FeniXX réédition numérique (Anthropos)
Propose une vision nouvelle de la géographie, celle de l'invention de la montagne, celle de la subjectivité des cartes mentales. Analyser et comprendre les processus spaciaux à travers les conceptions du monde, tel est l'objectif de cette géographie par le bas. « Copyright Electre »
Ancré directement dans la pratique sociale et généré essentiellement par des dysfonctionnements dans les relations, par des fractures et des ruptures qui traversent le corps social (conflits raciaux, revendications régionalistes, difficultés liées à l'immigration...), le terme « interculturel » apparaît surtout comme une notion polémique entachée d'affectivité et caractérisée par une élasticité sémantique. L'appel à « l'interculturel » recouvre non seulement une diversité dans ses champs d'application, mais aussi et surtout une multiplicité d'orientations. L'objectif de cette étude est de tenter une première théorisation susceptible de faire progresser le concept, de mieux comprendre les enjeux et de favoriser ainsi l'émergence de réponses adaptées aux problèmes de terrain liés à la structuration plurielle du tissu social et éducatif.
Comment l’industrie façonne-t-elle nos territoires et nos villes ? Sociologie de l’espace industriel de Manuel Castells déconstruit les liens entre industrialisation, urbanisation et organisation spatiale.
Ce livre est le fruit d'une réflexion collective et d'un espoir. Bien que conçu et réalisé dans le cadre d'un groupe de travail spécialisé de la commission économique du Parti Socialiste, il ne saurait en aucune façon prétendre représenter la position du Parti Socialiste et les opinions qui y sont exprimées n'engagent que les auteurs, réunis ici pour les commodités de la publication sous le nom collectif de Thomas Lefranc. Ce livre n'est, ni exclusivement professionnel, ni purement théorique, ni uniquement politique. Il s'efforce, au contraire, par la combinaison de ces approches, de dégager une vue d'ensemble dénonçant de l'intérieur les « trucs », les idées fausses et les grandes impostures qui gonflent la baudruche monétaire et qu'un discours manipulateur et prétentieux nous présente complaisamment comme un motif suffisant pour admettre et subir les réalités de la stagnation économique, du chômage et de l'inflation inacceptables. L'espoir des auteurs est de montrer que les choses d'argent sont finalement plus simples, c'est-à-dire moins techniques et plus politiques que ne veut le faire croire le choeur des professeurs de monnaie, des grands technocrates dévoués au Pouvoir, des dirigeants du monde bancaire et d'une manière générale, tous ceux qui se gargarisent de leur pseudo-compétence et qui s'emploient à entretenir un obscurantisme qui n'est ni neutre, ni gratuit. Mais en réaction, des mythes ont aussi fini par germer dans certains sous-bois de la Gauche : les auteurs se sont attachés à les dénoncer également, car d'une politique réaliste du crédit et de la monnaie, dépendra, pour une large part le moment venu, la réussite ou l'échec du socialisme de la liberté et du progrès.
« À quatre-vingts ans passés, je n'ai plus rien à perdre ni à gagner », souligne ironiquement Alfred Silbert, grand, allure sportive, le visage étonnant sans une ride. Et telle est la raison pour laquelle, au beau milieu d'une crise mondiale de toutes nos valeurs, il s'est résolu à écrire un livre rappelant les origines lointaines et les détours de cette crise. C'est par le canal d'un artifice consistant, pour atteindre à plus d'impartialité, à faire parler en face de lui une « Voix » égarée, provenant de la planète Cassandre au nom si évocateur, que le vieil auteur nous expose, les caractéristiques de beaucoup de nos évènements actuels qui ne sont que la conséquence de précédents auxquels ceux qui ne sont pas dans son cas ne peuvent naturellement pas songer. Toute une trame, qu'il s'est efforcé de reconstituer à leur attention.
À la fin du XVIIe siècle, à la charnière de deux époques et de deux mondes, une problématique émerge, cohérente et nouvelle, dont quelques idées-forces retentiront tout au long des siècles suivants. Héritières d'une triple tradition politique, scientifique et philosophique issue de Bodin, de Descartes et surtout de la pensée janséniste de Port-Royal, les oeuvres de Boisguilbert ne marquent pas seulement la naissance et le développement, au plan théorique, des thèmes fondateurs du libéralisme économique. Au travers d'une analyse rigoureuse de la structure sociale, des marchés, du comportement des agents et du rôle décisif que jouent leur information et leurs anticipations dans l'élaboration de leurs stratégies de marché, c'est toute une articulation entre la prospérité, la crise et la dépression économiques qui nous est proposée, devançant ainsi les recherches les plus actuelles. L'objet de cet ouvrage est de restituer cette théorie fondatrice dont bien des aspects essentiels ont malheureusement été gommés ou oubliés par la suite. Et de montrer en fin de compte qu'avec Boisguilbert, l'économie politique naît adulte.
Et si les inégalités mondiales s’expliquaient par les mécanismes mêmes du capitalisme global ? Dans L’échange inégal et la loi de la valeur, Samir Amin déconstruit les théories économiques dominantes et révèle comment les rapports de force.
Le patrimoine a-t-il une valeur économique ? Est-il susceptible de créer des emplois et d'engendrer des revenus ? Constitue-t-il une ressource pour le développement ? Les économistes ne peuvent apporter que des réponses partielles et prudentes à de telles questions, et en aucun cas la logique économique ne saurait décider de l'intérêt d'un monument, de sa réutilisation ou même de sa destruction au profit d'autres édifices. Mais les monuments ont nécessairement une dimension économique et rien n'interdit de voir comment leur aménagement peut renforcer le bien-être d'une collectivité. Deux éléments éclairent alors cette analyse. L'offre et la demande n'ont pas le même objet : l'offre est souvent celle d'un support ; la demande est celle des services artistiques, cognitifs, économiques que l'on peut en retirer. Rien n'assure justement que les offreurs de patrimoine sauront transformer leur support en services. Comment catalyser une telle production ? Une lecture en terme d'offre et de demande est toutefois trop superficielle. Les monuments constituent un véritable écosystème qu'il convient d'entretenir alors même que certains agents peuvent avoir intérêt à sa dégradation.
Qu'est-ce qui se joue pour un sujet quand « ça tourne mal » dans le corps ? Cette question du symptôme somatique, la psychanalyse, loin de la marginaliser par rapport à la dimension du langage, lui donne tout son relief. La position freudienne du corps récuse à la fois la réduction du somatique à l'organique (biomédicale) et sa dissolution dans le « psychosomatique » : elle requiert de penser le moment physique du processus conflictuel inconscient. C'est cet apport capital à la question des liens entre corps et symptôme que les présentes leçons s'emploient à reconstituer, en ses aspects cliniques et théoriques. Ce second tome - Corps et inconscient - dégage, à partir de la question de la douleur - « physique » et « morale » - le retour dans le corps de cette jouissance « intraitable », qui requestionne le lien entre l'être parlant et le substrat corporel. Du « langage d'organe » psychotique, aux pathologies somatiques chronicisées, le symptôme apparaît comme témoignant, à partir d'un « trauma incorporé », d'un appel à l'autre (« interjection »), à l'insu du sujet même. Cela permet de relire les suggestions de Lacan sur la prise de la lettre dans le corps, mais aussi de requestionner, avec Freud, le retour du « féminin » dans le corps - moment de « désymbolisation » aiguë auquel il convient de faire droit.
Qu'en est-il du regard et de la voix dans l'expérience freudienne ? La psychanalyse interroge cette double appartenance du sujet inconscient à l'ordre du visible (et de l'invisible) et à l'ordre de la parole (et du silence). En un premier volume (Fondements. De la clinique à la théorie), les présentes leçons reconstituent les émergences de ces deux objets pulsionnels. À partir de la cécité et de l'aphonie hystériques, se dessinent les tribulations des pulsions scopiques et vocale, puis les mises en scènes originaires de la séparation, de la castration et de la séduction. Occasion privilégiée de saisir le passage de la métapsychologie freudienne à la conception lacanienne de l'« objet a », à travers une métaphysique du visible et de l'altérité. En un second volume (Figures. Du symptôme à l'amour), sont déployées les figures cliniques - regard clivé de la perversion, voix de la psychose - et les tableaux sociaux et esthétiques, envers du symptôme. L'examen du « coup de foudre » et des « voix de la passion » permet d'interroger les puissances du regard et les pouvoirs de la parole, de l'amour de transfert à l'OEdipe féminin.
Après la crise des pays émergents d'Asie, 1997-1998, l'analyse des causes de cette crise a mis en avant plusieurs mécanismes très intéressants : les rôles des politiques de change et de désinflation, des ruptures dans les anticipations, de l'excès d'endettement, des garanties supposées fournies aux prêteurs par les gouvernements ou les institutions internationales, des entrées de capitaux et de la libéralisation financière, de l'insuffisance brutale de liquidité bancaire, cause et conséquence du retrait des prêteurs internationaux... Dans ce livre, ces analyses sont présentées à l'aide de quelques modèles pédagogiques, et sont systématiquement confrontées aux évolutions observées depuis 10 ans dans les pays d'Asie et dans quelques autres pays émergents.
« Identité culturelle et révolution technologique » était le thème central de la IIème Conférence internationale pour l'identité culturelle qui s'est tenue à Paris les 21 et 22 mai 1982. Des hommes de science et de culture venant des cinq continents ont dialogué, en français, pendant ces deux jours, au sein de quatre commissions : « Cinéma et audiovisuel » (président : Michel Asmar, directeur du Cénacle libanais) ; « recherche scientifique » (président : Luc Bouquiaux (Belgique), directeur adjoint du Laboratoire de Langues et Civilisations à Tradition Orale) ; « transfert de technologie » (président : E. Kwan Kouassi, professeur à l'Université de Lomé-Bénin) ; « informatique et communication » (président : Philippe Machefer, sénateur français). Le rapporteur général de la Conférence était le député de Bruxelles Lucien Outers, ancien ministre belge de la recherche scientifique et de la coopération. Pendant la séance de clôture en Sorbonne, a eu lieu un duplex télévision par satellite entre Jack Lang, ministre français de la culture, qui se trouvait à Hydra (Grèce) pour les Rencontres méditerranéennes de la culture, et certains participants de la IIème Conférence internationale organisée par l'Institut France - Tiers-Monde. Le présent ouvrage rassemble les communications, allocutions et documents de ces deuxièmes assises pour l'identité et le dialogue des cultures.
L'éducation des enfants handicapés dans des institutions d'éducation spécialisée est trop souvent violence. À travers les témoignages de deux groupes d'enfants handicapés moteurs - l'un ayant vécu dans des internats d'éducation spécialisée, l'autre dans des familles d'accueil - sont analysés les effets pervers de ces deux modes de prise en charge et leurs incidences sur le devenir affectif des jeunes handicapés et de leur insertion sociale. Les auteurs ont mis en évidence les inconvénients spécifiques de ces deux structures d'éducation spécialisée et leurs risques. Risques difficilement admissibles puisque l'enjeu est l'épanouissement et l'avenir d'un enfant. Au terme de cette comparaison entre l'internat et le placement familial une question reste posée : Ne serait-il pas possible de rechercher une autre solution qui ne soit pas seulement un compromis entre ces deux institutions mais une voie nouvelle qui est à concevoir ?
L'eurocentrisme n'est pas la somme des préjugés occidentaux à l'égard des autres. Cette dimension essentielle de la culture moderne suppose des invariants culturels qui façonneraient des parcours historiques irréductibles. Paradigme anti-universaliste - puisqu'il feint de mépriser les lois générales de l'évolution humaine - il se présente néanmoins comme un universalisme qui propose naïvement l'imitation du modèle occidental comme seule issue aux défis de notre temps. La reconstruction d'une théorie sociale non eurocentrique impose une vision du développement qui rende compte du « miracle européen » - le saut précoce au capitalisme - sans recours aux subterfuges de l'eurocentrisme, comme elle impose le concept de valeur mondialisée, capable de rendre compte du capitalisme comme système mondial réellement existant et d'analyser à partir de là ses contradictions véritables et les formes de son dépassement.
Un réexamen de l'espace analytique à partir des liens entre rêve, transfert et contre-transfert, permet de dégager les concepts de « pensée onirique » et de « rêve en séance » pour rendre compte des processus mis en oeuvre dans le jeu relationnel et de préciser le rôle des médiations au niveau du fonctionnement de l'appareil psychique, dont la visée est d'assurer les équilibres internes. Ces médiations mettent en évidence sur le plan métapsychologie une topique intermédiaire, celle du processus médiateur que l'analyse des mythes et contes révèle de son côté. À la question - médiation par rapport à quoi ? - l'étude psychanalytique des formations fantasmatiques aux plans clinique et mythique laisse entrevoir l'émergence d'un imaginaire violent. D'où la nécessité de réintégrer dans le corpus théorique et en position centrale, les concepts d'« image motrice », de « pulsion d'emprise », de « pulsion de destruction autonome, non érotisée », pour éclairer les deux pôles des mouvements contre-transférentiels/transférentiels, la genèse du conflit psychique et la problématique de la violence élargie du champ clinique au champ anthropologique. Une réinterprétation de la place accordée à l'organisation et, l'instauration de la loi oedipienne en découle. Elle aurait pour fonction d'ordonner et de canaliser un imaginaire archaïque celui d'une « violence originaire », dont l'étayage serait l'autoconservation.
La sociologie du travail voit son importance accentuée par l'accession d'un gouvernement socialiste au pouvoir en France. Les réformes attendues ainsi que les difficultés soulèvent de nouveaux problèmes. Quelles sont les répercussions de la crise sur les structures industrielles ? Quels sont les effets des restructurations sur le travail et les travailleurs ? Où conduisent les transformations des allocations sociales ? Et surtout, quelles formes nouvelles le salariat prend-il ? À ces questions, les syndicats, les entreprises et des enquêtes tentent de répondre. Pierre Naville fait ici un large tableau de ces problèmes et des réponses que l'on peut leur apporter. La maîtrise du salariat fournit un complément aux nombreuses études qu'il a consacrées à l'évolution des formes du travail et de sa contestation, et dont les conclusions se trouvent aujourd'hui confirmées par les événements du monde industriel sollicité par une autogestion généralisée d'un nouveau genre.
Cent ans après la mort de Karl Marx la gauche ne peut plus renvoyer les questions du socialisme à la cuisine de l'avenir ; elle est élue pour l'instaurer, ou au moins pour le préparer hic et nunc. Pourtant il est bien connu, que ce qui distingue le pire des architectes de la meilleure des abeilles est le fait que celui-ci a érigé l'édifice dans sa tête avant de toucher aux matériaux de construction. Comment donc, la gauche pourrait-elle jamais construire le socialisme sans une connaissance préalable ? Si une foi quasi-religieuse, comme le marxisme-léninisme, est inadéquate pour un tel projet, le révisionnisme intuitif professé et pratiqué par la gauche non dogmatique n'est pas meilleur. C'est seulement en reprenant la science délaissée de Marx que la gauche pourra sortir de l'impasse ou elle se débat.
Capitalisation ou répartition, démographie, risques économiques : voici l’analyse théorique et pratique indispensable pour comprendre les enjeux cruciaux des systèmes de retraite.
Le temps des médiateurs, le socioanalyste dans le travail social est un ouvrage qui correspond à une démarche de recherche sur l'implication que l'auteur mène depuis une dizaine d'années. L'auteur avance plusieurs idées au travers d'un itinéraire socioanalytique qui l'a confronté de près aux différentes pratiques du travail social (animation, conseil conjugal, éducation, intervention, analyse, santé, rencontre franco-allemande)... Le socioanalyste n'est-il qu'un travailleur social parmi les autres ? Comme eux, il est placé dans une position de médiation entre la centralité et la périphérie ; comme eux, il porte en lui des éléments de théorisation du social à partir de l'expérience concrète et quotidienne qu'il assume avec un désir de pleine implication. Les différents chapitres de cet ouvrage sont les jalons d'un itinéraire intellectuel. Cet itinéraire fait l'objet d'une longue présentation autobiographique qui retrace ce cheminement depuis les années de formation jusqu'aux travaux les plus récents.
L'étude de Madame Auer-Ramanisa appartient à la sociologie de la littérature... Mais en fait les relations entre une oeuvre narrative et le milieu dans lequel elle voit le jour se situent à tant de niveaux différents qu'il est difficile de parler de « la » sociologie de la littérature : il faut mettre l'expression au pluriel. Parmi les multiples sociologies de la littérature, il en est une qui se propose avant tout de découvrir comment une société se reflète dans un poème ou un roman, indépendamment des intentions de l'écrivain, comment elle informe ce poème ou ce roman en raison de son propre dynamisme, souvent sans que l'auteur s'en rende compte, ou alors qu'il croit en toute bonne foi établir avec l'histoire un autre rapport, un autre type de rapport. C'est à cette tendance, à cette sociologie de la littérature bien précise (et qui se sait une orientation parmi d'autres, ni plus valable ni moins que les autres), que se rattache la présente analyse de la « trilogie bananière » de Miguel Angel Asturias. Bien sû
La vérité objective sur la société n'est pas concevable comme une image de miroir indépendante du sujet connaissant, mais plutôt comme un paysage peint par un artiste. La perspective de cet essai est celle d'une introduction à une sociologie critique de la connaissance à partir d'une discussion des principales tentatives d'élaborer un modèle d'objectivité pour les sciences sociales, de Durkheim à Karl Popper, de Simmel à Mannheim, et de Marx à Adorno.
« Les mystères de Longo maï » n'ont cessé d'obséder les polices et la presse d'Europe qui, au gré des humeurs et des circonstances, y ont vu une communauté d'écolo-marginaux, les pionniers d'une Europe nouvelle émergeant sans bruit dans l'histoire, une organisation fascistoïde, voire carrément néonazie, un nid d'espions au service du KGB, un camp d'entraînement terroriste, une secte soumise au pouvoir despotique d'un gourou mythomane... Qu'en est-il réellement ? 15 ans après les évènements de mai 1968 dont elle est l'un des fruits les plus durables, dix ans après sa création en 1973, la Coopérative européenne Longo maï regroupe une centaine de jeunes de dix nationalités, plus de 30 enfants et 2 000 moutons. Ce mouvement néoruraliste a créé des coopératives de production agricole et artisanale en Autriche, en France, en Suisse et même au Costa Rica. Son ambition première était de sauver tout à la fois des millions d'hectares en friche et de jeunes Européens, eux aussi à l'abandon, en établissant des rapports nouveaux entre l'homme et la nature et, partant, des hommes entre eux. Ce livre retrace l'histoire et la préhistoire mouvementée de Longo maï au rythme de ses troupeaux transhumants et des 1 500 articles de presse qui lui furent consacrés. Il nous entraîne dans la Vienne des années soixante-dix qui hésite entre les « Noir » et les « Rouges » tandis que le mouvement Spartakus défie l'armée, la police et la justice. Il nous mène à Bâle au siège international de la Coopérative européenne où ces marginaux, organisés comme une horloge suisse, ont mis en place un ordinateur qui gère le fichier de dizaines de milliers de fidèles soutiens. Ce faisant le livre nous décrit les cent jours d'une campagne de presse acharnée qui, pourchassent Longo maï jusque dans son intimité la plus secrète, secoua la Suisse tout entière. Enfin l'auteur, séduit par la magie sereine du « pays des quatre reines », s'attarde longuement à Forcalquier, en Haute Provence, là où Longo maï exploite un domaine de plusieurs centaines d'hectares et a installé sa célèbre « Radio Zinzine ». Il conclut que la Coopérative européenne est vraisemblablement la meilleure expression du gauchisme enraciné.
L'histoire de la seconde guerre mondiale en France a fait - comme on pouvait s'y attendre - une large place aux travaux sur la Résistance. De nombreux ouvrages ont été consacrés aux maquis, à la vie des « combattants de l'ombre », aux grands partis politiques et à leur action dans la clandestinité. De même les études sur la collaboration et le régime de Vichy ne manquent pas. En revanche, on ne sait quasiment rien sur ce que sont devenus les militants révolutionnaires et les minorités d'extrême gauche, ce qu'on peut expliquer, en partie seulement, par leur faiblesse numérique. Bien que l'extrême gauche, dans son ensemble, voit dans la guerre une affaire de la bourgeoisie dans laquelle le prolétariat n'a rien à gagner, elle se montre hésitante et partagée sur la position concrète qu'il convient d'adopter dans le conflit : les uns soutiennent le pacifisme intégral et tel Louis Lecoin, sont emprisonnés pendant les deux premières années de la guerre ; les autres soucieux de s'abstenir dans le conflit impérialiste sont cependant convaincus de la nécessité de s'opposer au fascisme : c'est ainsi que d'anciens membres du Parti socialiste ouvrier et paysan (P.S.O.P.) - scission de gauche du parti socialiste - rejoignent les Francs-Tireurs et Partisans (F.T.P.), en compagnie d'autres militants révolutionnaires, et participent dans les rangs de la Résistance au combat contre le nazisme.
Le propos de l'auteur n'est pas de faire évoluer le socialisme actuel pour y apporter quelques aménagements. À ses yeux, les prémisses étant fausses, les conséquences ne pouvaient être que funestes ou illusoires. Elles ont déçu des millions d'hommes et maintiennent les autres dans un espoir stérile. Si l'auteur conserve le terme si discuté de « socialisme », ce n'est pas par référence à certains penseurs du XIXe siècle ni aux expériences douloureuses du XXe siècle, c'est pour tenir compte de l'origine étymologique du mot (socius = compagnon) et manifester ainsi son option pour une société où l'homme serait un compagnon pour l'homme. Mais c'est dans des voies totalement nouvelles que l'auteur convie les hommes de notre temps à orienter leur recherche. Ce livre est une contribution à cette recherche. Adversaire sans concessions des idéologies qui tentent sans succès de nier l'instinct, l'affectivité et la sexualité, ardent partisan d'une vie plus associative et communautaire, François de Sainte Marie plaide pour la réhabilitation de la Fête et de la solidarité. Ce livre est, d'une façon novatrice, une approche psychologique des problèmes de notre société. Il comptera dans la réflexion politique de notre temps.
L'État capitaliste moderne : analyser ses structures, prévoir ses crises, tel est l'objet de ce livre. Et cela nécessite de repenser dans une écriture rigoureuse et claire la révolution philosophique et scientifique qu'introduit le marxisme dans tout le domaine des « sciences humaines ». Le marxisme n'est pas mort : des débats passionnés des années soixante et 70, il ressort un marxisme plus lucide sur lui-même et sur les problèmes politiques d'aujourd'hui.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Sociologie d'aujourd'hui présente deux séries de thèmes consacrés à des problèmes sociaux encore négligés. Dans une première partie il traite d'aspects particuliers de méthodologie concernant l'utilisation des mathématiques et de la logique dans l'étude des conflits sociaux, des comportements individuels et de groupe, des rapports entre structure et histoire, de la statistique des fréquences, et des processus de décision. Un panorama des tendances de l'économie moderne situe ces questions. Dans une seconde partie, Pierre Naville aborde des problèmes comme les conflits entre socialismes d'État, l'opposition Chine-U.R.S.S., les formes de « l'exploitation mutuelle », la conception marxiste des inégalités et de l'exploitation. L'auteur s'est proposé d'ouvrir ainsi des perspectives nouvelles à la sociologie, qu'il estime aujourd'hui largement dépassée dans ses moyens d'analyse traditionnels par les transformations sociales survenues dans le monde depuis 1945. C'est pourquoi il apparaît maintenant urgent de définir des problèmes plutôt que d'apporter des réponses définitives aux questions soulevées.
Pourquoi étudier corrélativement syndicalisme et féminisme ? Dans le dernier quart du XIXe siècle ces deux mouvements prennent une importance grandissante. Mais surtout le problème de l'opportunité du travail salarié féminin, qui amène à définir d'une façon nouvelle la place de la femme dans la société, se pose fortement avec l'évolution économique. L'auteur analyse les réactions identiques ou divergentes des deux mouvements qui, l'un et l'autre, prennent conscience de l'existence de ce personnage qu'ils croient nouveau : la femme salariée. Elle envisage surtout une histoire des mentalités, sans jamais oublier que ces mentalités ne sont qu'un reflet du réel, et n'ont de sens que par rapport à lui.
Cet ouvrage est un essai d'analyse du fonctionnement des sociétés actuelles. Partant du principe marxiste que les types d'organisation politico-sociologiques sont déterminés par les facteurs économiques et techniques qui régissent ces sociétés, l'auteur compare les pays hyperdéveloppés (USA et Europe occidentale) et les pays en voie de développement (particulièrement ceux de l'Amérique latine et de l'Afrique) et arrive à la conclusion qu'à une société évoluée correspond un système parlementaire et qu'à une société insuffisamment évoluée correspond un système autoritaire. En ce qui concerne l'URSS, l'auteur constate l'échec de la Révolution d'Octobre qui n'a abouti qu'au remplacement de l'ancienne aristocratie par une nouvelle caste de politiciens bureaucrates. Évolution prévisible car selon l'auteur, le marxisme n'étant qu'un moment du raisonnement matérialiste formulé par Marx conformément aux faits qu'il pouvait observer à son époque, c'est-à-dire antérieurs à la révolution scientifique et technique du XXe siècle qui a modifié toutes les données en jeu. Une nouvelle analyse fondée sur le matérialisme historique peut aujourd'hui aboutir à certaines conclusions opposées à celles de Marx.
Qu'on soit deux dans un lit, dix autour d'une table, cent dans une réunion ou dix mille sur une place publique, c'est pareil : il y a ce qu'on veut, ce qu'on cherche à avoir. Il y a qui décide qui peut vouloir quoi. Et il y a ce qu'on dit. L'intérêt, le pouvoir, la communication, tels sont les plans où se jouent nos rapports aux autres. Les conflits d'intérêts et les luttes pour le pouvoir traversent ces rapports depuis toujours. La disqualification des mots, des moyens culturels utilisables pour traiter ces conflits et ces luttes, est un phénomène relativement récent. Carence essentielle, l'éclatement de nos représentations des faits, des autres, de nous-mêmes fixe nos différends et les rend irréductibles. Traiter le politique implique donc qu'on traite la communication. Mais la classe politique vit des malentendus qu'elle crée et entretient, et les thérapeutes de la communication rançonnent en silence ceux qui souffrent le plus de leurs effets. Établir la parente sociale de ces effets, montrer l'enracinement de la maladie de l'individu dans le « progrès » de sa société, telle a été la démarche de l'auteur.
Dans ce premier volume de "Marx, Engels et le journalisme révolutionnaire", Trinh Van Thao étudie la fonction du journalisme révolutionnaire dans la formation théorique et politique de K. Marx et F. Engels. Il analyse la conjoncture politique lors de la formation théorique et politique de Marx et d'Engels, puis applique cette analyse de la conjoncture à la formation même du marxisme ; il choisit pour son étude la date de 1848, qui est capitale dans la formation du marxisme.