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Nos rayons et sélections

La Gibecière à Mots

1379 livres
Couverture ebook de Le mirage de l'El Dorado, de Jean-Francois Louis Merlet
La Gibecière à Mots | 14 octobre 2025

Jean-François Louis Merlet (1878-1942) "Au rez-de-chaussée d'un très bel immeuble de la rue Taitbout, étaient installés les bureaux somptueux de la Banque commerciale des valeurs agricoles, montée au capital de trois millions versés et ayant à sa tête un comité composé de braves gens et aussi d'aigrefins, soigneusement dissimulés sous des noms d'emprunt. Le président, M. du Coulier, était un ancien sénateur, faisant déjà partie de plusieurs sociétés financières notoires. Il inspirait confiance. Sa probité était hautement reconnue par tous, mais il ne paraissait pas très au courant des combinaisons de la dernière heure et des opérations contestables ou scabreuses de la banque nouvelle à laquelle il avait prêté l'autorité de son nom. Autour de lui grouillait une séquelle d'employés admirablement stylés par les deux directeurs effectifs : Henri de Boisaubry, de son véritable nom Henri Béragne, et Fernand Calmonne, ancien receveur des finances, qui avait quitté l'administration pour un emploi plus lucratif, après avoir fait valoir, prématurément, pour des raisons de santé, ses droits à la retraite, après une affaire assez délicate. Tous deux étaient peu scrupuleux, et, à la vérité, cherchaient à attirer les gogos en leur antre dont l'apparence était certainement trompeuse. Boisaubry et Calmonne, toujours très dignes et d'une tenue irréprochable, sérieux et ponctuels, jouaient à merveille le rôle qu'ils s'étaient assigné. Lors des réunions semestrielles du conseil d'administration, on se plaisait à rendre hommage à leurs qualités. Le revers de la médaille était moins brillant." Rémy et Marco s'échappent du bagne, portés par une certitude : El Dorado existe. Ils savent où aller. Une pirogue, un fleuve - et cette légende qui brûle plus fort que la peur. Mais à mesure qu'ils s'enfoncent dans la jungle, ce n'est pas l'or qui les attend, c'est ce qu'ils sont prêts à perdre pour l'atteindre. Car El Dorado n'est pas un rêve. C'est une épreuve. Et elle ne laisse personne intact.

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Couverture ebook de Zig-zags en Bulgarie, de Frederic Kohn-Abrest
La Gibecière à Mots | 23 juillet 2025

Frédéric Kohn-Abrest (1850-1893) "J'étais parti de Paris le 22 avril 1877 par le train-poste du soir, ligne du Nord. Le lendemain je fus réveillé pour la troisième fois (les deux autres interruptions de sommeil étaient au compte des douanes belge et allemande) par le bruit assourdissant d'une nuée de gamins qui psalmodiaient sur un rythme traînant et lugubre - Zei-tung-heu-te - Zei-tung-heu-te. Ces deux notes jetées par une demi-douzaine de jeunes stentors, signifiaient que la Gazette de Cologne du jour venait d'être mise en vente. Le journal était tout frais, tout humide encore des baisers de la presse, car le convoi venait de s'arrêter dans la ville même où la volumineuse Gazette s'imprime ; au milieu de cette énorme bâtisse vitrée, la gare de Cologne où le croisement ininterrompu des trains convergeant dans tous les sens le jour et la nuit, provoque un brouhaha perpétuel dont les éclats se perdent dans l'immensité du Hall. Je donnai les 25 pfennigs à l'un des petits braillards, et certes, la Gazette valait cette somme ce jour-là. Elle contenait le discours au Reichstag de M. de Moltke sur la concentration des troupes françaises le long de la frontière - discours célèbre pendant huit jours (où êtes-vous, neiges d'antan !) et un télégramme annonçant officiellement la rupture des rapports diplomatiques entre la Russie et la Turquie, ainsi que l'entrée des Russes sur le territoire roumain. L'avouerai-je ? cette nouvelle me soulagea beaucoup. Jusqu'au dernier moment, d'incorrigibles sceptiques m'avaient inoculé des doutes sur la réalité des préparatifs militaires et avaient même doucement raillé le reporter qui en serait pour son voyage. Maintenant les sceptiques étaient confondus. Le tsar avait bien réellement fermé le temple de Janus, et non seulement je ne risquai point d'avoir entrepris un voyage inutile, il fallait encore me hâter pour arriver à temps. Mes étapes furent doublées et, après une courte halte à Berlin, je me trouvais quarante-huit heures plus tard aux frontières de l'empire du tsar." Témoignage du journaliste Frédéric Kohn-Abrest sur la guerre Russo-turque, en Bulgarie (1877). L'humour se mêle aux descriptions et aux réflexions.

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Couverture ebook de La grande Iza, de Alexis Bouvier
La Gibecière à Mots | 8 juillet 2025

Alexis Bouvier (1836-1892) "Lorsque, dans le vieux quartier du Marais, la nouvelle s'était répandue que la belle Cécile Tussaud, la fille unique de Claude Tussaud, le fabricant de bronzes de la rue Saint-François, allait se marier, épouser le grand Houdard, dit la Rosse, ça n'avait été qu'un cri de stupéfaction et de réprobation. On se refusait à croire à une semblable alliance. Depuis dix ans, tout le monde, dans le quartier du bronze, savait qu'Houdard commanditait la maison Tussaud. On disait même que c'était à la légèreté de la brune Mme Tussaud que cette commandite d'une maison ruinée, discréditée, était due. Seul - assurait-on - Claude Tussaud ignorait cette honte. Mais ce qui scandalisait tout le monde, c'est le bruit répandu que c'était Mme Tussaud qui voulait le mariage de sa fille. On est bavard au Marais ; on disait bien des choses. On disait que Tussaud allait être déclaré en faillite, et qu'il mariait sa fille pour s'associer son gendre et relever sa maison. On disait que la mère indigne mariait son enfant pour conserver près d'elle celui qu'elle aimait... une infamie enfin ! On disait encore que la jeune et belle Cécile aimait avec passion un ancien apprenti de son père, son compagnon d'enfance, presque son frère de lait, le petit Maurice, et, qu'ayant été obligé de renvoyer l'apprenti devenu ouvrier à cause de cela, on se hâtait, car il n'était que temps de marier Mlle Cécile... On disait bien des choses enfin... Mais nous allons raconter, nous, ce qu'on ne disait pas : la vérité." Maurice et Cécile s'aiment depuis l'enfance et espèrent pouvoir se marier. Mais les parents de Cécile décident de l'unir à leur associé : André Houdard dit la Rosse, afin de sauver leur entreprise de la ruine. Les deux amoureux refusent cette décision...

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Couverture ebook de Le pèlerin de Saint-Anne, de Pamphile Lemay
La Gibecière à Mots | 30 juin 2025

Pamphile Lemay (1837-1918) "Le 24 mai 1837, Eusèbe Asselin arrivait de la ville, et nous apprenait que le bateau de Jean-Baptiste Daigle, que l'on appelait toujours Paton, chez nous, avait chaviré et que plusieurs personnes de la paroisse s'étaient noyées. Vous savez que l'on n'allait guère à Québec qu'en bateaux à voiles ou à rames, il y a quarante ans. On voyageait encore de la même façon primitive il y vingt-cinq ans ; et le premier vapeur qui vint chez nous, le Rob Roy - un nom formidable -, eut une rude concurrence à soutenir contre les petits vaisseaux de Mathurin et de Paton. La routine, voyez-vous, est toute-puissante, et nos habitants sont prévenus contre le progrès. Le bateau de Paton avait laissé Lotbinière l'avant-veille, avec treize passagers, nombre nécessairement fatal. Dans la rade de Québec, mal gouverné, il vient se jeter sur le câble d'un navire. La mer baisse : le courant est rapide. Il penche, il penche. L'eau monte jusqu'aux pavois. Les passagers poussent un grand cri. Comme une grappe serrée, ils s'accrochent au flanc qui sort de l'eau. Mais en vain, le courant est plus fort. Le bateau ne retrouve plus son équilibre : l'eau fait irruption dans la cale ; le mât frappe l'onde ; la grappe humaine disparaît dans les flots ; et la quille légère de la petite berge chavirée apparaît au-dessus du fleuve paisible." Les Letellier auraient pu être une famille heureuse mais le sort s'acharne sur elle : le père meurt dans un naufrage ; peu de temps après c'est le tour de la mère. Les deux jeunes enfants, Joseph et Marie-Louise, sont malheureusement confiés à Eusèbe Asselin, beau-frère du père. Joseph finit par s'enfuir et se retrouve à Québec... A suivre : "Picounoc le maudit"

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Couverture ebook de Le démon dans l'âme, de Theo Varlet
La Gibecière à Mots | 24 juin 2025

Théo Varlet (1878-1938) "Les cigales se taisaient. Le soleil, affleurant le lointain horizon des montagnes bleutées, ruisselait en feu sur la mer, pareille à un lac, dans le cadre des deux promontoires. Sous les pins-parasols, au haut de la pente qui dévale avec ses verdures de cistes, de bruyères et de myrtes jusqu'aux rochers littoraux, les deux amants (époux, d'ailleurs, pour les commodités administratives ; mais ils ignoraient ce détail, ici) allongés sur la toison rousse et feutrée des aiguilles de pin encore chaudes, contemplaient la féerie du couchant. C'était le dernier soir de leurs vacances merveilleuses. Depuis six ans, Étienne Serval et sa femme venaient chaque été sur cette île déserte, incroyablement située à trois lieues au large des côtes provençales, retremper leur idylle aux jouvences de la vie primitive ; et le souvenir de ces quinze jours passés dans la lumière de l'Éden irradiait sur eux comme un sacre. Évasion des tyrannies civilisées ! Loin des toits étouffants, loin des haleines envieuses et mesquines, la vie en liberté, la vie sauvage, allègre d'ignorer les frères-humains et les besoins artificiels... Des hamacs, suspendus aux troncs des pins bercés dans la tiède brise des nuits méditerranéennes ; un feu de « pignes » où faire cuire les produits de la pêche ; au besoin quelques vivres entreposés dans un vieux cabanon sans porte : - et les journées, toutes les journées immenses, depuis l'aube jusqu'à la brune, à vivre en Adam et Ève de ce royaume solitaire, à jouir de toutes les sensations, avec l'ingénuité des sauvages et des enfants, et avec une conscience aiguë de cerveaux civilisés." Face aux murmures inquiétants de 1914, Étienne et Ida mènent une vie d'une apparente sérénité dans le havre de leur mas provençal. Unis par un amour profond, ils sont pourtant à l'aube d'une transformation inéluctable. Tandis que le monde bascule, un "démon dans l'âme" insidieux s'éveille en chacun d'eux, remodelant leurs êtres au gré des tourments extérieurs.

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Couverture ebook de Les mystères de Montréal, de Auguste Fortier
La Gibecière à Mots | 17 juin 2025

Auguste Fortier (1870-1932) "Sur la rive est du Richelieu, à seize milles plus haut que Sorel, s'élève le village de Saint-Denis. Vous voyez de loin le clocher de son église paroissiale et les pignons de ses maisons blanches qui se mirent dans les eaux. Quand vous approchez plus près - si vous êtes en été - vous jouissez d'un coup d'oeil magnifique. Sur une étendue qui se déroule sans accident de terrain jusqu'au pied des montagnes de Beloeil, vous voyez, autour des maisons, des blés qui jaunissent, des arbres chargés de fruits, ainsi qu'une variété infinie de fleurs. Si vous êtes en automne, vous entendez dans les champs les voix câlines des jeunes filles et les rires francs des gars qui travaillent sous le commandement du père. Il y a un demi-siècle, on y entendit tonner le canon des troupes anglaises, et ces vieux arbres qui vous ombragent portent encore des cicatrices de cette époque de troubles. S'ils pouvaient parler ils vous raconteraient de combien de vaillants défenseurs de la nationalité, de combien d'obscurs martyrs d'un gouvernement despotique, ils ont recueilli le dernier soupir. C'est à cette époque de bouleversement national - 1837 - que commence notre récit. Vers la fin d'août de cette année, François Bourdages, une jeunesse du deuxième rang de Saint-Denis, donnait ce qu'on appelle une grande veillée." Paul Turcotte est un jeune homme dont le passé est lié aux Rébellions des Patriotes de 1837-1838. Ayant participé à ces soulèvements contre le pouvoir colonial britannique, il est contraint de vivre clandestinement, son statut de patriote recherché planant constamment au-dessus de lui. Il devient marin, mais il n'oublie ni sa fiancée Jeanne ni le traitre Charles Gagnon, prêt à tout, qui a vendus les patriotes par jalousie des amours de Paul et Jeanne...

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Couverture ebook de Manette Salomon, de Edmond De Goncourt, Jules De Goncourt
La Gibecière à Mots | 2 juin 2025

Edmond de Goncourt (1822-1896) Jules de Goncourt (1830-1870) "On était au commencement de novembre. La dernière sérénité de l'automne, le rayonnement blanc et diffus d'un soleil voilé de vapeurs de pluie et de neige, flottait, en pâle éclaircie, dans un jour d'hiver. Du monde allait dans le Jardin des Plantes, montait au labyrinthe, un monde particulier, mêlé, cosmopolite, composé de toutes les sortes de gens de Paris, de la province et de l'étranger, que rassemble ce rendez-vous populaire. C'était d'abord un groupe classique d'Anglais et d'Anglaises à voiles bruns, à lunettes bleues. Derrière les Anglais, marchait une famille en deuil. Puis suivait, en traînant la jambe, un malade, un voisin du jardin, de quelque rue d'à côté, les pieds dans des pantoufles. Venaient ensuite : un sapeur, avec, sur sa manche, ses deux haches en sautoir surmontées d'une grenade ; - un prince jaune, tout frais habillé de Dusautoy, accompagné d'une espèce d'heiduque à figure de Turc, à dolman d'Albanais ; - un apprenti maçon, un petit gâcheur débarqué du Limousin, portant le feutre mou et la chemise bise. Un peu plus loin, grimpait un interne de la Pitié, en casquette, avec un livre et un cahier de notes sous le bras. Et presque à côté de lui, sur la même ligne, un ouvrier en redingote, revenant d'enterrer un camarade au Montparnasse, avait encore, de l'enterrement, trois fleurs d'immortelle à la boutonnière. Un père, à rudes moustaches grises, regardait courir devant lui un bel enfant, en robe russe de velours bleu, à boutons d'argent, à manches de toile blanche, au cou duquel battait un collier d'ambre." "Manette Salomon" est un portrait riche et détaillé de la vie artistique, un drame psychologique et une exploration intemporelle de l'ambition, de la passion et des sacrifices faits au nom de l'amour et de l'art. Découvrez ce joyau oublié qui capture avec vivacité l'esprit d'une époque et les éternelles luttes du coeur humain.

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Couverture ebook de La marquise de Sade, de Rachilde
La Gibecière à Mots | 29 mai 2025

Rachilde (1860-1953) "La petite fille se faisait tirer par le bras, car la chaleur de ce mois de juillet était vraiment suffocante. Elle voyait, de loin en loin, des places très dé

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Couverture ebook de L'insurgé, de Jules Vallès
La Gibecière à Mots | 13 mai 2025

Jules Vallès (1832-1885) "C'est peut-être vrai que je suis un lâche, ainsi que l'ont dit sous l'Odéon les bonnets rouges et les talons noirs. Voilà des semaines que je suis pion, et je ne ressens ni un chagrin ni une douleur ; je ne suis pas irrité et je n'ai point honte. J'avais insulté les fayots de collège ; il paraît que les haricots sont meilleurs dans ce pays-ci, car j'en avale des platées et je lèche et relèche l'assiette. En plein silence de réfectoire, l'autre jour, j'ai crié, comme jadis, chez Richefeu : - Garçon, encore une portion ! Tout le monde s'est retourné, et l'on a ri. J'ai ri aussi - je suis en train de gagner l'insouciance des galériens, le cynisme des prisonniers, de me faire à mon bagne, de noyer mon coeur dans une chopine d'abondance - je vais aimer mon auge ! J'ai eu faim si longtemps ! J'ai si souvent serré mes côtes, pour étouffer cette faim qui grognait et mordait mes entrailles, j'ai tant de fois brossé mon ventre sans faire reluire l'espoir d'un dîner, que je trouve une volupté d'ours couché dans une treille à pommader de sauce chaude mes boyaux secs. C'est presque la joie d'une blessure guérie à chatouiller. Toujours est-il que je n'ai plus le teint verdâtre et l'oeil creux ; il traîne souvent de l'oeuf dans ma barbe. Je ne la peignais pas autrefois, cette barbe ; mes doigts la fourrageaient et la maltraitaient, lorsque je songeais à mon impuissance et à ma misère." Troisième volet de la trilogie "Jacques Vingtras".

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Couverture ebook de L'enfant, de Jules Vallès
La Gibecière à Mots | 9 mai 2025

Découvrez L'Enfant de Jules Vallès, un récit autobiographique poignant et révolté qui dénonce avec une verve unique la violence éducative et familiale au XIXe siècle.

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Couverture ebook de Aventures merveilleuses mais authentiques du capitaine Corcoran, de Alfred Assolant
La Gibecière à Mots | 1 mai 2025

Alfred Assolant (1827-1886) "Ce jour-là, - le 29 septembre 1856, - vers trois heures de l'après-midi, l'Académie des sciences de Lyon était en séance et dormait unanimement. Il faut dire, pour l'excuse de messieurs les académiciens, qu'on leur lisait depuis midi le Résumé succinct des travaux du célèbre docteur Maurice Schwartz, de Schwartzhausen, sur l'empreinte que laisse dans la poussière la patte gauche d'une araignée qui n'a pas déjeuné. Du reste, aucun des dormeurs ne s'était rendu sans combat. L'un, avant d'appuyer ses coudes sur la table et sa tête sur ses coudes, avait essayé d'esquisser à la plume le profil d'un sénateur romain, mais le sommeil l'avait surpris au moment où sa main savante traçait les plis de la toge ; un autre avait construit un vaisseau de ligne avec une feuille de papier blanc, et le doux ronflement qu'il faisait entendre semblait un vent léger destiné à enfler les voiles du navire. Le président seul, penché en arrière et appuyé sur le dossier de son fauteuil, dormait avec dignité, et, - la main sur la sonnette, comme un soldat sous les armes, - gardait une attitude imposante. Pendant ce temps, le flot coulait toujours, et M. le docteur Maurice Schwartz, de Schwartzhausen, se perdait en considérations infinies sur l'origine et les conséquences probables de ses découvertes. Tout à coup l'horloge sonna trois coups et tout le monde s'éveilla. Alors le président prit la parole..." Un jeune et intrépide aventurier malouin, le capitaine Corcoran part aux Indes afin de retrouver le premier livre sacré des Hindous. Il est accompagné de sa fidèle Louison... une tigresse de Java...

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Couverture ebook de Le sosie du président, de H. J. Magog
La Gibecière à Mots | 29 avril 2025

H. J. Magog (1877-1947) "Ce taxi flânait. Cela ne voulait pas dire que le monsieur préoccupé, qui avançait hors de la portière un grand nez impatient, ne fût point pressé. C'était plutôt que le chauffeur cherchait la porte devant laquelle il devait s'arrêter. Roulant aussi doucement qu'un express aux abords des butoirs, il inspectait les façades des hauts immeubles récemment poussés dans le Faubourg Saint-Jacques. Et les deux grands yeux gris du client rasé cherchaient aussi. - Stop ! C'est ici, cria-t-il soudain. Ouvrant la portière avec une brusquerie qui n'indiquait certes pas un irrésolu, il sauta sur le trottoir. Il tenait une petite valise à la main. Grand et demeuré mince, souple et vigoureux, s'il avait dépassé la trentaine ce ne pouvait être que de bien peu d'années. Élégant, avec une certaine fantaisie - rien de la gravure de mode - il avait le regard vif et facilement ironique, les cheveux blonds rejetés en arrière et un air grave, qui pouvait fort bien être celui d'un pince-sans-rire. Levant le nez, il inspecta d'abord une plaque de marbre noir, qui ornait l'entrée d'une importante construction neuve, et présentait, en lettres d'or, cette inscription : INSTITUT DE CALLITHÉRAPIE Culture physique - Massages - Soins du visage - Modelage - Rajeunissement - Personnel spécialisé et diplômé - Prix modérés - Discrétion" Fred Lovely est un comédien exigeant. Pour un spectacle, il veut absolument être la réplique exacte du président de l'état du San-Piquillo : Santos Mirador. Aussi il se rend à l'Institut fréquenté par celui-ci sans savoir que ce jour-là, Mirador y a rendez-vous pour entretenir sa "jeunesse"...

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Couverture ebook de Mitsi, de Delly
La Gibecière à Mots | 23 avril 2025

Delly Jeanne-Marie Petitjean de La Rosière (1875-1947) Frédéric Petitjean de La Rosière (1876-1949) "Ce matin de juin, une amazone et deux cavaliers parcouraient au petit trot la route large, bien entretenue, bordée de vieux arbres, qui conduisait aux forges de Rivalles et à la superbe résidence désignée dans le pays sous le nom de « Château Rose ». L'amazone était jeune, très blonde et d'une incontestable beauté. Les yeux d'un bleu vif avaient beaucoup d'éclat et la fraîcheur du teint pouvait soutenir toutes les comparaisons. Elle montait fort bien, avec beaucoup d'aisance. Son compagnon de gauche fit remarquer : - Vous devenez une excellente écuyère, Florine. Celui-là était le directeur des forges, Flavien Parceuil. Bien qu'il eût dépassé largement la soixantaine, il restait d'allure encore jeune et, visiblement, était plein d'activité. Une barbe grise très soignée terminait son visage long et pâle, creusé de petites rides. La bouche avait un pli dur, et les yeux se cachaient fréquemment sous de molles paupières flétries par l'âge. Le second cavalier n'était autre que Christian Debrennes, vicomte de Tarlay, maître et seigneur non seulement des importantes forges de Rivalles et du Château Rose, mais encore d'une grande partie du pays, fort loin à la ronde." Romance. Mitsi, orpheline et pauvre, à la mort de la personne qui s'en occupait, arrive au Château Rose, la propriété des Debrennes de Tarlay. C'est là que réside son tuteur, M. Parceuil, bras droit et homme de confiance des Debrennes. Son chemin de croix ne fait que commencer...

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Couverture ebook de Trois ombres sur Paris, de H. J. Magog
La Gibecière à Mots | 21 avril 2025

H. J. Magog (1877-1947) "- Lequel est-ce ? - Le vieux souriant, complètement rasé, avec des cheveux blancs... Le voyez-vous ? - Mal. Il est si entouré ! - Accaparé ! Réellement, on aurait dû nous délivrer des « coupe-file ». - Il y a des gens d'une taille excessive... Pardon, monsieur, je désirerais jeter un coup d'oeil... Ah !... - Vous l'apercevez ? - Superbe ! - Une belle tête de savant. - Infiniment de charme et de dignité. - Infiniment. Ils étaient cinq ou six jeunes gens à échanger ces propos derrière une véritable barricade de dos humains. Pour être recouverts d'habits noirs, ces dos n'étaient nullement transparents et les jeunes gens, pareillement vêtus de fracs élégants, devaient se hausser sans cesse sur la pointe de leurs escarpins vernis. La curiosité semblait être de rigueur à cette soirée officielle, et ce salon, en particulier, se bondait de gens aux cous tendus et aux yeux quêteurs, dont la seule ambition paraissait être d'ajouter constamment de nouveaux rangs au cercle déjà formé." Le célèbre professeur Fringue a crée une machine qui permet de transformer les hommes en surhommes. Le président de l'Union européenne et les élites voient cette découverte comme un véritable danger...

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Couverture ebook de L'Eve future, de Auguste De Villiers De L'Isle-Adam
La Gibecière à Mots | 8 avril 2025

Auguste de Villiers de l'Isle-Adam (1838-1889) "À vingt-cinq lieues de New York, au centre d'un réseau de fils électriques, apparaît une habitation qu'entourent de profonds jardins solitaires. La façade regarde une riche pelouse traversée d'allées sablées qui conduit à une sorte de grand pavillon isolé. Au sud et à l'ouest, deux longues avenues de très vieux arbres projettent leurs ombrages supérieurs vers ce pavillon. C'est le n° 1 de la cité de Menlo Park. - Là demeure Thomas Alva Edison, l'homme qui a fait prisonnier l'écho. Edison est un homme de quarante-deux ans. Sa physionomie rappelait, il y a quelques années, d'une manière frappante, celle d'un illustre Français, Gustave Doré. C'était presque le visage de l'artiste traduit en un visage de savant. Aptitudes congénères, applications différentes. Mystérieux jumeaux. À quel âge se ressemblèrent-ils tout à fait ? jamais, peut-être. Leurs deux photographies d'alors, fondues au stéréoscope, éveillent cette impression intellectuelle que certaines effigies de races supérieures ne se réalisent pleinement que sous une monnaie de figures, éparses dans l'Humanité." Un aristocrate désabusé, Lord Ewald, est consumé par un amour impossible pour une femme réelle mais imparfaite. Face à son désespoir, le génial inventeur Edison lui propose une solution audacieuse : créer une femme artificielle, Hadaly, une créature d'une beauté et d'une intelligence inégalées...

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Couverture ebook de Petite comtesse, de Max Du Veuzit
La Gibecière à Mots | 3 avril 2025

Max du Veuzit (1876-1952) - Philippe, mon enfant, veux-tu, oui ou non, examiner sérieusement ma proposition ? Ton entêtement causera une catastrophe ! La voix suppliante de la vieille dame fit tressaillir le comte. Il redressa sa haute taille qu'une longue méditation, après dîner, avait courbée vers les tisons de la grande cheminée. - Je n'arrive pas à vous suivre sur ce terrain, ma mère ! D'ailleurs, comment croire à la réalité d'une pareille proposition ? - Je t'ai expliqué que Me Garnier, qui nous est tout dévoué, est certain des avantages énoncés. Il a dit douze millions ! - Cette histoire est fantastique ! - Si tu en doutes, consulte-le ; en même temps, il te confirmera que nous sommes au bord du gouffre. - Je ne l'ignore pas. - Oui, mais il te dira aussi que ton pauvre frère ne sait plus de quel côté se tourner... cette affaire de pétrole lui a tout mangé... la dot de sa femme y a passé, tout est englouti et cependant Charles me disait encore la semaine dernière que, s'il avait des fonds, il continuerait ses recherches : il est sûr qu'il y a du pétrole aux Chaumes-Rouges. Il en a trouvé. - Insuffisamment. - Parce que ses moyens sont limités. Il lui faudrait un commanditaire. Philippe d'Armons eut un geste d'indignation. - Après avoir englouti tout ce qu'il possédait, il risquerait l'argent des autres. C'est insensé ! Mais la mère prit chaleureusement la défense de l'absent. Et sa voix douce observa avec une profonde conviction : - Charles est un honnête homme. S'il dit qu'il y a du pétrole, c'est qu'il y en a. Et c'est désastreux pour lui, et pour nous tous, qu'il ne puisse continuer ses recherches. - Alors, c'est pour lui permettre de nourrir sa marotte que vous me dites : « Marie-toi. » Romance. "C'est ça que vous avez osé me faire épouser ?" Par amour pour sa mère et par devoir, Philippe d'Armons accepte d'épouser une inconnue : Myette Darteuil. Ce mariage va renflouer les finances des d'Armons et éviter que leur nom soit sali. Philippe qui vient de perdre, 6 mois auparavant, son épouse adorée, ne s'intéresse pas du tout à sa future femme et ne cherche pas à en savoir plus : Il se marie... point. Quelle déconvenue !

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Couverture ebook de Contes, de Hans Christian Andersen
La Gibecière à Mots | 1 avril 2025

Hans Christian Andersen (1805-1875) "Il y avait une fois vingt-cinq soldats de plomb, tous frères, car ils étaient nés d'une vieille cuiller de plomb. L'arme au bras, l'oeil fixe, l'uniforme rouge et bleu, quelle fière mine ils avaient tous ! La première chose qu'ils entendirent en ce monde, quand fut enlevé le couvercle de la boîte qui les renfermait, ce fut ce cri : « Des soldats de plomb ! » que poussait un petit garçon en battant des mains. On les lui avait donnés en cadeau pour sa fête, et il s'amusait à les ranger sur la table. Tous les soldats se ressemblaient parfaitement, à l'exception d'un seul, qui n'avait qu'une jambe : on l'avait jeté dans le moule le dernier, et il ne restait pas assez de plomb. Cependant il se tenait aussi ferme sur cette jambe que les autres sur deux, et c'est lui précisément qu'il nous importe de connaître. Sur la table où étaient rangés nos soldats, il se trouvait beaucoup d'autres joujoux ; mais ce qu'il y avait de plus curieux, c'était un charmant château de papier. À travers les petites fenêtres, on pouvait voir jusque dans les salons. Au dehors se dressaient de petits arbres autour d'un petit miroir imitant un petit lac ; des cygnes en cire y nageaient et s'y reflétaient. Tout cela était bien gentil ; mais ce qu'il y avait de bien plus gentil encore, c'était une petite demoiselle debout à la porte ouverte du château. Elle aussi était de papier ; mais elle portait un jupon de linon transparent et très léger, et au-dessus de l'épaule, en guise d'écharpe, un petit ruban bleu, étroit, au milieu duquel étincelait une paillette aussi grande que sa figure. La petite demoiselle tenait ses deux bras étendus, car c'était une danseuse, et elle levait une jambe si haut dans l'air, que le petit soldat de plomb ne put la découvrir, et s'imagina que la demoiselle n'avait comme lui qu'une jambe." Recueil de 23 contes. "L'intrépide soldat de plomb" - "Les habits neufs du grand-duc" - "La bergère et le ramoneur" - "Le briquet" - "L'ange" - "Petit Claus et grand Claus" - "La princesse sur un pois" - "Les jardins du Paradis" - "La grosse aiguille" - "Les fleurs de la petite Ida" - "Le compagnon de voyage" - "La petite fille et les allumettes" - "La vieille maison" - "L'ombre" - "Le coffre volant" - "La pâquerette" - "Une semaine du petit elfe Ferme-l'OEil" - "La petite poucette" - "La petite sirène" - "Le vilain petit canard" - "Les cygnes sauvages" - "Le rossignol" - "Le chanvre".

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Couverture ebook de Le filleul de La Pérouse, de Jean D'Agraives
La Gibecière à Mots | 30 mars 2025

Jean d'Agraives (1892-1951) "En cette fin de juillet 1788, la grande salle des Gardes du vieux manoir de Coët-Sizun n'était plus qu'une salle à manger. Perdus au milieu de la pièce immense, dallée de granit, sous le plafond aux poutres apparentes, M. de Saint-Allouarn et son petit-fils Yvon de Kermadec semblaient deux lilliputiens à table chez les gens de Brobdingnag. Le souper assez frugal s'avançait quand, voyant son jeune compagnon se tailler un gros quignon de pain qu'il chargeait d'une bonne couche d'un beurre couleur de blé mûr et fleurant bon à dix pas, le vieux gentilhomme l'avertit : « Ne te bourre pas de pain, mon fi' ! Tu sais bien que Mariannik nous a promis pour aujourd'hui des galettes de sarrasin ! - Oh ! répondit tranquillement Yvon, la bouche déjà pleine, je mangerai bien ma beurrée et ma part de galettes avec. » M. de Saint-Allouarn riait de bon coeur de ce juvénile appétit quand la porte de la salle s'ouvrit comme sous un coup de bélier. Le battant, lancé à toute volée, s'en alla cogner le mur avec violence. En même temps apparaissait un personnage nouveau, aussi brusquement qu'un diable à ressort sorti d'une boîte. Un vrai bolide ! La tête la première, il fit quatre ou cinq pas en courant dans la salle." Le jeune Yvon de Kermadec, filleul du célèbre navigateur Jean-François de La Pérouse, accompagné de son grand-père M. de Saint-Allouarn, part sur les traces des navires la "Boussole" et "l'Astrolabe", de l'expédition maritime, commandé par La Pérouse, et disparus . Il espère surtout retrouver son père, Huon de Kermadec, officier en second sur "l'Astrolabe"...

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Couverture ebook de Charlie Chan à Honolulu, de Earl Derr Biggers
La Gibecière à Mots | 3 mars 2025

Earl Derr Biggers (1884-1933) "Le Pacifique est le plus désert des océans et les voyageurs qui traversent cette solitude mouvante se sentent perdus entre ciel et eau. Mais si, venant des atolls des mers du Sud, on fait route vers la côte de Californie, on rencontre à mi-chemin une île hospitalière. Les passagers de l'Oceanic aperçurent cette terre peu après le lever du jour, par une calme matinée de juin. Des pics bruns enveloppés de brouillard s'estompaient tels des fantômes sur la surface liquide, mais ils se précisèrent à mesure que le navire approchait ; bientôt les passagers, appuyés au bastingage, distinguèrent avec émotion l'île verdoyante d'Oahu, striée de sombres vallées au fond desquelles s'amassait l'eau des pluies. L'Oceanic se dirigea majestueusement vers l'entrée du chenal où se dressait le cap de Diamant, semblable à un grand lion prêt à bondir. Debout à tribord, une passagère contemplait la courbe gracieuse de la grève de Waikiki et, plus loin, les murs blancs d'Honolulu, cachés à demi dans la verdure, derrière la tour Aloha. Durant la traversée monotone, cette jeune femme de trente ans avait suscité un vif intérêt chez ses compagnons de voyage. De quelque coin reculé du monde que vous fussiez venu, vous l'auriez tout de suite reconnue : c'était Shelah Fane, la fameuse étoile de cinéma. Pendant huit années et plus, les directeurs de firmes cinématographiques l'avaient considérée comme une « vedette de grande valeur » ; et à présent, ils commençaient à moins l'apprécier et disaient en branlant la tête : « Elle baisse... » La célèbre actrice de cinéma Shelah Fane est retrouvée morte lors d'une soirée qu'elle organisait dans sa villa, à Honolulu. Elle a été assassinée... C'est l'inspecteur de police Charlie Chan qui est chargé de l'enquête. Va-t-il réussir à démêler tous les fils de cette étrange affaire ?

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Couverture ebook de Le Robinson des Alpes, de Gustave Aimard
La Gibecière à Mots | 25 février 2025

Gustave Aimard (1818-1883) "Les touristes et les voyageurs admirent avec un enthousiasme que nous partageons, et qui n'est que juste, les sites pittoresques de la belle vallée du Graisivaudan et les splendeurs peut-être un peu théâtrales de la Grande-Chartreuse et de son Désert. Mais le département de l'Isère est riche en surprises et en merveilles naturelles de toute sorte, peu appréciées par les rudes montagnards de ces contrées, depuis longtemps blasés sur les paysages grandioses de leur pays. À une assez courte distance de Grenoble, et blottie pour ainsi dire entre la vallée du Graisivaudan et le massif de la Grande-Chartreuse, se trouve la vallée d'Entremont, dominée et enserrée de tous les côtés par de majestueuses montagnes boisées de la base au faîte, et dont les plus imposantes sont : l'Alpette, le Haut-du-Seuil et l'Anse-du-Guiers, où le torrent du Guiers-Vif prend sa source. Rien ne saurait rendre le saisissement admiratif que l'on éprouve en pénétrant dans cette vallée, au merveilleux spectacle qui se présente subitement aux regards : jamais la puissante nature n'a prodigué avec plus de profusion ses sublimes beautés. Qu'on en juge. Un entassement de rochers abrupts, produit par quelque cataclysme antédiluvien qui l'a fait subitement jaillir des entrailles de la terre, s'élève en amphithéâtre à une hauteur prodigieuse, se creuse en demi-cercle, et, coupé du haut en bas par une énorme fissure, se sépare en deux parties s'avançant à droite et à gauche, comme le pourtour d'un cirque romain. Au fond de ce sublime décor, d'une étrangeté et d'une sauvagerie grandioses, indicibles, apparaissent blanchissantes d'écume quatre cascades superposées, se précipitant perpendiculairement avec une furie échevelée et un fracas effrayant d'une hauteur de plus de trois cents mètres." Aventure. Michel Sauvage, ne pouvant surmonter la mort de son épouse, décide de tout plaquer et partir en Amérique. Il confie son fils Marcel à son meilleur ami Jacques, un paysan. Ce dernier promet de faire de Marcel un homme travailleur et honnête...

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Couverture ebook de Monsieur de Camors, de Octave Feuillet
La Gibecière à Mots | 12 février 2025

Octave Feuillet (1821-1890) "Un soir du mois de mai, vers onze heures, un homme d'une cinquantaine d'années, fort bien fait et de haute mine, descendait d'un coupé dans la cour d'un petit hôtel de la rue Barbet-de-Jouy. Il monta d'un pas de maître les marches du perron. Deux ou trois domestiques l'attendaient dans le vestibule. L'un d'eux le suivit dans un vaste cabinet de travail situé au premier étage, et qui communiquait avec une chambre à coucher par une arcade drapée. Le valet raviva les feux des lampes qui éclairaient ces deux pièces, et il allait se retirer quand son maître lui dit : - Mon fils n'est pas rentré ? - Non, monsieur le comte... Monsieur le comte n'est pas souffrant ? - Souffrant ? pourquoi ? - Monsieur le comte est pâle. - J'ai eu un peu froid ce soir au bord du lac. - Monsieur le comte ne désire rien ? - Rien. Le domestique sortit. Resté seul, le comte s'approcha d'un meuble curieusement travaillé à la mode italienne, et y prit une boîte longue et plate en bois d'ébène." Le comte de Camors est un homme de haute naissance, élégant et cultivé, mais ruiné. Il est prêt à tout pour retrouver sa position sociale et sa fortune même s'il doit manipuler les autres...

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Couverture ebook de Une belle-mère, de Hector Malot
La Gibecière à Mots | 10 février 2025

Hector Malot (1830-1907) "La mode exige qu'on parte en voyage le jour où l'on se marie. Ceux qui les premiers ont adopté cet usage avaient probablement pour but d'échapper aux plaisanteries gauloises de quelques parents peu discrets ; mais, la bégueulerie du siècle aidant, ce qui était tout d'abord l'exception est devenu la règle : aujourd'hui il n'y a que les gens du commun qui osent être heureux chez eux. En mariant leurs enfants, madame Daliphare et madame Nélis s'étaient donc rencontrées sur ce point que Juliette et Adolphe devaient partir en voyage. Il n'y avait point eu discussion à ce sujet, tant la chose paraissait naturelle aux deux mères ; les plaisanteries des amis ou des parents n'étaient pas à craindre, mais les convenances étaient à respecter. De leur côté, Adolphe et Juliette n'avaient mis aucune opposition à cet arrangement. Adolphe, parce qu'il était impatient d'avoir tout à lui celle qu'il aimait et que le voyage devait lui assurer un long tête-à-tête. Juliette, parce qu'elle ne résistait à rien depuis qu'elle avait consenti à se marier. Elle considérait, en effet, qu'en donnant son consentement elle s'était engagée d'avance à accepter tout ce qu'on exigeait d'elle, et, bien que ce voyage ne fût pas pour lui plaire par toutes sortes de raisons, elle n'avait pas voulu le repousser. Il convenait à sa mère, à sa belle-mère, à son mari : il devait lui convenir aussi. Les explications qu'elle aurait pu apporter à l'appui de son refus étaient si vagues et même si bizarres, qu'elle n'eût pas voulu les formuler devant tout le monde : on l'aurait accusée d'originalité, on ne l'aurait sans doute pas comprise. Elle avait donc accueilli sans aucune résistance l'idée d'un voyage en Suisse. Après tout, pourquoi pas ? elle ne connaissait point la Suisse. Autant voyager que rester à Paris ; autant aller en Suisse qu'ailleurs." Suite de "Le mariage de Juliette". Si Madame Daliphare a accepté que son fils Adolphe épouse Juliette, il n'est pas question, pour elle, d'abandonner la mainmise qu'elle exerce sur lui. Elle a même l'intention de l'étendre sur le couple...

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Couverture ebook de Le mariage de Juliette, de Hector Malot
La Gibecière à Mots | 9 février 2025

Hector Malot (1830-1907) "Le quartier du Temple se présente sous un double aspect. Dans la partie qui confine au Marais, on trouve des rues larges, bordées de belles maisons qui ont été autrefois bâties pour la noblesse ou la magistrature. Dans la partie qui touche au quartier Saint-Martin, on ne rencontre au contraire que des rues étroites, dont les maisons laides et sales sont occupées par le commerce et la petite industrie parisienne. La rue des Vieilles-Haudriettes, qui va de la rue du Chaume à la rue du Grand-Chantier, participe de ces deux caractères : par quelques-unes de ses constructions, qui sont vastes et architecturales, elle appartient au Marais ; par sa population ouvrière, au quartier du Temple. Elle est frontière, et comme telle elle tient de ses deux voisins, sans avoir une physionomie propre. Nulle part on ne trouvera plus d'enseignes aux façades et d'écriteaux aux grandes portes : larges tableaux noirs s'étalant d'étages en étages, petites plaques de cuivre, écussons en tôle vernie, panonceaux, armoiries. Si le curieux qui passe pour la première fois dans cette rue lève les yeux sur les enseignes qui ont pour but de provoquer son attention ou de le guider, il verra qu'il est en plein dans le quartier de l'industrie des bijoux ; pour un écusson qui lui indiquera les magasins d'un marchand de peaux de lapin ou les bureaux du journal hébraïque le Libanon, il trouvera vingt plaques de bijoutiers en or, en argent, en plaqué, de lapidaires, d'orfèvres, de fabricants de bagues, de boutons, d'épingles, de broches, de pendants, de colliers, de médaillons, de chaînes, de pendeloques, de breloques, de croix, de reliquaires, de cassolettes, de tabatières, d'étuis, de briquets. Seule au milieu de ces enseignes, qui dans leur confusion peuvent troubler l'acheteur indécis, se montre au-dessus d'une porte cochère une longue plaque en marbre noir sur laquelle on lit en lettres d'or gravées en creux, un simple nom : DALIPHARE." Mme Daliphare est une femme d'affaires qui s'est faite toute seule. Son époux n'est qu'un faire-valoir. Le décès de celui-ci ne change rien. Elle commande tout jusqu'à la vie de son fils unique Adolphe. Mais ce dernier, au grand dam de sa mère, tombe amoureux de Juliette, une amie peintre et indépendante qui n'a pas de fortune... A suivre : "Une belle-mère".

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Couverture ebook de Le coeur d'ivoire, de Max Du Veuzit
La Gibecière à Mots | 1 février 2025

Max du Veuzit (1876-1952) "L'hiver avait été rude ; quoiqu'on fût déjà dans le milieu de mars au moment où commence cette histoire, le vent soufflait, âpre et froid, sur la nature à peine réveillée de son sommeil hivernal. Le ciel était sombre cet après-midi-là ; de gros nuages gris se détachaient à l'ouest et annonçaient une pluie prochaine. Sur l'unique route qui traverse Vassonville, petit village de Normandie, un groupe de femmes en deuil revenaient du cimetière et, pendant que le vent faisait flotter leurs châles noirs, elles avançaient, pressant le pas, dans la crainte de l'orage qui menaçait de se déchaîner sur la campagne. C'étaient de simples femmes des champs, de celles qui ne quittent l'ouvrage que pour se rendre à l'église, le dimanche, et il avait fallu l'inhumation de M. Michel Somesnil pour leur faire cesser leurs travaux. Par une touchante coutume des campagnes, où le respect des morts est plus profond que dans les villes, chacune avait sorti, pour la circonstance, les vêtements noirs et les capotes de crêpe remisés sur les planches des armoires et gardés précieusement depuis la perte plus ou moins éloignée d'un parent. Elles allaient en silence, malgré leur nombre, et sur leurs visages paternes une lueur humide traduisait mal le sentiment de compassion que leur inspirait une jeune fille, à la douce et triste figure, qui marchait d'un pas automatique et comme inconsciente au milieu d'elles." Romance. Monique Somesnil vient de perdre son père. Elle décide d'aller à Paris pour gagner sa vie. Après des déceptions et des petits boulots, elle devient l'institutrice de la jeune Maë Saint-Angel, soeur d'un riche homme d'affaire : Jack Saint-Angel...

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Couverture ebook de Le réveil d'Atlantide, de H. J. Magog, Paul Feval Fils
La Gibecière à Mots | 28 janvier 2025

Paul Féval fils (1860- 1933) H. J. Magog (1877-1947) "Au commencement du vingt-et-unième siècle, personne ne l'ignore mais nous nous permettons de le répéter pour le cas où certains l'auraient oublié, l'agglomération Yokohama-Tokio était devenue l'une des capitales les plus modernes du monde. Son importance et le développement qu'elle avait pris ne venaient pas seulement du rang occupé par le Japon dans le monde asiatique. - Et c'était le premier rang puisque l'ancien Mikado portait présentement le titre de Président des États-Unis d'Asie. - Mais ils découlaient encore du fait que la puissante république, après avoir ressuscité et galvanisé l'indolence des jaunes, marchait en tête de la Civilisation. Autant que Paris ou Londres, plus que Rio-de-Janeiro ou New-York, Yokohama était donc une ville cosmopolite. C'est dire que le moindre événement y attirait une foule bigarrée, comptant autant d'Européens que d'Asiatiques, sans parler des Américains, des Australiens et des Africains de toutes couleurs. Telle était celle qui se pressait certain après-midi dans la plus spacieuse des salles de l'Hôtel des Ventes. Les vastes proportions de cette salle avaient déterminé ce choix, et il s'expliquait encore non seulement par l'énorme affluence de public, mais aussi à cause des dimensions de l'objet qui allait affronter le feu des enchères. Long d'une douzaine de mètres, large de deux, avec une hauteur égale, une sorte de monstre fossilisé s'allongeait, dans un box surélevé de trois marches, au milieu de la foule des curieux." "Les mystères de demain" III Le "Snaky", vaisseau de Hantzen et Yogha, les ennemis du savant Oronius, va être vendu aux enchères... Celui-ci désire l'acquérir mais un vieux fakir le convoite également... De nouvelles aventures en perspective...

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Couverture ebook de Le monde des damnés, de H. J. Magog, Paul Feval Fils
La Gibecière à Mots | 21 janvier 2025

Paul Féval fils (1860- 1933) H. J. Magog (1877-1947) "- Un vrai miroir ! Si c'était gelé, ça ferait une patinoire épatante. Par malheur, le temps n'est pas à la gelée. Ça, non ! Penché vers la mer, en prononçant ces mots, avec une nuance de regret, le personnage qui traduisait ainsi à haute voix ses impressions de voyage, s'épongea le front. Le groupe cosmopolite qui l'entourait opina du bonnet. Groupe cosmopolite, avons-nous dit. Il se composait, en effet, d'une jeune Chinoise, d'un singulier nègre et d'un fort gracieux spécimen de la race blanche. La Chinoise se nommait Mandarinette. Nous aurons bientôt à préciser dans quelles circonstances bizarres elle avait été introduite en cette société. Le nègre, lui, avait nom master Julep ; son corps, jadis uniformément noir, comme doit l'être celui d'un honnête descendant de Cham, présentait d'étranges bigarrures qui faisaient de sa peau une carte d'échantillons de toutes les couleurs. Il devait cette originale enveloppe non à des teintures superficielles, mais bel et bien à des essais de décoloration de la peau, pratiqués sur lui par son maître, le plus grand savant de cette époque. D'ailleurs, constatons-le, Julep était on ne peut plus fier de sa polychromie." Les mystères de demain II. Après les événements auxquelles ils ont échappés, Jean et Cyprienne, accompagnés de leur fidèle groupe, partent en croisière pour retrouver le savant Oronius, père de Cyprienne. Celle-ci ne croit pas qu'il soit mort dans l'explosion de son laboratoire et qu'il l'appelle...

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Couverture ebook de Les fiancés de l'an 2000, de H. J. Magog, Paul Feval Fils
La Gibecière à Mots | 20 janvier 2025

Paul Féval fils (1860- 1933) H. J. Magog (1877-1947) "Dans la lumineuse spirale de l'escalier de verre descendant de la terrasse une gracieuse silhouette s'enfonçait, se fondait, devenait de plus en plus vague ; elle cessa d'être distincte au bout de quelques minutes, quand l'épaisseur des dalles de cristal de plusieurs paliers successifs se fût interposée entre elle et les yeux admiratifs qui la suivaient. Alors, Jean Chapuis releva la tête, s'éloigna de quelques pas et vint s'accouder au bord de la terrasse de la Villa féerique, demeure du célèbre Oronius, le savant père de cette exquise Cyprienne qui venait de le quitter et dont il était l'heureux fiancé. À ses pieds - c'est-à-dire au bas des hauteurs de Belleville sur lesquelles était érigée la troublante Villa de cristal, où se trouvait le laboratoire du plus grand et du plus mystérieux des savants - le Paris du vingtième siècle s'étendait. La vingt-deuxième heure venait de sonner. Aux époques périmées on eût dit : c'était la nuit... Mais, la nuit existait-elle encore pour la capitale des États-Unis d'Europe, parée, grâce à la science d'Oronius, de tous les miracles consécutifs aux adaptations de ses merveilleuses découvertes ? Du haut de la Tour de 1500 mètres, - qui avait remplacé la légendaire Tour Eiffel, timide essai d'une science métallurgique à ses débuts, un soleil artificiel projetait sur toute la vallée de la Seine les torrents d'une lumière aussi éblouissante que celle du jour." Dans le Paris de l'an 2000, Jean Chapuis travaille avec le célèbre et mystérieux Oronius afin de rendre le monde meilleur. Il est fiancé avec Cyprienne, la fille du savant. Tout allait pour le mieux jusqu'au jour où un ancien rival d'Oronius, Otto Hantzen, décide de "refaire le monde" selon ses critères...

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Couverture ebook de Pêcheurs d'hommes, de Maxence Van Der Meersch
La Gibecière à Mots | 14 janvier 2025

Maxence van der Meersch (1907-1951) "Ce jour-là, bien qu'on fût en septembre, il avait fait très chaud. En revenant du bureau de la rue Nain, où j'étais allé faire pointer ma carte de chômeur, je me sentis un grand mal dans la tête et je rentrai me coucher. Il y a très longtemps que j'éprouve ces douleurs-là. Cela commença d'abord par des migraines, chaque après-midi. Puis cet état s'est aggravé. J'allai avec maman voir le docteur. Et nous sûmes que j'avais une mastoïdite et qu'il était grand temps de me trépaner. Le médecin avait dit qu'après je serais guéri. Mais, l'opération faite, ma tête a tout de même continué à me faire mal. Si bien que j'ai longtemps eu peur, et ma mère plus encore que moi, qu'on doive de nouveau m'opérer, un jour ou l'autre. Je dormis quelques heures. Puis je redescendis dans notre cuisine, et comme je me sentais mieux, maman me conseilla de sortir un moment, pour me remettre tout à fait. Je pris ma bicyclette et je m'en allai vers le centre de la ville, tout doucement. Arrivé boulevard Gambetta, comme je me demandais où je pourrais bien achever agréablement ma journée, j'eus tout à coup une inspiration : les « Prix-Fix » ! Et je descendis vers le centre, pour aller faire un tour dans un de ces bazars." Roubaix dans les années 30. Pierre est un jeune ouvrier au chômage. L'une de ses occupations est d'aller au "Prix-Fix", non pour acheter mais pour être au chaud et rencontrer d'autres ouvriers. Il fait la connaissance de Jules, un ouvrier membre de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (J. O. C)...

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Couverture ebook de Un mousse de Surcouf, de Pierre Maël
La Gibecière à Mots | 12 janvier 2025

"Le 4 vendémiaire an VII, c'est-à-dire le 25 septembre 1799, le trois-mâts la Bretagne sortait du port de Brest et gagnait la mer, toutes les voiles dehors. C'était un beau navire de commerce qui transportait des émigrants vers l'Amérique. On mourait de faim en Bretagne, comme un peu partout d'ailleurs en France, et cette émigration-là ne ressemblait point à celle que les lois encore en vigueur punissaient de mort. Le gouvernement accordait son consentement à tout citoyen qui, muni de son brevet de civisme, déclarait ne s'absenter que pour subvenir à son existence ou faire acte de commerce. Par malheur, la navigation était très difficile. Les côtes étaient étroitement surveillées par les croisières anglaises, qui usaient de représailles dans la guerre de course. Il devenait chaque jour plus difficile aux navigateurs français d'échapper à la poursuite des vaisseaux britanniques, dont les canons coulaient impitoyablement tout navire refusant d'amener son pavillon. La Bretagne cependant nourrissait cette espérance de se dérober à l'oeil vigilant des vigies rouges. Elle filait de huit à dix noeuds et n'avait pas craint de tenter un aussi long voyage au moment le plus défavorable de l'année, en une saison féconde en naufrages." Guillaume est un enfant de 13 ans. Il est le fils d'un médecin français mort aux Indes pendant sa détention chez les Anglais. Pour venger son père, Guillaume a juré de devenir mousse dans les équipages du célèbre corsaire Surcouf...

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Couverture ebook de Madame Gervaisais, de Edmond De Goncourt, Jules De Goncourt
La Gibecière à Mots | 9 janvier 2025

Edmond de Goncourt (1822-1896) Jules de Goncourt (1830-1870) "Quarante scudi ? - Oui, signora. - Cela fait, n'est-ce pas, en monnaie de France, deux cents francs ? - Deux cents francs ?... fit la Romaine qui montrait l'appartement à l'étrangère : elle parut chercher, compter dans sa tête. - Oui, oui... deux cents francs. Mais la signora n'a pas bien vu..." Et, jetant son châle brusquement sur un lit défait, elle se mit à marcher de chambre en chambre, avec de vives ondulations de taille, en parlant avec la volubilité d'une padrona de chambres meublées : "Voyez-vous, ils sont partis ce matin... Une famille anglaise... des gens malpropres, qui jetaient de l'eau partout... Tout est en désordre... On n'a pas eu le temps de rien ranger..." Mais l'étrangère n'écoutait pas : elle s'était arrêtée devant une fenêtre avec l'enfant qu'elle avait à la main et qui se tenait dans sa robe, et elle lui montrait ce qu'on voyait de là, la place d'Espagne et l'escalier de la Trinité-du-Mont. Puis elle lui demanda : "Pierre-Charles, veux-tu rester ici ?" Madame Gervaisais se rend à Rome avec son fils Pierre-Charles qui est malade. Là, elle se convertit tout doucement à un catholicisme des plus mystiques et des plus durs qui la fait se désintéresser de tout, y compris sa santé et de son fils...

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Couverture ebook de Fils d'émigré, de Ernest Daudet
La Gibecière à Mots | 8 janvier 2025

Ernest Daudet (1837-1921) "En juin 1792, à la tombée du jour, dans une chambre du château de Saint-Baslemont, à l'entrée des Vosges, une femme et un enfant sont agenouillés devant un grand crucifix accroché au mur, entre des portraits d'ancêtres. Quoique la femme ait dépassé la première jeunesse, on la devine vieillie par la douleur plus que par l'âge. Ce qui lui reste de beauté resplendit encore sous ses cheveux blonds, dans l'éclat de ses yeux, dans la pureté de ses traits, dans la pâleur de son teint. Habillée d'une robe noire, en laine, sans ornements, toute sa personne, cependant, trahit tant d'élégance hautaine que ce vêtement de deuil la pare à l'égal des habits de cour qu'elle est accoutumée à porter. Elle se nomme la comtesse Louise de Malincourt. L'enfant est son second fils, Bernard, celui qu'on appelle M. le chevalier. Il a treize ans à peine. Mais, depuis longtemps, il voit autour de lui des visages si tristes, il entend exprimer de si vives alarmes, raconter de si sombres histoires, proférer de si violentes menaces, que son esprit s'est mûri prématurément, et, qu'enfant par l'âge, c'est presque un homme par la pensée. Cette précocité se devine à l'expression inquiète de son regard, à la gravité répandue sur ses traits, au pli contracté de ses lèvres déshabituées du rire. Il est mince et brun, son front haut et large sous la perruque poudrée. Son habit violet, en soie unie, flotte sur les formes de son buste, élégantes quoique un peu grêles, et plus bas que la boucle d'argent qui arrête la culotte au-dessous du genou, la jambe se dessine fine et vigoureuse." En 1792, le jeune chevalier Bernard de Malincourt voit ses parents arrêtés par les révolutionnaires. Il est confié à Valleroy, un serviteur digne de foi. Ils doivent gagner Coblenz, en Allemagne ; c'est dans cette ville que réside le frère aîné de Bernard, Armand officier à la personne du comte d'Artois...

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Couverture ebook de L'affaire Sougraine, de Pamphile le May
La Gibecière à Mots | 30 décembre 2024

Pamphile Le May (1837-1918) "Il y a vingt ans les chemins de fer ne sillonnaient pas, comme aujourd'hui, les immenses prairies de l'ouest, et les voyageurs traversaient, à cheval ou à pied, la zone étonnante qui se déroule des bords du Mississipi aux montagnes rocheuses. Tantôt, dans la glauque prairie sans bornes, une caravane passait comme un tourbillon et s'estompait sur l'horizon, comme le bronze d'un bas-relief sur la corniche d'un temple ; tantôt un chasseur, débarrassé du joug qu'impose la société des hommes, cheminait seul, au hasard, buvant à la fontaine et dormant sur le foin vert, à la merci du ciel, avec les fauves et les oiseaux. Les blancs sortaient de leurs villages et les Indiens sortaient de leurs montagnes, pour venir dans ces plaines chasser le buffle roux, et quelque fois des combats singuliers, plus souvent des engagements terribles, entre les bandes jalouses, arrosaient de sang le sol encore vierge. Nul écho ne répétait les clameurs des combattants, les éclats des mousquets, les plaintes des vaincus, les chants des vainqueurs. Tous les bruits s'éteignaient dans l'air morne ; la solitude gardait ses secrets. Cependant le trappeur qui collait son oreille au gazon, pour interroger le désert, entendait d'étranges murmures, et des tas d'ossements blanchis proclamaient, en ces lieux comme ailleurs, la malice des hommes." Un Indien, Sougraine, enlève une jeune fille, Elmire... Que sont-ils devenus ? Sougraine est soupçonné d'avoir tué sa femme... 23 ans plus tard, l'affaire refait surface...

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