Théologie à l'Université
Initié en particulier par le concile Vatican II à partir de la Déclaration sur les religions non-chrétiennes, Nostra Aetate, le dialogue interreligieux a connu depuis vingt ans de nombreuses évolutions. Il a été marqué par des événements forts, dont notamment le rassemblement d'Assise en 1986. Réalisé à partir d'un colloque tenu sous l'égide de l'Institut de Science et de Théologie des Religions (ISTR) de l'Institut catholique de Paris, ce livre fait l'état de la question sur le dialogue interreligieux aujourd'hui, avec ses difficultés et ses chances. Où en est la rencontre entre juifs et chrétiens ? L'échange entre musulmans et chrétiens ? Le dialogue entre bouddhistes et chrétiens ? Les relations entre hindous et chrétiens ? Quelle présence des religions en Chine ? Vingt ans après Assise, où en est la Théologie chrétienne des religions ? Un panorama très complet avec les réponses des meilleurs spécialistes.
La part spécifique prise par de nombreux fidèles laïcs dans la vie et la mission de l'Eglise est sans conteste une chance. Dans notre situation de reconfiguration des paroisses, la possibilité offerte à des équipes d'être associées à la charge pastorale pose cependant question. Comment articuler cette mission spécifique confiée à une équipe avec la mission baptismale de tous les chrétiens, comme avec le rôle spécifique des ministres ordonnés dans l'Eglise ? Quelles figures de la charge pastorale, de l'office curial ou encore de la paroisse émergent de telles pratiques ? En étudiant avec précision le canon 517.2 qui offre une " participation à l'exercice de la charge pastorale " à des équipes en paroisse, cette étude met en évidence la nécessité d'un discernement théologique précis qui permet d'éviter le flou institutionnel et l'arbitraire des décisions. Il s'agit de repérer les situations ecclésialement précaires et génératrices de conflits comme de frustration. L'évaluation théologique proposée permet ainsi d'indiquer les voies à explorer, qui passent par la requalification des communautés chrétiennes reconnues comme sujets d'initiative et d'action.
La conception éthique a laquelle l'Eglise catholique demeure attachée est sans ambiguïté : le mariage est hétérosexuel, monogame et pour la vie. Mais cette position apparaît de plus en plus isolée dans l'espace public, tant elle diverge des nouvelles législations familiales, tant elle semble démentie par l'évolution des comportements : divorce et remariage, familles monoparentales et recomposées, union libre et revendication du mariage pour les personnes de même sexe. La théologie morale ne peut se résoudre à cet isolement de fait, qui est d'ailleurs peut-être plus superficiel qu'il n'y paraît si l'on s'en tient à l'attrait que continue d'exercer le mariage religieux. Le temps est venu de refonder le mariage catholique, pour éprouver les significations reçues, les relancer, et réalimenter le dialogue entre les croyants et les hommes de bonne volonté. Sans ignorer non plus les objections et les nouvelles attentes de la modernité en la matière.
Alors que l'école peine à transmettre des connaissances dans un monde où les modes d'information évoluent et que la société s'interroge sur l'acquisition des valeurs face à leur relativité, l'Église se pose elle aussi des questions sur ce qui est à l'oeuvre au coeur de la catéchèse. Car la rupture de transmission touche de plein fouet l'Église catholique. De ce fait, les formes de la catéchèse varient selon les lieux, les rassemblements revêtent une importance décisive, les expériences sont diversifiées. Le défi consiste donc plus que jamais à définir des modèles catéchétiques nouveaux. " Dans un monde qui ne se tourne plus ou beaucoup moins vers l'Évangile pour répondre aux questions cruciales et brûlantes de son existence, il faut sortir du schéma prégnant d'une catéchèse enseignante qui entretient une foi déjà là pour une catéchèse plus communicationnelle et dialogique dont le but premier est de faire que la Parole de Dieu puisse prendre la parole. "
Tout au long de l'histoire, la mémoire chrétienne hésite entre le Paul dépeint par les Actes des Apôtres et celui qui se profile dans les épîtres. D'emblée, cet essai fait le choix de rejoindre à travers ses lettres la figure d'un missionnaire hors pair des origines du christianisme. Car Paul se signale comme le seul auteur du Nouveau Testament à s'exprimer à la première personne de manière réelle et pratique, jusqu'à confier à ses correspondants ses projets de voyages, des salutations nominales ou des souvenirs concrets. Comment alors cerner sa personnalité, parvenir à une vision d'ensemble, d'autant plus que les recherches actuelles sur la théologie paulinienne sont en plein bouillonnement ? C'est le défi relevé ici par Claude Tassin.
À la suite d'un colloque organisé sur ce thème en septembre 2007 à l'Institut catholique de Paris, ce livre propose un premier bilan sur la recherche consacrée aux écrits apocryphes chrétiens des premiers temps de l'Église. Littérature souvent méconnue, riche d'un imaginaire débordant et parfois fantaisiste, ces textes témoignent aussi de la réalité des différentes communautés chrétiennes anciennes. Mais que disent les apocryphes de cette diversité ? Comment les formes artistiques interviennent-elles dans la mise en valeur de ces récits ? Comment croiser les approches historiques, exégétiques, théologiques, littéraires ou iconographiques ? Autant de questions abordées et débattues ici, qui invitent à leur manière à découvrir les textes eux-mêmes.
À l'heure de la crise du système hospitalier, il est urgent de revenir sur la vocation propre à l'hôpital. Si l'historiographie héritée de Michel Foucault fait de l'hôpital un lieu d'orthopédie sociale, dont l'efficacité se paie par la perte du lien entre soignés et soignants, Catherine Fino propose une autre piste, dans laquelle les dimensions de solidarité, de compassion n'ont pas disparu. Elle étudie, du XVIIe siècle à nos jours, deux institutions fondées avec succès par les religieuses québécoises en des temps de précarité sociale et financière. La charité, axe central de la vie chrétienne, se déploie ici dans l'espace public, comme une vertu sociale. La formation des hospitalières les rend capables de créativité sociale, normative, politique, au profit de l'humanisation des soins. Il est alors possible d'envisager une nouvelle figure sociale de l'hospitalité, et la responsabilité des chrétiens en ce domaine : proposer des espaces de soin innovants, une formation pratique, et une spiritualité capable de soutenir la responsabilité professionnelle et politique en faveur des plus vulnérables.
Et si les morts étaient toujours vivants ? Si même ils se faisaient voir parfois à leurs proches et leur parlaient ? L'auteur aborde ces questions à partir de plusieurs expériences. Missionnaire au Congo-Brazzaville, il a recueilli les récits bouleversants de ceux qui disent avoir rencontré un mort. Prêtre dans une banlieue multiculturelle, il a côtoyé diverses manières d'aborder la mort. Celle-ci est souvent occultée par la culture occidentale sécularisée, mais le désir d'entrer en contact avec les morts n'a pas disparu comme on le voit dans le film Le Sixième Sens. Le parti pris de ce livre est d'accorder de l'importance à la parole des vivants qui témoignent d'une expérience vécue avec des morts. En s'appuyant sur l'espérance ouverte par la mort et la résurrection de Jésus-Christ, ce livre répond en finale à des questions simples : peut-on dire qu'on vit avec les morts " ? Nos morts, où sont-ils ? Que dire de la trilogie paradis, enfer, purgatoire ? Nos morts sont-ils apaisés ? Sont-ils poursuivis par les fautes commises durant leur existence ? Les morts peuvent-ils continuer de nous hanter ? Peut-on prier pour les morts... ou prier avec eux ? L'incinération empêche-t-elle de ressusciter ?".
Voici près d'une soixantaine d'années, le P. Joseph Colomb et d'autres pionniers tentent de changer la pratique et la conception du catéchisme en France, en introduisant des nouvelles méthodes catéchétiques alliant pédagogies actives, renouveau biblique et liturgique, source d'un changement profond dans l'enseignement du catéchisme. Mais cette approche, contestée par les milieux intégristes, sera condamnée en 1957, sur ordre du Saint-Office et le P. Colomb prié de démissionner. L'affaire ouvrit une blessure dans la catéchèse française en dépit du concile Vatican II et de la reconnaissance des intuitions du P. Colomb, cette crise va continuer de laisser des traces profondes... Travail tout autant historique que théologique, véritable enquête, l'ouvrage de Joël Molinario interroge ce moment critique et met à jour la chronologie des événements, les forces et conceptions en présence et en opposition, la vision du magistère et celle du mouvement catéchétique. Il ouvre ainsi un débat qui n'eut jamais lieu.
De plus en plus de travaux de fond reviennent aujourd'hui sur Henri de Lubac, figure majeure de la théologie catholique au XXe siècle et l'un des inspirateurs du concile Vatican II. On mesure mieux son apport à la théologie de la Révélation, à la redécouverte des Pères des premiers siècles, à la dimension de l'ecclésiologie qu'il a pu développer. Ce livre revient sur un aspect suggestif de l'oeuvre du cardinal de Lubac, le dialogue critique avec l'humanisme athée, avec les pensées de Marx ou Nietszche, en particulier dans son fameux ouvrage Le drame de l'humanisme athée. La thèse défendue par de Lubac face aux critiques du christianisme par les pensées athées (psychologiques, sociologiques ou idéologiques) est que l'idée de Dieu ne vient que de Dieu et non de l'homme. Le christianisme est humaniste car Celui qui se révèle est entré en humanité par l'incarnation, parce que l'image que l'homme porte en lui est celle de Dieu et que, quoique blessée, cette image est recréée en Christ.
Alors que les effets du réchauffement climatique sont devenus un objet de débat international, les sociétés occidentales, ou occidentalisées, sont invitées à repenser modèle de développement et mode de vie. Les questions scientifiques, éthiques et politiques qui sont en jeu semblent toucher croyants et non-croyants de la même façon. Pourtant, les Eglises ont une part de responsabilité dans les choix de nos sociétés et la vie quotidienne des populations. Quel avenir pour la Terre ? La question constitue un défi pour les Eglises. Leur réponse appelle de nouvelles élaborations théologiques, dans lesquelles le dialogue oecuménique et les pratiques chrétiennes apportent des é
Jean-Jacques Olier, l'une des figures emblématiques de l'Ecole française de spiritualité au XVIIe siècle, a donné force et vigueur à l'esprit réformateur du concile de Trente. L'apport du fondateur de la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice est déterminant, aujourd'hui encore, dans un clergé français formé à son école, tout autant qu'outre-Atlantique, d'abord dans une Eglise canadienne née sous son regard attentif, puis aux États-Unis. Une influence, dans les faits, qui n'est pas moindre que celle d'un saint Vincent de Paul ou d'un Bérulle. Et on peut justement se demander pourquoi, si longtemps, il a été ignoré du grand public. Il était donc temps qu'un colloque comme celui-ci, organisé par son héritière, la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice, ainsi que par l'Institut catholique de Paris, vienne remettre en pleine lumière cette figure trop méconnue.
Il est classique de faire le constat d'une différence, sinon d'une divergence, dans le rapport à l'Ecriture, entre théologie morale et exégèse biblique. Alors que la perspective de l'exégète consiste à restituer le mouvement même de l'Ecriture, selon une approche historique et critique, ou selon une approche canonique et théologique, la perspective du moraliste semble davantage mettre l'accent sur une articulation de l'Ecriture avec d'autres sources possibles de la morale. Cet ouvrage, qui reprend les actes d'un colloque tenu à l'Institut catholique de Paris, aborde cette question par le biais de l'eschatologie, pour envisager tout à la fois les questions de la spécificité de la révélation biblique dans la culture où elle prend corps, de son articulation avec les cultures et les sagesses humaines, et enfin de sa fonction spécifique dans l'élaboration par les communautés chrétiennes d'une réflexion morale contemporaine.
S'appuyant sur le millier d'écrits de Mgr Rodhain et l'action du Secours catholique, l'étude, à la fois historique et théologique, cherche à dessiner la figure sociale de charité qui en émerge.
La crise du discours actuel de l'Église sur les fins dernières est profonde alors même que, placé sous la référence à un au-delà de la mort, ce discours a connu une grande faveur des catholiques au XIXe siècle. L'espérance chrétienne qui s'exprimait dans ces discours et dans les pratiques de dévotion autour des défunts, était portée par la figure de l'attente religieuse de voir Dieu. Cet ouvrage, fruit d'interventions qui ont eu lieu le 10 novembre 2006 à l'Institut catholique de Paris lors d'un colloque " jubilaire " à l'occasion du 150e anniversaire de la fondation des Soeurs Auxiliatrices des Âmes du Purgatoire, entend réexaminer cette question trop négligée et comprendre l'intérêt de l'affirmation chrétienne des fins dernières pour la connaissance du salut et la contribution de la théologie aux défis de notre temps. Après une première partie consacrée à resituer d'un point de vue historique et théologique la référence aux fins dernières, un deuxième temps se concentre sur le présent : qu'est-ce que la théologie peut dire aujourd'hui de l'eschatologie ? À quels discernements nous oblige la foi chrétienne et comment s'appuie-t-elle, en cela, sur la relecture de la tradition par les grands théologiens contemporains ? Une dernière partie s'intéresse ensuite aux pratiques chrétiennes en ce domaine.