Elenya éditions
Plongez dans Royaumes Renaissants, une anthologie unique où six joueurs réinventent l’Europe du XVe siècle à travers des récits théâtralisés.
Dans un futur où humains et intelligences artificielles s'affrontent sur des échiquiers virtuels, Zugzwang plonge le lecteur au cœur d'une partie d'échecs où chaque coup pourrait sceller le destin de l'humanité.
Découvrez Ex machina, une anthologie steampunk audacieuse où mythes antiques et machines à vapeur s’entremêlent. Des automates grecs aux dragons mécaniques, chaque nouvelle vous transporte dans un univers où la technologie réinvente le passé.
Table • Pour les autres • Le retour des fétides • Bordures • La maison de poupées • L'écharpe de soie • La porte au bout du jardin • L'arche • Le puits • À l'eau de... • Paysage avec figure • Annexe : circonstances d'écriture
Et si la perfection avait un prix ? Dans Nemesis, une société utopique bascule dans la folie quand ses dirigeants décident de réécrire l’Histoire pour éliminer toute imperfection.
« Je ne sais pas si J.R.R. Tolkien a eu vent de mon histoire. Moi j'ai dévoré toutes les siennes. Ses livres m'ont accompagnée et même guidée parfois, et je l'en remercie. » Ayana. C'est le récit extraordinaire d'Ayana, une mystérieuse enfant abandonnée à la naissance et recueillie par une famille anglaise à l'âge de deux ans. Devenue adolescente, Ayana réussira-t-elle à découvrir les mystères de son passé ? Suivez-la dans sa quête à travers un univers hors du commun, peuplé de créatures féériques et fantastiques. Plonger dans ce livre où se mêlent féérie, frissons et fantasy vous révèlera bien des secrets. Vous n'êtes qu'au commencement d'une grande et belle aventure.
Extrait Novembre 1799 Le vieil homme aux cheveux blancs, longs et sales secoua plusieurs fois la tête, comme pour réfuter son retour à l'état conscient. À Édimbourg, tout le monde le connaissait. Une épave, un débris d'humanité. Un clochard toujours saoul, ou presque. Un marginal à qui le vin faisait raconter d'extravagantes affabulations. Pas dangereux. Juste indésirable. Et, en tant que tel, souvent condamné à dormir derrière les barreaux d'une cellule. Les douleurs de sa vie n'intéressaient personne et seuls deux ou trois magistrats savaient que sa déchéance avait débuté après le décès de sa femme et de ses deux filles, brûlées vives lors d'un incendie. Tout le monde le connaissait, mis à part John Moore, étranger à la capitale écossaise. - Comment s'appelle-t-il ? demanda John, observant le prisonnier qui s'éveillait à sa triste réalité. - Nick, répondit d'un ton rogue l'officier de police. - Nick comment ? - Seulement Nick. - D'accord. Et... Combien de temps comptez-vous le garder ? - Pas une minute de plus, puisqu'il est calmé. Qu'il aille partager ses puces ailleurs ! Avec vous, si cela vous chante ! - Quel délit a-t-il commis ? - Tapage nocturne. Et médisance à l'encontre de Lord Arthus Glasdow. Ce clodo aura de la chance si ses mensonges échappent aux oreilles du lord ! - Oh, releva John en simulant la surprise. Ce lord Glasdow serait-il si puissant ? - Oui. Et riche. Et ses amis aussi. Et, surtout, bien qu'Anglais d'origine, il a largement contribué à l'essor de notre ville. Alors, les gens d'ici n'apprécient pas.... Bah ! Qu'est-ce que je me fatigue là ? Vous êtes journaliste, hein ? Découvrez Édimbourg par vous-même ! Agitant bruyamment son trousseau de clés, l'officier propulsa sa masse de cent vingt kilos vers la grille. Deux minutes plus tard, le vieux Nick quittait sa prison de briques et réintégrait celle de sa lucidité. D'un air hagard, il s'avança au centre du petit bureau, jetant un coup d'oeil indifférent à John. - J'ignore pour quel canard vous bossez, mais évitez d'interroger ce poivrot si vous voulez garder votre place ! rugit le gardien en s'étouffant d'un rire énorme, tandis que John prenait le pauvre hère par un bras. - Je vous promets d'agir avec circonspection, officier Mac Guire ! Puis John retrouva l'air glacial du petit matin, soutenant le vieux du mieux qu'il le pouvait. Ne pas l'interroger ? Recommandation cocasse. Car c'était uniquement cette raison qui avait motivé un lever si matinal.
Extrait Première partie Ce jour-là, Jeanne rentra plus tard que d'habitude, beaucoup plus tard. Elle aurait dû revenir la veille, en fin de journée, après son travail, comme le font toutes les personnes qui ont hâte de retrouver leur conjoint le soir, et qui se racontent leur train-train, leurs petits drames et leurs petites joies, qui partagent un apéritif bien mérité et un bon repas commandé en livraison ou préparé avec amour par l'un pendant que l'autre se détend, ou à deux, car cuisiner fait partie des moments agréables de la vie de couple. Daniel était coutumier des errances de sa compagne et ne lui en tenait pas rigueur. Une fois sur le palier, pourtant, elle s'immobilisa complètement : elle sentait que quelque chose ne tournait pas rond. Elle leva les yeux sur la porte, d'un modèle standard, sans rien de particulier ; de celles que l'on fabrique en grand nombre et que rien ne personnalise, que l'on peut même acheter soi-même dans les grandes surfaces de bricolage. Rien du charme des grandes ouvertures des immeubles anciens, dans un desquels elle aurait aimé vivre pour avoir un intérieur plus typique, plus racé ; mais cette porte, aussi banale était-elle, représentait le seuil de sa nouvelle vie. Cinq ans auparavant, elle avait rencontré Daniel qui incarnait ce dont elle avait toujours rêvé, il était l'homme de sa vie, elle en était sûre, celui qu'elle attendait depuis sa plus tendre enfance. Sa plus tendre enfance ? Non, ses premières années n'avaient pas été tendres du tout. Enfant non désirée, née de parents adolescents qui découvraient les plaisirs de la chair en toute ignorance des conséquences, surtout Lola, sa mère, qui n'avait pas pu avorter et qui avait accouché le 7 juillet 1977. Elle s'était émerveillée quelques minutes de tenir ce petit être qui avait eu la gentillesse de naître rapidement, après avoir eu la délicatesse de se blottir en elle afin de ne pas trop abîmer le corps de la jolie Lola. Fière de fonder une famille, la jeune fille de seize ans se réjouissait d'avance de la tête des copines, quand elle se promènerait avec le landau au bras de son Johnny tant convoité. Mais Johnny n'avait pas reconnu l'enfant, il avait même nié avoir jamais couché avec Lola.