Benjamin Constant
Benjamin Constant
Ce livre traite de la vie et de l'oeuvre de Benjamin Constant, écrivain et homme politique. « Un immense besoin d'indépendance gêné par les tyrannies d'une complexion avide de jouissances, voilà Benjamin Constant. Il s'ensuit que, quand il s'affranchissait de ces tyrannies, c'était précisément cet instinct d'indépendance et d'autonomie qu'il retrouvait. L'individualisme était pour lui la revanche de ses faiblesses. Il ne se sauvait pas des écarts de sa sensibilité dans l'esprit de dévouaient, de sacrifice ou simplement d'humanité, mais dans l'égoïsme intelligent et bien raisonné ; et quand il s'évadait du salon, du souper ou de la maison de jeu, ce qu'il redevenait, ce n'était pas l'homme d'une grande association, d'une grande oeuvre commune ou d'une grande cause, c'était l'homme qui voulait être lui-même, maître de lui-même, et jouir de loi. Et cet égoïsme ombrageux, c'est le fond de tout son système politique, peut-être de toutes ses idées religieuses. Il a inventé le libéralisme, un libéralisme extrêmement net et prodigieusement froid et sec, qui n'est que le perpétuel besoin d'autonomie personnelle, et le soin jaloux d'élever toutes les barrières possibles entre le moi et toutes les formes existantes ou prévues et soupçonnées du non-moi »...
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Plongez dans l’un des premiers chefs-d’œuvre du roman psychologique : Adolphe de Benjamin Constant.
« 1er septembre 1814. Voici le Mémoire ; ne me le renvoyez pas ; il pourrait se perdre, parce que je suis obligé de sortir. J'irai le prendre à l'heure que vous voudrez, et nous le lirons ensemble. Savez-vous que je n'ai rien vu durant cette vie, déjà si longue, et que vous troublez, rien au monde de pareil à vous ? J'ai porté votre image chez M. de Talleyrand, chez Beugnot, chez moi, partout. J'en suis triste et presque étonné. Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Weimar. An XII. Le 1er Pluviôse. Je viens d'arriver à Weimar, où je compte rester un certain temps, car j'y trouverai de riches bibliothèques, des conversations sérieuses, selon mes goûts, et surtout de la tranquillité pour mon travail. J'ai dîné chez Btticher, homme extraordinairement savant et de bon sens, mais sans goût et avec des formes lourdes. J'y ai rencontré une jeune Anglaise, miss Robinson, enthousiaste de Goethe et de Kant, et réunissant à de l'esprit et du mouvement l'absence de finesse des Anglais et l'amour des idées absolues des Allemands. Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Publié en 1816, Adolphe de Benjamin Constant reste l’un des plus grands romans psychologiques du XIXe siècle.
Citation (extrait) : « La terreur, réduite en système, et justifiée sous cette forme, est beaucoup plus horrible que la violence féroce et brutale des terroristes [...] Ses principes consacrés seront éternellement dangereux. Ils tendent à égarer les plus sages, à pervertir les plus humains. L'établissement d'un gouvernement révolutionnaire ferait sortir du milieu de la nation la plus douce en apparence des monstres tels que nous en avons vu : la loi du 22 prairial créerait des juges bourreaux parmi les peuples les moins féroces. » (Benjamin Constant) Lorsque Benjamin Constant arrive à Paris, accompagnant Mme de Staël, en mai 1795, il est acquis depuis des années aux idées révolutionnaires de liberté et d'égalité. Selon lui, la Terreur a compromis l'oeuvre de liberté, dans la légalité tentée par la Constituante. Format professionnel électronique © Ink Book édition.
Adolphe plonge au cœur d’une passion destructrice : celle d’un jeune homme indécis et d’une femme éperdue d’amour.
En 1812, Benjamin Constant s’adresse directement à Bernadotte, prince royal de Suède, dans une correspondance stratégique où se mêlent diplomatie et ambition politique.
Adolphe plonge le lecteur dans une passion destructrice entre un jeune homme indécis et une femme éperdue d’amour.
Brillant, riche et élégant, Adolphe est las de son existence monotone et de son destin tout tracé. Lorsqu'il rencontre Ellénore, de dix ans plus âgée, il se dévoue corps et âme pour la voir tomber dans ses bras et ainsi échapper à l'ennui. Ellénore cède et tombe éperdument amoureuse, mais très vite Adolphe est sommé par son père de la quitter pour une carrière pleine d'espoir. Ellénore est prête à tout pour garder son amant. Elle abandonne ses enfants et sa fortune, mais celui-ci comprend trop tard qu'il ne l'a jamais véritablement aimée. Incapable de rompre et horrifié à l'idée de vivre avec elle, Adolphe est en proie à l'indécision. Grand Prix des Meilleurs Romans du XIXe siècle, « Adolphe » est à la fois le reflet de la jeunesse sous l'Empire, et le récit d'un héro torturé. Entre désirs de gloire et mélancolie, orgueil et aveuglement, Alphonse devra lutter contre les intermittences du coeur pour éviter la tragédie. Benjamin Constant (1767-1830) est un romancier et un homme politique. Républicain engagé et grand orateur pendant la Révolution française, il soutient le coup d'État en 1797 et devient chef de l'opposition libérale dès 1800. Il se rallie à l'Empire et à Napoléon Ier pendant les Cent jours. Lors de Restauration, alors qu'il est élu député, il défend le régime parlementaire. Outre son investissement en politique, Benjamin Constant est un auteur qui mêle à ses écrits sentiments religieux et amoureux, et psychologie. Sa liaison avec Madame de Staël, de 1794 à 1808, a donné naissance à deux grands romans : « Adolphe » et « Le Cahier Rouge ».
Comment définir la Liberté ? Quel est son rapport avec la Démocratie, et quel est le rôle que peuvent et doivent jouer les citoyens à cet égard ? Benjamin Constant, dans ce discours resté célèbre, nous interroge sur des sujets qui restent d'une actualité criante.
Adolphe, anecdote trouvée dans les papiers d'un inconnu, puis publiée est un roman de Benjamin Constant publié en 1816. Présentation | Adolphe raconte l'inexorable décomposition d'une relation amoureuse. Après avoir séduit Ellénore par vanité plus que par amour, Adolphe ne parvient ni à rompre ni à aimer. Son indécision, entre sincérité et mauvaise foi, ainsi qu'une sorte de sadisme mêlé de compassion, précipiteront la course à l'abîme de ce couple fatal. Adolphe est un chef d'oeuvre du roman d'analyse : une « histoire assez vraie de la misère du coeur humain »...| |Source Wikipédia|
Édition enrichie (Introduction, notes, documents et bibliographie) « ... L'amour crée, comme par enchantement, un passé dont il nous entoure. Il nous donne, pour ainsi dire, la conscience d'avoir vécu, durant des années, avec un être qui naguère nous était presque étranger. L'amour n'est qu'un point lumineux, et néanmoins il semble s'emparer du temps. Il y a peu de jours qu'il n'existait pas, bientôt il n'existera plus ; mais, tant qu'il existe, il répand sa clarté sur l'époque qui l'a précédé, comme sur celle qui doit le suivre. » Introduction, notes et commentaires de Gilles Ernst.
Toutes les vérités sont-elles bonnes à dire ? Pourquoi ne dois-je pas mentir ? En 1796, Constant, lecteur attentif de Kant, s'en prend au caractère inconditionnel du devoir posé par le philosophe allemand : plutôt qu'un devoir de vérité, il revendique un devoir de bienveillance, qui justifierait un droit de mentir. Kant répond l'année suivante par un opuscule : Sur un prétendu droit de mentir. Ainsi naît la célèbre controverse, dont les textes sont ici rassemblés. Édition établie par Jules Barni. Postface par Cyril Morana.
En 1797, Emmanuel Kant et Benjamin Constant s'affrontent dans une controverse fameuse sur le problème - moral et politique - du droit de mentir. Être véridique est un principe qui doit guider notre conduite. Si Constant reconnaît le bien-fondé d'une telle exigence, il s'oppose à Kant sur son application : selon lui, il ne faut pas en faire une obligation absolue. En donnant à lire une sélection de textes de Kant sur le mensonge et le devoir moral, les objections de Constant dans Des réactions politiques et la réponse de Kant dans D'un prétendu droit de mentir par humanité, cette édition permet d'examiner ce qui a pu être considéré comme la question du siècle : le rapport entre théorie et pratique. En GF PHILO', le texte de l'oeuvre est donné à lire sur la page de droite. En regard, des extraits tirés d'autres oeuvres viennent l'éclairer, le questionner, le prolonger.
En 1797, Emmanuel Kant et Benjamin Constant s'affrontent dans une controverse fameuse sur le problème - moral et politique - du droit de mentir. Être véridique est un principe qui doit guider notre conduite. Si Constant reconnaît le bien-fondé d'une telle exigence, il s'oppose à Kant sur son application : selon lui, il ne faut pas en faire une obligation absolue. En donnant à lire une sélection de textes de Kant sur le mensonge et le devoir moral, les objections de Constant dans Des réactions politiques et la réponse de Kant dans D'un prétendu droit de mentir par humanité, cette édition permet d'examiner ce qui a pu être considéré comme la question du siècle : le rapport entre théorie et pratique. En GF PHILO', le texte de l'oeuvre est donné à lire sur la page de droite. En regard, des extraits tirés d'autres oeuvres viennent l'éclairer, le questionner, le prolonger.
"Avec Adolphe, Benjamin Constant marquait de son sceau la littérature du XIXe siècle et posait l'un des plus importants jalons du romantisme français. Portrait sentimental d'une histoire d'amour tragique, Adolphe reflète et illustre les contrées intérieures d'une jeunesse du XIXe siècle naissant, en proie au mal du siècle - prise entre désirs de gloire et mélancolie, entre idéal et spleen... En livrant le récit des amours mouvementées d'Adolphe et Ellénore, Benjamin Constant - dont on lit en filigrane nombre d'éléments autobiographiques - confesse sa désillusion quant à l'amour et la vie politique. Il livre avec ce récit qui lui ressemble un éclairage incomparable sur la vie littéraire, sentimentale et politique de son siècle." Claude Colombini-Frémeaux & Benjamin Goldenstein
"Avec Adolphe, Benjamin Constant marquait de son sceau la littérature du XIXe siècle et posait l'un des plus importants jalons du romantisme français. Portrait sentimental d'une histoire d'amour tragique, Adolphe reflète et illustre les contrées intérieures d'une jeunesse du XIXe siècle naissant, en proie au mal du siècle - prise entre désirs de gloire et mélancolie, entre idéal et spleen... En livrant le récit des amours mouvementées d'Adolphe et Ellénore, Benjamin Constant - dont on lit en filigrane nombre d'éléments autobiographiques - confesse sa désillusion quant à l'amour et la vie politique. Il livre avec ce récit qui lui ressemble un éclairage incomparable sur la vie littéraire, sentimentale et politique de son siècle." Claude Colombini-Frémeaux & Benjamin Goldenstein
"Avec Adolphe, Benjamin Constant marquait de son sceau la littérature du XIXe siècle et posait l'un des plus importants jalons du romantisme français. Portrait sentimental d'une histoire d'amour tragique, Adolphe reflète et illustre les contrées intérieures d'une jeunesse du XIXe siècle naissant, en proie au mal du siècle - prise entre désirs de gloire et mélancolie, entre idéal et spleen... En livrant le récit des amours mouvementées d'Adolphe et Ellénore, Benjamin Constant - dont on lit en filigrane nombre d'éléments autobiographiques - confesse sa désillusion quant à l'amour et la vie politique. Il livre avec ce récit qui lui ressemble un éclairage incomparable sur la vie littéraire, sentimentale et politique de son siècle." Claude Colombini-Frémeaux & Benjamin Goldenstein
Voyages à travers l'Europe, lectures fiévreuses et désordonnées, découverte de la société et de ses travers, rencontres amoureuses et passionnées... Tels sont les premiers pas dans le monde du jeune Benjamin Constant. À l'heure du bilan, l'auteur d'Adolphe pose sur sa jeunesse un regard tendre et amusé.
Voyages à travers l'Europe, lectures fiévreuses et désordonnées, découverte de la société et de ses travers, rencontres amoureuses et passionnées... Tels sont les premiers pas dans le monde du jeune Benjamin Constant. À l'heure du bilan, l'auteur d'Adolphe pose sur sa jeunesse un regard tendre et amusé.
Trois fictions inachevées, en grande partie autobiographiques, révélant l'alcôve d'un homme politique de premier plan.
Trois fictions inachevées, en grande partie autobiographiques, révélant l'alcôve d'un homme politique de premier plan.
« La liberté individuelle, je le répète, voilà la véritable liberté moderne. La liberté politique en est la garantie ; la liberté politique est par conséquent indispensable. Mais demander aux peuples de nos jours de sacrifier comme ceux d'autrefois la totalité de leur liberté individuelle à la liberté politique, c'est le plus sûr moyen de les détacher de l'une et quand on y serait parvenu, on ne tarderait pas à leur ravir l'autre. » En 1819, Benjamin Constant donne au cercle de l'Athénée une conférence mémorable, « De la liberté des Anciens comparée à celle des Modernes ». Pour les Anciens, en Grèce comme à Rome, la liberté consistait à participer à la vie de la cité, avec une forme « d'assujettissement complet de l'individu à l'autorité de l'ensemble ». Avec la Révolution et un certain nombre d'évolution (commerce, esclavage, etc.), la liberté est devenue, pour les Modernes, synonyme de liberté individuelle. Mais cela veut-il dire que la liberté politique est obsolète ? Au contraire, pour Constant, le danger encouru par les sociétés modernes est que l'individu soit trop absorbé par ses intérêts propres et renonce au partage du pouvoir publique. Il prône donc un système représentatif dans lequel les individus dépassent leurs intérêts particuliers en jugeant leurs mandataires... Et appelle à la responsabilité de chacun et à la participation du plus grand nombre... Un classique d'une perpétuelle actualité politique et philosophique. Édition établie par Louis Lourme.
Benjamin Constant a été un témoin attentif et passionné de la Révolution française. Il n'a eu de cesse d'en commenter le déroulement, et même de participer à ses débats. Dans ces textes qui datent de la période du Directoire (incertaine et peu glorieuse, mais politiquement passionnante), Constant se bat sur deux fronts : il défend la société issue de la Révolution en se fondant sur les intérêts que celle-ci a fait naître, mais il se réclame aussi des principes de 1789 pour défendre le régime post-thermidorien, à la fois modéré et révolutionnaire. Ainsi De la force du gouvernement actuel de la France et de la nécessité de s'y rallier (1796) est-il un plaidoyer pour la modération en même temps qu'une apologie du régime républicain issu de la Convention. Ce texte suscita des polémiques auxquelles Constant répond dans Des réactions politiques. Enfin, en 1797, dans Des effets de la Terreur, il défend un régime qui se veut à la fois libéral et révolutionnaire, et montre que la Terreur n'était nullement un moment nécessaire dans la Révolution. Ces deux textes sont aussi reproduits dans cet ouvrage.
Benjamin Constant a été un témoin attentif et passionné de la Révolution française. Il n'a eu de cesse d'en commenter le déroulement, et même de participer à ses débats. Dans ces textes qui datent de la période du Directoire (incertaine et peu glorieuse, mais politiquement passionnante), Constant se bat sur deux fronts : il défend la société issue de la Révolution en se fondant sur les intérêts que celle-ci a fait naître, mais il se réclame aussi des principes de 1789 pour défendre le régime post-thermidorien, à la fois modéré et révolutionnaire. Ainsi De la force du gouvernement actuel de la France et de la nécessité de s'y rallier (1796) est-il un plaidoyer pour la modération en même temps qu'une apologie du régime républicain issu de la Convention. Ce texte suscita des polémiques auxquelles Constant répond dans Des réactions politiques. Enfin, en 1797, dans Des effets de la Terreur, il défend un régime qui se veut à la fois libéral et révolutionnaire, et montre que la Terreur n'était nullement un moment nécessaire dans la Révolution. Ces deux textes sont aussi reproduits dans cet ouvrage.
Adolphe (Edition Intégrale - Version Entièrement Illustrée) *Inclus une courte biographie de Benjamin Constant Descriptif : Grand classique du roman d'amour, voici l'histoire malheureuse de Adolphe et Ellénore : Il l'a aimé tout de suite et avec passion... Mais, le coeur des hommes est souvent «girouette»... Elle l'a aimé trop tard ... Adolphe raconte l'inexorable décomposition d'une relation amoureuse. Après avoir séduit Ellénore par vanité plus que par amour, Adolphe ne parvient ni à rompre ni à aimer. Son indécision, entre sincérité et mauvaise foi, ainsi qu'une sorte de sadisme mêlé de compassion, précipiteront la course à l'abîme de ce couple fatal. Extrait : Je pensais faire, en observateur froid et impartial, le tour de son caractère et de son esprit ; mais chaque mot qu'elle disait me semblait revêtu d'une grâce inexplicable. Le dessein de lui plaire, mettant dans ma vie un nouvel intérêt, animait mon existence d'une manière inusitée. J'attribuais à son charme cet effet presque magique : j'en aurais joui plus complètement encore sans l'engagement que j'avais pris envers mon amour-propre. Cet amour-propre était en tiers entre Ellénore et moi. Je me croyais comme obligé de marcher au plus vite vers le but que je m'étais proposé : je ne me livrais donc pas sans réserve à mes impressions. Il me tardait d'avoir parlé, car il me semblait que je n'avais qu'à parler pour réussir. Je ne croyais point aimer Ellénore ; mais déjà je n'aurais pu me résigner à ne pas lui plaire. Elle m'occupait sans cesse : je formais mille projets ; j'inventais mille moyens de conquête, avec cette fatuité sans expérience qui se croit sûre du succès parce qu'elle n'a rien essayé.
Plongez dans l'analyse implacable d'une passion destructrice avec Adolphe, chef-d'œuvre psychologique de Benjamin Constant. Ce roman intemporel explore les tourments d'un amour impossible, où orgueil et dépendance s'entremêlent jusqu'au drame.
« Distrait, inattentif, ennuyé », Adolphe, à 22 ans, trouve « qu'aucun but ne vaut la peine d'aucun effort ». Un beau jour, pourtant, il a envie d'être aimé et décide de conquérir Ellénore. Bien vite, « le charme de l'amour » lui pèse comme une chaîne. Ellénore, lui sacrifiant « fortune, enfants, réputation », empoisonne de remords sa belle indifférence. La souffrance d'Ellénore n'est pour Adolphe qu'un moyen de se connaître et d'éprouver sa propre lucidité. Plus elle l'aime et lui donne, plus il se refuse, écrasé par sa propre inaptitude à aimer. Cet éternel pas de deux se répète à satiété. Mais, tandis que pour Adolphe il suscite invariablement le même état d'âme et l'absence de véritable émoi, il est pour Ellénore, rongée par l'amertume et l'horreur du non-amour, l'accomplissement d'une fatalité mortelle. « "Adolphe, me dit-elle, vous vous trompez sur vous-même ; vous êtes généreux, vous vous dévouez à moi parce que je suis persécutée ; vous croyez avoir de l'amour et vous n'avez que de la pitié." Pourquoi prononça-t-elle ces mots funestes ? Pourquoi me révéla-t-elle un secret que je voulais ignorer ? Je m'efforçai de la rassurer, j'y parvins peut-être ; mais la vérité avait traversé mon âme ; le mouvement était détruit ; j'étais déterminé dans mon sacrifice, mais je n'en étais pas plus heureux ; et déjà il y avait en moi une pensée que de nouveau j'étais réduit à cacher. » B.C.
Adolphe, jeune bourgeois désoeuvré, séduit la maîtresse du comte de P***, Ellénore, qui en devient follement amoureuse. Malheureusement, Adolphe est trop faible pour rompre cette passion vouée à l'échec, une passion qui va faire d'eux des victimes, chacun différemment : Ellénore, victime de son aveuglement amoureux qui lui fait oublier ses vrais devoirs et Adolphe, victime de sa propre faiblesse et de sa culpabilité dans la déchéance d'Ellénore. Benjamin Constant traite l'histoire comme s'il n'en était pas l'auteur... un cahier oublié sur une route italienne... "Adolphe" est le seul roman achevé de l'auteur. Un petit chef-d'oeuvre de la littérature romantique.