Esthétiques
On trouvera dans cet essai des commentaires d'images tournant les sangs dans certains films de Brian de Palma. Le désir analytique de l'auteur est ici le suivant : établir les prérogatives d'une perception des images filmiques, en essarter une occurrence cinématographique majeure par saignement. Pour ce faire sont pratiqués de nombreux détours par Aristote, Deleuze, Leibniz, Jean-Louis Schefer, Etienne souriau, Sarah Kofman, etc.
On parle volontiers en danse et en philosophie de construction et de déconstruction : écrire et chorégraphier, c'est en un sens construire. Ce livre a pour ambition de préciser l'idée de construction et de la confronter à l'élaboration concrète de la pensée et de la danse, à travers l'analyse d'expériences singulières, notamment de chorégraphes contemporains. Le philosophe trouve dans la danse"matière à penser" une expérience de la pensée aussi bien familière qu'étrangère étrangement familière.
Il a élaboré en quarante ans une oeuvre considérable dont une centaine de films, certains difficiles à voir, d'autres invisibles. Une oeuvre irritante et fascinante qui comporte des réussites magistrales qui justifient de placer son auteur au rang des quelques cinéastes qui comptent dans l'histoire de l'art du cinéma. Voici un parcours zigzaguant à travers cette oeuvre allant des films des années 60 aux plus récentes créations.
le Groupement des campeurs universitaires (GCU) est aujourd'hui la plus importante association de campeurs en Europe avec 50 000 adhérents qui sont collectivement propriétaires d'une centaine de terrains. Bénévole, solidaire et autogestionnaire, ce mouvement, créé en 1937 dans l'élan du Front populaire, aménage bénévolement de jolis terrains pour y vivre l'été. L'auteure a mené son investigation au coeur de cette microsociété, ouverte aujourd'hui à tous ceux qui partagent ses valeurs fondatrices : humaines, laïques, solidaires et conviviales.
Duchamp et Warhol couvrent un siècle (1887 : naissance de l'un, 1987 : mort de l'autre) ; mais ils participent de deux générations nées à l'art dans des périodes et conditions historiques et géopolitiques très différentes. Tout d'un certain point de vue les oppose : l'un se confronte à l'art au temps de l'émergence des avant-gardes en quête d'autonomie esthétique, l'autre au moment où l'art se désautonomise en prélevant des éléments et des formes d'une socialité affichée consumériste. Plus que leurs oeuvres, c'est la compréhension de leur parcours, à la fois semblable et dissemblable, qui est à l'origine de cet essai.
Quelques-uns des meilleurs spécialistes se sont réunis pendant deux années de séminaire pour partager et discuter leur compréhension de tel ou tel aspect de la pensée du grand philosophe français Gilbert Simondon (1924-1989), reconnu comme visionnaire sur certaines des principales questions actuelles de la philosophie : le rapport humanité/animalité, la question de la technique et de sa place dans la culture, l'urgence de nouvelles Lumières face à la crise du sens et aux nouvelles formes d'aliénation, etc.
Cet ouvrage questionne la manière dont l'architecture approche la narration pour constituer son objet et "dire le monde". En considérant le livre de pierres de l'architecture gothique, l'architecture parlante du siècle des Lumières, l'espace indicible de l'architecture moderne, jusqu'aux récits programmatiques de l'architecture contemporaine, on voit se construire une trame narrative marquée par les idéaux de chaque époque.
Ce livre, publié vingt ans après la disparition de Michel Foucault, rassemble quatre essais formant un prisme: y sont étudiées la critique de l'humanisme par l'auteur des Mots et les choses, la relation disputée de sa pensée à celle de Heidegger, sa théorie du "dire vrai" et, enfin, l'attention toute politique portée par le philosophe au motif de la plèbe. Par des biais différents sont abordés des enjeux qui mettent en lumière l'actualité plus que persistante, intensifiée, du travail de Foucault.
Benjamin fut le premier à utiliser le terme d'"appareil" technique en rapport avec les arts. Lyotard a introduit la notion de surface d'inscription et de bloc d'écriture. Rancière, avec ses "régimes" de l'art, a permis de nouer politique et esthétique. Restait à distinguer les appareils culturels, conditions des arts, de ces derniers, pour leur accorder un mode d'existence spécifique, ce que se propose le présent ouvrage.
Le parasite se définit par l'implantation ou l'intrusion gênante d'un élément dans un milieu. L'hypothèse a été faite que ce mode de vie remarquable peut constituer une figure propre à illustrer certains traits de la pratique artistique. L'ouvrage s'emploie d'abord à présenter différents modes de création plastiques empruntant au parasite certaines de ses particularités. Puis dans la seconde, il analyse les fondements d'une utilisation de la notion de parasite dans le cadre d'un discours sur l'art.
L'esthétique du grec "aesthesis" : sensibilité ou sensation n'est pas un luxe somptuaire ou un parement décoratif inutile, mais un élément intrinsèquement constitutif de l'être humain : ce par quoi il est au monde, l'expérience sensible par laquelle s'organisent et s'ordonnent les représentations et les projections symboliques, individuelles ou collectives. Quelles relations entretiennent matière et esprit, technologie et culture, technique et art ?
Les récentes destructions d'oeuvres au sein du musée de Mossoul, les attaques menées devant le Bardo à Tunis et la destruction partielle de Palmyre viennent rompre une certitude ancrée en Europe depuis la fin du XVIIIe siècle : celle de l'irréversibilité du mouvement "d'éducation esthétique de l'humanité". Car le Musée, cette invention européenne, a donné une nouvelle assiette à l'art, qui de cultuel est devenu culturel, qui de communautaire et devenu public, qui de réservé est devenu exposé au jugement de tous. Le musée est cet appareil démocratique qui a inventé l'esthétique moderne.
Ce ouvrage rassemble onze textes pluridisciplinaires (géographie, philosophie, psychanalyse, arts) qui ont en partage un champ factuel commun, l'art, qu'ils abordent à travers le thème de la spatialité. C'est l'idée d'un espace se formant à travers l'activité artistique et inversement, impliquant une éventuelle reformulation de la spatialité de l'objet d'art.
Olivier Razac s'interroge ici sur le destin des sociétés de contrôle dans le monde contemporain. Sa recherche, inspirée par les travaux de Michel Foucault, Gilles Deleuze et Félix Guattari, s'attache à des objets triviaux (le bracelet électronique, le GPS, telle émission de téléréalité) pour en faire de véritables objets de pensée.
Ce troisième numéro dresse d'abord un bilan de la redécouverte récente du lien central de Deleuze à Simondon. Il confronte ensuite Simondon à Arendt sur la question décisive du travail, à Dufrenne sur celle de l'esthétique. Enfin, Jean-Hugues Barthélémy dialogue avec le dernier ouvrage de Xavier Guchet à propos du mode d'unité de l'ensemble de l'oeuvre, et Vincent Bontems clôt ce volume en évoquant les activités de l'Atelier Simondon qu'il anime à l'École normale supérieure de Paris.
L'image ne constitue pas seulement un objet de pensée chez Benjamin, mais vaut comme élément dans lequel se déploie sa pensée, à l'instar de la fulguration visuelle dans laquelle se donne l'image dialectique. Les textes ici réunis articulent les dimensions esthétique et politique de l'image, dans les champs du cinéma, de la photographie, ou encore de l'architecture, comme une manière d'interroger les ressources spécifiques des images techniques.