Lucrèce
Lucrèce
"De natura rerum", chef-d'oeuvre en six livres de la poésie scientifique, s'insère dans la tradition de la poésie philosophique grecque, de Parménide à Empédocle. Il vise, selon Lucrèce lui-même, à renouveler les fondements de la pensée d'Epicure et à délivrer les hommes des vaines peurs des dieux et de la mort. Après une invocation à Vénus, l'auteur consacre un premier livre à exposer une grande loi de l'univers: à l'origine de toutes choses existent les atomes et rien ne se crée, rien ne se perd. Le livre II, qui se termine par une allusion à la pluralité infinie des mondes, nous décrit la naissance des êtres animés à partir des êtres inanimés. Les livres III et IV traitent de l'homme, corps et âme analysés dans leur essence et leur mécanisme. Sa place dans le monde et ses rapports avec l'univers font l'objet des livres V et VI. Lucrèce nous donne ici un tableau grandiose de la civilisation humaine et des différentes étapes que l'homme a du parcourir jusqu'à ce moment où, accédant à la vie morale, celui-ci se propose la sagesse comme but suprême de l'existence. "De la nature des choses" se termine sur la description de la peste d'Athènes. Doué d'un sens poétique incomparable, Lucrèce sait animer les passages les plus abstraits de son oeuvre. Sa poésie s'élève et prend tous les tons suivant la marche de son enthousiasme: lyrique, épique, satirique ou élégiaque, lui conférant une grandeur dont on reste encore aujourd'hui confondu. Le texte est précédé d'une étude de l'oeuvre et suivi d'une biographie de Lucrèce.
Évangile de la nature, adaptation libre du poème De rerum natura de Lucrèce, est un hymne poétique et philosophique à la nature et à la raison. Christophe Perton réduit les 7 400 vers originaux à 1 400, resserrant sur les passages clés et permettant ainsi une meilleure compréhension et une plus grande résonance émotionnelle. La beauté et la force du texte, mêlant rigueur scientifique et puissance poétique, associées à une traduction fluide et moderne par Marie NDiaye et Christophe Perton, en font un outil puissant pour éclairer les enjeux actuels et inspirer toutes les générations.
Le poème de Lucrèce (98 ou 94 av. J.-C.- 55 av. J.-C.) est un des textes fondateurs de la philosophie en Occident. Car Lucrèce s'y montre plus qu'un simple spectateur d'Épicure : disciple fécond, il est comme le refondateur à Rome de l'épicurisme athénien. Loin de se présenter comme un système rigoureusement ordonné par des prémisses ou dicté par des axiomes, cette philosophie n'a d'autre but que l'apaisement moral de l'homme, plutôt que la connaissance du monde. Tout au long des siècles, une fois ce poème redécouvert au début de la Renaissance, La Nature des choses n'a cessé d'être une référence philosophique. Qu'on lise, au dernier livre, les passages consacrés à la peste. La peste est un argument que toute théodicée doit réfuter puisqu'elle pose, de manière spectaculaire, le scandale de la mort du juste et de l'innocent. Or Lucrèce ne réfute pas la peste, il s'en sert, au contraire, pour montrer l'absence de Providence, et du même coup guérir l'âme d'une maladie autrement essentielle, la peur de la mort. Ce qui fait scandale, ce n'est plus la peste, c'est tout simplement Lucrèce.
Le poème de Lucrèce (98 ou 94 av. J.-C.- 55 av. J.-C.) est un des textes fondateurs de la philosophie en Occident. Car Lucrèce s'y montre plus qu'un simple spectateur d'Épicure : disciple fécond, il est comme le refondateur à Rome de l'épicurisme athénien. Loin de se présenter comme un système rigoureusement ordonné par des prémisses ou dicté par des axiomes, cette philosophie n'a d'autre but que l'apaisement moral de l'homme, plutôt que la connaissance du monde. Tout au long des siècles, une fois ce poème redécouvert au début de la Renaissance, La Nature des choses n'a cessé d'être une référence philosophique. Qu'on lise, au dernier livre, les passages consacrés à la peste. La peste est un argument que toute théodicée doit réfuter puisqu'elle pose, de manière spectaculaire, le scandale de la mort du juste et de l'innocent. Or Lucrèce ne réfute pas la peste, il s'en sert, au contraire, pour montrer l'absence de Providence, et du même coup guérir l'âme d'une maladie autrement essentielle, la peur de la mort. Ce qui fait scandale, ce n'est plus la peste, c'est tout simplement Lucrèce.
Au Ier siècle avant notre ère, Lucrèce ne se contenta pas d'offrir à ses compatriotes la doctrine « salvatrice » d'Épicure, leur permettant d'accéder pleinement à sa philosophie, mais il traduisit en visionnaire le mou-vement incessant des atomes et le perpétuel devenir des choses au sein du vide infini. Son oeuvre explore l'univers physique et le savoir grec, mais aussi notre vie quotidienne. Gardien essentiel de la doctrine épicurienne, vivant à une époque de violence et d'oppression, le poète latin révéla non sans ferveur les moyens d'un bonheur accessible à tous. La version française que l'on présente ici se veut l'écho de la tension jamais abolie entre la poésie et la raison dans le De rerum natura. Inventant un langage de la nature, Lucrèce lui a donné des cadences que cette traduction essaie de transposer.
Au Ier siècle avant notre ère, Lucrèce ne se contenta pas d'offrir à ses compatriotes la doctrine « salvatrice » d'Épicure, leur permettant d'accéder pleinement à sa philosophie, mais il traduisit en visionnaire le mou-vement incessant des atomes et le perpétuel devenir des choses au sein du vide infini. Son oeuvre explore l'univers physique et le savoir grec, mais aussi notre vie quotidienne. Gardien essentiel de la doctrine épicurienne, vivant à une époque de violence et d'oppression, le poète latin révéla non sans ferveur les moyens d'un bonheur accessible à tous. La version française que l'on présente ici se veut l'écho de la tension jamais abolie entre la poésie et la raison dans le De rerum natura. Inventant un langage de la nature, Lucrèce lui a donné des cadences que cette traduction essaie de transposer.
Ce texte fondateur du philosophe épicurien de la Grèce Antique qui regroupe poésie et philosophie se présente comme une tentative de "briser les forts verrous des portes de la nature", c'est-à-dire de révéler au lecteur la nature du monde et des phénomènes naturels. Selon Lucrèce, cette connaissance du monde doit permettre à l'homme de se libérer du fardeau des superstitions, notamment religieuses, constituant autant d'entraves qui empêchent chacun d'atteindre l'ataraxie ; la tranquillité de l'âme. Alors que Michel Onfray nous révèle Lucrèce dans le deuxième volume de la Contre-histoire de la philosophie, Bernard Combeaud s'est attelé à la traduction du grand poème philosophique avec toute la difficulté d'une écriture à la fois intellectuelle et allégorique (poétique), travail édité par Denis Mollat pour lequel Bernard Combeaud a reçu le Prix Jules Janin de l'Académie française pour l'adaptation. À son tour, Denis Podalydès, sociétaire de la Comédie-Française, relève le défi de cette lecture, en mettant son talent au service de la prosodie poétique et philosophique du texte de Lucrèce dans une sélection faite par Bernard Combeaud. Afin de donner à l'auditeur toutes les réponses aux questions posées sur le travail d'adaptation et d'interprétation au sens large, le livre audio propose également un entretien entre Bernard Combeaud et Michel Onfray.
Je veux te révéler les principes des choses, te montrer où la nature puise les éléments dont elle crée, fait croître et nourrit toutes choses, où elle les ramène de nouveau après la mort et la dissolution. (I, 55-57)
Poème fondateur de notre modernité, chef-d’œuvre de la littérature latine, le De rerum natura fascine à plus d’un titre. 7 400 vers structurés en six chants déjouent nos illusions sur le monde et invitent à contempler les innombrables formes du vivant, leurs lois secrètes. Lucrèce chante les aubes, les forêts, les oiseaux, l’amour infini qui unit et engendre, la sérénité lucide face à la fragilité de la vie. Il dénonce les peurs forgées par les superstitions de tout ordre et hisse la philosophie matérialiste d’Épicure au rang d’épopée. Pour la première fois, Le Poème de la nature est traduit dans une forme qui rejoue en français l’énergie originelle de ses vers. Signature sonore des poètes épiques depuis Homère, le rythme des six temps forts du mètre antique, sous la plume de Lucrèce, nous rend au monde. Jusqu’au cœur de la matière, la pensée danse. Guillaume Boussard, né en 1973, est professeur et docteur en lettres classiques. Il est membre de la compagnie de théâtre antique Démodocos, pour laquelle il a traduit Les Perses, Agamemnon, Les Choéphores et Prométhée enchaîné d’Eschyle. Il interprète sa traduction de Lucrèce à l’occasion de récitals poétiques.
De la Nature des Choses (De rerum natura) apparaît comme l'un des textes importants de la philosophie épicurienne. Lucrèce joua en effet un rôle essentiel quant à la diffusion de cette doctrine dans la mesure où son ouvrage, qui possède une ambition pédagogique, vise ici à traduire et à rendre accessible une philosophie qu'il était alors difficile de lire en raison de sa complexité. Constitué de six livres, on y retrouve ainsi développés des thèmes tels que la mort, le sentiment amoureux, la vie psychique ou l'histoire de l'humanité.