Dominique Berthet
Dominique Berthet
Qu'est-ce qu'une rencontre ? Si certaines sont insignifiantes, d'autres au contraire sont marquantes. On imagine mal à quel point les secondes peuvent avoir un impact et produire des effets importants. Cet ouvrage s'interroge sur les rencontres qui bouleversent une situation, un contexte, un ordre des choses, la vie d'une personne, d'un groupe, d'un peuple. Ces rencontres peuvent être désastreuses et dramatiques, tandis que d'autres sont magnétiques et fascinantes. Dans un cas, comme dans l'autre ce sont des rencontres déterminantes dont les conséquences sont imprévisibles. La rencontre concerne à la fois la relation avec l'Autre et ce qui en découle, la découverte d'un lieu particulier auquel on accorde la valeur de haut-lieu, l'expérience esthétique éprouvée face à des oeuvres singulières. Certains artistes sont particulièrement sensibles et réceptifs à cette question de la rencontre de l'Autre à laquelle ils donnent des traitements divers, ainsi qu'à la puissance de certains lieux qui les inspirent ou dans lesquels ils s'immergent. Le public, quant à lui, fait l'expérience de la rencontre avec des oeuvres qui suscitent en lui, selon le cas, plaisir, déplaisir, choc.
La création artistique est envisagée ici au travers de trois aspects : l'élaboration de l'oeuvre, son aboutissement et sa réception par le public. Traditionnellement, l'oeuvre plastique prend naissance dans l'atelier, lieu fondateur, d'autres fois dans la nature ou dans l'espace urbain. Le processus créateur est un phénomène complexe, voire mystérieux. Le résultat obtenu est généralement autre que le projet qui l'a suscité. Que se passe-t-il durant ce laps de temps au cours duquel l'oeuvre se construit, s'organise ? Comment l'artiste procède-t-il ? Quels obstacles rencontre-t-il ? L'imprévu, la contingence, le hasard, l'accident ne manquent pas de surgir. Comment l'artiste réagit-il à ces manifestations ? Partant de l'idée qu'il n'y a pas de création ex nihilo et que l'artiste tente néanmoins de réaliser quelque chose de nouveau, d'inédit, d'insolite, l'appropriation est au coeur de sa démarche. Que s'approprie-t-il ? Qu'est-ce qui se joue dans cette pratique particulière ? Qu'advient-il de la source ou de la référence ? Comment l'artiste affirme-t-il sa singularité ? L'oeuvre achevée poursuit son existence dans la réception qui en est faite. Alors qu'elle est un aboutissement pour l'artiste, elle devient un point de départ pour le public et pour la critique d'art. Elle échappe à son auteur. L'expérience esthétique peut procurer plaisir, déplaisir ou indifférence. L'oeuvre quant à elle donne lieu à une multitude d'interprétations. Le discours sur l'oeuvre peut-il alors être considéré, à son tour, comme une nouvelle création ou une recréation ?
Découvrez comment G.E. Moore, aux côtés de Russell et Wittgenstein, a révolutionné la philosophie analytique. Ce livre éclaire sa pensée majeure, souvent méconnue en France, et son influence durable sur l'éthique et la logique moderne.
L'errance, aux si nombreux visages et aspects, intrigue, fascine ou au contraire inquiète. Mais à quoi renvoie-t-elle ? Ce recueil montre toute l'ambiguïté de la notion, liée au pire (perte de soi) comme au meilleur (éloge de l'imprévu), et contribue à en mieux cerner les innombrables manifestations.
L'insolite ne manque pas de se manifester dans les pratiques artistiques de façon souvent salutaire. En effet, quel serait l'intérêt d'un art qui ne chercherait pas à s'extraire de la répétition, du connu ou du déjà vu ? L'insolite dans l'oeuvre peut se manifester au travers d'un détail curieux, anachronique, ou de manière plus visible et transgressive. La présence de l'insolite dans l'art est souvent la marque d'une originalité voire d'une audace.
En créant entre les Etats parties au traité OHADA une Cour commune de justice et d'arbitrage, les rédacteurs de ce traité ont eu à l'idée de dynamiser par ce moyen l'oeuvre d'uniformisation en cours du droit des affaires en Afrique, notamment en s'assurant que les règles édictées sont interprétées et appliquées de la même manière dans l'ensemble des pays signataires. Une décennie après l'adoption des premières règles uniformes, il n'est pas prématuré de prendre la mesure de l'activité de la cour.
Comment s'élabore le processus créateur ? Pour le regardeur, si l'oeuvre visuelle conserve son potentiel énigmatique, il en va de même pour les modalités de sa création. Quel parcours, quelles étapes ont conduit l'artiste jusqu'à l'oeuvre qu'il considère comme achevée et qu'il offre alors au regard du public ? Ce que l'on sait au travers de témoignages et de réflexions à ce sujet de la part d'auteurs et d'artistes, c'est qu'entre l'intention du créateur et le résultat obtenu, un cheminement complexe a été suivi. L'oeuvre réalisée, dans une certaine mesure, est autre que l'intention qui l'a engendrée. Que s'est-il passé dans cet entre-deux ? Créer c'est prendre en compte l'apparition, en cours de réalisation, de l'imprévu, de l'accident, du contingent, du hasard. Comment ce surgissement de l'incontrôlé influe-t-il sur l'élaboration de l'oeuvre ? Comment l'artiste réagit-il ? Qu'en fait-il ? Ces quelques textes sur le hasard apportent des éléments de réponse à ces questions, montrant toute la complexité du travail conduisant à l'oeuvre aboutie.
Prendre l'art comme sujet de réflexion amène à prendre en considération trois éléments : l'oeuvre, sa production et sa réception. L'oeuvre est au centre d'une double relation. En amont et en aval se trouvent deux univers distincts : celui de l'artiste et celui du public. Dans un premier temps, l'artiste réalise ou fait réaliser une création. Lorsque celle-ci est montrée, elle échappe à son auteur et pénètre dans le monde du récepteur. S'opère alors une transformation du regard porté sur l'oeuvre. Tandis que celle-ci est pour l'artiste un aboutissement, elle devient au contraire pour le public le point de départ d'une émotion, d'une expérience esthétique, d'une interprétation. Le créateur et le récepteur ne conçoivent pas l'oeuvre de manière semblable. Il existe donc deux moments qui donnent lieu à deux approches et à deux formes de relations distinctes. La réception est une aventure qui entraîne l'oeuvre dans une infinité de regards et d'interprétations débouchant sur un accueil pouvant être positif, négatif ou encore suscitant l'indifférence. La réception est souvent imprévisible, à moins qu'elle ne soit délibérément provoquée. Il n'est pas rare que des réactions soient critiques, voire hostiles.
En France, il y a désormais un ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation. Les universités relèveraient donc de l'enseignement supérieur. Mais que deviennent-elles ? Trois logiques au moins s'affrontent : la logique financière et organisationnelle, la logique administrative et la logique des finalités. Quelles sont nos options ? Restaurer l'université selon une forme ancienne devient impossible. La réformer devient insuffisant, c'est même une impasse. Certains veulent sa disparition. Enfin, d'autres craignent une destruction calculée. Pour l'auteur, il y a une cinquième voie. Dans cet ouvrage, il propose deux lectures : l'université au XXIe siècle et l'université pour le XXIe siècle. Cette seconde voie s'esquisse en référence à des finalités et en termes qualitatifs. La ré
La situation d'insularité contribue-t-elle à produire une création spécifique qui se distinguerait des autres créations ? Il est difficile d'imaginer un art qui serait détaché d'un lieu. Le lieu influe directement ou indirectement sur l'artiste. Vivre sur une île détermine un certain regard, une certaine appréhension des choses, une relation particulière au monde, un rapport singulier à l'espace. L'insularité n'est pas qu'un fait géographique, elle induit une mentalité, une approche, des conceptions spécifiques. L'île est pour les uns une réalité et pour les autres, un fantasme de vie idyllique. L'artiste insulaire, quant à lui, vit et travaille au coeur de cette réalité, de ces contraintes auxquelles il doit s'adapter et qui génèrent certaines pratiques. Cet ouvrage apporte des éclairages sur ces différents aspects et présente le travail de plusieurs artistes de la Caraïbe.
Le terme "rencontre" renvoie à une diversité de situations qui n'ont pas toutes les mêmes implications. Elle est définie à la fois comme un coup de dés, un combat, un duel, une circonstance fortuite, la mise en contact de deux personnes par hasard ou de manière concertée, le fait d'aller au-devant. On parle aussi de mauvaise rencontre et de malencontre. Puisque le même mot désigne des cas de figure aussi différents les uns des autres, il convient de lui donner un relief particulier en l'associant à un autre terme.
Qu'est-ce que l'audace en art ? Quand y a-t-il audace ? Comment se manifeste-t-elle ? Quels en sont les enjeux ? Faut-il être absolument audacieux ? C'est entre autres à ces questions que ces différents textes tentent de répondre. L'audace est de son temps. Elle appartient à l'époque et au lieu dans lesquels elle se manifeste. Elle est un défi du moment et une impertinence vis-à-vis d'un contexte donné. Elle est un défi à l'esthétique et à l'idéologie dominantes. Aujourd'hui qu'en est-il de l'audace ? Est-elle encore possible et si oui, sous quelles formes ?
Avant même d'être un maître spirituel, saint François de Sales a été l'évêque du diocèse de Genève. Il a cette foi chevillée au corps qui fait de lui le guide sûr d'un peuple en quête d'un pasteur qui le conduit dans la lumière de l'Évangile. Il sait que son rôle est d'assister ses prêtres - ainsi que ses jeunes confrères évêques - sur le chemin qui les configure au Bon Pasteur.Voici donc les écrits que François de Sales adressa aux prêtres de son diocèse, et à quelques évêques. Ils sont réunis pour la première fois dans un ouvrage dont on découvrira, à la lecture, toute l'actualité. Accompagnement sur le chemin du ministère, formation au service des chrétiens, encouragements et démonstrations parsèment le volume. Ils dessinent le portrait du pasteur que l'évêque savoyard avait à coeur de promouvoir.Mais rassembler ces écrits en un même volume ne suffit pas à les rendre accessibles, tant le contexte de leur écriture est culturellement éloigné du nôtre. C'est pourquoi on a jugé utile de les assortir d'un commentaire permettant d'en percevoir le sens et la portée.Au contact des textes de François de Sales, les prêtres d'aujourd'hui puisent force et lumière en s'abreuvant du caractère exemplaire de la stature éminemment pastorale du fondateur de l'ordre de la Visitation.Prêtre du diocèse de Nantes, François Renaud est également membre de la Société des Prêtres de Saint-François de Sales.
D'où vient la matière ? D'où vient ce dont l'ensemble du monde physique est composé ? Le chrétien répond : de Dieu. Mais comment cela est-ce possible, puisque Dieu lui-même est immatériel ? Bien plus, comment le Dieu de bonté peut-il créer une matière qui semble souvent s'opposer à l'esprit, c'est-à-dire au principe le plus noble qui anime les hommes ? Au IVe siècle de notre ère, Grégoire de Nysse s'empare de ces interrogations et développe une théorie originale qui tente de rendre compte de la provenance divine, donc immatérielle, de la matière. Tout corps est constitué d'un rassemblement de propriétés immatérielles : un arbre n'est rien d'autre que le concours, « syndrome », d'un certain poids, d'une certaine taille, d'une certaine couleur. Cette théorie répond non seulement aux hérésies dualistes manichéennes sur l'origine du monde physique, mais elle ouvre également des perspectives inédites sur la destinée divine de la matière. Création et résurrection sont ici intimement liées. C'est ce qui rend la thèse de Grégoire très actuelle. En s'efforçant de montrer la pérennité et la capacité d'évolution de la matière, elle permet des rapprochements suggestifs avec la pensée de Berkeley et la « théorie du faisceau ». En définitive, Grégoire nous offre un plaidoyer pour le monde matériel, une défense efficace contre la gnose, une apologie du corps.Frère Franck Dubois, dominicain, est actuellement enseignant-chercheur à Faculté de théologie de l'Institut catholique de Lille. Il a soutenu sa thèse sur la théorie de la matière chez Grégoire de Nysse en 2015, au Centre Sèvres.
Les Accords de coopération sont un sujet tabou, "domaine réservé" des Chefs d'Etats. Autoritaires, fondés sur la surexploitation et les rapports hégémoniques, ces Accords constituent le mouton noir de la coopération franco-africaine. Ces textes, sans être écrits avec la brutalité bestiale des Codes Noirs, n'en sont pas moins révélateurs d'une philosophie des échanges pour le moins rétrograde, superstitieuse, dépréciative et anti-souverainiste à l'égard de l'Afrique.
Le détournement dans le domaine artistique est l'une des modalités de l'appropriation. Objets, images, oeuvres, références, matériaux, situations, etc., tout peut être détourné. Le détournement peut avoir de multiples déclinaisons et relever par exemple du ludique, de l'ironie, de la critique, du symbolique, du politique. Il peut arriver qu'il apparaisse comme étant de l'ordre de la désacralisation, de la provocation, de la transgression, de la subversion. L'histoire de l'art en fournit de nombreux exemples, en particulier au cours des XXe et XXIe siècles. Les artistes modernes puis contemporains ont exploré de nombreuses pratiques du détournement toutes plus insolites, audacieuses, surprenantes les unes que les autres, constituant autant d'éloges du détournement. Le détournement produit une modification de ce qui est, et propose un écart, un décalage, une nouveauté. Il résulte d'une créativité, d'une inventivité. Il entraîne un changement de l'usage, de la fonction, du contexte, du lieu, de la nature, de l'aspect. Il se manifeste au travers d'une manipulation par exemple d'images, de mots, de choses. Il permet de transformer le sens, de reconfigurer, transfigurer, transformer, changer de statut, opérer des rapprochements insolites, des connexions inattendues d'objets, d'images, de situations. Il ouvre sur de nouveaux horizons artistiques.
Dans la mesure où elle réside dans le pouvoir structurant de la science et de la technique, la technocolonisation institue et reproduit, en général, des rapports multiformes de domination. Elle paraît faire notamment de la volonté de coloniser une dimension de l'histoire. La technocratie, une émanation de cette colonisation particulière, est telle que, dans les rapports politiques, économiques, sociaux, la puissance des uns se constitue de l'a-puissance des autres.