Biographie
Artiste au sens fort du terme, Lhasa de Sela a séduit les mélomanes du monde entier avec ses chansons multilingues, son timbre de voix unique, feutré, et sa présence envoûtante sur scène. Elle se permettait tous les mélanges, de la musique gitane aux rancheras mexicaines, du country-folk américain au jazz en passant par la chanson française et les mélodies sud-américaines. Son album La Llorona a profondément marqué les esprits, remportant un extraordinaire succès public et critique. Un BBC World Music Award lui a été décerné pour The Living Road. Elle a succombé à un cancer du sein en 2010 à l'âge de trente-sept ans seulement, après avoir enregistré un dernier album. Fred Goodman signe la première biographie de cette chanteuse hors norme, lui qui n'a découvert Lhasa de Sela qu'à son décès, constatant à regret qu'elle était inconnue dans son pays d'origine, les États-Unis. Élevée dans une famille hippie voyageant entre les États-Unis et le Mexique dans un autobus scolaire transformé en caravane, Lhasa a été exposée toute son enfance et son adolescence au monde des arts, aux cultures et aux territoires, comme autant de préambules à sa trajectoire singulière de femme et de chanteuse. S'il se montre fasciné et admiratif, Goodman n'est pas pour autant complaisant. Bohémienne, Lhasa n'en était pas moins ambitieuse, exigeante et imprévisible.L'auteur a rencontré plusieurs musiciens québécois liés à Lhasa comme Bïa, Patrick Watson, Thomas Hellman et, bien sûr, Yves Desrosiers, intimement lié à la production du mythique La Llorona. Montréal, où un parc du quartier Mile End porte son nom, a été un lieu central dans sa vie trop brève. La voix de celle qu'on appelait surtout par son prénom résonne encore dans les rues de Montréal et dans le coeur des Québécois. Il allait de soi qu'une traduction en français de cette biographie étoffée prenne forme dans cette même ville.
Plus de vingt-cinq ans après la publication de son ouvrage sur Riopelle, Hélène de Billy nous revient avec une édition revue et augmentée de sa biographie à succès, cette fois rehaussée de souvenirs personnels relatant son parcours sur les traces du célèbre artiste visuel. Né à Montréal en 1923, élève de Paul-Émile Borduas avec qui il fonde le mouvement automatiste, Jean Paul Riopelle, peintre célèbre d'après-guerre et digne héritier artistique de Claude Monet, incarne la capacité de créer, de se renouveler dans le monde compétitif de l'art contemporain. Avec ce livre, deux récits à tonalité distincte se croisent : l'un fantaisiste et éclaté, l'autre sobre, historique et factuel.
Comment expliquer que, du jour au lendemain, Rose-Aimée Bélanger, une artiste du nord-est de l'Ontario, connaisse un succès aussi fulgurant? Qu'il s'agisse des «Chuchoteuses», l'une des oeuvres d'art publiques les plus appréciées de la métropole québécoise, ou de la Femme aux chocolats, les sculptures rondes en bronze qu'elle crée à compter de 1995 lui ont rapidement valu un public fidèle à l'échelle nationale et internationale. Femme discrète préférant le calme fécond de l'atelier aux mondanités, Rose-Aimée Bélanger a engendré une oeuvre généreuse et lumineuse révélant avec justesse les joies du quotidien. Rien pourtant ne semblait destiner cette mère d'une famille nombreuse, épouse et partenaire d'un entrepreneur très engagé dans sa communauté, à une «deuxième» carrière, une fois les enfants partis de la maison. Ce n'est que dans la cinquantaine avancée, au début des années 1980, qu'elle a enfin le loisir de se consacrer à l'art, elle qui n'avait jusque-là jamais eu l'occasion d'approfondir ce talent dont elle faisait preuve depuis l'enfance. Et c'est la sculpture qu'elle a choisie. Le présent ouvrage, nourri par les témoignages de sa famille et d'acteurs du milieu des arts, et accompagné de photographies personnelles et de ses sculptures, permet, pour la première fois, d'entrer dans l'intimité de cette femme et artiste hors du commun.
Héritière d'une véritable dynastie musicale, fille des légendes folk Kate McGarrigle et Loudon Wainwright III et soeur du célèbre et inimitable Rufus Wainwright, Martha Wainwright a grandi au sein d'un univers peuplé d'extraordinaires artistes : Leonard Cohen, Suzzy Roche, Anna McGarrigle, Richard et Linda Thompson, Pete Townshend, Donald Fagen et Emmylou Harris, pour n'en nommer que quelques-uns. Au sein de ce défilé de personnalités bohèmes, bruyantes et plus grandes que nature, la jeune Martha a mûri tant bien que mal, se démenant pour trouver une voix qui lui appartiendrait en propre. Dans Rien de grave n'est encore arrivé, elle plonge au tréfonds de son être avec toute l'authenticité émotionnelle qu'on retrouve dans ses chansons. Toujours sincère, jamais complaisante, Martha raconte de façon intime et poignante l'histoire extraordinaire d'une des plus talentueuses autrices-compositrices-interprètes contemporaines.
Depuis le dépôt du rapport Parent, dans les années 1960, l'apport de Guy Rocher à la société québécoise est intarissable. Entre la crise d'Octobre et le printemps érable, il est à la fois observateur et acteur. Sociologue dans la cité, le professeur d'université s'est constamment interdit de laisser ses valeurs personnelles teinter la matière qu'il enseignait. Langue, laïcité et indépendance, tel est le trinôme sur lequel se sont appuyées la pensée et les actions de cet homme. Il a contribué à chacune des plus cruciales décisions prises par le Québec moderne et à ses grands débats : - formation des écoles secondaires publiques; - création des cégeps; - fondation de l'UQAM; - rédaction de la loi 101; - opposition au multiculturalisme de Pierre Trudeau; - promoteur de l'idée d'indépendance du Québec; - laïcité de l'État. Dans une société de plus en plus polarisée où le débat cède trop souvent aux prédications tranchantes, la voix posée de Guy Rocher, celle qui porte à la délibération publique, méritait une place, méritait une biographie.
Juillet 1941. Roger Coulombe, 20 ans, originaire de Montmagny au Québec, s'enrôle dans l'Aviation royale canadienne pour aller combattre les nazis en Europe. Pilote, il deviendra le seul, parmi tous les aviateurs des Forces alliées, à compléter douze raids au-dessus de Berlin, un exploit qui lui a valu le surnom de Berlin Kid. Hélène de Billy, dont le père était proche du Kid, enquête sur ce personnage fascinant qui s'est taillé une réputation de trompe-la-mort aux commandes de son bombardier Lancaster durant la Seconde Guerre mondiale. À la croisée du document d'enquête et du récit personnel, Le Berlin Kid. Le Québécois téméraire qui a bombardé l'Allemagne durant la guerre se dévore comme un roman d'aventures. L'autrice s'appuie sur des documents inédits, dont le journal intime de Coulombe. Elle reconstitue avec un doigté hors du commun les nuits de raids apocalyptiques auxquelles le Kid et ses coéquipiers sont confrontés, sans oublier la propre violence du héros. « J'aimais le vol, l'aventure, l'imprévu », dira Coulombe plus tard. Parmi les souvenirs du vétéran, les avions des copains qui explosent, leurs places vides le lendemain à table, les amours qui se cassent la gueule, les amitiés qui se brisent. Et puis, en pleine bataille, le visage du pilote allemand dans le Fokker de l'autre côté de la fenêtre tandis que les obus sifflent autour de lui. Comme si on y était.
"Danielle Perreault a neuf ans la première fois qu'elle souhaite s'expatrier: son père s'est fait offrir un poste à la nouvelle Université du Rwanda et, pour elle, c'est tout décidé : ils partent en Afrique ! Mais son père, à sa grande déception, refuse... Dix ans plus tard, toujours attirée par l'aventure, elle part enseigner au Togo. Elle reçoit un salaire de vingt dollars par mois, mais elle est logée, nourrie, et on lui fournit la mobylette. Que demander de plus?! C'est le début de sa grande passion, celle d'aller à la rencontre de différentes cultures. Se destinant d'abord à l'anthropologie, elle bifurque vers la médecine, animée du désir de se rendre utile. Elle exercera souvent son métier parmi les Cris et les Inuits du nord du Québec, pour qui elle développera une profonde affection, mais également autour du globe, participant à plusieurs missions d'aide humanitaire, au Bénin, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, aux Philippines, en Sierra Leone... Connue du public comme vulgarisatrice et chroniqueuse, chevalière de l'Ordre national du Québec, Danielle Perreault raconte ici ses séjours à l'étranger avec l'exubérance, l'humour et la ferveur qui ont fait sa marque. Elle témoigne du formidable privilège que lui a offert l'exercice de la médecine : soigner et aimer des milliers de personnes, une à la fois. "
Le dernier combat de boxe de Gaëtan Hart, à l'âge de 46 ans, a sonné le réveil de Mélanie, sa fille. À compter de cette journée de tourment, elle a décidé de connaître cet homme qui était davantage en amour avec la boxe qu'avec sa famille. Qui est ce père méconnu d'elle mais héros de plusieurs? Pourquoi Mélanie a-t-elle vécu aussi longtemps sans sa présence ? Ce qu'elle découvre la sidère. Gaëtan Hart est un grand nom de la boxe québécoise. Non seulement a-t-il fait connaître le village de Buckingham, mais il est devenu un héros local pour l'ensemble de l'Outaouais. À l'adolescence, la détermination a permis à Gaëtan de vaincre l'intimidation dont il était victime et de monter un mini gymnase dans le garage familial afin de s'entraîner à son sport de prédilection. Quand il est devenu professionnel, il a souvent affronté, pour une bouchée de pain, des adversaires plus expérimentés. Tout au long de sa carrière, les défis ont été nombreux : soupçon de liens avec la mafia, combats tragiques causant coma et mort, multiples commotions cérébrales, pauvreté, dépression ; tout y passe. Mais ça ne l'a pas empêché de devenir triple champion canadien et, ultime accomplissement, de livrer un combat de championnat du monde, réalisant ainsi le rêve qu'il chérissait depuis l'enfance. Mon père, Gaëtan Hart, est l'histoire touchante d'une fille qui découvre son père, un athlète brisé par le sport qui lui a apporté la gloire et le désespoir.
"Qui est Pauline Marois? Chacun a probablement déjà une opinion formée de longue date sur cette femme au parcours - il faut bien l'admettre - d'exception. Est-elle cette travailleuse sociale qui, toute petite, se sentait mise à l'écart par les soeurs enseignantes à cause de ses origines modestes, au milieu des filles d'avocats, de médecins et de notaires? Est-elle cette chef de cabinet chez qui se tenaient, à l'occasion, des réunions d'équipe où la ministre de la Condition féminine Lise Payette s'amusait à faire sauter la petite Catherine - la fille de Pauline - sur ses genoux? Est-elle cette femme qui, assumant le portfolio de sa mentore, est arrivée au conseil des ministres comme une astronaute débarque sur mars, découvrant un univers dont les lois n'avaient presque jamais été imaginées pour tenir compte de son existence - ou de celle des femmes en général? Est-elle cette « bourgeoise déconnectée » dont certains médias se sont plu à brosser un portrait à l'impressionnisme hâtif et racoleur? Pour le savoir réellement, il n'existe pas de meilleure stratégie que de marcher dans ses souliers sur quelques kilomètres. Au risque de changer d'opinion après avoir fait un bout de chemin en sa compagnie... "
Québec, 1809. Issu d’un milieu modeste, François-Xavier Garneau devient malgré tout l’historien qui a forgé l’identité des Canadiens français. Patrice Groulx en dresse un portrait intime et savant, révélant l’homme derrière le mythe.
Le rapport Parent ayant mené à la création du ministère de l'Éducation du Québec, puis à la fondation des premiers cégeps, en plus d'ébranler la mainmise de l'Église sur nos institutions scolaires? Guy Rocher l'a co-rédigé. La Charte de la langue française? Même chose! À 94 ans, Rocher, sociologue et commissaire de la commission Parent, peut espérer avoir influencé, d'une manière ou d'une autre, pratiquement tout le corpus actuel des sciences sociales du Québec. De sa plus tendre enfance, où il trônait sur les genoux de son père en compagnie son frère Bernard, à sa nomination à l'Ordre national du Québec, le parcours atypique de ce penseur hors-pair nous est raconté par Pierre Duchesne.
Un très grand nombre de rues, en France et dans le monde, portent le nom de l'abbé de L'Épée : né au tout début du XVIIIe siècle, dans les dernières années du règne de Louis XIV, ce prêtre janséniste est un personnage fondamental de l'histoire internationale des "Sourds et Muets". Lié au mouvement des Lumières par Condillac et par le projet d'une langue universelle, l'abbé de L'Épée fut également un polémiste et un pédagogue d'exception. L'intelligence qu'il déploya pour comprendre le problème de la surdi-mutité - grâce à la rencontre extraordinaire de deux jumelles "sourdes et muettes" qui communiquaient entre elles par signes -, la persévérance dont il fit montre pour délivrer les sourds-muets de leur enfermement psychologique et social restent remarquables. C'est aussi lui qui fonda la première école gratuite pour sourds, où il appliqua une conception nouvelle de la « langue des signes », tout en humanisant en profondeur le rapport de la société à ces personnes exclues, mises à l'écart ou internées. Au terme d'une longue existence rudement éprouvée sur le terrain, entièrement attachée à soulager l'infortune de ses contemporains, l'abbé de L'Épée meurt à la fin de 1789, dans les premiers mois de la Révolution.
1654, Cité interdite de Pékin : naît Kangxi, futur empereur de Chine, contemporain de Louis XIV. Stratège, bâtisseur et savant, il marqua l’histoire en unifiant un empire, en dialoguant avec l’Occident et en façonnant la Cité interdite.
Nègres blancs d'Amérique a cimenté dans notre imaginaire la figure de l'ouvrier canadien-français opprimé par des patrons anglais. Traduit en plusieurs langues, un des derniers livres interdits au Québec, cet essai-choc a, depuis sa parution, acquis le statut de livre culte. Son auteur a pourtant largement oeuvré au-delà du cadre de ce livre. Considéré comme un leader felquiste, que les autorités se sont empressées de « couronner », Vallières - journaliste, écrivain et animateur social - a laissé sa marque dans toutes sortes de luttes. Qui d'autre a été altermondialiste avant l'heure, milité à la fois pour le socialisme, l'indépendance du Québec, les droits des gais et lesbiennes, la dignité des personnes ex-psychiatrisées, l'écologie, les Autochtones ou les Bosniaques de l'ex-Yougoslavie? Des Séguin à Corcoran en passant par Foglia et Chartrand, sans compter les Ferron, Miron, Lévesque ou Binamé, Vallières a côtoyé une multitude de figures marquantes du Québec, et contribué à mettre en lumière des rapports de classes dont ont longtemps été victimes les francophones d'Amérique et autres populations ostracisées. Terroriste ? Naïf ? Héros ? Martyr ? Tout le monde a son image de Vallières. Voici les faits.
Les arts de la scène offrent bien souvent à leurs spectateurs la chance d'être témoins de performances renversantes, grandioses, polies à l'excès et à l'exécution d'apparence si facile... Pourtant, la plupart ignorent quelle quantité d'expérience, de travail et d'abnégation exigent de tels numéros. À travers les embûches, les crève-coeur, les surprises et les émerveillements, Claude Lemay peut se targuer d'avoir suivi un parcours pas comme les autres. Celui qu'on connaît désormais sous le pseudonyme de « Mégo » a accompagné, comme chef d'orchestre, l'équipe de tournée de Céline Dion durant des décennies. Entre les Claude Dubois, Dalida, Lynda Lemay, Jean-Guy Moreau, Marc Labrèche, Édith Butler, Patrice L'Écuyer, Dominique Michel, Jay Leno, Johnny Carson, Michael Jackson..., le musicien a aussi bien joué en compagnie des plus grands qu'il s'est donné en représentation devant eux. Au sommet de sa carrière, il a un jour entendu George Martin, le célèbre « cinquième » membre des Beatles, lui offrir ce compliment : « I wish I could play piano like you... »
Je cours, paniqué. J'ai encore été piégé par ma mère. À moins d'un miracle, mon père va me tuer à soir. Le même style d'arnaque que d'habitude. J'ai beau courir, l'horizon s'éloigne et l'enfer approche à grandes claques, avec un verre de vin dans une main. Ma mère est en colère tout le temps. Contre le mauvais temps, contre les hommes en général, quoique « les hommes en général » ont l'air de ressembler beaucoup à son papa à elle et au mien... Elle est en colère contre beaucoup de choses, mais surtout contre moi. Je n'ai jamais vraiment su pourquoi. C'est évidemment de ma faute, ça se peut pas autrement. Je suis très mauvais à l'école. Comme le trouble de déficit de l'attention (TDA) n'existe pas encore, ma mère croit que j'essaie de la rendre folle et honnêtement, quelquefois, c'est ce que je croirais à sa place. Avec Le Temps des seigneurs, Dan Bigras offre le récit cru, touchant et passionnant de ces vues sur le monde qui ont fait de lui le porte-parole des oubliés, des brisés. Façonné dans la violence et la douleur, mais aussi dans l'amour, c'est avec tendresse qu'il retrace le fil de son long chemin vers la réconciliation.
« Débusqueuse d'espoir, Chantal avance malgré le pire. Dans ses sourires, il y a la preuve que le courage existe. » - Pierre Duchesne Le ciel est clair et lumineux : Chantal est l'une des premières agentes de correction au Service correctionnel du Canada. Elle se hisse rapidement au sommet, jusqu'à devenir directrice d'un pénitencier. De gros nuages menacent toutefois son ciel bleu. À 46 ans, elle apprend de son neurologue qu'elle est atteinte d'une maladie neurodégénérative, incurable et mortelle : la sclérose latérale amyotrophique. Le tonnerre gronde : il ne lui reste que deux à cinq ans à vivre. Nous sommes en janvier 2013. Comment parvient-on à demeurer positif alors que l'orage éclate et que la tempête s'abat sur nous? Face à une telle annonce, comment préserver sa sérénité? Quel sens donner à sa vie quand notre corps s'érige en barrière devant nos rêves, nos projets et nos amours? C'est dans les gouttes de pluie que Chantal nous fait découvrir l'espoir.
Le cerveau humain est complexe et mystérieux, et il nous entraîne parfois sur des sentiers bien étranges. Renée Charron en a fait l'expérience, frappée de psychoses dans la jeune trentaine. Grâce à ses efforts, au soutien de ses proches et au suivi médical, elle est néanmoins sortie grandie de la traversée difficile qu'elle raconte dans ces pages. La schizophrénie est une maladie méconnue ; son nom seul fait frémir, et les personnes qui en souffrent sont souvent stigmatisées, associées malgré elles aux rares épisodes de violence qui en découlent mais qui font la manchette et marquent l'imaginaire. Dans ce texte lumineux et plein d'espoir, l'auteure offre des clés afin d'apprivoiser, de comprendre et de soigner la schizophrénie. « Il ne faut pas négliger l'apport des malades eux-mêmes ni [celui] de nombreux artistes qui savent rendre tangibles et davantage compréhensibles les souffrances humaines, écrit la psychiatre Lucie Fortin dans sa préface. Le livre de Renée Charron s'inscrit tout à fait dans cette perspective. En plus d'être elle-même atteinte d'un trouble schizoaffectif, Renée est une auteure d'une grande sensibilité, qui sait trouver les mots justes, empreints d'une certaine poésie. »
Du cours classique aux premiers voyages en auto-stop en Europe, de ses années avec Beau Dommage jusqu'à la folle aventure du magazine CROC dont il fut rédacteur en chef, Pierre Huet se raconte en une série de récits à la fois humoristiques et émouvants. L'auteur de Mes blues passent pu dans' porte et d'autres chansons parmi les plus belles du répertoire québécois tisse non seulement son portrait mais aussi celui de toute sa génération. Révéler la petite histoire derrière les chansons qu'il a écrites devient aussi un prétexte pour explorer les mystères de l'inspiration et de l'industrie de la musique.
Dans ce récit percutant, Lynn Langlois raconte sa vie, le trouble bipolaire qui l'affecte et le combat qu'elle mène depuis 30 ans pour essayer de rester sur la planète. Extrait de la préface de Nancy Huston : Ce qui angoisse les spécialistes, qu'ils soient théologiens ou psychiatres, c'est que les choses soient floues, mouvantes, changeantes et liées, en interaction constante. Ce qui les rassure, c'est de les séparer. [...] Voici un livre étonnant, un livre totalement unique, le livre d'une « sonneuse d'alarme », aussi courageuse dans le domaine de la psychiatrie contemporaine qu'Edward Snowden dans celui de la surveillance électronique.
Vous irez loin, Fournier. Vous vous rappellerez que c'est moi qui vous l'ai dit, lui écrivait Charles Péguy, le 16 septembre 1911. Ils devaient mourir tous deux, à quinze jours d'intervalle, trois ans plus tard, au Front. Sa brève existence n'empêcha pas Alain-Fournier d'être au centre d'une époque d'intense richesse littéraire et artistique, celle de la première décennie du XXe siècle. Pierre Suire en retrace toute la diversité. Alain-Fournier fut toujours, sous des angles croisés, à la recherche de l'être aimé. Dans une perpétuelle oscillation du rêve à la réalité, avec une expression réservée et une poésie discrète, toute son oeuvre se situe dans le jeu subtil des reflets du miroir en des temps privilégiés, l'automne et l'hiver, le soir et la nuit. De la vie ayant déjà tout saisi, Alain-Fournier prête à ses personnages des propos qui ne sont déjà plus de l'adolescence. C'est alors que chacun d'entre nous, en ce langage universel, face à ce miroir, se reconnaît aux côtés du Grand Meaulnes.
Une démarche biographique originale qui propose une thèse neuve sur Racine : celle de sa très grande conformité, de son adhérence, au pouvoir de son siècle. L'auteur nous montre un écrivain ambitieux qui sut capter et transcrire les attentes du pouvoir politique, social et littéraire et faire ainsi carrière. « Copyright Electre »
Derrière la légende de la country québécoise se cache une femme de combat. Le Roman de Renée Martel révèle ses luttes contre la maladie, la dépression et l’alcool, mais aussi sa résilience exceptionnelle.
Alors qu'il a seulement 38 ans, le notaire Georges Brossard décide de fermer son cabinet et de s'offrir une vie de rêve. Il plie bagage, se met à voyager aux quatre coins de la planète. Et par un après-midi ensoleillé, sur une plage du bout du monde, un papillon se pose sur son épaule... Une rencontre qui lui donnera des ailes et changera le fil de son existence. Quelques décennies plus tard, ce mordu de la tarentule aura déniché des centaines de milliers de bestioles dans plus de 110 pays, leur aura construit un temple à Montréal et dans plusieursautres villes du monde, aura fait leur apologie en conférences, dans les écoles, à la télévision (Insectia), au cinéma (Le papillon bleu) et sur toutes les tribunes médiatiques, se faisant un point d'honneur de réconcilier les humains avec ces bêtes mal aimées. Mais Georges Brossard est bien plus que l'excentrique « avocat des insectes » : c'est aussi un visionnaire, un humaniste et un philanthrope, fervent défenseur de tous les laissés-pour-compte, y compris ceux des sociétés humaines. Voici les multiples vies d'un personnage hors du commun, relatées par la plume passionnée de Barbara Kahle. « Il faut être assez humble pour accepter de s'inspirer de plus petit que soi! » Georges Brossard
« Lui, y connaît ça ! », « Pop-sac-à-vie-sau-sec-fi-co-pin », « On est six millions, faut se parler », « Qu'est-ce qui fait chanter les p'tits Simard ? », « On est propre, propre, propre », « Mon bikini, ma brosse à dents », « Il fait beau dans le métro », « On y va ? On y va ! »... On doit à Jacques Bouchard les slogans publicitaires les plus célèbres du Québec. Il a néanmoins légué beaucoup plus que ces expressions, dont plusieurs ont cours encore aujourd'hui. En créant BCP, première agence publicitaire d'importance à propriété entièrement québécoise, il a jeté les bases d'une révolution qui a eu des incidences sur les plans économique, culturel et même politique. Son travail a été intimement lié tant à l'essor du « Québec Inc. » qu'à celui de l'industrie culturelle, en plus de stimuler une fierté nationaliste certaine... ce qui n'a pas empêché ce pionnier de la communication politique d'être, au Canada, un des maîtres d'oeuvre de la « Trudeaumanie » ! Tirant parti de son expérience de publicitaire, Jacques Bouchard a écrit le best-seller Les 36 cordes sensibles des Québécois d'après leurs six racines vitales, portrait de ses concitoyens qui demeure inégalé à ce jour. Entrepreneur de premier plan, Bouchard était par ailleurs une vedette médiatique qui savait allier provocation et séduction pour lancer le débat sur les sujets qui comptaient. Plonger dans l'histoire de sa vie, c'est redécouvrir tout un pan de l'histoire du Québec à une époque aussi effervescente que cruciale.
De Louis-Joseph Papineau au faîte de la gloire à la débandade des patriotes dans les villages ensanglantés du Bas-Canada ; de la fuite à travers les bois, pour échapper à la potence, aux douleurs de l'exil, Amédée a tout noté. Son enquête auprès des réfugiés outre-frontière lève le voile sur les représailles cruelles subies par ses compatriotes restés au pays : saccages, viols, pendaisons. Plus tard, tenté par l'annexion aux États-Unis, il voit avec consternation les patriotes d'hier, les Cartier, Nelson et LaFontaine, se rallier à la Confédération en marche. Emportés par le tourbillon, les Papineau resserrent les rangs quand l'un des leurs sombre dans la folie ou se noie dans l'alcool. Des êtres chers meurent, des querelles dégénèrent, des complicités se nouent entre père et fils au moment de construire un manoir princier à la Petite Nation. On s'aime, on se déchire, on se venge.
Depuis les années cinquante, Françoise Faucher fait partie intégrante de notre vie culturelle. Son talent est reconnu des professionnels comme du grand public. Ses nombreuses interprétations et ses mises en scène ont nourri l'imaginaire collectif des Québécois et la personnalité vibrante de cette grande dame de théâtre suscite admiration et affection. Ce livre est le fruit du travail de deux auteurs, Jean Faucher et Anne-Marie Villeneuve, qui ont lié souvenirs et recherches afin de brosser le portrait le plus fidèle possible de cette artiste lumineuse et attachante. Cette biographie raconte le parcours professionnel de Françoise Faucher, grande dame du théâtre au Québec. On la découvre tour à tour étudiante, comédienne, auteure, intervieweuse, animatrice, metteure en scène. En toile de fond, se dessine sa vie familiale, extrêmement importante pour elle. On la découvre aimante, maternelle, fidèle, passionnée, posée, à la fois inquiète et sereine, réfléchie et spontanée. En plus de 40 ans de métier, elle a participé à plusieurs expériences radiophoniques, télévisuelles, cinématographiques et théâtrales. Elle a abordé un nombre incroyable de personnages. Elle a été des débuts de la télévision et de ceux de plusieurs théâtres. Elle a travaillé avec une multitude d'artistes différents les uns des autres allant de l'époque du père Legault à celle d'Alice Ronfard. Malgré une inquiétude certaine face à l'inconnu et en dépit d'un inévitable trac, elle a toujours accepté de prendre part aux expériences nouvelles qu'on lui proposait quand elles lui paraissaient potentiellement enrichissantes. Fonceuse, elle a maintes fois surpris le public et les critiques.
Gilles Renaud a pratiquement tout fait au théâtre : régisseur, administrateur, metteur en scène, directeur de la section Interprétation française à l'École nationale de théâtre (1987-1992), enseignant et comédien. De Cherry Sundae au Père Didace, en passant par Monsieur Bovary, sur les planches ou devant les caméras, il est l'un des plus grands et des plus prolifiques acteurs de notre scène culturelle. Menés par Jean Faucher, préfacés par Michel Tremblay, ces entretiens nous révèlent un Gilles Renaud passionné par son métier et profondément humain. Ses croyances, ses amours, sa famille, ses expériences de tournages, ses déceptions et ses coups de coeur pour certaines oeuvres auxquelles il a travaillé nous sont ici révélés. Gilles Renaud n'a que 12 ans lorsqu'il sait qu'il va devenir comédien. Cinq ans plus tard, il prend la décision de réaliser son rêve. Après des études à l'École nationale de théâtre, il débute sa carrière en tant que régisseur au Théâtre du Rideau Vert en 1965, et depuis, le comédien polyvalent joue continuellement et souvent dans des productions d'envergure et des premières telles que Hosanna de Michel Tremblay (1973), Oncle Vania de Tchekhov en 1983, ainsi que Littoral de Wajdi Mouawad en 1996 et, plus récemment, Bonbons assortis de Michel Tremblay en 2006. Il a également joué au cinéma et à la télévision. Ces dernières années, on peut le voir régulièrement à la télévision, que ce soit dans Cover Girl, Temps dur, Grande Ourse, Le Coeur découvert, Les Machos, La Vie, la vie et au cinéma dans près de vingt films dont Le Survenant, Gaz Bar Blues, Le Sexe des étoiles, La Dame en couleur. Sa rencontre avec le metteur en scène Pierre Brassard et l'auteur Michel Tremblay marquera sa carrière. Ce dernier dit d'ailleurs de Gilles Renaud qu'« il a toujours évolué comme acteur et, devrais-je l'ajouter, comme être humain et il est passé avec le temps - comme on dit d'un bon vin qui vieillit bien - d'excellent acteur à immense comédien ».
Découvrez l'homme derrière le comédien : Rémy Girard par Jean Faucher révèle les confidences, les doutes et les triomphes d’une légende du théâtre et du cinéma québécois.
Tout le monde connaît Jacques Duval, mais personne ne sait qui se cache véritablement derrière l'instigateur du fameux Guide de l'auto. Et si on vous disait qu'il a côtoyé Gilbert Bécaud et Yves Montand, qu'il a été voyant, maître de cérémonie dans les cabarets, disc-jockey, apothicaire et coureur automobile? Nul doute, c'est le parcours d'un homme étonnant que vous découvrirez ici, dans cette autobiographie à la fois surprenante, drôle et touchante. L'autobiographie d'un « gars de chars » de 73 ans qui est toujours dans la course. En plus de son riche cahier-photos, cet ouvrage - qui plaira tant aux mordus de voitures qu'aux lecteurs avides de biographies - comporte deux sections spéciales : une portant sur les quelque 2 500 voitures que Jacques Duval a conduites dans sa vie et une autre sur les courses auxquelles il a participé. Jacques Duval n'a jamais souscrit à l'idée que toute vérité n'est pas bonne à dire. Il a bâti sa carrière en disant ce qu'il pensait, au risque d'offenser les jeunes vedettes montantes ou de ralentir les ventes des constructeurs automobiles. Que ce soit au début de sa carrière à Télé-Métropole avec son célèbre cimetière du disque - son invention - ou plus tard, comme chroniqueur automobile, Jacques Duval a longtemps secoué la baraque, à tel point que Marie-France Bazzo l'avait baptisé « le terroriste des ondes »... Qu'on se le tienne pour dit : Jacques Duval n'a pas encore accroché son casque! Dans ce livre, ce personnage à la fois craint et respecté nous relate les principales étapes d'une vie mouvementée, levant le voile sur un grand pan de son intimité : ses relations avec les femmes, le cancer qu'il a vaincu et... la chirurgie esthétique. Fidèle à ses habitudes, Duval va en écorcher plusieurs au passage en respectant son leitmotiv : dire la vérité, que cela plaise ou non.
Un séparatiste, un maniaco-dépressif, un ex-alcoolique et un antisémite, voilà comment Pierre Péladeau fut introduit par certains journalistes de la presse anglophone. Au Québec, ses nombreuses conquêtes amoureuses et les journaux à potins qu'il publiait retenaient davantage l'attention. Dix ans après la mort du personnage, un portrait de l'éditeur s'imposait. Un portrait non autorisé et révélateur du baron de la presse et de son empire.Fruit du méticuleux travail journalistique de Julien Brault et véritable ouvrage de référence, ce livre, en plus de révéler les différentes facettes de la personnalité de l'homme, raconte aussi l'évolution des journaux au XXe siècle. Comprenant un cahier-photos, cette surprenante biographie nous entraîne au-delà de la simple marque de commerce qu'est devenu Péladeau dans l'imaginaire collectif, pour nous faire voir un homme incroyable, invivable mais visionnaire.Première biographie véritablement non autorisée du personnage, Péladeau - Une histoire de vengeance, d'argent et de journaux documente la fulgurante ascension de l'homme d'affaires le plus controversé du Québec. Résultat de longues années de recherches et de multiples interviews réalisées avec plusieurs proches de feu Pierre Péladeau, cette biographie traite de sujets inédits, telles ses méthodes peu orthodoxes de faire des affaires... L'auteur y révèle aussi pourquoi Pierre Péladeau, dans son testament, a préféré léguer le contrôle de son empire à ses fils au détriment de ses filles.Homme de contradictions, Péladeau y est montré sous toutes ses coutures, du progressiste qui a fait évoluer les médias au patron de presse réactionnaire, de ses problèmes d'alcoolisme à ses bonnes actions en passant par sa maniaco-dépression. Malgré ses doctorats honorifiques et sa conversion tardive à la foi, même vieillissant, cet homme fier et profondément déterminé ne cessa jamais d'être provocateur. Péladeau, un homme sans compromis, un homme à prendre ou à laisser.