Marivole Éditions
Mai 1968, alors que les premiers élans révolutionnaires échauffent le Quartier latin, Armand, jeune homme solitaire, survit mystérieusement à une mort violente. Un vieil homme lui redonne goût à la vie et lui offre la possibilité de revenir la veille de chaque journée pour en changer son cours. Armand comprend qu'il peut ainsi influencer le destin des autres et même l'Histoire, au cours de cette période particulièrement tumultueuse... jusqu'à une limite qu'il ne tarde pas à franchir. Armand se reconstruit et découvre le passé ombrageux de sa famille, la France étudiante et l'amour. Sa passion pour une jolie lycéenne au caractère volcanique l'entraînera au-delà de la raison dans les souterrains clandestins du métro, puis loin des frontières de son pays.
Fils de métayers, Jacquou doit faire face aux rudes conditions de vie des paysans du XIXe siècle ; sa famille est exploitée par le comte de Nansac. À la suite du meurtre de Laborie, régisseur du château, Martissou, le père de Jacquou, est condamné aux galères où il meurt. Sa mère décède également peu de temps après. Jacquou va alors connaître la faim, le froid, le malheur et la tyrannie du comte de Nansac. Orphelin, il est recueilli par le curé Bonnal qui s'occupe de son éducation. Jacquou est un garçon plein d'énergie. Il connait parfaitement la nature de son coin de Périgord. Il va devenir un adulte fort, déterminé et séduisant, bien décidé à combattre l'injustice dont sa famille a été victime, il va se venger du comte de Nansac et démontrer qu'un pauvre croquant n'est pas dépourvu ni de courage ni de grandeur.
Pierre Delcouderc, un vaurien habitant Périgueux, a marqué son époque (milieu du XIXe siècle) de la pire des façons : en volant et en tuant. Son, ou plutôt ses procès firent la une des journaux et son exécution fut suivie par des milliers de Périgourdins. Ses frasques parurent pendant plus de six mois sous forme de roman-feuilleton dans Le Combat périgourdin un demi-siècle plus tard. Le journal enchaîna aussitôt avec une autre histoire, vieille d'à peine trois mois, consacrée à un autre criminel hors pair : Jean Mérilhou. Ce sont ces deux chroniques que Rudi Meunier reprend ici, tout en les agrémentant d'informations diverses glanées dans les archives et autres écrits afin de donner une vision aussi complète que possible de ces deux scélérats.
Des années 1750, au cours desquelles les Lumières s'affirment, jusqu'aux grondements de la Révolution de 1789, c'est une série de transformations sans précédent que les Chapelin, famille de paysans, et les de Nuys, comtes et aristocrates, devront affronter. Le jeune Antoine Chapelin, fils du paysan Martin, découvre les guerres du Canada et l'éducation des Lumières - en agronomie comme en politique. Le comte Louis de Nuys, pour sa part, rêve de gloire... En ces temps où les idées des Lumières révolutionnent les esprits et où la monarchie s'affaisse, les deux héros voient leur destinée se croiser pour le pire. Cette fresque historique, qui se lit d'une traite, fait suite au précédent tome, Le Temps des blés.
Si Joseph s'était tu, jamais Jules ne se serait endormi et serait descendu du train à La Guerche. C'est qu'il était soûlant, Joseph ! S'il était resté éveillé, Jules serait retourné chez lui, à Reuilly. Mais voilà, le sort en avait décidé autrement. Il aurait pu faire demi-tour, comme le voulait Joseph. Mais non. Il décida de rester là. L'endroit lui plaisait, surtout cet étang niché au fond d'une clairière, avec sa source limpide. Mais surtout, il prenait plaisir à se repaître des histoires des autres : celle, mystérieuse, de Mathieu, le vieux paysan ; celle, fascinante, d'Eugène, le « Fantôme »... Sans doute Jules cherchait-il à oublier la sienne, d'histoire... sans parler de la petite Annie, toujours accrochée à ses basques ! Et Joseph, qui observe, commente, vitupère, et enfin approuve. Tais-toi ! Joseph raconte le destin croisé de quatre personnages que le hasard a réunis au fin fond de la campagne berrichonne, comme pour exorciser leur passé, apaiser leur présent, et leur préparer un bel avenir.
À Salbris, en Sologne, une propriété très discrète abrite des « grandes oreilles », des paraboles qui servent à écouter toute la planète. Les services secrets américains ne sont pas loin. Une intrigue, presque un polar. Ce roman va retenir votre souffle.
« Ne te mêle pas de la conversation des grands! »... Combien de fois avez-vous entendu cette remarque, étant gamin? Dans chaque famille, il y a des secrets plus ou moins bien gardés. Plus ou moins avouables, aussi. Quand un grain de sable vient dérégler la machine bien huilée d'une vie qu'il croyait normale et heureuse, Paulo, petit berrichon vif et imaginatif, se fixe un but jusqu'à l'obsession: percer le secret que feu son père avait promis de lui dévoiler, qu'elles qu'en soient les conséquences.
Paul Verneleix, un riche porcelainier, vient de perdre son épouse Elisabeth dans l'incendie criminel de leur maison. Aussitôt les soupçons pèsent sur le mari, qui refuse de donner son alibi. Claudius Renoir arrive dans le Limousin dans cette ambiance. Là, il retrouvera Anne-Laure Matignon et le commissaire Martinaud, avec l'aide de qui il tentera de découvrir les véritables meurtriers d'Elisabeth Verneleix. Entre trahison, arrivisme, franc-maçonnerie et crimes sordides, Claudius Renoir aura tout le mal du monde à faire la lumière sur cette affaire et connaîtra lui aussi le poids des châtiments.
Fin d'automne dans les Pyrénées ariégeoises... Dans le petit monde des chasseurs d'isard, c'est l'affolement : le meilleur d'entre eux vient d'être mortellement blessé par un tir d'arbalète au cours d'une chasse à l'approche, à deux mille mètres d'altitude. Lorsque deux autres chasseurs de la même société perdent la vie dans des circonstances similaires, les esprits s'échauffent. Quelle est la signification du mystérieux rituel que semble observer le tueur ? Serait-il un nostalgique de Gaston Phébus et de son Livre de la Chasse ? De qui et de quoi cherche-t-il à se venger ? De règlements de compte en méprises, l'enquête criminelle se fourvoie chaque jour davantage. Une peur panique s'empare de ceux que l'on désigne désormais comme des victimes potentielles. A Foix, le château est le théâtre nocturne d'événements ignominieux. Le tueur fascine. Il triomphe et le fait savoir. On décide alors de faire appel à Claudius Renoir, connaisseur de l'âme humaine et des enluminures médiévales. Sur fond d'intrigues locales, celui-ci se voit obligé d'inventer une méthode d'investigation "très originale" pour mettre fin à la menace qui rend folle toute une population.
Au lendemain de ses noces avec Margot, ce 3 août 1914, Joseph s'engage pour sauver la Patrie. Après avoir essuyé le premier feu, après avoir appréhendé la peur, il erre en ce début d'année 1915 dans le no man's land sous une grêle de balles et de bombes allemandes. Entre ses souvenirs d'enfance et son désir de revoir Margot, entre ses états d'âme et ses réflexions sur ce conflit, Joseph en vient à espérer mourir si c'est le prix à payer pour gagner la paix et retrouver sa femme.
Encore un roman agricole... Oui mais pas que ! L'âme paysanne y tient une bonne part et le jeune et naïf Parisien qui arrive à la recherche d'un surprenant passé familial s'y frotte et s'y pique ! Difficile de découvrir la passion quand Marie, la jolie chef de culture d'un grand céréalier trop tôt retraité, s'attache viscéralement à cette terre de Beauce sous laquelle couve la lave de la colère des hommes.
Noémie Larciel est maîtresse d'école à la ville. Affaiblie par une anémie, elle part se reposer dans un village des Ardennes. Elle tombe amoureuse d'un homme du village, mais elle va repousser sa demande en mariage, car elle estime ne pas pouvoir abandonner ses élèves qui ont besoin d'elle. L'eau suit sa pente, et la jeune institutrice aussi : « Comme va le ruisseau... comme vont les ondes de la vie, comme va l'élan des âmes. » Un texte à la narration simple, un livre qui ressemble à un beau pastel de Millet. L'auteur sait trouver le verbe juste, l'épithète vraie, le mot qui peint cette nature des Ardennes, qui décrit cette jeune femme franche et gracieuse. Une histoire dont l'authenticité est renforcée par quelques locutions du terroir paysan et de magnifiques descriptions de scènes de pêche à la ligne.
Née du siècle des Lumières, enfant de pensées utopiques, accouchée un soir de séance à l'assemblée par la voix d'un médecin, député d'une assemblée constituante se voulant réformiste et aux idées égalitaires, la guillotine fut longtemps l'instrument porté par un courant de pensée qui prônait l'égalité devant la mort des condamnés et la non-souffrance devant la peine. Guillotin, qui devait à son grand désespoir, lui donner son nom, ne déclarait-il pas : « Le supplice que j'ai inventé est si doux qu'il n'y a vraiment que l'idée de la mort qui puisse le rendre désagréable. Aussi, si l'on ne s'attendait pas à mourir, on croirait n'avoir senti sur le cou qu'une légère et agréable fraîcheur. » Appelée Louisette, La Veuve ou encore la Bascule à Charlot, la guillotine fut longtemps tour à tour détestée, vénérée, admirée, voire déifiée ou vouée aux gémonies de l'Histoire. Grande prêtresse du crime, elle fut l'instrument suprême de la justice jusqu'à sa remise aux archives de l'Histoire en 1981. C'est son histoire, celle des bourreaux l'ayant servie et des condamnés qui subirent son supplice que l'Historien Michel Benoit nous raconte dans ce livre.
Au milieu des années 60, le charmant petit village niché au coeur de la forêt de Tronçais vivait des heures paisibles. Jusqu'à l'arrivée de Gaspard... Gaspard le charmeur, Gaspard l'opportuniste, Gaspard aux dents longues ! Aussi, tous les malheurs s'abattant sur le village depuis son avènement lui étaient attribués par la rumeur. Jusqu'à ce beau matin où un ultime drame survint sans que les gendarmes n'y voient goutte. Excédé, le maire réunit alors un conseil municipal extraordinaire et élargi qu'il nomma « Comité », en vue de se débarrasser enfin de Gaspard... Oui mais de quelle manière ? Ce fut Gilles, l'ébéniste du village qui crut résoudre le problème : il allait faire appel à Laurent, son vieux copain de régiment... Était-ce bien raisonnable ? Une fable bucolique dans le somptueux décor de l'ancestrale forêt de Tronçais.
« Ainsi vivait cette petite fourmilière, reflet de la société des hommes. Le pire et le meilleur s'y côtoyaient. Avec ses règles, ses valeurs, sa morale, ses maîtres et ses valets, ses lions et ses moutons. Et toujours, comme dehors, la même volonté d'écraser les autres à la moindre occasion. On dit souvent que la prison est l'école du crime. Je crois surtout, au moins pour les surveillants, que c'est une école de la vie. Un fabuleux laboratoire où peuvent s'examiner tout à loisir les diverses facettes de la nature humaine. Les plus sombres comme les plus lumineuses. Où l'on s'aperçoit que, mis en communauté, l'homme n'a de cesse de recréer les règles qui l'ont fait exclure de la société. Hiérarchisation systématique des rapports humains, intolérance à l'égard de ceux qui ont le tort d'être différents... Ils n'ont plus la liberté, ils rejettent avec force l'égalité, beaucoup ignorent la fraternité. Mais ils vivent dans les prisons de la République ! » Après La chute d'Adrien Jean-Michel Sieklucki aborde à nouveau la vie carcérale, qu'il observe cette fois-ci par les yeux d'un jeune surveillant. Ce roman palpitant et débordant d'humanité met en lumière les difficultés auxquelles sont confrontés les membres de l'administration pénitentiaire pour mener une vie normale.
Cette évocation de la vie des jeunes filles dans les années soixante au sein des villages de la haute Ardèche, nous plonge dans l'ambiance de cette époque avec ses distractions, ses contraintes et ses préjugés. Les sorties dominicales pour danser dans les parquets salon, rythme la vie de cette jeune femme que les coups du sort ne vont pas épargner. Contrainte d'épouser un homme qu'elle haït et malgré ce qu'est devenue son existence, son caractère affirmé l'aidera à surmonter les obstacles.
« Peau de lapin », c'est le surnom qu'on donnait chez nous, à Sancoins, au peillerot du village. Le peillerot, vous savez, cet homme qui passait dans les rues de chaque village soit avec une carriole attelée, soit avec un triporteur à moteur ou encore avec une 203 plateau selon les époques, pour ramasser les peaux d'animaux, les ballots de vieux chiffons ou encore la ferraille en criant : « Peau de lapin ! Peau ! » Si au siècle dernier chaque village voyait déambuler le sien, Lucien, le nôtre à Sancoins, eut une vie tellement riche en péripéties de toutes sortes qu'elle méritait bien que je lui consacre... Un roman ! L'idée ne m'est pas venue comme ça, du jour au lendemain. Ce fut un jour de dédicace dans ma ville de coeur que je vis apparaître Marie-Jeanne, la fille de notre peillerot. Elle prit son courage à deux mains pour me demander si je me souvenais de son papa, et si je serais intéressé pour en relater l'histoire. Après l'avoir entendue toute une journée, l'idée me sembla formidable à tel point que j'en ai fait... Un roman biographique. Tout ce qui est relaté dans cette histoire a été vérifié et approuvé par Marie-Jeanne.
Jean-Luc Dudonjon a grandi dans un village de la campagne berrichonne. Devenu parisien et cadre d'une grande entreprise, le sort de son village le touche. Il décide de se présenter aux élections municipales. Son projet économique a pour but de redonner vie à ce village en péril. Mais sa candidature, puis son élection, diviseront, profondément et durablement, les habitants du village et des alentours. Un si joli petit village, c'est l'histoire d'une commune rurale, et de toutes les autres...
Tipasa, fin des années 1890. Issu d'une famille de la grande bourgeoisie, Michel Botteri découvre avec enthousiasme la terre algérienne, cette terre où son père, prestigieux général, vécut de longues années, et qu'il aima tant qu'il mourut d'avoir dû la quitter, rongé par l'ennui et la nostalgie. Lorsque Michel prend possession de la villa de son père à Tipasa, il s'émerveille de la beauté du pays, et n'a plus qu'une aspiration : y couler des jours heureux, dans la contemplation de la mer, des montagnes et des ruines antiques qui entourent sa propriété. Un parfait écrin pour les charmes de Felicia, l'épouse de Michel, que tous appellent la Cina, et que le jeune homme aime passionnément. Mais la félicité n'est que de courte durée : pressé par son entourage, et notamment par sa mère, femme tyrannique et ambitieuse, voilà que Michel s'engage en politique, visant la députation d'Alger. Sur les conseils opportunistes de Claude, son meilleur ami, il se rapproche des antisémites, alors très puissants dans cette société algérienne troublée par les changements, et qui se cherche des boucs émissaires. Ce jeune homme tranquille, poussé malgré lui dans l'arène politique, jeté au coeur des émeutes antijuives, va alors découvrir avec dégoût et effroi la sauvagerie et la lâcheté du parti antisémite, ainsi que la bassesse des manoeuvres démagogiques, la soif de haine des foules et la cynique rouerie des puissants.
Jeune fille, Monique a du mal à trouver sa voie. Il n'existe qu'un seul endroit où elle se sent à sa place, en sécurité, avec des repères sûrs. Cet endroit où réside son coeur, c'est La Folie-Bâton, minuscule village du Berry où se tient la maison de ses grands-parents : la Grand-mère, souvent bougonne mais aimante et pétrie du bon sens des coeurs simples, et le Grand-père apaisant, toujours réfléchi, avec ses longues moustaches blanches qu'il aime tant lisser ; deux incarnations de la sagesse, cette sagesse dont a tant besoin une enfant qui grandit, qui tâtonne sur le sentier de la vie, qui peine à trouver sa vocation, et connaît ses premiers émois amoureux. Où que Monique soit, chaque fois, dans les moments difficiles, ses pensées la conduisent à La Folie-bâton, son havre, son jardin secret, que nous découvrons tour à tour dans les années 30, puis pendant les dures années de l'Occupation et dans les heures mouvementées de la Libération, et enfin au début des Trente Glorieuses.
Jacques Orbeval et sa femme Françoise ont acquis le petit domaine de Chanturgue en Auvergne. Ils ne l'ont pas payé comptant, et pour cause ! Mais la fortune sourit aux jeunes qui sont intelligents, actifs, laborieux, honnêtes et prévoyants. Le domaine libéré de toute dette, on l'agrandira. On l'arrondit d'une terre, d'une prairie, d'une vigne, d'un bois, chaque fois qu'une occasion favorable se présente. La famille vient. C'est un, puis deux, puis trois, puis quatre enfants : trois filles et un garçon que Françoise donne à Jacques. Et chaque enfant qui arrive augmente l'amour des époux et accroît leur activité laborieuse... C'est l'histoire de ces fermes de Limagne que les Auvergnats, il y a 100 ans, voyaient naître, grandir, prospérer, puis décliner et dépérir, puis se relever de leurs ruines, ressusciter et atteindre une nouvelle prospérité. Plus qu'un roman, La Terre qui renaît est une peinture, une étude sociologique économique, morale, sociale des paysans d'Auvergne au début du XXe siècle.
« Enfants pendant l'occupation, nous rêvions de devenir des maquisards mais quelques années plus tard c'est la guerre d'Algérie qui nous a cueillis, à peine sortis de l'adolescence. Nous nous sommes retrouvés un fusil dans les mains pour combattre ceux qui se battaient pour leur liberté. Je me suis senti alors trahi par ma patrie, celle qui avait combattu les nazis. J'ai eu à plusieurs reprises l'envie de m'échapper de cet enfer, je ne l'ai pas fait car ce cauchemar m'a permis de mieux découvrir l'existence et la solidité de mes racines. C'étaient des souvenirs de bonheur et d'humour, c'étaient mes jeunes années, ma famille et mon terroir qui s'accrochaient à moi pour me retenir, pour me dire qu'il ne me fallait pas tout détruire. J'ai compris alors que mes idées - pourtant très justes - ne me donnaient pas tous les droits. »
Une fille de rien, c'est l'histoire d'une fille de la campagne, qui mène à la ville la vie galante. C'est aussi toute l'existence d'une petite paysanne qui tourne mal. Jules Leroux nous présente dans ce roman une aventure « peu convenable à la décence », qui aurait pu provoquer les bonnes consciences du début du XXe siècle. Mais c'est surtout la qualité littéraire de ce roman qui fut remarquée. Une fille de rien est un roman savoureux, chargé du suc robuste du terroir, inspiré des Ardennes dont Jules Leroux était originaire et du Nord où il vivait lorsqu'il a rédigé ce roman. C'est oeune uvre attentive à une dimension sociale, celle d'un monde rural dont les valeurs sont déjà en train de changer avant la Première Guerre mondiale. C'est le premier roman de Jules Leroux. Celui-ci avait présenté le manuscrit à Louis Pergaud qui avait obtenu le prix Goncourt en 1910 avec De Goupil à Margot. Pergaud l'avait recommandé à l'éditeur Figuière qui le publia et le proposa au Concourt en 1911. Il fut remarqué par le jury, mais n'obtint pas la « suprême distinction ».
Voyage avec un âne dans les Cévennes, en anglais Travels with a Donkey in the Cévennes est un récit de voyage de l'écrivain écossais Robert Louis Stevenson, paru en 1879. C'est une peine de coeur qui pousse le jeune écrivain de 28 ans à s'engager dans cette aventure. Dans son livre, il relate sa randonnée entreprise en automne 1878 : la traversée des Cévennes à pied. Parti du Monastier en Haute-Loire et cheminant vers le sud, il traverse toute la Lozère pour atteindre douze jours après Saint-Jean-du-Gard, au terme d'un périple de 195 km. Son unique compagnon est l'ânesse Modestine. Il conte ses rencontres avec les gens du pays, décrit les villages traversés et rappelle l'histoire de la région. Ce livre est sans doute la plus belle « photographie écrite » du Velay, du Gévaudan et des Cévennes au XIXe siècle. L'itinéraire qu'il a suivi est désormais intégré au réseau des chemins de grande randonnée sous le nom de GR 70, appelé le « chemin de Stevenson ».
Lyon dans les années 1920 :Yvonne Vergette, fille de commerçants enrichis vit une existence morne ponctuée par les mondanités que lui impose sa mère. Elle tombe peu à peu dans la mélancolie lorsque le docteur Pierre Ferrier, vieil ami de la famille conseille à ses parents de l'envoyer dans leur propriété de Jullié dans le Beaujolais. Là, elle y découvre un monde authentique et fait la connaissance de Jean Giroux, « gentilhomme campagnard » dont elle tombe amoureuse. Fort de son amour, elle se dresse contre ses parents qui l'ont promise à un vicomte prétentieux et vain. Mais de mauvais placements entrainant la ruine des Vergette vont changer le cours des choses... Un beau roman d'amour mettant en valeur l'authenticité et les joies simples de la vie rurale face aux attraits superficiels de la ville et de l'argent.
Ils étaient sur le trottoir de la place à l'encognure du Minage, la petite rue qui mène à la Halle, où l'on danse à toutes ces Saint-Martin. Bras dessus bras dessous, ils rentrèrent au grand bal, au bal commun à moitié vide, ouvriers et charretiers des fermes et villages voisins, la plupart en blouse et en casquette servantes, toute leur humble toilette étalée, aux chapeaux fleuris de gros rouge comme leur teint ; clercs et jeunes gens de la ville et quelques jeunes officiers en bourgeois, avec les couturières, les petites des magasins, beaucoup jolies, éveillées, heureuses de cette joie pimpante et facile des grisettes que la province conserve encore. Une dizaine de quadrilles isolés, quand tout à l'heure on ne pouvait point se remuer. Sur les bancs, des groupes également rares, rangés par villages, les garçons un bras à la taille de leur voisine, le menton sur leur épaule, les attirant, leur chauffant le cou de leurs propositions de départ, les braves filles au sang épais peu à peu s'apprêtant, luisant des yeux, des joues, des lèvres, acceptant de les suivre sans dire oui. Et les couples à la file quittant la salle, enlacés d'avance, tranquilles à leurs baisers comme si ç'avait été déjà autour d'eux la grande plaine déserte et la nuit. » Le Moulin Blant est de la veine de ces beaux romans sociaux qui nous décrivent la vie et les moeurs d'un terroir il y a cent ans. Les personnages et l'intrigue ne gâchent rien. Le Moulin Blant est de ces romans que l'on aime relire et qu'on apprécie encore mieux la seconde fois.
1860. Un demi-siècle s'est écoulé depuis que Moïse Lefort a planté son premier rang de vigne en terres berrichonnes. À l'heure où le chemin de fer permet une commercialisation industrielle du vin, ses héritiers sont devenus prospères et l'argent coule à flots. Au Domaine du Tertre, les têtes tournent, tandis que l'esprit vigneron s'évanouit. Déçus par une relève inexistante, les aïeux Lefort ont recours à un maître de chai consciencieux, Mazurel, afin de perpétuer le métier. L'ingéniosité, le pragmatisme, de ce nouveau venu évoluent très vite en ciment salvateur pour une dynastie crevassée par les mondanités et les déchirements. C'est alors qu'un petit puceron nommé phylloxéra arrive pour réclamer ses droits sur le vignoble. Seul un très vieux secret pourra, peut-être, éviter le pire...
Un jour de 1954 qui ressemblait aux autres, en lisant le quotidien local, Pierre Cambessou apprend avec stupéfaction que le projet d'un énorme barrage hydroélectrique va se concrétiser. Il doit immerger une très grande partie de son exploitation agricole et la maison qui abrite sa famille depuis plusieurs générations. "Ma pauvre baraque sera sous vingt-cinq mètres d'eau", s'insurge-t-il. C'en est trop ! Avec ses faibles moyens face à l'administration et au sacro-saint intérêt public, il décide de se battre afin de faire annuler ce maudit projet. La bataille du pot de terre et du pot de fer s'engage, mais Pierre, raisonné par son épouse et sa fille Lucie, comprend vite qu'il doit consentir au compromis d'une expropriation où il a tout à gagner. Nouvelle maison, nouvelles terres, nouvelle vie ! C'est donc déchiré par la nostalgie et les souvenirs qu'il accepte l'inacceptable. Dans ce coin retiré du Cantal, où jusqu'à ce jour il ne se passait pas grand-chose, le chantier s'installe avec ses corollaires de terrassement, de maisons préfabriquées, de cantines, d'ateliers, de personnels venus de l'Hexagone et d'ailleurs, d'engins de toutes sortes et de bruit... Bref ! Lucie et ses deux frères trouveront-ils leur place dans le dédale de ce chantier gigantesque et de cette cité éphémère ?
A l'orée du XXème siècle, Noël Cavignac évolue au sein de la bourgeoisie orléanaise. Alors que son avenir est tout tracé à la tête de la manufacture familiale de son père, lui aspire pourtant à un tout autre dessein, plus artistique... Si l'usine est confrontée au choix du progrès industriel, Noël, lui, est tiraillé entre un héritage paternel provincial et des rêves de Beaux Arts à Paris. Au détour d'Orléans, d'Olivet et de la proche Sologne, Noël grandit, découvre, s'amuse. Puis il s'affirme, fait des choix, avant que la vie ne décide pour lui ... Noël est, au tournant de ce siècle, l'incarnation de la délicate transition entre la tradition et la modernité.
Une vision du XVIIIe siècle, dans le coeur même de la France, le Berry. Le lecteur y découvre deux familles. L'une, paysanne, les Chapelin, survit au jour le jour ; l'autre, les De Nuys, aristocratiques, a soif de terres et de pouvoir. Très vite, la confrontation entre les deux clans devient inévitable. Disettes, sorcières contant des lendemains de malheur, trahisons, gabelous... Les deux familles auront fort à faire. Fresque historique précédant Le Fils des Lumières, cette plongée au coeur de ce premier XVIIIe siècle dévoile le Berry sous un nouveau jour : plus qu'une terre de paysans et de légendes, c'est une terre violentée par l'Histoire.
Lorsqu'une nuit de septembre 1935, Martin se noie dans la Grosne, à Cluny, tout le monde croit à une mort accidentelle. Seule Marie, sa femme, sait qu il s est suicidé. Afin de comprendre les raisons de ce geste désespéré, elle choisit de briser le silence qui entoure la folie de Martin et de jeter un regard lucide sur leur vie de couple. Surtout, la jeune femme doit gérer le quotidien à la ferme et bâtir son avenir et celui de sa fille, entre utopie et réalisme, détermination et renoncement. Elle est secondée dans cette reconstruction par sa famille, notamment par sa soeur Emma, aux fortes convictions féministes, et par son frère Pierre, tout juste marié, qui accepte de bouleverser sa vie pour venir en aide à son aînée.
Jérôme et Paul sont frères. Ils ont grandi ensemble dans une commune du Limousin, Saint Germain les Belles. Devenus jeunes adultes, Paul, l'ainé, épouse une carrière militaire. Jérôme, qui va commencer des études de médecine, décide de rendre visite à son frère qui se trouve en Orient. Premier voyage pour ce Limousin de souche, découvertes de nouvelles contrées et de nouvelles cultures, rencontres amicales et amoureuses... Mais nous sommes en 1939, la seconde Guerre Mondiale éclate. Les galons perdus, c'est l'histoire du destin opposé de deux frères, qui se termine en Limousin, là où tout a commencé...