Romans et récits
Au cœur de la nature québécoise, Champagne de Monique Proulx célèbre la beauté sauvage et les liens troubles que nous entretenons avec elle.
Montréal, 2015. Laurel, jeune chercheur de vérité, et une galerie de personnages aussi divers qu’attachants — un prêtre exorciste, une musulmane rebelle, un juif en quête d’émancipation, une enseignante en deuil.
Octobre 1970, Québec. La constellation du lynx plonge au cœur de la crise d’Octobre, mêlant enquête historique et thriller politique. Louis Hamelin y dépeint une société en pleine mutation, entre terrorisme, complots et espoirs déçus.
En même temps que sort en salle, le 14 février, le film Borderline, de Lyne Charlebois, basé sur les deux premiers romans de Marie-Sissi Labrèche, nous faisons paraître une édition compact de La Brèche.
Millie voulait qu'on la voie. Elle voulait être le soleil qui brûle la rétine. Personne ne pouvait la regarder en face. Elle n'était qu'un bébé quand Pa l'a trouvée dans la forêt au creux d'un orme et l'a emmenée dans sa maison au village des Saints-Damnés. Tout de suite, il en est devenu fou amoureux tandis que Ma, sa jeune femme, l'a prise en aversion. Millie a néanmoins grandi pour devenir une adolescente d'une envoûtante beauté. Ce qui n'est pas sans troubler Pa. Est-ce pour cela qu'un jour Millie décide de disparaître ? Dans ce premier roman aux allures de conte, Marie-Laurence Trépanier fait battre un mystérieux sabbat au milieu d'une forêt qui n'existe peut-être pas, évoque deux jumeaux maléfiques comme deux astres qui se tournent autour avant de s'abîmer l'un dans l'autre. Elle nous parle du regard que les hommes portent sur les femmes, de celui que les femmes portent les unes sur les autres, elle nous parle de violence, de mort et de rédemption.
Après avoir vécu dix ans à Montréal, Éva revient s'installer dans sa ville natale, à Maldoror, en Abitibi, plus précisément dans le chalet de son père, au bord du lac Kaganoma. Ce qu'elle vient y chercher? Le silence, la paix. Mais il s'avère que ce silence, cette paix, sont des denrées rares et que, comme toujours quand il y a des denrées rares, il se trouve un petit malin pour se les approprier et les revendre, avec profit, aux Américains. Mais qui dit commerce dit développement, et qui dit développement dit arbres qu'on coupe et chemins qu'on ouvre à coups de bulldozer dans la forêt. Que reste-t-il de la paix, alors? C'est ainsi qu'Éva s'engage dans un mouvement de protestation lancé par des riverains du Kaganoma, qui se mobilisent pour protéger leur trésor. Cette folle aventure l'amènera à former un improbable quatuor avec trois hommes : Dan Dubois, acteur célèbre devenu réalisateur de documentaires dénonçant l'exploitation de la forêt boréale, Lionel Viger, «le Lion de l'Abitibi», flamboyant promoteur et roi nègre local, et son propre père, Stan Sauvé, polygraphe et éditeur en chef du Colon, l'hebdo de Maldoror.
« Je suis un immigrant, c'est vrai, le terme ne me dérange pas, le mot décrit bien une réalité qui est la mienne. Retenez seulement qu'être un immigrant ne m'a pas occupé à temps plein pendant toutes ces années. Et que venir d'ailleurs comme être d'ici n'est pas une vertu, ni un défaut, ni un fait intéressant ou futile en soi. L'immigrant n'est - par essence - ni une victime à prendre en pitié, ni un héros à célébrer, ni un profiteur à dénoncer. Mais il n'est pas non plus comme tout le monde, ni comme vous pis moi. Comme vous, je veux dire. » Né en Hongrie, Akos Verboczy est arrivé au Québec à l'âge de onze ans. Il raconte ici comment il en est venu, peu à peu, (presque) sans douleur, à embrasser la culture québécoise et à partager ses idéaux. Maniant le français québécois avec une grâce que lui envieront de nombreux « de souche », il livre un récit désopilant où l'humour vient souligner l'intelligence du propos et la finesse des observations. Voici un livre salutaire à un moment de notre histoire où se pose de façon plus aiguë que jamais peut-être la question de notre identité et de nos rapports avec tous les « autres » qui partagent notre coin du monde.
Laure et Thomas se sont retrouvés, reconnus. Après les embrasements et les désillusions de la vingtaine, ils décident de quitter la ville et achètent une maison dans le village qui les a vus grandir. Ce retour aux sources marque le début d'une vie nouvelle, faite de promesses. Le temps n'est-il pas venu de songer à mettre un enfant au monde, qu'ils sauront protéger du mal, de toutes ces forces qui nous guettent au-delà de la mort ? Mais les morts, les disparus, ne les oublions-nous pas trop vite ? N'oublions-nous pas qu'un gouffre peut s'ouvrir au détour du sentier le plus familier ?
Depuis toujours retrace le parcours d’une femme libre, entre l’enfance dans le Québec rural des années 1940 et l’engagement féministe des années 1970.
Barcelona, 2012. Gabriella, cantatrice au cœur greffé, affronte le mystère du suicide de son père devant la cage des vautours du zoo. Entre art, deuil et renaissance, ce roman poignant explore la création et la résilience.
À cinquante-quatre ans, Mathieu Robin, romancier respecté, entreprend un bilan sans concession de sa vie, de son écriture et de ses amours.
Iotékha', c'est-à-dire « il brûle », en langue mohawk, à l'image de l'auteur qui voit sa vie devenir fumée et qui essaie d'en lire le sens à travers ses volutes fantasques. Qu'est-ce qui fait qu'on ne peut cesser de fumer ? Qu'est-ce qui fait qu'on ne peut cesser de regarder autour de soi, de percevoir des correspondances, des harmoniques, entre les différentes formes d'art, entre le ciel étoilé et ce qui se passe en nous ? Dans ces carnets, Robert Lalonde s'appuie sur un souvenir d'enfance, sur un moment de son travail d'acteur ou d'écrivain, sur une phrase lue, sur une image, pour effectuer une plongée vertigineuse dans le temps qui passe et qui transforme tout. Il donne ici une méditation intimiste, à la fois grave et lumineuse, où il conjugue tout ce à quoi il est passionnément attaché : les livres, le théâtre, la vie sauvage, le geste d'allumer une cigarette.
Un journal intime bouleversant où Gilles Archambault raconte, avec une pudeur rare, les derniers mois de sa compagne disparue. Ce récit poignant sur le deuil, l'amour et la solitude nous rappelle l'essence même de la vie.
Montréal, la nuit : Dorianne, énigmatique et destructrice, entraîne Pierre et Vincent dans une course effrénée où le vin, le désir et la folie se mêlent.
Quand Gilles a quitté Montréal pour les régions nordiques du Québec, c'était la tête pleine de clichés et de paysages baignant dans l'innocence originelle. Mais Grande-Ourse, ce village au bout de la voie ferrée où il échoue, pue la bière, la crasse et la haine. C'est Cowboy, un Amérindien, qui va initier Gilles aux patientes rancoeurs entre races, aux violences taciturnes. Jusqu'à l'entraîner dans la tourmente. « Avec cet authentique roman d'action, ce trépidant western made in Québec, on ne peut plus en douter : la carrière de Louis Hamelin est partie au galop. Et bien malin qui saura l'arrêter. » Marie Claude Fortin, Clin d'oeil « Cowboy est une oeuvre puissante, comme il en paraît peu. M. Hamelin [...] s'affirme encore une fois comme romancier de premier plan, capable de soutenir un rythme et un style percutants, capable aussi d'absorber des réalités ethnographiques complexes et de leur donner un sens.» Réginald Martel, La Presse
Chacun de ces brefs road novels raconte une errance, une quête, un chemin que parcourent les personnages à la recherche d'un fantôme, d'un être désiré, perdu.
Ti-Luc Blouin débarque sur une île de la côte ouest canadienne à la recherche de son père, écrivain mythique et reclus.
Septembre 1969, Léon Doré entre en cinquième année à l'école Saint-Matthieu. Or l'école, ce n'est vraiment pas fait pour lui. Et, en plus, il y a Thibault, Lefebvre et Raton, le trio infernal qui s'est juré de lui casser la gueule.
Un trou dans le cœur, une vie de rêves brisés : Vautour raconte l’histoire poignante d’un jeune homme condamné par sa propre fragilité. Christian Mistral y mêle autobiographie et fiction pour un hommage vibrant à l’amitié et à la jeunesse perdue.
Découvrez le monde bouleversant de Léon, un enfant tiraillé entre la réalité et l’imaginaire, où mensonges et vérités s’entremêlent. *C’est pas moi, je le jure!
À travers les silences de sa grand-mère arménienne, Léa découvre l’histoire tragique de Manam et le poids d’un héritage familial marqué par le génocide de 1915.
Un enfant découvre, fasciné, son père peintre transformer une toile en un hêtre flamboyant, plus vrai que nature. Fais ta guerre, fais ta joie est un hommage vibrant à la création, où Robert Lalonde mêle souvenirs d’enfance et méditation sur l’art.
Quatre femmes, quatre époques, quatre destins tragiques. Katia Gagnon nous surprend avec un roman sombre, aux tonalités fantastiques et au suspense haletant.Il y a d'abord Thérèse, dans les années 1990, qui soudain voit surgir de son passé un être qui viendra l'aider à se libérer enfin d'un fardeau qu'elle porte depuis des années. Il y a Michèle qui, à la faveur de la révolution sexuelle des années 1970, veut réinventer la vie, le couple, et oublier la mort que quelqu'un a déposée au plus profond de son être quand elle était toute petite. Il y a Marjolaine qui, dans les années 1960, quitte la vie religieuse qu'on lui a imposée avant de se rendre compte qu'il est trop tard pour rattraper les années perdues. Avant elles, au début du siècle, il y a eu Élizabeth, de la race des bâtisseuses, qui a trimé dur toute sa vie sur une terre ingrate et qui a élevé une grande famille, selon les diktats du temps, mais qui n'est jamais arrivée à échapper à ses démons. Ce qui relie ces quatre femmes, c'est la maison, la première du rang de la Croix, qu'elles ont toutes habitée à un moment ou à un autre de leur vie et où leur destin s'est joué. Qu'y a-t-il donc dans ces vieilles pierres, dans ces poutres si douces au toucher, dans la table de bois polie portant les marques laissées par tant de mains, pour qu'elles répercutent avec un écho assourdissant la folie, le malheur qui se cachent en chacun de nous ? Impeccablement construit, écrit avec brio, Rang de la Croix marque une nouvelle manière chez Katia Gagnon, qui vient confirmer son grand talent pour mettre au monde des personnages prenants, des histoires inoubliables.
Quand deux sœurs, Nathe et Alexa, profitent de l'absence de leur mère pour s'enfuir vers le Nord, elles ignorent que leur fugue va réveiller les secrets de quatre générations.
Comment l'amour fonctionne-t-il dans un monde désenchanté comme le nôtre ? Qu'est-ce qui peut attacher deux êtres l'un à l'autre ? Quelle vérité se cache sous le désir qui les rapproche ? Et quel mensonge ? Magalie, quarante ans, est designer de cuisines. Elle vit avec Mathieu, le père de sa fille, un avocat qui la trompe, et qu'elle trompe en retour. À cause d'un lien de famille qui les rapproche tout à coup, elle fait la connaissance de Guillaume, policier de son métier et père célibataire. Au bout de quelques mois remplis de révélations, de malentendus et d'un chassé-croisé d'intrigues, la vie de chacun d'eux aura basculé pour les laisser devant quoi ? Un tas de cendres ? Ou la perspective d'un recommencement, qui sera peut-être la répétition de ce qu'ils ont déjà vécu, espéré, souffert ? Roman de l'amour moderne, Un lien familial est en même temps un superbe roman de moeurs, le tableau drôle et impitoyable d'une époque où la décoration d'une cuisine peut acquérir une importance presque égale à celle qu'avaient naguère le salut des âmes et le sort des disparus. Avec ce regard narquois, cet humour si fin et cette prose élégante que ses nombreux lecteurs lui connaissent, Nadine Bismuth nous tend ici un miroir de nous-mêmes et de ce qu'est devenue notre existence dans ce monde dont nous sommes à la fois les témoins et les personnages, privés de repères, mais obstinément attachés à nos rêves.
Quand Jérémie, jeune marginal et poète des rues, croise le destin de Romain, philosophe veuf, et d’Irène, actrice sur le déclin, une histoire d’amour et de trahison se dessine.
Quand Bernice Meetoos, alias Birdie, quitte sa réserve et son Alberta natales pour venir s'installer dans un petit logement au-dessus d'une boulangerie à Gibsons, en Colombie-Britannique, des forces mystérieuses semblent trouver un malin plaisir à lui faire perdre pied. Souvent, inopinément, elle entre dans un état de transe sur le vieux matelas de sa chambre. Tandis que sa tante Val et sa cousine Freda font la route pour venir à son chevet, Bernice reste prostrée pendant des semaines, oscillant entre le souvenir, le rêve et la réalité. Ce roman dur, raconté avec un mélange de férocité, de tendresse et d'humour noir, vise moins à dénoncer la situation difficile des Autochtones, et des femmes en particulier, qu'à explorer leur capacité à surmonter des traumatismes passés, à guérir et survivre.
Kerim Neto revient dans sa ville natale, hanté par l’absence de Mina, sa muse disparue. Entre fanatisme religieux, souvenirs de théâtre et quête désespérée, ce roman explore la résilience des femmes et la beauté face à l’obscurantisme.
Sur une île perdue du Grand Nord, deux inconnus s’abandonnent à une passion aussi fulgurante qu’inattendue.
Montréal, années 1970. Johnny, jeune autochtone en rupture avec sa réserve, se fait passer pour un Italien et plonge dans les bas-fonds de la ville, où il croise Valentine, blonde ambitieuse prête à tout pour échapper à son quartier ouvrier.
Louise Desjardins donne ici une réflexion empreinte de sincérité sur notre relation à la vieillesse et à l'amour. Tout en s'interrogeant sur le phénomène de la célébrité, elle se demande aussi dans quelle mesure le voyage nous transforme et nous apporte la liberté tant souhaitée.
Jeanne, photographe en quête de sens, débarque à Beyrouth pour clore un projet sur les cimetières. Entre les cicatrices de la guerre, la chaleur étouffante et la rencontre avec Julien, un judoka insistant.