La Piterne
En 1856, avec humour et parfois irrévérence, Edmond About - célèbre pour sa vivacité, son ironie et sa précision - narre six rencontres curieuses, étonnantes, voire incongrues qui aboutissent toutes à des unions tendres, rocambolesque ou contre nature... pour les goûts de l'époque ! En préface, l'auteur présente ses histoires comme « une demi-douzaine de contes bleus qui pouvaient former un volume. » Le ton et le recul sont donnés !
Les lecteurs du marseillais Léon Gozlan appréciaient son esprit vif et léger. En 1853, l'ancien marin devenu chroniqueur aborde six thèmes différents, sur six tons adaptés. L'état sanitaire des enfants prête à l'émotion ; le gendre qui tente d'écarter le beau-père et assouvir son ambition politique pousse à sourire ; les querelles entre religieux, plus tolérants pour soi que pour les autres, glissent grâce à l'humour au second degré. Le lecteur d'aujourd'hui goûtera les sous-entendus éternels, les moqueries polies ou les déconvenues galantes, et comprendra les propos de Barbey d'Aurevilly : « Léon Gozlan, un esprit chaud, coloré, condensé, aiguisé, vivant et vibrant, plein d'invention. »
Joseph Vilbort chante la Campine belge de 1877, région à la frontière des Pays-Bas. Il chante surtout les amours dans la région : l'ouvrier agricole Jef et la bergère Liske, la béguine flamande et l'officier français, la riche fiancée veuve et l'artiste désargenté... Six romances permettent à l'auteur d'exprimer des nuances de sa sensibilité. Les paysages des aventures sont dignes des peintres flamands : campagne, rues de Gand, mer du Nord, la palette colore les tableaux. Outre les personnages, les décors et les sentiments, Vilbort module aussi les impressions : colère, humour, angoisse, révolte.
Quatre récits envoûtants, de la Russie impériale à une île déserte, où Judith Gautier explore les passions et les tourments du cœur. Un voyage littéraire aussi varié que profond, entre exotisme et introspection.
Six voix, six destins brisés par la guerre : dans un hôpital de Constantinople, des blessés de tous horizons racontent leurs combats, leurs espoirs et leurs faiblesses.
En 1900, Paris accueille l'Exposition universelle et ouvre sa première ligne de métro de la porte Maillot à la porte de Vincennes. Là, ont lieu les épreuves des deuxièmes Jeux olympiques d'été. Au programme, se tiennent les concours d'aérostation, dont ceux de durée et de distance. En finale, Henry de la Vaulx et Georges de Castillon mènent leur ballon Le Centaure. Suivons leur exploit jusqu'en Ukraine...
Après la mort du roi Charles V, les régents du jeune successeur cherchent à rétablir des impôts interrompus par le défunt. Les Rouennais courent à la charte aux Normands qui prévoit : « Le roi ne lèvera en Normandie que les impôts ordinaires » et à la charte de Philippe-Auguste qui ajoute que les Rouennais ne versent pas d'impôt sur le vin. On leur rétorque que les aides ne sont pas un impôt ordinaire, et que le régent ne veut taxer que le vin consommé dans Rouen. Les chartes semblent violées. La révolte gronde...
En notre époque qui rêve de jeunesse éternelle, le bel âge est le moment de la vie riche d'expériences et rempli de bonté. Les Anciennes "aident", car la tâche semble naturelle. Les Anciens voilent leur pudeur sous des airs bourrus : on ne leur en montre plus ! Tour à tour rudes ou tendres, marmottant parfois seuls dans leur silence, observant sans juger, les personnages de Jean-Patrick Beaufreton pensent au lendemain de leurs descendants et nourrissent leur quotidien de souvenirs à leur image.
M. de Séguirann'a qu'un souci, dans son château près d'Aix en Provence : avoir une descendance. Les madames de Séguiran sont vertueuses ; la première incapable de fournir l'héritier tant souhaité laisse un veuf éploré. Mais le plus cruel est son frère qui soupçonne M. de Séguiran d'être incapable de procréer ! Avec humour et beaucoup d'allusions fines, Henri de Régnier plante des personnages hauts en couleurs dans des situations rocambolesques. Avec son style précieux et précis, il amuse et émeut jusqu'à la dernière scène !
Onze nouvelles cernent l’âme normande : entre ruse paysanne, héritages disputés et luttes de pouvoir, Rustres dépeint avec ironie et finesse les petits arrangements et les grands drames des campagnes.
Voilà quelques années, elle s'appelait Blanche Carel, la petite Blanchette, bonne fille, pas fière, aidant les étudiants à dépenser les pactoles paternels et passant de l'un à l'autre avec une liberté de coeur qui rappelait les grisettes. Un jour, Blanche avait réfléchi. Elle avait vu quelques amies traverser les ponts, gravir les sommets du quartier Breda, s'installer dans de somptueux appartements et se faire un nom parmi les belles impures. Donc, elle aussi s'était envolée du Luxembourg pour s'abattre rue Pigale, sous le nom de Bianca Smithson.
Au théâtre de l'Odéon, Jules Renaut, étudiant sans le sou, se paie l'audace d'aborder une splendide marquise qui s'ennuie près de son mari. Le plaisir d'un soir se transforme en rencontre, puis en confidence. L'amoureux transi découvre un monde qui lui était totalement inconnu, où il saura gravir les échelons avant de... Édouard d'Anglemont dépeint des classes sociales que tout semblait séparer en 1842 ; les héros se révèlent sans scrupules, car les conventions et leurs intérêts les séparent. Pour prémunir le lecteur, l'auteur use souvent de l'humour au second degré.
Le comte de Sénanges a une double réputation : fin diplomate et redoutable séducteur. Invité par M. de Terny, il est troublé par la jeune Emma, âgée de seulement 16 ans qui éprouve les premiers émois de l'adolescence. Placée entre le jeune Arthur prêt à la défendre et le comte décidé à la séduire, la demoiselle s'interroge sans cesse sur le bon choix. Le récit de 1838 se situe dans la riche société du XIXe siècle. Les sentiments sont identiques à travers les époques, ceux du coeur et ceux de la mode. Ancelot ironise sur les nobles prêts à se laisser berner par les apparences et se penche sur la jeunesse exposée aux mauvais penchants des harceleurs.
Deux jeunes femmes se promènent après leur pause méridienne. Un séducteur, plutôt un suborneur, les accoste. Le soir même, Florette disparaît ; le riche Américain se croit tout permis grâce à son argent : il a trouvé la midinette à son goût, il l'a enlevée. La mère de Florette, son amie Titine et son fiancé Georges se mettent en quête d'informations pour comprendre ce qui a bien pu se passer. Une piste se dessine ! Georges est proche d'atteindre le but quand il est arrêté, sa tentative est prise pour un cambriolage... Pendant ce temps, au fond d'une cave nauséabonde, Florette résiste avec courage et cherche le moyen de sortir. Le livre écrit par Gustave Le Rouge en 1935 déroule un thème toujours d'actualité.
Cyrille Goron rêve de rentes et déteste traverser la Seine, mais sa ferme en ruine et son épouse déterminée le forcent à l’action.
Albert Dorian, artiste peintre, passe les fêtes de Noël 1875 à Londres. Bien mauvaise idée, car le brouillard britannique l'égare et il se retrouve dans une riche maison inconnue face à des kidnappeurs dangereux, menaçants, cruels. Cet épisode inouï le conduit entre les mains des policemen... qui l'accusent d'un meurtre évident ! Revenu à Paris, l'artiste revoit le profil délicat de celle qu'il n'a pu arracher à son sort. Il peint le portrait de cette femme dont il s'est épris. Étrange idée, car le tableau va déclencher l'enquête pour en retrouver le modèle. Bistouri, le plus habile inspecteur de la police française, l'homme aux mille visages, mène le travail.
Dans le Paris des années folles, un fils défie son père, un officier cache un double jeu, et des artistes de music-hall se retrouvent au cœur d’un imbroglio où l’amour et la trahison se mêlent.
Les trois parties du recueil réunissent 32 récits. D'abord, des aventures mythologiques, où l'auteur présente des héroïnes aux évolutions exceptionnelles, dans une langue riche d'esprit et de vocabulaire. Puis onze femmes et leurs relations personnelles à l'amour charnel ou platonique, moralement permis ou perverti. Enfin, une palette de personnages curieux, contradictoires, passionnés, ambivalents ou ambigus. Remy de Gourmont excelle dans l'art de la chute qui explique l'intrigue et trouble à la fois.
Mme Farnier s'amuse à versifier pour tuer le temps. L'épouse du fonctionnaire avignonnais remporte le concours de poésie organisé par la revue Le Laurier d'or. Le succès fait craindre à M. Farnier le "qu'en dira-t-on". Invité à la capitale pour la remise du prix, le couple va souffrir dans ce milieu hypocrite : les intérêts du magazine, les à-côtés futiles et dangereux, l'envie et le désir de nuire, etc. Lorrain dresse la satire de moeurs dans le milieu de la presse du début du XXe siècle, et pas seulement de cette époque.
Veux-tu que je conte une histoire, une histoire aux propos joyeux ? Mets ta chopine entre nous deux ; le bon cidre aide la mémoire et fait passer dicts graveleux. Normands aimaient conter et boire : Soyons dignes de nos aïeux. Qui peut mieux parler de son projet que l'auteur lui-même ? Les Contes normands par Jean de Falaise, publiés en 1839, sont des nouvelles et des fantaisies, non des récits traditionnels ou féeriques.
Venise, 1878. Quatre peintres italiens, des amours interdites et des nobles jaloux : Aventures cavalières mêle intrigues romantiques et rivalités artistiques dans un décor somptueux.
Devenir un manager inspiré et efficace, c’est possible ! Manager sans se louper vous révèle les clés pour affirmer votre leadership, motiver vos équipes et transformer vos défis en opportunités.
Sous la Seconde Restauration, il était d'usage de "bien éduquer" les jeunes filles à leur rôle de fille, d'épouse et de mère ! Une Normande a romancé les attentes des parents et celles attribuées aux demoiselles. Sans militer pour la restauration de cette éducation, il est utile de connaître les pensées de nos ancêtres.
Écrit à la première personne, comme un témoignage, cette confession relate la dure vie de misère d'une femme de pêcheur vers 1855, année de la publication. Rose Duchemin relate ses difficultés et son souci de garder la tête haute ; elle évoque sa grande progéniture, les privations qu'elle s'impose et la solidarité qui l'entoure. Elle décrit tout à la fois les différends familiaux et la générosité de la communauté. Que ce récit soit réel ou inspiré de la réalité, il résonne par son authenticité au coeur du XIXe siècle.
Un colis mystérieux arrive de Londres : un chiot dingo, sauvage et imprévisible, bouleverse la vie de son nouveau maître.
La Normandie est riche de mille histoires. De tous temps, les légendes et les contes ont peuplé les veillées de ses habitants. Puisant à cette source fantastique, l'auteur redonne vie aux croyances d'autrefois et en replace dans le monde contemporain. Les contes, dénichés dans les archives, sont revisités ; avec délectation, l'auteur leur donne des allures contemporaines et montre ainsi leur éternité. Farce, roublardise, moquerie, les raisons de se divertir sont nombreuses et variées, avec bonhomie et gentillesse. Les leçons ancestrales sont toujours présentes, l eur imaginaire agit encore de nos jours et n os vies en sont marquées pour l'éternité.
Un domino gris apparaît au bal de l'Opéra. Nul ne peut en voir le visage, mais un observateur croit en reconnaître la voix, le rire... Comment est-ce possible ? Ce ne peut être elle !
En débarquant du bac, à Quillebeuf-sur-Seine, le randonneur pensait profiter d'une étape calme et reposante. Son logeur lui présente la ville et tient à évoquer Rose Lacroix : la jeune fille morte en 1842, a vu sa tombe transformée en lieu de rendez-vous des amoureux venus de fort loin. Ils y gravaient leurs noms pour garantir leur affection et mesuraient leur fidélité. En rappelant la vie de l'époque, le logeur conte l'épopée de la jeune fille et la conviction de son amour. Inspirée de la nouvelle d'Émile Dumont publiée en 1861, l'histoire illustre la force de la confiance en l'amour éternel.
- Revenons à notre affaire : on offre donc 500,000 dollars à qui donnera des renseignements sur ce M. Géard ; il me semble que, mieux que personne, tu es en mesure de satisfaire le monsieur qui promet cette belle récompense ; il se nomme... Le commandant relisait l'annonce. - Atkins... il demeure à Oil City, dans la Pennsylvanie... Mais quel intérêt ce monsieur a-t-il à payer aussi généreusement ?... Peut-être cet article va-t-il nous l'apprendre. Et le commandant lut tout haut la note qui accompagnait l'annonce. Cet extrait, ao coeur du récit, pose l'enjeu de ce "road movie" avant l'heure qui va mener toute une équipée en Amérique du Nord, en Afrique et en France, en plein XIXe siècle
Les 21 juors d'un neurasthénique (1901) suivi de La 628-E8 (1907) Octave Mirbeau décrit la société à travers les curistes d'une station thermale et à travers les notes de voyage à travers la France, la Belgique, la Hollande et l'Allemagne. Les deux textes montrent l'humour et la tendresse de l'auteur.
Un vieux botaniste retiré dans la montagne, n'acceptera de se séparer de sa fille adorée, qu'au bénéfice de celui qui apportera la plante rare qui manque à sa collection ! Le scénario est classique en apparence.Ce qui l'est beaucoup moins, c'est la précision apportée aux lieux, à la flore et à la science de l'herbier. 'Publié en 1904) Un excellent divertissement de vacances.
Selon la légende, Gautier d'Yvetot, chambrier du roi Clotaire, fuit la cour de celui-ci, dont il s'est attiré l'inimitié. Après dix ans, il revient se jeter aux pieds de son roi, muni de lettres de recom-mandation du pape. Clotaire le tue de sa propre main. Le pape menace alors le roi de l'excommunier. Pour prévenir ses foudres, Clotaire érige la seigneurie d'Yvetot en royaume ! (Publié en 1881) Suivi du Journal officiel du pays de Caux, n°99.999 du 16 octobre 1883. Des fantaisies, comme seuls les Normands savent les faire.