Rachilde
Rachilde
ATTENTION RÉCIT TROUBLANT : UNE EXPLORATION CRUE DES INSTINCTS ET DES OBSESSIONS FÉTICHISTES.Laure Lordès n'est pas une femme comme les autres : elle possède une âme sauvage et une sensualité qui semble appartenir au règne animal. Dans l'étouffante atmosphère de la Belle Époque, elle se débat entre les exigences de la vie conjugale et ses propres pulsions, qu'elle ne parvient plus à domestiquer. Sa rencontre avec un chat noir, créature de velours et de griffes, va réveiller en elle une sauvagerie érotique et une jalousie dévorante.Fidèle à sa réputation de « Mademoiselle Baudelaire », Rachilde signe avec L'Animale une oeuvre à la fois vénéneuse et fascinante. Ce roman ne se contente pas de raconter une histoire d'amour ; il dissèque la névrose d'une femme qui refuse les limites imposées à son sexe. À travers un fétichisme animalier troublant et une tension psychologique permanente, l'autrice explore les zones d'ombre du désir, là où la passion se transforme en une forme de possession brutale et incontrôlable.Si ce texte a marqué son époque, c'est par sa capacité à mettre en scène des fantasmes marginaux et une sexualité instinctive qui, au regard de nos standards actuels, conserve une charge de subversion intacte. Entre la douceur de la fourrure et la violence des sens, plongez dans l'un des récits les plus étranges et les plus audacieux de la littérature décadente. Un chef-d'oeuvre de la provocation raffinée, où l'humain s'efface pour laisser place à la bête. À PROPOS DE L'AUTEURFigure centrale de la littérature décadente et "femme de lettres" provocatrice, Rachilde a marqué le XIXe siècle par ses récits explorant l'ambiguïté des genres et les désirs non conventionnels. Ses oeuvres restent des chefs-d'oeuvre de l'audace et de l'anticonformisme.
Plongez dans l’univers troublant de Le démon de l’absurde, où Rachilde, figure majeure du symbolisme et du décadentisme, explore les méandres de l’âme humaine à travers des contes fantastiques et des saynètes audacieuses.
Rachilde (1860-1953) "La petite fille se faisait tirer par le bras, car la chaleur de ce mois de juillet était vraiment suffocante. Elle voyait, de loin en loin, des places très dé
Au cœur de la tempête, deux hommes se livrent un combat bien plus sombre que celui de la mer déchaînée. La tour d’amour de Rachilde plonge le lecteur dans un huis clos haletant, où solitude et folie s’entremêlent au rythme des vagues.
Inspirée à Rachilde par un texte de Grégoire de Tours, "Le Meneur de louves" est une légende qui mêle à la profondeur d'une pensée chrétienne la verve, la truculence et la grâce naïve des grandes épopées médiévales. Un berger, Harog, après avoir bravement délivré Poitiers d'un loup qui y répand la terreur, retrouve une jeune fille qu'il avait connu enfant, Basine. Celle-ci ne répondant pas à son désir, il la quitte et cherche dans la guerre un apaisement à son amour déçu. De son côté, Basine, dans son couvent, se dit fille du roi Chilpéric et reine de Neustrie, réclamant les égards dus à son rang. Se considérant comme recluse, elle s'enfuit pour aller se plaindre à la reine Chrodielde. L'évêque Gundégisil de Bordeaux la ramène à la raison. Rentrant enfin dans le devoir, Basine s'humilie devant l'abbesse qui lui pardonne d'avoir violé les règles, cependant qu'Harog est tué en pénètrant dans le couvent pour délivrer la jeune fille. Basine part alors au hasard, et nul ne sait ce qu'il advint d'elle.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
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Rachilde (1860-1953) "Comme un chien fidèle, mon désir t'a suivie jusqu'au tournant de cette route, le nez dans ta robe, sans voir, sans entendre, sans essayer de comprendre, ne cherchant plus qu'à te sentir vivre du même frisson que le sien. Mais d'un geste excédé, tu as laissé tomber la chaîne qui nous liait : je ne devais plus marcher à ton ombre, mes pas dans tes pas. J'ai attendu un nouveau signe de ta main, un mouvement des épaules, une petite inclination de la tête me rappelant, et ta silhouette, raidie par une obscure volonté, s'effaçait peu à peu derrière les arbres, rentrait dans la nuit, épaississait l'incertitude. Désormais tu t'en irais seule vers un autre destin très inconnu. Tu ne pouvais plus me souffrir. Je m'étais rendu insupportable. Tu m'avais trop porté ? En amour, il y a donc des choses plus sérieuses que l'amour ? Pourquoi m'avoir tant aimé ou me l'avoir laissé croire ?... Moi, tu sais bien, je n'ai pas d'âme, je ne saisis pas toutes les intentions dont les enfers de vos coeurs de femmes sont pavés. Je ne suis qu'une pauvre bête. De toutes les lois que vous nous imposez, je n'ai retenu que celle de l'obéissance, je ne peux vouloir que ta volonté." Désir, solitude et difficulté des relations... Alain Montarès, peintre reconnu, est obsédé par sa maîtresse qui s'est éloignée de lui ; il remet en question ses croyances en l'amour. Il rencontre par hasard une jeune femme avec une très belle bouche...
Rachilde (1860-1953) "Quand je me menai aux autorités pour la troisième fois, on me fit entrer dans le bureau sans me laisser trop attendre sur de sacrés bancs qu'on se souvint de ma tête. Je vois encore cette chambre, peinte en jaune, pleine de grosses mouches à viande qui bourdonnaient autour des encriers. Il y faisait chaud, malgré la fenêtre ouverte d'où qu'on voyait la rade et tous les bateaux se dandinant comme des canes, rapport à un fort vent d'ouest. Je trouvai là deux Messieurs : un petit sec et un gros court. Le gros court se coiffa d'une casquette solidement galonnée. Le petit sec regarda ses ongles. Ils paperassèrent, avant de causer, et ils me considéraient, en dessous, à la façon dont on considère les tonnes pour savoir si elles perdent." Jean le Maleux, postule pour une place de gardien de phare. Il est envoyé au phare Ar-Men, isolé en pleine mer, au large de la chaussée de Sein. Le prédécesseur de le Maleux a eu un accident mortel. Arrivé au phare, il fait la connaissance de son chef : Mathurin Barnabas, un étrange personnage qui ne quitte jamais Ar-Men depuis bien des années et qui possède une passion bizarre...
Rachilde (1860-1953) "Cette femme laissait traîner sa robe derrière elle comme on peut laisser traîner sa vie quand on est reine. (Il est de ces créatures tellement certaines qu'un tapis se déroulera sous leurs pieds !) Elle quittait la salle flambante, emportant sa nuit, toute drapée d'une ombre épaisse, d'un mystère d'apparence impénétrable montant jusqu'au cou et lui serrant la gorge à l'étrangler. Elle faisait de menus pas, et la queue d'étoffe noire, ample, souple, s'étalant en éventail, roulait une vague autour d'elle, ondulait, formant les mêmes cercles moirés que l'on voit se former dans une eau profonde, le soir, après la chute d'un corps. Elle marchait la tête droite, les yeux baissés, les bras tombés, l'air pas jeune, car elle demeurait grave, et ce qui sortait de son enveloppe funèbre semblait très artificiel : une face de poupée peinte, ornée d'un bonnet de cheveux lisses, brillants, à reflets d'acier, des cheveux se collant aux tempes, trop tordus, trop fins, si fins qu'ils imitaient la soierie, un lambeau de sa robe noire, cette gaine satinée presque métallique. Ainsi coiffée d'une coiffure étroite posée sur de minces oreilles rouges qui paraissaient vraiment saigner sous le poids d'un casque coupant, elle était plus blanche de son fard qu'aucune autre femme fardée. Elle avait de chaque côté de sa bouche, d'un rose de cuivre, des petites rides fines, parenthèses plaçant ses lèvres en dehors de toutes les lèvres et indiquant qu'on pouvait lire des choses irrégulières entre les lignes de ses traits réguliers." Début du XXe siècle. Léon, jeune étudiant en médecine aimant faire la fête, jette son dévolu sur une mystérieuse femme, veuve d'un officier de marine : Eliante. Arrivera-t-il à ses fins ?
Bourgeoise respectable le jour, prêtresse de voluptés interdites la nuit, Éliante défie toutes les conventions d'un siècle agonisant... et conduit Léon aux franges de la folie. Une pépite oubliée de la littérature décadente à nouveau disponible dans la collection " Le Domaine ".
C'est sous le pseudonyme de Rachilde que Marguerite Eymery (1860-1953) décide de se lancer dans la carrière littéraire. Après quelques publications trop confidentielles à son goût, elle décide de frapper fort : en 1884, âgée de vingt-quatre ans, elle publie, avec Francis Talman, un roman érotique : Monsieur Vénus. L'ouvrage fait scandale et ses auteurs sont condamnés. En 1889, elle en propose, sous son seul nom cette fois, une version révisée et définitive, quelque temps après lui avoir offert un pendant réaliste : Madame Adonis. Les deux romans ont de quoi surprendre : ils remettent en question les identités de genre, inversent les rôles traditionnellement attachés aux hommes et aux femmes, subvertissent la nature de leurs relations. Monsieur Vénus met en scène une relation passionnelle entre une aristocrate au comportement masculin et un jeune homme qu'elle réduit au rôle de ' maîtresse '. Dans Madame Adonis, une femme se lie avec un couple et tombe amoureuse à la fois du mari et de l'épouse. Par leur représentation de femmes fortes laissant libre cours à leurs fantasmes, ces deux romans vaudront à Rachilde une réputation scandaleuse qui marquera durablement une carrière unique en littérature.
C'est sous le pseudonyme de Rachilde que Marguerite Eymery (1860-1953) décide de se lancer dans la carrière littéraire. Après quelques publications trop confidentielles à son goût, elle décide de frapper fort : en 1884, âgée de vingt-quatre ans, elle publie, avec Francis Talman, un roman érotique : Monsieur Vénus. L'ouvrage fait scandale et ses auteurs sont condamnés. En 1889, elle en propose, sous son seul nom cette fois, une version révisée et définitive, quelque temps après lui avoir offert un pendant réaliste : Madame Adonis. Les deux romans ont de quoi surprendre : ils remettent en question les identités de genre, inversent les rôles traditionnellement attachés aux hommes et aux femmes, subvertissent la nature de leurs relations. Monsieur Vénus met en scène une relation passionnelle entre une aristocrate au comportement masculin et un jeune homme qu'elle réduit au rôle de ' maîtresse '. Dans Madame Adonis, une femme se lie avec un couple et tombe amoureuse à la fois du mari et de l'épouse. Par leur représentation de femmes fortes laissant libre cours à leurs fantasmes, ces deux romans vaudront à Rachilde une réputation scandaleuse qui marquera durablement une carrière unique en littérature.
La tour d'amour, un des plus célèbres romans de Rachilde, met en scène le huis clos oppressant de deux hommes isolés dans le phare d'Ar-Men. Comme des prisonniers, Mathurin Barnabas et le jeune Jean Maleux luttent contre les vagues déchaînées et entretiennent les feux pour guider les navires au large d'Ouessant. Tout autour, la mer gronde. Un jour, alors que des marins viennent de s'échouer sur les côtes, Maleux découvre la morbide passion que nourrit Barnabas... Conte caustique, romantique et tourmenté, La tour d'amour nous précipite dans un cauchemar qui fait se rencontrer la cruauté de la mer et celle des hommes. Terrible et puissant, le livre brûle d'une beauté noire et crée le scandale dès 1899. Chef-d'oeuvre de la littérature fin-de-siècle, il marie symbolisme et naturalisme, tout en révélant la face obscure de la Belle Époque.
La tour d'amour, un des plus célèbres romans de Rachilde, met en scène le huis clos oppressant de deux hommes isolés dans le phare d'Ar-Men. Comme des prisonniers, Mathurin Barnabas et le jeune Jean Maleux luttent contre les vagues déchaînées et entretiennent les feux pour guider les navires au large d'Ouessant. Tout autour, la mer gronde. Un jour, alors que des marins viennent de s'échouer sur les côtes, Maleux découvre la morbide passion que nourrit Barnabas... Conte caustique, romantique et tourmenté, La tour d'amour nous précipite dans un cauchemar qui fait se rencontrer la cruauté de la mer et celle des hommes. Terrible et puissant, le livre brûle d'une beauté noire et crée le scandale dès 1899. Chef-d'oeuvre de la littérature fin-de-siècle, il marie symbolisme et naturalisme, tout en révélant la face obscure de la Belle Époque.
Une autrice sulfureuse, une œuvre foisonnante, un volume incontournable. Rachilde (1860-1953) est une figure envoûtante. Célèbre pour Monsieur Vénus, roman qui fit scandale en 1884, elle a traversé sept décennies d'écriture, explorant tous les genres : contes, nouvelles, romans d'imagination et autobiographiques, pamphlets, souvenirs. Ces Amours monstres offrent pour la première fois une vision d'ensemble de son œuvre, du premier conte " La création de l'oiseau-mouche (légende) ", publié en 1877, à son ultime récit, le livre de souvenirs Quand j'étais jeune, paru en 1947. On y retrouve ses thèmes phares, en constante métamorphose – les méandres du désir, le jeu des identités, la fascination pour l'animalité et la sauvagerie, la permanente réécriture de la légende familiale – ainsi que des textes plus inattendus, comme un parangon du conte symboliste (" Le château hermétique "), une nouvelle dystopique (" Le tout-au-ciel "), un livre de réflexions à bâtons rompus sur la mode et la société (Pourquoi je ne suis pas féministe) et un étonnant récit d'une dame octogénaire, seule et quasi aveugle, fuyant l'arrivée des Allemands en 1940 (Face à la peur). Ce volume s'appuie sur des documents inédits (archives, manuscrits, correspondances) et propose un riche appareil critique (chronologie, dictionnaire des personnes citées, bibliographie, cahier hors-texte) pour restituer toute la richesse de Rachilde, une femme de lettres essentielle que l'authentique singularité de son œuvre fait figurer parmi les grands noms de la littérature française du xxe siècle. Ce volume contient : Monsieur Vénus ; À mort (préface) ; L'Animale ; La Princesse des ténèbres ; La Tour d'amour ; Le Dessous ; " La création de l'oiseau-mouche (légende) " ; " Le château hermétique " ; " L'imitation de la mort " ; " Le tout-au-ciel " ; " La fille du louvetier " ; " La découverte de l'Amérique " ; " La mort de la sirène " ; Les Rageac ; Pourquoi je ne suis pas féministe ; Face à la peur ; Quand j'étais jeune.
Rachilde (1860-1953) "On peut m'arracher la tête ! On ne m'arrachera pas la conviction que mon crime est une bonne oeuvre, une chose utile, l'aboutissement logique de toute une vie qui fut dominée, justement, par l'horreur du crime bourgeois, de l'action inutile, nuisible, mais, hélas, permise par nos dangereuses légalités. Où prenez-vous que l'anormal pur ne vaut pas le normal impur, que l'absolu dans la sincérité n'est pas préférable aux hypocrisies qui ne démontrent que l'impossibilité d'arriver à la vertu par les chemins ordinaires ? Monsieur mon avocat, voulez-vous me laisser vous prouver que je suis moins coupable que vous ne vous l'imaginez ? Vous voulez des aveux ? Vous allez lire un roman. Celui de ce que vous croyez être une passion morbide. Névrosé ? Non ! Vicieux ? Pas davantage. Mais orgueilleux jusqu'au sacrifice de toutes les conventions sociales pour obtenir la réalisation d'un voeu légitime, pour sauver un être malgré le possible, en dépit de ce que vous appelez tous, le bon sens... Je suis né dans ce qu'il est d'usage de déclarer une excellente famille. .." Henry Dormoy, fils de bonne famille, raconte, à son avocat, ce que fut sa vie, ses tendances malsaines et ce qui le poussa au crime...
Rachilde (1860-1953) "... Marguerite posa le livre sur le guéridon, se gratta la racine des cheveux, examina ses pieds - dans le doute elle regardait ses pieds, qui lui donnaient toujours des conseils mesquins parce qu'elle les avait fort petits - puis elle essaya de penser. La lecture d'un roman est, pour une femme, une aventure défendue qu'elle se permet d'ajouter à sa vie quotidienne. Marguerite, point femme encore, lisait souvent, car elle s'ennuyait. De la grande bibliothèque d'en bas, elle montait chez elle des aventures anciennes et modernes, tâchant de peupler d'agréables fantômes sa chambre de jeune fille, une chambre pâle où tout était virginal, transitoire : les rideaux couleur d'aube, le papier à semis de pâquerettes, les meubles laqués blanc, le tapis de toisons floconneuses, les vases d'albâtre sur la cheminée, les ouvrages au crochet, trop nombreux, sortes de toiles d'araignées couvertes de neige dentelant les coins du tissu même de l'ennui. Son père lui recommandait de lire « avec fruit » (recommandation de jardinier en chef). Marguerite s'y efforçait, lisant n'importe quoi de n'importe qui, de préférence les pages où il y a des dialogues, et s'appliquait à réfléchir mûrement ; mais elle ne s'intéressait guère qu'au jeune homme, le mauvais sujet de l'histoire, tressaillant au seul mot mondain de flirt comme si on lui eût pincé la peau. Plus cela lui paraissait impossible, plus elle se sentait capable d'y penser, sans, d'ailleurs, en récolter d'autres « fruits » que beaucoup de bâillements nerveux. Elle abandonnait tous les jours quelques heures aux désordres de son imagination pour, le reste du temps, épousseter avec soin la poussière soulevée en son cerveau par le rapide passage du grand amoureux ou du séducteur fieffé, lequel passait orageusement soit à cheval, soit à bicyclette."
« Elle semblait née pour jouer ce rôle de jolie cruelle avec ses yeux rapprochés comme ceux des félins, sa lèvre dédaigneuse et ses dents pointues férocement blanches. » Cette oeuvre sulfureuse raconte l'histoire d'une petite fille mal-aimée pour ne pas être née garçon et qui, à l'âge adulte, insensible à l'amour et refusant la maternité, détestera les hommes et développera un goût prononcé pour la manipulation, la violence et le crime. Publiée en 1888, elle valut à Rachilde d'être qualifiée par la critique de son époque de femme « digne de pourrir au charnier des filles repenties et à la Salpêtrière ». Cette nouvelle édition bénéficie d'une mise en page en larges caractères qui permet d'améliorer le confort de lecture.
Monsieur Vénus décrit l'âme d'une jeune fille très singulière. Nous l'aimons, parce qu'il analyse un des cas les plus curieux d'amour de soi qu'ait produit ce siècle malade d'orgueil. Mais voici le sommaire de ce petit chef-d'oeuvre: Mademoiselle Raoule de Vénérande est une fine jeune fille, très nerveuse, avec des lèvres minces, d'un dessin assez désagréable. Dans l'atelier de sa fleuriste, elle remarque un jeune ouvrier. Couronné des roses qu'il tortille lestement en guirlande, ce garçon d'un roux très foncé, l'enchante par son menton à fossette, sa chair unie et enfantine, et le petit pli qu'il a au cou, le pli du nouveau-né qui engraisse; et puis il regarde, comme implorent les chiens souffrants, avec une vague humidité dans les prunelles. Tout le portrait est de ce ton excellent, vraiment canaille et nature. Raoule installe dans un intérieur fort romanesque ce joli garçon si gras; elle le surprend qui, fou d'une folie de fiancée en présence de son trousseau de femme, lèche jusqu'aux roulettes des meubles à travers leurs franges multicolores. Avec un cynisme de très spirituelle allure, elle le déconcerte quand il imagine d'être aimable; elle le pousse dans un cabinet de toilette, elle le fait rougir par son audace à l'examiner et le complimenter, lui le rustre qu'elle a recueilli sous prétexte de charité. Et le pauvre mâle humilié, s'agenouille sur la traîne de la robe de Raoule, et sanglote. Car, Rachilde le dit excellemment, il était fils d'un ivrogne et d'une catin, son honneur ne savait que pleurer. Ce M. Vénus, absolument désexué de caractère par une suite de procédés ingénieux, devient la maîtresse de Raoule. Je veux dire qu'elle l'aime, l'entretient et le caresse, qu'elle s'irrite et s'attendrit auprès de lui, sans jamais céder au désir qui la ferait aussitôt l'inférieure de ce rustre, près de qui elle se plaît à frissonner, mais qu'elle méprise. Elle définit son goût d'une façon admirable: «J'aimerai Jacques comme un fiancé aime sans espoir une fiancée morte.» Cette nouvelle édition en larges caractères est préfacée par Maurice Barrès.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
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La langue française est un prisme, où se jouent de subtiles et merveilleuses nuances selon les éclairages du temps, selon nos états d'âme. Vous dites : une jeune fille, et vous voici dans un jardin plein de fleurs, devant le perron d'une maison neuve. Là-haut, des oiseaux jettent au ciel des cris d'espoir. Une robe blanche passe le long des allées.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
La Tour d'Amour, un des plus célèbres romans de Rachilde paru à la fin du XIXème siècle, met en scène deux gardiens bretons qui vivent dans un phare réputé pour son isolement. Planté à la pointe extrême de la chaussée de Sein, le phare d'Armen se dresse sur un roc et affronte l'océan démonté. Rachilde, dans un style éblouissant qui témoigne d'une maîtrise absolue de son talent et de son univers de romancière, raconte comment Mathurin Barnabas et Jean Maleux luttent contre les vagues déchaînées, entretenant les feux pour guider les navires qui croisent au large d'Ouessant. Mais un jour, alors qu'un navire vient de s'ouvrir sur un rocher, le jeune Jean Maleux découvre, au péril de sa vie, l'étrange passion que nourrit son maître...
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"Le fait est que la perversité de Madame Rachilde est un exemple unique en littérature. On a vu des femmes chastes, des femmes légères, des femmes superficielles, des femmes pédantes, des femmes sentimentales, des femmes terribles, des femmes mystiques, des femmes athées, mais on n'avait pas encore vu de femme perverse." Louis Dumur, La Plume, 15 mai 1893. "Je viens de lire le livre le plus pervers, le plus malsain el le plus cruellement détraqué que je connaisse..." Jean Lorrain.
Accroupie, toute de blanc vêtue, l'enfant regarde en silence, les yeux exorbités, le gros boucher assommer, au fond d'un grand trou noir, le boeuf ; le boeuf du petit Jésus. Le bruit du choc, la vue du sang que la mère phtisique boit à petites gorgées, colorant de rouge ses lèvres pâlies marqueront à jamais l'enfance de Mary. Une oeuvre flamboyante qui met en scène la vie rude que mena une petite fille élevée à la hussarde par son père officier dans l'armée impériale. Mary deviendra un monstre assoiffé de sang... Elle aura un compte à régler avec le 'mâle' qui a tué en elle l'innocence.