FeniXX réédition numérique (Éditions universitaires)
Que devient un enfant arrachée à sa famille ? Enfants déchirés, enfants déchirants explore, à travers des récits poignants, les conséquences du placement familial sur les plus vulnérables.
Cet ouvrage constitue un questionnement de l'« enfance », par la médiation d'une analyse de quelque 10 000 dessins d'enfants (de 2 4 ans à 10 12 ans) relatifs au feu, à la terre, au ciel et à l'eau. L'étude du dessin d'enfant permet d'assister à l'émergence et aux métamorphoses, au coeur de l'acte graphique et « créatif », des structures et des symboles logico-imaginatifs de la représentation, du signe et du sens, de la rêverie et de la pensée, du réel et de l'imaginaire, du symptôme et du symbole, de la production et de la création. Ce travail implique la mise en oeuvre d'une méthodologie ouverte sur les procédures de la statistique, de la psychologie expérimentale, de la psychologie génétique. Mais une telle lecture du dessin conduit, par-delà son objet spécifique de départ, à une identification de « mythes » de l'enfance, mythes produits par l'adulte et capables d'obscurcir tout à la fois notre connaissance de l'enfant et la signification de l'acte pédagogique. Ainsi, chemin d'études et de réflexion, ce livre va-t-il jusqu'à l'interrogation du rapport de l'adulte à l'enfant et à une recherche d'une « pédagogie de la création ».
Et si vous pouviez transformer vos nuits en terrain d’exploration et d’épanouissement ? La maîtrise des rêves de Marc-Alain Descamps, spécialiste en psychologie et rêve éveillé, révèle des méthodes naturelles et efficaces pour comprendre.
Décryptez l’héritage intellectuel de Jacques Lacan à travers le regard aiguisé de Jean-Michel Palmier.
Cet ouvrage est un livre d'histoire, l'histoire de ces maîtres d'école qui ont eu, au long de quelque douze siècles, le redoutable privilège de donner à des millions d'enfants les éléments de l'instruction, les clés de la culture intellectuelle, mais aussi de la conduite humaine. Étonnante continuité d'une fonction qui a enrichi ses praticiens de plus de mérites que de profits : « Hommes. de bien, plutôt qu'hommes de biens », disait déjà à leur propos un texte du XVIIe siècle... Continuité et changements car, finalement, il y a loin du magister sacristain du Moyen Âge (qui mettait trois à cinq ans pour apprendre la lecture à quelques marmots) à l'instituteur de 1980 qui, chaque année, transmet la matière d'une douzaine de disciplines à 20 ou 30 enfants si diffé
1977 : Guy Hocquenghem, figure majeure du Front homosexuel d'action révolutionnaire, publie un essai percutant sur la place de l'homosexualité dans la société française.
Et si le travail n’était pas une fin en soi ? Le Travail et après... interroge notre rapport au labeur, à travers une analyse sociologique des luttes ouvrières et des idéologies qui façonnent notre société.
Henri Vincenot vous invite à redécouvrir la Bourgogne à travers ses paysages, ses légendes et son âme profonde.
Selon l'auteur, la quête de l'identité commande l'oeuvre dramatique de Michel de Ghelderode : solitude de l'homme, aliéné dans un monde où il ne se sent pas à sa place, déchirement de la créature qui se veut une et se découvre multiple, angoisse ontologique - ce sont bien là préoccupations centrales à l'univers du dramaturge. Pour élucider cette quête, Ghelderode explore le « théâtre humain », recherchant l'être sous le paraître, l'identité sous le masque, l'authentique sous le simulacre. Toutefois, si son interrogation vise le destin métaphysique de l'homme, sa démarche est celle d'un poète et non d'un penseur, d'un intuitif et non d'un raisonneur. La volonté de transcendance, l'effort de s'appréhender dans son absolu, aucun de ses personnages ne les puise, ni ne les épuise dans la pensée discursive. Tout, chez eux, est acte, existence, et d'abord l'échec inscrit dans la hauteur même de l'idéal. Ceci posé, deux types de personnages dominent le théâtre de Ghelderode : les « cogitateurs », qui rationalisent leur quête, et les « instinctifs », qui la vivent d'emblée. Mais, ici et là, saisi au plus haut de la crise, l'effort de chacun débouche également dans la faillite. Pénétré de la notion shakespearienne que le théâtre est le miroir du monde et l'homme un acteur, Ghelderode choisit souvent le tréteau comme lieu dramatique. En mettant du comédien dans la plupart de ses héros - nains et bouffons, clowns et pitres, baladins et mimes, histrions et artistes - il les amène à manifester le multiple personnage dont ils sont le réceptacle, et les diverses voies qu'emprunte leur quête. Chez tous, la quête du « moi » procède du sentiment tragique qu'ils ont de la précarité de l'être. Une poursuite de cet ordre repose sur une contradiction : d'une part, la détermine, la certitude quant à la nature transitoire de l'existence ; d'autre part, puisque certitude il y a, la quête est d'entrée vouée à l'échec. Qu'il en ait la conscience diffuse ou l'obscure intuition, c'est parce que le héros de Ghelderode se meut à l'intérieur de cette contradiction, que son commerce avec la mort ne laisse pas d'être ambivalent. Plus il la récuse, plus il en est hanté : point d'envol de sa quête, elle en est aussi le point de chute. Omniprésente dans l'oeuvre scénique de Ghelderode, la mort y figure sous deux aspects : comme idée de néant qui déborde le macabre, et comme pratique du macabre qui biaise avec le néant. Dans le premier cas, la mort n'est pas personnifiée, elle est conceptualisée ; dans le second cas, elle n'est pas un concept, elle est une personne. Passant de la mort, apparition matérialisée, à la mort, présence dématérialisée, Ghelderode fait venir sur sa scène une « humanité spectrale » - défunts, ressuscités, fantômes. Ces incursions sur le revers de la vie sont, pour lui, autant de sondes lancées dans les zones déclives de la conscience. Sans prétendre cerner de près l'écriture de Ghelderode, le dernier chapitre reprend et analyse certaines notions chères au dramaturge concernant l'art qui est, pour lui, liturgie, religion, cruauté.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Marcelle Auclair - Roger Bodart - Alain Bosquet - Michel Butor - André Chamson - Alexis Curvers - Lucienne Desnoues - Minou Drouet - Georges Duhamel - Jean Dutourd - Pierre-Louis Flouquet - Michel de Ghelderode - Robert Goffin - Paul Guth - Philippe Heriat - José-André Lacour - Jean de La Varende - Maurice Martin du Gard - Henry de Montherlant - Pierre Nothomb - Henri Perruchot - Gaëtan Picon - Jacques Pirenne - Henri Queffélec - Michel de Saint Pierre - Philippe Soupault - Gustave Thibon - Marcel Thiry - Henry Torrès - Louise de Vilmorin - Liliane Wouters. Pierre Pirard dirige la page littéraire de la Libre Belgique et y « lance » nos auteurs dans son pays. Éditeurs, écrivains et même libraires attendent (ou sollicitent) ses papiers (certains méchants n'assurent-ils pas que même une démolition, si elle vient de lui, garantit le départ d'un livre ?). Il est un fait que sa dent est aiguisée et que, si l'on n'a pas l'heur de lui plaire, il ne l'envoie pas dire ! Son goût ? très personnel. Il s'exprime dans un style de pamphlétaire et lorsque, dans une aérogare ou un hall d'hôtel, il fond sur une proie pour l'interviewer, aucune indiscrétion ne l'arrête ! M. de Montherlant, ou Paul Guth en ont su quelque chose ! De Marcelle Auclair à Louise de Vilmorin, voici le tableau de chasse du plus influent des critiques belges. En sa compagnie, le lecteur prendra plaisir à se mettre à l'affût des grands noms de la littérature contemporaine.
Encore un livre sur les cadres ? Non pas. Ici, ce sont les cadres eux-mêmes qui s'expriment. De plus (c'est une hypothèse de la recherche), ce qu'ils vivent aujourd'hui, n'est-ce pas aussi ce que bien d'autres vivent ? Qui ne s'interroge face à la mutation ? Qui n'est tenté d'y échapper ? Mais... avons-nous le choix ? La sécurité de l'emploi est une préoccupation de tous, aujourd'hui plus que jamais. Quelle information, quelle prévision, quelle mobilité, quelle formation permettraient de sortir de l'insatisfaction, de la solitude, de l'inquiétude ? Une orientation, qui ouvre les portes au lieu de les fermer, est-elle possible ? Sur tous ces sujets, qui touchent au vif des personnes, de la société, de chacun de nous, les auteurs ont laissé les cadres s'exprimer en profondeur et proposer des actions adaptées. Leurs réactions dessinent déjà le monde de demain.
Dans un lieu précis, le Médoc, mais qui a l'imprécision de tous ces lieux où la liberté se négocie au canon et à l'arme blanche, se déroule une guerre dans la guerre. 1944, entre le Verdon et Montalivet, des Allemands s'acharnent encore. Il faut les déloger. Non que leur présence ait pu changer le cours des choses : Keitel, dans quelques jours, s'assoira en face de De Lattren, pour signer la capitulation du IIIe Reich. Non que le Médoc ait été - plus que d'autres - un lieu représentatif de l'Occupation : que sont quelques kilomètres carrés, auprès des centaines de milliers qui furent écrasés sous la botte. Mais la liberté, que l'on doit conquérir, est autant un symbole qu'une réalité ; surtout quand cette conquête est menée par une poignée de gens, qui n'ont pas fait de la guerre leur métier, et dont la lutte est une affirmation d'eux-mêmes, autant par rapport à ceux qu'ils combattent, que par rapport à ceux qui sont les compagnons de leur combat. Résistants passés à l'action, va-nu-pieds de leur liberté, ils sont les occupants - sans titre - de tout un pan de notre Histoire, continuateurs d'un combat ancestral, et annonciateurs - déjà meurtris - de ceux qui restent à mener. Universitaire, journaliste, écrivain gascon, Robert Escarpit n'a jamais quitté son pays... même pour faire la guerre. Quelque quarante ans après, il se penche sur une page de son histoire personnelle, qui est aussi une page oubliée de l'Histoire de France. Mêlée à l'ironie, qui fut - pendant trente ans - celle du chroniqueur quotidien du Monde, on retrouve l'amour de la terre et des hommes, qui est celui du chroniqueur hebdomadaire de Sud-Ouest Dimanche.
Dans ce nouveau "Montaigne", l'auteur se propose de mieux définir un aspect du moi social de l'essayiste, puis d'en déduire les incidences possibles sur le développement des "Essais". L'oeuvre de Montaigne est envisagée à la lumière de diverses lignes de force, qui ont agi sur elle, notamment le préjugé nobiliaire, le catholicisme du XVIe siècle, l'idéal du courtisan ou de « l'honneste » homme, les grands modèles légués par l'Antiquité gréco-romaine. Les "Essais" se dégagent ainsi d'interprétations imposées par la tradition exégétique. Moins influencés - dans leur première conception - par le stoïcisme livresque, que par l'idéal du gentilhomme-soldat, ils paraissent plus déterminés - en dernière version - par des perspectives, que par des convictions nouvelles.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Philosophe et professeur, Amédée Ponceau fait penser à Alain par son oeuvre "parlée", qui est considérable ; il s'apparente aussi à Simone Weil, par sa méditation silencieuse, enfermée dans des notes intimes qui ne furent publiées qu'après sa mort et dont l'importance est bien plus considérable encore. « L'initiation philosophique » paraît quelques mois avant son décès, en 1948. Ses autres oeuvres ne sont publiées qu'après « Timoléon », « Réflexions sur la tyrannie », « Paysages balzaciens », « La musique et l'angoisse », « Le temps dépassé ». Pourquoi ce long silence ? C'est à cette question que répond Roger Bodart. Il le fait après avoir dépouillé des notes encore inédites, dont il donne de larges extraits. On y trouve un homme qui tend moins à s'ébruiter qu'à se transmettre, qui regarde les hommes, mais ne veut pas être vu par eux. De nombreuses pages de ce livre frappent par leur actualité. « L'éclair d'Hiroshima » et, plus loin, « Un songe pour détruire le monde » éclairent d'une façon nouvelle le problème redoutable des pouvoirs de l'homme de science. « Nationalisme et humanisme » et « Une carrière d'opposition » posent, avec franchise, le problème de l'homme devant l'État. Toute l'angoisse du monde d'aujourd'hui est présente dans ces pages. Non seulement l'angoisse : Amédée Ponceau est une âme accordée au Grand Concert des êtres et des choses. Le livre se clôt sur un chapitre, "La paix du coeur", qui livre son ultime secret. « Être âme, disait-il, ce n'est pas seulement assister à soi-même, c'est assister à sa propre naissance, à la naissance du monde. » Et il ajoute : « L'Histoire n'est-elle que la voix des morts ? Ce gouvernement des vivants par les morts, dont parle Auguste Comte ? N'est-elle pas aussi la voix de Dieu ? N'y a-t-il pas une idée qui dépasse toute l'Histoire, et qui est la forme préfigurée de ce que doit être l'avenir ? C'est la réponse au risque du désespoir. » L'oeuvre d'Amédée Ponceau a sauvé beaucoup d'hommes du désespoir. Roger Bodart est le premier a éclairer le visage de ce sage, dont la pensée rend quelque force à notre monde « désâmé ».
Ils s'appellent Aloyse, Pierre, Louis, Nicolas, ces constructeurs de fours, verriers, tailleurs sur cristaux, qui ont oeuvré au trou de verdure. Curieux monde que celui des cristalliers, installé sur ces arpents de terre qui n'ont jamais été les leurs, mais où ils ont su, avec du sable, de la cendre de fougère, et du feu, créer les étoiles de la Terre, les cristaux, sans les ravir au soleil, mais en les proposant comme jouets au soleil. Curieux destin que celui de ces dieux déchus, longtemps nomades et libres, et puis rivés à une verrerie, pour finir incorporés à une cristallerie royale. Destin si commun de ces hommes, que l'amour réunit et sauva peut-être au cours de leur errance autour des fours en fusion. Ce livre accompagne quatre générations, qui sont venues, se sont relayées, et sont reparties à la recherche ardente de ce feu que l'autre, celui des fours, ne pouvait que symboliser. L'auteur raconte ainsi l'histoire singulière de ses ancêtres, dans ce petit village de la Vôge de l'Est, Saint-Louis-lès-Bitche, berceau des cristalleries royales de France.
Si je t'oublie, Jérusalem, que ma droite m'oublie ! Je veux que ma langue s'attache à mon palais si je perds ton souvenir, si je n'élève Jérusalem au sommet de ma joie. (Ps. 136) Pèlerin ordinaire, Nissim Rosen, proscrit des hommes et qui se croit proscrit de Dieu, s'est attaché à Strasbourg en terre alsacienne. Jérusalem n'est même plus un souvenir : il a perdu la force, presque la parole, en tout cas la joie. Et voilà que, dans ce vieux coeur étouffé par la vie, un désir se fait jour : celui de renaître au bout du chemin, en retrouvant Jérusalem...
Une histoire réelle, racontée sans "tricherie". Celle d'une enfant partant, après des années de silence, à la recherche de sa propre vie. Une histoire nous ouvrant toute grande, à travers ses péripéties, la porte du monde de l'enfance. À mains nues, à coeur ouvert. Et qui, par la nature même de son contenu, offre d'innombrables pistes de réflexion à nous tous, adultes, concernés - d'une façon ou d'une autre - par ces petits êtres humains qui nous entourent. Comment perçoivent-ils la mort ? L'injustice ? Le bien, le mal ? Notre langage ? Le monde des "grands", avec ses ambiguïtés, ses non-sens, mais aussi sa chaleur, la sécurité qu'il apporte, parfois... ? Quelques thèmes, parmi les dizaines d'autres, contenus dans ce livre qui, au fil du récit, s'affirme comme un outil de premier ordre, tant pour les "professionnels de l'enfance", que pour les parents.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
L'Église est en crise. L'immense vague d'espérance soulevée par le Concile s'est perdue dans les sables. Chaque jour plus nombreux, des prêtres, des religieux et des religieuses, des chrétiens se découragent même de contester, s'enterrent, se détachent, abandonnent. Crise d'autorité disent les uns. Crise de crédibilité, de vérité, de fidélité pensent les autres. Parmi ces autres, le cardinal Suenens, archevêque de Malines-Bruxelles. Sa retentissante interview aux « Informations catholiques internationales » a fait l'effet d'une bombe, dont la charge radio-active n'a pas fini de produire tous ses effets. Du Pape au simple fidèle, en passant par les cardinaux, la curie, les évêques, les théologiens, les non-catholiques aussi : chacun a dû ou devra répondre à l'interpellation. Le Synode est loin d'avoir mis un point final à ce nouveau chapitre de l'histoire de l'Église. Aussi bien, ce « Dossier Suenens », qui rassemble, d'une manière ordonnée et réfléchie par les esprits les plus avertis, tout ce qui s'est écrit et dit - pour ou contre l'intervention du cardinal - n'est pas un dossier d'archives. Il constitue, au contraire, un instrument de travail pour ceux qui veulent connaître, comprendre, et vivre les exigences d'une vraie réforme dans l'Église, nécessaire à sa mission dans le monde.
L'homme appartient à la nature ; son idéologie vandale ne peut ignorer indéfiniment les différentes lois biologiques qui la régissent. Il ne l'a que trop fait ; aussi le voit-on aujourd'hui s'efforcer de restaurer cette conscience écologique, qu'avait su développer l'homme prétendument primitif qui, commensal de son milieu, respectait davantage les principes écologiques dans sa vie quotidienne. Le citadin moderne, par contre, est cybernétique. Il gouverne un écosystème artificiel, anomique et gadgetisé, certain de pouvoir subsister en dehors du monde et des solidarités naturelles dont il ne reconnaît plus les règles. Aussi sa vie est-elle pleine d'aspirations contradictoires et insatisfaites ! La rupture n'est pas que technique et sociologique, elle est également éthique. Une éthique neuve, plus « écologique », est actuellement en gestation. De la biologie à l'éthique, en passant par la géographie, la sociologie et la technologie, ce livre s'efforce de faire le tour de la question.
Faut-il, ou non, être accueillant ? Qu'est-ce que bien accueillir ? Pourquoi est-ce si difficile ? Au moment où se généralisent des exercices de dynamique de groupe, nous permettant de déceler les motivations profondes de notre accueil, il importait de situer l'importance de l'accueil pour notre personnalité. C'est la connaissance biologique de l'homme, qui nous précise la nécessité d'un accueil optimum. Nos cellules, notre cerveau sont des structures d'accueil. Nous avons besoin d'ouvrir notre réceptivité sensorielle au monde et à notre corps, ce qui nous apprend à bien accueillir autrui. L'équilibre individuel exige de bonnes relations : c'est la référence à autrui, qui nous révèle à nous-même dans la jeune enfance. Les relations humaines ont une dimension civique et communautaire : la société de bonne consommation, dont nous avons tant besoin, serait une société d'accueil mutuel et de réalisation optima des besoins humains. Le but essentiel de l'éducation serait de former à cette pédagogie de l'accueil et de la participation.
Voici la réédition, revue et augmentée, d'un ouvrage paru en 1972 - vrai classique - depuis longtemps épuisé et souvent réclamé. Le psychodrame, c'est un moyen privilégié de rétablir cette communication, si difficile, dont nous avons tous besoin. Chacun, devant le regard des autres, joue un personnage - lui-même ou un autre - dans une situation qui a été ressentie comme douloureuse ou traumatisante : dialogue impossible avec le père, rapport frustrant avec la mère, échec avec le conjoint... Tout peut être mimé, revécu dans ce jeu psychodramatique, où le partenaire de l'instant s'identifie - aussi complètement que possible - au personnage qu'il incarne. Dans le psychodrame, tous les jeux de miroir interviennent : on se voit dans le visage de l'autre, on voit l'autre dans le visage d'un tiers, etc. Il semble que le psychodrame soit une expérience libératrice de l'agressivité, des tensions, des angoisses, des « faux rapports », plus efficace pour beaucoup que d'autres formes de psychothérapie, parce que le sujet surprend ses propres réactions avant même de les comprendre ou de les analyser, et qu'il bénéficie du soutien de tout un groupe. Dans cet ouvrage, chacun trouvera un sujet de réflexion sur ses rapports avec les autres, et avec lui-même ; il y découvrira une thérapeutique parfaitement adaptée à notre monde, ouvert à la dimension collective.
Carl Rogers est actuellement l'un des psychologues et pédagogues américains les plus en vue, et les plus discutés. Au cours de sa carrière de thérapeute, il met au point une méthode et des principes nouveaux de la « relation d'aide » - qu'il définit d'abord comme « non directive » - puis, plus tard, comme « centrée-sur-le-client ». Il applique ces idées dans son enseignement et, grâce à un changement complet des relations entre maîtres et élèves, propose un plan pour une révolution totale de l'éducation. En particulier, à la notion d'enseignement - qui lui paraît futile ou nuisible - il oppose celle d'apprentissage, libre, volontaire, motivé - seul capable de procurer à l'étudiant aussi bien l'épanouissement de sa personne, que la possibilité de s'adapter au monde moderne en constante évolution.
Mariés en 1936, et parents de six filles, ils n'ont cessé de réfléchir ensemble aux problèmes humains. La connaissance psychophysiologique de l'un, directeur de laboratoire à l'École des hautes études, et la pratique vécue de l'autre - en tant que femme et mère de famille - s'étayent mutuellement. Se préparant depuis toujours à vieillir à deux, c'est à deux qu'ils signent cet ouvrage, synthèse de leurs points de vue complémentaires. Les progrès de la médecine permettent aujourd'hui de prolonger, avec la vie, la durée de la vie conjugale. Mais l'amour ne supprime pas la nécessité de se préparer à surmonter les crises de l'existence commune : ménopause, retraite, départ des enfants, vieillissement psychologique et physiologique, évolution des situations, décalage des générations. Pour ce faire, il faut qu'un dialogue authentique permette - dès le départ - la constitution d'un véritable couple. C'est toute une pédagogie du vieillissement, qui est évoquée, pour que - à l'heure où la famille se réduit à nouveau - les conjoints connaissent une nouvelle lune de miel.
Changer le monde n'est pas une mince affaire ! Non seulement cela représente des années de labeur acharné mais, de plus, nécessite de maîtriser le langage sacro-saint des intelligentsias de tous poils ! Vous croyez cette entreprise désespérée ? Qu'à cela ne tienne ! Grâce à ce guide, en quelques exercices pratiques (à faire en famille ou entre amis), vous manierez avec brio ces expressions magiques qui feront de vous un des moteurs de notre société, dans de multiples domaines. Vous pourrez ainsi "interpeller vos interlocuteurs au niveau de leur vécu", et "transcender, par votre discours, les potentialités conviviales de la problématique fondamentale du quotidien"... J'en passe et des meilleures ! Soit dit entre nous, ne cherchez pas un sens à ces dernières phrases, elles n'en ont pas ! Mais qu'importe la signification des mots, quand seul le vernis compte ?
Jean-Jacques Brochier est né à Lyon, en 1937, études de lettres, a fait sa thèse de diplôme sur Le Marquis de Sade et la pensée du libertin. Collabore à la NRF.
Quel travail peut-on faire, si l'on a la phobie des questionnaires, des questions, des informateurs, des enregistreurs, des appareils de photos, des véhicules de « brousse ». Il reste à vivre parmi une population, bien simplement. Il reste à essayer de comprendre, à supprimer - dans la mesure du possible - ce qui empêche de connaître. Quand on a porté ses efforts sur ces points, il est nécessaire d'avoir le courage de quitter cette vie pour une autre, et trahir la société où l'on a vécu, en la transcrivant dans une langue, des mots, des graphiques, qui sont de faibles parties de la vie d'un groupe, et où il est difficile de reconnaître ce qu'on a vu. Ce livre a pour souci d'étudier l'autorité, avec une minuscule, c'est-à-dire là où elle existe, et non pas seulement là où elle se montre et se démontre. Cette étude englobe les relations claniques, les relations à plaisanteries, les croyances religieuses, les activités économiques ; tous ces domaines, où certains sont jugés différemment de certains autres, en fonctions de caractéristiques diverses : âge, réussite, investiture... L'ensemble du travail illustre le souci de certaines populations de préserver un équilibre entre les individus et les structures d'autorité. Celles-ci sont diverses et complémentaires. L'analyse même ne se limite pas à une description des institutions, mais à tout le cadre culturel, qui exprime et explique le phénomène de l'autorité.
Maurice Blondel (1861-1949) fut professeur de philosophie à la Faculté d'Aix-en-Provence. En 1927, il quitta l'enseignement en raison de l'infirmité croissante de sa vue, mais il poursuivit son labeur philosophique jusqu'à sa mort. Il laisse une oeuvre considérable, dont le germe fut L'Action de 1893. Évoquer L'Action de 1893, c'est prendre en compte ce « champ illimité », que Maurice Blondel voyait ouvert aux conquêtes de la science. Aujourd'hui plus que jamais, l'action appelle une éthique. Le refus contemporain de normes jugées révolues ou étriquées, laisse place à l'interrogation vitale. Maurice Blondel a pressenti l'urgence d'une éthique renouvelée. L'action humaine est, en elle-même, porteuse de sens. « Un esprit d'audace et de sincérité » peut « faire jaillir de la conscience, au-dedans », des exigences qui lui paraissaient d'abord imposées du dehors. S'ouvrir à l'intériorité, c'est découvrir le sens de l'action et le sens de la vie.
S'interroger sur les conduites quotidiennes, qui sont celles de la vente dans les grands magasins, et chercher à en dégager les significations cachées, tel est le but de cet ouvrage, qui analyse les matériaux recueillis durant une étude sur le terrain, au cours de laquelle l'auteur a adopté, pendant plusieurs mois, le rôle de vendeuse, pour vivre ses expériences et les connaître de l'intérieur. Les conduites des vendeurs et des clients ne sont pas les conduites rationnelles auxquelles nous aimons tant à croire. L'ambiance du grand magasin réactive les survivances animistes, toujours présentes dans l'infrastructure de notre psychisme. Elle éveille une émotion esthétique, qui recrée un monde magique affranchi de ses dimensions spatio-temporelles. Celle-ci fait revivre un passé enseveli, mais non aboli, dont les conduites étaient jadis soumises au principe de plaisir. Cette étude remet en cause bien des idées reçues, et trouve des applications pratiques, tout particulièrement dans le domaine de la sélection, et la formation des vendeurs.
Parmi les handicaps majeurs qui perturbent les rapports de communication de l'homme avec ses semblables, la surdité se place au premier rang. Plus de 40 millions de sourds profonds sont recensés dans le monde et, en France, une personne sur cinq souffre - à des degrés divers - de troubles de l'audition. Comment prévenir la surdité, la guérir ou, tout au moins, en atténuer les conséquences ? Quelles techniques modernes, chirurgicales, médicales, prothétiques ou éducatives, peut-on opposer à cette pénible infirmité ? C'est ce qu'explique en détail ce livre, conçu pour être un véritable guide pratique du sourd.