Frémeaux & Associés DP
Pour la première fois, un éditeur propose l'essentiel de l'oeuvre de Marcel Proust, en présentant une écoute choisie d'À la recherche du temps perdu. Frémeaux & Associés met à la disposition du public la quintessence du chef d'oeuvre de Marcel Proust, ici sélectionnée avec soin et finesse par Paul Desalmand puis transmise, avec une justesse et une maîtrise de la langue remarquables, par Daniel Mesguich qui met tout son talent au service de la beauté et du sens du texte. Un voyage au coeur de cette oeuvre immense et grandiose dans laquelle Marcel Proust peint avec précision, humour et subtilité les circonvolutions de la psychologie humaine. Du côté de chez Swann. Ce sublime début de la Recherche commence dans un parfum d'aubépine, de tilleul et de catleya, sur un air de Vinteuil. À travers le regard du jeune narrateur nous sont présentés la charmante Odette, le délicat Monsieur Swann, le piquant clan des Verdurin, la merveilleuse duchesse de Guermantes, la vieille Tante Léonie, la servante au coeur simple, Françoise, ainsi qu'une quantité d'autres personnages qui peuplent l'univers réel et rêvé du garçon. Daniel Mesguich donne vie avec sensibilité et humour à ce florilège de caractères évoluant dans un cadre empreint d'une charmante mélancolie qu'embaume le parfum d'une madeleine. Claude COLOMBINI FRÉMEAUX
"L'art d'avoir toujours raison est le catalogue raisonné des 38 stratagèmes possibles pour convaincre l'autre. Le présent ouvrage permet de donner à celui qui a tort tous les moyens d'obtenir une victoire sur son adversaire en évacuant le problème moral de la bonne ou mauvaise foi. Attention, cher auditeur, il n'est pas question ici de rechercher la vérité. Didier Bourdon rend hommage à l'optimisation de la pensée sur la morale dans l'art de la joute verbale. Sa performance servira les causes les plus viles comme les meilleures volontés." Claude COLOMBINI et Patrick FREMEAUX.
"Que nous importe aujourd'hui les chevaliers errants et la chevalerie ! Si le roman de Cervantès n'était que l'histoire d'un chevalier, si l'auteur n'avait eu en tête que de tourner en dérision les coutumes de la chevalerie médiévale et la mode littéraire des romans de chevalerie, son livre n'aurait pas gardé, à travers quatre siècles, tant de vivacité et d'allégresse et don Quichotte ne serait pas le personnage le plus populaire de la littérature occidentale. Don Quichotte, aujourd'hui, est devenu un mythe, un mythe doté d'une silhouette reconnaissable entre toutes, à la fois pitoyable, ridicule, et pleine de grandeur. Cependant, si, depuis plus de quatre cents ans, on rit de don Quichotte ou on s'étonne de sa sagesse, si on s'esclaffe des ruses ou des naïvetés de Sancho, c'est avant tout parce que Cervantès a su trouver un style vif, aisé pour présenter ses personnages autant que pour les faire parler. Rappelons ce paradoxe : une grande partie des lecteurs du Don Quichotte, à l'époque où le livre est écrit, sont analphabètes. Mais on le lit à voix haute un peu partout. Ce roman s'y prête. De plus, il est fait à 90% de dialogues. C'est dire si le langage parlé est omniprésent. Toutes les classes sociales sont représentées et cette variété de langage donne au livre sa dimension d'oralité vivante. Si Don Quichotte est un succès, c'est bien parce que Cervantès a su rompre avec la prose littéraire de son temps et inaugurer une écriture orale qui annonce, dans sa vitalité et son audace langagière, le roman moderne." Aline Schulman, auteure de la nouvelle traduction de Don Quichotte, Editions du Seuil.
Est-ce bien certain que l'on peut tout sentir ? Certes non. Pourtant c'est bien ce sentiment qui domine à l'audition des ces lettres. Plus qu'un simple point de vue, elle nous livrent le parcours d'une vie. Nous accompagnons une étape. C'est un dialogue entre la vie de Vincent et les événements majeurs qui la forment, et Vincent lui même. Un dialogue insaisissable au naturel et pourtant perceptible par la magie de Michaël Londsdale et Claude Mettra. Claude Mettra est - si l'on peut dire - le cours de la vie de Van Gogh, avec ses douleurs et ses tourments, ses accidents extérieurs qui façonnent et marquent à jamais son esprit, et Michaël Londsdale est la voix grave de Vincent, son âme presque, ou son double du moins. Écouter l'insaisissable, c'est tenter de comprendre l'histoire, l'intériorité même d'un des plus grands génies de la peinture, d'un des artistes les plus solitaires aussi. C'est avoir envie, à rebours, de le rencontrer, et à défaut de le comprendre toujours, à la manière de son frère Théo, de le soutenir de manière indéfectible.
Véritable manifeste sur le conflit d'intérêts, fable moraliste sur la corruption, Topaze constitue l'une des l'oeuvres majeures de Marcel Pagnol. Pièce de théâtre de l'Académicien, elle fut d'abord portée à l'écran dans une interprétation de Louis Jouvet, puis dans une deuxième avec Amaury pour, enfin, être réalisée une troisième fois par Marcel Pagnol lui-même, avec Fernandel dans un Topaze jubilatoire. À partir de chacun de ses films, Marcel Pagnol réalisait un disque parlé mélangeant des enregistrements effectués pour le film (parfois réenregistrés pour le disque) en ayant recours à sa propre voix pour les didascalies (voix off). Ainsi, la Trilogie marseillaise Marius- Fanny-César, La Fille du Puisatier, Les Lettres de mon moulin connaissent des versions parlées historiques devenues des « incontournables » du livre audio. Topaze n'ayant pas fait l'objet d'une adaptation, la succession Marcel Pagnol a demandé à l'éditeur Frémeaux & Associés de réaliser un livre audio à partir de l'enregistrement de la bande sonore du film, avec Fernandel dans le rôle principal, auquel ont été ajoutés les textes de liaison de Marcel Pagnol lus par Éric Pierrot. Cette adaptation, réalisée par Lola Caul-Futy, présente en préambule un enregistrement historique inédit de Marcel Pagnol expliquant les motivations qui l'on conduit à créer Topaze. Patrick FRÉMEAUX et Nicolas PAGNOL
Tchékhov est un grand peintre de la société russe. Mais il a su dépasser le circonstanciel pour exprimer l'âme humaine dans ce qu'elle a de permanent. C'est pourquoi ses récits, un siècle après sa mort, continuent d'émouvoir les hommes, d'où qu'ils soient. La dame au petit chien peint l'amour avec ce qu'il a d'imprévisible. Après le théâtre évoque les espoirs d'une jeune fille dans leur fraîcheur et leur incohérence. L'homme à l'étui vaut pour tous ceux qui vivent en retrait, médiocrement, dominés par la peur. La description des Relégués permet d'opposer deux façons de concevoir le bonheur. Même des pochades comme Chez la maréchale de la noblesse ou L'oeuvre d'art réussissent à dépasser l'anecdote pour cerner comiquement l'un de nos travers.
Au tournant du XXe siècle, on laisse de plus en plus à la jeune fille la liberté de choisir son mari ; une place est faite à ses préférences et plus encore à ses inclinations : on lui permet d'aimer, quitte à contredire les us et coutumes qui mettent l'amour après le mariage - la femme n'attend plus d'être mariée, d'avoir acquis une identité sociale par sa dot, pour éprouver des sentiments. D'où l'insistance de Gigi : être aimée comme elle aime ; échapper au conventionnel d'une vie mondaine où elle sera traitée en conquête de l'homme, faire-valoir négligeable de la masculinité qui l'entretient. Pourquoi Colette évoque-t-elle cette révolution des moeurs à presque un demi-siècle de distance ? Que cherche-t-elle à revivre ? Son mariage avec Willy comme celui avec Henry de Jouvenel lui font encore mal. Gigi n'est peut-être pas l'ingénue qu'on croit. Pour Colette, c'est "l'attardée" - titre qu'elle donna tout d'abord à ce court roman. Gigi, en effet, fait moins triompher l'amour sur le mariage qu'elle ne s'illusionne sur lui. Habituée aux rôles d'ingénue au cinéma, Danièle Delorme incarne Gigi en 1948 dans un film de Jacqueline Audry ; elle prête ici sa voix à la radio et retrouve le caractère dialogué et spontané de l'écriture de Colette.
Monuments du cinéma populaire français, Bernard Blier et Louis de Funès usent de leur talent comique et de leur verve pour défendre l'immortelle comédie-ballet de Molière, Le Bourgeois Gentilhomme. À leurs côtés Marthe Mercadier, François Périer, Jean Topart, Jean Parédès..., grandes figures du théâtre français. Enre gistré spécialement pour l'audio, ce disque est présenté dans sa version complète, avec la musique originale composée par Lully et permet d'entendre la voix des grands comédiens qui prennent un plaisir évident à interpréter les pièces immortelles de notre patrimoine littéraire. Patrick FRÉMEAUX
« "L'homme est un loup pour l'homme" ; qui donc, d'après toutes les expériences de la vie et de l'histoire, a le courage de contester cette maxime ? » Sigmund Freud "En 1929, Freud s'adresse à Lou Andreas-Salomé : « Très chère Lou... ce livre traite de la culture, du sentiment de culpabilité, du bonheur et d'autres choses élevées du même genre et me semble, assurément à juste titre, tout à fait superflu quand je le compare à mes travaux précédents qui procédaient toujours de quelque nécessité intérieure. Mais que pouvais-je faire d'autre ? Il n'est pas possible de fumer et de jouer aux cartes toute la journée. (...) J'écris et le temps passe ainsi très agréablement. Tandis que je m'adonne à ce travail, j'ai découvert les vérités les plus banales. » Freud analyse ici les relations de l'homme à la culture, édifiée sur le renoncement pulsionnel, l'opposition entre culture et sexualité et l'étude du surmoi. Nathalie Roussel s'empare du texte de Freud avec intelligence, nous le restitue sous une forme posée et nous permet d'appréhender la pensée de Freud de façon claire." Claude Colombini-Frémeaux & Michel Prigent
« Claudine s'en va est le quatrième et dernier volet d'une "Tétralogie" retraçant, de l'enfance au mariage (Claudine à l'école, Claudine à Paris), et du mariage au divorce (Claudine en ménage, Claudine s'en va), la vie romancée de Colette. C'est ce qu'elle reconnaît de mauvaise grâce. Ainsi, à la question de savoir si Claudine s'en va reflète le moment où elle pense se séparer de son mari Willy, Colette répond : « Oh ! si peu. Je veux bien vous dire qu'il y a dans ce mince volume une coïncidence avec des circonstances de ma vie personnelle, mais elles sont de peu de poids, du moins de peu de poids littéraire ». Odette Joyeux ne fait pas la lecture d'un texte; elle le transmue en parole, retrouvant dans Claudine s'en va, le don pour la conversation de Colette. » Claude Colombini-Frémeaux
"Ainsi parlait Zarathoustra est sans conteste le livre le plus déroutant d'un philosophe lui-même inclassable. Nietzsche prétendait par là donner à l'humanité la "Bible de l'avenir", une Bible profane qui supplanterait toutes les autres. D'où l'étrangeté et l'indéfinissable beauté de cet hymne à la vie pleine et entière. "Peut-être Zarathoustra appartient-il tout entier à la musique : il est en tout cas certain qu'il présupposait une véritable renaissance de l'art d'écouter", écrit Nietzsche dans Ecce Homo de ce "livre pour tous et pour personne". Quoi de plus naturel alors que de faire entendre les meilleurs morceaux de cette musique inouïe ? Le risque d'une lecture à voix haute était certes de céder à l'exaltation romantique, mais Thierry Frémont a su trouver la juste tonalité lyrique, qui permet d'exprimer l'enthousiasme sans mièvrerie. Volume 1 : L'ouvrage débute par le déclin de Zarathoustra, qui n'hésite pas à se perdre d'abord pour mieux se retrouver par la suite. Pour devenir peu à peu ce qu'il est, à savoir le prophète de l'éternel retour du semblable, ce porte-parole exotique de la pensée de Nietzsche s'engage ainsi dans un voyage pour l'essentiel intérieur, jalonné de rêves éveillés, dans le but de sortir l'humanité de son "profond sommeil" et lui indiquer la voie de la grandeur, de la victoire sur soi." Claude Colombini & Yannis Constantinidès
"Ainsi parlait Zarathoustra est sans conteste le livre le plus déroutant d'un philosophe lui-même inclassable. Nietzsche prétendait par là donner à l'humanité la "Bible de l'avenir", une Bible profane qui supplanterait toutes les autres. D'où l'étrangeté et l'indéfinissable beauté de cet hymne à la vie pleine et entière. "Peut-être Zarathoustra appartient-il tout entier à la musique : il est en tout cas certain qu'il présupposait une véritable renaissance de l'art d'écouter", écrit Nietzsche dans Ecce Homo de ce "livre pour tous et pour personne". Quoi de plus naturel alors que de faire entendre les meilleurs morceaux de cette musique inouïe ? Le risque d'une lecture à voix haute était certes de céder à l'exaltation romantique, mais Thierry Frémont a su trouver la juste tonalité lyrique, qui permet d'exprimer l'enthousiasme sans mièvrerie. Volume 1 : L'ouvrage débute par le déclin de Zarathoustra, qui n'hésite pas à se perdre d'abord pour mieux se retrouver par la suite. Pour devenir peu à peu ce qu'il est, à savoir le prophète de l'éternel retour du semblable, ce porte-parole exotique de la pensée de Nietzsche s'engage ainsi dans un voyage pour l'essentiel intérieur, jalonné de rêves éveillés, dans le but de sortir l'humanité de son "profond sommeil" et lui indiquer la voie de la grandeur, de la victoire sur soi." Claude Colombini & Yannis Constantinidès
"Écrite par Molière en 1671, Les Fourberies de Scapin est sans doute l'une des pièces les plus appréciées du répertoire théâtral. Pastiche en 3 actes de la commedia dell'arte, dont l'intrigue se déroule à Naples, les répliques en prose fusent à un rythme enlevé. Enregistré spécialement pour l'audio, ce disque présente la pièce dans sa version complète. L'auditeur retrouve avec délectation la voix des grands comédiens du théâtre français (François Périer, Jean Desailly,...) soutenus ici par la verve et l'inébranlable talent comique de Louis de Funès et Claude Rich, alors jeune premier. Frémeaux & Associés a le plaisir de remettre à disposition du public cet enre gistrement historique, qui a reçu le Grand Prix du Disque Français lors de sa parution initiale en 1957." Patrick FRÉMEAUX
"A la fois récit d'aventures et roman anthropologique, Colomba nous conte dans un style dépouillé et direct, l'histoire d'une vendetta, dont le principal protagoniste est assurément l'île de Beauté, ses moeurs, ses pierres, ses paysages. Le lieu d'action est peu à peu transfiguré en continent des origines, en siège archétypal de la « pure nature » de l'homme. Dans l'esprit du classicisme mériméiste, Serge Reggiani lit Colomba en témoin des moeurs sauvages de la Corse : ton assis, presque confidentiel, sans lyrisme déplacé." Claude Colombini-Frémeaux
"Baudelaire écrit : "Je suis assez content de mon Spleen. En somme, c'est encore les Fleurs du Mal, mais avec beaucoup plus de liberté et de détail, et de raillerie". Conjoints dans une édition posthume de 1869 sous le titre de Petits poèmes en proses, ces textes auraient dû sans doute s'intituler Le Spleen de Paris. Tel était en effet l'intitulé auquel Baudelaire songeait. Dans cette marqueterie d'allégories, de pochades fantastiques, de vignettes lyriques, de nouvelles, de scènes de genre et de "doublets" de poèmes versifiés des Fleurs du mal, l'auteur traduit avec émotion le quotidien du "grand désert d'homme"dans lequel il muse solitairement, débuchant le grotesque et invoquant le sublime. Pouvait-on espérer plus belle voix que celle de Michel Piccoli pour s'adapter avec souplesse et véracité aux "mouvements lyriques de l'âme", aux "ondulations de la rêverie", aux "soubresauts de la conscience" que le poète avait l'ambition de suggérer ?" Claude Colombini-Frémeaux
« La Bruyère a peut-être été lui aussi le dernier moraliste à pouvoir parler de tout l'homme, enclore toutes les régions du monde dans un livre. » Roland Barthes « Je rends au public ce qu'il m'a prêté ; j'ai emprunté de lui la matière de cet ouvrage : il est juste que, l'ayant achevé avec toute l'attention pour la vérité dont je suis capable, et qu'il mérite de moi, je lui en fasse la restitution. Il peut regarder avec loisir ce portrait que j'ai fait de lui d'après nature, et s'il se connaît quelques-uns des défauts que je touche, s'en corriger. » Jean de la Bruyère N'étant d'aucun parti, sans origine, ni courtisan, ni citadin, son point de vue a la généralité de la neutralité. Dans ce monde de la littérature contrôlée par la monarchie absolue du Roi soleil, La Bruyère est universel : n'étant nulle part, il est partout ; son insignifiance le rend disponible, parfaitement libre : « L'homme de Lettres... est trivial comme une borne au coin des places ; il est vu de tous, et à toutes heures... il ne peut être important, il ne veut point l'être. » Denis Podalydès nous permet ici de rentrer dans le monde de Louis XIV, et nous révèle ce texte philosophique des comportements humains. Claude Colombini & Alexandre Wong
"Nous sommes tous sortis du manteau de Gogol", Dostoïevski. Nicolas Gogol (1809 - 1852) est l'un des écrivains les plus marquants de la littérature russe. Considéré comme l'inventeur du genre fantastique, il publie en 1835 un recueil de nouvelles Mirgorod dont est extrait Le Journal d'un fou. Ce récit, mêlant comique et tragédie, conte à la première personne la montée de la folie d'un petit fonctionnaire qui, pour s'évader d'un monde décevant, en imagine un autre, plus conforme à ses rêves. Mais, parviendra-t-il à garder le contrôle de son imagination ? Guillaume Leclère
Pourquoi Boule de suif ? Parce qu'avec cette nouvelle, Maupassant entre comme un boulet de canon dans la littérature du XIXe siècle. Suivront dix années d'une prodigieuse activité avant l'écroulement final. Pourquoi Maupassant ? Parce que c'est peut-être l'écrivain du XIXe siècle qui a le mieux résisté à l'érosion du temps. C'est aussi celui qui a la plus grande audience internationale. Surtout, sa prose est si accordée au souffle qu'elle semble faite pour être lue. Pouvait-on trouver mieux dans le cadre d'une collection de livres lus ?
"Arsène Lupin est de retour. Le héros de l'oeuvre de Maurice Leblanc, le Gentleman cambrioleur, le plus élégant, le plus sympathique et le plus impertinent des malfaiteurs - mais au juste est-il vraiment de ces derniers?... Certes non! - retrouve sa voix dans celle de Jacques Gamblin. Avec lui perçons le secret terrible des Mélamare, l'énigme de la Demeure Mystérieuse et emparons-nous sans sourciller des diamants du peu scrupuleux Van Houben... Du mystère en pleine lumière - loin des romans noirs aux atmosphères lourdes -, du mystère allègre et aussi envoûtant qu'un charme. Jacques Gamblin lit "La Demeure mystérieuse" Passionnant ! On reste suspendu à chaque mot. Un ton juste adapté à ces années vingt mélangées d'exaltation et de retenue; des silences, des mots étouffés : la voix d'Arsène Lupin. Tour à tour le Maître nous nargue, nous toise de sa superbe, puis se confie. Nous voici devenus ses témoins, ses complices presque, les compagnons éblouis de Maurice Leblanc. Mais d'une phrase l'action rebondit. Plus le temps d'imaginer, il faut agir et vivre plus vite encore. Les événements pressent, le drame s'épaissit, mais toujours vibre, vive et chaleureuse, la voix, la personnalité de Lupin, qui sait trouver le chemin du dénouement - et des diamants ! - pour notre plus grand ravissement."
La Princesse de Clèves, premier des grands romans historiques, écrit par une femme du XVIIè siècle, marque également le début de la place des femmes en littérature. Dans toute son oeuvre, Madame de Lafayette énonce les ravages des passions, qui ne font que révéler les faiblesses des hommes. La Princesse de Clèves obéit à cette règle. Madame de Lafayette analyse les étapes du sentiment amoureux chez les trois personnages, ses effets sur leur comportement et la lutte de la princesse qui, pour ne pas tomber dans des intérêts et des plaisirs qui la rendraient méprisables à ses yeux, accepte le seul destin qu'on réserve aux âmes nobles, la mort. Annie Ducaux, après avoir incarné La Princesse de Clèves à l'écran pour Jean Cocteau, interprète cette oeuvre et nous fait vivre toute la force de ce chef-d'oeuvre de la préciosité classique. Claude Colombini Frémeaux
"L'enregistrement historique de la pièce de la Comédie Française, diffusée par la radio publique en 1954. Un grand spectacle sonore plein d'humour et de suspense conservé par l'Institut national de l'audiovisuel et remis à la disposition du jeune public par les éditions Frémeaux & Associés. Un tour du monde en 80 jours avec Phileas Fogg et Passepartout rempli de rebondissements, permet de faire découvrir l'imaginaire de Jules Verne superbement interprété par les comédiens français !" Patrick Frémeaux
"Comment on se marie et Comment on meurt traitent des deux thèmes dont le code social permet de dépeindre les individus en groupe. Tout l'intérêt vient des différents milieux : l'aristocratie, la bourgeoisie, les commerçants, les paysans, qui se révèlent tout à la fois dans leur mesquinerie et leur grandeur. Nous découvrons à cette occasion un aspect ignoré du talent d'Emile Zola, l'art de cerner en peu de mots et à propos d'une situation particulière, la substance même d'une catégorie sociale. Dominique Blanc et Jean-Pierre Michaël lisent Zola : L'interprétation de ces deux lecteurs est une véritable joute où toutes les différences nous ramènent toujours aux mêmes travers de l'homme."
Pourquoi Les Confessions ont-elles fait date ? Parce qu'elles sont porteuses d'une double puissance inaugurale. Celle d'un style tout d'abord, dont Bossuet se réclamera treize siècles plus tard : une "prose poétique" incantatoire, hydraulique et entêtante. Puis celle d'un genre, l'autobiographie : le premier récit rétrospectif d'un "moi" de l'histoire de la littérature occidentale, dont Rousseau s'inspira plus tard. Mais ne nous y trompons pas, des Confessions d'Augustin à celles de Jean-Jacques, il n'est d'équivalence que du titre. L'un exalte son moi et s'accommode de ses erreurs, l'autre se tient devant son Dieu et les hommes, pour prendre la mesure du don de grâce qui lui est fait. Cette parole primordiale, à la fois charnelle et céleste, est ici magnifiquement modulée par la voix profonde et douce de Daniel Mesguich. Claude Colombini-Frémeaux Traduction de Mr Moreau (1864) sélectionné et partiellement réécrit par Alexandre Wong (2009) (C) Frémeaux & Associés.
Ce roman "extraordinaire" au sens premier du terme est l'un des premiers fleurons d'un genre promis à une grande réussite. Né en 1920, Jean Desailly, d'abord passionné par les Beaux-Arts se tourne vers le Théâtre. En 1942, il remporte le premier Prix du Conservatoire et entre rapidement à la Comédie Française. En même temps le Cinéma s'accapare sa silhouette et son talent... bientôt les maisons de disque le réclament.
Choix symptomatique, choix fort aussi, qui marque des changements profonds non seulement chez Tolstoï mais dans la littérature russe, l'histoire de "Maître et Serviteur" ne se situe pas dans les hautes sphères de la bourgeoisie ou de la noblesse, mais dans le milieu plus modeste des marchands. Le récit n'en devient que plus subtil, moins distant, car moins marqué par des conventions, des archétypes presque. Entendre "Maître et Serviteur" de Léon Tolstoï Entendre "Maître et Serviteur", c'est entendre à voix haute le mystère et les transformations qui saisissent Brékhounov à l'approche de sa mort... C'est aussi tenter d'entrevoir un peu plus la vérité, c'est une incitation à se défaire d'encombrants mensonges, renouer avec l'harmonie de la vie. Toutes émotions fortes à partager. Claude Lesko lit "Maître et Serviteur" de Léon Tolstoï Un récit simple et droit, sans vaine affectation où peu à peu le mensonge, les coutumes, les poids inutiles s'effacent devant la lumineuse découverte de Brékhounov. Un récit qui prend parfois des allures de conte initiatique. Claude Lesko propose une lecture qui ferait se démentir Tolstoï lui-même qui n'appréciait guère cette oeuvre. Une lecture qui le réconcilierait avec Brékhounov.
« Le Contrat social de Rousseau, publié en avril 1762, étonne par l'évidence des principes politiques qui le constituent. Il invente l'idée de la démocratie absolue en prenant le peuple moins comme objet que comme sujet de son discours. Son traité politique ne concerne plus seulement les gouvernants, les princes ou les conseils, mais les gouvernés. Ce déplacement du haut vers le bas de la hiérarchie civile fait du Contrat social le lieu théorique de rassemblement de l'humanité citoyenne. "Trouver une forme d'association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun, s'unissant à tous, n'obéisse pourtant qu'à lui-même, et reste aussi libre qu'auparavant". Le Contrat social apporte la solution au problème du gouvernement de l'homme, celle de l'auto-gouvernement - obéissance à sa seule personne, aux lois qu'il se prescrit. Sa liberté naturelle se change en liberté morale. Denis Podalydès, fervent lecteur du Contrat social, nous fait partager l'émotion liée à l'intelligence de ce texte précurseur, et grâce à son talent de comédien, nous aide à découvrir et comprendre un texte fondateur de notre société moderne. » Alexandre Wong & Claude Colombini-Frémeaux
Enregistrement historique de 1956 de Jean Topart. "C'est en 1919 que paraît La Symphonie pastorale. André Gide, en ce début du XXe siècle, est l'une des figures les plus importantes de la littérature. Malgré une enfance protestante et rigide, ainsi qu'une vie personnelle difficile, il est de ces écrivains révolutionnaires et géniaux qui bouleversent une époque par la force de leur seul Verbe. Au fil du journal d'un pasteur du Jura qui se découvre des sentiments troubles pour sa fille adoptive, Gide nous livre une féroce et acerbe critique de tout un monde, fondé selon lui sur l'hypocrisie, le mensonge et le mysticisme. Dans cette comédie dramatique, il fait naître sous sa plume des personnages fascinants, tant par leur simplicité et leur naturel que pour tout ce qu'ils évoquent en nous. André Gide sait tout des faiblesses des hommes et il nous en livre sa vision. Jean Topart, a débuté sa carrière dès 1948, puis a participé à l'aventure du Théâtre National Populaire avec Jean Vilar. Pour cet enregistrement radiophonique de 1956, il prête sa voix au pasteur, dont le Journal lucide et déchiré emplit la Symphonie pastorale. Son inimitable phrasé transcende la prose de Gide en une oeuvre poignante. Sa voix grave colle au texte pour offrir une autre forme de perception du récit. Elle place l'auditeur au coeur même du drame qui se noue et fait de lui un témoin troublé et fasciné." Guillaume Leclère et Claude Colombini Frémeaux
Ce texte fondateur du philosophe épicurien de la Grèce Antique qui regroupe poésie et philosophie se présente comme une tentative de "briser les forts verrous des portes de la nature", c'est-à-dire de révéler au lecteur la nature du monde et des phénomènes naturels. Selon Lucrèce, cette connaissance du monde doit permettre à l'homme de se libérer du fardeau des superstitions, notamment religieuses, constituant autant d'entraves qui empêchent chacun d'atteindre l'ataraxie ; la tranquillité de l'âme. Alors que Michel Onfray nous révèle Lucrèce dans le deuxième volume de la Contre-histoire de la philosophie, Bernard Combeaud s'est attelé à la traduction du grand poème philosophique avec toute la difficulté d'une écriture à la fois intellectuelle et allégorique (poétique), travail édité par Denis Mollat pour lequel Bernard Combeaud a reçu le Prix Jules Janin de l'Académie française pour l'adaptation. À son tour, Denis Podalydès, sociétaire de la Comédie-Française, relève le défi de cette lecture, en mettant son talent au service de la prosodie poétique et philosophique du texte de Lucrèce dans une sélection faite par Bernard Combeaud. Afin de donner à l'auditeur toutes les réponses aux questions posées sur le travail d'adaptation et d'interprétation au sens large, le livre audio propose également un entretien entre Bernard Combeaud et Michel Onfray.
"Avec Adolphe, Benjamin Constant marquait de son sceau la littérature du XIXe siècle et posait l'un des plus importants jalons du romantisme français. Portrait sentimental d'une histoire d'amour tragique, Adolphe reflète et illustre les contrées intérieures d'une jeunesse du XIXe siècle naissant, en proie au mal du siècle - prise entre désirs de gloire et mélancolie, entre idéal et spleen... En livrant le récit des amours mouvementées d'Adolphe et Ellénore, Benjamin Constant - dont on lit en filigrane nombre d'éléments autobiographiques - confesse sa désillusion quant à l'amour et la vie politique. Il livre avec ce récit qui lui ressemble un éclairage incomparable sur la vie littéraire, sentimentale et politique de son siècle." Claude Colombini-Frémeaux & Benjamin Goldenstein
Ecouter Werther, c'est aujourd'hui dépoussiérer un mythe. En effet tout le monde connaît "l'histoire" de Werther et son suicide, mais peu sont ceux qui connaissent véritablement le parcours intérieur de ce geste solitaire... Geste magnifique, mais aussi geste de désespoir social face à ses blocages intimes et aux barrières convenues par une société fière de ses convenances.
En 1962, Pierre Vaneck triomphe dans le rôle l'Aiglon au Théâtre du Chatelet. La critique est unanime à l'égard de son interprétation : "la meilleure de tous les temps"; elle exprime toute la puissance de l'oeuvre de Rostand. Face au talent exceptionnel de Pierre Vaneck, Moshé-Naïm décide d'immortaliser la pièce à travers une création sonore unique. Les textes écrits et lus par Maurice Clavel permettent à l'auditeur de visualiser la mise en scène telle que l'avait imaginée Rostand ; il fait la liaison entres les personnages et offre à cet enregistrement toute la magie du théâtre. Les acteurs, après deux ans de scène, sont réunis en studio pour enregistrer et immortaliser l'Aiglon. Magistrale, cette oeuvre sonore nous plonge dans l'oeuvre de Rostand, auteur à la créativité incontestée, figure prépondérante de la littérature française. Claude Colombini Frémeaux
« `Comment s'étaient-ils rencontrés ? Par hasard, comme tout le monde. Comment s'appelaient-ils ? Que vous importe ? D'où venaient-ils ? Du lieu le plus prochain. Où allaient-ils ? Est-ce que l'on sait où l'on va ? Que disaient-ils ? Le maître ne disait rien ; et Jacques disait que son capitaine disait que tout ce qui nous arrive de bien et de mal ici-bas était écrit là-haut.' Cet incipit à la superbe ironie donne le ton du roman, ou plutôt du non-roman de Diderot. A la fois récit picaresque, écheveau de contes, de nouvelles, de fables, de portraits, libre suite d'essais philosophiques ou moraux, de dissertations, d'exposés, et parfois de simples bons mots, « Jacques le fataliste » se joue de toute tentative de classification et annonce les plus audacieuses émancipations littéraires. S'il hérite de célèbres devanciers telles que « Don Quichotte », « Gil Blas » ou « Vie et opinions de Tristram Shandy », sa structure à tiroirs, le roman apporte une liberté de ton toute nouvelle. Le récit des amours de Jacques, sans cesse interrompu et remis, n'apparaît finalement que comme le prétexte à de multiples digressions et commentaires, adresses, lazzis. Pour l'une des toutes premières fois, le sujet de l'oeuvre devient son objet : les questions du libre arbitre, de la responsabilité, de la fatalité, de la providence ou même d'une présence divine constituent les thèmes d'une écriture qui ose tout. Quelle est notre liberté ? Que décidons-nous de notre vie ? Doit-on croire ? Pourquoi écrire ? Que dire ? Ce parcours écrasant imposait un comédien virtuose, capable de rendre justice aux multiples mouvements du récit. Didier Bezace incarne avec densité et finesse les multiples personnages de « Jacques... » et on imagine difficilement une autre voix pour faire entendre l'inouï - dans le plein sens du terme - humour de Diderot. » Claude Colombini-Frémeaux