Pour l'histoire
L'évolution de cette discipline depuis ses premiers enregistrements, le développement des méthodes statistiques au XIXe siècle, l'explosion démographique à partir du début du XXe siècle et ses conséquences sur celle-ci. « Copyright Electre »
Une étude sur le passé de la France avant qu'elle ne soit une nation. « Copyright Electre »
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Ce livre est une plongée dans la vie ordinaire des Françaises au moment où le pays, sous le règne de Louis XII, bascule du Moyen Âge à la Renaissance. Grâce aux milliers d'archives enregistrées par le tribunal ecclésiastique de Troyes, Jacques Solé a pu reconstituer non seulement leur vie quotidienne, mais aussi les événements majeurs - naissance, mariage, mort - et les aléas le plus souvent dramatiques de ces femmes qui ont laissé la trace de leur parole. Elles sont de toutes conditions, paysannes, nobles, bourgeoises ou domestiques ; elles partagent aussi souvent les mêmes espoirs et les mêmes craintes. On lit l'histoire de la conquête des maris ou du refus de ceux qu'on veut leur imposer ; on mesure la sacralisation que confère la maternité, les contraintes que crée l'éducation des enfants en ces temps de nourriture rare, et les dangers qui pèsent sur les veuves, les concubines, les sorcières ou les prostituées. On saisit la violence des rapports conjugaux, la force de certaines femmes qui imposent leur personnalité, qui prennent leur liberté, qui osent rompre une union et qui savent utiliser les faiblesses des hommes. Grâce à ce travail d'exploration méthodique et savoureuse, Jacques Solé montre la complexité de la société française au tournant du XVIe siècle et la place essentielle qu'y tiennent les femmes.
Une revue de presse de la période révolutionnaire, ses caractéristiques, ses inspirateurs comme Marat, pour l'Ami du peuple, ou Camille Desmoulins, pour le Vieux Colombier. « Copyright Electre »
Une infime partie de notre patrimoine culturel est parvenue jusqu'à nous, et nous lisons Homère, Virgile, Augustin d'Hippone, sans nous interroger sur la fabuleuse épopée vécue par leurs écrits. Pour les ouvrages qui ont victorieusement surmonté les obstacles du temps, quelle aventure ! et quels risques ont-ils traversés au cours des siècles : fragilité du papyrus, peu à peu remplacé par le parchemin, fatigue et négligence des copistes, usure du papier, manipulé par des générations d'usagers, trahison des clercs, qui se sont permis de toucher au texte pour le modifier, l'abréger, l'augmenter, l'interpoler, l'infléchir... L'invention de l'imprimerie, préparée et facilitée par l'apparition du papier, a modifié en profondeur les conditions de la transmission. Elle n'a pas seulement sauvé du naufrage quantité d'ouvrages, elle a favorisé peu à peu le décapage des textes eux-mêmes, les purifiant des coquilles, fautes, bévues, accumulées par des générations d'intermédiaires, en essayant de remonter le fleuve jusqu'à sa source. Cette histoire du livre se lit comme une extraordinaire odyssée.
Il y a aujourd'hui un regain d'intérêt des Occidentaux pour l'Europe centrale. Les Français ont découvert au Centre Pompidou Vienne fin de siècle, sur laquelle régnait la monarchie des Habsbourg. Mais c'est tout l'Empire austro-hongrois qui a été acteur et témoin d'une culture européenne originale. Prague, capitale des Tchèques, en a été l'un des grands centres. Avec le romantisme naît la conscience d'une identité nationale encore fragile. Elle est l'affirmation d'une volonté d'exister, dans une région d'Europe qui est l'enjeu de l'impérialisme des grandes puissances. La nation tchèque, issue de l'action des intellectuels, prend corps à la veille de la révolution de 1848. Une des révélations de ce livre, c'est que l'idée d'intelligentsia vient, non pas de Russie, mais des Slaves de l'Ouest, Tchèques et Polonais. Comment les Tchèques vivent-ils, depuis deux siècles, leur propre destin, avec des moments de fierté ou de lourds malaises ? Comment expliquer, qu'à Munich en 1938, ou lors du printemps de Prague, l'État tchécoslovaque ait renoncé à une résistance armée pour explorer d'autres voies de résistance non violente ? L'Histoire est la justification suprême du passé et de l'avenir. Les Tchèques et les Slovaques ont su construire une nation, avec une culture politique démocratique originale, une réalité qui ressurgit au-delà des crises, et dans la continuité historique où se fondent leur culture et leur personnalité méconnues.
Le journalisme est une arme, le journaliste un combattant. C'est pourquoi la presse écrite s'est développée avec l'État lui-même, et a proliféré pendant les périodes de crise, de la Fronde jusqu'à la Révolution, âge d'or où les journalistes s'appellent Hébert, Rivarol, Chamfort, Desmoulins, Marat... Depuis La Gazette de Théophraste Renaudot, inspirée par Richelieu, jusqu'au Moniteur manipulé par Napoléon, Jean-Paul Bertaud, par des exemples concrets assortis de portraits pittoresques et parfois tragiques, montre comment, politiquement mais aussi techniquement, la presse s'est installée dans le domaine politique, intellectuel et économique, à la fois instrument de pouvoir et d'influence, mais aussi reflet de l'opinion. Aux quelques centaines de lecteurs du début du XVIIe siècle ont succédé, à la fin de l'Ancien Régime, et dans la tourmente révolutionnaire, des millions de lecteurs pour des milliers de titres. L'auteur, solidement informé, fait revivre cette époque, d'un stylo alerte, à la façon des meilleurs journalistes.
Le pouvoir d'un seul est probablement la forme politique la plus répandue dans le monde terrestre, depuis des temps fort anciens de l'humanité, peut-être depuis le paléolithique supérieur. C'est un des faits qui donnent l'idée la plus forte de l'unité du genre humain, au-delà des différences de races, de civilisations, d'ethnies, de nations. Le monarque, c'est celui qui concentre, en sa personne, tout le pouvoir politique de la société, le souverain. Ce peut être un tyran, un dictateur, un président de la République, un secrétaire général de parti politique, un chef de tribu. Le roi est, en principe, un monarque, mais il détient un pouvoir légitime, institué par consentement, reconnu par la coutume, avec une succession dynastique organisée, et l'obligation de respecter les coutumes et les lois, les droits et les privilèges de ses sujets, sauf le cas de nécessité pressante pour le bien commun. [...] Roland Mousnier démontre dans cet essai, qu'à toute époque, y compris la nôtre, la majorité des peuples a vécu sous une monarchie, héréditaire ou non. Il analyse l'essence, l'exercice et les ressorts de ce pouvoir, aussi bien dans la plus haute Antiquité, en Mésopotamie, en Égypte, en Chine, qu'au sein des royaumes africains entre le XVe et le XIXe siècle, ou chez les Incas, dans les anciennes tribus germaniques, ou dans le système de Frédéric Il de Hohenstaufen, comme dans les royautés constitutionnelles modernes, dans la Ve République et dans les monarchies totalitaires de type communiste. C'est donc un immense sujet, par un de nos historiens les plus importants et les plus indépendants d'esprit.
Nourrie d'exemples, une interprétation renouvelée du rôle et de la place des femmes dans la société politique et militaire au Moyen Age. Non, les femmes ne furent pas toutes faibles et désarmées. Les femmes, paraît-il, seraient partout et toujours porteuses d'un pacifisme marqué par une sainte horreur de la violence, tandis que la guerre serait une activité exclusivement masculine. Ce stéréotype a masqué, dans l'histoire du Moyen Âge, la présence de combattantes conscientes et actives. L'enquête débute avec l'apparition des premières cavalières de l'âge féodal et leur participation aux croisades, et se clôt avec la figure de Jeanne d'Arc, à la fois réelle et idéale. Des femmes, aristocrates pour l'essentiel, partagèrent l'idéal chevaleresque de l'époque, organisèrent des tournois, furent intégrées dans les ordres militaires de chevalerie. Dans la littérature, les chevaleresses prennent la forme de " belles guerrières ", les Neuf Preuses de la légende. Ces guerrières de fantaisie trouvent un écho dans les authentiques exploits de certaines dames à qui les hommes n'ont guère à remontrer. Ainsi le Moyen Âge n'a pas été aussi " mâle " qu'on l'a pensé.Agrégée et docteure en histoire et en histoire de l'art, Sophie Cassagnes-Brouquet enseigne l'histoire médiévale à l'université de Toulouse-Le Mirail. Elle a notamment publié La Passion du livre au Moyen Âge, Les Romans de la Table Ronde, premières images de l'univers arthurien et La Vie des femmes au Moyen Âge.
A travers l'évocation circonstanciée des 21 conciles oecuméniques, une histoire vivante et accessible de l'Eglise, s'intéressant autant aux doctrines, aux pratiques sociales qu'aux hommes. À travers l'évocation des vingt et un conciles oecuméniques, une histoire vivante et accessible de l'Église, s'intéressant autant aux doctrines, aux pratiques sociales qu'aux hommes. Il y a cinquante ans, en 1962, s'ouvrait le concile Vatican II qui allait durer quatre ans et marquer durablement l'évolution de l'Église catholique. C'était le vingt et unième de l'histoire. Le premier avait eu lieu en 325, à Nicée, à l'initiative de l'empereur Constantin. Un concile oecuménique rassemble les évêques de l'oikoumenè (soit l'ensemble de la " terre habitée "). Son caractère universel fait qu'il peut imposer ses décisions à toute l'Église sous l'autorité souveraine du pape. Pour chacun d'eux, on trouvera dans cet ouvrage le contexte historique de sa convocation, l'histoire de son déroulement et des décisions disciplinaires qui ont été prises. Ces conciles ont constitué, progressivement, le corpus doctrinal du christianisme, qu'il s'agisse de la Trinité, de la nature du Christ, de la doctrine du salut, de l'infaillibilité du pape ou de la nature et de la mission de l'Église. Une question comme celle des minarets en pays chrétiens, qui suscite tant de controverses aujourd'hui en Europe, était déjà traitée, en 1312, au concile de Vienne. L'histoire des conciles oecuméniques ne concerne donc pas seulement l'histoire de l'Église, elle est aussi l'histoire de nos sociétés.Directeur du Dictionnaire de biographie française et spécialiste d'histoire religieuse, Yves Chiron a notamment publié la biographie de plusieurs papes contemporains (Pie IX, Pie X, Pie XI, Paul VI). Nombre de ses livres ont été traduits à l'étranger.
Une synthèse magistrale. Le dernier livre d'un grand historien.Le mot " croisade " est un anachronisme puisqu'il apparaît discrètement au XIIIe siècle et ne prend son sens actuel qu'au XIXe siècle. Les contemporains ne se voyaient pas comme des croisés, et leurs motivations étaient différentes de celles que nous leur prêtons. La première croisade, préchée par le pape Urbain II au concile de Clermont en 1095, est avant tout un pèlerinage en Terre sainte, mêlant à des chevaliers une multitude de pèlerins, hommes, femmes et enfants. Au fi l du temps, les enjeux et les motifs des croisades deviennent de plus en plus complexes, croisant motivations religieuses, politiques, économiques et idéologiques. Surtout, le phénomène a impliqué l'engagement des forces vives de la chrétienté. Trois rois de France, Louis VII, Philippe Auguste et Saint-Louis, ainsi que trois empereurs germaniques, ont abandonné leur pays pendant de longs mois pour apporter aide aux Francs de Terre sainte et tenter de regagner les territoires repris par l'ennemi. Ces huit expéditions, qui se sont déroulées pendant deux siècles, dessinent au fi nal l'histoire de l'Empire latin de Constantinople et du royaume latin de Jérusalem. Histoire tragique, puisque le premier disparaît en 1261 et le second en 1295. La mort de Saint Louis, au terme de la huitième croisade, sonne le glas de ces entreprises. Avec lui meurt l'" esprit " de croisade. Une synthèse particulièrement brillante par un auteur non conformiste.
Une synthèse claire sur un sujet complexe, l'histoire d'un phénomène spirituel et politique marqué par une résistance obstinée à la violence du pouvoir, et dont bien des échos demeurent actuels.Personne ne s'est jamais réclamé du jansénisme. Le terme est une injure. Il transforme en sectateurs d'un obscur évêque du XVIIe siècle, Jansenius, ceux qui se voient comme les plus fidèles disciples de saint Augustin, les seuls catholiques véritables. Né au temps du baroque, le jansénisme a marqué de son empreinte spirituelle et culturelle le Grand Siècle puis les Lumières. Les engagements religieux, politiques, sociaux des jansénistes ont traversé la révolution et laissé des traces dans les siècles suivants. Dans la mémoire commune cependant, le jansénisme demeure un moment de la culture classique, entre Pascal et Racine. Il renvoie aussi aux religieuses de Port-Royal résistant au nom de leur conscience contre toutes les autorités, de l'Eglise et de l'Etat. Aucune autre forme de contestation religieuse, à l'intérieur du catholicisme, n'a eu de telles conséquences ni une pareille postérité. Cette grande synthèse s'attache à en souligner la diversité ; la pluralité est une force qui permet à cette mouvance de renaître après des périodes de persécution. Les débats théologiques, les arguments judiciaires, les condamnations et les procès ne suffisent pas à rendre compte du rayonnement du jansénisme, de sa diffusion dans tous les milieux. En persécutant les vieilles religieuses, en détruisant le monastère, en chassant les morts de leur cimetière, Louis XIV a, bien involontairement, contribué à légitimer leur révolte. Construit sur une surévaluation de temps historiques glorieux, le jansénisme critique le présent et annonce parfois l'avenir avec les armes du passé.
Une nouvelle histoire de Berlin qui fait voir physiquement la capitale de l'Allemagne à travers les grands événements qui l'ont constituée.Une nouvelle histoire de Berlin qui fait voir physiquement la capitale de l'Allemagne à travers les grands événements qui l'ont constituée. L'histoire de Berlin est une extraordinaire aventure humaine dont la connaissance éclaire celle de l'Europe contemporaine. Son histoire éclaire aussi celle d'un grand peuple qui a su se doter d'une culture remarquable ; le passé de presque toute l'Allemagne en a dépendu. Berlin a été successivement une bourgade slave puis un bourg allemand construit sur une terre aride et survivant par son commerce et la volonté inébranlable de la famille noble ayant reçu des empereurs germaniques la ville et ses terres avoisinantes, la province du Brandebourg. Cette famille, les Hohenzollern, a réussi à s'élever dans la hiérarchie nobiliaire, successivement, margraves, princes-Electeurs, grand Electeur, rois de Prusse et empereurs germaniques. En même temps, le bourg berlinois est devenu leur capitale et celle des immenses territoires qu'ils ont su rassembler autour d'elle, s'étendant des territoires baltes du Memel jusqu'aux anciens domaines romanisés du Rhin, et de la mer du Nord et de la Baltique aux sources du Danube. En 1918, Guillaume II abdique et le IIe Reich s'écroule. Commence pour Berlin le dernier siècle tragique marqué successivement par le nazisme, la destruction de 1945 et la séparation de la ville entre un Est soviétique et un Ouest démocratique ; séparation incarnée par le fameux "mur". Sa chute rend à l'Allemagne son unité et à Berlin son aura internationale.
Une " histoire du boire en France ", des traditions gauloises à nos joursUne " histoire du boire en France ", des origines gauloises à nos jours. Boire, seul ou en groupe, selon les usages et les codes, est aussi un acte social, ancré dans notre histoire. Dans cet ouvrage en hommage aux travaux de Claude Lévi-Stauss et qui balaie deux mille ans d'histoire de France, le lecteur se promène de cabaret en café, du domicile à la rue, d'une classe sociale et d'une profession à l'autre (vigneron, bouilleur de cru, paysan, industriel de l'alcool, ouvrier, bourgeois, médecin). La France serait-elle une nation alcoolique ? Si le terme signifie d'abord " qui a un rapport à l'alcool ", la pathologie ne vient que de l'excès. Mais le buveur d'eau mérite aussi que l'on se penche sur son cas, si grande est sa complexité : il peut être consommateur d'eau par nécessité, par goût, par dépit, par esprit militant de la cause antialcoolique. Par ailleurs, le buveur d'alcools alterne, suivant les possibilités du moment, vin, vin bio, cidre, bière, apéritif, digestif.... Ainsi verrons-nous poindre le " buveur gaulois ", le " buveur médiéval ", le " buveur moderne ", jusqu'au contemporain " buveur new look ". Dans un style enlevé, Didier Nourrisson nous raconte l'histoire sociale et culturelle inédite de notre pays à travers la boisson.Auteur d'une thèse sur l'alcoolisme et l'antialcoolisme en France sous la Troisième République, Didier Nourrisson, ancien élève de l'ENS et enseignant à l'université Claude-Bernard Lyon-1, est déjà l'auteur de : Le Buveur du XIXe siècle, La Saga Coca-Cola, Cigarette. Histoire d'une allumeuse, L'École face à l'alcool (1870-1970), avec Jacqueline Freyssinet-Dominjon.
Par un éminent spécialiste, le récit et l'explication d'un événement qui a changé la face du monde.Par un éminent spécialiste, le récit et l'explication d'un événement qui a changé la face du monde. Cent trente-quatre ans avant les Etats-Unis, un siècle et demi avant la France, l'Angleterre accomplit sa révolution religieuse, politique, sociale. A mi-chemin entre la Renaissance et l'âge industriel, cet événement fut de toute première importance pour l'histoire des mondes modernes, en facilitant l'accouchement d'une société caractérisée par son régime parlementaire, son hostilité à l'arbitraire, son attachement irrévocable à la propriété privée et ses profondes réticences face aux prélèvements fiscaux. Dès les premières années du XVIIe siècle, les frémissements de ce changement se firent sentir, et le mouvement s'amplifia avec l'avènement de Charles Ier en 1625, son exécution en 1649, le protectorat de Cromwell et, en 1660, la restauration des Stuarts dans une Grande-Bretagne profondément transformée par la conquête, encore provisoire, de l'Ecosse et de l'Irlande. Par son insistance sur la durée, cette approche originale renouvelle les perspectives et éclaire notre présent, au moment où l'Europe elle-même est entrée dans l'âge du soupçon. Elle permet ainsi de mieux comprendre notre voisin le plus proche et pourtant le plus dissemblable.
Prix Châteaubriand 2015La grande synthèse attendue sur la "Première Guerre mondiale", qui a marqué le début du déclin de la France et consacré l'Angleterre comme première puissance mondiale. Le 28 mai 1754, le capitaine de Jumonville et plusieurs de ses soldats sont massacrés par des Indiens aux ordres de George Washington. Cet accrochage au pays de l'Ohio engendre à partir de 1756 un conflit que Winston Churchill regardait comme la première guerre mondiale de l'histoire. Nées de la rivalité franco-britannique en Amérique du Nord, les hostilités s'étendent alors à l'Europe où Frédéric II de Prusse et le roi de Grande-Bretagne affrontent, dans des " boucheries héroïques ", les armées de Louis XV, de Marie-Thérèse d'Autriche et d'Élisabeth de Russie. Au Canada, aux Antilles, en Afrique, en Inde, sur terre comme sur mer, ce sont les tuniques rouges qui imposent leur loi. Maîtresse des océans, irrésistiblement conquérante, la Grande-Bretagne se voit déjà comme la première puissance mondiale qu'elle deviendra au xixe siècle. En Europe, les bouleversements s'avèrent tout aussi profonds. Au sortir de la guerre, la vie internationale est dominée par la pentarchie composée de la France, la Grande-Bretagne, la Prusse, l'Autriche et la Russie, qui, un siècle plus tard, constituera toujours l'ossature des deux systèmes antagonistes menant au cataclysme de 1914. Le legs politique de la guerre de Sept Ans, enfin, est considérable. Vague patriotique défendant le principe d'une citoyenneté active au royaume de France, gestation convulsive du radicalisme britannique, premiers craquements dans les colonies d'Amérique : sous l'effet d'une guerre accélératrice des changements, le monde fait ses premiers pas dans l'ère des révolutions. Avec un véritable talent d'écrivain, Edmond Dziembowski propose la première grande synthèse sur ce conflit majeur. Prix Châteaubriand 2015
Comment le plus grand roi du monde, qu'on croyait éternel après 70 ans de règne, a organisé sa mort comme il avait organisé sa vie.1715-2015 : depuis trois siècles, la mort de Louis XIV n'a cessé de fasciner et d'émouvoir. Avant de quitter ce monde, le Roi-Soleil a organisé lui-même la mise en scène de son dernier crépuscule : une mort chrétienne, parfaitement maîtrisée et conçue comme le spectacle par excellence de l'absolutisme - " Je m'en vais, mais l'État demeurera toujours ". La mort du roi est venue interrompre le règlement d'importantes affaires, notamment en politique extérieure et dans le domaine de la religion. Pour mieux comprendre ces enjeux, le récit commence au 1er janvier 1715 et suit le roi dans ses dernières préoccupations. Rédigé sur les lieux mêmes qui ont été témoins de la mort de Louis XIV, le récit d'Alexandre Maral est fondé sur l'analyse des sources les plus fiables, notamment Dangeau et les frères Anthoine. Seul cet examen attentif permet de reconstituer au plus près le déroulement des événements : derniers divertissements du roi, progression de la maladie, impuissance des médecins, intrigues de cour, souverain abandon de Louis XIV à la Providence. Un récit original et puissant.
Une autre exception française : l'art de la distinction. Des gestes, des attitudes, des intonations, des expressions sont perçus par les adeptes et les praticiens du "bon goût" comme les marques de la pire " vulgarité ", quand bien même le sujet s'efforce en toute sincérité d'être civil, poli et attentif aux autres. Un rire un peu trop fort, un geste trop brusque, un " Au revoir Messieurs dames " ou un " Au plaisir " lancés à la cantonade, classent immédiatement le parleur parmi les réprouvés de la distinction. Pourquoi le mot " merde " est-il parfaitement admis, alors que le mot " mince " est proscrit dans certains milieux sociaux ? Ce livre répond à ces questions en procédant à une histoire inédite des codes de distinction du Moyen-âge à nos jours. Il témoigne d'une histoire sociale des mentalités et de la permanence d'une civilité reflet d'une culture de Cour qui forme un des fils d'Ariane de l'histoire de France.
La fin du Premier Empire.La campagne de France ne dura que deux mois, du 25 janvier au 30 mars 1814, et se déroula dans un vaste quadrilatère devant Paris, entre Oise, Marne, Aube et Seine. Elle fut pourtant fatale à Napoléon qui, au bout du compte, abdiqua à Fontainebleau le 6 avril. Bien que réduit à des forces dix fois inférieures à celles des coalisés - Autrichiens, Britanniques, Prussiens, Russes et Suédois -, Napoléon use de tout son talent stratégique pour mettre en difficulté l'invasion. Les victoires de Montmirail, Champaubert, Montereau, Reims sont émaillées d'actes de bravoure et de sacrifices hors du commun. Au-delà du récit de ces épisodes de guerre, l'auteur s'attache à développer les enjeux politiques et diplomatiques de cette ultime campagne de l'Empire français. La parole est également donnée à une douzaine de grands témoins ou d'acteurs majeurs qui relatent leur expérience vécue. Un livre vif et pénétrant.
L'histoire d'une capitale depuis sa naissance au Moyen Age jusqu'à nos jours. Mayrit, la " mère des eaux ", fut fondée par les musulmans et ne devint chrétienne qu'à la fin du XIe siècle. En 1561, Philippe II décide d'en faire la capitale aux dépens de villes plus importantes. Madrid devient alors l'emblème du Siècle d'or et se couvre de monuments. C'est à ce moment qu'elle entre dans l'histoire. En 1701, elle accepte un Bourbon venu de France, Philippe V, petit-fils de Louis XIV, pour succéder à Charles II, dernier Habsbourg mort sans héritier. En 1808, les Madrilènes déclenchent une insurrection contre l'occupant français. Ils récidivent en 1936 en faisant échec au coup d'Etat des généraux. Après la dictature de Franco, Madrid exprimera sa reconnaissance à son roi Juan Carlos pour avoir su faire entrer l'Espagne dans l'ère d'une démocratie moderne et apaisée. Avec le talent qu'on lui connaît, Bartolomé Bennassar raconte la grande histoire de cette métropole au passé riche et fascinant.Bartolomé Bennassar, spécialiste du monde méditerranéen des XVIe et XVIIe siècles, a publié chez Perrin plusieurs ouvrages essentiels sur l'Espagne toutes périodes confondues, notamment La Guerre d'Espagne et ses lendemains, Histoire des Espagnols et Franco.
L'histoire au service de l'actualité. Le conclave, du mot cum clave (en latin : " pièce fermée à clef "), institué en 1274 et se tenant toujours à huis clos pour élire un pape, est un de ces événements qui attisent une curiosité quasi universelle. A chaque élection, les journaux fleurissent de listes de papabili, mais le résultat vérifie souvent le proverbe bien connu : " Qui entre pape au conclave en sort cardinal. " Un conclave n'est pas l'équivalent d'un scrutin politique : il n'y a ni campagne électorale ni candidats déclarés. La majorité des deux tiers des voix pour être élu - règle en vigueur depuis près de mille ans - empêche des résultats serrés et permet tous les retournements. S'appuyant sur de nombreuses archives, ce livre en retrace l'histoire, des origines à nos jours. Une histoire mouvementée, souvent contrariée par les puissances temporelles désireuses de favoriser tel cardinal ou, au contraire, d'empêcher tel autre. Ressort toutefois de ce tableau l'image d'une Eglise qui, au-delà des vicissitudes humaines, se renouvelle d'époque en époque tout en restant fidèle à des convictions qui remontent à son origine.Yves Chiron, historien, directeur du Dictionnaire de biographie française, est un spécialiste reconnu de l'histoire religieuse contemporaine. Il a notamment publié les biographies de plusieurs papes (Pie IX, Pie X, Pie XI et Paul VI). Ses ouvrages ont été traduits en diverses langues.