Chemins profonds
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Explorez l’art subtil de l’érotisme littéraire à travers Douze flèches d’Éros, un recueil de poèmes et textes en prose où Claude Alos-Vicens capture l’intensité des désirs, des regards complices et des instants de volupté.
Entre l'Extrême-Orient et Paris, Anarkali explore les abîmes de l’âme et les fulgurances du désir. Ce recueil poétique, à la fois sombre et lumineux, interroge nos limites, nos obsessions et la révolte qui naît de l’ombre.
1979, un roman culte resurgit : L'Homme du cuir et du chrome de Jean-Pierre Brelet. Entre poésie sombre et univers cuir, ce texte rare explore les marges de la masculinité et les rituels d'une contre-culture oubliée.
Paru en 1980, Suite d’Alain Lercher est un recueil de poèmes où chaque vers interroge la mémoire, le temps et l’absence.
Voyagez à travers les Tropiques, l'Extrême-Orient et les USA avec Le Sang du soleil, un recueil de poèmes où Bernard Bador mêle sensualité, humour et une quête d'absolu.
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"Sacre" évoque les « plaisirs enfouis », le corps, « autel des races », « le sperme » roi mais, surtout, évoque le retour au ventre de la mère avec gaieté et un sain érotisme. Une lumière guide l'Histoire, le flux de notre sang, nos gestes. Et c'est un rituel comme immuable, qui fait de nous des hommes de Préhistoire et de futur, bien assis dans la chair-réalité, en quête de respiration, d'harmonie, l'oeil levé vers les astres, prêts à entendre « la prière du silence ». Épique ou laconique, le poète évoque notre éclatement final, qui rejoindra l'unité cosmique. Les mots volent à l'assaut du secret du sens, mais dans l'accordaille sensuelle. Ode à l'esprit, foi en un sacré universel. Parfois, un climat étrange est créé (poème « Rue »). Lire et relire une belle page sur l'être et l'origine : « Très loin, gîte le sperme ».
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Malgré l'enthousiasme d'Étiemble, il est rare que nos poètes fassent des Haï-Kaï. Sur le modèle japonais - dont les maîtres ont été Basho-Matsuo et Kikakou - il s'agit de petits poèmes de 13 à 17 syllabes, de deux à trois vers chacun ; ces poèmes sont, parfois, groupés à deux ou trois. Le Haï-Kaï chante la nature et la ronde des saisons, les insectes et les jardins, l'amour, non sans jeux de mots et tendres ou pittoresques clins d'oeil. Voici plus de trois cents Haï-Kaï à la française. Rénovés, adaptés à nos sentiments, à nos humeurs et à nos paysages, disant tour à tour le féminin et le masculin, ils expriment les joies, les attentes, les combats de l'amour, ainsi que l'apaisement écologique, dans des « télégrammes » d'une psychologie fine, souriante, ironique. Ils sont écrits comme avec la buée des mots, dans le souci des heures qui passent. Ce livre, qui intéressera les enfants autant que les adultes, est divisé en quatorze chapitres : les saisons, les éléments, les interrogations du coeur, le bestiaire, le verger. On aimera ces traits légers, ce lyrisme comme dessiné sur une écorce, cet art de la pirouette réussie et de la sobriété.
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Que peut l'écriture ? Que nous indique - de nous-même - le texte poétique ? Comment lutter contre l'ordre autoritaire du langage ? Comment arrêter « d'être des bribes » ? À toutes ces questions se heurte Jean-Marc Franzoni, dont ce n'est pas la première oeuvre. L'écrivain, scrutateur du « télescopage » de paroles, et d'idéologies dont nous sommes le carrefour, essaie ici de décentrer, de diviser, cette homogénéité toujours abusive du sens dans le langage. La culture, la libido et « la mise en circuit du désir », la réalité « c'est-à-dire le discours sans cesse se constituant », l'actualité cosmogonique, une satire des religions et des philosophies, du Christ et de Bouddha, on trouvera tous ces problèmes et ces thématiques dans ce recueil mi-pamphlet, mi-cri du coeur, mi-apologue bouffe, destiné aux lecteurs en marge. « Divulsion » : action d'arracher violemment. En chirurgie, dilatation forcée d'un canal rétréci (nouveau Larousse illustré). Tout en parodiant les modes, à l'aide aussi d'un super-collage délirant, Jean-Marc Franzoni veut forcer, veut déjouer « le lieu qui nous disperse ».
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
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Recueil de poèmes d'où le rire n'est pas absent et où on joue avec le son des mots. « Copyright Electre »
« La communion de Jean-Marie Le Huche, dit justement sa préfacière, explore savamment la vie, dans sa longueur et sa largeur, sa hauteur et sa profondeur ». Voici des séquences de mauvais souvenir (la guerre), des bribes d'adolescence ou les traces d'une ardeur à foncer sur toute chose, l'inquiétude d'être sans ponts avec les autres ou sans pouvoir contre le malheur, devant l'enfant différent, par exemple. Mais ces poèmes sont aussi des bouffées de joie en rafales devant la beauté franciscaine du jour ou dans la chance d'aimer la femme digne de la combustion de deux êtres en un seul, comme aussi la créature peut le vivre avec Dieu. La délicatesse des textes, peu nombreux, qui parlent de la foi en s'appuyant sur une sorte de confiance fraternelle et cosmique, attire sur eux toute notre attention.
Une femme fait un pied de nez au Réel. Il lui suffit de rêver pour être heureuse. Ses voisins n'ignoreront pas longtemps que le Rêve peut se transformer en une loupe grossissante : voici la vraie vie, tel que l'humour, le plus aérien possible, a pu la saisir. La sensualité diaprée, le rapport aux enfants, dont les mères ont envie d'inonder la terre, tendres caricatures de Monsieur Mâle, du Sculpteur, de Mlle Calcite de Minette ou Mlle Macmuchun, l'éloge des vins, des chansons plus aiguisées peut être qu'il n'y paraît, une lettre à l'Amour, etc., sont les thèmes et prétextes de ce bouquet d'éclats de rire.
Bernard Bador nous donne les images de son parcours du monde mais, au-delà des séquences du film que sa mémoire déroule, s'inscrivent les sous-titres d'une amère morale universelle. Une curiosité infatigable, une fringale de mouvements et de rencontres, le sens du tri à opérer, une peinture épaisse, colorée, souvent utilisée « au couteau », la fine aigrette du désespoir devant certains constats qui défigurent la vie - on trouve tout cela dans ce nouveau recueil de Bernard Bador, sans doute plus riche et rythmé que le précédent, Le Sang du soleil. Le poète, qui s'est heurté - sans perdre son humour - à l'absurde, est désormais sur le chemin qui aboutit à l'être.
La Mansarde Himalaya : ce titre indique la solitude haut perchée, dont le poète est imbibé (« Je ne peux pas sortir du mot : seul »). Elle l'accompagne partout, remplaçant nombre d'amis « désunis », l'amour insuffisant, la mort, l'une après l'autre des illusions. Elle le traque. Elle estampille ce qu'il appelle « la vie dégringolée ». Le regard porté par Simonomis sur le monde est vrai, cruel ; en quelques formules, il résume un implacable constat : « L'argent se mêle du bonheur/Cerné par le bruit des machines... » Ou, ailleurs, laconique comme un coup de feu : « Il n'y a pas égalité ». Pourtant, la vie brasse beaucoup de choses, la chair est promise, l'amitié reste à demi présente, mais l'amertume a grignoté son coeur. Le poète s'en sort par une espèce de santé du malheur. Il veut « faire des poèmes avec sa peau », il écrit pour ne pas sombrer. Si ce désespoir rapproche Simonomis des poètes du Nouveau Réalisme, il n'est pas entièrement négatif. Le combat pour désaliéner autrui n'est pas pour lui inutile (« J'écris pour dire NON avec des preuves »).
Dédié à Elles, ce recueil présente une longue série de poèmes d'amour, ordonnés par cycles dont chacun porte un nom de femme. Des rencontres, échelonnées sur vingt ans, de muses inspiratrices ont influencé la mémoire et l'imaginaire du poète qui en invoque les moments forts dans une sorte de cueillette lyrique, à travers le temps et l'espace. Les séquences se succèdent comme dans un film ancien. Avec elles, bougent les héroïnes, au gré des lieux et des époques : Edel, Cydalia, Aïcha, Mado, Élodie... De Dakar à Rabat, de Genève à Melun ou Villerville en Normandie, de Phnom Penh à Paris, Créteil ou Saint-Maur-des-Fossés, un long chant d'amour marque les étapes de l'évolution du poète. C'est aussi l'occasion pour Raoul-Philippe Danaho de renouer avec son adolescence et, au hasard de quelques ballades poétiques, de conjurer, en les envoûtant, les années écoulées. La nostalgie des visages, des odeurs et des décors, la certitude que l'amour reste le seul véritable bienfait - bien que source de douleur et d'amère mélancolie lorsqu'il s'est refusé ou lorsqu'il a passé - l'élégance courtoise des élans et le merveilleux des ivresses qui président aux relations homme femme, constituent les éléments essentiels de cette quête inlassable de la passion romantique. À ces romances que rehaussent la qualité de l'écriture, la hauteur et la délicatesse des sentiments exprimés, Raoul-Philippe Danaho impose le charme, l'enchantement d'un lyrisme pudique, à la voix discrète mais ciselée d'or fin.
Des poèmes d'urgence, de décompression, souvent de cri. Poèmes en litanies, peu structurés parfois (« Je cherche une écriture »), qui psalmodient l'horreur de vivre et tirent à la cible sur la réalité ratée, l'autopsie moqueuse de soi, le filtrage des images et des mythes imposés par les médias, le refus de penser au pas... La quête de l'identité, de l'équilibre et du bonheur évanescent est mêlée de stridences ; utilisation à contresens, par dédain, des expressions convenues ; un côté sardonique et pop (« de toute façon il reste la grimace »). Les jeux de mots sont là pour relancer la morsure lyrique, l'avide dénonciation : « se regarder en farce » - « gibier d'impotence » - l'admirable « Demandez le pogrom ! » - « Il sait tout compter/sauf les étoiles ». Ce dernier exemple fait partie des remarquables formules qui émaillent ce recueil, à l'évidence marqué des grandes nostalgies surréalistes. Le poète dans ses fonctions de vivant s'identifie comme un « orgasme barbare pénétrant la douleur et la bêtise ». Il évoque un amour perdu - (« une femme tant aimée - qu'elle s'enfuit »), nous suggère que la disparition de l'amour entraîne l'idée de la mort, que le rêve d'éternité, si prégnant en nous, est mystification, De toute façon, le poète contestataire et révolté par définition, ne parviendra pas à « devenir adulte ». Par moments, la tendresse est là sans vouloir avouer son nom. Le plus souvent, le déferlement du sarcasme, à haut niveau lyrique, entraîne désespoir et désir de suicide, Le poète étouffe, « enfermé dans les limites de l'ordinaire » et à palper sans cesse « le vide en nous ». L'humour noir vole souvent à son secours « éclair frappé / de nullité comptable ».
C'est le ton du chant épique que ce poète adopte pour dire les mouvements des orages, pour évoquer les métiers des hommes, en une sorte de célébration qui est aussi une fresque riche d'images, de mouvements, de sensations, un peu comme dans un tableau de Brueghel : « La ruelle sera pleine de métiers à tisser et les attelages déborderont sur les pavés. » Joseph Ohmann-Krause s'est adonné à des visions auxquelles est mêlée la femme, objet de l'attention du poète. Tout un monde foisonnant vit là, sous nos yeux, avec les voûtes et les fleurs. Puis c'est Provinces, séquences plus brèves, aux vers courts, qui sont aussi des notes sur des lieux et des événements : Marseille, l'Afrique, la Hongrie, sur fond d'histoire, d'humanisme et aussi de politique.
Marianne, la petite bonne de ferme, Benjamin, le garçon meunier ou plus près de nous le jeune Jean-Claude vous entraînent dans le monde merveilleux du rêve.
Tendu « aux extrêmes fatals », ne songeant qu'au leurre des apparences, abasourdi par « les rites dérisoires » du quotidien, sans espérance et comme à la dérive, un homme en ces poèmes tente en vain de se ressaisir. Écriture bilan, thérapeutique. Il estime sa « faim inutile ». C'est sûr, il porte le poids d'« une faute » à expier. Mais laquelle ? Le réel toutefois nous brutalise et le poète subit les assauts d'un corps qu'il devrait aimer. Ces caresses restent sans au-delà. Il ne songe qu'à « reculer l'inexorable étreinte ». Au spasme suivi d'un vide existentiel, il préfère rêver d'un « feu pur », se satisfaire des joies imaginaires. L'amour est « pris au piège », réduit « aux limites de l'ombre », puisqu'il ne balaie pas l'angoisse. Excellent analyste de soi, Jacques-Henri Caillaud diagnostique en lui ce « secret désaccord/de l'être et du temps ». Le temps va trop vite, tout est pareil. On songe ici aux ressassements amers d'un Patrice Cauda (L'Épi et la nuit) voire d'un Jacques Réda... On songe aussi parfois au Reverdy de la cité abstraite, aussi à la dérive (« La rue a déserté son rire d'autrefois »). Le poè
Ces poèmes parlent d'amour avec autant d'intensité que de simplicité - mais l'amour s'étend aux enfants, aux autres, aux jardins, aux couleurs, aux souvenirs, à la mer fidèle. C'est par le vécu et l'image vraie, le geste pudique et qui résume, que le poète s'élève de la gaieté, de la confiance, des ruses joueuses à des visions plus dramatiques. La Roche écrite ! Ce titre déjà dit la concision, la volonté d'aller à l'essentiel, mais sans oublier la tendresse, qui fait battre le coeur du monde.
C'est à une entreprise d'élucidation que se livre Henry Clair. Le rôle du poète, pour lui, est de rester en constante alerte et de témoigner ; et par sa parole, de tenter de changer « l'éphémère en éternité ». L'enfance, le temps, les pouvoirs de l'homme : un humaniste écrit, réfléchit, incarne l'espoir pour tous. De façon magnifique, Henry Clair nous dit qu'il écrit afin que le monde ne soit plus « abrégé ». Dans sa marche vers plus de conscience, le poème expose aussi la mémoire de l'humanité. Poète, « récitant de tous ces morts ». Mais rien n'apaise la colère d'Henry Clair quand il évoque les plaies qui saignent encore et le portrait infâme des bourreaux : « Le Soleil d'Auschwitz », chapitre qui clôt Les Clameurs de la mémoire, nous brûle comme des stigmates.
La satire de l'injustice et une âpre joie de vivre restent les deux grands moteurs des Noces bleues. Ce qui est rare dans ce recueil : la colère « engagée » se métamorphose sous nos yeux en faim d'azur et de beauté.
Le poète démarque des institutions, des moeurs et des « valeurs » d'une époque fade - au nom d'un individualisme exacerbé par l'humour, d'une intuition de la fraternité. Il peut résumer ainsi ses principales cibles : « maître argent esclave démocrate » Il faudrait y ajouter tout ce qui veut nous entraver par droit du plus fort ou loi injuste : l'héritage comme l'armée. François Notter ne supporte plus les larmes « qui échouent ». Il rejette une fois pour toutes « ces modèles à (le) modeler ». Sauf l'amour, qui lui permet d'être « mis à jour » au milieu des décombres du siècle. Un ton de violence qui libère aussi le lecteur. J. F. Bourbon
Ce recueil est d'abord un hymne à l'amour. Contre la solitude. (« Non, je suis incapable de demeurer désert »), pour une identification à travers l'Autre aimé (« Elle retourne son corps sans quitter le sommeil. Elle est si légère, le lit reste silence »), pour un chemin des corps désentravés (« À l'instant sa position change : je m'approche »). Non loin d'Éluard, E. Ballandras entre dans l'amour avec l'obsession de la chute (« sans doute je n'irai jusqu'au bout »). Ses textes sont descriptifs et lyriques, sobres et dépouillés, magnifiques souvent d'émotion devant tout ce qui fuit : « Tu es absente. Toute ombre soudain te ressemble ». Pour deux anneaux briseurs de solitude montre tous les aspects d'une sensibilité en proie au doute et qui lutte « dans une agitation couverte de désir ». Quelques textes en prose s'ajoutent à l'ensemble, sortes de reportages au regard social aigu, d'une grande vigilance.
La fantaisie du poète lui permet de jouer son rôle d'acteur dans la vie non sans observer le monde avec distanciation. Il évoquera l'amour, les dentelles de la guerre, les rencontres légendaires, des regrets, des souvenirs passés au crible de la mémoire. Occasion pour lui d'un éloge du monde, mais prudent, moqueur ou mystérieux, comme s'il craignait qu'un accord trop chaleureux lui portât malheur ! Jean Brousse, sceptique amusé, a un don pour la mélancolie. Cependant, on sort de son recueil assez guilleret. Certes, « Rien n'efface rien » et le poète est bien campé sur sa terre d'origine. Il sait que les illusions peuvent être dépassées. Que nos peines, nos exagérations, nos erreurs finissent par s'équilibrer vers la merveille. Une sorte de trouble espoir éclaire l'aventure de ce vécu tendre ou mutin.