Presses Sorbonne Nouvelle
Dans le contexte numérique actuel de prolifération des dispositifs d'images et de sons, les différences mais aussi les convergences offertes par leurs modes de production, de diffusion, de réception permettent à l'enseignement et à la médiation culturelle de dégager des perspectives pédagogiques qui participent à la compréhension des sociétés et de leurs évolutions actuelles.
Abordant l'écriture de soi comme instrument de connaissance et de construction subjective, ce volume collectif, issu d'un séminaire pluridisciplinaire de l'équipe de Didactique des langues, des textes et des cultures (DILTEC-EA 2288), en éclaire les modalités et les contraintes, et en cerne les formes discursives et les visées éthiques. À partir d'études appartenant aux domaines de la création littéraire, de la recherche en sciences humaines, de la formation professionnelle et de l'enseignement de langues, l'ouvrage montre que le projet de rendre compte de soi par l'écriture ne se réduit ni à l'expression ni au récit de soi, notamment par ses dimensions intersubjectives et relationnelles. Portées par un « je » qui ne se réduit pas au « moi », les différentes écritures de soi - littéraires, scientifiques et formatives - situent le sujet à la fois dans une relation interlocutive et dans une communauté d'interprétation. Ce faisant, elles associent, dans leur mouvement réflexif, l'investigation, l'expérimentation et l'émancipation.
Souvent méconnues, les sacre rappresentazioni naissent à Florence, au début du XVe siècle, sous l'impulsion des dominicains de Saint-Marc. Les buts de ce théâtre sont d'abord pédagogiques. Les enfants sont, à cette époque, au centre d'intérêts civils et religieux importants : il s'agit d'en faire de bons citoyens et de bons chrétiens. Mais les auteurs de sacre rappresentazioni sont des laïcs. Artisans ou fonctionnaires de l'État, leurs intérêts privés et leurs liens d'amitié les rattachent souvent aux Médicis. La représentation sacrée cèle alors et nourrit parfois un discours politique. Cette étude, résolument interdisciplinaire, retrace l'histoire de ce théâtre et plonge le lecteur dans l'esprit d'une époque. Elle décrypte les modes de pensée et les enjeux culturels ou politiques de ceux qui ont inauguré la Renaissance en Europe.
Aussitôt après la prise de pouvoir par Hitler, en janvier 1933, la majeure partie des intellectuels allemands (scientifiques, philosophes, écrivains, artistes) quitte le pays. Les raisons de cet exil, essentiellement vers d'autres pays d'Europe jusqu'en 1939, sont le plus souvent non pas raciales, mais politiques. Pour certains, il y va de la vie ou de la mort. L'Allemagne n'en continue pas moins à publier des livres, à jouer des pièces, à donner des concerts, des cours à l'Université etc... Parmi les intellectuels restés au pays figurent des noms célèbres : le poète Gottfried Benn, le philosophe Martin Heidegger ou le Prix Nobel de littérature Gerhart Hauptmann. Qu'est-ce qui pousse ces intellectuels à se mettre au service des nazis : une conviction politique, le simple l'opportunisme ? Les exilés observent avec une extrême attention les faits et gestes de leurs collègues en Allemagne afin de tracer une frontière symbolique entre les « véritables intellectuels » et les « traîtres ». À relever d'un discours d'une extrême sévérité, plus tard adoucie il est vrai par une plus juste compréhension, la condamnation des « renégats » pose la question des modalités de la lutte contre un discours totalitaire : est-il possible de s'opposer à un langage perverti, sans tomber dans les travers mêmes que l'on dénonce ? La question se double d'une autre : peut-on, de l'extérieur et sur des critères uniquement politiques, juger de qui est un traître et qui est un opposant ? Le livre éclaire ici le problème de la culpabilité dans un régime totalitaire.
Cet ouvrage rassemble seize communications faites lors de deux colloques internationaux sur les rapports entre la Grande-Bretagne et le continent européen au XVIIIe siècle. Une moitié des communications est de nature littéraire, touchant quelques-uns des auteurs britanniques les plus marquants de l'époque, examinés dans leurs liens intellectuels avec l'Europe (qui les influence ou qu'ils influencent). L'autre moitié contient des études sur les moeurs observées par les voyageurs, sur les représentations et images réciproques. Viennent également au jour les rivalités entre les pays (dans le domaine de l'érudition orientaliste), ainsi que la situation des habitants du Nord et l'Écosse, en marge de l'Europe, mais souvent enjeu politique pour l'Europe. La gravure satirique, enfin, a largement sa place avec un article sur les caricatures de Hogarth.
Depuis le début des années 1990 l'économie mondiale semble s'engager de plus en plus dans la voie de la globalisation. Pour d'aucuns, cette globalisation tendrait à imposer le modèle anglo-saxon, libéral par nature, à l'ensemble de la planète. Cet ouvrage, qui rassemble les actes du colloque organisé en avril 1995 à l'Université de la Sorbonne Nouvelle par le Centre d'études et de recherches sur la vie économique des pays anglo-saxons (CERVEPAS), entend contribuer à retoucher cette image. Il montre que si la globalisation constitue à certains égards le vecteur de la propagation de certaines spécificités anglo-saxonnes dans d'autres régions du globe, il existe néanmoins un écart sensible entre la réalité du fonctionnement de l'économie américaine et de l'économie britannique et le modèle théorique qu'elles ont inspiré et qu'elles sont censées incarner. La globalisation les soumet par ailleurs à une épreuve dont l'issue pourrait bien être la mise en cause du modèle auquel elles ont donné naissance.
Cet ouvrage représente le second volet des travaux du CRID (Centre de Recherche sur Idéologie et Discours) sur les Avant-Gardes esthétiques espagnoles. Il s'intéresse plus spécialement à la poésie qui a, plus intensément que les autres arts, joué un rôle dynamique dans l'Avant-Garde espagnole des années 20. L'originalité des études réunies ici réside dans la volonté d'aborder, en priorité, des oeuvres appartenant à des auteurs et des courants représentatifs de cette Avant- Garde ; l'Ultraïsme, le Créationnisme et le Surréalisme, trois «ismes» décisifs de l'histoire littéraire espagnole entre 1918 et 1930. Le but de cette recherche n'est pas de revenir sur les aspects théoriques, doctrinaux ou extérieurs de ces mouvements, mais d'analyser les «pratiques textuelles» représentatives de ces Avant-gardes, pour en apprécier véritablement les éléments de rupture ou de continuité.
Dans les deux dernières décennies du xxe siècle, minimalisme désigne une partie de la création littéraire et, pour le roman, une production généralement liée aux Éditions de Minuit. La notion, qui dérive des champs de l'architecture et des arts plastiques, est ici resituée dans la perspective de l'histoire littéraire. Les années 1980 sont traversées par une tension esthétique féconde, entre réévaluation du romanesque et permanence d'une distanciation critique, héritage du Nouveau roman et sortie de l'ère du soupçon. Issus d'un colloque international organisé à Cerisy la Salle, les articles de cet ouvrage mettent en relief l'invention d'un art subtil du roman : marqué par le souci du moindre effet, il est doté d'une capacité de résonance extrême. Ces analyses interrogent aussi les pièges et les impasses de la notion, liés à l'hétérogénéité des pratiques qu'elle désigne autant qu'à sa définition problématique. En contre champ : un texte de Philippe Claudel et un entretien avec Patrick Deville.
À partir du coup d'État de 1964 et jusqu'à la progressive transition politique au début des années 1980, diverses formes d'humour graphique furent publiées dans la presse indépendante sous le régime militaire brésilien. Cet ouvrage analyse le rôle politique de dessins de presse, caricatures, bandes dessinées, gravures et détournements d'images photographiques, autant d'images combatives ancrées dans l'opposition démocratique.Dans un contexte de répression policière et de sévères limitations imposées à la liberté d'expression, l'humour visuel fut employé par certaines rédactions pour lutter contre la censure et l'imaginaire autoritaire. Il contribua ainsi à redéfinir les contours de la marge de manoeuvre de la contestation politique, entre interdit, toléré et autorisé. Cette réinterprétation de pratiques inscrites dans une tradition de l'humour graphique brésilien fut également accompagnée d'innovations esthétiques et thématiques majeures.Ce livre révèle le rôle fondamental de l'humour et de la satire graphiques dans la construction des combats, comme dans l'affirmation des divergences et tensions des mouvements de l'opposition démocratique. Il contribue ainsi au renouvellement de l'histoire culturelle du régime militaire brésilien, tout en interrogeant le rapport des sociétés contemporaines aux pratiques contestataires, à la censure et à l'autoritarisme.
Statistiques ethniques, communautarisme, caissières d'Ikea arborant un hijab jaune et bleu : lorsque l'on évoque en France l'approche britannique de l'immigration et de la diversité culturelle, c'est ce type de formules et d'images, renvoyant à l'idée d'un «modèle anglo-saxon», qui viennent le plus souvent à l'esprit. La Grande-Bretagne est souvent présentée comme le pays du « multiculturalisme », aux antipodes du modèle républicain français, où, au nom de l'égalité, on se refuserait à prendre en compte les distinctions d'origine nationale, d'identité ethnique ou religieuse. Au-delà de ce qui relève davantage de clichés que d'une analyse fidèle de la réalité sur le terrain, le cas britannique, qui a subi beaucoup d'évolutions contradictoires depuis le tournant des années 2000, mérite une analyse précise et contextualisée. C'est seulement en dépassant des cadres de représentation nationaux figés que l'on peut espérer éclairer utilement nos débats hexagonaux sur l'immigration, la diversité culturelle et religieuse, et l'identité nationale.
Écrire la muséologie, c'est pouvoir la raconter, la discuter, la faire évoluer, mais surtout la penser, s'interroger sur la manière dont le champ muséal se développe et se transforme. Cet ouvrage présente, pour la première fois, les principaux acteurs et domaines de recherche liés à la muséologie, ses méthodes (constitution de corpus, enquêtes, analyses expographiques) et les modes de communication généraux (articles, mémoires, monographies) ou spécifiques (expositions) qui lui sont associés. Il constitue un outil indispensable pour réaliser un mémoire ou une thèse en muséologie. Il s'adresse donc aux étudiants comme aux professionnels désireux de mieux comprendre la manière dont la recherche structure l'activité et l'évolution des musées.
Pour la plupart de nos contemporains le fait que tous les enfants réussissent sans problème à apprendre leur langue maternelle relève du banal. En revanche, pour le spécialiste du langage et des langues, il s'agit sans conteste de l'exploit le plus remarquable dans une vie d'homme. La thèse du présent ouvrage prend à contrepied l'idée reçue dominante selon laquelle le moteur principal de l'acquisition de la langue maternelle serait l'imitation. Pour l'auteur cette banalisation du processus d'appropriation de L1 est due à une véritable lacune culturelle dans notre système éducatif. C'est pourquoi il invite son lecteur à un véritable voyage initiatique dans le domaine du langage humain, en s'appuyant sur des données authentiques liées à la conquête du français par la petite Caroline. Le lecteur peut ainsi suivre pas à pas l'émergence d'une grammaire mentale, c'est-à-dire du code de chiffrement et de déchiffrement qui est à la base de toute communication interhumaine. Le fait que Caroline soit la petite-fille de l'auteur, linguiste connu en France et à l'étranger, ajoute une note d'authenticité et une touche affective à un essai qui apporte des vues résolument neuves sur l'invention de la langue maternelle par l'enfant perceur-de-code.
Le présent ouvrage est le deuxième recueil thématique publié par le groupe TELOS (Travaux d'Études Linguistiques sur les Opérations de Symbolisation). Il regroupe cinq articles écrits par les membres du groupe et un article d'un auteur invité autour des thèmes croisés de la quantification et de la qualification. Ces études analysent l'interaction de ces deux dimensions à travers certaines opérations particulières (négation, pluriel, auto-désignation, détermination nominale ou verbale, etc.) dans des langues diverses (anglais, français, kabyle, chiac, etc.), et permettent, par delà cette diversité, de brosser un tableau nuancé des rapports complexes qui se dégagent dans le langage entre référence et quantification, d'une part, appréciation, qualification et modalité, d'autre part.
Pour concevoir un système automatique (une "machine") capable de comprendre le langage naturel oral et de fournir des informations à un humain qui l'interroge, il est nécessaire, entre autres, de disposer d'analyses linguistiques reposant sur l'observation de dialogues authentiques. Quelles sont les différences observables dans le comportement langagier des humains lorsqu'ils se croient face à une machine et qu'ils subissent ses contraintes de compréhension ? Y a-t-il simplification et appauvrissement de leur langage face à un partenaire qu'ils considèrent comme "restreint" ? Existe-t-il des structures fondamentales inhérentes au dialogue finalisé, qui subsistent en toute situation. Autant de questions auxquelles les études linguistiques présentées ici tentent d'apporter une réponse, en se fondant sur un corpus recueilli en situation réelle, au Centre d'information et d'Orientation de l'Université de Paris V.
Pour concevoir un système automatique (une "machine") capable de comprendre le langage naturel oral et de fournir des informations à un humain qui l'interroge, il est nécessaire, entre autres, de disposer d'analyses linguistiques reposant sur l'observation de dialogues authentiques. Quelles sont les différences observables dans le comportement langagier des humains lorsqu'ils se croient face à une machine et qu'ils subissent ses contraintes de compréhension ? Y a-t-il simplification et appauvrissement de leur langage face à un partenaire qu'ils considèrent comme " restreint " ? Existe-t-il des structures fondamentales inhérentes au dialogue finalisé, qui subsistent en toute situation ? Autant de questions auxquelles les études linguistiques présentées ici tentent d'emporter une réponse, en se fondant sur un corpus recueilli en situation réelle, au Centre de Renseignements de la S.N.C.F. à Paris.
La négation est un vaste domaine qui a préoccupé les philosophes, les linguistes, les sémiologues et les sémanticiens, les grammairiens et les logiciens... et tous les apprenants de langues étrangères depuis bien longtemps. Voilà donc un ensemble d'articles qui éclairent chacun à sa façon un aspect de la Négation. Ils sont le reflet des multiples tendances, des multiples orientations que la linguistique contrastive présente actuellement. La méthodologie contrastive lie ces articles, ces auteurs. Les applications que chacun en fait lui sont propres, selon le domaine particulier dans lequel il travaille : recherche théorique ou didactique, structures logiques ou structures grammaticales, comparaison de systèmes lexicaux ou traduction, etc. Pour tous ces auteurs, une langue éclaire l'autre, une langue est dépendante de l'autre, une langue ne vit pas isolée mais entretient des rapports étroits avec d'autres langues, ceci sur le plan descriptif comme sur le plan pratique.
L'identité européenne, fruit d'une volonté politique dès le Traité de Rome en 1957, devient chaque jour une réalité vécue qui s'impose aux consciences, aux États, aux traditions, au passé. La multiplication des échanges institutionnels et personnels au sein de la Communauté Européenne qui s'agrandit d'année en année implique l'existence et l'usage d'une ou plusieurs langues de vaste diffusion. À défaut d'une « langue universelle » qui rallierait tous les suffrages le plurilinguisme semble être la solution raisonnable et tout Européen aura l'obligation, le devoir même de maîtriser outre sa propre langue, une ou deux langues de la Communauté. La « politique des langues » doit retenir l'attention de tous, hommes politiques, enseignants, simples citoyens, si l'on veut que la question des langues ne deviennent pas un facteur de division mais qu'elle contribue à la construction de l'Europe. Cet ouvrage, issu du Symposium International de Nancy et enrichi d'apports complémentaires, apporte des éléments de réponse et des voies de réflexion à cette problématique qui concerne autant les enseignants et les parents que les décideurs politiques et les acteurs sociaux. Les contributions présentées dans cet ouvrage illustrent les préoccupations et les réflexions des spécialistes en Sciences du Langage à la fois chercheurs et praticiens ; elles s'ordonnent autour de quatre grands thèmes : - un état des lieux : les langues sur le terrain et dans les institutions ; - un contenu pratique : la formation linguistique « les jeunes européens ; - une proposition nécessaire : la planification linguistique ; - des perspectives d'avenir : le cheminement vers line identité européenne à travers les langues de l'Europe.
Le fait autonymique est ce qui inscrit, dans les langues naturelles et sous diverses formes, la possibilité de « parler des mots ». Il est ainsi forcément présent dans les discours dont l'objet porte sur le langage ou qui s'interrogent sur la langue : dans les grammaires, les dictionnaires, ou les interactions dans les cours de langue, par exemple. Mais il surgit également dans les situations les plus diverses dès que les discours ne se contentent pas de parler des « choses » avec des mots, échangeant alors des mots à propos des mots : je ne comprends pas ce mot, comme vous dites, etc. Les études rassemblées dans ce volume analysent des pratiques langagières variées, des conversations familières, des dialogues de théâtre, des débats idéologiques, des journaux télévisés, des écrits psychanalytiques, des récits romanesques, etc., saisissant, au-delà de la variété des formes, les différents enjeux (didactiques, esthétiques, subjectifs, idéologiques, etc.) du fait autonymique. Il apparaît ainsi une « rhétorique de l'autonymie », qui se décline différemment selon les époques, les genres, les situations, les styles, et qui constitue désormais une « entrée » opératoire dans la description des discours.
Le présent ouvrage reflète les préoccupations d'un universitaire chargé de longue date d'un cours d'histoire de la langue pour candidats à l'agrégation d'espagnol. On peut y voir, à ce titre, un recueil qui s'adresse tout particulièrement à des étudiants et notamment à ceux qui cherchent des réponses - ou des éléments de réponse - à quelques-unes des questions que posent la morphologie et la syntaxe de l'espagnol ancien (l'un des textes que doit commenter devant son jury un futur agrégé d'espagnol est en effet un classique de la langue ancienne). Cet ouvrage, cependant, ne se substitue pas à une grammaire historique. Il ne traite qu'un nombre limité de questions de morphosyntaxe espagnole - choisies parmi celles qu'un hispaniste a le plus de chances de devoir aborder dans le commentaire linguistique d'un texte ancien - et il vise avant tout à illustrer une certaine façon de décrire une langue. Par delà l'étude de quelques cas de motivation du signe linguistique, il vise à montrer ce que peut être une grammaire de l'espagnol lorsqu'on choisit d'accorder aux signifiants de cette langue une attention prioritaire.
Rouen, Brest, Limoges, Aix-en-Provence, Toulouse..., c'est à une fuite vers le sud, une fuite en zigzag, que faisait penser récemment la carte des universités françaises dans lesquelles la recherche en linguistique hispanique avait donné lieu à des rencontres entre spécialistes. Contourné - évité ? - par l'ouest, Paris ne semblait pas avoir de place sur cette carte, il n'en va plus de même depuis les 8, 7 et 10 février 1996, c'est-à-dire depuis que s'est tenu à la Sorbonne le VIIe Colloque de Linguistique Hispanique. Venus pour l'occasion de presque toutes les universités françaises mais aussi de Belgique, d'Espagne et de Pologne, de nombreux chercheurs ont confronté leurs points de vue durant trois jours et ont apporté leur contribution à la connaissance des langues de la Péninsule ibérique. Ce sont ces points de vue que rassemble le présent volume. Ils éclairent certaines particularités - diachroniques ou synchroniques - du castillan, du portugais, du catalan et du galicien. Ils permettent de mieux comprendre ce que sont les structures phonétique, phonologique, morphologique, syntaxique, lexicologique et sémantique de ces langues. Ils illustrent les principales méthodes d'analyse que l'on emploie aujourd'hui dans les sciences du langage. Ils permettent en somme de prendre la mesure des progrès réalisés dans un domaine où le savoir est exploité non seulement à des fins pédagogiques - l'enseignement des langues - mais aussi - et de plus en plus - à des fins industrielles (il nourrit de nos jours les « industries » de ta langue).
Arpenter les lieux de la mémoire ouvrière et paysanne, explorer les nouveaux terrains de l'emploi tertiaire, inventorier et réinventer les langues qui façonnent le monde de l'usine et de l'entreprise : tel est souvent le programme des textes fictionnels ou documentaires consacrés au travail depuis les années 80. Ces ouvrages ont retenu l'attention de la critique universitaire récente. Manquait cependant encore une étude de fond consacrée à ce qui est pourtant un des enjeux fondamentaux de ces textes : leur portée politique. Ce volume s'attache donc à interroger les formes de l'implication qu'ils mettent en oeuvre, de l'examen critique du monde social à l'élaboration d'un discours tourné vers la praxis. Il espère ainsi contribuer à penser les rapports de la littérature contemporaine au politique ; et, par là même, participer à l'élaboration d'une cartographie du champ littéraire au tournant du millénaire.
La complétude constituant un enjeu central, quel que soit le cadre théorique dans lequel on s'inscrit, il s'agit ici d'une réflexion sur la syntaxe et la sémantique de phénomènes tels que l'actance, la préposition, la détermination verbale, etc. Il s'agit également d'une ouverture vers la cognition dans la mesure où se retrouve posée la question des connaissances présidant aux choix fondamentaux qui déterminent l'analyse Dans cette perspective, la cognition n'est pas seulement un mot à la mode, elle devient ici un concept particulièrement pertinent et novateur.
Ce volume rassemble les contributions de chercheurs de différentes aires culturelles autour de la notion d'événement, objet porteur de sens différents et, de ce fait, transversal à différentes disciplines des sciences humaines et sociales (histoire, sociologie, sciences du langage, sciences de la communication, sciences politiques...), ici représentées.Si, comme dit le dictionnaire d'usage, l'événement est « ce qui arrive », c'est également « ce qu'il devient » au fil du temps, c'est-à-dire comment on le raconte, le nomme, le qualifie, le mémorise, et comment il se transforme lorsqu'il est « saisi » par la langue et la communication et qu'il devient ainsi objet de discours. Car l'événement, c'est également «ce qui est important pour l'homme».Dire l'événement, c'est s'interroger sur ce qu'il représente, au-delà de l'expérience individuelle et du ressenti émotionnel : ce qu'il en reste dans l'histoire d'une société et chez ses acteurs, ce qu'il devient dans les mémoires collectives lorsqu'on en use comme un précédent pour envisager l'avenir, ou bien lorsqu'on l'oublie ou qu'on le nie. Dire l'événement, c'est finalement contribuer à le construire, à le représenter et à s'interroger sur ses référents, ce que cet ouvrage s'emploie à comprendre et à expliquer autour de cinq thèmes porteurs d'interrogations transversales : l'événement dans l'espace social ; la médiatisation des événements ; l'histoire, l'oubli, la mémoire ; le nom d'événement et le non-événement ; la langue et l'événement... L'événement est une notion qui devrait intéresser tout citoyen curieux de comprendre ce qui se passe dans le monde et l'environnement dans lesquels il vit et avec lesquels il interagit.
Comment aborder la construction du sens des mots dans les discours spécialisés, didactiques et ordinaires ? Quelles sont les procédures sous-jacentes à la création lexicale ? Comment s'opèrent l'identification, la transmission et l'interprétation du sens et des savoirs ? C'est à ces questions fondamentales que tente de répondre cet ouvrage qui réunit dix textes de Fabienne Cusin-Berche autour de l'usage que l'on fait des mots en contexte.
Ce livre rassemble des contributions de chercheurs internationaux qui réfléchissent sur les relations entre langue, discours et société. Il s'adresse à un public diversifié, spécialistes ou étudiants, intéressé aussi bien par l'histoire de la langue française que par la sociolinguistique, l'analyse du discours et la didactique du français. Dans un premier temps, est abordée la complexe et tumultueuse histoire de « la langue commune ». On y présente plusieurs approches théoriques du changement des usages à travers des études de cas, en diachronie et en synchronie. La deuxième partie réunit des articles qui relèvent de l'analyse du discours. Enfin, une section est consacrée à l'évolution de l'enseignement du français à l'école primaire ainsi qu'aux diverses pratiques pédagogiques passées et actuelles. Cet ouvrage est un hommage à Sonia Branca-Rosoff, dont la recherche a su articuler rigoureusement ces divers domaines.
La terminologie, science des vocabulaires spécialisés, pose la question de la relation des signes, des concepts et des choses. L'ouvrage s'efforce de resituer terminologie et linguistique en prenant en considération la problématique du concept.
Jorge Amado est sans aucun doute l'écrivain brésilien le plus connu en France où son oeuvre a été presque intégralement traduite. Le retentissement et les mérites de ses écrits d'une richesse foisonnante lui ont valu l'hommage de la Sorbonne Nouvelle qui lui a décerné en 1998 le titre de docteur honoris causa.. Dans son pays pourtant, si son succès a été considérable auprès du « grand public », nombre d'intellectuels et de gens de lettres ne lui ont pas ménagé leurs critiques. Un an après sa disparition, un réexamen de son oeuvre a pu paraître opportun. Cet écrivain latino-américain qui a su conquérir un large public international a marqué de son empreinte singulière la production littéraire du xxe siècle. Les quinze travaux réunis dans ce recueil, orientés suivant trois axes « L'écrivain et son oeuvre », « Lectures plurielles des romans amadiens » et « L'oeuvre amadienne en dialogue intersémiotique » prennent en compte les facettes diverses et multiples de ces écrits, discutent les problèmes de réception et de traduction et abordent le dialogue qu'ils instaurent avec d'autres formes artistiques.
Cet ouvrage veut mettre l'accent sur le rôle qu'à joué dans la carrière de Pierre Hourcade, Armand Guibert et Paul Teyssier leur présence à Lisbonne pendant la guerre. C'est en effet dans cette ville et de cette époque que date l'élan décisif qu'ils ont su donner aux études portugaises en France. Ces trois ardents lusophiles à la personnalité très différente ont mis en valeur l'image d'un Portugal encore trop méconnu, ont fait reconnaître la langue portugaise dans les études universitaires et ont efficacement agi en faveur de la réception des cultures et des litératures lusophones (Portugal, Brésil, Afrique, Asie) dans les milieux intellectuels français. Cet ouvrage se veut un hommage à la culture portugaise et un hommage aux trois pionniers de la lusophilie en France : Pierre Hourcade par son oeuvre de critique et de traducteur ; Armand Guibert que l'on peut considérer comme le révélateur de Pessoa en France et dans le monde ; Paul Teyssier, universitaire dont les travaux linguistiques font toujours autorité.
Les Vents du large ont soufflé sur les pays ibériques, et tout spécialement sur le Portugal et sa vaste façade océanique. À l'aube de la Renaissance, ces vents ont insufflé le goût de l'aventure, le désir de découvrir de nouvelles routes sur l'Océan, ils ont porté les caravelles aux confins de l'Ancien Monde, en Inde et en Extrême-Orient, et les ont menées jusqu'au Nouveau Monde. Il a fallu nommer les terres nouvelles, apprendre des langages inconnus, conquérants et missionnaires ont suivi de près les découvreurs. La pensée et la littérature non seulement des pays ibériques, mais de notre occident européen se sont nourries de ces expériences inédites. Or bien après cette époque exaltante, après que le désenchantement eut succédé à l'enthousiasme et le repli sur soi à l'appel du large, d'autres vents ont soufflé. Au XIXe siècle, les idées de liberté et d'indépendance, de démocratie et de république, ont secoué en tous sens les anciens régimes monarchiques et le pacte colonial, agitant les esprits des écrivains et des hommes politiques, bouleversant en particulier le Portugal, et le Brésil qui avait été sa colonie la plus vaste. Tels sont les deux axes autour desquels s'ordonnent la trentaine d'études contenues dans le présent recueil. Le livre est un hommage au Professeur Georges Boisvert, qui a formé des générations de lusitanistes. Ses collègues et anciens étudiants ont tenu à lui manifester ainsi leur gratitude et leur amitié, en explorant des thèmes auxquels lui-même a consacré une grande partie de ses propres travaux.
La littérature du XXe siècle s'est enrichie d'un nombre croissant de textes écrits en dehors des normes formelles établies. En marge des genres et des sous-genres reconnus se sont manifestés, avec une fréquence et une vigueur de plus en plus nettes, des textes qu'on peut qualifier d'hybrides parce qu'ils échappent à l'horizon des catégories. Les hors-la-loi de l'écriture que sont leurs auteurs ont produit des cohabitations, brouillages, contaminations et couplages textuels divers, très souvent d'un grand intérêt. Ce territoire hors frontières, ce no man's land de la littérature, voilà le champ d'exploration de ce livre. On veut ainsi introduire à la problématique, contribuer à une meilleure compréhension du phénomène, préciser à partir de cas significatifs un projet et des modalités d'écriture, proposer enfin une bibliographie raisonnée pour stimuler la réflexion ultérieure.
La recherche collective présentée dans cet ouvrage est consacrée à l'examen de textes qui, en Italie et à partir du XIXe siècle, portent des traces variées de l'enfouissement volontaire ou à demi inconscient du discours d'une subjectivité tendant à être objectivée, rationalisée, jugulée, ordonnée et socialisée, comme s'il s'agissait toujours de faire pardonner ou oublier un moi devenu « haïssable » par son égoïsme esthétisant et son insolente futilité. Les travaux regroupés dans ce volume ont pour finalité de mettre au jour les signes d'une résistance souterraine et clandestine à la loi qui impose à tout auteur individuel de s'évanouir comme créateur d'une production incertaine au profit d'un produit parfaitement maîtrisé et irréprochable sur le marché universel de la communication.
Le livre que Philippe Renard a consacré a Cesar Pavese dans le courant des années 70 s'est imposé comme une lecture d'une grande originalité, qui occupe désormais une place de choix dans la bibliographie française et étrangère. Les Presses de la Sorbonne Nouvelle proposent la réedition de cet ouvrage.