Romans français
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Ceci est le livre d'Élie Rouch qui, s'en revenant de la guerre de Crimée (où il a tué trois ou quatre Russes dans un mouvement de colère bien compréhensible), ne trouve plus son village qu'il a quitté sept ans plus tôt. Un village et ses soixante-treize habitants, fussent-ils Ariégeois et mieux encore du haut Salat, que diable, ça ne disparaît pas sans laisser de traces ! Leurs traces, Élie va les arpenter sur treize mille kilomètres... Car ce livre c'est aussi l'histoire de Joël Rouch, son frère, le séducteur et le donneur de rêves. Joël, qui s'est mis en tête d'emmener le village tout entier jusqu'au fond des Amériques pour y fonder une autre vie. Nous sommes à l'époque où l'Ariège, surpeuplée, se dépeuple volontairement par l'émigration, où la guerre des Demoiselles oppose la Loi aux hommes des montagnes, où les villages et les hameaux se vident l'hiver du flot des colporteurs qui s'en vont sillonner à pied l'Europe, les uns montreurs d'ours, d'autres vendeurs de dentelles, de pierres à faux, ou de peignes en corne. Tous solides et têtus. Quand, remontant la haute vallée, Élie arrive enfin chez lui, toutes les maisons sont vides, hormis la sienne où l'attend Jeanne-Marie, la jolie Bethmalaise, qui lui raconte la vente du village, des maisons, des meubles, du bétail, des bergeries, de la montagne qui était la leur, et le massacre des chiens qu'on ne peut emmener. Alors commence pour lui, la rage au coeur, une frénétique course poursuite, tandis que Joël, sachant son frère à ses trousses, a su, par la ruse, brouiller la piste qui va conduire sa troupe jusqu'au-delà des mers. A-t-il gagné, Joël le joueur, troquant à jamais les hautes forêts que dominent le fier mont Valier, le murmure infini du Salat et les sauvages horizons du cirque d'Aula, pour l'inconnu du grand rêve américain qu'il a fabriqué ?
Fuyant les persécutions et la misère, elles sont deux soeurs venues du fond de la Russie : la cadette, Esther, belle et avide de vivre, et Judith, effacée par ce rayonnement, devenue l'esclave silencieuse des tâches obscures - on l'a surnommée « le Rat ». Après une traversée de l'Europe jalonnée d'amants et de maris de plus en plus riches pour Esther, elles habitent maintenant New York. Elles y vivent des fortunes d'Esther, avec tous les enfants qu'elle a eus. Judith gère pendant que sa soeur règne, comme une reine termite. Mais cette femme, dont la beauté et l'ambition ont triomphé de la vie et des hommes, n'a donné le jour qu'à des ratés, et elle a achevé de les écraser sous son autoritarisme et son mépris. Sauf un, Théo : elle a senti qu'il serait un témoin. Et il l'est en effet, épiant et écoutant derrière les tentures, avec la complicité tacite de sa mère : greffier secret du tribunal qu'elle tient de temps en temps pour « exécuter » l'un ou l'autre ; fidèle chroniqueur des amours, des lâchetés, des trahisons, des haines, des drames (y compris du sien propre). Jusqu'au jour où un papillon aux ailes brûlées lui apportera la vision de la fin.
Une jeune étudiante en droit voit un jour un métier à tisser. Coup de foudre, mariage d'amour. Le monstre envahit tout, la vie, l'espace (plus de place pour le lit !). Mais commence un des romans vrais les plus stupéfiants de notre temps. Car l'étudiante découvre qu'elle a en elle le génie du tissage, et le démon. Des amis s'étonnent des inventions, de la beauté qu'elle tire de matériaux inattendus. L'amour d'une mère fait le reste : « Va montrer cela à Chanel ». Et c'est le miracle. Chanel veut les tissus de Malhia, et les veut tout à elle. Et Malhia sait de son côté que Chanel agira sur elle comme un révélateur. Extraordinaire rencontre, que celle de ces deux femmes - l'une vieille, célèbre, l'autre jeune, neuve - qui vont s'inspirer et « s'aspirer » l'une l'autre, s'adorer et se détester, dans l'atmosphère feutrée des salons où « Mademoiselle » règne en despote, en pharaonne, loin de la lumière du jour, au milieu d'éternels jeux de glaces dont elle semble manipuler cruellement les reflets comme une araignée les fils de sa toile. Lorsque Malhia refuse d'être esclave, Chanel la rejette, la brise, puis la reprend parce qu'elle a tenu bon. Et un jour, la Pharaonne laisse deviner le désert effrayant de sa solitude, montre qu'elle a encore un coeur et des angoisses de petite fille abandonnée. Va-t-elle enfin devenir humaine ? La mort le lui interdira. Et Malhia se retrouve, un matin bouleversant, orpheline de Chanel, mais adulte, libre, maîtresse d'elle-même et à la tête d'un nom - le sien, désormais mondialement célèbre.
Entre le Maroc ensoleillé et une France en pleine mutation, Le Jeu de la main chaude transforme un jeu d’enfant en une quête sensuelle et identitaire. Qui est vraiment Maud, cette héroïne aussi mystérieuse que fascinante ?
Entre la mer déchaînée et la terre corse, deux frères se battent pour leur destin : Dominique, roi du corail et des abysses, et Pier Paul, rêveur de récoltes et d’amour.
Dans la chambre bleue d'un pavillon bleu où il fait toujours beau, même si l'on croit entendre la pluie, une jeune femme essaie de se démêler du hasard de la vie qui l'a menée là. Un soir, dans un bar, elle a rencontré un homme comme tant d'autres, pour qui voitures, vitesse, bouffes, femmes et le reste sont tout un. Par curiosité désoeuvrée, elle l'a suivi. Que s'est-il alors passé exactement ? Aidée par une fille de salle, dotée d'une santé et d'un appétit colossaux, et qui va, vient, poussant une serpillière avec laquelle elle semble éponger la vie jour après jour en la prenant comme elle est, la jeune femme part à la recherche de ses propres traces. Que trouvera-t-elle au bout ? L'éternelle comédie ? Un drame ? Un cadavre peut-être même ? Ce qui est certain, c'est que, après bien des aventures, elle s'apercevra qu'elle a faim, terriblement, comme la fille de salle. Mais faim de quoi ?
La stupeur : quand Dieu eut pour la première fois la curiosité de se regarder dans un miroir, il s'aperçut avec stupeur qu'il ne s'y reflétait aucune image. C'est alors qu'il se posa la question qui troublait tant d'hommes depuis longtemps. Épouvante de la mort, incurable incrédulité, certitude du dérisoire de toute existence... De comptes à régler en contes de cauchemar, l'anti-métaphysique de Sternberg devait fatalement donner cette suite rageuse de divagations centrées sur une même cible : Dieu, sa vie secrète, ses intuitions de génie et ses remords tardifs, sa prédilection pour les pièges mortels, ses sidérantes et sidérales créations, ses mystérieuses ratures. Soit une pièce en un acte (un acte lourd de conséquence !) et quelque 140 contes parfois blasphématoires, souvent simplement absurdes, toujours teintés d'humour noir, où l'irresponsabilité divine se confronte à l'imbécillité humaine, seule notion, au fond, qui puisse donner une idée approximative de l'infini.
Mon amant met des slips à l'ancienne mode, nets et passés, soumis au motif discret et régulier tissé par les machines automatiques des organismes équipés. Sa taille un peu à l'étroit, ainsi que le haut de ses cuisses, ne vont pas jusqu'à rougir de la contention, le tissu de coton souple, tout de même, n'a pas été passé à la liqueur cuproammoniacale comme les voiles des bateaux par exemple. Ce vêtement trop simple de mon amant vire à l'excentrique, je dirais même à l'absurde. Dans cet équipage fabuleux et étriqué, mon amant ressemble à tout ce qui peut être pris en faute : enfant sali, animal, mari adultère. D'ailleurs, il ment dans son slip, il ment quand nous nous sommes couchés pour la première fois, encore un peu habillés, et qu'il ne m'a pas parlé de sa femme. Une femme évoque son amant. Mais peut-être s'agit-il d'un enfant, ou encore d'une sorte de monstre ou de petit animal... Une étrange relation amoureuse se dessine. Terrible et douce, aussi mystérieuse que la bobine Odradek de Kafka.
On a mis un temps fou à aller l'un vers l'autre. Longtemps amis avant de devenir amants. Un an. Tu n'as jamais cessé de partir, pour revenir mieux. Jusqu'à cette longue fuite au Viêt Nam, comme la répétition générale de ton ultime départ. Tu t'en es allé, cette fois, en emportant nos rêves et j'écris toute seule cette histoire qu'on a improvisée ensemble. Je rejoue notre histoire, je recommence tout. J'ai besoin de savoir qu'on ne t'oubliera pas.
"Personne dans la cour, sinon la musique. Qui change subitement, plus limpide et solaire. Les nuages s'écartent, la lune inonde, le château irradie et Augustin ressent cet immense désir... Pénétrer dans l'enceinte." Pour éviter de nouvelles épidémies, l'État organise une scission entre l'humain et la nature. Les villes sont soumises à des protocoles de purification, la viande est interdite, les animaux, bannis. C'est l'univers d'Augustin, jeune homme mélancolique qui, enfant, a connu la forêt et l'amour d'une famille, décimée par une maladie inconnue. Au-delà de ce périmètre sécurisé, la Jungle, où survivent quelques téméraires. Parmi eux, Vadim appelle à rejoindre sa Communauté, ferme clandestine, nichée au coeur de la forêt et dont il sera le Guide. Séduit par cette promesse de liberté, Augustin y découvre une microsociété dédiée aux plaisirs interdits. Et aux appétits démesurés de Vadim... Fable cruelle, sanguinaire et jouissive, Les Carnivores nous plonge dans un univers sulfureux où désir, instinct et appel du sauvage se confondent. « Un roman brutal, organique, parfois saturé, mais traversé d'une vraie puissance de vision. » Actualitté « Mon gros coup de coeur de cette rentrée littéraire. » Librairie Les Mots à la bouche « Une expérience de lecture sensorielle, presque organique. Un roman "coup de poing" qui pousse son lectorat dans ses retranchements moraux. » Librairie Le Quartier Latin « Quelle plume si vivace et animale ! Un roman percutant qu'il vous sera difficile d'oublier ! » Librairie Privat « Une dystopie cruelle qui fonce dans l'outrance et l'outrage sans retenue. » Librairie De fil en page « Un roman dur, éprouvant, dont on ressort rincé. Mais il est bon de se laisser malmener parfois... » Librairie Port-Maria « On se prend à rêver d'un autre rapport au vivant, non possessif, intense et apaisé à la fois. » Librairie La Marge « Fable cruelle, sanguinaire et jouissive, Les Carnivores nous plonge dans un univers sulfureux où désir, instinct et appel du sauvage se confondent. » Librairie des Chartrons « Une écriture intense et charnelle qui dessine une fable dystopique pour le moins dérangeante. Quel roman, j'en suis ébahie ! » @cathfd « Un roman qui se dévore. Le tout nappé d'humour et de tension dramatique. » @les_lectures_de_mariestasse
Dans la fumée de cigarette et les vapeurs d'alcool, ils sillonnent des routes vides, font l'amour dans des parkings abandonnés, hantent des bars miteux, volent à l'étalage. Des déserts du Nevada jusqu'au bayou de la Nouvelle-Orléans en passant par Las Vegas, Chicago et Denver, leur périple prend des allures de fuite. Pendant qu'Adam se débat avec son alcoolisme et sa jalousie maladive, l'héroïne est assaillie par les souvenirs. Une famille catholique stricte, une lignée de femmes où toute velléité de liberté est un prétexte pour un internement psychiatrique, une enfance brisée par le carcan de la tradition qui l'empêchait d'être à la fois féminine et masculine, sage et rebelle, aimante et libre. Et une mort qui a tout fait basculer. L'héroïne cherche sa route. Sa traversée du désert peut conduire à la rédemption - à condition de se regarder en face. À la fois intime et politique, ce road trip féministe nous lance sur les traces d'une héroïne qui entend faire plier le monde à sa volonté. « Un premier roman incandescent d'une rare maîtrise formelle. Une révélation. » Librairie Le Monte-en-l'air « Un road-movie à la Wim Wenders filmé par Ken Loach. Un texte furieux, une plume unique, singulière, vibrante. » Librairie Le Failler « Eva Bottega installe son univers : celui de la chaleur, du feu, des cendres et du voyage. Un texte qui bouscule et ne peut laisser indifférent. » Librairie Les Feuilles volantes « Ce premier roman est une bombe pleine de grâce. » Librairie La Petite Ourcq « Une entrée fracassante en littérature. » Librairie Protéiforme « Je pense que je tiens mon roman de la rentrée littéraire. Quelle claque ! » Librairie à soi.e « Un road-trip bouleversant, porté par une écriture puissante. » librairie Tome 7 « Road-trip féministe incandescent sur les routes américaines. » Les audacieuses « Eva Bottega signe ici un premier opus remarquable. » Livres Hebdo « Sa plume oscille entre poésie, reage et délicatesse, entre passages incisifs et moments d'une grande musicalité. » @macha_purple « Il y a du Nelly Arcan dans ce roman d'Eva Bottega. Incandescent. » @soeurcierelitteraire « Violent, cru, dérangeant. On rentre dans la tête de cette narratrice complètement cabossée. Un road trip, donc, mais surtout un voyage intérieur. » @clementine_litt_feministe « Une course-poursuite stupéfiante de la narratrice avec elle-même et le réel autour d'elle. » Jean-Noël Orengo « Un premier roman à l'écriture nerveuse et rythmée. » Diacritik « Un dépoussiérage en règle du road-trip. Un style plein de souffle, une écriture lumineuse et colorée. » Le Parisien Week-End
' Bientôt toute cette énergie et cette violence, toute sa démesure et son obsession se focalisent sur une seule personne, un adversaire à sa taille, aussi acharné qu'il est vindicatif, aussi orgueilleux qu'il est mégalomane, un rival qu'il va d'autant plus haïr qu'il a commencé par l'aimer. ' À la fin du XIXe siècle, deux scientifiques américains, Charles Marsh et Edward Cope, se livrent une compétition sans merci pour exhumer des squelettes de dinosaures et régner sur la paléontologie naissante. Afin de gagner cette guerre des os, Marsh, Cope et leurs mercenaires emploieront tous les moyens : le vol, la corruption, l'espionnage et la violence. Dans leur quête de fossiles géants, ils rencontrent Buffalo Bill et le chef sioux Red Cloud, le général Custer et le président Ulysses S. Grant, au temps où les États-Unis sont transformés par la conquête de l'Ouest et la guerre de Sécession, la Ruée vers l'or et la première voie ferrée transcontinentale. Illustré de documents d'époque, ce récit haletant retrace la naissance de la science et de l'Amérique moderne et devient parabole de la soif de connaissances et de reconnaissance des humains.
' Bientôt toute cette énergie et cette violence, toute sa démesure et son obsession se focalisent sur une seule personne, un adversaire à sa taille, aussi acharné qu'il est vindicatif, aussi orgueilleux qu'il est mégalomane, un rival qu'il va d'autant plus haïr qu'il a commencé par l'aimer. ' À la fin du XIXe siècle, deux scientifiques américains, Charles Marsh et Edward Cope, se livrent une compétition sans merci pour exhumer des squelettes de dinosaures et régner sur la paléontologie naissante. Afin de gagner cette guerre des os, Marsh, Cope et leurs mercenaires emploieront tous les moyens : le vol, la corruption, l'espionnage et la violence. Dans leur quête de fossiles géants, ils rencontrent Buffalo Bill et le chef sioux Red Cloud, le général Custer et le président Ulysses S. Grant, au temps où les États-Unis sont transformés par la conquête de l'Ouest et la guerre de Sécession, la Ruée vers l'or et la première voie ferrée transcontinentale. Illustré de documents d'époque, ce récit haletant retrace la naissance de la science et de l'Amérique moderne et devient parabole de la soif de connaissances et de reconnaissance des humains.
"J'allais tomber moi aussi, et il était hors de question de me faire avaler par une autre détresse que la mienne. Il m'a été facile de tourner le dos aux cris qui m'ébranlaient puisque, c'est une règle à redire, ce n'est pas parce qu'on entend les morts qu'il faut les écouter." Un homme erre dans Toulon. Pour fuir les voix des morts qui l'assaillent, il se réfugie sur une île. L'y attend la plainte la plus déchirante de toutes, une âme troublée qui, avant de s'évanouir, lui raconte sa vie : celle d'un enfant mort au bagne de l'île du Levant, dont ne subsistent que des ruines. Simon Johannin tisse le portrait d'une poignée de garçons broyés par le système pénitentiaire, un cri du coeur contre la violence du monde.
"J'allais tomber moi aussi, et il était hors de question de me faire avaler par une autre détresse que la mienne. Il m'a été facile de tourner le dos aux cris qui m'ébranlaient puisque, c'est une règle à redire, ce n'est pas parce qu'on entend les morts qu'il faut les écouter." Un homme erre dans Toulon. Pour fuir les voix des morts qui l'assaillent, il se réfugie sur une île. L'y attend la plainte la plus déchirante de toutes, une âme troublée qui, avant de s'évanouir, lui raconte sa vie : celle d'un enfant mort au bagne de l'île du Levant, dont ne subsistent que des ruines. Simon Johannin tisse le portrait d'une poignée de garçons broyés par le système pénitentiaire, un cri du coeur contre la violence du monde.
' Très différentes par le talent et le caractère, les femmes de lettres ont toutes cette marque commune : d'elles-mêmes, de leur propre coeur, de leurs joies et de leurs souffrances, elles extraient leurs romans ou leurs poèmes. Les hommes aussi d'ailleurs, je crois. Mais ils s'en défendent et nous nous en vantons. Voilà la différence. ' I.N. Femmes de Paris, femmes de lettres est un texte unique dans l'oeuvre d'Irène Némirovsky. Conçu comme une balade à travers les époques sur les traces d'écrivaines célèbres, il fait revivre Christine de Pisan, Madame de Sévigné, George Sand ou Anna de Noailles, en une suite de saynètes pleines d'esprit et de cette ironie mordante dont elle a le secret. Ce recueil de textes inédits compte aussi la Vie de l'impératrice Joséphine et Émilie Plater - récit d'une jeune héroïne lituanienne qui a participé à l'insurrection polonaise de 1831 contre l'envahisseur russe - ainsi qu'un autoportrait et plusieurs critiques littéraires.
' Très différentes par le talent et le caractère, les femmes de lettres ont toutes cette marque commune : d'elles-mêmes, de leur propre coeur, de leurs joies et de leurs souffrances, elles extraient leurs romans ou leurs poèmes. Les hommes aussi d'ailleurs, je crois. Mais ils s'en défendent et nous nous en vantons. Voilà la différence. ' I.N. Femmes de Paris, femmes de lettres est un texte unique dans l'oeuvre d'Irène Némirovsky. Conçu comme une balade à travers les époques sur les traces d'écrivaines célèbres, il fait revivre Christine de Pisan, Madame de Sévigné, George Sand ou Anna de Noailles, en une suite de saynètes pleines d'esprit et de cette ironie mordante dont elle a le secret. Ce recueil de textes inédits compte aussi la Vie de l'impératrice Joséphine et Émilie Plater - récit d'une jeune héroïne lituanienne qui a participé à l'insurrection polonaise de 1831 contre l'envahisseur russe - ainsi qu'un autoportrait et plusieurs critiques littéraires.
"L'idée que tout dans sa vie pouvait devenir matière à sketch ou à spectacle l'apaisait autant qu'elle l'exaspérait. Elle ne savait jamais vraiment si elle vivait quelque chose ou si elle était déjà en train de l'écrire." Le premier semestre du master de stand-up de Chicago s'achève. Depuis quelques mois, Artie, trop beau pour être comique, Olivia, qui n'aime personne, Phil, le woke qui ne peut plus rire de tout, Jo, à la repartie aussi vache que drôle, suivent les cours de professionnels qui savent que toute anecdote du quotidien, tout drame familial, toute névrose peut finir sur scène. Or voilà que s'annonce un nouveau professeur pour le second semestre : Manny Reinhardt, star du stand-up controversée, qui vient agiter leur microcosme. Au fil d'une journée mouvementée, qui confrontera chacun à ses ambitions et à ses démons, se déploie un brillant roman choral, remarquable d'intelligence et d'humour, illustrant une double réflexion sur l'art qui se nourrit de la vie et sur la difficulté d'être soi et d'en faire quelque chose.
"L'idée que tout dans sa vie pouvait devenir matière à sketch ou à spectacle l'apaisait autant qu'elle l'exaspérait. Elle ne savait jamais vraiment si elle vivait quelque chose ou si elle était déjà en train de l'écrire." Le premier semestre du master de stand-up de Chicago s'achève. Depuis quelques mois, Artie, trop beau pour être comique, Olivia, qui n'aime personne, Phil, le woke qui ne peut plus rire de tout, Jo, à la repartie aussi vache que drôle, suivent les cours de professionnels qui savent que toute anecdote du quotidien, tout drame familial, toute névrose peut finir sur scène. Or voilà que s'annonce un nouveau professeur pour le second semestre : Manny Reinhardt, star du stand-up controversée, qui vient agiter leur microcosme. Au fil d'une journée mouvementée, qui confrontera chacun à ses ambitions et à ses démons, se déploie un brillant roman choral, remarquable d'intelligence et d'humour, illustrant une double réflexion sur l'art qui se nourrit de la vie et sur la difficulté d'être soi et d'en faire quelque chose.
' Il y a dans ce livre deux textes simplement alternés ; il pourrait presque sembler qu'ils n'ont rien en commun, mais ils sont pourtant inextricablement enchevêtrés, comme si aucun des deux ne pouvait exister seul, comme si de leur rencontre seule, de cette lumière lointaine qu'ils jettent l'un sur l'autre, pouvait se révéler ce qui n'est jamais tout à fait dit dans l'un, jamais tout à fait dit dans l'autre, mais seulement dans leur fragile intersection. L'un de ces textes appartient tout entier à l'imaginaire : c'est un roman d'aventures, la reconstitution, arbitraire mais minutieuse, d'un fantasme enfantin évoquant une cité régie par l'idéal olympique. L'autre texte est une autobiographie : le récit fragmentaire d'une vie d'enfant pendant la guerre, un récit pauvre d'exploits et de souvenirs, fait de bribes éparses, d'absences, d'oublis, de doutes, d'hypothèses, d'anecdotes maigres. Le récit d'aventures, à côté, a quelque chose de grandiose, ou peut-être de suspect. Car il commence par raconter une histoire et, d'un seul coup, se lance dans une autre : dans cette rupture, cette cassure qui suspend le récit autour d'on ne sait quelle attente, se trouve le lieu initial d'où est sorti ce livre, ces points de suspension auxquels se sont accrochés les fils rompus de l'enfance et la trame de l'écriture. ' G.P.
' Il y a dans ce livre deux textes simplement alternés ; il pourrait presque sembler qu'ils n'ont rien en commun, mais ils sont pourtant inextricablement enchevêtrés, comme si aucun des deux ne pouvait exister seul, comme si de leur rencontre seule, de cette lumière lointaine qu'ils jettent l'un sur l'autre, pouvait se révéler ce qui n'est jamais tout à fait dit dans l'un, jamais tout à fait dit dans l'autre, mais seulement dans leur fragile intersection. L'un de ces textes appartient tout entier à l'imaginaire : c'est un roman d'aventures, la reconstitution, arbitraire mais minutieuse, d'un fantasme enfantin évoquant une cité régie par l'idéal olympique. L'autre texte est une autobiographie : le récit fragmentaire d'une vie d'enfant pendant la guerre, un récit pauvre d'exploits et de souvenirs, fait de bribes éparses, d'absences, d'oublis, de doutes, d'hypothèses, d'anecdotes maigres. Le récit d'aventures, à côté, a quelque chose de grandiose, ou peut-être de suspect. Car il commence par raconter une histoire et, d'un seul coup, se lance dans une autre : dans cette rupture, cette cassure qui suspend le récit autour d'on ne sait quelle attente, se trouve le lieu initial d'où est sorti ce livre, ces points de suspension auxquels se sont accrochés les fils rompus de l'enfance et la trame de l'écriture. ' G.P.
Albert Mercier, fils unique, perd sa mère à l'âge de dix ans. Son père, pour le préserver, lui cache cette mort, et Albert s'enferme dans la douleur, seul. Ce livre raconte son adolescence solitaire, nourrie de romans et de films, ses années de lycée, où il trouve ses premiers amis. La politique fait irruption en 1934 dans sa classe, où les esprits se divisent et s'opposent. Viennent les années de Front populaire, Munich, puis la "drôle de guerre". Une fois la France occupée, Albert Mercier, réfugié à Toulouse, s'engage dans la Résistance. Il a vingt ans. Ce roman autobiographique inédit, écrit en 1946, éclaire la construction psychique, intellectuelle et politique de l'un des plus grands penseurs de notre temps.
"Tu vois, Albert et moi, on ne s'est pas connus, on s'est reconnus. Il m'a sauvé... car il est arrivé dans ma vie à un moment où je croyais le bonheur impossible." En 1976, Élisabeth Daguin est engagée par Bernard Pivot pour préparer une émission d'Apostrophes sur Albert Camus. Ses recherches la mènent au grand ami du Nobel de littérature : Louis Guilloux, le fameux auteur du Sang noir, esprit libre, compagnon d'une génération d'écrivains, prix Renaudot 1949 et qui vit désormais à Saint-Brieuc, oublié de tous. Arrivée en Bretagne, Élisabeth rencontre un homme réservé qui se méfie des journalistes. Au fil de leurs échanges, elle découvre le don de "l'ami Louis" pour l'empathie et la fraternité. Sa sagesse offrira à Élisabeth la clé pour se réconcilier avec son passé. À son tour, elle l'aidera à retrouver un amour perdu. Magnifique histoire d'amitié, ce roman est aussi une traversée du XXe siècle littéraire, de Paris à Saint-Brieuc, Londres et Venises, et un hommage vibrant aux "petites gens", à la classe populaire dont Camus et Guilloux étaient les fidèles enfants.
"Tu vois, Albert et moi, on ne s'est pas connus, on s'est reconnus. Il m'a sauvé... car il est arrivé dans ma vie à un moment où je croyais le bonheur impossible." En 1976, Élisabeth Daguin est engagée par Bernard Pivot pour préparer une émission d'Apostrophes sur Albert Camus. Ses recherches la mènent au grand ami du Nobel de littérature : Louis Guilloux, le fameux auteur du Sang noir, esprit libre, compagnon d'une génération d'écrivains, prix Renaudot 1949 et qui vit désormais à Saint-Brieuc, oublié de tous. Arrivée en Bretagne, Élisabeth rencontre un homme réservé qui se méfie des journalistes. Au fil de leurs échanges, elle découvre le don de "l'ami Louis" pour l'empathie et la fraternité. Sa sagesse offrira à Élisabeth la clé pour se réconcilier avec son passé. À son tour, elle l'aidera à retrouver un amour perdu. Magnifique histoire d'amitié, ce roman est aussi une traversée du XXe siècle littéraire, de Paris à Saint-Brieuc, Londres et Venises, et un hommage vibrant aux "petites gens", à la classe populaire dont Camus et Guilloux étaient les fidèles enfants.
Albert Mercier, fils unique, perd sa mère à l'âge de dix ans. Son père, pour le préserver, lui cache cette mort, et Albert s'enferme dans la douleur, seul. Ce livre raconte son adolescence solitaire, nourrie de romans et de films, ses années de lycée, où il trouve ses premiers amis. La politique fait irruption en 1934 dans sa classe, où les esprits se divisent et s'opposent. Viennent les années de Front populaire, Munich, puis la "drôle de guerre". Une fois la France occupée, Albert Mercier, réfugié à Toulouse, s'engage dans la Résistance. Il a vingt ans. Ce roman autobiographique inédit, écrit en 1946, éclaire la construction psychique, intellectuelle et politique de l'un des plus grands penseurs de notre temps.
"La nuit, dans mon lit, je comptais les palpitations de mon propre coeur, aux aguets de la moindre extrasystole. Puis du coeur, je passais aux autres organes, l'estomac, les intestins qui ne cessaient de faire des borborygmes, criant famine, les pauvres, sans réussir à se faire entendre de mon cerveau détraqué, lequel continuait à me transmettre le même message délirant qui aurait pu s'énoncer en ces termes : 'Plutôt mourir que se nourrir.'" Victime d'un mal étrange, la dépnophobie, Alio est incapable de manger devant autrui. Il est si frêle qu'il ne peut tenir sa tête droite. Cible de quolibets à l'école, fardeau pour ses parents, le héros dépérit à Cherbourg. Pour le sauver, et puisqu'elle ne peut nourrir son corps, sa mère le gave de lecture. Il a pour seuls amis des êtres de papier. Condamné à vivre en marge du monde, il devient écrivain. Sa rencontre avec une jeune femme, professeure de réalité, va l'aider à remonter aux racines de son mal. Mais si sa guérison mettait en péril le monde imaginaire qu'il a construit ? L'enfant à la tête baissée, formidable hybride de Romain Gary et de Tim Burton, se promène entre vie réelle et vie rêvée, conte cruel et féerie gothique.
"La nuit, dans mon lit, je comptais les palpitations de mon propre coeur, aux aguets de la moindre extrasystole. Puis du coeur, je passais aux autres organes, l'estomac, les intestins qui ne cessaient de faire des borborygmes, criant famine, les pauvres, sans réussir à se faire entendre de mon cerveau détraqué, lequel continuait à me transmettre le même message délirant qui aurait pu s'énoncer en ces termes : 'Plutôt mourir que se nourrir.'" Victime d'un mal étrange, la dépnophobie, Alio est incapable de manger devant autrui. Il est si frêle qu'il ne peut tenir sa tête droite. Cible de quolibets à l'école, fardeau pour ses parents, le héros dépérit à Cherbourg. Pour le sauver, et puisqu'elle ne peut nourrir son corps, sa mère le gave de lecture. Il a pour seuls amis des êtres de papier. Condamné à vivre en marge du monde, il devient écrivain. Sa rencontre avec une jeune femme, professeure de réalité, va l'aider à remonter aux racines de son mal. Mais si sa guérison mettait en péril le monde imaginaire qu'il a construit ? L'enfant à la tête baissée, formidable hybride de Romain Gary et de Tim Burton, se promène entre vie réelle et vie rêvée, conte cruel et féerie gothique.
' J'ai peint tête en l'air, le regard fixé sur ces déploiements, et vécu une apothéose quand les roses et les mauves ont fait leur entrée en scène. Mes gestes à l'unisson de ce déluge chromatique. Zébras, taches, morsures, les couleurs pures et la lumière en lutte. ' Comme tous les hivers depuis trente ans, Anna part seule plusieurs semaines peindre les paysages des îles Lofoten, capter leurs subtiles variations de lumières. Cette épouse d'un célèbre architecte se soustrait chaque année à la bonne société suédoise pour répondre à l'impérieux appel de ces terres arctiques. L'âge venant, elle espère réaliser le tableau exceptionnel qui lui vaudra enfin la reconnaissance de ses pairs. Inspirée par l'oeuvre d'Anna Boberg (1864-1935), Sophie Van der Linden se glisse dans son intériorité, sonde ses attentes et ses ambitions, ravive ses souvenirs. D'une plume impressionniste, elle évoque le geste créatif et la quête artistique d'une femme d'exception.
' J'ai peint tête en l'air, le regard fixé sur ces déploiements, et vécu une apothéose quand les roses et les mauves ont fait leur entrée en scène. Mes gestes à l'unisson de ce déluge chromatique. Zébras, taches, morsures, les couleurs pures et la lumière en lutte. ' Comme tous les hivers depuis trente ans, Anna part seule plusieurs semaines peindre les paysages des îles Lofoten, capter leurs subtiles variations de lumières. Cette épouse d'un célèbre architecte se soustrait chaque année à la bonne société suédoise pour répondre à l'impérieux appel de ces terres arctiques. L'âge venant, elle espère réaliser le tableau exceptionnel qui lui vaudra enfin la reconnaissance de ses pairs. Inspirée par l'oeuvre d'Anna Boberg (1864-1935), Sophie Van der Linden se glisse dans son intériorité, sonde ses attentes et ses ambitions, ravive ses souvenirs. D'une plume impressionniste, elle évoque le geste créatif et la quête artistique d'une femme d'exception.
PRIX DES CINQ CONTINENTS DE LA FRANCOPHONIE "Sur cette route, je reviens vers toi, mon Père, toi qui es l'autre nom de ma colère, parce que là-bas, au creux de la forêt, dans ta large Demeure, à l'annonce du non-lieu, dit-on, tu es tombé, et il n'y a plus que moi sur cette terre pour t'aider à te relever." Les jumeaux Jérémie et Noé ont grandi sans mère dans une maison isolée. La forêt était leur royaume, la rivière leur amie, les arbres leur refuge. Jusqu'à ce qu'on leur impose une vie scolaire et sociale à laquelle ils ne se sont jamais habitués. Maintenant que son frère est mort en défendant ce territoire, Noé va retrouver un père courbé sous l'amertume et la solitude. Tandis qu'il marche vers les lieux du passé, il ravive les souvenirs, laisse parler son chagrin et surtout sa colère. Sur les liens du sang et l'arrachement au vert purgatoire de l'enfance, ce somptueux roman d'apprentissage et d'émancipation rappelle qu'on se construit aussi sur des manques.
Fuyant la France et un scandale, l'écrivain congolais Faust Losikiya arrive en Haïti. Au delà de son projet de roman sur la guerre de libération de l'île, qui nécessite une documentation, il espère trouver chez cette nation-soeur (l'île étant notamment peuplée de descendants d'esclaves enlevés jadis au royaume Kongo) des explications et solutions à la gabegie politique de son propre pays. Il est accueilli par un ami journaliste, qui enquête sur le trafic d'eau potable et les kidnappings, et rencontre une climatologue s'inquiétant des pluies diluviennes accablant l'île en pleine saison sèche. À Port-au-Prince, où se tient une biennale d'art et de littérature, Faust retrouve de vieilles connaissances, parmi lesquelles le sculpteur Freddy Tsimba, célèbre pour ses oeuvres en métal collecté sur les champs de bataille du Congo. Pendant ce temps, à Kinshasa, le président de la République sollicite l'aide d'un fidèle serviteur du pouvoir : Molili, le grand-oncle de Freddy, bizarrement oublié par la Mort, qui traîne ses 140 ans et ses souvenirs de trop nombreuses guerres à l'extérieur du pays, de trop massacres parmi les siens. Non content d'orchestrer, avec le talent et l'humour qu'on lui connaît, la polyphonie de personnages à fort tempérament dont les destins se rencontrent ou se confrontent - une jeune météorologue inquiète, un journaliste idéaliste, un expatrié américain sans vergogne, deux gamines futées, une mère haïtienne vengeresse, un prêtre vaudou, une flopée d'écrivains dont les noms nous rappelleront quelque chose... Jean Bofane se paie le luxe et nous offre le plaisir d'inviter dans son savoureux roman quelques divinités plus ou moins bien intentionnées, jusqu'à la Mort en personne, telle qu'on ne l'avait jamais imaginée. Faire appel aux forces occultes, c'est le minimum nécessaire pour aider tous les Petit Poucet du monde à se rebiffer contre les ogres de l'univers. Car il n'y a pas de justice, chez Bofane, il n'y a que des dieux et des hommes ; il n'y a pas de morale, il n'y a que des points de vue. C'est pourquoi, entre la nation et le peuple, l'auteur et ses livres se tiennent toujours du côté du peuple et brocardent les nations.