Presses Universitaires des Antilles
Quelle place pour les outre-mers dans la Constitution française ? Cet ouvrage collectif, fruit de rencontres entre parlementaires, élus locaux et chercheurs, explore les défis institutionnels et économiques de la Guadeloupe.
Qu'est-ce que le cinéma antillais - Guadeloupe, Martinique ? Cet ouvrage présente une analyse de l'intégralité des longs-métrages de fiction faits par des réalisateurs antillais, ou venant des Antilles dont ils gardent une mémoire, afin d'y interroger un possible « regard de l'intérieur » (insider's view). Dans un premier temps, il se concentre sur les films dont les intrigues se déroulent majoritairement en Guadeloupe ou en Martinique, à savoir le cinéma antillais-péyi. Que recèlerait-il ? En particulier, ce livre se concentre sur la combinaison des personnages caractéristiques de ce cinéma qui le distingue à l'intérieur de la production française et vis-à-vis de cinématographies à l'international : le conteur créole, le Nègre marron, le gadèdzafè-kenbwazè (médium-sorcier) et le rôle central des femmes (fémifocalité). Il propose une analyse détaillée et accessible de la mise en scène de ces figures récurrentes qui dégage un discours décolonial, qui s'estompera au fur et à mesure des films, ainsi que les prémices d'une esthétique. Dans un second temps, il interroge les liens existant entre le cinéma antillais-péyi, d'un côté, et les films de réalisateurs antillais, ou d'origine antillaise, se déroulant en d'autres parties du Monde : à savoir, le cinéma antillais-lòtbòdlo (France hexagonale) et le cinéma antillo-tout-bò (continent africain, États-Unis, etc.), comme échos du cinéma antillais-péyi.
Dès la fin du XVIIIe siècle, les sources archivistiques témoignent de pratiques picturales amatrices et professionnelles en Guadeloupe et en Martinique. Elles révèlent l'émergence d'un marché de l'art européen et inter-caribéen, qui se développe au XIXe siècle avec l'essor de l'école du paysage pittoresque et de la photographie, avant de prendre une ampleur et une résonance particulières dans la première moitié du XXe siècle. Ce travail de recherches, mené depuis une dizaine d'années, aborde les artistes (600 environ), et les oeuvres qui ont construit les imaginaires caribéens en mutation. Depuis les Antilles, il souligne les absences, les silences, les fractures, les blocages, les préjugés, le poids du modèle académique et son esthétique « beaux-arts », celui des propagandes impériales assimilationnistes et touristiques. Il sort de l'oubli le rôle majeur des femmes artistes, des professeurs de dessin des lycées républicains et des afro-descendants dans l'élaboration d'une vie artistique insulaire solidaire et engagée, porteuse d'espoir de changement et de reconnaissance. Cet ouvrage fondateur ouvre la voie à une histoire de l'art des Antilles décentrée, renouvelée et en réseau avec Paris. Il explore les temporalités, les trajectoires et les dynamiques artistiques au coeur d'un contexte esclavagiste et post-esclavagiste, marqué par des rapports de domination et de contraintes, mais aussi des stratégies de résistance par le contournement.
À l’ère de la déconstruction du droit, cet ouvrage interroge : et si les sciences humaines, l’économie ou l’écologie redessinaient nos lois ?
1958, Martinique. La Lézarde d’Édouard Glissant, roman fondateur de la littérature antillaise, pose les bases d’une réflexion politique et esthétique toujours actuelle.
Qu'est-ce qu'une rencontre ? Si certaines sont insignifiantes, d'autres au contraire sont marquantes. On imagine mal à quel point les secondes peuvent avoir un impact et produire des effets importants. Cet ouvrage s'interroge sur les rencontres qui bouleversent une situation, un contexte, un ordre des choses, la vie d'une personne, d'un groupe, d'un peuple. Ces rencontres peuvent être désastreuses et dramatiques, tandis que d'autres sont magnétiques et fascinantes. Dans un cas, comme dans l'autre ce sont des rencontres déterminantes dont les conséquences sont imprévisibles. La rencontre concerne à la fois la relation avec l'Autre et ce qui en découle, la découverte d'un lieu particulier auquel on accorde la valeur de haut-lieu, l'expérience esthétique éprouvée face à des oeuvres singulières. Certains artistes sont particulièrement sensibles et réceptifs à cette question de la rencontre de l'Autre à laquelle ils donnent des traitements divers, ainsi qu'à la puissance de certains lieux qui les inspirent ou dans lesquels ils s'immergent. Le public, quant à lui, fait l'expérience de la rencontre avec des oeuvres qui suscitent en lui, selon le cas, plaisir, déplaisir, choc.
Publié en 1991, Eau de café marque un tournant dans l’œuvre de Raphaël Confiant : premier roman en français d’un auteur jusqu’alors créolophone, il incarne l’engagement pour la créolité et la coexistence des langues.
La Louisiane, colonisée par la France, est le seul état d'Amérique où le français est organique : non seulement un quart de million de cajuns se réclament de cette appartenance linguistique, mais encore certaines tribus indiennes, comme les Houmas. À ceux-ci s'ajoutent moins de dix mille personnes qui parlent créole, Kréyol La Lwizyàn. Mais les points communs vont au-delà de la langue : le climat, l'agriculture, la géographie, la cuisine, et surtout l'histoire et la culture sont en partage entre Louisiane et Antilles. La Louisiane, comme tout le Sud, est l'une des pointes du triangle de la Traite. Le présent recueil explore quelques-uns de ces fascinants partages dans un esprit pluridisciplinaire.
Le montage et l’assemblage ont révolutionné l’art moderne. Cet essai explore comment ces techniques, du cinéma soviétique à l’art contemporain, transforment fragments et disparates en œuvres audacieuses.
Et si le corps devenait un outil central de l’apprentissage universitaire ? La place du corps dans l’enseignement supérieur explore comment l’incarnation et le sensible transforment les pratiques pédagogiques.
Et si la créolisation n’était pas ce récit idyllique qu’on croit ? Pauline Amy de la Bretèque révèle, à travers les œuvres de cinq auteures caribéennes majeures, une vision féminine et diasporique de ce phénomène.
Ce présent volume s'attache à entendre et à faire entendre la voix de ceux que l'Histoire aura décidé de qualifier de « créole », prémices annonciatrices d'une nouvelle société de plantation en pleine émergence qui mêle, dans l'effervescence, bossales et colons fraîchement installés. Tantôt Blancs, tantôt Noirs, Afro-descendants des Amériques ou rejetons d'une vieille plante coloniale, tous attestent de l'indifférence d'une Histoire européenne qui n'accorde à cette lointaine population qu'un intérêt économique et géopolitique. Croisant les approches, historique, linguistique, littéraire et musicologique, ce recueil d'articles mobilise des sources et des fonds différents, récits de voyage, romans, textes d'idées, bribes de voix consignées dans les annales de l'Histoire, dans l'unique perspective de donner voix à la parole et au paysage sonore d'un espace caribéen et américain, en quête de sa propre identité. Ironie caustique de l'histoire, c'est bien la voix de la vieille Europe, que le lecteur qui ne saurait être dupe, entend à demi-mot. Pensant écouter de nouvelles voix créoles, que l'on croirait nettoyées des interférences coloniales, le lecteur-auditeur perçoit des mélodies inouïes, mâtinées de rythmes européens et africains. C'est à cette polyphonie culturelle et anthropologique que le recueil Voix créoles. Dire, entendre et faire entendre les voix créoles du XVIIe au XXe siècle invite le lecteur à prêter une oreille attentive.
Chez les artistes caribéens, le lieu et l'oeuvre, espaces en tension, s'inscrivent dans un réseau d'interrelations : la relation de l'artiste au lieu, la relation de son atelier avec le lieu, la relation singulière qui se noue de l'oeuvre à son espace de création. Au sein de ces faisceaux de réseaux humains et spatiaux, les ateliers, territoires de la sensibilité, de la pensée, de l'action, de la réflexion, sont des entre-lieux, des intervalles qu'il est intéressant de questionner. L'atelier est le lieu d'exploration privilégié des oeuvres, là où peut s'établir à la fois une relation privée, intime, de l'ordre du sensible, une émotion esthétique qui va précéder la réflexion, l'analyse. L'histoire des Antilles et les évènements qui ont forgé la Martinique et Cuba dans leur singularité ont conditionné l'évolution des pratiques artistiques et celle des ateliers. Le passé, l'histoire, ont-ils généré des formes particulières, atypiques d'ateliers ? Existe-t-il des pratiques d'ateliers transgressives ? Les ateliers des artistes caribéens représentent des espaces de création hétérogènes et complexes, multiformes, en évolution constante, toujours en devenir. Véritables laboratoires de poïétique, ils participent à la mise en lumière d'une pensée créatrice spécifique, intimement liée au lieu, au processus qui conduit à l'instauration de ces oeuvres contextuelles, à la fois enracinées dans leur lieu et complètement engagées dans le cours du monde.
Et si la clé du développement d’Haïti résidait dans une refonte radicale de ses politiques publiques ? Christophe Providence propose une analyse sans concession des blocages institutionnels et des paradoxes qui freinent le changement.
La création artistique est envisagée ici au travers de trois aspects : l'élaboration de l'oeuvre, son aboutissement et sa réception par le public. Traditionnellement, l'oeuvre plastique prend naissance dans l'atelier, lieu fondateur, d'autres fois dans la nature ou dans l'espace urbain. Le processus créateur est un phénomène complexe, voire mystérieux. Le résultat obtenu est généralement autre que le projet qui l'a suscité. Que se passe-t-il durant ce laps de temps au cours duquel l'oeuvre se construit, s'organise ? Comment l'artiste procède-t-il ? Quels obstacles rencontre-t-il ? L'imprévu, la contingence, le hasard, l'accident ne manquent pas de surgir. Comment l'artiste réagit-il à ces manifestations ? Partant de l'idée qu'il n'y a pas de création ex nihilo et que l'artiste tente néanmoins de réaliser quelque chose de nouveau, d'inédit, d'insolite, l'appropriation est au coeur de sa démarche. Que s'approprie-t-il ? Qu'est-ce qui se joue dans cette pratique particulière ? Qu'advient-il de la source ou de la référence ? Comment l'artiste affirme-t-il sa singularité ? L'oeuvre achevée poursuit son existence dans la réception qui en est faite. Alors qu'elle est un aboutissement pour l'artiste, elle devient un point de départ pour le public et pour la critique d'art. Elle échappe à son auteur. L'expérience esthétique peut procurer plaisir, déplaisir ou indifférence. L'oeuvre quant à elle donne lieu à une multitude d'interprétations. Le discours sur l'oeuvre peut-il alors être considéré, à son tour, comme une nouvelle création ou une recréation ?
Le Siècle des Lumières (1962) marque l'entrée du roman hispano-américain dans la littérature mondiale, le « boom ». Le Cubain Alejo Carpentier a conçu un roman tout à la fois une épopée et un hymne aux beautés de l'aire caraïbe. C'est une introduction à ce chef d'oeuvre qui est proposée : l'étonnante histoire d'une femme entre deux hommes, mais aussi celle d'un jeune homme entre Amérique latine et Europe, entre deux siècles, au coeur de la révolution « française ». Classique pour notre temps, El Siglo de las Luces, rappelle un impératif moral simple mais exigeant : il appartient à l'homme « d'améliorer ce qui est ». Mais on ne saurait oublier la richesse de sa langue. L'épigraphe avertit le lecteur : « Les mots ne tombent pas dans le vide ».
Découvrez les nouvelles aventures de Zouk, la petite sorcière espiègle, dans les rues animées d’une ville géante où chaque rencontre réserve son lot de surprises.
L'Essai de méthodologie de lecture-écriture présente l'intérêt d'être un conservatoire des traditions didactiques et critiques, avec une ouverture sur les perspectives en construction. Sont transposés les principaux acquis de la linguistique de la communication, de la sémiotique et de l'anthropologie culturelle. Cet ouvrage comprend deux tomes, théorique et pratique. Le tome 2 propose une progression des apprentissages, du collège au lycée et aux classes de BTS, incluant un enseignement spécialisé et exigeant pour les options littéraires du Baccalauréat. En complément des études de discours et d'oeuvres, les évolutions socio-culturelles enregistrées dans l'Education nationale -cours d'histoire de l'art, d'éducation morale et civique/EMC, égalité de genre grande cause nationale, antiracisme et lutte contre les discriminations, semaines de la Francophonie, de la presse à l'Ecole, contre le harcèlement scolaire, éducation au développement durable...-, font l'objet d'activités spécifiques. Ces différents éléments de programme contribuent à la production de textes variés et à la préparation des épreuves d'examen. Ce tome à caractère pratique est composé de fiches de cours réinvestissables, expérimentées auprès d'élèves-professeurs, d'étudiants de BTS et de lycéens. Tableaux typologiques et schémas synthétiques favorisent la compréhension des discours et des oeuvres, ainsi que la rédaction sur ces bases.
Redécouvrez Nicolas-Germain Léonard, poète guadeloupéen du XVIIIe siècle, à travers une édition critique inédite de ses Essais de littérature.
Les notions de contexte, de contextualisation et d'effet de contextes apparaissent aujourd'hui suffisamment partagées pour être déclinées à travers les situations de conceptions d'enseignement, d'interactions didactiques et d'apprentissages. Si les enseignements basés sur ces concepts sont testés à différents niveaux, de nombreuses déclinaisons restent à étudier notamment sur l'acquisition de gestes professionnels et de compétences techniques ou langagières. Comment appuyer les apprentissages sur des situations interculturelles et gérer l'interculturalité au cours des interactions didactiques ? Comment mettre en oeuvre une collaboration entre élèves de cultures différentes ? Comment comprendre sa propre culture à travers la découverte des autres, de la diversité et de l'altérité ? Quelles relations entre les technologies éducatives et l'interculturalité ou des inégalités liées au numérique dans l'accès aux savoirs ? Voici quelques questions auxquelles cet ouvrage se propose de répondre.
Haïti, terre de défis et d’ingéniosité : découvrez comment paysans et chercheurs unissent leurs forces pour révolutionner l’agriculture et l’agroalimentaire.
L'éducation, dans sa configuration la plus simple, est un processus de transmission de savoirs : une dynamique qui concerne à la fois notre nature d'Homo sapiens, notre appartenance à une communauté sociale et notre identité culturelle. Comment s'imbriquent ces différents niveaux et comment interagissent-ils ? Cet essai veut répondre à ces questions vives en proposant un cadre conceptuel pour repenser certaines notions (la culture, les savoirs scolaires, l'identité, l'ethnicité, l'autochtonie et le multiculturalisme) tout en procédant à l'examen critique des théories et courants de pensée par le biais desquels l'éducation est appréhendée en tant que fait social. L'approche transdisciplinaire choisie permet un dialogue polyphonique entre les disciplines socio-anthropologiques, les sciences de l'éducation et les sciences politiques, avec l'ambition de relativiser et de déconstruire les nombreux stéréotypes et préjugés liés à l'éducation des autres et à la supériorité ou infériorité supposée de certains systèmes éducatifs.
La transition écologique peut être définie comme l'intégration conjointe dans les politiques publiques et les pratiques sectorielles des enjeux de protection de la nature, de justice sociale et de développement économique. Si cette écologisation est indubitablement à l'agenda politique, la mise en oeuvre dans les secteurs et les territoires donne à voir des tensions avec les scènes de l'action publique locale, avec les pratiques des acteurs et avec des intérêts sectorialisés. La conséquence est une transition écologique à géométrie variable tant les interactions d'acteurs influencent la fabrication des problèmes publics de la transition écologique, les mises en responsabilité des secteurs, des collectivités locales et de l'Etat, les contenus des instruments de régulation et enfin les effets concrets sur les pratiques. L'objectif de cet ouvrage collectif est de donner à voir la variété des mises en politiques publiques des transitions écologiques dans les outre-mers. Il s'agit de montrer les acteurs en action pour construire les politiques de transitions écologiques ultramarines. Plus encore, l'objectif est de questionner ce que la variété des transitions écologiques nous dit de l'action publique contemporaine. Comment la transition écologique est-elle problématisée ? A quelles nouvelles pratiques et nouveaux instruments donne-t-elle lieu ? Comment expliquer les choix faits dans les secteurs ? Sur quels points de convergence les acteurs se rencontrent-ils et pour quels changements réels ? Les contributions réunies permettent d'entrer dans la variété des mises en oeuvre de la transition écologique sur les territoires ultra-marins, notamment dans les secteurs de l'agriculture, de l'énergie et du portuaire. Ce faisant, les contributeurs à cet ouvrage souhaitent participer à une réflexion pour analyser et comprendre les formes du changement par les politiques publiques des transitions écologiques.
Entre Guyane et Polynésie française, une enquête inédite sur l'éducation autochtone face au système scolaire républicain.
Confinement, continuité pédagogique, éducation à distance... Avec la crise sanitaire provoquée par la pandémie de COVID-19, partout dans le monde la vie quotidienne des familles, des élèves, des enseignants, des apprenants et des éducateurs a été bouleversée, notamment dans certains contextes périphériques, moins visibles et moins médiatisés, mais aussi plus vulnérables. Cet ouvrage présente un panorama critique et global des études sur l'éducation en temps de pandémie dans ces réalités à la marge : les territoires ultramarins et postcoloniaux (en Afrique, en Océanie et dans les Amériques), les communautés autochtones et rurales, les groupes LGBTQIA+, les prisons, les minorités et les quartiers dits sensibles. Tout au long de la crise, ces marges se sont révélées à la fois des incubateurs d'innovations et des espaces de revendication, en dévoilant les faiblesses et les fragilités des systèmes éducatifs nationaux et du système de gouvernance planétaire de l'éducation.
L'île de Porto Rico découverte par Christophe Colomb en 1493 et colonisée par la Monarchie espagnole n'est pas devenue indépendante dans les premières décennies du xixe siècle -à l'instar de la plupart des pays de l'Amérique Centrale et de l'Amérique du Sud-. Comme Cuba elle est restée dans le giron de l'Espagne jusqu'à l'aube du xxe siècle avant de passer sous la domination des États-Unis. 1952 est une date clé dans l'histoire de ce pays qui adopte alors le statut d'État libre Associé au grand et puissant voisin ce qui est toujours d'actualité. Des référendums successifs n'ont pas permis de clarifier la situation politique du pays et parvenir à l'annexion de l'île. La proximité des États-Unis a fortement favorisé l'émigration vers ce pays - souvent des plus pauvres -. Une importante diaspora portoricaine y vit désormais alors que l'île s'est dépeuplée au fil du temps. L'évolution particulière de cette nation a eu des conséquences sur son développement social et culturel. Privés de racines préhispaniques du fait de la disparition de la population indienne, les Portoricains -après l'invasion nord-américaine et l'imposition de la langue anglaise- ont renoué (presque par défaut) avec leur passé hispanique pour fédérer leur force. Et, c'est ce flottement que va être analysé dans ce livre (sous l'aspect linguistique et littéraire) par des universitaires de la métropole et des universitaires portoricains travaillant aux États-Unis ou qui vivent à Porto Rico.
Le peintre et céramiste Victor Anicet est un artiste caribéen qui a fécondé une oeuvre multiple et foisonnante en l'inscrivant sur de nombreux supports : pierre, argile, textile. Cette mémoire des signes fondée sur l'abîme qu'il recompose et restitue en strates polyphoniques, prend la forme d'une matrice à partir de laquelle s'érige une écriture complexe de l'identité martiniquaise et caribéenne.
L'accouchement à domicile est un événement biologique et social qui fait appel à la solidarité entre femmes dans les communautés rurales haïtiennes technomédicalement démunies. Les naissances difficiles sont traversées de conceptions nomologico-causales et de conceptions exocausales. Dans le premier cas, elles sont perçues comme des phénomènes procédant de lois naturelles et relevant de ce fait des compétences des matrones (mais rien n'empêche un homme de réaliser un accouchement dont le « blocage » est dû à la lenteur de la nature). Dans le second cas, elles sont considérées comme des phénomènes bloqués par une personne malveillante, un lwa ou un mauvais esprit obligeant les matrones et les proches de la parturiente à céder tout ou partie du terrain de l'accouchement à des hommes appelés houngans exerçant occasionnellement le métier de sajès ou fanm chay gason (sages-hommes traditionnels), à des médecins-feuilles qui s'y connaissent un peu en vodou, ou à des mambos. En Haïti, la transition d'une pratique obstétricale traditionnelle prétendument dangereuse à l'industrialisation toute-puissante du phénomène de la naissance n'est pas souhaitable, d'après les témoignages que nous avons collectés auprès des mères et des matrones.
Cet ouvrage collectif est composé d'une douzaine d'études consacrées à Trinité, oeuvre-phare de Stan Musquer, peintre guadeloupéen d'origine nantaise. Cette peinture singulière, au métissage marqué, s'ancre résolument dans la transmodernité caribéenne. Tout en sondant l'âme des sociétés dont elle interroge le passé et les dynamiques actuelles, Trinité se rattache à l'évolution de l'art dans une perspective éminemment transhistorique. Croisant plusieurs angles et modes d'approche différents, une douzaine de chercheurs et critiques d'art se sont penchés sur cette oeuvre énigmatique, et emblématique, de la peinture de Stan, pour en révéler l'originalité et la complexité. À ce carrefour transdisciplinaire sont invitées l'histoire et la sociologie de l'art, la sémiotique et les études décoloniales, autant de perspectives qui féconderont la lecture de cet opus au dialogisme marqué.
Au Diamant, face à la mer, Victor Anicet dit la signifiance de la tombe d'Édouard Glissant ; au morne Bezaudin, Josette Massolin se couche pour embrasser et bénir la terre où l'écrivain naquit. Le cercle de la vie et de la mort semble se clore, mais c'est seulement pour un instant. Car rien n'est vrai, tout est vivant, la mort n'est qu'une éclipse mensongère : l'oeuvre vit intensément. Pour en témoigner, une centaine de critiques, d'intellectuels, de philosophes se sont réunis au campus de Schoelcher en mars 2018, autour du thème « Édouard Glissant : l'éclat et l'obscur ». Ce colloque international fut le premier jamais organisé en Martinique pour célébrer l'écrivain en sa terre natale. Toutes les disciplines furent représentées épousant l'esprit d'une oeuvre qui ne s'est jamais confinée dans les ghettos académiques et génériques, mais s'est, dès l'origine, ouverte au monde et à la poésie, dans une admirable fusion. Les organisateurs du colloque, Dominique Aurélia, Jean-Pierre Sainton et Alexandre Leupin ont voulu, à travers ce volume, ancrer définitivement Edouard Glissant dans le sable ardent de son pays.
Découvrez Sans fards, mélanges en l’honneur de Maryse Condé, un hommage collectif à l’une des plus grandes figures de la littérature francophone.