 1 en étudiant la névrose obsessionnelle à partir des carnets où Freud consigne au jour le jour les séances de l'Homme aux rats. Ce journal permet une analyse plus fine des grands traits de la névrose obsessionnelle à partir du texte même de son discours où se révèlent son besoin incessant de vérification, son impossibilité à se déterminer chaque fois qu'il doit faire un choix, la manière dont il répète toujours les mêmes attitudes... mais aussi sa culpabilité constante et son sentiment d'être un criminel. Tout au long de ce texte, Charles Melman nous mène, pour notre plus grand intérêt, dans le dédale de cette pathologie qui conserve malgré tout sa part de mystère. La névrose obsessionnelle Tome 1 : Le signifiant, la Lettre Tome 2 : Etudes des carnets de l'Homme aux rats de Freud
Un séminaire de deux années consacrées à l'exploration des paranoïas. Alors que les relations, sociales et/ou privées, sont marquées par des interprétations suspicieuses et malveillantes, que l'ère du soupçon semble dominer, Charles Melman a choisi de parler des paranoïas. Avant que ce type de relations ne paraisse faire partie de la norme et de l'usage, l'auteur s'attache à isoler, à illustrer, les diverses formes existantes de paranoïas dont certaines n'ont pas encore été reconnues.
Ce séminaire Problèmes posés à la psychanalyse s'inscrit dans le souci de transmission de Charles Melman. Il pourrait aussi bien s'intituler « problèmes posés par la psychanalyse ou encore aux psychanalystes » tant ce séminaire reprend des notions fondamentales pour leur formation et qui méritent toujours réflexion. Les questions soulevées ne sont pas limitées au seul champ de la psychanalyse. Elles s'adressent à tous ceux - la politique, la science, l'éducation - que la psychanalyse interroge par sa présence dans la cité, d'autant plus qu'elle y est contestée. Charles Melman est psychanalyste, ex-psychiatre des hôpitaux. Elève de Lacan, il a été responsable de l'enseignement à l'École freudienne de Paris. Il est fondateur de l'Association lacanienne internationale.
Lacan disait à ses élèves : « Moi, je suis freudien, si vous voulez être lacaniens, à vous de le montrer. » C'est précisément ce que ce séminaire tente de faire : comment être lacanien avec Freud, tout contre Freud. Lacan est certainement un élève de Freud puisque l'oeuvre de celui-ci a intégralement inspiré la sienne. Il avait pour Freud la plus grande admiration du fait de son courage intellectuel, de la solitude, malgré le nombre de ses disciples, qu'il a assumée au sein d'une capitale, d'un milieu, d'une culture qui lui étaient fondamentalement hostiles. Il reste que ce que Lacan a introduit et que Freud a manqué, c'est le rôle du langage en tant qu'il est constitutif de notre vie psychique et bien sûr corporelle, et de cette instance incroyable qui s'appelle l'inconscient et qui, à notre insu - insu de mauvais gré -, dirige nos pensées, nos désirs et notre existence.
Dans ces entretiens autour du bilinguisme et de la langue créole, Charles Melman montre que si la psychanalyse est à l'heure actuelle souvent condamnée comme rétrograde, elle est au contraire parfois capable d'invention. De ces séminaires en Martinique, étalés sur dix années, sont publiés ceux au cours desquels ont été mises au travail les questions posées par le bilinguisme créole-français. à chacun des séminaires et avec un abord toujours différent, Charles Melman a eu le souci de montrer en quoi les conséquences subjectives complexes de la distorsion des lois de la parole et du langage - dont s'est soutenue la colonisation esclavagiste et racialisée (CER) - concernent « des problèmes généraux de notre rapport à la langue et à l'habitation qu'elle nous donne en tant que parlêtres », soulignant la dimension de jouissance traumatique de l'esclavage dans laquelle ces questions restent engluées aux Antilles.
Si Charles Melman a jugé bon de travailler la clinique de la névrose obsessionnelle durant deux ans de séminaire, c'est qu'il la considère à la fois comme une clinique du passé et une clinique actuelle. Dans ses formes bénignes, on l'aperçoit à peine si l'on n'est pas un praticien averti. Par contre les formes graves sont très handicapantes, surtout socialement. Il y a dans cette pathologie de l'immuable, de la répétition, la culpabilité d'un meurtre que le patient aurait commis sans s'en apercevoir, sans parler de son impossibilité à réaliser ses voeux et son impuissance. L'étude très fine que fait Charles Melman dans le domaine de la linguistique et de la grammaire éclaire et élargit le travail de Freud à partir des carnets de l''Homme aux rats. Dans le texte allemand, il repère l'insistance de certaines lettres, propre à cette pathologie et met en évidence le travail de l'inconscient. Mise en vente le 27 août 2015. La névrose obsessionnelle Tome 1 : Le signifiant, la Lettre Tome 2 : Etudes des carnets de l'Homme aux rats de Freud (
« Qu'y a-t-il de vif, de libre, d'intransigeant dans la transmission de la psychanalyse ? Voici, de la part de Charles Melman, une suite de séminaires qui s'empare sans ambages de cette question. Face au déclinisme pompeux qui met du pathétique à la place de la recherche, ces paroles d'enseignement ont presque un caractère allègre et ne jouent pas la profondeur facile d'un choix de thèmes étiquetés importants et graves. La gravité est perceptible après coup, au détour d'un éclair de pertinence clinique, un peu comme dans la psychopathologie de la vie quotidienne de Freud. Le comique abyssal de l'inconscient éclaire d'un jour nouveau et exact nos symptômes les plus désespérants, et propose ici, à la place de la commémoration névrotique, un lieu possible d'invention. » Christiane Lacôte-Destribats
Il s'agit là du premier séminaire de Charles Melman, avant même qu'il ne fonde l'Association freudienne. Dans la période troublée qui suivit la dissolution de l'École freudienne de Paris et la mort de Jacques Lacan, le repérage clinique était la seule voie susceptible de fixer les esprits et de donner corps à un redémarrage. Dans ce texte, l'auteur déploie et condense un engagement de longue date dans une rigueur structurale et une grande précision clinique. En proposant une figure de l'hystérie masculine, ce séminaire aura marqué son époque mais il reste d'une pertinente actualité, à l'heure où le DSM a démantelé le concept d'hystérie et où les TCC l'ignorent pour mieux distribuer certaines de ses formes classiques en autant de désordres et troubles du comportement. Charles Melman est psychanalyste, ex-psychiatre des hôpitaux
En 2003, Charles Melman, psychanalyste proche de Jacques Lacan, évoquait dans un livre d'entretiens avec Jean-Pierre Lebrun, qui a fait grand bruit, L'homme sans gravité (collection Folio), l'émergence d'une nouvelle économie psychique corrélée aux changements de société dans lesquels nous emporte l'idéologie néolibérale. Cet ouvrage en constitue un approfondissement théorique et clinique. Charles Melman est psychanalyste, membre fondateur de l'Association lacanienne internationale.
Seize chapitres de clinique qui ne négligent pas l'actualité sociale et politique. Ce livre devrait éclairer tant les détracteurs de la psychanalyse que ceux qui, étudiants ou praticiens, s'y confrontent quotidiennement. En effet, Charles Melman remet au travail et développe l'apport freudien actualisé par Lacan, au long d'un séminaire qui aborde les questions de toujours en ce qui concerne la cure psychanalytique. Charles Melman est psychanalyste, membre fondateur de l'Association lacanienne internationale.