Robert Lalonde
Robert Lalonde
Neuf nouvelles écrites sous l’influence de Jean Giono, Colette, Flannery O’Connor, Fitzgerald, García Márquez et bien d’autres. Robert Lalonde y rend hommage à ses auteurs chéris, tout en y laissant l’empreinte unique de sa propre voix.
Depuis ses débuts en littérature, Robert Lalonde est un fervent et inlassable lecteur de la correspondance de Gustave Flaubert. Les lettres que l'auteur des Trois Contes a adressées à ses bons amis - Maupassant, George Sand, Tourgueniev, Bouilhet, Du Camp - et à sa chère Louise Colet ont été pour lui une source inépuisable d'inspiration et de réconfort pour sa carrière d'écrivain, pour sa vie d'homme.Dans ce roman à la prémisse audacieuse, Lalonde revendique «l'imagination que donnent les vraies tendresses» - la formule est de Flaubert - pour engager une correspondance outre-tombe avec l'ermite de Croisset. Séparés par la mort, unis dans l'obsession des mots et de l'écriture, les deux compères échangent des propos d'atelier, ne cessent de s'émerveiller du pouvoir de la littérature. S'ils ronchonnent de concert en exprimant leur insatisfaction face à leurs époques respectives, Lalonde réussit quand même à étonner son «nouveau» vieil ami en décrivant certaines innovations qui caractérisent son monde à lui, notamment une façon d'aimer, inconnue au XIXe siècle, qui accorde aux deux sexes une parfaite égalité.Ce nouveau roman de Robert Lalonde est un hommage passionné à un écrivain immense dont l'oeuvre défie le temps. Il est également un livre de sagesse qui nous permet de prendre un recul salutaire par rapport à notre présent trop souvent désenchanté.
Iotékha', c'est-à-dire « il brûle », en langue mohawk, à l'image de l'auteur qui voit sa vie devenir fumée et qui essaie d'en lire le sens à travers ses volutes fantasques. Qu'est-ce qui fait qu'on ne peut cesser de fumer ? Qu'est-ce qui fait qu'on ne peut cesser de regarder autour de soi, de percevoir des correspondances, des harmoniques, entre les différentes formes d'art, entre le ciel étoilé et ce qui se passe en nous ? Dans ces carnets, Robert Lalonde s'appuie sur un souvenir d'enfance, sur un moment de son travail d'acteur ou d'écrivain, sur une phrase lue, sur une image, pour effectuer une plongée vertigineuse dans le temps qui passe et qui transforme tout. Il donne ici une méditation intimiste, à la fois grave et lumineuse, où il conjugue tout ce à quoi il est passionnément attaché : les livres, le théâtre, la vie sauvage, le geste d'allumer une cigarette.
Chacun de ces brefs road novels raconte une errance, une quête, un chemin que parcourent les personnages à la recherche d'un fantôme, d'un être désiré, perdu.
Deux générations, deux poètes, une correspondance rare où l’écriture devient un dialogue vital sur la création, la liberté et la quête de sens.
Entre le milieu du XIXe siècle et celui du XXe, le train a changé le monde. Il a fait reculer les horizons aussi bien des masses laborieuses que des littérateurs en mal de ciels nouveaux. Est-ce une coïncidence si cette époque fut aussi l'une des plus riches de la littérature occidentale, alors qu'écrivains et écrivaines trouvaient dans ces chemins qui marchent tant la séduction des destinations lointaines que la riche solitude propice à la réflexion et à l'écriture ? Dans ces récits, dont il a lu des extraits tout au long de l'été à l'émission Bien entendu à la radio de Radio-Canada, Robert Lalonde évoque la place souvent centrale qu'occupe le chemin de fer dans la vie et l'oeuvre de ses auteurs de prédilection, de Rimbaud à Gabrielle Roy, de Proust à James Baldwin, de Jack Kerouac à Simone de Beauvoir, de Peter Handke à Herman Melville. Il partage aussi avec nous ses propres souvenirs ferroviaires, nous fait monter en sa compagnie à bord des trains qu'il a pris ou qui l'ont fait rêver, l'Al Andalus, qui va de Saint-Jacques-de-Compostelle à Séville, ou encore le tortillard qui longeait le fleuve entre Québec et La Malbaie.
« Il y a exactement quarante jours aujourd'hui que mon grand-père est mort. J'en suis sûr parce que c'est à moi qu'il a demandé de lui fermer les yeux pour de bon. Dans huit semaines précisément j'entrerai pensionnaire au petit séminaire. Comme le clan en a décidé. » Reste l'été. Qui ne ressemblera à aucun autre. Il sera rouge, ébloui, magique. L'Indien Kanak initiera Michel aux joies innocentes et scandaleuses du sexe, de la nature, de la liberté. Leurs lois seront celles du soleil et de l'amour. Mais le village ne laissera pas faire ça. Le rouge et le blanc ne peuvent se mêler impunément.
Un enfant découvre, fasciné, son père peintre transformer une toile en un hêtre flamboyant, plus vrai que nature. Fais ta guerre, fais ta joie est un hommage vibrant à la création, où Robert Lalonde mêle souvenirs d’enfance et méditation sur l’art.
Quand Jérémie, jeune marginal et poète des rues, croise le destin de Romain, philosophe veuf, et d’Irène, actrice sur le déclin, une histoire d’amour et de trahison se dessine.
Entre ombre et lumière, La liberté des savanes invite à une promenade littéraire où Robert Lalonde partage ses carnets les plus intimes.
Un écrivain vit seul dans sa trop grande maison, encore hantée par la présence de son père, avec qui il y a vécu mais qui est depuis longtemps disparu, et par celle de la femme qui vient de le quitter. Son métier l'appelle sans cesse sur la route et l'amène à croiser des hommes qui, à un moment ou à un autre de sa vie, ont contribué à forger celui qu'il est devenu, ou des enfants, qui lui rappellent l'émerveillement ou la fragilité de celui qu'il a été. Robert Lalonde donne ici un roman-mosaïque composé d'une suite d'histoires qui se font écho. S'y dessinent toutes les figures des relations que les hommes peuvent tisser entre eux, mentor, disciple, rival, ami, amant. Dans une prose somptueuse, il peint de manière éblouissante la nature qui entoure ses personnages et où se reflète le moindre mouvement de leur âme.
Entre Stanley, l’Indien au visage à deux faces, et Clément, l’ami qui ouvre la porte du pardon, ce roman de Robert Lalonde explore les blessures de l’enfance et les chemins de la rédemption.
« On peut comprendre une chose en un seul instant, mais on la perd dans les longues heures qui suivent avec leurs semelles de plomb », écrit Oscar Wilde, enfermé dans sa prison. C'est de ce « seul instant » qu'il sera question dans ces pages. Pour ce qui est des « semelles de plomb » la prison, chacun sait à quoi s'en tenir. Mais qu'en est-il de cet instant qui oblige à sortir de soi, de cette courte illumination qui fait s'ouvrir l'oeil, frissonner la nuque, trembler nos certitudes et nous amène à douter de notre âge ? On a de nouveau sept ans et le monde redevient une énigme merveilleuse. » R.L.Robert Lalonde nous entraîne dans sa campagne l'espace de tout un été. Il nous ouvre les portes du laboratoire de l'écriture, nous fait témoins de l'opération alchimique qui se déroule entre l'oeil et le coeur de l'écrivain, entre la nature et les livres se répondant sans cesse. Grâce à son regard aiguisé, il nous donne à voir ces correspondances dont parle Baudelaire, et qui sont le souffle même de la vie.
«L'enfant vit dans l'ombre de son père jusqu'à ce qu'un jour il projette sa propre ombre», dit un proverbe amérindien. C'est dans ce mystère que nous entraîne R. Lalonde avec un récit obsessionnel de l'initiation masculine.» Extraits de presse «Une écriture fabuleuse, maîtrisée de façon remarquable. Un livre magnifique. Un roman passionnant.» René-Daniel Dubois - Télé-Québec / Bazzo.TV
Se cachent, au fond de chacun de nous, des histoires. Parfois, elles s'éveillent pour nous rappeler l'existence d'êtres d'exception. Des êtres issus de notre passé, de notre enfance, ou de plus loin que nous encore, qui savent mieux aimer, mieux vivre, mieux mourir que nous ne le pourrons jamais. Toute une humanité nous habite, qui nous semble à la fois plus vraie que l'autre, et plus fragile aussi, espèces en voix de disparition. La plupart de ces nouvelles révèlent de telles histoires cachées. Chacune met en scène des êtres irremplaçables. Un père qui disparaît au fond de la rivière avant la naissance de son fils, un ange déchu qui enflamme un groupe de jeunes voyageurs, une femme qui donne à un peintre la force de mettre une oeuvre au monde, un enfant dont un couple a refusé la venue, un autre couple, au seuil de la mort, qui se découvre toujours hanté par le désir. Chacune de ces nouvelles est une plongée vers l'humanité qui se cache derrière le quotidien, une échappée vers la part la plus vivante de nous.
Je suis d'une famille de chasseurs, d'embusqués, de poseurs de pièges. On me faisait marcher en avant, à grandes enjambées briseuses de souches et de silence, pour faire sortir le lièvre de sa cachette, s'envoler la perdrix du bouleau, se rapprocher le gibier des fusils. Je n'étais pas tireur, mais «vacarmeur», celui qui n'aperçoit pas la bête qu'il traque, mais la cherche, la devine dans les limbes de la fardoche. Je n'ai pas choisi : traqueur je fus, traqueur je suis resté. Je marche sans cesse sur des sentiers de traverse, à l'affût, attentif, inquiet et espérant. Éternel «vacarmeur», je fais toujours lever un gibier que je ne vois pas. Écrire, c'est cela : faire lever le gibier, écouter tirer les autres, dans un lointain très proche. Avec Le Vacarmeur, Robert Lalonde donne la suite du Monde sur le flanc de la truite. Dans une prose qui cerne le mystère avec une extraordinaire précision, il nous conduit au plus près du coeur ardent de l'acte créateur. Encore une fois, nos guides se nomment Rick Bass, Michel de Montaigne, Annie Dillard, Flannery O'Connor, Jean Giono ou Gabrielle Roy. Encore une fois, l'auteur fait participer la littérature à une célébration en même temps païenne et sacrée du monde et de la nature.
Plongez dans Dent d'ours - Tome 2 - Hanna, une BD haletante où Max, pilote juif polonais exilé, affronte son amie d’enfance Hanna, devenue as de la Luftwaffe.
Il était une foisGrand Remous. Le château, la colline, la pinède et le barrage, la petite baie, l'eau de la crique. Une famille très unie. Quatre enfants, trois grands et le petit. Mais voilà qu'une nuit, la nuit du barrage, une femme un peu folle convainc son mari très épris d'abandonner leur progéniture afin d'aller courir le monde au volant d'une chevrolet bleue. Il fut une fois Grand Remous. Des années passèrent... Et puis des voix s'élèvent, celles de Charles, d'Aline et de Serge. Et surtout celle de Julien, l'innocent, l'enchanté, le somnambule. Toutes disent l'histoire. Jamais la même. Un ogre. Il faut donc qu'il y ait un petit poucet. C'est Julien. Entrez dans la forêt, suivez-le. Il a, bien sûr, dispersé des petits cailloux dans l'eau de la crique, le souffle des collines, la pinède embrassée par les vieux soleils. Un roman-quête dense et foisonnant. Un texte serré et lyrique d'une étrangeté vraie. Un roman " policier " bercé par la présence à la fois confortante et terrorisante de la nature.
Laurel Dumoulin s'enfuit le jour de l'enterrement de sa femme, à travers champs, répétant, aux dires du seul témoin, deux prénoms amplifiés par l'écho de la montagne : celui de Marie-Ange, la défunte, et celui de Florent dont Mathilde, cousine de Marie-Ange, découvrira par hasard le journal intime. Vingt ans plus tard, Mathilde enquête sur le passé de celui qui fut toujours considéré comme l'étranger, le boiteux, le métis, le diable en personne. Derrière les cavales successives, les noms d'emprunt, les secrets, elle découvrira un homme dont le seul tort aura été de se montrer rebelle, libre, sans peur donc sans violence.
Vallier est venu au monde au pays des anges sans ailes, des superstitions émoustillantes et des songes palpables comme les pommes accrochées au pommier. Est-ce sa faute s'il a le nez trop bien débouché, les oreilles trop grandes ouvertes, les yeux tout autour de la tête et la main fouineuse ? Dès lors, il ne faudra pas s'étonner de ce que son nez trouve, de ce que sa main cherche, de ce que ses singuliers talents suscitent. Dix épisodes d'une même enfance, à la fois attachés ensemble et séparés les uns des autres, comme des brins d'herbe dans un champ très venteux. Dix journées de grâce, d'effroi, de traque, d'embuscades, de frauduleuses découvertes. Vallier, l'innocent, sait bien qu'il n'a pas été planté dans la vie, tel un personnage aplati dans un décor, mais éparpillé comme une poignée de morceaux d'étoiles, sur la terre comme au ciel. Et qu'il doit bien y avoir un ange, là-bas, plus loin, qui attend qu'on se remette entre ses bras...
" Il démarra le moteur et alors la voix de l'Indien résonna dans sa tête, comme le bruit d'une branche de bois vert qui siffle dans le feu : " Mon frère, prends courage, tu approches comme on brûle ! " Kanak, l'Indien de ses treize ans, qui lui fixait un mystérieux rendez-vous, sept lacs plus au Nord, dans la grande forêt où il s'était réfugié après la drôle de guerre dans la pinède d'Oka. Singulier équipage que cette mère à demi sorcière – cramponnée à sa mystérieuse petite valise, à ses histoires éloigneuses de mort – et son sang-mêlé de fils qui a " le feu au corps ". c'est elle qui mène en se laissant mener, aussi tranquille sur la redoutable route des lacs que " la reine d'Angleterre qui s'en va-t-à la pêche ". Pourtant le chien de la mort est à leurs trousses et aussi le fantôme du père, l'homme qui, pour avoir trop d'amour enfoui en lui, ne savait comment venir au monde. Une errance sauvage, une quête, une réconciliation peut-être, mais surtout le chant d'amour enfoui en lui, ne savait comment venir au monde. Une errance sauvage, une quête, une réconciliation peut-être, mais surtout le chant d'amour d'un fils rebelle pour sa mère, la passeuse, la marmonneuse, la blanche Iroquoise....
" Imagine un souffle qui cherche une bouche, une étincelle qui court dans le champ, un tout petit espoir très féroce : c'est moi ! " Tout est en place. Les êtres et les bêtes et les choses et la lumière parfaite d'un premier jour d'été. Prédestiné, impatient, déjà vivant au fond de mes limbes, je vois tout. Trente-sept ans plus tard, je vois tout et je te raconte. A toi qui feras l'enfant, notre enfant. Je te parle du village, de la réserve indienne, de mon père et de ma mère extravagants d'amour et qui fuient un autre village, je te parle de leur drôle de voyage de noces. Je te dis combien je suis présent déjà entre eux, presque né. Sortis de ma mémoire imaginante je te dis les sortilèges, les drames et les radieux mystères qui ont présidé à ma venue au monde. Et au bout de mon récit, quand je t'ai tout dit, mais surtout le plus beau et le pire (écoute mon amour, ils montent dans la chaloupe), notre enfant à nous est commencé. Cette fois encore, Robert Lalonde invente et impose un territoire à la fois universel et privé où se mêlent obsessionnellement l'enfance métisse et le jour le jour amoureux. Dans cette Belle Journée d'avance magiquement rivée à l'enfance, l'auteur se joue du temps qu'il s'approprie en grand romancier. L'Amérique n'est pas loin, l'Europe est encore proche.
"J'avais treize ans,ce que je voulais, ce que désespérément je voulais, était impossible." Robert Lalonde s'empare ici à bras-le-corps d'un sujet universel, un desgrands classiques de la littérature: l'adoslescence malheureuse. Pensionnaire dans un collège religieux - le catholicisme tel qu'il existait il n'y a pas si longtemps au Canada: obtus, obscur, archaïque -, expédié là par un père auquel le lie un secret innommable, le narrateur se pose très tôt les premières vraies questions. Comment s'arracher à un monde "où tout est fini avant d'avoir commencé" ? Quelle direction donner à la colère avant qu'elle ne vous détruise ? Bien sûr, il y a le ciel infini, les érables rougeoyants, le lac où l'on va pêcher. Mais cela suffit-il à s'évader de la folie qui vous ronge ? Il faut écouter jusqu'au bout cette extraordinaire confidence, écrite avec une fureur que l'on partage et dont on s'imprègne. Robert Lalonde est l'un des principaux écrivains québécois actuels. Il est aussi comédien, dramaturge, homme de scène. Que vais-je devenir jusqu'à ce que je meure ? constitue sans doute la clé de son œuvre.